Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 4

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Chapitre 3 : Le Pire en état de siège

Partie 4

Nous nous trouvions au dixième niveau souterrain de la branche de la Ligue japonaise. Ikki Kurogane y était détenu en ce moment.

« J’ai laissé ta bouffe sur la table. Il y a une autre audience demain matin à six heures, alors dépêche-toi et dors. »

En disant cela sur un ton discourtois, une personne en rouge affichant un teint maladive avait activé le verrou électronique dans la pièce et il l’avait quittée avant de la verrouiller depuis l’autre côté.

La chambre n’avait qu’un lit souillé, une table et une chaise qui semblaient pouvoir se briser à tout moment. Il n’y avait rien d’autre, et les murs étaient gris, sans aucune décoration. Cependant, Ikki, qui avait été debout toute la journée pour l’audience, en était quand même reconnaissant.

Il avait poussé un soupir qui contenait toute sa fatigue, avant de s’asseoir sur cette chaise branlante. Les questions s’étaient déroulées de six heures du matin à onze heures du soir. Le Comité d’Éthique comprenait un certain nombre de responsables, et donc, avec leurs quatre rotations de personnel par jour, ces individus-là n’étaient nullement fatigués. Du côté d’Ikki, le fait d’avoir dû se tenir debout du matin au soir l’avait rendu vraiment fatigué comme on pouvait s’y attendre. Si cela continuait ainsi pendant une semaine, même Ikki, qui s’entraînait régulièrement, deviendrait apathique sans même s’en rendre compte.

Mais tout cela n’était probablement pas seulement dû à la fatigue qu’il accumulait.

« Franchement, du riz décent me manque vraiment. Pff, » grogna Ikki.

Devant les yeux d’Ikki, alors qu’il murmurait de dégoût, son repas du soir y avait été laissé. Il s’agissait de deux barres d’aliments bruts en sachet et de rien d’autre. Avant cela, quand il avait regardé les informations inscrites au dos, il avait pu constater que ces deux barres allaient lui fournir assez de calories et de nutrition pour un repas, mais cela ne pouvait certainement pas être suffisant pour satisfaire l’appétit d’Ikki qui était à la fois un chevalier et un adolescent en pleine croissance. Pour couronner le tout, une telle situation n’allait pas diminuer ses besoins. Et parce qu’il s’agissait des repas de tous les jours ici dans ce sous-sol, Ikki était tourmenté par la faim chronique.

Et en plus ―.

« Comme d’habitude, il n’y a rien à boire, » murmura Ikki.

Même la consommation d’eau était limitée en ce lieu. Il semblait que pour une raison qui ne lui avait pas été fournie, l’eau potable qui faisait partie des repas rationnés manquait. Et la pièce dans laquelle Ikki était emprisonné subissait une coupure d’eau depuis quelques semaines, de sorte que même les toilettes n’avaient pas d’eau courante.

Bien sûr, c’était tout simplement du harcèlement. Et naturellement, puisqu’on ne lui avait pas donné d’eau pendant l’enquête, il avait dû utiliser les toilettes pendant les périodes où il avait le droit de prendre une douche et lorsqu’il était allé entre la salle d’enquête et sa chambre. Pendant ces brèves périodes, il avait absorbé autant d’eau qu’il le pouvait.

En passant à travers tous ces derniers jours comme ça, il était certain qu’il ne s’effondrerait pas de fatigue. Il était isolé parmi un grand nombre d’ennemis. Il était entouré de tous les côtés, et il se battait seul face à eux.

Mais c’était très bien ainsi.

Il était déjà habitué à ce genre de choses, à ce genre de situation qui briserait tout autre individu. Il avait toujours agi seul. Il ne dépendait d’aucun individu, et n’avait jamais reçu la moindre leçon de quiconque. Ce n’était certainement pas la première fois qu’il se battait ainsi. En fermant les yeux, il pouvait s’en souvenir encore aujourd’hui. Les scènes de sa jeunesse, alors qu’il se cachait dans les montagnes derrière la maison de ses parents, brandissant son épée en silence pendant d’innombrables heures. En ce qui concernait Ikki, la plus grande partie de sa vie s’était déroulée ainsi, alors qu’il était toujours isolé, sans soutien. Par conséquent, jusqu’à présent, ce n’était pas si difficile pour lui de résister à cette situation. Qu’il s’agisse d’isolement ou d’animosité, il y était habitué. Par conséquent, quelle que soit la méthode utilisée par Akaza et les autres pour obtenir d’Ikki le témoignage selon lequel « il a admis que c’était une erreur », ce genre de choses ne briserait pas la détermination tenace d’Ikki.

Si c’est ainsi jusqu’à la fin, je peux le tolérer, pensa-t-il.

S’ils l’avaient fait en utilisant de telles méthodes, alors peu importe tout cela, car il rencontrerait probablement le roi du Vermillon bien assez tôt. C’était une affaire sérieuse concernant sa fille si importante pour lui. Le père de Stella allait certainement agir vis-à-vis de l’homme qui était avec sa fille. Dans ce cas, ce qu’Ikki devrait faire, c’est s’en tenir obstinément à ses principes contre les petits tiers jusqu’à ce jour-là. S’il le faisait, Akaza et les autres perdraient leur droit d’intervenir dans ce tumulte médiatique.

Je suppose qu’on peut dire que c’est plutôt là que ma vraie crise commencera, pensa Ikki.

Il obtiendrait l’approbation du père de Stella. Il s’agissait de l’événement capital qu’Ikki n’avait jamais eu auparavant dans sa vie. Rien que d’y penser, son cœur battait furieusement à cause de sa nervosité. Mais il ne pouvait pas s’enfuir. Ce n’était pas possible. Dès le moment où il était tombé amoureux de la fille appelée Stella Vermillion, il s’agissait d’une conclusion inévitable. C’est pourquoi, à partir de ce moment, Ikki avait toujours pensé à la façon de saluer le roi et de lui faire bonne impression.

Pour l’accueil, il devrait probablement porter un costume, n’est-ce pas ? Ses cheveux... les séparer d’un côté ? Il l’avait déjà un peu imaginé.

... Wôw, c’est terrible, pensa Ikki.

Un rire tendu s’était répandu à la pensée qu’il ressemblait alors à un employé de bureau.

Mais plus que son apparence, comment pourrait-il transmettre sa sincérité si importante pour lui ? En fin de compte, c’était cela que l’on ne pouvait pas faire avec de la ruse. Ou plutôt, la ruse se retournerait contre lui. Il n’y avait rien d’autre que de se regarder en face en toute sincérité et de se parler avec autant de sérieux que possible.

Le temps étant précieux, dois-je un peu pratiquer ? pensa Ikki.

La ruse était inutile, mais l’idée d’agir sans pratique le rendait après tout nerveux. Il avait besoin de répéter.

En pensant cela, Ikki avait fermé les yeux et il concentra ses pensées. Ce qui était apparu à l’intérieur de ses paupières était le visage du père de Stella, le roi du Vermillon. Parce que Stella lui avait montré une photo une fois, il pouvait s’en souvenir. Les mêmes cheveux flamboyants que Stella. La majesté à la manière d’un lion que l’on pouvait ressentir à partir d’une gigantesque carrure de près de deux mètres de haut, avec une barbe à tresses.

Quand il se souvient de cette vision et qu’il ouvrit ses paupières — devant ses yeux, il ne fait aucun doute que l’homme se tenait là.

Bien sûr, ce n’était pas vrai. Ce n’était qu’une image virtuelle produite par la concentration d’Ikki qui avait été affinée au maximum. Photographier mentalement l’image de l’autre partie supposée, puis pratiquer un kata en tandem. C’était une technique de base pour un pratiquant d’arts martiaux. Il s’agissait d’une application pratique qu’il mettait en œuvre. Cependant, lorsqu’il s’agissait d’un expert comme Ikki, l’image aurait un regard, des battements de cœur et une température contrairement à une image normalement produite par un novice. Il aurait un réalisme écrasant jusqu’au point de pouvoir se répercuter de manière audible. Avec ce réalisme, cela ébranla même l’esprit d’Ikki qui l’avait créé.

Le roi de Vermillon qui avait les traits sévères d’un lion ne parlait pas et ne bougeait pas, ne fixant Ikki qu’avec les mêmes iris cramoisis comme l’avait sa fille honnête. Face à ce regard, Ikki avait senti une pression qui semblait brûler la surface externe de sa peau. La sueur coulait de tout son corps, et sa gorge se desséchait en réaction.

Mais s’il ne pouvait pas contrôler face à une image virtuelle, il ne pourrait pas se tenir convenablement devant la réalité. Ikki avait pris une grande respiration et il avait directement répliqué au regard du roi de Vermillon. Puis, il s’était mis à genoux, avait baissé la tête comme s’il appuyait sur le lit, et — .

« S’il vous plaît, donnez-moi votre fille ! »

― il avait fait sortir cette phrase avec tout l’air contenu dans ses poumons en un cri. Et à ce moment-là. ―

 

« Je ne te donnerai jamais ma fille. »

 

Une voix frappa les oreilles d’Ikki avec un rejet aussi lourd que le plomb. Ikki n’était-il pas assez sérieux ?

... Non, non non non non. Attends. Attends un peu, pensa Ikki.

Peu importe ce que c’était, peu importe la pression qu’aurait la vraie chose, une image n’était après tout qu’une image. Elle n’avait pas pu répondre.

Alors c’était quoi cette voix ? Ikki avait levé la tête, et — .

 

« Je ne te donnerais jamais Shizuku. »

 

– son vrai père, Itsuki Kurogane, regardait Ikki avec des yeux gris emplis de froideur.

« P-P-P-P-Père !? » s’écria Ikki.

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