Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 2 – Chapitre 16 – Partie 5

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Chapitre 16 : Le comté de Yamano

Partie 5

Les mercenaires de Wolfgang avaient prévu une explication. Ils expliquèrent qu’une princesse d’un autre monde les avait convoqués, ainsi que leurs armes et leurs véhicules, dans son monde pour faire opposition à l’armée d’un roi démoniaque. Les mercenaires avaient gagné et étaient rentrés chez eux, ramenant un dragon dans leur bagage. Même eux croyaient à cette histoire dans une certaine mesure, il était donc difficile pour les autres de douter d’eux.

En racontant cette histoire à leurs invités, ils cachaient le fait que Mitsuha pouvait aller d’un monde à l’autre à volonté et qu’elle était une visiteuse régulière. Au lieu de cela, ils avaient insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une rencontre unique dans une vie. Quant à son nom, ils avaient affirmé qu’il s’agissait de la « Princesse Nanoha ». Tout comme ce personnage, Mitsuha était petite, avait un penchant pour les armes à feu et avait tendance à tirer avant de poser des questions. Selon toute vraisemblance, l’un des mercenaires était vraiment obsédé par l’animation japonaise.

Normalement, personne ne croirait à une histoire aussi clichée, mais le cadavre du dragon en était la preuve suffisante. Un certain éditeur de roman fantastique avait supposé qu’il s’agissait d’une campagne de relations publiques non officielle pour l’une de leurs adaptations cinématographiques et les avait accusés de violation des droits d’auteur. Mais comme le dragon était bien réel, ils n’avaient pas de quoi se défendre. Leur intervention avait cependant fait naître la question de savoir ce qu’il adviendrait d’une adaptation cinématographique de tout cela. Non seulement leur histoire était grande et glorieuse, mais les expériences et les analyses de l’ADN du dragon pouvaient être une grande bénédiction pour eux.

Apparemment, les deux membres qui étaient en vacances pendant l’invasion, incapables de participer, avaient été dévastés au point d’en pleurer. Le reste de l’équipe avait eu tellement pitié d’eux que le paiement, au lieu d’être réparti entre les participants, avait été déposé dans les fonds du groupe et partagé entre tous les membres comme prime. De cette façon, même ceux qui n’avaient pas participé avaient reçu une part du gâteau, même si elle était un peu plus petite que celle de ceux qui avaient participé.

Bien entendu, tout le paiement n’avait pas été versé. Ils avaient laissé quelques centaines de millions de dollars dans leur trésorerie pour les armes et l’entretien, ainsi que pour le soutien éventuel de ceux qui pourraient prendre leur retraite en raison de leur âge, de blessures ou de maladies.

Les deux mercenaires qui avaient manqué l’événement ne voulaient pas d’argent. Ils s’étaient plaints de la façon dont ils voulaient le titre de « Tueurs de Dragon », pour voir l’autre monde et servir la princesse.

Dommage, se dit Mitsuha une fois qu’elle fut enfin partie. Mais cela ne me regarde pas.

 

◇ ◇ ◇

Un jour, quelques invités étaient venus frapper à la porte de Mitsuha. Le majordome en chef l’avait informée qu’il y avait trois hommes. Ils ne connaissaient pas son lien avec les événements de la capitale et étaient simplement venus rencontrer le nouveau noble. Mitsuha devina qu’ils cherchaient soit à obtenir un poste plus élevé, soit à la soudoyer ou à la menacer. Elle envisagea de les repousser, mais en entendant ce qu’ils prétendaient être — un scientifique, un mercenaire et un marchand — elle remarqua leur diversité et se dit qu’il était difficile de devenir un vassal en chef ou un directeur financier à partir de ces postes.

Ils ont fait tout ce chemin jusqu’à cette zone rurale, alors je suppose qu’il est juste de les rencontrer. Je vais les évaluer dans la salle de réception. Quoi ? Pourquoi pas une salle du trône ? Je n’en ai pas. Ce n’est pas un palais royal. Il y aussi, un scientifique ? Ici ? Est-ce que le traducteur dans mon cerveau a fait une erreur ?

La fête de bienvenue dans la salle de réception comprenait Mitsuha, Anton le majordome, les trois femmes de chambre, trois femmes de chambre normales et trois serviteurs debout près des murs. Elle avait préparé tant de gens au cas où les invités ne seraient pas venus parler et auraient besoin de retenue, ou quelque chose de ce genre.

Bien sûr, elle avait équipé sa ceinture d’armes pour les pires scénarios. Le Walther qu’elle avait toujours sur l’épaule prenait après tout trop de temps à sortir. La table était grande et il y avait beaucoup d’espace entre elle et les chaises des invités, de sorte qu’elle avait plus qu’assez de temps pour sortir son arme et tirer.

« Voici Son Excellence la vicomtesse Yamano. »

Menés par une femme de ménage, les trois invités entrèrent.

« Pardonnez la visite soudaine. »

Celui qui se trouvait à l’avant gela instantanément et s’était tu tout de suite après être entré.

« Hé, qu’est-ce qu’il y a », commença le second.

Le troisième n’avait pas dit un mot et s’était contenté à rester debout.

« Mitsuha ! », s’écrièrent les deux premiers.

« Hein ? Eh bien, si ce n’est pas le mercenaire et le marchand. »

Je devrais vraiment me souvenir de leurs noms.

« Pourquoi êtes-vous ici ? »

« Je suis la vicomtesse ici, Mitsuha von Yamano. »

« Vous voulez dire “la fille du vicomte”, n’est-ce pas ? »

« Non. »

Les trois étaient à court de mots.

« Alors pourquoi montiez-vous dans cette calèche ? »

« Je n’avais pas d’autre option. »

« Pourquoi étiez-vous seule ? »

« Parce que je n’avais pas de vassaux ni de subordonnés. »

Incapables de répondre, ils s’étaient maladroitement tus.

Mitsuha leur offrit du thé et des en-cas, et ils s’étaient mis au travail.

« Alors, que faites-vous tous les trois ici ? », demanda-t-elle.

« Eh bien, tout d’abord, nous sommes venus ici ensemble parce que nous avons pris la même diligence. Nous sommes tous ici pour nos propres affaires », déclara le marchand. Les deux autres avaient hoché la tête.

Il était logique qu’ils soient venus ici après avoir visité le comté de Bozes. Ils avaient dû se refaire une beauté avant de venir ici. Après tout, la ville principale de Mitsuha n’avait pas d’auberges avec des services de bain. De plus, il était logique que quelqu’un qui était dans cette calèche depuis plus de dix jours soit venu ici parce qu’il avait entendu parler du nouveau seigneur local. Ils n’avaient certainement pas l’air d’être des connaissances lorsque Mitsuha voyageait avec eux.

« Alors, je vais vous écouter séparément », dit Mitsuha.

« Très bien. Permettez-moi de commencer. »

Le premier à se mettre en avant fut le marchand. L’identité de Mitsuha en tant que vicomtesse Yamano l’avait surpris, mais comme il avait parlé avec elle lors du voyage, il s’était rapidement mis en rapport avec elle.

« Je suis Petz. Un marchand, comme vous le savez. Je suis venu ici pour vous parler de la circulation des marchandises », avait-il dit pour commencer.

Vous savez, je l’appelais « marchand » dans la diligence, c’est donc la première fois que j’entends son vrai nom.

Selon Petz, le prédécesseur de Mitsuha avait contrôlé tout le commerce extérieur, interdisait aux marchands des autres comtés de faire des affaires, et empêchait l’argent local de sortir de ses terres.

En apprenant que le précédent seigneur était remplacé, Petz était venu avec l’espoir d’ouvrir un nouveau marché. Le comté de Yamano était si éloigné qu’il était difficile de rentabiliser le voyage ici, mais comme il était juste à côté du comté des Bozes, il pouvait l’intégrer aux routes commerciales qui passaient par là, ce qui valait du temps et des efforts. Mais vu qu’il était si jeune, il avait déclaré qu’il aimerait mûrir aux côtés du jeune comté de Yamano.

Oui, nous allons grandir. Quoi qu’il en soit, j’avais besoin d’un commerçant ayant des liens avec la capitale, et Petz est clairement un type digne de confiance.

Hein ? Vous dites que je suis aussi une marchande de la capitale ? Hé, j’ai besoin d’un gars qui vend des marchandises de ce monde. À quoi bon échanger des articles de la Terre entre ici et la capitale ?

« Très bien, Petz. Faites-le, s’il vous plaît. Et si vous le pouvez, achetez les produits de notre comté et vendez-les dans la capitale. Nous avons bien besoin du poisson séché et mariné. J’ai aussi des projets pour en développer de nouveaux. »

« Oh, ce serait tout simplement splendide ! »

« C’est nouveau pour moi, alors pensez-vous pouvoir me rendre visite à nouveau dans quelques jours ? Nous discuterons des détails à ce moment-là. En attendant, je vais parler aux serviteurs et aux villageois pour en savoir plus. »

« Très bien. Je vais rester dans le villa — je veux dire, l’auberge du village pour le moment. »

Oui, je peux tout à fait comprendre qu’on appelle ça un village.

« Maintenant, M. le mercenaire, pourquoi êtes-vous ici ? »

« Je m’appelle Willem. Je suis effectivement un mercenaire. Je me suis lassé de la vie citadine et je voulais me détendre dans une campagne paisible, mais je ne suis bon qu’à me battre. En réfléchissant à ce que je pouvais faire, j’ai entendu parler de cet endroit. 

Ce comté est encore plus rural que les terres des Boz, il n’a presque pas de population et il manque un vassal, chevalier ou mercenaire compétent. Il est complètement sans défense, alors j’ai pensé que vous pourriez m’engager jusqu’à ce que vous rassembliez quelques vassaux et une force de défense adéquate. Et ne vous inquiétez pas, je ne cherche pas à devenir un vassal officiel moi-même. »

Eh bien, en voilà quelqu’un d’honnête, pensait Mitsuha. Mais il a raison. Si je n’étais pas là, ce territoire pourrait être détruit par un seul groupe de bandits d’une taille décente. Nous avons besoin d’une défense dès que possible, et pour cela, nous avons besoin de quelques employés clés. Un homme raffiné d’âge moyen comme Willem conviendra parfaitement à ce rôle. C’est un vrai homme parmi les hommes.

« Très bien. Comme je l’ai dit à Petz, nous allons revoir ça dans un futur proche. »

« J’attends cela avec impatience, madame. »

« Enfin, il ne nous reste plus que… celui qui a essayé de me livrer aux bandits. Je suis tout ouïe. »

« Quoi !? »

L’homme avait été surpris par ma franchise.

Hé, mec, c’est comme ça que je te connais ! Je ne connais pas ton nom ou ce que tu fais, et cela me parais bizarre d’appeler quelqu’un juste par les apparences et de t’appeler, genre, « mec qui a la vingtaine » ou quelque chose comme ça.

Anton et les autres serviteurs avaient silencieusement lancé des regards noirs sur lui, le faisant transpirer.

« Je m’appelle Yorck. Je suis un scientifique. », dit-il.

Quel nom !

« Eh bien, Yorck, je vous écoute. »

« Nous, les scientifiques, sommes des chercheurs de vérité. Nous étudions et recherchons sous la direction de Platidus, notre professeur dans la capitale. Lorsqu’il a appris l’arrivée du nouveau seigneur, il m’a envoyé ici dans l’espoir que le jeune esprit malléable responsable ici soit ouvert à l’apprentissage de nouvelles choses et soutienne notre marque de savoir. Si vous pouviez me prendre comme conférencier invité temporaire, je pourrais vous transmettre des fragments de sagesse de l’école de pensée de Platidus. »

Voilà qui avait suscité l’intérêt de Mitsuha.

« Quel genre de sagesse ? »

Il pensa un instant, fouillant dans ses archives mentales pour trouver la bonne idée qui me mettra en appétit.

« Hmm… Et bien, que diriez-vous si je vous disais que ce n’est pas le soleil qui tourne autour de ce monde, mais l’inverse ? »

Regardez ce visage suffisant.

« Oh, la théorie héliocentrique. Vous allez me dire que cette terre est en fait une sphère qui tourne autour de son propre axe et que c’est ce qui nous donne le jour et la nuit. Mais c’est évident, n’est-ce pas ? », répondit Mitsuha.

« Comment avez-vous… ?! »

« Rien d’autre ? »

« Alors, euh, et la raison pour laquelle les arcs-en-ciel apparaissent dans le ciel ? »

« Quand la lumière frappe les gouttelettes d’eau dans l’air, elles sont divisées en différentes couleurs selon l’angle sous lequel elles entrent, n’est-ce pas ? C’est pourquoi les arcs-en-ciel n’apparaissent que lorsqu’il y a du soleil pendant et après la pluie. »

« Ngh ! »

Yorck s’était frénétiquement nettoyé le front.

« C’est tout ? »

« Pourquoi vous… ! Le mystère de la lune, alors ! Pourquoi disparaît-elle lentement pour revenir plus tard ? »

« Oh, elle ne disparaît pas vraiment. Elle est en orbite autour de ce monde, et on dirait qu’elle disparaît et revient seulement parce qu’on voit la partie qui n’est pas bloquée, n’est-ce pas ? Ça suffit, on perd du temps ici. »

« Ce n’est pas possible ! » Yorck avait saisi sa tête et il tomba à genoux.

« Honnêtement, même si je pouvais apprendre quelque chose de vous, je le refuserais juste parce que vous êtes quelqu’un qui abandonnera les femmes et les autres passagers juste pour sauver sa peau. Du moment que cela provient de vous, j’ai comme l’impression que ça me souillerait. »

Mitsuha appela une femme de ménage.

« Vous pouvez partir maintenant. Emmenez-le dehors. »

Willem tremblait d’agitation.

« Je peux vous dire que vous en savez beaucoup. C’est même stupéfiant. Mais vous… vous êtes un diable sans pitié ! »

Petz approuva de la tête ses paroles.

Hé, la flatterie ne vous mènera nulle part !

 

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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