Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 3 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Le Pire en état de siège

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Chapitre 3 : Le Pire en état de siège

Partie 1

« Eh ~ ! Tout le monde, je vous remercie sincèrement d’avoir accepté cette demande pour une réunion d’urgence même si nous sommes si occupés aujourd’hui ~... Quant à la réunion d’aujourd’hui, même si Ikki Kurogane-kun ici présent est un adulte qui a atteint sa majorité, il a engendré un scandale aussi absurde qu’une relation sexuelle illicite avec une invitée d’État, et les voix qui mettent en doute son sens des responsabilités et son éthique en tant qu’adulte se sont élevées partout dans la branche japonaise. Il reçoit divers privilèges qui ne sont pas accordés aux étudiants-chevaliers ou aux garçons ordinaires de quinze ans. Pour cette raison, nous exigeons beaucoup de sens des responsabilités pour équilibrer ces privilèges. En conséquence, le Comité d’Éthique examine également ce point de vue et, à cette occasion, nous avons conclu qu’il est possible d’examiner formellement et de près si les qualités d’Ikki Kurogane-kun en tant que chevalier devraient être remises en question. Bien que nous sachions que vous êtes tous occupés, nous vous demandons de faire preuve de compréhension et de coopération. »

***

Cela se déroulant dans le gratte-ciel de la Ligue des Chevaliers-Mages, branche japonaise. Les responsables de l’éthique des chevaliers étudiants, des chevaliers magiques, se trouvaient au dixième étage souterrain, tout comme la section contrôlée par le Comité d’Éthique qui demandait au besoin des mesures disciplinaires et des expulsions, ou qui agissait à titre de police militaire.

Dans une salle de cette section, le président du Comité d’Éthique, Akaza, inclina la tête vers les gentlemen d’âge moyen rassemblés, et il fit un sourire raide et suffisant à Ikki Kurogane qui se tenait là debout, avec franchise et honnêteté.

« Ouvrons cette réunion d’enquête. Tout le monde. Asseyez-vous, s’il vous plaît, » déclara Akaza.

Mais il n’y avait pas de chaise près d’Ikki. Seuls les gentilshommes s’étaient assis. C’était clairement du harcèlement. Ikki était donc forcé de rester debout pour cette réunion qui allait durer un nombre d’heures encore inconnu.

Eh bien ! On s’y attendrait venant de telles personnes. Et il n’était pas si mal entraîné qu’il se découragerait face à une telle gêne, alors ce n’était pas grand-chose, cependant...

... Dans tous les cas, l’air dans cet endroit est vraiment stagnant, hein ? pensa-t-il.

Ikki avait examiné l’intérieur de la pièce qui n’était pratiquement pas éclairée. Dans la salle, une table en forme de U était dressée comme pour l’entourer, et les gentlemen convenables étaient assis, à commencer par Akaza. Trois personnes devant Ikki. Et une personne à sa gauche et une autre à sa droite pour un total de cinq. Comme tout le monde était vêtu d’un costume rouge, Ikki savait qu’ils faisaient tous partie du Comité d’Éthique.

« Pas besoin d’être si tendu. Malgré ce que j’ai dit au début, chacun d’entre nous est ton allié, » déclara Akaza.

Akaza s’était moqué d’Ikki d’une manière éhontée alors que lui avait envie de jauger de la capacité martiale du Comité d’Éthique.

« Cette réunion d’enquête n’est pas un endroit pour te censurer, » continua Akaza. « Nous n’entendrons pas seulement les excuses venant de toi qui as créé un scandale sans précédent en ayant une relation sexuelle illicite avec une invitée d’État, mais aussi l’explication aimablement donnée par ton père, le directeur. En d’autres termes, il n’y a personne d’autre ici que tes alliés. N’est-ce pas, messieurs ? »

« En effet. Tout le monde ici croit qu’il serait dommage de décider de l’expulsion, quelle qu’en soit l’explication, » déclara l’un des autres hommes. « Parce que d’une manière ou d’une autre, vous vous êtes poussé à participer au Festival Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée avec tant de force qu’il ne vous reste que quelques pas de plus pour y arriver. Nous ne voulons pas réfréner une telle ténacité. »

« ... Merci beaucoup, » déclara Ikki.

Comment Akaza ose-t-il dire des choses aussi peu sincères et sans réserve ? En un sens, c’était admirable.

« Eh bien ! Ikki-kun, maintenant que tu comprends que nous sommes tes alliés, passons d’abord en revue les faits, » déclara Akaza. « Est-ce vrai que toi, Ikki-kun et la deuxième princesse de l’Empire Vermillon, Mademoiselle Stella Vermillion, êtes dans une relation ? »

« Oui, c’est vrai, » répondit Ikki.

« Hehehe. C’est bien d’être honnête. Plus ou moins, quand cette relation a-t-elle commencé ? » demanda Akaza.

« Cela a commencé au début des batailles de sélection pour le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. La nuit de ma première bataille, » répondit Ikki.

Ce n’était pas comme s’il mentait. C’est pourquoi Ikki avait répondu en toute honnêteté. Cependant, tous les membres du comité avaient fait une expression dédaigneuse.

« Oh, tu as commencé à socialiser très vite, n’est-ce pas ? » Azaka avait directement fait une remarque.

« Hmph. Les jeunes d’aujourd’hui sont en effet comme ça, » déclara un autre. « Faisant des choses terriblement irréfléchies et aveugles. »

« Après tout, dans notre jeunesse, nous consacrions plus de temps à construire une relation mutuelle, » déclara un autre.

« Quand il s’agit des jeunes d’aujourd’hui, on voit bien qu’ils sont tous comme des singes. Pourquoi font-ils ces choses qui se terminent par des grossesses non désirées et des mariages forcés ? »

« Vraiment lamentable. »

Ils parlaient comme si Ikki et Stella avaient des rapports sexuels avant le mariage. Bien sûr, Ikki n’avait rien fait de tel. Jusqu’à ce jour, ils n’étaient rien de plus qu’un couple platonique. C’est ce que Stella et lui avaient décidé pour leur relation après mûre réflexion. Ils avaient compris que sa position, en tant que princesse, était très délicate. Par conséquent, ce genre de fausses accusations était exaspérant.

« Désolé d’être impoli, mais nous n’avons rien fait comme de ce que vous dites ou de ce que les journaux ―, » avait commencé Ikki.

« Ikki-kun, Ikki-kun. Je sais que tu as des choses à dire, mais ne parle que si tu as la permission, d’accord ? Si tu ne le fais pas, tu donneras une mauvaise impression, tu sais. Hehehe, » déclara Akaza.

« Pardonnez-moi pour mon impolitesse, » déclara Ikki.

Sa déclaration avait bien entendu été interrompue par Akaza, et Ikki avait incliné la tête à contrecœur pour s’excuser.

L’homme à la barbiche qui était assis sur le côté gauche d’Ikki et qui le regardait avec haine lui posait une question sur un ton plutôt brusque. « Hmph. Comme il semblerait que vous voulez dire quelque chose quoiqu’il arrive, je vais poser une question. N’avez-vous pas réfléchi quant à l’absurdité d’avoir une relation sexuelle illicite avec la princesse d’un autre pays ? C’est tellement dangereux que cela pourrait créer un incident international. Je comprends que vous êtes à l’âge où vous avez trop de désir sexuel, mais votre capacité à choisir une partenaire avec qui vous amuser ne fonctionnait-elle pas ? »

« Mon intention en m’associant avec Stella n’était pas de jouer. Nous nous aimons sincèrement, » déclara Ikki.

« Hmph. Vous êtes vraiment qu’un gosse ! » répliqua l’homme.

« Hehehe. J’étais comme ça aussi, tu sais. La fille qui est ton premier amour ressemble à ton partenaire unique. C’est si bon d’être jeune, oui, » déclara Akaza.

« Je vous crois sur parole, mais Stella et moi sommes déjà des adultes qui avons assisté à nos cérémonies de passage à l’âge adulte. Nous avons même le droit de nous marier. Ne serait-il pas normal de penser sérieusement à notre relation mutuelle ? » demanda Ikki.

« Que du pinaillage, n’est-ce pas ? Une attitude extrêmement rebelle que je constate, » déclara l’un des membres de la commission.

« Vous, ce genre de comportement n’est pas bien ! » déclara l’homme à la barbiche.

« Je trouve que cela donne vraiment mauvaise impression. Hehehe, » Akaza avait inscrit quelque chose sur une feuille de papier à portée de main après avoir dit ça.

Cette scène ainsi que le fait de voir ces hommes d’âge mûr qui l’entouraient avec l’attitude indiquant clairement qu’ils ne voulaient pas écouter ses arguments ―.

Je savais que ce serait comme ça, mais... quelle farce cruelle ! pensa Ikki.

Ikki soupira dans son cœur. Tout en remettant en question la responsabilité d’Ikki en tant qu’adulte, ils refusaient complètement de reconnaître les droits légaux d’Ikki en tant qu’adulte. Plutôt que de traiter Ikki comme un adulte, ce n’était qu’une scène pour leur propre commodité. Ces indications de la part des membres du Comité d’Éthique avaient déjà convaincu Ikki. Ce n’était pas un endroit où ses qualités de chevalier seraient soigneusement examinées. Ce lieu, il avait déjà conclu qu’Ikki Kurogane n’avait pas la qualité pour être un chevalier, et c’était incontestablement une inquisition pour collecter des informations pour renforcer cette conclusion.

... Eh bien, je l’avais déjà compris simplement après avoir vu le journal du soir, mais..., pensa Ikki.

Tout d’abord, les choses qu’ils disaient étaient bizarres dès le début. Quand on pense au fait qu’il ait fait d’une princesse qui étudiait à l’étranger son amoureuse... eh bien, c’était certainement une histoire pouvant provoquer des scandales. On pourrait dire qu’il serait naturel qu’il y ait un remue-ménage médiatique. Mais il était étrange que cela mène à une enquête sur les qualités d’Ikki en tant que chevalier.

Selon l’affirmation d’Ikki il n’y a pas longtemps, ni lui ni Stella, n’étaient enfants. Il s’agissait d’un homme et d’une femme dont le droit de se marier était légalement reconnu. Pour ainsi dire, leur amour était permis par la loi. En ce qui concerne la situation quant aux sentiments entre Ikki et Stella, si par exemple le père de Stella, le roi de l’Empire Vermillon, se montrait mal à l’aise à ce sujet, c’était quelque chose à discuter avec la personne elle-même. Malgré cela, ce n’était pas devenu ainsi. Et au lieu de cela, c’était devenu un scandale que de tierces parties revendiquaient à tort, et tout cela avait été rassemblé sur des articles pour que cela puisse être transformé en une remise en question des qualités d’Ikki en tant que chevalier. C’était évidemment étrange.

Pourquoi quelque chose d’aussi étrange avait-il évolué ainsi ? La raison en était simple. Ce n’était rien d’autre que l’existence de quelque chose qui manipulait les attentes arbitraires dans la tourmente.

Il fait des manigances comme à son habitude, pensa Ikki.

Cependant, Ikki savait aussi qu’ils n’agissaient pas de manière si détournée parce qu’ils étaient friands de cela. Tous les étudiants-chevaliers étaient membres de la Ligue nationale des Chevaliers-Mages. Outre la dissuasion face aux guerres, en enrôlant les chevaliers dans une organisation nationaliste, cela simplifiait le processus légal pour les voyages et leur permettait de s’entraider immédiatement en cas d’urgence. Ou, dans l’éventualité peu probable d’une guerre, elle permettait des guerres par procuration entre les chevaliers de différents pays sous la supervision de la Ligue et ainsi de suite. Il y avait différents prétextes, mais de toute façon, ce n’était pas quelque chose de pertinent par rapport à ce qui se passait en ce moment.

Ce qui était important, c’était que les qualifications des Chevaliers-Mages qui étaient inscrits comme étudiants-chevaliers au siège de la Ligue ne pouvaient pas être suspendues ou révoquées arbitrairement par les divers gouvernements nationaux à travers le monde et leurs branches. Même Itsuki Kurogane, le directeur de la branche japonaise, même Akaza, le président du Comité d’Éthique qui avait agi en tant que policier militaire, n’avaient pas droit à un tel pouvoir. Ils n’avaient donc pas d’autre choix que d’utiliser un moyen détourné.

Oui, comme instiguer Le Chasseur contre Ikki Kurogane il y a un an.

En persécutant Ikki derrière des portes closes, ils essayaient d’amener Ikki à prononcer des paroles auto-incriminantes de sa propre bouche. Même s’ils n’avaient pas pu l’avoir la dernière fois, ils voulaient qu’il se comporte mal. Mauvaise attitude. Mauvaise expression. Tonalité rude. Tout était parfait. Quoi qu’il en soit, ils faisaient le plein d’informations sur les mauvaises impressions venant d’Ikki, pour soutenir une demande d’expulsion qu’ils soumettraient au siège de la Ligue. C’était le but d’Akaza et des autres. Ikki pouvait le dire.

Dans ce cas, plus que de répéter la même affirmation, il était plus sûr de ne pas laisser les choses glisser de sa langue et d’être retenu contre lui.

Ikki l’avait compris, mais il — .

« Que vous ayez tous de bonnes ou de mauvaises croyances me va de toute façon. J’aime sincèrement Stella, et elle m’aime vraiment. Je le sais bien, » déclara Ikki. « Par conséquent, je ne crois pas que nos actions aient été une erreur, et nous ne voulons pas que les autres disent que c’était une erreur ».

Il refusait complètement de renoncer à sa posture antagoniste. Naturellement. Ikki savait très bien à quel point il aimait cette charmante jeune fille. Quand ils se tenaient l’un et l’autre, quand ils s’embrassaient, il savait quel genre de merveilleux sourires ils montraient. Cela étant dit, il ne déclarerait pas qu’il s’agissait d’un scandale. Il ne dirait pas que c’était une erreur. Si quelqu’un essayait de le forcer à dire que c’était une erreur, s’en tenir au silence devant cette personne ne serait pas ce que ferait un homme. C’était la raison pour laquelle Ikki était venu jusqu’à cette enquête.

... Je l’ai dit à Stella, pensa-t-il.

Peu importe qui était devant lui, il dirait qu’il aimait Stella avec fierté. Il ne voulait pas battre en retraite. Il ne voulait pas se taire. Si les hommes qui l’avaient fait venir ici n’avaient pas l’intention d’écouter son opinion depuis le début, c’était très bien ainsi. Ce n’était pas comme s’il pensait à obtenir l’approbation de gens comme eux. En termes simples, il n’allait pas cesser de l’affirmer.

Parce que ce sentiment était la seule chose sur laquelle il ne mentirait jamais.

***

Partie 2

Ikki avait été emmené par le Comité d’Éthique, et confiné depuis trois jours déjà. Stella était actuellement tel un volcan sur le point d’entrer en éruption. Alors qu’elle était sans cesse grimaçante avec ses sourcils rabattus de déplaisir, ses cheveux diffusaient de l’incandescence sous la forme d’étincelles. Un grand nombre d’étudiants étaient curieux d’en savoir plus au sujet du scandale, mais ils avaient trop peur de la pression exercée par la jeune femme pour oser s’approcher d’elle, et personne autour d’elle ne pouvait donc s’approcher. Et même dans une cafétéria bondée pendant l’heure du repas, personne ne s’asseyait sur les sièges proches de Stella. C’était tout à fait naturel, mais la personne elle-même n’était pas dans un état d’esprit pour faire face à de telles choses triviales, cependant...

« Même si tu as réussi à te remettre de ton rhume, Stella-chan, tu fais preuve d’une intention meurtrière vraiment extrême. »

Celui qui avait parlé à Stella sans hésitation et qui s’était assis à côté d’elle était une grande et mince beauté, Nagi Arisuin. De loin, des voix criaient des choses comme « Aah, Nagi-sama fait une chose si dangereuse... » Il s’agissait probablement de ses fans.

Mais même si elle était irritée, Stella ne blesserait jamais ses amis en évacuant sa colère. En deux mots, son aura et ses paroles étaient redevenues à son niveau habituel d’agressivité.

« ... Bien sûr que je le suis. Penses-tu que je sourirais pendant qu’ils écrivent dans CELA ces bêtises comme bon leur semble ? » demanda Stella.

Quand Stella avait dit « cela », elle voulait parler du journal du soir de ce jour-là. Ce journal avait écrit des tonnes de mensonges sur Ikki, et il avait même été jusqu’à la décrire elle comme si elle était une fille idiote qui avait été dupée par un scélérat. Se souvenir de cette page lui avait fait bouillir les entrailles.

« J’ai entendu dire à quel point c’était rude, mais le niveau des médias de ce pays est vraiment des plus déplorables, non ? » Stella avait craché ces paroles, et...

« Nyahahaha, mes oreilles brûlent. » Une autre personne, une étudiante portant des lunettes, s’était assise de l’autre côté de Stella tout en faisant un visage de déplaisir.

« Kagami..., » déclara Stella.

« Puis-je aussi me joindre à vous ? » demanda Kagami.

« Vas-y. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il s’agit du seul endroit qui reste libre, » répondit Stella.

« Nyahahaha, merci, » déclara Kagami.

Posant sur la table son plateau avec un sandwich sur le dessus, Kagami Kusakabe avait continué ses paroles avec une expression pleine d’excuses. « C’est naturel pour Stella-chan de s’énerver. Pour la princesse du Vermillion, de trouver un amoureux tout en étudiant à l’étranger provoquerait certainement un tumulte médiatique, tu sais ? Mais pour un journaliste, le fait de ne pas tenir compte du jugement d’une princesse et de traiter l’association entre deux personnes comme un scandale, c’est bien trop grossier. C’est même devenu une affaire internationale, tu sais ? Eh bien, la situation sortirait probablement de la compréhension de beaucoup de monde sur tant de choses. »

« Oh mon Dieu ? Qu’est-ce que tu dis ? » demanda Stella.

« ... Eh bien, j’ai beaucoup d’influence auprès des journalistes des journaux locaux, et j’ai pu utiliser mes relations pour faire une enquête, mais comme prévu, le Comité d’Éthique semble exercer une pression puissante digne de l’organisation, » répondit Kagami. « Il s’agit de créer l’image négative sur laquelle se base l’information soulignant le scandale de la princesse impériale du Vermillion. Il s’agit juste d’une discussion entre nous ici, mais il semblerait que le Comité d’Éthique ait utilisé son pouvoir pour intimider en insérant un bulletin spécial dans la diffusion officielle du spectacle du Roi des Chevaliers (KOK) dans le monde entier. »

« ... Parce que le KOK est complètement lié à la Ligue, ils peuvent faire une telle intimidation, n’est-ce pas ? Je vois, » déclara Stella.

Il n’y avait aucun moyen d’insérer un bulletin spécial dans la plus grande forme d’amusement du monde. Même la survenue d’un décès choquant ne donnerait pas ce genre d’annonce en tant qu’événement d’actualité. Ce genre de mouvement était identique à enfoncer un couteau dans la gorge. Sans aucun doute, c’était quelque chose d’inévitable. Et cette vérité donnée par Kagami était la preuve que, non seulement, le Comité d’Éthique agissait, mais aussi qu’il s’agissait d’attaque effectuée par Itsuki Kurogane qui essayait vraiment d’enlever les qualifications d’Ikki en tant que chevalier.

« Incroyable..., » connaissant leur sérieux, Stella n’avait pas pu empêcher ce mot de sortir. « Ikki n’est pas seulement un étudiant ! Pour le coincer comme ça, pourquoi le père d’Ikki, le directeur de la branche japonaise, va-t-il si loin !? »

D’ailleurs, quel avantage y avait-il là-dedans ? S’il dénonçait Ikki jusqu’à ce point, cela ne nuirait-il pas aussi à la réputation de la maison Kurogane ? Quelle était la raison d’enfoncer Ikki dans un tel miasme malgré tous ces effets négatifs ?

« Même si Ikki est son fils..., pourquoi ? » demanda Stella.

« Parce qu’il est ce genre de père. »

La voix qui répondait venait de l’autre côté de la table de la cafétéria de l’école. Il venait directement de devant Stella, un peu comme le son d’une clochette, une voix petite et douce. C’était...

« Parce qu’il est ce genre d’homme, il a fait ça. Et ce n’est pas seulement ce que vous deux avez mentionné, » déclara Shizuku.

« Shizuku…, » murmura Stella.

« En toute honnêteté, ce que le Père pense, et la raison derrière le fait qu’il a tant de préjugés contre Onii-sama sont des choses que je ne comprends pas, parce que cette malhonnêteté est au-delà de ma compréhension. Mais c’est aussi pourquoi rien de ce qu’il fait ne me semble étrange, » déclara Shizuku.

Tout en annonçant des faits aussi froids sans émotion, Shizuku avait posé son plateau avec son repas japonais sur la table. Et elle s’était assise à la table directement en face de Stella.

Alors que Stella hésitait un peu à lui parler quand elle était ainsi, Shizuku parlait en ce moment comme à son habitude. Et parce que Shizuku n’avait pas montré une seule fois son visage après le match contre Raikiri, Stella n’avait pas parlé avec elle depuis — .

« Euh, Shizuku... Je suis désolée. On ne t’a pas parlé de notre relation, » déclara Stella.

Stella savait à quel point Shizuku aimait son frère. Elle allait donc tout accepter venant d’elle, quel que soit le type d’attaque qu’elle recevrait de Shizuku. Stella se contenterait d’y faire face avec résignation.

Mais la réponse de Shizuku avait été d’une légèreté alarmante.

« Ce n’est pas comme s’il y avait un problème, tu sais. Je veux dire par là que j’étais au courant depuis longtemps, » déclara Shizuku.

« Hein ? » s’exclama Stella.

« J’ai pu le savoir d’un simple coup d’œil, » continua Shizuku. « Je savais que la relation entre vous deux avait changé après la nuit de la première bataille d’Onii-sama. N’est-ce pas, Alice ? »

« Hahaha ! Eh bien, c’était délicieusement facile à deviner, » déclara Alice.

« Ouais, ouais. Même moi, je l’avais compris, » annonça Kagami.

« Wôw... ! » s’exclama Stella.

Se sentant un peu gênée, Stella avait baissé les yeux. C’était probablement très facile de dire qu’ils flirtaient. Dans la salle de classe ou dans la forêt, ils avaient essayé de la cacher à la vue de tous, mais...

« Stella-san, tu as ta position. Annoncer ce genre de choses provoque toujours un tollé. Il est compréhensible que vous deux pensiez à ne pas causer une telle perturbation pendant la saison chargée du Festival de l’Art de l’Épée, et même moi, je réfléchirais à deux fois à la meilleure chose à faire. Par conséquent, ce n’est pas comme si nous pensions à te blâmer pour cela. L’essentiel ici, c’est ce que tu feras après ça. »

En disant cela, Shizuku avait tourné son regard vers Kagami qui était assise à côté de Stella. « Kusakabe-san. La discussion s’orientera désormais vers des choses que les personnes qui connaissent ma situation familiale dans une certaine mesure comprendraient, mais... »

« Nyahaha. Une information claire, c’est la vie d’un journaliste, tu sais ? Pour ce qui est de la situation..., » répondit Kagami.

« Dans ce cas, je veux qu’on parle sans rien dissimuler. Dans une telle situation, ça pourrait mener à l’expulsion d’Onii-sama, non ? » demanda Shizuku.

Kagami avait déclaré sans hésitation à l’égard de la question de Shizuku. « C’est peu probable, du moins pour l’instant. »

« Oh ! Mon Dieu, c’est vrai ? » s’exclama Alice.

« Après tout, Alice-chan. Ce n’est pas comme si Senpai et Stella faisaient tous les deux quelque chose de répréhensible, n’est-ce pas ? » déclara Kagami. « Même si nous venons d’en parler maintenant, de simples journalistes ne tiennent pas compte des sentiments de Stella, qui est membre de la royauté, et appellent sa relation un “scandale”, tu sais. Cette histoire a été du début à la fin celle d’une “Princesse de Vermillon qui a trouvé un amoureux pendant ses études à l’étranger. Arg ! Quel genre de personne est-il ? Youpi ! Youpi !” un truc du genre. L’entité qui a voulu transformer de force cela en un “scandale” ne fait qu’instiguer une perturbation inutile. Avec ce genre de magouilles, ces individus manqueraient après tout de légitimité très rapidement. À l’heure actuelle, ils n’ont fait rien d’autre que d’énormes fausses accusations. Et naturellement, ces individus qui comprennent cela font tout pour manipuler la nouvelle situation pour obtenir véritablement ce genre d’impression, et pour ce faire, ils iraient jusqu’à créer un chahut pour ainsi trouver des fautes en créant une enquête. Senpai n’est pas idiot, alors peu importe combien de fois ils essaieront simplement de trouver des fautes en lui, ils ne collecteront probablement rien, et il est difficile d’imaginer que le quartier général de la Ligue choisisse l’expulsion. Parce que la Ligue considère l’expulsion comme un dernier recours. »

« Dernier recours ? Hé ! Kagami, qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda Stella.

« La Ligue n’a jamais expulsé une personne sans s’enquérir à fond sur un chevalier étudiant. Pour le dire d’une manière que Stella-chan peut facilement comprendre, regardez, qu’en est-il du Kurashiki-kun de l’Académie Donrou ? » demanda Kagami.

« Oui ? » déclara Stella.

« Même avec des gens aussi célèbres qu’il l’est, la réponse de la Ligue se termine par une réprimande, » déclara Kagami.

« ... C’est extrêmement léger, c’est vrai, » déclara Stella.

« Je me demande quelle est la raison pour cela, » demanda Shizuku.

Kagami hocha la tête et répondit à la question de Shizuku. « Les chevaliers qui sont expulsés sont généralement ceux qui sont déjà devenus des criminels avérés. »

Les Chevaliers-Mages qui avaient acquis leur licence étaient, bien sûr, des Blazers qui, en tant qu’étudiants chevaliers, considéraient la manière de réussir dans la vie en utilisant la force de leurs superpuissances. Ce genre de personnes, que leur arriverait-il si leurs privilèges étaient révoqués de façon permanente ? La réponse aurait été qu’ils seraient très susceptibles de devenir des criminels qui utiliseraient leurs capacités Blazer pour des activités illégales. Il s’agissait d’une réalité que les statistiques de nombreuses enquêtes avaient déjà fait apparaître clairement.

« Eh bien, c’est naturel. Bien que cela soit absolument humain pour ceux qui font un tel désordre qu’ils sont expulsés, il est plus sûr d’avoir un chien fou enchaîné qu’un chien déchaîné, n’est-ce pas ? » continua Kagami. « C’est pourquoi la Ligue a voulu établir la règle selon laquelle tous les chevaliers doivent être supervisés, vous savez. Après avoir reçu ce désir de la Ligue, presque tous les pays membres de la Ligue ont créé des lois pour procéder de cette façon avec tous les Blazers de leur pays. Bien que le Japon ait des organisations de défense des droits de l’homme, cela n’a pas vraiment affecté cette demande. »

En faisant cela.

« En expulsant rapidement quelqu’un, la Ligue créerait des criminels d’eux même et, ce faisant, laisserait ces criminels non réglementés. Par conséquent, même la Ligue effectue les décisions d’expulsion très lentement. Et en particulier, les expulsions d’étudiants-chevaliers qui sont encore en position d’apprendre et d’étudier sont des cas extrêmement rares, » déclara Kagami.

Cependant —

« Mais cette fois, il semble qu’un cas rare suffisamment grave pour justifier l’expulsion soit survenu, » continua Kagami. « C’est pour ça que je suis inquiète. Quel genre de souffrance Senpai traverse-t-il en ce moment, et ainsi de suite ? »

L’enquête visait à trouver des fautes dans la façon dont il réagissait par son attitude et son ton. C’était le but ultime du Comité d’Éthique. Mais si Ikki lui-même reconnaissait qu’il avait été irréfléchi, cela deviendrait une vérité que tout le monde acceptait. Cette vérité deviendrait un fort soutien pour son expulsion. Par conséquent, le Comité d’Éthique essaierait sans aucun doute d’obtenir cette conclusion, quelle que soit la méthode utilisée.

Tout le monde avait sombré dans le silence devant les mots déclarés faiblement par Kagami. L’audience du Comité d’Éthique se déroulait dans des profondeurs souterraines où la lumière du soleil ne l’atteignait pas. Cet endroit était le territoire d’Itsuki Kurogane. Et le Comité d’Éthique était une position monopolisée par les générations successives de la lignée de la maison Kurogane. Une terre sacrée, pour ainsi dire. Il n’y avait absolument personne dans les environs, à l’exception des personnes proches de la maison Kurogane. Il n’y avait aucune chance qu’Ikki reçoive un traitement décent dans ce genre d’endroit. Bien qu’il ne recevrait probablement pas de torture physique comme dans une véritable inquisition, ils pourraient utiliser des méthodes pour briser une personne autant qu’ils le voudraient.

Plus Stella y pensait, plus sa tête se remplissait de suppositions désagréables. En vérité, elle n’avait pas dormi décemment pendant deux jours. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle imaginait le genre de temps que son bien-aimé passait sous terre. Mais c’était...

« ... C’est entièrement ma faute, » murmura Stella.

Si elle avait été une fille normale... Elle n’aurait pas été utilisée par les ennemis d’Ikki. Ce genre de regret inévitable tourbillonnait et se répandait dans son esprit. Elle était devenue le nœud coulant d’Ikki. Une restriction sur sa participation au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée, elle l’entravait pendant cette période importante. C’était douloureux — .

« Dois-je me séparer d’Ikki... ? » se demanda Stella à voix haute.

De la bouche de Stella, quelques mots s’étaient répandus dans de telles plaintes. « Après tout... n’est-ce pas ma faute ? Si j’étais une fille ordinaire, ce genre de choses... »

« Stella-chan ! » En un instant, ce qui avait pénétré l’oreille de Stella, c’était la voix d’Arisuin dans un cri tranchant.

Sa colonne vertébrale avait frissonné face à cette voix, et Stella avait levé le regard, déconcertée. Et elle avait pris conscience...

 

Que la pointe d’un glaçon aussi acéré qu’une lance s’était approchée d’elle sous ses yeux.

 

Stella avait déjà revêtu de façon réfléchie sa robe de l’impératrice et avait bloqué la frappe de la lance glacée en croisant les deux bras. Mais cette frappe avait été rapide et puissante, soulevant le corps de Stella sur ses pieds et faisant frapper son corps en plein dans le mur de la salle à manger, la faisant traverser, et soufflant le corps de Stella complètement hors de la salle à manger elle-même.

« Arggg ! »

« Qu’est-ce que vous faites ? »

La panique avait rempli la salle à manger lors d’une situation inattendue. Au milieu du bruit, Stella avait fait surgir sa capacité personnelle alors qu’elle avait reçu la lance à glace, et...

*Crack*

... elle avait froncé les sourcils en raison de la douleur qui résonnait à travers ses os. Il semblerait qu’un os de son bras avait été fracturé. La flamme de Stella pouvait saisir et vaporiser même une balle de fusil, mais le mieux qu’elle pouvait faire était de faire fondre et d’émousser cette pointe de lance perforante. Une seule personne ici pourrait utiliser la magie de l’eau à ce degré.

« Qu’est-ce que tu fais, Shizuku !? » Stella protégeait son bras blessé et, en même temps, elle rugissait sur Shizuku qui se tenait debout à côté de la table avec Yoishigure dans une main.

Quant à Shizuku...

 

 

« Et je te demande la même chose. Qu’est-ce que tu dis ? » déclara Shizuku.

Les yeux de Shizuku avaient traversé les pensées de Stella et avaient fait trembler la colonne vertébrale de Stella à tel point que ce n’était pas comparable à ce qu’elle avait ressenti juste avant ça.

Le ton de Shizuku était assez calme, et cette expression était aussi composée que d’habitude. Mais les yeux de Shizuku possédaient une brillance froide que Stella n’avait jamais vue auparavant, et tout son corps semblait gelé dans la colère.

« Toi, ne comprends-tu pas la raison pour laquelle Onii-sama a accepté de suivre cette farce ? » déclara Shizuku. « Pour Onii-sama, l’option de s’en tenir au silence et de ne pas répondre à l’audience existe. Dans tous les cas, l’enquête n’est rien de plus qu’une inquisition de nom. C’est une farce qui porte ses fruits. Ces individus n’écouteront rien de ce que leur dira Onii-sama. Sachant cela et faisant face à leur demande, tout cela est parce qu’il ne peut pas supporter que des individus exploitent l’opportunité d’exprimer des intentions vulgaires sur ta relation avec lui. C’est parce qu’il pense que la relation entre vous deux est très importante. Si tu trahis Onii-sama sans comprendre ça, je ne te le pardonnerai jamais. »

Cette fureur glaciale avait rendu Stella très consciente de son propre glissement de langue. « ... Je suis désolée. J’étais stupide tout à l’heure. »

Stella, obéissante, inclina la tête devant Shizuku.

Comment pourrais-je dire une chose aussi misérable ? pensa Stella.

Jusqu’à ce jour, elle n’avait jamais considéré sa relation avec Ikki comme une erreur. Le fait qu’Ikki était au milieu du camp ennemi, c’était la preuve que même maintenant il était encore fier de leur relation. L’intention de l’ennemi était de semer le doute sur la responsabilité d’Ikki, et un adulte qui était appelé chevalier pourrait tenir bon. Par conséquent, si un témoignage négatif comme « c’était imprudent » et « c’était une erreur » était déclaré, il serait impossible de faire une annonce officielle de leur amour. Parce que si des mots comme « je suis un pauvre imbécile qui ne peut pas prendre ses responsabilités » étaient confessés directement par Ikki, ces mots deviendraient une preuve.

{Je t’aime et je veux le dire fièrement devant tout le monde.}

Ikki mettait en pratique les mots qu’il avait déclarés ce jour-là, comme il le faisait toujours. Son amour pour elle était aussi fort. Dans ce cas, que devrait-elle faire ? Face à ses sentiments forts, comment doit-elle y répondre ?

Je ne peux rien faire, pas une seule chose –

C’était —

 

« Bon sang ! Vous deux, vous détruisez le bâtiment de l’école sans vous en soucier, n’est-ce pas ? »

 

Soudain, une voix mélangée à un soupir était arrivée depuis derrière Stella et Shizuku. La propriétaire de la voix quelque peu rauque était Kurono Shinguuji, qui s’était frayé un chemin vers eux deux à travers les murmures des étudiants.

« J’aimerais que quelqu’un puisse réparer aussi le corps là, » déclara Kurono.

Alors qu’elle grognait sous son souffle, Kurono était sortie par le trou que Shizuku avait ouvert, et elle avait fait claquer légèrement les doigts.

Après ça, les débris éparpillés de matériaux muraux avaient flotté et s’étaient réinstallés dans le trou que Stella avait percé. C’était comme si quelqu’un avait joué une vidéo à l’envers. En quelques secondes, le grand trou avait été entièrement rempli.

« Ça devrait le faire, » déclara Kurono.

Hochant la tête en approuvant son propre travail, Kurono tourna son regard du mur rempli vers l’endroit où Stella était tombée. Et — .

« Mademoiselle Vermillion. J’ai quelques mots à dire sur l’affaire Kurogane. Voulez-vous venir dans mon bureau ? » Elle avait dit à Stella de venir là où elle travaillait.

***

Partie 3

Kurono invita Stella dans le bureau de la directrice qui puait le tabac et fit asseoir Stella sur le canapé prévu pour les visiteurs. Elle s’était elle-même assise sur le canapé de l’autre côté de la table.

« C’est devenu une chose extrêmement gênante, n’est-ce pas ? » murmura Kurono.

Elle ronchonnait avec un front marqué de rides. La fatigue que l’on pouvait voir était probablement due aux répercussions après avoir fait l’objet d’une enquête lié à sa responsabilité quant à la présence d’Ikki et de Stella dans la même chambre. Eh bien, en ce qui concerne le système de garçons et de filles partageant une chambre, Stella avait encore quelques problèmes même maintenant, donc elle n’était pas très compatissante, mais...

C’est exact..., pensa Stella.

En raison des grandes douleurs que tout cela causait, elle se chargerait de tout ce qui se présenterait devant elle et par anticipation, Stella avait posé une question.

« ... Madame la Directrice, qu’en est-il des batailles de sélection d’Ikki ? Ils ne sont pas comptés comme perdu par défaut à cause de son absence, n’est-ce pas ? » demanda Stella.

« Je ne parie pas pour rien mon prestige sur ce genre de choses, » répondit Kurono. « Donc Kurogane organisera des combats avec des adversaires lors de cette bataille factice avec la branche japonaise de la Ligue. Bien sûr, l’un des professeurs de l’école sera à ses côtés en tant qu’arbitre. Après tout, nous savons qu’il ne faut pas laisser le jugement à ces gens. »

« Je me demande si nous pouvons aller le soutenir, » demanda Stella.

« Non, c’est impossible. Tant que l’enquête n’est pas terminée, toutes les réunions en face à face sont interdites, » répondit Kurono.

« Ainsi, il est complètement isolé…, » déclara Kurono.

Cependant, la promesse ferme de Kurono selon laquelle Ikki ne perdrait pas par défaut en cas d’absence était rassurante. Comme on pouvait s’y attendre, le voir perdre à cause de son incarcération actuelle serait trop pénible. Un souci avait été amoindri, et Stella avait inhalé un souffle de soulagement, puis elle avait pressé Kurono pour la prochaine question.

« Alors pourquoi aviez-vous besoin de moi ? » demanda Stella.

À ce propos, Kurono avait répondu par un bref « Oh », et était allée droit au but.

« À propos de ce qui se passe en ce moment, je veux entendre ce que vos parents à Vermillion en pensent, » demanda Kurono.

Pourquoi Kurono s’inquiétait-elle de quelque chose comme ça ? Ce genre de problème existait, mais ce n’était pas comme s’ils le cachaient, et après qu’Ikki ait été éloigné de force, Stella avait contacté ses parents par téléphone et leur avait parlé avec franchise de la situation.

« Mère a compris mon jugement. Mais... Père était complètement contre. Il était très en colère et a crié : “Il a osé poser la main sur notre fille sans ma permission, Kiyo !”. »

« Il vous aime, non ? » demanda Kurono.

« Il n’a pas la capacité de laisser partir ses enfants. Parce qu’il était si menaçant, on dirait qu’il va bientôt venir au Japon, » annonça Stella.

« Et combien de temps cela prendra-t-il pour qu’il soit là ? » demanda Kurono.

« D’après ce que je sais, dans trois semaines, » répondit Stella.

« Juste quand les batailles de sélection se terminent, hein ? ... Exactement ce dont nous avons besoin afin que nous puissions approcher de notre but, » déclara Kurono en même temps qu’elle toussa.

« But ? » demanda Stella.

Stella inclina la tête dans la confusion face aux paroles qui avaient été tousser de Kurono. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par but ?

Kurono expliqua à Stella ses paroles grincheuses.

« Si le roi de Vermillon en personne nous rendait visite, comme prévu, ce ne serait pas seulement une enquête ou un confinement sans visiteurs, » répondit Kurono. « Les personnes en costume rouge n’auraient pas d’autre choix que de mettre en attente l’affaire Kurogane. Et avec cela, si vous et vos proches aviez une discussion, vous parviendriez certainement à une conclusion quant à cette situation. Et les dérives quant aux arguments avancés par ceux qui ont fait à l’heure actuelle de l’affaire Kurogane un scandale ne feraient certainement pas partie d’une telle discussion, parce qu’ils ne veulent que diriger arbitrairement les choses comme bon leur semble. Ils ne veulent qu’agir sans faire plus que des spéculations. Si le roi de Vermillon lui-même approuvait Kurogane, ces individus verraient leurs arguments annihiler. Si cela se produisait, ce serait à leur tour de faire l’objet d’une enquête. »

« Une contre-attaque ? » demanda Stella.

« Exactement. Pour avoir empêtré mon propre élève sur mon propre territoire dans leur conception tordue, je le ferai regretter jusqu’à leur mort, » déclara Kurono.

Face aux paroles de Kurono et à son expression, le corps de Stella avait eu la chair de poule.

« Effrayante…, » murmura Stella.

Rien qu’en étant proche, elle se sentait écrasée par l’humeur de Kurono. Cette intensité qui était capable de retirer toutes les forces des étudiants était quelque chose qu’on attendait du chevalier qui était autrefois le troisième plus fort du monde.

Mais c’est certainement l’objectif, oui, pensa Stella.

L’affirmation du Comité d’Éthique en costume rouge, c’était qu’Ikki était si irréfléchi qu’il avait à cause de ça créé un incident international. Dans ce cas, si son père, le souverain de Vermillion, approuvait Ikki, cela réglerait tout.

Le problème était... ce père approuverait-il docilement la relation amoureuse de sa fille ?

« ... Ooh. Je ne suis pas confiante, d’une façon ou d’une autre. Parce qu’il a probablement déjà décidé du contraire et qu’il ne voudra pas m’écouter, » déclara Stella.

Par exemple, lors d’un événement scolaire, une fois au collège, elle était allée camper dans les montagnes, et il s’était habillé avec une peau d’ours et avait veillé sur elle depuis la forêt pendant tout ce temps. C’était ce genre de père. À l’époque, elle pensait qu’il était un vrai ours et qu’elle devait le tuer. Quand elle avait découvert que c’était vraiment son père, elle voulait quand même le tuer. C’était ce genre de parent, donc elle ne le voyait pas accueillir Ikki. Stella était à bout de nerfs, et Kurono avait parlé tout en lui faisant un doux sourire avec une aura inhabituelle maternel.

« Tout ira bien. C’est quelqu’un qui a élevé une fille aussi honnête que vous, donc il n’y a aucune chance qu’il ne comprenne pas le calibre de Kurogane, » déclara Kurono.

C’était une raison qui n’était basée sur rien de particulier. Mais les paroles de Kurono enlevèrent l’anxiété de Stella avec une facilité alarmante.

C’est vrai, ce n’était pas un mauvais père. Stella aimait aussi son père du fond du cœur. C’est pourquoi Stella pensait ainsi. Et donc, c’est pour ça qu’elle voulait qu’il aime le garçon qui l’aimait !

« Ce serait... bien si cela arrive, » murmura Stella.

« Vous l’aiderez aussi quand ils se rencontreront, » déclara Kurono. « Il s’agit du conseil d’une personne mariée, mais saluer les parents d’une fille est un effort de groupe pour aller de l’avant avant de couper le gâteau. Ne laissez pas ça à l’homme. Votre père doit voir comment sa propre fille pourrait protéger l’homme. »

« Je ferai de mon mieux, » déclara Stella.

« Haha, ah, ah, faites de votre mieux... Mais de toute façon. Je pense qu’il vaut mieux être honnête, mais votre soulagement vous rend plus énergique que ce à quoi je m’attendais, » déclara Kurono.

« Une bonne petite sœur m’a revitalisé il y a quelque temps, » déclara Stella.

Touchant la fracture dans son bras droit, Stella avait un peu souri et avait pris une décision dans son cœur. C’était vrai, tout laisser à l’homme était quelque chose qu’une bonne épouse ne ferait pas. Elle se battrait aussi.

{Stella, je t’aime, et je veux le dire fièrement devant tout le monde.}

En ce moment, Ikki mettait en pratique les paroles qu’il avait échangées avec elle. Dans ce cas — .

Moi aussi, je protégerai ma promesse, pensa Stella.

***

Partie 4

Nous nous trouvions au dixième niveau souterrain de la branche de la Ligue japonaise. Ikki Kurogane y était détenu en ce moment.

« J’ai laissé ta bouffe sur la table. Il y a une autre audience demain matin à six heures, alors dépêche-toi et dors. »

En disant cela sur un ton discourtois, une personne en rouge affichant un teint maladive avait activé le verrou électronique dans la pièce et il l’avait quittée avant de la verrouiller depuis l’autre côté.

La chambre n’avait qu’un lit souillé, une table et une chaise qui semblaient pouvoir se briser à tout moment. Il n’y avait rien d’autre, et les murs étaient gris, sans aucune décoration. Cependant, Ikki, qui avait été debout toute la journée pour l’audience, en était quand même reconnaissant.

Il avait poussé un soupir qui contenait toute sa fatigue, avant de s’asseoir sur cette chaise branlante. Les questions s’étaient déroulées de six heures du matin à onze heures du soir. Le Comité d’Éthique comprenait un certain nombre de responsables, et donc, avec leurs quatre rotations de personnel par jour, ces individus-là n’étaient nullement fatigués. Du côté d’Ikki, le fait d’avoir dû se tenir debout du matin au soir l’avait rendu vraiment fatigué comme on pouvait s’y attendre. Si cela continuait ainsi pendant une semaine, même Ikki, qui s’entraînait régulièrement, deviendrait apathique sans même s’en rendre compte.

Mais tout cela n’était probablement pas seulement dû à la fatigue qu’il accumulait.

« Franchement, du riz décent me manque vraiment. Pff, » grogna Ikki.

Devant les yeux d’Ikki, alors qu’il murmurait de dégoût, son repas du soir y avait été laissé. Il s’agissait de deux barres d’aliments bruts en sachet et de rien d’autre. Avant cela, quand il avait regardé les informations inscrites au dos, il avait pu constater que ces deux barres allaient lui fournir assez de calories et de nutrition pour un repas, mais cela ne pouvait certainement pas être suffisant pour satisfaire l’appétit d’Ikki qui était à la fois un chevalier et un adolescent en pleine croissance. Pour couronner le tout, une telle situation n’allait pas diminuer ses besoins. Et parce qu’il s’agissait des repas de tous les jours ici dans ce sous-sol, Ikki était tourmenté par la faim chronique.

Et en plus ―.

« Comme d’habitude, il n’y a rien à boire, » murmura Ikki.

Même la consommation d’eau était limitée en ce lieu. Il semblait que pour une raison qui ne lui avait pas été fournie, l’eau potable qui faisait partie des repas rationnés manquait. Et la pièce dans laquelle Ikki était emprisonné subissait une coupure d’eau depuis quelques semaines, de sorte que même les toilettes n’avaient pas d’eau courante.

Bien sûr, c’était tout simplement du harcèlement. Et naturellement, puisqu’on ne lui avait pas donné d’eau pendant l’enquête, il avait dû utiliser les toilettes pendant les périodes où il avait le droit de prendre une douche et lorsqu’il était allé entre la salle d’enquête et sa chambre. Pendant ces brèves périodes, il avait absorbé autant d’eau qu’il le pouvait.

En passant à travers tous ces derniers jours comme ça, il était certain qu’il ne s’effondrerait pas de fatigue. Il était isolé parmi un grand nombre d’ennemis. Il était entouré de tous les côtés, et il se battait seul face à eux.

Mais c’était très bien ainsi.

Il était déjà habitué à ce genre de choses, à ce genre de situation qui briserait tout autre individu. Il avait toujours agi seul. Il ne dépendait d’aucun individu, et n’avait jamais reçu la moindre leçon de quiconque. Ce n’était certainement pas la première fois qu’il se battait ainsi. En fermant les yeux, il pouvait s’en souvenir encore aujourd’hui. Les scènes de sa jeunesse, alors qu’il se cachait dans les montagnes derrière la maison de ses parents, brandissant son épée en silence pendant d’innombrables heures. En ce qui concernait Ikki, la plus grande partie de sa vie s’était déroulée ainsi, alors qu’il était toujours isolé, sans soutien. Par conséquent, jusqu’à présent, ce n’était pas si difficile pour lui de résister à cette situation. Qu’il s’agisse d’isolement ou d’animosité, il y était habitué. Par conséquent, quelle que soit la méthode utilisée par Akaza et les autres pour obtenir d’Ikki le témoignage selon lequel « il a admis que c’était une erreur », ce genre de choses ne briserait pas la détermination tenace d’Ikki.

Si c’est ainsi jusqu’à la fin, je peux le tolérer, pensa-t-il.

S’ils l’avaient fait en utilisant de telles méthodes, alors peu importe tout cela, car il rencontrerait probablement le roi du Vermillon bien assez tôt. C’était une affaire sérieuse concernant sa fille si importante pour lui. Le père de Stella allait certainement agir vis-à-vis de l’homme qui était avec sa fille. Dans ce cas, ce qu’Ikki devrait faire, c’est s’en tenir obstinément à ses principes contre les petits tiers jusqu’à ce jour-là. S’il le faisait, Akaza et les autres perdraient leur droit d’intervenir dans ce tumulte médiatique.

Je suppose qu’on peut dire que c’est plutôt là que ma vraie crise commencera, pensa Ikki.

Il obtiendrait l’approbation du père de Stella. Il s’agissait de l’événement capital qu’Ikki n’avait jamais eu auparavant dans sa vie. Rien que d’y penser, son cœur battait furieusement à cause de sa nervosité. Mais il ne pouvait pas s’enfuir. Ce n’était pas possible. Dès le moment où il était tombé amoureux de la fille appelée Stella Vermillion, il s’agissait d’une conclusion inévitable. C’est pourquoi, à partir de ce moment, Ikki avait toujours pensé à la façon de saluer le roi et de lui faire bonne impression.

Pour l’accueil, il devrait probablement porter un costume, n’est-ce pas ? Ses cheveux... les séparer d’un côté ? Il l’avait déjà un peu imaginé.

... Wôw, c’est terrible, pensa Ikki.

Un rire tendu s’était répandu à la pensée qu’il ressemblait alors à un employé de bureau.

Mais plus que son apparence, comment pourrait-il transmettre sa sincérité si importante pour lui ? En fin de compte, c’était cela que l’on ne pouvait pas faire avec de la ruse. Ou plutôt, la ruse se retournerait contre lui. Il n’y avait rien d’autre que de se regarder en face en toute sincérité et de se parler avec autant de sérieux que possible.

Le temps étant précieux, dois-je un peu pratiquer ? pensa Ikki.

La ruse était inutile, mais l’idée d’agir sans pratique le rendait après tout nerveux. Il avait besoin de répéter.

En pensant cela, Ikki avait fermé les yeux et il concentra ses pensées. Ce qui était apparu à l’intérieur de ses paupières était le visage du père de Stella, le roi du Vermillon. Parce que Stella lui avait montré une photo une fois, il pouvait s’en souvenir. Les mêmes cheveux flamboyants que Stella. La majesté à la manière d’un lion que l’on pouvait ressentir à partir d’une gigantesque carrure de près de deux mètres de haut, avec une barbe à tresses.

Quand il se souvient de cette vision et qu’il ouvrit ses paupières — devant ses yeux, il ne fait aucun doute que l’homme se tenait là.

Bien sûr, ce n’était pas vrai. Ce n’était qu’une image virtuelle produite par la concentration d’Ikki qui avait été affinée au maximum. Photographier mentalement l’image de l’autre partie supposée, puis pratiquer un kata en tandem. C’était une technique de base pour un pratiquant d’arts martiaux. Il s’agissait d’une application pratique qu’il mettait en œuvre. Cependant, lorsqu’il s’agissait d’un expert comme Ikki, l’image aurait un regard, des battements de cœur et une température contrairement à une image normalement produite par un novice. Il aurait un réalisme écrasant jusqu’au point de pouvoir se répercuter de manière audible. Avec ce réalisme, cela ébranla même l’esprit d’Ikki qui l’avait créé.

Le roi de Vermillon qui avait les traits sévères d’un lion ne parlait pas et ne bougeait pas, ne fixant Ikki qu’avec les mêmes iris cramoisis comme l’avait sa fille honnête. Face à ce regard, Ikki avait senti une pression qui semblait brûler la surface externe de sa peau. La sueur coulait de tout son corps, et sa gorge se desséchait en réaction.

Mais s’il ne pouvait pas contrôler face à une image virtuelle, il ne pourrait pas se tenir convenablement devant la réalité. Ikki avait pris une grande respiration et il avait directement répliqué au regard du roi de Vermillon. Puis, il s’était mis à genoux, avait baissé la tête comme s’il appuyait sur le lit, et — .

« S’il vous plaît, donnez-moi votre fille ! »

― il avait fait sortir cette phrase avec tout l’air contenu dans ses poumons en un cri. Et à ce moment-là. ―

 

« Je ne te donnerai jamais ma fille. »

 

Une voix frappa les oreilles d’Ikki avec un rejet aussi lourd que le plomb. Ikki n’était-il pas assez sérieux ?

... Non, non non non non. Attends. Attends un peu, pensa Ikki.

Peu importe ce que c’était, peu importe la pression qu’aurait la vraie chose, une image n’était après tout qu’une image. Elle n’avait pas pu répondre.

Alors c’était quoi cette voix ? Ikki avait levé la tête, et — .

 

« Je ne te donnerais jamais Shizuku. »

 

– son vrai père, Itsuki Kurogane, regardait Ikki avec des yeux gris emplis de froideur.

« P-P-P-P-Père !? » s’écria Ikki.

***

Partie 5

Après cela, Ikki avait apporté l’unique chaise qui se trouvait dans la pièce où il était confiné. Itsuki s’était assis sur cette chaise, face à Ikki de l’autre côté de la table. Ils s’étaient confrontés du regard pendant cinq minutes. Au cours de cette période, les deux personnes n’avaient pas posé de questions et ne discutaient pas.

C-C’est embarrassant..., pensa Ikki.

Ikki avait ressenti une étrange sueur sur son dos.

C’était compréhensible. Ils venaient de se rencontrer lors d’une scène un peu étrange, mais en plus, Ikki n’avait pas rencontré son père Itsuki face à face depuis l’âge de cinq ans. En toute honnêteté, après l’avoir rencontré tout à coup, il n’avait aucune idée de quoi parler. Il ne savait pas quel genre de visage il devait faire.

Ou d’ailleurs ! Pourquoi cette personne est-elle venue vers moi, jusqu’ici, après un si long moment ? pensa Ikki.

Et alors qu’Ikki essayait de lire les pensées d’Itsuki...

« Ikki, » Itsuki avait rompu le silence et avait prononcé les premiers mots.

« O-Oui, » Ikki avait répondu d’une voix contenant un peu d’excitation.

La quantité de sueur sur son dos avait augmenté. Sa poitrine avait commencé à palpiter bizarrement. À ce moment... qu’est-ce que cette personne allait dire avec ses prochains mots ?

Parce que c’est le genre d’homme qui va bien trop loin, je ressens un peu d’anticipation quant à tout ça..., pensa Ikki.

« Toi, aimes-tu Shizuku en tant que femme ? » demanda son père.

« Quoi !? » s’exclama Ikki.

« L’inceste est interdit. C’est immoral, mais plus que tout, vous êtes tous deux ensemble depuis qu’elle est née donc tu ne devrais pas la voir comme..., » commença Itsuki.

« Attendez ! Vous vous méprenez ! » s’expliqua Ikki. « J’étais simplement en train de faire une simulation de mes salutations avec les parents de Stella ! Shizuku est très importante pour moi, mais je ne considérerais jamais ma petite sœur comme quelqu’un du sexe opposé ! »

« Est-ce que c’est la vérité ? C’est bon dans ce cas, » répondit son père.

C’était mauvais. Ikki aurait pu être considéré comme une personne très dangereuse. Itsuki avait l’air d’être sur le point d’effectuer une conférence très sérieuse sur le sujet.

Non, s’il était vraiment dans une telle situation, cette réponse serait probablement raisonnable...

― Cependant, grâce aux cris anxieux d’Ikki, une partie de la froideur de la pièce avait été supprimée.

Ikki avait demandé quelque chose à son père avec une certaine audace. « E-Euh, Père. Pourquoi êtes-vous ici ? »

« Mon fils était dans un endroit à un trajet en ascenseur. Alors, je suppose que l’on peut dire que suis venu voir son visage en raison d’un caprice de ma part, » répondit-il.

« ... Vraiment ? » demanda Ikki.

Ikki ne savait pas si ces paroles étaient les véritables pensées d’Itsuki. Quoi qu’il en soit, Itsuki avait toujours une expression froide, et ces yeux gris étaient aussi impossibles à lire que jamais. Cependant, même s’il n’arrivait pas à comprendre les véritables pensées d’Itsuki...

Qu’est-ce que... c’est ça ? pensa Ikki.

Ikki avait senti son cœur palpiter et un picotement se répandait sur ses deux joues.

Se... pourrait-il que je sois heureux ? pensa Ikki.

Lors de cette rencontre avec son père après dix ans, Ikki hésitait à analyser ses propres réactions.

Itsuki, en revanche, n’avait même pas beaucoup de tension en lui, et quelques mots étaient sortis. « Il semble que tu aies fait de bons progrès, non ? »

« Qu’est-ce que vous voulez dire ? » demanda Ikki, surpris de la phrase.

« Ces résultats dans ces batailles de sélection qui ont été utilisés pour la première fois à Hagun cette année... J’ai entendu dire que tu avais eu seize victoires consécutives jusqu’à présent, » déclara Itsuki.

« Oh, oui... Si vous incluiez le résultat du match d’hier, je pense que ce serait mes dix-sept victoires, » répondit Ikki.

« Il semble que tu n’as pas seulement combattu de faibles adversaires... C’est vraiment considérable, » déclara Itsuki avec ton toujours sans émotion.

« ... Oui, » déclara Ikki.

Qu’est-ce que c’était à l’instant ? Est-ce qu’il venait de recevoir... des éloges ?

Que dois-je faire ? ... Je suis vraiment heureux, pensa Ikki.

À ce moment-là, Ikki était devenu de plus en plus sûr de lui. Il était heureux de ce fait.

Il avait pu rencontrer son père face à face. Il avait pu entendre la voix de son père. En effet, Ikki Kurogane aimait Itsuki Kurogane même encore maintenant, et de cela, il en était sûr. C’est pourquoi il avait répondu qu’il voulait rester connecté à Itsuki, quand Stella lui avait demandé ça dans cette petite cabane de montagne.

Pour lui, Itsuki était son seul et unique père. Même s’il était maltraité, même s’il n’était pas accepté, un enfant ne pouvait pas haïr ses parents. Les parents pouvaient détester les enfants, mais les enfants ne pouvaient qu’adorer les parents. Ikki n’était pas une exception. Ikki savait que cette enquête en étant enfermée ici, avait été fait avec la participation de son père. Mais même ainsi, oui, même ainsi...

Son père le regardait. Son père lui parlait. Ikki n’avait pas pu s’empêcher d’en être heureux.

Pour cette raison, il pensait...

Si par hasard..., pensa Ikki.

Si c’était maintenant, maintenant qu’il était différent de ce qu’il était dans le passé, ne pourrait-il pas obtenir la reconnaissance de cette personne ?

{Tu ne peux rien faire, alors n’essaie pas.}

Ne recevrait-il pas une réponse différente des derniers mots qu’ils ont échangés ? Alors qu’il pensait à cela, Ikki avait commencé à parler.

« E-Euh, Père, » balbutia Ikki.

« Que se passe-t-il ? » demanda son père.

« ... Ce... Je me bats... maintenant. Mon rang est toujours F, mais j’ai gagné contre des adversaires puissants, et je n’ai pas non plus l’intention de perdre après cela. Je suis déjà différent de l’époque où je ne pouvais rien faire. Je me bats et je m’entraîne... pour ne pas devenir la honte de la famille Kurogane, et je pense que je deviendrai incroyablement fort. D-Donc, donc..., » sa voix vacillait en raison de la nervosité, et il avait aspiré de petites bouffées d’air à plusieurs reprises.

 

 

« Si je peux devenir le champion du Festival d’Art de l’Épée des Sept Étoiles, m’accepterez-vous ? » Ikki avait rassemblé autant de courage qu’il le pouvait et avait imploré son père Itsuki.

En revanche, Itsuki avait regardé Ikki sans parler pendant un court instant. « ... Je vois. » Puis il avait lentement fermé ses yeux.

Après quelques secondes, Itsuki s’était remis à parler. « Je n’ai jamais compris pourquoi tu es devenu distant. Mais maintenant, je comprends. Tu pensais que je ne t’acceptais pas parce que tu étais faible. »

« Oui..., » répondit Ikki tout en hochant la tête.

Ce n’était pas comme si c’était la raison pour laquelle il avait quitté la maison, mais ce n’était pas une erreur qu’il pensait ainsi. Mais si c’était le cas, maintenant qu’il était devenu fort.

« Si c’est le cas, alors tu as fait une grosse erreur. Je t’ai toujours accepté comme mon fils, » déclara Itsuki.

« Qu... ! » s’exclama Ikki.

Face aux paroles inattendues de son père, les yeux d’Ikki devinrent larges et ardents. Qu’est-ce que son père venait-il de dire ?

― Il l’avait toujours... accepté ?

« C-C’est un mensonge ! » cria Ikki.

« Ce n’est pas un mensonge. Sinon, serais-je venu voir ton visage ? » demanda Itsuki.

« Mais... vous n’avez jamais rien fait avec moi ? » déclara Ikki. « Je parle de la gestion de mes capacités de Blazer, ou l’entraînement aux arts martiaux que même les enfants des branches familiales ont reçu, vous n’avez jamais rien fait de tout cela ! »

En effet. Ikki se souvenait encore aujourd’hui de l’oppression provoquée par cette famille. Itsuki avait enfermé Ikki loin de tout, et les personnes qui voyaient Ikki enfermé dans un recoin du domaine le persécutaient comme quelqu’un que le chef de famille méprisait à mort. Cette douleur, l’amertume, l’isolement — même maintenant son cœur s’était serré quand il se remémorait ses souvenirs.

C’est pourquoi Ikki avait dû demander.

« Si vous m’avez accepté, pourquoi ne vous êtes-vous pas occupé de moi comme tout le monde !? » s’écria Ikki.

Face à cette question, l’expression d’Itsuki n’avait même pas changé.

« Il n’y avait pas besoin de t’instruire, donc je ne l’ai pas fait, » répondit Itsuki. « C’était tout. Parce que même si j’enseignais une technique incomplète à quelqu’un qui n’a pas la capacité, même si j’enseigne pendant longtemps, ce serait finalement d’une futilité déplorable. »

Alors qu’il donnait une réponse extrêmement pertinente, il avait continué avec quelques mots de « déni ».

« Si ça finissait en vain, ce serait acceptable. Mais le pire des cas serait ce qui s’est produit comme tu es maintenant, créant un résultat incomplet dû à ta force incomplète, » continua-t-il.

« Qu’est-ce que vous voulez dire !? » Ikki avait posé la question, n’étant pas capable de comprendre les paroles dites tout à l’heure par son père.

En réponse, Itsuki avait ouvert à nouveau les yeux, et il avait parlé de la vraie signification de ses paroles avec cette voix aussi lourde que le plomb.

« ... La maison Kurogane est une famille de Chevaliers-Mages d’une lignée de Blazers qui remonte à l’époque où ils étaient appelés samouraïs. Nous avons la responsabilité de rassembler les chevaliers de tout le pays. Cependant, il est difficile de créer l’unité nécessaire pour que les chevaliers ne forment qu’une seule organisation. C’est parce que les chevaliers sont des surhumains, et chacun possède des pouvoirs paranormaux. Parce que chacun d’entre eux détient trop de puissance en eux, ils ne peuvent pas exister en tant qu’humains normaux. Pour que de telles personnes soient organisées, il doit y avoir un système de rang. Nous avons établi la forme visible de cette hiérarchie et avons classé chaque compétence distincte avec une cote appropriée. Ce faisant, nous avons fait prendre conscience à chacun de son rôle individuel, avec l’organisation nous avons maintenu l’harmonie. C’était nécessaire. Un mécanisme a ses grands et petits rouages, mais en étant conscient de chaque partie pertinente et en connaissant le comportement approprié de chaque individu, pour la première fois il y avait une fonction précise. Que ce soit au-dessus ou en dessous, chacun était à sa place. Une personne en haut pourrait regarder vers le bas une personne en bas et penser, “je la surpasse”, et dans sa vanité, cette personne en haut n’oubliera pas ses propres devoirs... C’est pourquoi, Ikki, l’existence de quelqu’un comme toi nuit totalement à l’organisation. Quand quelqu’un comme toi qui ne peux rien faire dit “Je vais faire quelque chose”, les individus d’en bas adoptent des conceptions improductives comme quoi ils doivent être capables de faire quelque chose. Ils deviennent arrogants, ils essaient de faire des choses et à cause de ça, ils oublient leur propre place. Et cela entraîne un gaspillage improductif pour la majorité des rouages du mécanisme. Si tu veux savoir pourquoi le rang est absolument fixe et n’est pas corrigé de temps en temps, c’est pour en faire une chose extrêmement rare. Ce genre d’effort improductif doit être empêché. C’est pour ça que je t’ai dit ça. Tu ne peux rien faire, alors n’essaie surtout pas de faire quelque chose. »

Itsuki avait prononcé ces mots avec désintérêt. Les principes qui sous-tendaient la conduite des individus comme Itsuki existaient gravés en eux. Aujourd’hui, ces paroles avaient pour la première fois fait comprendre à Ikki comment étaient les personnes comme Itsuki Kurogane.

La famille appelée Kurogane avait rempli son devoir hérité depuis des générations. Au nom de ce devoir, il s’était chargé d’une loi de fer, d’un ordre dans sa vie. C’était... son père, le Chevalier-Mage qui portait le surnom de Sang de Fer.

Mais...

« Attendez... attendez..., » déclara Ikki.

Mais que...

« Alors Père, ne me disiez-vous pas de ne rien faire parce que je suis devenu la honte de la famille ? » demanda Ikki.

« Évidemment, » répondit son père. « En ce qui concerne la famille, tu es sans importance, tu n’existes même pas quant à nos devoirs. Le devoir de la maison Kurogane est de protéger l’harmonie entre les chevaliers de ce pays. Et pour cela, les gens qui ne peuvent rien faire ont le devoir de ne rien faire... Ikki, j’ai dit que je t’accepte comme tu le voulais. Alors, ― maintenant, arrête tout de suite de poursuivre la chevalerie. »

Ikki avait tremblé.

« Tu ne peux rien faire, alors n’essaie pas. Dans le passé ou dans le présent, je n’ai désiré qu’une seule chose de ta part, » déclara son père.

Ikki était convaincu que ces quelques mots portaient les vrais sentiments de son père.

Mais c’était une vérité qu’il ne pouvait pas accepter. Pourquoi ?

Alors... qu’est-ce que je suis pour cette personne... ? Se demanda Ikki.

Son père ne le détestait pas vraiment. Mais à la place de ça... il préférerait être détesté plutôt que de ne pas pouvoir démontrer les capacités comme il voulait. Parce que ne pas être détesté... c’était juste un petit désir qu’il avait.

Cependant, la vérité n’était pas comme ça. Itsuki n’avait aucun espoir, aucune attente envers Ikki.

Ce genre de chose... ce n’était pas trop, n’est-ce pas... ? pensa Ikki.

Le haïr, ou ne pas le haïr, il ne s’agissait pas de ça. Ce n’était pas différent d’être une pierre sur le bord de la route. Une attitude favorable ou de la malveillance... Ikki se sentait comme un idiot qui ne pouvait pas avoir l’un ou l’autre.

Ikki était ce genre d’existence pour Itsuki. En réalisant cela, un chagrin glacial s’était mis à enfler et avait coulé depuis l’intérieur d’Ikki.

« Hmm ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi pleures-tu ? » demanda son père.

Les larmes étaient tombées, *goutte à goutte*, des yeux d’Ikki.

En les voyant, Itsuki fronça les sourcils comme s’il était déconcerté.

Face à la réponse d’Itsuki, Ikki... s’était rendu compte de quelque chose d’important. Quelque part dans le cœur d’Ikki, il voulait une relation avec la seule personne qui était son père. Il souhaitait qu’un jour, le moment où ils parviendraient à une compréhension mutuelle vienne. Mais...

... Oh, je vois, pensa Ikki.

Itsuki n’avait pas encore réalisé le sens de ces larmes, même encore à ce moment-là...

 

Cet individu et moi coupons définitivement les liens...

 

À ce moment-là, avec un *craquement*... Quelque chose dans le cœur d’Ikki...

Quelque chose de précieux avait produit un son, puis cela s’était arrêté. Et à partir de là... la chose appelée Ikki Kurogane avait commencé à s’effondrer lourdement.

***

Partie 6

Après cela, Ikki, qui avait brusquement fondu en larmes, n’avait répondu à aucune question, sauf avec des sanglots. En raison de cela, Itsuki avait quitté la pièce en disant qu’il n’y avait plus rien à faire avec lui.

Et après avoir fait ça, il était retourné à son bureau du dernier étage à l’aide de l’ascenseur. Là, un homme en costume rouge avec un physique de tonneau l’attendait.

« Bonjour, bonjour, chef de clan. Ah, je suppose que c’est devenu une bonne soirée depuis un moment, non ? » demanda Akaza.

« Akaza, c’est ça ? » demanda Itsuki.

« Alors, je me demande bien comment cela s’est passé. Quelle est la situation avec ce garçon ? » demanda Akaza.

« Le garçon est aussi difficile à comprendre que jamais. Mais je suppose que ce n’est pas autant que son frère Ouma, » répondit Itsuki.

« Sans parler de sa personnalité, sa condition physique n’a-t-elle pas été brisée, hehe ? » demanda Akaza.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » demanda Itsuki.

« Hehehe. Eh bien, sa nourriture a été ajustée en douceur vers le bas, et des médicaments en trop grande quantité ont été ajoutés simultanément afin de ruiner la santé de son corps ainsi que directement son cœur, » répondit Akaza.

Des sérums de vérité, hérités de l’ère de la police militaire ? Vous avez fait votre mouvement très direct, n’est-ce pas ? pensa Itsuki.

« Tout comme il nous connaît bien, nous connaissons bien son obstination. Dès le début, nous n’avons pas pensé que quelque chose comme cette enquête le briserait. L’enquête n’était qu’un prétexte pour l’isoler. L’état actuel des choses a changé par rapport à ce que nous avons vraiment supposé. Après cela, il rencontrera le roi du Vermillon ―, » déclara Akaza.

« Vous n’avez pas à l’expliquer. Je peux imaginer le principal, » en disant cela, Itsuki avait réduit au silence Akaza qui commençait sa présentation. « Je vous confie cette affaire. Je me fiche des méthodes que vous utilisez. Faites ce qu’il faut pour ça. »

Cependant ―

Puis Itsuki avait continué. « Je ne pardonnerai pas l’échec. Bannissez Ikki sans faute. »

« Oui, je comprends. Hehehe. Eh bien ! S’il vous plaît, regardez l’évolution du plan jusqu’à sa conclusion favorable, » déclara Akaza.

Après avoir dit ça, Akaza s’était retiré.

Se retrouvant seul dans la pièce, sans penser à quoi que ce soit, Itsuki avait tourné son regard vers les portraits des directeurs successifs accrochés au mur de son bureau. Plus de la moitié d’entre eux étaient des individus qui portaient le nom de famille Kurogane. Le simple compte du nombre de portraits montrait combien de générations avaient hérité de cette responsabilité. Ici en ce moment, Itsuki était aussi l’une de ces personnes. C’était pour cette raison qu’il s’acquittait de cette responsabilité sans faillir et sans faire d’exception. Il imaginait le meilleur pour la majorité du monde même s’il fallait détruire les minorités...

Un mode de vie à l’intérieur de ce système qui n’étend pas son propre territoire... c’est ça le mode de vie qui apporte le bonheur à la majorité de l’humanité, pensa-t-il.

Il pensait ça, car des individus comme Ikki, des personnes impuissantes qui avaient été mises de côté, étaient peu nombreux. Tout cela n’était que des aspirations inutiles ou la confiance en soi reçue comme un don, et ils ne pouvaient apporter que des pertes à la fois à la personne elle-même et à l’organisation. Dans ce cas, de telles choses n’étaient pas nécessaires. Naturellement, l’organisme gestionnaire de tout ça s’assurerait qu’ils n’existaient pas même s’il fallait pour ça les briser définitivement.

Par conséquent, j’utiliserai n’importe quelle méthode pour les éliminer même si la mort était le résultat final, pensa Itsuki.

Et cela concernait même si c’était son propre fils, il n’aurait aucune pitié pour quiconque.

Il s’agit de mon devoir, pensa Itsuki.

Tout était pour le bien de la Loi Impartiale ou Loi de Fer. Dans le passé ou dans le présent, c’était le sens de la justice d’Itsuki Kurogane connu sous le nom de « Sang de Fer ».

***

Partie 7

Il s’agissait du dixième jour après que le Comité d’Éthique ait arrêté Ikki. En raison des accords avec la branche japonaise de la Ligue, la dix-huitième bataille de sélection d’Ikki s’était bien effectuée. L’adversaire était un Rang E très peu connu.

Et à propos de ça, il y avait son professeur principal, Yuuri Oreki qui avait été impliquée dans ça. Avant ce match, Shizuku, qui en avait entendu parler par Kagami, avait amené Arisuin pour attendre Oreki devant la porte principale du bâtiment. Au moment où le soleil commençait à glisser sous l’horizon, Oreki était revenue toute seule de là. Shizuku et Arisuin s’étaient ainsi immédiatement précipités vers elle et lui avaient posé des questions sur le résultat du match de ce jour-là.

« Oreki-sensei, Onii-sama..., comment était-il ? A-t-il gagné ? » demanda Shizuku.

Et face à cette question,

« Eh ? Ah... oui. Il a obtenu sa dix-huitième victoire sans aucun problème, » Oreki avait répondu avec un ton quelque peu vague.

Bien sûr, Arisuin l’avait immédiatement pressé avec d’autres questions quand il avait remarqué ça. « Je me demande s’il y a quelque chose qui vous préoccupe dans tout cela. »

Pendant un bref moment, Oreki était restée figée sans parler, mais elle parlait également avec le Shizuku, une parente d’Ikki, alors elle devait répondre sans rien cacher.

« ... La vérité est que la condition physique de Kurogane-kun semblait être vraiment très mauvaise, » répondit Oreki.

« Onii-sama... était ? » demanda la sœur d’Ikki.

« Oui. Son teint était mauvais, et il toussait constamment en ressentant de la douleur..., » répondit Oreki.

Bien qu’Oreki avait également ajouté cela, néanmoins, il était étonnant qu’il eût pu obtenir la victoire en douceur.

Shizuku et Arisuin avaient échangé des regards.

« Je me demande s’il a attrapé le rhume de Stella-chan, » déclara Arisuin.

« Comment cela pourrait-il être vrai ? » demanda Shizuku.

Même si ce n’était pas vrai, ils avaient entendu dire qu’Ikki avait été trempé lorsqu’il était à Okutama. Et si l’enquête avait accentué sa fatigue, il ne serait pas étrange que sa condition physique ait été perturbée. Shizuku et Arisuin le pensaient. Cependant ―.

« ... Non, c’est probablement..., » commença Oreki.

Oreki, qui connaissait bien la maladie, l’avait remarqué. L’état d’Ikki n’était probablement pas un mauvais état de santé ordinaire. Cependant — .

« Sensei ? » demanda Shizuku.

« Non. Ce n’est rien. Eh bien, Sensei va aller voir Madame la Directrice dès maintenant, » déclara Oreki.

Oreki avait retiré ses paroles et s’en alla. Ce n’était pas quelque chose dont elle parlerait aux étudiants comme eux. Selon elle, faire des suppositions ne ferait qu’amplifier l’anxiété de Shizuku.

Cependant, les deux personnes perspicaces l’avaient clairement remarqué.

« ... Oreki-sensei était sur le point de dire quelque chose, » déclara Shizuku.

« Sensei est très bien informé sur les maladies, n’est-ce pas ? Peut-être qu’elle a senti quelque chose sur les symptômes d’Ikki, » déclara Arisuin.

« Quelque chose comme... ce n’était pas un rhume ordinaire, peut-être ? » demanda Shizuku.

« Je pense que c’est bien le cas. Il se peut que quelque chose ait été fait à Ikki, » déclara Arisuin.

Face à ces mots, Shizuku avait senti un frisson circuler le long de sa colonne vertébrale. Elle savait que si c’était ces individus, si c’était son père, ils seraient capables de toutes les bassesses pour l’écraser définitivement, même en bafouant les lois.

« Onii-sama... Sois prudent…, » murmura Shizuku.

Tout se passait sous terre, hors de sa portée. Elle ne pouvait rien y faire.

Shizuku, qui ne pouvait rien faire d’autre que prier, était terriblement vexée.

***

Partie 8

« Hé ! Qu’est-ce que vous occultez !? » Avec une voix en colère et un visage rouge à cause de l’alcool, l’eau potable destinée aux membres de l’enquête avait été jetée sur son visage, et Ikki avait ouvert les yeux.

« Dormir pendant l’enquête, c’est clairement un manque de sincérité ! »

Il s’agissait d’un homme d’âge moyen portant de minces lunettes rondes devant une frange, qui criait actuellement près des oreilles d’Ikki. Sa voix hurlante était terriblement forte, et elle résonnait dans la petite pièce. Cependant, même ce genre de voix était tellement insignifiante pour Ikki comme il était maintenant.

C’est vrai. Est-ce que je dors encore ? pensa Ikki.

L’enquête avait commencé il y a un peu plus de deux semaines. La fatigue d’Ikki qui était dans une telle situation avait atteint son apogée. L’enfermement s’était prolongé sur une longue période. Les questions et les réponses avaient été répétées plusieurs dizaines de fois. Mais ses affirmations n’avaient pas été acceptées une seule fois. L’esprit de n’importe quel humain aurait été raclé à fond dans une telle situation.

De plus, il y a quelques jours, Ikki était devenu brusquement fiévreux et avait commencé à tousser douloureusement. Ses poumons ne fonctionnaient pas normalement. Même s’il respirait beaucoup d’air, la douleur le traversait à toute allure et il ne pouvait pas s’oxygéner correctement. En subissant ce manque chronique d’oxygène, sa conscience était devenue floue. C’était au minimum une pneumonie qu’il avait actuellement. De plus, elle risquait de s’aggraver encore davantage. C’était un symptôme qui, logiquement, les obligerait à l’envoyer immédiatement à l’hôpital, mais le Comité d’Éthique ne le permettrait jamais.

« Hmph. Quand les choses deviennent gênantes, tu fais semblant d’être malade ? C’est bien quelque chose qu’un mioche tel que toi ferait, » déclara l’homme.

Il était clair qu’ils écrasaient Ikki sous les réprimandes alors que sa conscience était déjà floue depuis un moment. Ils ne le laissaient pas se reposer même pendant une fraction de seconde.

« Maintenant, continuons la discussion. En ce qui concerne l’arrangement secret que tu as conclu avec la Directrice Kurono Shinguuji. Nous pensons qu’il y a un problème éthique avec cet accord secret qui ignore outrageusement le fait que tu aies été jugé insuffisant en matière de capacités sous le système du Directeur précédent, de sorte que tu as dû répéter une année... »

Ce dialogue avait également eu lieu à de très nombreuses reprises au cours de ses deux semaines. La norme créée par le système de l’ancien Directeur qui l’avait jugé comme devant redoubler l’année et qui interdisait à Ikki de participer au travail en classe était déraisonnable. Ce genre de chose... le Comité d’Éthique l’avait sûrement compris sans qu’il le dise. C’était quand même eux qui, à l’origine, avaient incité le Directeur précédent à établir cette norme.

Mais Akaza et les autres n’en avaient nullement tenu compte. Ils avaient jeté ce problème comme s’il n’existait pas. Ils avaient seulement martelé les questions sans lui laisser la moindre pause. De plus, ils ne s’étaient même pas donné la peine d’écouter les réponses. Sans écouter les réponses, ils s’attardaient longuement sur les mauvaises impressions et la défiance. En plus de ce sentiment d’effort gaspillé, Ikki avait déjà supporté beaucoup d’autres choses. Mais malgré cela, il avait effectué de nombreuses réfutations, et...

« ... Arg, *toux* »

Il s’était plié d’un coup en toussant violemment.

« Espèce de salaud ! Qui t’a donné la permission de t’asseoir ? N’as-tu pas de volonté, espèce de mauviette !? » s’écria l’homme.

« Guh... ! »

Ikki s’était recroquevillé et l’avait ignoré de toutes ses forces. Lors de cette toux, il s’était écrasé le nez sur le sol. Avec un *bam*, une odeur métallique s’était répandue par le nez, et des gouttelettes de liquide rouge avaient taché le sol.

... Comme c’est minable, pensa-t-il.

En pensant à son état actuel, Ikki ne pouvait que rire avec amertume. Même lui pouvait vaguement dire que sa condition physique n’était pas naturelle. Il savait que sa mauvaise santé était peut-être due à la drogue. Cependant, si Ikki avait été comme il était d’habitude, même si son état physique était quelque peu mauvais, il ne s’effondrerait probablement pas jusqu’à ce point.

Comme prévu, le coup décisif avait été sa rencontre avec son père, Itsuki Kurogane. Hélas, Ikki croyait que peu importe à quel point son père était éloigné de lui, à quel point son père était froid, à certains égards, juste un peu, lui et son père étaient toujours liés. Quelque part dans son cœur, il l’avait toujours cru. Hélas, il le croyait, mais c’était faux. C’était quelque chose qui le trahissait plus que tout, et cette vérité avait brisé la stabilité de son âme.

Avec son âme qui avait perdu son équilibre, son corps qui était ravagé par la maladie ne pouvait pas le soutenir. Et une fois qu’il s’était effondré une fois, le reste allait continuer sans pouvoir s’arrêter. Le cœur et le corps d’Ikki s’étaient effondrés comme s’il dévalait une colline. Ikki n’était plus que l’ombre de lui-même.

« Mon Dieu, pardonnez-le puisqu’il est déjà arrivé à ce point, » déclara Akaza.

Soudain, Akaza quitta son siège et fit signe aux hommes qui ne voulaient même pas regarder le visage d’Ikki. Puis il avait montré un sourire de mauvais goût dans ses yeux minces, et s’était approché à côté d’Ikki.

« Hehehe. Ça doit être extrêmement douloureux, non ? » demanda-t-il.

Ikki était resté silencieux.

« Même si l’enquête est si longue, ce n’est pas déraisonnable, » continua Akaza. « Mais je veux te le faire comprendre. Nous poussons vraiment beaucoup pour vérifier un chevalier aussi splendide que toi, tu sais ? ... Mais après tout ce temps, nous n’avons fait aucun progrès. Alors j’ai réfléchi à quelque chose. J’ai cherché une façon brillante de faire comprendre ça à mes collègues qui n’ont pas été convaincus quant à tes capacités. Veux-tu que je te parle de ça ? Veux-tu que je te le dise ? »

Quoi qu’il en soit, cela ne pouvait pas être une chose décente. Et parce qu’il le savait, il n’avait aucun intérêt à le demander, mais il avait le sentiment que s’il ne demandait pas, la conversation ne progresserait pas.

« ... Qu’est-ce... que cette solution... ? *Toux toux* ! » demanda Ikki.

Ikki demanda en toussant, et Akaza hocha la tête et continua à parler avec satisfaction.

« Hehehehe. Ce n’est pas comme si c’était quelque chose de spécial. Ikki-kun, tu le sais probablement déjà. Dégager le chemin de son destin avec sa propre épée est une pratique coutumière des chevaliers. Dans ce cas, pourquoi ne pas agir selon l’ancienne tradition ? » demanda Akaza.

« ... Tradition ? » demanda Ikki.

« En d’autres termes, confions la question du désaccord entre toi et les personnes, qui ont des doutes sur ton aptitude, à l’issue de la bataille de sélection finale de demain, » déclara Akaza.

Laissez la question à l’issue de la bataille. Avec ces mots, Ikki comprenait ce qu’Akaza disait.

« Un duel sans merci, contre un combattant désigné... n’est-ce pas ? » demanda Ikki.

« Exactement. Une décision prise en duel est absolue pour nous, chevaliers. C’est une règle non écrite qui ne peut jamais être changée. Aussi loin de la raison, aussi absurde ou impossible que cela puisse paraître, les chevaliers ont l’habitude de se conformer aux décisions prises en duel. C’est également vrai pour la Ligue. Si tu fais une promesse sur ce duel, et que tu montres à tout le monde ta force par la victoire, personne ne pourra émettre un doute sur tes qualités de chevalier. Pour toi, ce serait l’occasion de tout changer et de te sortir d’une situation désespérée. Il n’y a pas d’autre solution, n’est-ce pas ? Ai-je tort ? »

« En d’autres termes, si je gagne demain... vous me laisserez partir avec ça, n’est-ce pas ? » demanda Ikki.

« Oui, oui. Bien sûr que oui... C’est juste que les adversaires que tu as eus dans ton état actuel étaient des étudiants de troisième année du Rang E... Franchement, en faisant face à de tels chevaliers de bas niveau, il serait difficile de vérifier ta force. Dans ce cas, tout le monde ne parviendrait pas à un consensus. Lors de ce duel, il est nécessaire de préparer un partenaire approprié. »

C’est ce qu’Ikki pensait aussi.

« *Toux*... Qui, alors ? ... Ce partenaire... ? » demanda Ikki.

Face à cette question, Akaza avait fait un sourire plus grand que tous ceux qui l’avaient précédé ―.

« Nous, du Comité d’Éthique, avons l’intention de nommer la présidente du Conseil des Étudiants, “Raikiri” Touka Toudou. »

― et il avait donné le nom de son assassin.

C’était un adversaire qu’Ikki à son meilleur n’avait aucun espoir de surpasser. La première place dans le classement interne de l’Académie Hagun, qui avait atteint le quatrième rang du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de l’an dernier.

Pour Ikki, qui était sur les rotules dans les profondeurs de la Terre, c’était un adversaire excessivement difficile. Ce genre de chose, il n’était pas nécessaire de l’accepter. Il finirait par rencontrer le père de Stella. S’il résistait jusque-là, il arriverait à la fin de toutes ces choses pénibles. Il arriverait ainsi dans un endroit qu’Akaza et les autres ne pouvaient pas atteindre. Et en premier lieu, ce discours sur les combats était impoli pour Touka qui l’avait impressionné. Ikki n’avait aucune raison de l’accepter.

Cependant ―.

« Ahh, en marge de ce sujet, le roi du Vermillon vient déjà directement ici. Ce qui veut dire... qu’il suffirait d’une petite gaffe, et le roi découvrirait ta décision concernant le duel. Non, je le regretterais vraiment. De plus, le roi était extrêmement enthousiaste à l’idée de le voir. Il ne donnerait pas sa fille à un homme qui ne pourrait même pas surmonter une épreuve de ce niveau ! Et, eh bien, ça ressemblait à ça, oui. Si tu refusais ici ~, hmm, ça donnerait une très mauvaise impression, n’est-ce pas ? » Akaza avait parfaitement empêché Ikki de s’échapper.

... Je vois. Dès le début, c’était le développement qu’ils avaient l’intention d’obtenir, n’est-ce pas ? pensa Ikki.

Et Ikki l’avait réalisé en conséquence. L’enquête n’était, dès le début, qu’un prétexte pour séparer Ikki de Hagun. Akaza et les autres ne pensaient pas à intimider Ikki mentalement pour qu’il abandonne. Tout cela avait été fait pour qu’il fasse cette promesse, et pour le forcer dans ce duel désespéré. C’était un plan pour ça.

« Bien sûr, tu l’accepteras tout comme un homme, non ? »

S’il avait ce duel, cela deviendrait déjà une absurdité sans raison ou droiture. Le résultat de la bataille était tout. C’était la coutume des chevaliers depuis l’antiquité. Bien qu’il n’y avait pas de faute chez Ikki, s’il perdait, il deviendrait le coupable. En devenant le coupable, il perdrait tout.

― C’était une offre cruelle. Les risques étaient élevés et les gains étaient nuls.

S’il y avait des gains le moindrement, ce serait qu’Ikki retrouve la liberté qui lui était déjà due. Vraiment, une offre cruelle. Mais — .

« ... je comprends... je me tiens... debout. Je vais le faire. » Ikki répondit ainsi avec un visage plein d’amertume. Toutes ses voies d’évasion étant coupées, il ne pouvait rien faire d’autre.

« Ha, ha ha ha ha, Hahahah ! Merveilleux, merveilleux ! Comme c’est merveilleux ! Hehehehe ! Après tout, tu es un garçon ! Tout le monde l’a entendu, n’est-ce pas ? Ce qu’il vient de dire ! En ce moment, tout sera laissé au duel demain, à l’issue de cette bataille ! Tout dans la décision est conforme à l’ancienne tradition des chevaliers, et cela sera décidé par l’épée ! Et personne ne s’opposera à cette fière décision ! Eh bien, nous déclarerons la fin de l’enquête ici ! »

Ainsi, Le Pire qui était déjà assiégé se lança dans une lutte encore plus désespérée.

L’adversaire d’Ikki était Raikiri, qui se vantait d’avoir une aura d’invincible sur les courtes distances sur laquelle il était limité de son côté. Pour faire face à cet adversaire qu’il n’était pas sûr de vaincre même en parfaite condition physique, il traînerait son corps gravement malade. Jouant tout son avenir — .

Mais, debout avant ce combat, Ikki se souvenait des mots qu’Utakata avait prononcés quelque temps auparavant.

« Entre vous deux, le poids de la responsabilité que vous portez est différent. »

En effet. Ikki pouvait imaginer le fardeau de nombreux espoirs et souhaits que Touka avait sur ses minces épaules. Cela ne se limitait pas seulement aux enfants de l’institution. Parce qu’elle était accablée par l’importante admiration normale envers les quatre meilleurs du pays tout entier, cela allait bien plus loin.

Ce genre de personne fier... pourrait-il la faire tomber ?

Pourrait-il le faire avec l’épée d’une personne sans valeur dont le père ne confierait même pas un seul espoir ?

***

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