Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 3 – Chapitre 1

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Chapitre 1: Lorelei VS Raikiri

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Chapitre 1: Lorelei VS Raikiri

Partie 1

Lorelei face à Raikiri.

Ces deux-là étaient les plus puissantes élèves chevalières de Rang B.

Le duel entre deux des personnes les plus puissantes de Hagun avait été accueilli avec un départ inattendu.

« Q-Que-ce passe-t-il ? Les deux combattants refusent d’avancer ! » déclara la présentatrice.

Le kodachi nommé Yoishigure possédait une lame d’argent.

Le katana Narukami était gainé dans un fourreau noir.

Elles avaient toutes les deux commencé à tourner autour du ring, gardant la distance identique, tout en tenant leurs Dispositifs.

Alors même qu’une minute s’était écoulée depuis que le match avait commencé, elles n’avaient toujours pas fait affronter leurs épées.

... Le terrain était recouvert d’une telle tension au point d’en être douloureux.

Le public, venu assister à un combat de haute qualité, retenait son souffle sans aucune exception et regardait la surface de l’arène.

« Aucune des deux personnes n’essaye de faire le premier pas, » murmura Stella. La jeune fille aux cheveux rouges qui se tenait debout à côté d’Ikki.

« Tout à fait, aucune des deux ne tente de faire le premier pas, » répéta Ikki.

« Elles vérifient les mouvements de l’autre tout en se regardant de loin. » Il s’agissait d’une personne de grande beauté, Arisuin Nagi qui répondit aux murmures de Stella.

« Ces deux personnes sont des chevalières de Rang B possédant la puissance d’un Roi de l’Épée des Sept Étoiles. La présidente du conseil étudiant et également Shizuku ont toutes deux les moyens d’attaquer d’un bout à l’autre de l’arène. Elles sont donc à la portée d’attaques de l’autre. Celui qui fera un mouvement imprudent sera vaincu, » déclara Arisuin.

« Pour ajouter une chose de plus à ce qu’Alice a dit, Shizuku ne veut pas être celle à faire le premier pas parce que Toudou-san a la plus forte attaque à courte portée. » (Ikki Kurogane)

« ... Ikki, est-ce que cette carte maîtresse est la chose dont la commentatrice a parlé ? » demanda Stella.

« Oui, et ce n’est ni une exagération ni un mensonge, » répondit Ikki. « Il s’agit du Art Noble qui est devenu l’épithète de Toudou-san à cause de son immense force et de sa nature insaisissable. Pour en dire un peu plus, il s’agit du battoujutsu ultra-électromagnétique Raikiri. »

Elle créait un champ magnétique puissant autour de la lame et du fourreau de Narukami qui était accroché à sa ceinture avec sa capacité de tonnerre, puis elle dégainait la lame avec une monstrueuse vitesse.

Cette attaque battō avait une puissance énorme et la vitesse de même coupée à travers un éclair.

Cela n’était nullement une frappe qui pourrait être parée avec le corps humain.

Il s’agissait donc d’une technique de mort assuré.

« Dans chaque match officiel où elle a utilisé Raikiri, cela a pris fin avec la victoire de Toudou-san. Une fois sorti, il va vaincre l’ennemi sans faute. Il s’agit donc littéralement de sa carte maîtresse, » déclara Ikki.

« Hé ! Mais Ikki, n’était-elle pas dans les quatre meilleurs de l’an dernier ? Ceci ne signifie-t-il pas que le chevalier qui l’a vaincue l’a surpassée ? » demanda Stella.

« Non. » Ikki l’avait nié, hochant négativement la tête. « Le Roi de l’Épée des Sept Étoiles actuel, Moroboshi-kun est un utilisateur de lances. J’ai vu une vidéo de son match. Il faisait de son mieux, tout au long du match, pour rester hors de portée de Raikiri. En d’autres termes, même le Roi de l’Épée des Sept Étoiles avait peur de Raikiri. Il n’y a personne jusqu’à présent qui ait pu franchir la portée effective de Toudou-san. Tous ceux qui sont entrés dans ce territoire ont été, sans exception, abattus par elle plus vite qu’un coup de foudre, et bien sûr, Shizuku le sait aussi. »

« ... Voilà pourquoi, elle ne fait pas un geste, » déclara Stella.

« Oui, Shizuku sera en défense tout au long de ce match, » dit Ikki. « Mais à l’origine, Shizuku se spécialise dans les batailles magiques à longue portée. Il n’y a personne qui entre dans une distance désavantageuse par sa propre volonté. »

C’était pourquoi Shizuku allait attendre.

Jusqu’à l’instant où son adversaire se décidera à attaquer.

Dans ce temps figé.

« Mais... une fois que Toudou-san fera un mouvement, les choses rapidement vont se développer, » au moment exact où Ikki avait dit cela... Touka avait bougé !

***

Partie 2

En pliant rapidement ses genoux, Touka se pencha en avant et sauta.

Et ainsi, en un instant, elle avait déjà atteint sa vitesse maximale.

Leur distance les séparant était de vingt mètres.

Touka pouvait couvrir cette distance en un clin d’œil.

Mais la « Sorcière de la mer profonde » n’était pas quelqu’un qui permettrait facilement cela !

C’était évident parce qu’elle l’attendait.

Elle attendait de toutes ses forces le moment où Touka bougerait !

« Congélation ― Toudo Heigen [ 1] ! » Avec ces mots, les pieds de Shizuku se figèrent.

Cette glace avait gelé l’intégralité de l’arène et cela s’était étendu aux murs plus vite que le mouvement de Touka.

Et que se passerait-il si l’on courait avec toute sa force sur un tel sol ?

Bien sûr, on allait glisser.

Ainsi Touka devrait temporairement diminuer sa vitesse.

Mais, le fait de la forcer dans cette situation était plan de Shizuku.

Shizuku avait alors immédiatement fait son prochain mouvement.

Le Art Noble, la Balle d’Eau.

Un boulet de canon produit en eau, qui pourrait emporter le souffle de l’ennemi en s’accrochant à son visage une fois qu’il le touchait, avait été envoyé depuis l’extrémité d’Yoishigure.

Trois attaques consécutives. Il était impossible d’esquiver cette volée de trois attaques sur cette plaine gelée. Cela faisait partie du bon sens.

Cependant, son adversaire était un monstre qui vivait dans le voisinage immédiat du sommet des Sept Étoiles.

À la grande surprise de Shizuku, Touka ne diminua pas sa vitesse sur ce sol gelé.

En un instant, elle avait compris le plan de Shizuku qui visait à la ralentir.

Ainsi, au lieu de s’arrêter, elle accéléra encore plus en glissant sur le sol.

Elle glissa de justesse à travers l’espace entre les trois boulets de canon, et habilement elle esquiva ainsi les Balles d’Eau.

Et, tout en tournant sur elle même en utilisant le sol gelé, elle dégaina Narukami, qui était à sa taille, visant Shizuku qui était encore loin.

Instantanément, à partir de la lame étirée, une frappe en forme de croissant de foudre avait été libérée vers le cou de Shizuku.

Après avoir vu à travers le plan de Shizuku, elle avait immédiatement effectué une contre-attaque de longue portée après avoir pu esquiver les attaques.

Touka avait visualisé son esquive et avait prévu de contre-attaquer dès le moment où elle avait vu la Balle d’Eau.

Il n’y avait pas d’ennemis jusqu’à présent qui avaient pu voir à travers Shizuku si vite et si précisément.

 

Mais... c’était parfaitement dans les prédictions de Shizuku.

 

Une fraction de seconde avant que l’attaque de foudre ne coupe Shizuku.

Un mur d’eau d’une largeur de trente mètres s’éleva depuis le sol et se plaça entre Shizuku et la frappe.

Il s’agissait du Art Noble Souhaita-Suiren. C’était la technique défensive impénétrable de Shizuku qui ne permettait aucun type de balles ou d’attaques de foudre de la franchir.

Bien sûr, Shizuku ne pensait pas que Raikiri lui laisserait faire son propre chemin.

Évidemment, parce qu’elle était la quatrième apprentie chevalière la plus forte au Japon.

Elle était sûre d’être attaquée à longue distance.

Ayant lu cela, Shizuku avait pris ces précautions.

L’attaque de foudre avait été capable de souffler une partie de la paroi de l’eau, mais elle ne l’avait pas pénétrée.

Elle avait traité en toute sécurité la contre-attaque de Touka.

... Cette pensée existait pendant un bref moment.

« ―Nn. »

À l’instant où Touka vit que son attaque ne traverserait pas le mur d’eau, elle laissa échapper deux, trois, dix attaques de foudre sans même attendre une seconde entre elles.

Elle avait déclenché des attaques de foudre telle une mitrailleuse.

Quelles attaques effrayantes et violentes !

Il n’existait aucune valeur comme avant quand elle voyait à travers le plan de Shizuku. C’était juste un spasme de force brutale.

Mais tout cela faisait partie de son plan.

Touka, à ce niveau là du match, avait déjà compris l’avantage qu’elle avait contre Shizuku.

C’était le temps nécessaire à l’exécution de ses techniques.

Shizuku devait prêter attention à chaque molécule d’eau, en éliminant les impuretés pour créer de l’eau pure qui avait un attribut d’isolation, afin de bloquer la foudre. C’était un calvaire pour ses nerfs et une opération très délicate.

En comparaison, Touka n’avait qu’à créer ses attaques de foudre et les envoyer voler vers Shizuku. Elle n’avait pas vraiment besoin d’une procédure délicate.

Bien sûr, une différence dans leur vitesse était apparue.

Touka réalisa cet avantage avec un seul échange de coup.

Le fait de la piéger avec un barrage de coups de foudre instantanés était la situation la plus difficile pour Shizuku.

Et c’était une déduction correcte.

Shizuku serait incapable de défaire la barrière si elle était sous un bombardement constant.

Shizuku n’avait d’autre choix que de se protéger avec Souhaita-Suiren face à ce barrage de lames de foudre.

Car même une seule attaque de Touka était puissante.

La lame de foudre était très certainement en train d’ébrécher la défense de Shizuku.

Et après plusieurs dizaines d’attaques, la mitrailleuse telle un barrage de foudre avait finalement soufflé le restant de la défense de Shizuku.

Touka avait immédiatement commencé à déplacer Narukami, en ayant l’intention de la terminer avec une dernière attaque de foudre.

― C’était à ce moment-là.

« ... Hmm ! »

Les mouvements de Touka furent arrêtés.

Pourquoi ?

La raison se trouvait à ses pieds.

Les pieds de Touka étaient pris par quelque chose.

Il s’agissait de bras faits d’eau provenant du sol gelé.

Les bras d’eau se figèrent au moment où ils avaient attrapé Touka, la clouant avec efficacité au sol.

En même temps, une ombre approchait de Touka d’en haut, dont le mouvement avait été complètement scellé.

Qu’est-ce que c’est ?

Il était trop tard quand Touka leva son regard de Shizuku et regarda au-dessus de sa tête. Ce qu’elle voyait était une scène où un énorme pilier de glace tombait à une vitesse effrayante à partir de l’angle aveugle absolue d’un humain, et c’était venue si près d’elle qu’elle pouvait presque toucher son nez.

... Tout s’était déroulé comme Shizuku l’avait prévu.

Si Touka devait aller à l’attaque en voyant rapidement son plan, alors Shizuku devait le contrer en voyant en profondeur à travers le plan de Touka.

Shizuku avait laissé Touka penser qu’elle avait l’avantage en ce qui concernait la vitesse.

Elle lui fit prendre la mauvaise idée que tout ce qu’elle pouvait faire était de se défendre et se protéger comme une tortue.

Et, derrière cette façade, elle imprégna son mana dans le sol et envoya ces bras afin de la sceller. De l’autre côté, elle avait utilisé l’eau qui avait été vaporisée par les attaques de foudre de Touka afin de créer une masse de glace pour l’écraser.

Elle avait exécuté simultanément trois opérations complexes et différentes de contrôle de mana.

Un blazer moyen ne serait pas capable d’effectuer cela, mais Shizuku pourrait le faire.

Sa capacité à contrôler le mana était digne d’être un Rang A, parce qu’elle était au plus haut niveau de l’humanité, même supérieure à celle de Stella.

Instantanément, la masse tombante de glace avait fendu l’arène à côté de Touka.

Sa puissance était énorme. La fissure due au choc s’était étendue jusqu’au public.

C’était si puissant comme attaque.

Et au centre de cette destruction se tenait une pierre tombale faite de glace.

Il n’y avait aucune chance qu’elle puisse être encore debout après avoir reçu cette attaque.

Le résultat du match était évident pour tout le monde. C’était censé être ainsi.

Malgré cela, Shizuku le sentit.

... Qu’aucun atome de cette atmosphère presque douloureuse n’avait disparu.

Comme pour confirmer sa compréhension, la masse de glace éclatait des deux côtés comme une fleur en pleine floraison.

Et Raikiri se tenait au centre de celle-ci, indemne.

« ... »

Les deux filles avaient attaqué, et s’étaient défendues au point où le terrain avait été partiellement détruit, mais toujours aucune des deux n’avait marqué un point.

Elles étaient uniformément appariées.

Le combat de deux chevaliers du Rang B était revenu au point de départ. Toutes deux se regardaient comme au tout départ.

Notes

  • 1 Toudo Heigen : 凍土平原: La Plaine gelée

***

Partie 3

« I... incroyable !!!!!!!!!!! Quel combat de haut niveau aussi bien pour l’offensive et la défense ! En dépit d’être une commentatrice, je n’ai pas été capable de laisser sortir un seul mot ! » La commentatrice qui avait été captivée par leur combat avait crié après ça comme si elle se souvenait finalement de sa position.

Et en entendant ça, le public fut enfin libéré de la pression qui les rendait essoufflés. Ils firent sortir des voix de surprises.

« Qui sont-elles... !? Sont-elles vraiment des humaines comme nous... !? »

« Incroyable ! La présidente est vraiment étonnante après tout ! »

« Non, non, je savais déjà que la présidente était incroyable ! Après tout, elle est parmi les quatre meilleurs ! Mais, qu’est-ce qui se passe avec cette première année qui tient devant elle !? »

« En ce moment, elle a défendu, a contre-attaqué, a fait du bluff, et utilisé son atout... combien de cartes a-t-elle jouées dans ce court laps de temps !? »

« Cependant, la Présidente les a tous contrés ! »

« Ces deux-là sont des monstres. Donc, c’est ça la puissance d’un Rang B... ! »

« Leur combat a créé une agitation dans le stade ! » déclara la présentatrice. « Cependant, ce n’est pas une surprise ! Puissance, technique, tactique. Tout ce qui est montré dans ce match n’est pas au niveau d’un match interscolaire ! Il ne serait pas bizarre si l’une d’elles devenait le Roi de l’Épée des Sept Étoiles, puisqu’elles ont un tel pouvoir ! En plus, elles n’ont pas eu la moindre éraflure, et cela même après une bataille soit si violents ! Comme ils disent “les diamants taillent les diamants !” Qui sera choisie par le destin en tant que gagnante pour aujourd’hui !? »

« Shizuku, elle se porte bien... ! » s’exclama Sella.

« ... Je savais qu’elle était forte, mais dans cette mesure... même moi je suis surpris ! » s’exclama Arisuin.

Tout comme la commentatrice et les autres, Stella et Arisuin, en voyant Shizuku ainsi se battre, ils exprimèrent leur admiration.

Puisque son adversaire était le chevalier le plus fort d’Hagun.

Et, elle était la fille qui avait été parmi les quatre meilleurs de l’année dernière dans le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée.

Contre un tel adversaire, Shizuku se battait à égalité.

En d’autres termes, cela signifiait que le pouvoir de Shizuku était égal aux monstres vivant au sommet des Sept Étoiles.

« À ce rythme, elle pourrait vraiment gagner... ! » déclara Stella, pleine d’attentes.

Malgré la querelle qu’elle avait tout le temps avec Shizuku, Stella ne la haïssait pas.

Il y avait des choses qu’elles comprenaient, précisément parce qu’elles aimaient toutes deux le même homme.

C’est pourquoi Stella était heureuse de ce développement du fond de son cœur.

Shizuku se battait très bien contre un utilisateur de la foudre de haut rang.

Ainsi, le résultat de ce match n’était pas clair. Il y avait une grande possibilité de quelque chose d’inattendu se produise.

Mais, debout à côté des deux chevaliers remplis d’espoir, il y avait un...

Ikki Kurogane qui était le seul à regarder vers l’arène, d’un air sombre.

... Égalité, Hmm, pensa-t-il.

***

Partie 4

« Eh bien ! Kanata, ces deux-là sont certainement égaux, » demanda Utakata.

« Oui, Vice-Président, il semble que ce soit le cas, » répondit Kanata.

Deux personnes du conseil étudiant dirigées par Touka Toudou, Utakata Misogi et Kanata Toutokubara, regardaient le match par-dessus le portail rouge situé en face de la porte bleue où se trouvait le groupe d’Ikki.

« Vraiment, les premières années de cette année sont étonnantes. Tout le monde est si fort. Je devrais abandonner, s’ils agissaient ainsi. Ceux qui devaient venir les arrêter seraient nous, n’est-ce pas ? » déclara Kanata.

« Hahaha. Ne serait-ce pas des cris de joie ? Le fait est que nous pouvons être diplômés avec soulagement, » répondit Utakata.

Se plaignant d’une voix raffinée comme chant d’un oiseau chanteur, Kanata regardait à nouveau l’adversaire qui se battait à égalité avec Touka sous le bord de son chapeau.

« Cependant, j’ai été vraiment surprise qu’elle puisse rivaliser avec notre princesse jusqu’ici, » déclara Utakata.

« C’est vrai, elle n’est vraiment pas un peu inférieure, il y a quelqu’un comme ça parmi les premières années, en plus de Kurogane-kun et Stella-chan, c’est vraiment incroyable, » déclara Kanata.

Utakata avait également reconnu ce fait. Et plus que de le reconnaître, il sourit avec joie.

« ... Mais à la fin, c’est toujours à la mauvaise portée, » déclara Utakata.

C’était vrai. C’était la raison pour laquelle Ikki avait une expression sombre. C’était la seule réalité visible du match actuel. Touka avait pris le contrôle absolu sur le combat rapproché. D’une part, on pourrait dire que passé à travers cela était impossible. En d’autres termes, la seule façon pour Shizuku Kurogane de gagner était complètement en prenant le contrôle de longue portée. Dans ce cas... il était faux de les appeler uniformément apartés. La scène de l’offensive et de la défense à l’heure actuelle était, pour Shizuku, environ sept à trois. Malgré cela, elle ne pouvait faire aucun dommage à Touka. C’est-à-dire, si le match actuel était réservé à l’offensive et à la défense. Elles étaient à égalité. Mais si l’on élargissait ses perspectives et étudiait attentivement tout le combat... il y a quelque temps, il y avait une nette supériorité présente entre Lorelei et Raikiri.

Par ailleurs...

« En outre, Touka n’est pas encore sérieuse, » déclara Utakata.

Shizuku était une chevalière Rang B, une utilisatrice d’eau qui pouvait se vanter d’avoir un Contrôle de la Magie de Rang A. Pour ce genre de talent exceptionnel, il y avait quelque chose de présent dans le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée qui ne pouvait pas être trouvé ailleurs par hasard. Il s’agissait d’une expérience difficile à acquérir. Pour cette raison, Touka n’avait pas délibérément attaqué, et elle avait accepté le combat à longue portée que Shizuku voulait. Afin d’étudier l’offensive de l’utilisateur de l’eau de haut niveau se trouvant en face d’elle.

« Un tel combat avant le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée, Touka doit probablement être ravie, hein ? » déclara Utakata.

« Oui, mais il est encore temps que les études se terminent. La durée du match d’aujourd’hui est extrêmement stricte, car en tant que présidente du conseil étudiant, elle préfère ne pas être en retard, » déclara Kanata.

***

Partie 5

Exactement comme Kanata l’avait dit, quelque chose d’inhabituel se passait dans l’arène. Sous les pieds de Touka, la surface glacée créée par le Champ Gelé commençait à s’échauffer. Avec les Joules d’énergie créés par la manipulation d’une vaste puissance électrique par un utilisateur de foudre, Touka avait surchargé le Champ Gelé. Et remonta Narukami afin de viser Shizuku avec sa pointe.

Shizuku ressentait certainement une soif sanglante face à ce spectacle, et son expression se raidit. Cependant, la raison du changement d’expression de Shizuku n’était pas seulement en raison de cette pression.

Je ne comprends pas, pensa-t-elle.

Alors que Shizuku entourait Touka avec son sort, elle avait été capturée par le doute. Il s’agissait d’une réaction en raison de la précédente infraction qui avait eu lieu il n’y a pas si longtemps. Ceci lui donnait un doute irrévocable.

Comment a-t-elle pu répondre à mon attaque-surprise ?

Le contrôle magique de Lorelei éclipsa de loin celui de Raikiri. Comparé à Stella la chevalière de Rang A, le contrôle magique de Raikiri serait encore plus inférieur à celui de Shizuku. Pour cette raison, Shizuku avait une confiance absolue dans sa tactique de dissimulation. Il était impossible pour son adversaire de discerner le type de technique qu’elle faisait surgir. En outre, les humains avaient un point aveugle absolu au-dessus de leurs têtes. Même les personnes qui pouvaient réagir à des indications derrière eux ne pouvaient pas sentir les choses au-dessus de leur tête. C’était le mécanisme des créatures appelées humain. Mais malgré cela, Touka le remarqua comme s’il n’était rien d’extraordinaire, et trancha en deux cette pierre tombale de glace.

Je vois quelque chose... que je n’ai jamais vu avant, pensa-t-elle.

Au moment où elle pensait à ce que c’était...

 

Un soudain vent rugit, et Shizuku vit la silhouette de Touka brandissant Narukami arrivé devant ses yeux.

 

Shizuku se mit presque à crier face à cette vue. C’était compréhensible, car, en un clin d’œil, l’ennemi qui devait se trouver à des dizaines de mètres de distance était assez près pour étendre une main et la toucher avec son épée.

« Guh― ! »

Mais même si elle était surprise, elle ne se figea pas. Shizuku avait envoyé son corps vers l’arrière sans rompre sa chute ou toute pensée, et avait évité l’attaque de l’épée qui avait été utilisée dans une ligne horizontale. Et puis, après ça, elle fit tourner son corps, et posa sa main gauche sur le sol. De la paume de cette main gauche, l’eau à haute pression avait explosé vers l’extérieur, repoussant son corps loin de Touka.

C’était simplement un jugement composé qui ne s’arrêtait pas à l’évasion. Cependant, c’était généralement Shizuku qui utilisait sa raison afin d’agir d’une manière décisive et calme. En ce moment, sa tête était à demi paniquée.

La raison, je ne la trouve pas ! pensa-t-elle.

Elle ne pouvait pas comprendre ce qui se passait. Son regard n’avait pas pu la perdre de vue un seul instant. Malgré cela, Touka avait parcouru une dizaine de mètres sans son ou signe avant-coureur, et elle était brusquement apparue devant ses yeux.

 

« Oh, la candidate Kurogane ! » s’exclama la commentatrice. « Elle vient à l’instant de faire une évasion dangereuse ! Même si elle a été capable de faire face au mouvement de la candidate Toudou, que s’est-il passé tout à l’heure !? On dirait qu’elle a en quelque sorte perdu sa concentration. Mais... ! »

 

Ai-je perdu ma concentration ? Se demanda-t-elle.

En entendant directement la voix du radiodiffuseur, Shizuku fronça les sourcils dus à la perplexité. Il lui était impossible de perdre la concentration au milieu du match. Cependant, les paroles en direct de la présentatrice avaient indiqué ce qui semblait être évident pour tout le monde. Le fait qu’elle avait été négligente envers Raikiri, qui avançait pour faire une attaque.

Même si ce genre de chose n’aurait pas pu se produire.

En tout cas, elle avait été dans une position défavorable tout à l’heure. Elle devait se concentrer pour que ça ne se reproduise jamais. Shizuku se déclara ça si fortement, et elle rassembla sa concentration au niveau de ses yeux.

 

L’instant d’après, ses yeux qui se balançaient vers le bas virent la lame de Narukami s’approcher d’elle.

 

« ... Uu!? »

Elle avait alors profondément coupé dans les vêtements de Shizuku, et elle n’avait pas le temps d’esquiver ou de penser à agir.

« Aaaaahhh! À l’instant, la candidate Shizuku Kurogane a pris un coup de l’épée de la candidate Toudou ! Et c’était assez profond ! Cela pourrait-il être une blessure mortelle !? »

Cependant, au moment où tout le monde pensait que le match était décidé, le corps de Shizuku avait soudainement pâli. Il se transforma en une eau ordinaire, et se répandit sur le sol. Et la vraie Shizuku se tenait déjà derrière Touka dans une position assez éloignée de l’arène.

« C-C’était donc une sorte de clone d’eau ! » s’exclama la présentatrice. « La candidate Kurogane a évité l’épée de Raikiri d’une splendide manière... Non ! »

La voix du radiodiffuseur en direct avait soudainement coupé court. Pourquoi ? Car la couleur écarlate qui coulait à travers la main gauche de Shizuku était visible.

« Le sang coule de sa main gauche ! Elle n’a pas été capable d’esquiver parfaitement l’attaque ! En fin de compte, la concurrente Kurogane a été touchée ! La première à obtenir une véritable touche dans ce match est “Raikiri”, la concurrente Touka Toudou ! »

« Kuh...! »

Je ne l’ai pas vu du tout, pensa Shizuku.

Shizuku gémit alors qu’elle serrait la légère blessure sur son bras gauche. Elle ne savait pas quel genre de mécanisme avait été utilisé. Quel type de méthode avait été utilisé pour se déplacer d’une façon invisible ? Shizuku ne pouvait vraiment pas le comprendre. Cependant, l’écarlate qui coulait sur sa main gauche ne lui disait qu’une seule vérité certaine.

Je ne peux pas capter les mouvements de cet ennemi... ! pensa-t-elle.

C’était vrai. En cet instant, il était évident pour tous les yeux que la lutte égale entre ces deux personnes était brisée.

***

Partie 6

Dans cette situation postérieure, une fois que la lutte pour la suprématie avait été rompue, Touka avait ainsi poussé vers l’avant. Shizuku avait commencé une bataille défensive unilatérale, et avait couru autour du ring sans rien faire d’autre. Cependant, le rythme de la poursuite Raikiri était très rapide, et sa propre réaction avait été ralentie par le fardeau généré par ses mouvements évasifs. Elle devenait peu à peu fatiguée, et maintenant, si elle était pressée à plusieurs reprises, elle serait poussée à l’épuisement au point ou elle pourrait d’effondrer sur le sol.

 

« Que se passe-t-il ? Lorelei et Raikiri semblaient au début être à égaler, mais maintenant la Lorelei ne fait que courir. Et il semblerait que cela soit le mieux qu’elle peut faire. Pourquoi l’équilibre présent jusqu’à maintenant est-il devenu si différent !? » déclara la présentatrice.

 

La présentatrice étonnée n’avait pas compris que Shizuku avait perdu de vue Touka. Pour cette raison, elle ne pouvait pas comprendre pourquoi le match qui jusqu’à présent était équilibré avait progressé si unilatéralement. Cependant, il y avait une vérité que tout le monde sur ce champ de bataille pouvait comprendre. Et cette vérité était... qui serait la gagnante de ce combat.

{Même si c’est bien pour elle de déjà se rendre...}

{Après tout, j’imagine que ce fut un adversaire trop dur pour une première année,}

{Même si je pensais au départ qu’il y avait une possibilité qu’elle soit en mesure de rivaliser face à elle...}

{Bien quoi ? Vous partez ?}

{Bien sûr. Je pense que le match est déjà décidé. La Prez, elle est vraiment forte.}

Le lieu dont l’atmosphère se refroidissait. L’enthousiasme du départ n’était plus présent. C’était devenu ainsi. Si on y réfléchissait plus attentivement, bien qu’elle fût une exception, elle était quand même qu’une première année. Y a-t-il une raison pour que le meilleur chevalier de Hagun perde contre ce genre d’adversaire ? Il y avait eu un enthousiasme hors norme dans le stade, mais ce genre d’atmosphère apathique dérivait maintenant à travers le lieu.

Au milieu de tout ça, Stella avait demandé à Ikki d’une voix gémissante. « ... Hé Ikki ! Comment va Shizuku ? »

« Comment, dans quel sens ? » répondit Ikki.

« Je peux le dire en la regardant, » répondit Stella. « Il est évident que sa réaction aux mouvements de son adversaire s’est aggravée tout d’un coup. »

« C’est juste comme Stella-chan l’a dit, » déclara Alice. « Même si la présidente se déplace normalement, il semblera que Shizuku ne peut pas le voir. »

Arisuin avait également estimé qu’il y avait un problème avec les mouvements de Shizuku. Et bien sûr, Ikki aussi pensait la même chose. Mais Ikki pouvait déjà voir plus de choses que les deux autres.

« ... C’est probablement exactement comme ça, » déclara Ikki.

« Hein !? » s’exclama Stella.

« Shizuku ne peut vraiment pas la voir. J’ai déjà vu quelque chose comme ça une fois, » déclara Ikki.

C’était juste avant sa première bataille, quand il avait rencontré la princesse de Yaksha Nene Saikyou à la réception des combats.

« Cette fois-là, Saikyou-sensei est arrivée en face de moi en un instant, » expliqua Ikki. « Même si je ne l’ai pas laissé sortir de ma ligne de vue pendant tout ce temps, elle est arrivée contre ma poitrine avant que je le sache. À l’heure actuelle, je pense que Raikiri utilise probablement la même technique de corps. »

 

« Ahaha, comme attendu de Kuro-bou. Vous avez remarqué après tout, hein ? »

 

Une voix descendait d’un angle au-dessus d’eux. Ikki tourna les yeux dans cette direction, et là, il vit une petite femme envoûtante vêtue d’un kimono et une imposante femme vêtue d’un costume descendant l’escalier du stade en forme de cuvette.

« Hé vous. Ça fait un moment ♪, » déclara Nene.

« Saikyou-sensei, et Madame la Directrice. Si vous êtes là, je me demande si quelque chose se passe? » demanda Arisuin.

« Quoi, elle vient d’appeler parce qu’elle vous a vu, non pas parce qu’il y a une raison, » répondit Kurono.

La directrice de l’école, Kurono Shinguuji, avait répondu à la question d’Arisuin. Ces deux-là n’étaient venues que pour voir le duel entre collègues de Rang-B dans une bataille de sélection ordinaire. Ils ne les avaient salués que parce que le groupe d’Ikki avait une conversation intéressante.

« ... Hé, Nene-sensei. Ce qu’Ikki a remarqué est ce qu’il a dit correct ? » demanda Stella.

Saikyou-sensei confirma la question de Stella avec un signe de tête. « Yep. Il s’agit d’une ancienne technique d’art martial japonais appelée Pas Sans Trace qui fusionne le contrôle de la respiration et le jeu de jambes. Ou quelque chose comme ça... »

« ... Hein !? » s’exclama Stella.

En un instant. Saikyou, qui devait être à au moins cinq mètres de Stella était réapparue très près d’elle, et elle souleva les seins dodus de Stella en les frottant.

« Eek !? » s’exclama Stella.

« Oh, quel genre de sensation cela fait-il ? Eh bien, il n’y a pas de lait qui est en train de sortir. Même si c’est super doux ~ ♪ » déclara Nene.

« Kyaaaaa! Qu-Qu-Que faites-vous !? » s’écrit Stella.

« Je me demandais si vous frotter les vôtres ferait que les miens pousseraient, » demanda Nene.

« Si vous voulez faire grandir les vôtres alors, allez frotter les vôtres ! » s’exclama Stella.

« Je n’ai rien à frotter, IDIOTE ! » s’exclama Nene.

« Vous vous fâchez contre la victime ! » s’exclama Stella.

Ignorant les deux filles bruyantes, Kurono demanda quelque chose à Ikki. « Kurogane. Quelqu’un comme vous a déjà vu comment fonctionne Pas Sans Trace, non ? »

Face à cette question, il hocha la tête.

« Un peu. Si vous me dites de faire la même chose, je pourrais probablement le faire, » déclara Ikki.

« Hey, Ikki, qu’est-ce que c’est ce Pas Sans Trace ? » demanda Stella.

« Voyons voir, » répondit Ikki. « Les humains ne sont rien de plus que des animaux, et comme une machine, ils ne peuvent pas traiter tous les détails minuscules qu’ils voient et entendent, et ainsi le cerveau ne peut certainement pas consciemment reconnaître toutes ces images et ces sons. Après tout, s’ils traitaient et analysaient tout ce qu’ils voyaient et entendaient, le cerveau brûlerait très certainement. Par conséquent, le cerveau humain jettera l’information de basse priorité de manière inconsciente, et ce qui permet de réduire la charge appliquée sur lui-même. Cette chose appelée Pas Sans Trace est une technique d’art martial qui applique un contrôle de la respiration et un jeu de jambes particulier pour glisser l’existence de son utilisateur dans l’inconscience de l’adversaire. En conséquence, même si Shizuku peut encore voir Toudou-san, elle est devenue incapable de reconnaître ce fait. Même si le cerveau et l’œil peuvent capturer les mouvements de Toudou-san, ils ne peuvent pas être traités parce que la conscience les classe comme des informations inutiles, au point qu’un danger menaçant la vie peut se rapprocher en ce qui semble être un clignotement. »

« Vous l’avez parfaitement compris, » Kurono l’avait loué comme si elle était admirative envers lui, car il n’y avait pas de fautes dans la réponse d’Ikki qui avait divulgué le mécanisme mystérieux qui avait été utilisé pour assaillir Shizuku.

Vraiment. Il n’y avait que l’inconscience derrière tout cela.

L’adversaire faisait tout afin de devenir un sujet imperceptible en déplaçant son souffle et son corps à demi-pas, et en glissant dans cet intervalle. Elle avait ainsi échappé à la prise de conscience la concernant. Il s’agissait du mécanisme derrière la technique du style ancien Pas Sans Trace.

« C’est normal, car j’ai déjà vu cette technique du corps une fois auparavant, » déclara Ikki.

De plus, la technique de Pas Sans Trace de Touka avait de grands défauts par rapport à celle de Saikyou. Pour cette raison, Ikki avait facilement pu voir à travers le mécanisme.

« Mais je ne pensais pas qu’il y avait un étudiant qui pourrait faire la même chose que la Princesse Yaksha, » déclara Ikki.

« Eh bien, il est naturel de pouvoir faire la même chose, puisque Nene et Toudou ont toutes les deux étudié sous le même chevalier. Le Pas Sans Trace était à l’origine la technique qui était le point fort de ce chevalier, » déclara la directrice.

« Est-ce que c’est comme ça ? Au fait, qui était ce professeur ? » demanda Ikki.

« Torajirou Nangou, » répondit Kurono.

« Nangou, le “Dieu de la Guerre”... !? » en face du nom révélé, Ikki montra une expression choquée.

Dieu de la guerre — Torajirou Nangou. Le rival de toute la vie du grand héros Ryouma Kurogane, le vieux chevalier qui était en service actif tout en ayant plus de quatre-vingt-dix ans. Il s’agissait d’une légende vivante dont on parlait sans fin.

« C’est comme si une certaine personne l’aurait vue une fois dans une loge pour les aînés et qu’elle l’a supplié pour qu’il entraîner par la suite, » déclara Kurono.

« Mais... attends une seconde, Kuu-chan ! Je n’ai jamais pensé à ce vieux comme un maître, même une fois ! » s’exclama Nene.

« Qu’est-ce que tu es timide !? » s’exclama Kurono. « Ces sabots sont probablement aussi copiés de cette personne. »

« T-T-T-T-Tu as tort !? » s’écria Nene. « J’ai acheté ces choses à l’aide d’une vente par correspondance pour aider à soulager ma constipation ! »

« Des sandales pour changer la façon dont tu marches, hein..., » répliqua Kurono.

Tout en tapotant le kimono à manches longues de Nene, Kurono avait laissé échapper son honnête opinion que « cette personne est aussi peu franche que jamais sur ses sentiments » à propos de Nene qui, pour une raison quelconque, devenait irritée, tourna de nouveau son regard vers Ikki.

« Eh bien ! Même si vous pouvez voir le mécanisme si clairement, il devrait être compréhensible pour vous. Pas Sans Trace ne peut pas être brisé par votre petite sœur, » déclara Kurono.

« Hein !? » Ces mots étaient la vérité concernant la défaite sans espoir de Shizuku. C’était Stella et Arisuin qui élevèrent des voix de surprises en les entendant.

Mais Ikki, bien qu’il avait eu une expression amère, n’avait pas affiché la moindre surprise. Pourquoi ? Parce qu’il avait atteint cette conclusion il y a longtemps.

« ... Vraiment, Ikki ? Il n’y a aucun moyen pour elle de casser Pas Sans Trace !? » demanda Stella.

« Aucun. Il y a un moyen de briser l’Étape sans Trace avec votre propre corps, » répondit Ikki. « Il suffit de déplacer volontairement votre attention vers l’inconscient, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. »

Par exemple, imaginez qu’il y avait un homme poussant un pistolet devant ses yeux. Et cet homme manifestait évidemment de l’hostilité envers vous, et qu’il pressait sur la gâchette avec son doigt. Dans ce genre de situation, à peu près n’importe qui aurait ses yeux collés face au bout du canon. Ce serait naturel, parce que sa vie était menacée. Sous ce genre de situation, quelqu’un prendrait-il garde de la boucle d’oreille de l’homme ? Quelqu’un se soucierait-il du fabricant de la boucle d’oreille ? Il n’y avait aucune chance de s’en soucier. Personne ne saurait probablement reconnaître consciemment des informations sans conséquence. Cependant, afin de briser ce Pas Sans Trace, il fallait enlever ses yeux du museau de l’arme et se concentrer sur la boucle d’oreille en cette grave situation. C’était ça qu’on appelait la tâche de porter l’attention sur l’inconscient.

« Shizuku est en ce moment exactement dans un échange pour sa vie, » répondit Ikki. « Dans cette situation où son adversaire s’est intentionnellement glissé hors de sa conscience, si elle n’avait pas la formation pour ce genre de chose, et si elle ne pouvait donc pas obtenir le libre contrôle de son propre corps et la conscience, elle ne serait pas capable de le faire maintenant. »

Par exemple, si c’était quelqu’un comme Ikki ou Stella, alors cela serait possible. Parce que ces deux personnes, de par le processus d’apprentissage des arts martiaux, avaient établi le contrôle presque complet de leurs corps. Cependant, Shizuku était différente. Elle était la meilleure quand il s’agissait de contrôle magique, mais quant à contrôler son corps physique, elle était une novice. Par conséquent, plutôt que de penser que c’était un oubli, elle essayerait de se concentrer. En conséquence, son champ de vision se rétrécissait, et l’obscurité de son inconscient s’approfondissait. Cela donnait naissance à un cercle vicieux parfait.

« Honnêtement... je pense que c’est une situation très fâcheuse pour Shizuku, » déclara Ikki.

« Cela ne peut pas être...! » s’exclama Stella.

Bien sûr, même Ikki ne voulait pas imaginer la défaite de Shizuku. Mais il était triste que Shizuku et Touka, ces deux chevaliers Rang-B, aient trop de différence entre elles. Quel que soit l’effort supplémentaire que Shizuku avait essayé de faire, elle ne pouvait jamais faire une attaque efficace contre Touka.

Et cela, c’était avec sa forte capacité pour les attaques à longue portée. Dans un combat sans les possibilités qui venait grâce à la distance, le match serait encore plus compliqué. Il serait probablement impossible d’avoir une victoire dans une situation où elle était complètement épinglée dans un combat au corps à corps. Sans aucun doute, elle avait été manœuvrée pour être dans une distance fatale. Et c’était la portée de Raikiri.

« ... Peut-être, il y a une possibilité que Shizuku ait un atout qu’elle peut utiliser pour traiter Raikiri à courte portée. Mais si elle n’en a pas..., » déclara Ikki.

Pour cela, Ikki ne l’avait pas dit avec audace. Cependant, même s’il ne le disait pas, Stella pouvait comprendre les mots qui pouvaient suivre.

C’était mystérieux. En ce qui concerne Stella, Shizuku était une rivale dans l’amour. Une personne qui ne pouvait être qu’un obstacle, mais quand même... elle comprenait parfaitement Shizuku. Elle savait quel était le genre de sentiments que Shizuku avait actuellement dans ce combat. Elle savait également l’intensité des pensées que Shizuku avait dans sa poitrine pendant cette lutte. Parce qu’elle aimait le même homme, elle comprenait bien ces sentiments blessés.

À cause de cela...

 

« Shizuku — ! Faites de votre mieux — ! »

 

Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait dire en un seul mot. Malgré cela, Stella ne pouvait contenir ce cri.

***

Partie 7

La voix forte et belle de Stella retentit dans la salle qui avait perdu son enthousiasme de départ. Naturellement, ces paroles étaient également entrées dans les oreilles de Shizuku. Cette voix provenant d’une rivale en amour qu’elle connaissait bien avait frappé ses lèvres en produisant un cri qui voulait sincèrement la victoire de Shizuku. Face à ce cri, Shizuku serra son poing avec assez de force pour bloquer le saignement.

Je ne suis pas vraiment heureuse d’être acclamée par quelqu’un comme vous !

Levant ses sourcils, Shizuku prétendit être forte. Elle sentait dans son cœur qu’elle devait faire ainsi afin d’ignorer une émotion terriblement dérangeante qui la gagnait. Si elle acceptait ça, cela lui donnerait envie d’avoir un changement permanent quand à la relation entre cette fille et elle-même.

Mais si elle essayait de l’ignorer, la voix de Stella avait certainement bouleversé le cœur de Shizuku. C’était l’esprit de compétition.

Stella-san va certainement aller au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée.

Elle était tout simplement la seule chevalière de Rang A à Hagun. À l’heure actuelle, elle était quelqu’un de plus élevé que Shizuku, ainsi que Raikiri qui faisait face à Shizuku. Elle ne pensait pas qu’il soit possible que Stella trébuche pendant les sélections. En outre, Ikki qui avait remporté une victoire sur Stella pourrait probablement avancer jusqu’à arriver dans la scène nationale. Shizuku comprenait la force de son frère plus que quiconque. Pour cette raison, elle n’avait aucun doute sur cette vérité.

Par conséquent — elle ne pouvait pas être la seule à perdre ici.

Je vais aussi gagner et avancer. Avec Onii-sama, avec tout le monde, jusqu’au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée — !

Au moment où elle avait pris conscience de cela, l’esprit combatif de Shizuku qui avait perdu en force en raison d’une infériorité désespérée remonta en flèche. Tout en guérissant son corps blessé, elle tenait sa tête haute et regardait l’ennemi se trouvant sous ses yeux.

« Oh, la concurrente Kurogane qui a été unilatéralement sur la défense n’a pas abandonné la lutte ! » s’exclama la commentatrice. « Elle vient d’effectuer une guérison sur son corps, et a pris une position montrant qu’elle souhaite continuer ! Serait-ce qu’elle a trouvé un moyen de gagner !? »

Elle n’avait rien trouvé de tel. Mais elle avait trouvé sa détermination.

... L’approche de Touka, elle ne pouvait pas la suivre. Quel genre de mécanisme était-ce, Shizuku ne l’avait pas compris, mais elle avait réalisé qu’elle détestait déjà faire face à cela. Dans ce cas — elle ne pouvait pas continuer à se défendre. En plus du fait qu’elle ne pouvait pas voir les mouvements de son adversaire, la tactique de se battre à longue portée avait échoué. Se précipiter jusqu’à une certaine distance ne ferait que rendre la situation encore pire pour elle. Par conséquent, elle devait faire ce qu’il fallait pour survivre, mais seulement afin de la distraire pour pouvoir faire son offensive.

Son adversaire était Raikiri. Le plus haut chevalier de Hagun qui avait une attaque invincible à portée de main. Mais s’il n’y avait pas d’autre moyen de prendre la victoire―.

Je vais le capturer ! Cette invincible proximité !

Shizuku se prépara ainsi et mit ses forces dans Yoishigure.

Mais ne sachant rien de cette détermination, Touka, impitoyablement, sans pitié, pénétra de nouveau dans l’espace mince de la conscience de Shizuku avec Pas Sans Trace...

À ce moment-là, Shizuku se déplaça ! Elle poignarda Yoishigure dans le sol gelé tout en hurlant.

« Byakuya Kekkai !!! » [1]

Avec les paroles de cette incantation, la glace de l’arène avait changé de solide en vapeur en un instant, et était devenue une fumée blanche telle une brume qui avait englouti tout le champ de vision !

Shizuku avait changé sa façon de penser. Si de toute façon elle ne pouvait pas la voir dans cette situation, alors il serait bon de rendre tout invisible. Donc, face aux joules de chaleur, le champ de glace qui ne servait pas à sa fonction s’était déjà vaporisé, se dispersant comme un brouillard épais dans lequel on ne voyait même pas un mètre.

Au milieu de cette brume magique, la seule qui pouvait se déplacer librement était sa créatrice, Shizuku. Sans être capable de voir directement, cette brume était la même chose qu’une partie du corps de Shizuku. Que faisait-il ? Qui était là ? Elle pouvait sentir tout ça. Et cette perception avait sans aucun doute capturé la position de Touka qui avait été arrêtée et manquait d’une technique pour percer ce brouillard.

Shizuku tourna immédiatement autour du dos de Touka.

« Hisuijin. » [2]

Tout en agissant avec le son de la voix, l’eau dans l’atmosphère se rassembla sur le bord d’Yoishigure, et prit bientôt la forme d’une grande épée japonaise. Il s’agissait d’une lame de courant d’eau circulant à haute pression. C’est-à-dire qu’elle avait la force de l’eau qui pouvait passer à travers la pierre goutte après goutte. Si cela était fait avec un tel courant à haute pression, l’eau pourrait se transformer en un outil qui pouvait découper comme dans du beurre même le métal. Pour commencer, pour toute la surface de la Terre, l’on pourrait dire que l’eau avait sculpté sa forme. Il n’y avait rien à sa surface qui n’avait pas été sculptée par l’eau. Shizuku, avec son contrôle magique exceptionnel, avait comprimé la puissance de la Mère Nature dans la forme de sa lame―.

« Faisons-le — ! »

Et elle courut après ça vers Touka. S’agissait-il d’une attaque suicidaire totalement imprudente ? Non, elle avait dans son cœur la conviction de tenir sa victoire. L’attaque aérienne surprise du début, elle ne comprenait pas la raison qui avait permis que Touka puisse voir à travers. Cependant, en utilisant Narukami puis en essayant de l’attaquer avec Hisuijin de la même manière que la première fois, cela ferait qu’il serait impossible de l’éviter. Pourquoi ? Quelle que soit la possession d’une fameuse épée ou d’une puissance de coupe, l’eau était fluide. Narukami, qui avait une forme solide, ne pouvait pas arrêter un tel coup. Hisuijin passerait au travers de Narukami qui irait à sa rencontre pour la bloquer et en final, cela lui permettra de trancher le corps de Touka.

Shizuku pouvait déjà voir cette vision. Pour cette raison, elle avait réduit la distance avec Raikiri avec la conviction qui se trouvait dans son cœur, et―.

« Eh... »

À ce moment-là, Shizuku l’avait vue. Dans la brume, avec une paire d’yeux pointée sur Shizuku qui ne pouvait pas être perçue, la silhouette de Touka qui avait pris une position pour rapidement dégainer son épée était visible. Un flash visible de foudre s’était violemment déplacé depuis la fourrure noire où Narukami avait été replacé avant ça.

Elle le savait. Shizuku vit et se souvint de l’image qu’elle avait vue plusieurs fois. Cette technique libérait une lumière aveuglante. Il s’agissait de son atout qui coupait toute résistance dans un seul flash — !

« ― Raikiri. »

 

 

La pulvérisation du plasma, brûlant le monde en blanc. Une chaleur écrasante libérée en un instant.

Shizuku, qui avait lancé un assaut qui ne pouvait pas être arrêté. Elle frappa vers le bas avec Hisuijin avec toutes ses forces.

Raikiri qui avait libéré sa puissance, avec seulement cette vitesse, avait pulvérisé en un instant cette épée de courant d’eau circulant.

Comme si tout jusqu’à présent n’avait été que cela. Le souhait de Shizuku Kurogane ― avait été abattu d’un coup.

Notes

  • 1 Byakuya Kekkai, 白夜結界 : « Barrière de nuit blanche ». Une « nuit blanche » est une nuit d’été près du pôle Nord ou Sud dans laquelle le soleil est encore dans le ciel à minuit.
  • 2 Hisuijin, 緋水刃 : lame d’eau écarlate

***

Partie 8

Au moment où Raikiri, vêtue de plasma, se déploya, une lame qui transcendait la vitesse du son percuta l’atmosphère environnante. La même tempête de vent qui éclatait s’écrasa sur Toudou et projeta au loin la brume de Byakuya Kekkai. Cet effet avait même atteint les sièges de l’auditoire, et avait affecté la salle fissurée. La force présente dans l’atmosphère était déjà au point où les spectateurs ne pouvaient même pas rester en place.

Mais au milieu de tout ça, Ikki ne ferma pas une seule fois les yeux. Dans la violente tempête de vent, regardant fixement le cercle sous ses yeux ― jusqu’à la fin, sans détourner son regard... il vit la forme déchue de Shizuku Kurogane de ses propres yeux.

« Un éclair de foudre ! » s’exclama la présentatrice. « Une lame est apparue ! Dans le même temps, l’arbitre a croisé les bras ! Le match est terminé !! La concurrente Kurogane nous a montré une courageuse lutte, bien que l’obstacle produit par l’un des quatre meilleurs de l’année dernière était insurmontable ! Celle qui a conquis la lutte mortelle face à ce camarade de Rang B est notre présidente du conseil étudiant, “Raikiri” Touka Toudou !!! »

Le radiodiffuseur en direct avait annoncé le nom de la gagnante, et avait abaissé le rideau de ce match.

Avait pu avoir un bon combat... certainement, l’attaque et la défense au début avait bel et bien transcendé le niveau moyen des étudiants. Cependant, le contenu naturel du match était probablement la défaite totale de Shizuku. Et cela était arrivé, car elle n’avait jamais pu toucher Touka.

Mais... tout de même...

« Hé, Ikki, » déclara Alice.

« Je sais, Alice, je l’ai bien regardée, » tout en répondant à la voix d’Arisuin de cette façon, Ikki fixait un point précis dans le ring. Ce qu’il regardait était la main droite d’une Shizuku tombée.

Cette main droite avait saisi la jambe de Raikiri.

Certes, c’était certainement une défaite totale. Toutefois―

« Elle était splendide. Shizuku, » murmura Ikki.

C’était probablement Shizuku elle-même qui avait ressenti plus que quiconque la différence entre son pouvoir et celui de l’autre. Malgré cela, elle n’avait pas cédé jusqu’à la fin, et avait continué à se battre.

... Elle est devenue plus forte, hein ?

Cette petite fille, qui l’avait toujours suivi avec de petits pas... avant ça et encore aujourd’hui... il n’y avait pas un seul instant où Ikki n’avait pas senti ces quatre années de progrès. Et―

Ikki regarda le dos sur lequel les cheveux de couleur châtain ondulaient et sortait du ring.

... Comme je l’ai pensé, elle est forte.

À ce moment-là, Shizuku n’avait certainement pas fait une charge téméraire suicidaire. Le Byakuya Kekkai avait été fait afin de brouiller la vision de son adversaire. Au milieu de l’étendue de l’Art Noble que Shizuku possédait, la plus forte capacité de coupe dont elle se vantait, Hisuijin, avait été utilisée. Elle, au moyen de toute sa force, avait mené une stratégie sérieuse face à Raikiri. Elle pouvait probablement avoir eu la vision de sa propre victoire. Mais pour la saisir, elle devait couper la tête. Peu importe comment, elle avait fait de son mieux, même en pensant à l’effort le plus élevé qu’elle pouvait faire, l’existence face à elle avait éloigné cette hypothèse jusqu’à la réduire à zéros.

Ikki, qui avait combattu le « mangeur d’épées » Kuraudo Kurashiki, le savait déjà. L’ampleur des capacités des personnes qui résidaient au sommet des Sept Étoiles... pas une seule de ses personnes qui résidaient dans ce domaine n’était ordinaire. Ils étaient tous des surhommes qui surpassaient les mesures communes.

Pour cette raison, Ikki pensait, combien d’efforts faudrait-il pour monter à ce sommet ?

Touka Toudou, Raikiri... On dirait que je vais certainement croiser le fer avec elle, hein ?

***

Partie 9

Après l’avènement du flash qui avait brûlé les rétines de toutes les personnes présentes, une profonde obscurité de désespoir était apparue. De cette tristesse, Shizuku se réveilla lentement. En levant ses lourdes paupières, elle vit le monde flou se concentrer devant elle. Ce qui lui sauta aux yeux était le plafond blanc d’un cabinet médical sans taches...

« Es-tu réveillée, Shizuku ? »

Le visage — de son colocataire put être vu dans son champ de vision.

« ... Alice, » murmura Shizuku.

Shizuku leva lentement du lit son corps. Quand elle regarda autour d’elle, elle vit qu’il ne s’agissait pas seulement d’Arisuin qui était présent ici. Derrière lui, les silhouettes de son frère Ikki Kurogane et Stella Vermillion étaient également présentes. De cette vue...

Ah, je vois.

Shizuku comprenait sa propre défaite.

« Ai-je perdu ? » Face à ces mots qu’elle avait murmurée tout en toussant, un lourd silence tomba.

Ne vous inquiétez pas, courage. Les personnes qui faisaient partie de ce monde des matchs et des combats savaient combien ces paroles seraient sombres. Dans ce monde, il n’y avait pas de tels mots à donner pour les vaincus.

« ... Shizuku, hum, tu sais ? »

« Je suis désolée... »

Les mots que Stella avait essayé de commencer à dire au milieu du silence douloureux, Shizuku les avait coupés en morceaux.

« ... mais j’ai besoin d’un peu de temps... juste pour un peu de temps. Pourriez-vous me laisser seule ? Je suis fatigué aujourd’hui. »

Shizuku couvrait son visage et suppliait tout le monde de partir. À l’heure actuelle, elle ne voulait rien entendre et ne voulait rien voir. Elle voulait juste être seule.

« Je comprends... Allons-y, Stella, » déclara Ikki.

« ... D’accord, » répondit Stella.

Ikki sympathisait avec les sentiments de Shizuku. Il fit immédiatement sortir tout le monde du cabinet médical. Elle en était reconnaissante. Le regret causé par sa défaite qui coulait à travers son cœur se faisait déjà sentir dans sa gorge. Son corps tremblant misérablement en raison de l’amertume, elle ne voulait pas que son frère, Stella, ou n’importe qui le voit ainsi. Parce que Shizuku était une fière petite fille.

C’était ce qu’elle demandait, mais...

« ... Pourquoi es-tu encore ici ? » demanda-t-elle.

Pour quelques raisons, Arisuin était resté dans la chambre avec un doux sourire sur le visage.

« Eh bien, je me demande pourquoi j’ai fait ça, » déclara-t-il.

« Je t’ai dit de me laisser tranquille, » insista-t-elle.

« Oui, je t’ai entendue, » lui répondit-il.

« Alors... ! » commença Shizuku.

Au moment où elle prononçait des mots emplis de violence, Arisuin enlaça Shizuku.

Hein !? 

« ... Ali... ce ? »

« Tu as vraiment combattu de toute tes forces, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

Arisuin transmit ce message avec un ton calme près des oreilles de Shizuku qui avait été surpris par la soudaine étreinte.

« Ton frère, il t’a regardé jusqu’à la fin. Il a dit que tu étais splendide, » continua Arisuin.

Et en caressant ses cheveux d’argent comme pour les brosser...

« Et pour moi, Shizuku, tu n’es ni quelqu’un qui veut protéger ni quelqu’un qui ne veut pas perdre. Donc... tu n’as pas à faire semblant d’être dur, tu sais. »

C’était sa limite. Face aux doux mots qui avaient été annoncés, à l’étreinte enveloppée autour d’elle, les sanglots qui montaient dans sa gorge s’étaient répandus dehors. Après qu’il fut déversé une fois, tout cela déborda comme la rupture d’un barrage.

Frustrant.

Frustrant. Frustrant.

Frustrant. Frustrant. Frustrant !

Le vœu qui ne s’était pas réalisé. Le rêve qu’elle n’avait pas atteint. Ces vestiges tourmentaient Shizuku. La frustration qu’elle ne pouvait pas mettre en mots, Shizuku les avait pleurées alors qu’elle s’accrochait à la poitrine d’Arisuin. Elle avait mis assez de force pour couper avec ses ongles, mais Arisuin n’avait pas desserré son étreinte. Parce que le partenaire de cette fière petite fille qui crachait son amertume, il savait qu’il était le seul. Par conséquent Arisuin gardé étreignant son petit corps jusqu’à ce que les sanglots de Shizuku soient terminés.

***

Partie 10

« Shizuku paraissait vexée, » en se dirigeant vers l’extérieur depuis le couloir du cabinet médical du dortoir, Stella toussait.

« ... C’est tout à fait compréhensible. La route vers le Festival des Sept Étoiles vient probablement d’être coupée pour elle, » répondit Ikki.

Il y a quelque temps, Ikki avait été informé de première main par Oreki que ces batailles de sélection ne feraient ressortir que six noms en tant que représentant, et ces places seraient comblées par les étudiants invaincus. Comme ils viseraient ces places, ces combats ne permettraient jamais une défaite.

« Mais Shizuku n’a rien à en être gêné, » continua Ikki.

Ikki se souvint de la main droite de Shizuku qui avait saisi la cheville de Touka. La volonté qu’elle avait montrée à la fin du combat était vraiment magnifique.

« C’est un combat serré qui ne permet pas même une erreur, non ? » demanda Stella.

« Oui, mais... ce n’est pas le problème de quelqu’un d’autre, » déclara Ikki.

Tout le monde combattait selon les mêmes règles. Shizuku, Ikki, Stella... Aucune des personnes qui visaient le sommet des Sept Étoiles ne pouvait subir une seule défaite. Il s’agissait de la règle établie par la nouvelle directrice, Kurono Shinguuji. Une falaise qui filtrait les prétendants pour le bien de la création d’un Roi des Épées des Sept Étoiles de Hagun. Cela permettait de réunir les personnes les plus fortes afin qu’ils deviennent des compagnons, puis de sélectionner uniquement la personne la plus forte parmi elles. Car à la fin de la journée, il ne restait qu’une seule personne qui prendrait le sommet des Sept Étoiles.

« Nous sommes déjà proches de la ligne d’arrivée pour les Batailles de Sélection. Même nous, nous devons concentrer notre énergie plus que jamais, non ? » demanda Ikki.

« Tu sais, je ne perdrai pas, » Stella fit cette déclaration d’une voix forte et emplie de volonté.

Ikki tourna son regard vers Stella qui venait de parler. Et Stella regardait Ikki, avec des yeux qui contenaient des flammes ardentes et étincelantes d’un fort esprit combatif.

« Je ne perdrai absolument pas parce que je vais me battre et gagner contre toi, Ikki. Et cela sera cette fois lors de la finale du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée, » annonça-t-elle.

Face à cette expression de sa volonté et de son affection, Ikki sentit un bonheur apparaître dans sa poitrine. La promesse qu’ils avaient échangée cette nuit-là, il savait qu’il n’était pas le seul à attendre avec impatience son accomplissement.

« ... De mon côté, je pense la même chose. Après tout, je ne perdrai certainement pas, » déclara Ikki.

« Hehe. Bien sûr. Je ne vais pas te permettre de disparaître au milieu du trajet ♪, » déclara Stella.

Stella fit un doux sourire sur tout son visage face à la réponse d’Ikki. Face à ce visage souriant, les joues d’Ikki se détendirent. Récemment, cette fille était devenue de plus en plus insupportablement belle. Plus il la connaissait, plus il s’approchait d’elle et plus il aimait cette fille. Son parfum de fleur, sa température légèrement élevée... tout cela était charmant selon lui. Et parce qu’il voulait tomber encore plus en amour avec cette fille, il maintiendrait une motivation encore plus élevée que ce qu’il avait soutenu jusqu’à présent. Il se poussait plus haut que là où il était maintenant, et tout cela, afin de se rendre digne de la plus forte rivale qui se tenait en ce moment à côté de lui, de la jeune fille qui était sa bien-aimée. En ce qui concernait Ikki, sa rencontre avec elle était une fortune irremplaçable.

« Eh bien ! Afin de ne pas perdre, ne devrions-nous pas faire un petit entraînement ? » demanda Ikki.

« C’est parfait. Pour le dire franchement, après avoir regardé le match de Shizuku, mon corps à des élancements, » répondit Stella.

« Haha, c’est tellement toi, Stella. Alors, dépêchons-nous et allons-nous-en d’ici, » dit Ikki.

En disant cela, Ikki avait vérifié que personne d’autre n’était présent dans le couloir, puis avait pris la main de Stella et avait entrelacé leurs doigts. Au moment où il avait fait ça, Stella avait également serré la main d’Ikki. Lors de leur sortie à la piscine, comme ils avaient fait un pas vers avant en tant que couple, ils s’étaient peu à peu mutuellement habitués à avoir plus souvent des contacts peau à peau. Récemment, quand ils étaient allés dans des lieux hors de l’œil du public, l’un d’eux saisissait spontanément la main de l’autre. Les doigts serrés, reconnaissant la température et la présence de leur amoureux. Ikki et Stella étaient tous deux venus à aimer faire ce genre d’acte au quotidien.

Bien sûr, leur type préféré de contact entre eux était le baiser. Dans cette situation, en ce qui concerne leur relation, le sujet qui avait commencé dans cette piscine avait certainement raccourci la distance entre les deux amoureux, et cela pourrait certainement être qualifié de progrès.

Cependant — pour dire la vérité, Stella se sentait un peu insatisfaite de la présente situation. Ou peut-être insatisfaite n’était pas tout à fait la bonne façon de le dire. Elle voulait se rapprocher et s’efforcer ― d’être plus proche d’Ikki comme une femme le ferait. Pour se rapprocher de lui et rétrécir la distance entre elle et Ikki, ce désir était de plus en plus présent en elle.

La nuit, en particulier, quand ils échangeaient des baisers avant d’aller dormir, et c’était encore pire au moment où leurs lèvres se séparaient. Par exemple, hier, elle avait laissé sortir un étrange gémissement quand leurs lèvres s’étaient séparées et cela avait surpris Ikki.

C’était tellement embarrassant...

Après avoir été surprise par ce doux bruit qu’elle n’avait pas imaginé laisser fuir de ses propres lèvres, elle avait immédiatement sauté dans son lit et s’était couvert la tête avec son futon. Néanmoins, il avait fallu du temps avant que le feu qui s’était allumé à l’intérieur de son corps se soit dissipé.

Est-ce que mon désir sexuel est si fort, je me le demande...

Il suffisait de se souvenir de ce simple fait pour que cela la rende très embarrassée. En premier lieu, elle n’avait pas cherché un endroit afin d’obtenir une réponse. Parce que pour Stella, il y avait sa position de deuxième princesse de l’Empire Vermillion. Cependant, en même temps, Stella et Ikki étaient tous des deux adultes matures au-delà de l’âge de quinze ans. (Les Blazers deviennent adultes à l’âge de quinze ans ce qui était une norme partagée par tous les pays participants aux Nations de la Ligue des Chevaliers-Mages.) En d’autres termes, ils étaient tous les deux... des adultes qui pouvaient même décider de se marier. Et en tant qu’adulte, ils avaient bien sûr, également le privilège de pouvoir tomber en amour sans que quiconque puisse l’empêcher.

Et que faire si, par hasard... Ikki me demande que...

S’il la regardait directement dans les yeux, posait ses mains sur ses épaules, et lui demandait cela... à ce moment-là, quelle réponse pourrait-elle choisir dans une telle situation ? Devrait-elle prendre la position officielle d’une princesse impériale ? Ou plutôt suivre ses propres sentiments ?

Si elle était la Stella d’avant, elle aurait sans doute donné une excuse ou autre et aurait refusé la demande d’Ikki. Mais en ce moment, que ferait-elle ?

Elle se le demandait, mais aucune réponse n’était venue.

Mais, si Ikki voulait vraiment et lui demandait cela, alors...

... J’aimerais...

« Qu’est-ce qui ne va pas, Stella ? Ton visage est vraiment tout rouge ? » demanda Ikki.

« Pffuuu !? Ah ! Ce n’est rien ! » répondit Stella.

« Tu sais, si ce n’était rien, alors ton visage ne serait pas rouge. Je me demande si tu ne pourrais pas couver un rhume. Peut-être, un peu de fièvre, non !? » demanda Ikki alors qu’il semblait être inquiet quant à l’état de santé de Stella.

Ikki s’approcha de son front afin de vérifier sa température. Face à cette bonté, Stella avait fait resurgir ses sentiments ce qu’avait fait pousser un petit cri.

N-N-N’approche pas ainsi de mon visage en ce moment !

« Je-je-je vais vraiment bien ! Vraiment ! Alors tu ne devrais pas te rapprocher si proche... ! » s’exclama Stella.

Elle avait forcé de nouveau Ikki à reculer, alors qu’elle était tout étonnée par son propre manque de chastes pensées. Le fait de s’imaginer qu’elle envisageait une telle inconduite à l’intérieur du bâtiment de l’école avant même que le soleil ne soit descendu était vraiment...

Une telle chose était mauvaise.

Une telle chose était interdite avant d’aller au lit.

Est-ce que cela veut dire que c’était correct si elle le faisait une fois dans son lit ? Stella avait ignoré la réplique envoyée par son propre cœur et avait réfréné ses sentiments érotiques.

Tout à coup, c’était à ce moment-là que... du coin du couloir se trouvant en face d’eux, avec un bruit bizarre, une chose étrange était venue dans leur champ de vision.

Est-ce une ombre humaine ? Alors qu’ils pensaient cela, les deux amoureux avaient séparé leurs mains en pleine panique. Comme ils l’avaient dit il n’y a pas longtemps, Ikki avait une certaine position sociale, et c’était également le cas de Stella. S’ils devaient être vus comme étant des amoureux, le monde serait considérablement surpris, et cette interaction deviendrait fortement mise sous pression. Pour cette raison, jusqu’à ce que la période frénétique où les étudiants se déchaînaient pour aller au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée, ne soit terminée, ils avaient établi le plan de garder leur relation cachée du reste de l’école.

Cependant... ce qui apparaissait n’était pas une personne. Il s’agissait d’un monstre en forme de rectangle blanc et tordu.

« Allez... allez...! » put être entendus en provenance du monstre blanc.

Ce monstre, si l’on regardait plus attentivement sa forme, on pouvait dire qu’il s’agissait en réalité d’une liasse de papiers empilés en un pilier blanc. Quelqu’un portait la pile de papier empilée avec les deux mains. Il était difficile de dire qui faisait ça, parce que la montagne de papier était si élevée qu’elle dissimulait son visage. Mais si l’on regardait du côté des jambes, ceci semblait être une étudiante.

« Tout cela semble quelque peu périlleux, » déclara Stella.

« C’est bien le cas, non ? Nous devrions probablement lui donner un coup de main, » répondit Ikki.

Après avoir décidé ça, Ikki haussa la voix pour pouvoir être entendu de l’étudiante. « Hmm ! Si vous le souhaitez, je pourrais vous aider à transporter tout ça ! »

« Hein !? » cependant, l’étudiante avait été surprise d’entendre brusquement une voix, et son corps se raidit automatiquement. En raison de ça, son pied droit cogna dans son pied gauche et ainsi... « Haaaa ! »

« Wôw !? » s’exclama Ikki.

La pile de papier tomba lourdement sur un Ikki tout aussi surpris par le cours des événements.

« Bon sang, qu’est-ce que vous faites tous les deux..., » murmura Stella, elle aussi surprise de tout ça.

« Oh non non, je suis désolée ! Je ne pensais pas qu’il y avait des personnes qui se trouvaient en face de moi ! » s’exclama la jeune femme.

« Pas du tout ! C’est moi qui je suis désolé de vous avoir effrayé en vous appelant si soudainement, » répondit Ikki.

Les trois étudiants étaient à genoux, et ensemble, ils rassemblaient la pile de papiers dispersés dans le couloir.

Et puis, après avoir ramassé une partie des feuilles de papier, Ikki porta son attention sur l’étudiante et...

Devant ses yeux, il y avait une paire de fesses se déplaçant de gauche et de droite.

 

 

« Maissssss ! » s’exclama Ikki.

« Ohh, mes lunettes... où sont mes lunettes ? » demanda l’étudiante.

Peut-être qu’au moment où elle était tombée, sa jupe avait été retournée vers le haut. Mais l’étudiante ne l’avait elle-même pas encore réalisé, et tout en toussant, elle était à quatre pattes tâtonnant dans les environs à l’aide de sa main. Ce faisant, elle se balançait et agita un peu plus ses grandes et voluptueuses fesses.

« Quoi, hé vous ! Votre jupe ! Votre jupe est relevée en ce moment ! » s’exclama Stella.

« Eh ? Nooooooooonnnn !!! » cria l’étudiante.

Après avoir entendu l’avertissement de Stella, l’étudiante avait finalement réalisé qu’elle agitait ses fesses à découvert devant le visage d’Ikki, et précipitamment, elle replaça sa jupe dans sa position normale.

« Je-je suis désolée ! Je vous ai montré une chose indécente impensable... ! » S’exclama l’étudiante.

« Euh, non... Hahaha, » répondit Ikki.

« Ikki, as-tu vu ? » demanda Stella.

« ... Si je disais que je ne l’ai pas vue, me croirais-tu ? » demanda Ikki.

« Penses-tu que je le ferais ? » demanda Stella.

« Je suppose que je ne dois pas demander... Hmm ? » répondit Ikki.

Alors qu’il soupirait, quelque chose était venu dans le champ de vision d’Ikki. Il s’agissait d’une paire de lunettes rondes avec des lentilles extrêmement épaisses.

Ah, n’était pas ce qu’elle cherchait depuis un moment ?

Devant la raison pour laquelle l’étudiante était à quatre pattes et secouait les fesses, Ikki prit ces lunettes et les lui présenta.

« Hé, n’est-ce pas ce que vous cherchiez ? » demanda Ikki.

« Ah ! C’est bien cela ! Merci beaucoup ! Je ne vois rien sans eux..., » répondit l’étudiante après s’être tournée vers Ikki, et avoir accepté avec reconnaissance les lunettes.

Et c’est alors qu’Ikki et Stella virent pour la première fois le visage de l’étudiante qui se tenait devant eux.

« Hein ? » s’exclama Ikki.

« Quoi !? » s’exclama Stella.

Et ils se figèrent tous deux devant l’identité de l’étudiante.

« V-Vous êtes..., » balbutia Stella.

Pourquoi une telle réaction ? Et bien, parce que cette étudiante, cette fille aux cheveux châtains avec une tresse était tout simplement...

 

« La Raikiri, Touka Toudou !? »

 

Sans aucun doute dans leur esprit, il s’agissait de la fille qui avait vaincu Shizuku avec sa puissance écrasante, celle qui était la chevalière la plus forte de Hagun.

« Eh ? Ah oui ? C’est bien vrai, » répondit Touka.

***

Partie 11

« Ah ! Présidente ! Bonjour... ! »

« Bonjour, Mishima-san. »

« Présidente ! Félicitations pour le match d’aujourd’hui ! »

« Merci pour votre soutien, Sayama-san. »

« Présidente Toudou, bonjour ! Merci de m’avoir aidée à chercher mon porte-monnaie l’autre fois ! Je suis vraiment désolée d’avoir dû vous faire m’accompagner pendant toute une journée. »

« Ne vous en faites pas, Itagaki-san. D’ailleurs, il a été trouvé grâce à Uta-kun, et je n’ai pas du tout été utile... Ah ! S’il vous plaît, prenez soin de ne pas le perdre à partir de maintenant, d’accord ? »

Au fur et à mesure qu’ils avancent mètre après mètre, des étudiants de diverses années scolaires et des deux sexes avaient accueilli Touka, et Touka avait répondu individuellement par leur nom.

Ikki et Stella tenaient les documents qu’elle portait il y a quelque temps et regardaient cette scène en marchant à plusieurs pas derrière elle.

« Les personnes idolâtrent Touka-san, non ? » Soudain, Stella parla de ce qui était présent dans ses pensées.

Face à cela, Touka se mit à sourire de joie comme si cela l’amusait. « Après tout, je ne fais que les choses qui sont naturelles pour un président du conseil étudiant. Mais mettons ça de côté, je dois tous les deux vous remercier. Non seulement pour avoir rassemblé les documents pour moi, mais aussi quant au fait que vous les avez portés... »

« Non, ce n’est pas nécessaire. C’était dès le départ une quantité trop difficile à porter pour une seule personne, » déclara Ikki.

« Hahaha... J’étais un peu trop confiante et j’ai essayé de les transporter tous d’un coup. En fin de compte, je suppose que je ne devrais pas essayer de couper les coins. Je dois y réfléchir avec plus d’attentions la prochaine fois, » déclara Touka.

Touka sortit timidement sa langue après avoir dit ça. Ce geste était extrêmement charmant, et c’était impensable pour la même personne qui avait précédemment utilisé la puissance d’un féroce dieu pour mettre Shizuku à bas.

« Mais... j’ai été surprise. J’ai déjà vu le visage de Stella-san dans le journal avant de la voir en personne, mais pour vous devez être l’Ikki Kurogane-san des rumeurs... Je pense que c’est un moment quelque peu maladroit pour nous rencontrer en face à face. »

Incroyable minutage que nous avions là. C’était probablement parce que Shizuku était la sœur d’Ikki qu’elle disait ça.

Face à ces paroles, Ikki avait répondu en secouant un peu la tête. « ... S’il agissait du match alors Shizuku a tout donné et s’est magnifiquement battue. Et vous avez accepté ce défi en face à face, et y avez répondu sincèrement. Voici ce que c’était selon moi. Je suis très reconnaissant envers vous pour avoir accepté le désir de ma sœur, et je n’ai donc aucune rancune envers vous. »

Il s’agissait des véritables pensées d’Ikki. Mais...

« Je suis du même avis, mais il y a quelque chose qui me préoccupe, » déclara Stella.

Tout en acceptant les mots d’Ikki, Stella regardait Touka avec un regard qui affichait une humeur légèrement dangereuse. Elle avait quelque chose qu’elle avait besoin de demander à Touka et cela quoiqu’il arrive. Et c’était... « Touka-san. Nous avons vu la situation lors de la précédente scène, et alors que vous aviez le genre de vision qui vous empêche de voir beaucoup de choses sans lunettes, mais vous n’avez même pas mis de lunettes pendant le match, non ? Pourquoi avez-vous fait ça ? »

En effet, pourquoi Touka, dont la vue était si mauvaise, enlevait-elle ses lunettes pendant le match ?

« ... Peut-être, vous n’avez pas été à fond contre elle ? » demanda Stella.

« N-Non, ce n’est pas vrai ! » s’exclama Touka.

« Hein !? » s’exclama Stella.

« Eh ? ... Ah ! ... C-Ce n’est pas vrai du tout ~, » déclara une Touka agitée.

Était-elle vraiment agitée par question de Stella ? Un énorme accent était apparu tout à l’heure. Avec ses joues rougies, la tentative confuse de Touka de l’ignorer était déjà trop tardive. Néanmoins, Touka s’était un peu éclairci la gorge et elle fit que son ton revint à la normale. « Comment dois-je le dire, c’était plutôt l’inverse. Parce que Shizuku-san était une adversaire qui ne pouvait pas être traitée par des moyens ordinaires, il n’y avait aucune chance que je puisse accepter son défi tout en portant mes lunettes. Si je n’avais pas amélioré l’exactitude de ma perception en coupant ma vue, affronter un adversaire de la classe de Shizuku-san aurait été très difficile pour moi. »

« Perception, vous dites... qu’entendez-vous par là ? » demanda Stella.

« De mon côté, je suis capable de sentir les signaux subtils en provenance du corps de mon adversaire dans les cas où je neutralise ma vue. Une telle chose est une application pratique de la capacité d’utiliser la foudre, comprenez-vous ça ? » demanda Touka.

Comme l’avait dit Touka. Les humains étaient des machines vivantes. Leurs mouvements étaient basés sur la transmission autonome des signaux venant toujours du cerveau. Être capable de percevoir ces signaux était extrêmement bénéfique.

Elle pouvait même voir la ligne de vue de l’adversaire à partir des signaux contrôlant ses muscles oculaires. Elle pouvait connaître les mouvements de l’adversaire à partir des signaux circulant dans ses nerfs. On pouvait donc les comprendre tout à fait distinctement.

« Quand on parle de ce genre d’informations, il s’agit des véritables sensations mises à nu de l’adversaire qui ne peuvent pas être falsifiées. C’est un peu comme l’état d’esprit de l’adversaire. Cela indique aussi comment l’adversaire prévoit d’agir après ça. Dans la pratique, il y a beaucoup de choses que je comprends au-delà de ce que l’œil se limite à voir dans mon adversaire. Et si je saisis ces choses, lire et analyser ce que pense mon adversaire devient très simple. Ainsi je peux voir à travers les pièges et les attaques-surprises sans jamais pouvoir être vaincue par ça. »

« ... Je vois. C’est ainsi que Touka-san a pu éviter l’attaque-surprise de Shizuku ? » demanda Stella.

Touka hocha positivement la tête face aux paroles de Stella.

« Ceci est mon Art Noble, la Vision Inversée, » déclara Touka « Je suppose qu’il ressemble à la Vision Parfaite du Pire, n’est-ce pas ? Bien que si la Vision Parfaite du Pire est le fruit du discernement, le mien est une ruse tout à fait ordinaire... Eh bien ! C’est comme ça. Mais ce n’est pas comme si je n’allais jamais en douceur face à un adversaire, vous savez ? »

« D’accord... Je me sens bien mieux d’entendre ça. Désolée d’avoir demandé ça, il s’agissait d’un étrange soupçon que j’avais, » déclara Stella.

« Non, non. Hahaha, » répliqua Touka.

« Vous semblez enchantée, non ? », demanda une Stella intriguée.

« Oui, car Stella-san était inquiète pour son amie... c’était bien ce que je pensais dès le départ, » répondit Touka.

Les joues de Stella devinrent rouges comme si un feu avait été allumé par ces paroles. « Quoi !? C-Cette personne et moi ne sommes pas du tout des amies ! »

« Oh ? Est-ce vraiment ainsi ? » demanda Touka.

« Non, je crois qu’elles sont en réalité en très bon terme, » déclara Ikki.

« I-Ikki, même toi tu dis ça ! Arg, je m’en fous complètement ! » Alors qu’elle devenait soudainement de mauvaise humeur, Stella détourna les yeux d’Ikki et remonta les marches de l’escalier en marchant seule devant les autres.

... Je me demande si elle sait vraiment où se trouve le bureau du conseil étudiant.

Elle n’avait probablement aucun indice de l’endroit où elle devrait aller. Elle les attendrait très probablement après être arrivée au prochain croisement. Ikki n’avait pas poursuivi Stella, et avait à la place demandé à Touka. « Par ailleurs, est-ce une bonne chose de faire ça ? »

« De quoi parlez-vous ? » demanda Touka.

Ikki lui répondit alors. « Eh bien, je parle du fait de nous parler de votre propre capacité. Il ne reste pas beaucoup de matchs restants jusqu’aux finales de ses sélections, mais il y a encore une forte probabilité que nous puissions devenir des adversaires. »

« Ce n’est pas vraiment un problème. J’ai bien révélé le mécanisme derrière ma Vision Inversée, mais... ce n’est pas comme si je perdrais à cause de ça, » répondit-elle, pleine de confiance.

En un instant, comme si Ikki avait été frappé par un éclair, il sentit un esprit combatif engourdissant du haut de sa tête jusqu’à ses pieds. Il y a un moment, Touka avait affiché le sourire gai et calme d’une fille plus vieille. Mais maintenant, dans ses yeux plissés se trouvait une lumière de sauvagerie tel un couteau étincelant. C’était la preuve incontestable que cette fille était bel et bien Raikiri. Tout en ayant une confiance absolue quant à sa propre force, elle avait le désir de combattre face à des gens encore plus forts qu’elle. Elle était bien une personne qui était du même type qu’Ikki ou Stella qui avaient eux aussi des yeux brûlants de confiance en soi et d’ambition.

... Haha.

C’est ce qu’Ikki pensait en le voyant. Il pensait que cette fille et lui-même pourraient sûrement devenir de très bons amis.

Et encore plus que ça, il savait que dans l’avenir... il voulait essayer de combattre cette fille avec toute sa force.

***

Partie 12

Après environ cinq minutes de marche, Ikki et les autres étaient finalement arrivés devant le bureau du conseil étudiant.

« Ouf. Enfin arrivée ici. La salle du conseil étudiant est inopinément loin, hein ? » déclara Stella.

« Merci à vous deux. S’il vous plaît, vous devriez vraiment entrer et prendre du thé. Hier encore, Toutokubara-san nous a fourni de délicieuses feuilles de thé. »

« Alors j’accepterai votre gentillesse. Et toi, Stella ? » demanda Ikki.

« Cela me va aussi. Ma gorge est toute sèche, » répondit Stella.

« Alors s’il vous plaît, venez à l’intérieur..., » après que Touka leur eut dit ça, elle ouvrit la porte du bureau du conseil étudiant, et fit un pas à l’intérieur pour guider les deux autres...

« Bgyu ! »

L’orteil de Touka s’était accroché à quelque chose de lourd, et elle avait été projetée vers l’avant avant de tomber de façon dramatique. Sa tête était descendue jusqu’en sol, et ses fesses s’étaient présentées pile devant Ikki et Stella, exposant une fois de plus ses sous-vêtements. Depuis quelque temps, la jupe de Touka n’avait pas du tout fait son travail.

« ... Hey Ikki. Les sous-vêtements de cette personne ne devraient-ils pas être rémunérés à l’aide d’un sponsoring publicitaire ? » demanda Stella.

« Je ne pense pas que ce genre d’arrangement existe vraiment, » répliqua Ikki.

« Owwowowow... Qu’est-ce que c’était ? » cria Touka.

Tout en parlant avec un accent inattendu, Touka se leva et jeta un bon coup d’œil à la salle du conseil étudiant. Et elle était devenue blanche comme un drap.

« Qu’est-ce que c’est que ça !? » Touka avait poussé après ça un cri.

La salle du conseil étudiant avait des étagères à étagères pour des livres en plein chaos, et des objets divers retirés ici et là, le tout étant absolument dispersé sans aucun ordre partout dans la salle. Et au milieu de cette salle chaotique, tous les membres du conseil étudiant, à part Touka, étaient présents. Le secrétaire, Ikazuchi Saijou, retranscrivait les comptes rendus des réunions avec des lettres manuscrites, démontrant une grande aptitude. Le trésorier, Kanata Toutokubara, lui servait du thé. Mais le vice-président qui était du genre à faire son travail avec diligence, Utakata Misogi, s’amusait avec enthousiasme avec des jeux vidéo, et Renren Tomaru regardait l’écran d’un jeu avec beaucoup d’intérêt et s’exerçait avec exerciseur à élastique tout en ne portant rien de plus qu’un t-shirt d’athlète et une paire de culottes.

 

 

« Oh~ ?? La Prez est de retour. “Bienvenue...” »

« Ahaha☆ Touka est tellement maladroite. Tu t’es encore écrasé au sol ? »

Renren et Utakata avaient salué Touka quand ils avaient remarqué que Touka était rentrée dans la salle. Face à ces deux-là, les sourcils de Touka se soulevèrent mécaniquement, et — .

« Bon sang~ ! Tomaru-san ! Je te dis toujours que si tu utilises des haltères, tu dois les remettre à leur place ! C’est dangereux, tu sais ! Et Uta-kun, si tu veux lire des manga, alors replace-les correctement sur l’étagère après ça ! Tu les sors toujours et tu les laisses traîner n’importe où ! Pourquoi cet endroit devient-il encombré alors que je ne suis partie qu’une journée pour préparer mon match ? » Elle avait crié.

« Pff ! Et pourquoi la Prez décide-t-elle que c’est nous qui l’avons rendu ainsi ? C’est peut-être une fausse accusation, tu sais ! » répliqua Renren.

« Le seul qui travaille dans la salle du conseil étudiant est Tomaru-san. Uta-kun et toi, vous lisez des manga et laissez tout traîné ! » répliqua Touka.

« Eh bien, non... J’ai soudainement voulu lire en une seule fois tous les volumes de Rurouni Kenshin, de Dragon Ball et de Slam Dunk, et je trouvais que le fait d’aller et venir pour prendre chaque tome sur l’étagère était un problème, alors je les ai tous pris ensemble, comprends-tu maintenant ? Et quand je les ai lus, et comme je suis devenu nostalgique, j’ai tout à coup voulu jouer à du SNES, alors j’ai dû fouiller un peu la pièce. J’ai donc creusé ici et là pour trouver ce dont j’avais besoin. Ah, mais pendant que tu n’étais pas là, Ikazuchi et Kanata ont correctement travaillé, donc tout va bien ! » répondit Utakata.

« Pourquoi faire ce regard triomphant en laissant tout à d’autres personnes ? Ça me met en colère ! Bon sang, vous êtes toujours, toujours..., » cria Touka.

« Présidente, ce n’est pas l’endroit et il n’y a aucune raison de s’exciter, et nous avons également des invités, » déclara Utakata.

« — Oh ! »

Touka, qui s’était oubliée dans sa colère face à la zone sinistrée qu’était devenue la salle, regarda par-dessus son épaule vers l’entrée. Là, Stella et Ikki se tenaient debout avec de légers sourires, regardant l’état misérable de la salle du conseil étudiant qui était devenue comme la maison d’un thésauriseur débordant d’ordures.

« O-Ohohohoho. Ne pourriez-vous pas attendre un peu, s’il vous plaît ? » demanda Touka.

Touka, tout en affichant un sourire forcé sur son visage pâle, elle les poussa tous deux dans le couloir et claqua la porte afin de la fermer.

« Regardez ici ! Tout le monde aide à nettoyer cet endroit ! Uta-kun, arrête de jouer ! »

« Oh ! Attends une seconde, Touka ! Je n’ai pas sauvegardé depuis hier, attends, aaahhhhh ! Mon Hagurin [1] !! » cria Utakata.

« Je te le dis toujours, seulement une heure par jour consacré pour les jeux ! Bon sang, j’ai détourné les yeux pendant quelques minutes et voilà ce qui se passe ! Et Tomaru-san, pourquoi es-tu toujours dans cet accoutrement !? Il y a aussi des garçons dans le conseil étudiant, alors, mets-toi une jupe ou quelque chose de plus approprié ! »

« Eh ? Mais il fait si chaud parce que la Prez a détruit le climatiseur..., » répliqua Renren.

« Puisque les appareils électriques sont court-circuités dès que la Présidente les touche..., » déclara Utakata.

« Je suis vraiment désolée, mais ça n’a rien à voir avec le fait de porter des sous-vêtements dans le bureau du conseil étudiant ! Ça perturbe la morale publique ! C’est un étalage inconvenant pour un membre du conseil étudiant qui devrait être un modèle pour les étudiants ! » cria Touka,

« Même si la Prez est la chef de la sieste en sous-vêtements..., » répliqua Renren.

« Ahaha☆ c’est parce que Touka n’avait pas d’adversaires pour la garder en forme, alors elle est tout le temps inactive, n’est-ce pas ? » déclara Utakata.

« M-M-M-Ma vie privée n’a rien à voir avec ça ! Quoi qu’il en soit, s’il vous plaît, nettoyez vite ! Si vous ne nettoyez pas l’endroit, je vais tout jeter ! » cria Touka.

« Wôw, j’ai compris ! J’ai compris ! » déclara Utakata.

« Dépêchez-vous ! Vite ! » cria une nouvelle fois Touka.

*Cognement* *Cognement* *Cognement* *Cognement* *Cognement* un bruit provoqué par des chocs provenant de la porte tremblante du bureau du conseil étudiant se fit entendre. Alors que ce bruit était audible depuis le couloir — .

« Touka-san a l’air d’une mère, hein ? » déclara Ikki.

« ... Je pense que le Conseil des Étudiants a ses propres problèmes, » répliqua Stella.

Ikki et Stella ressentaient tous les deux d’une humeur affectueuse envers Touka. En fin de compte, ils avaient été chassés avant d’avoir pu déposer les documents qu’ils avaient avec eux, mais ils n’allaient pas s’en plaindre.

Ils avaient ensuite attendu sans rien faire pendant quelques minutes, jusqu’à ce que la porte du bureau du conseil étudiant s’ouvre enfin.

« Allez, allez, allez... ah... Désolée pour l’attente. Entrez, s’il vous plaît..., » déclara Touka.

Touka jeta un coup d’œil vers ses deux visiteurs avec un visage découragé et les invita tous deux à l’intérieur.

« Ah, oui. Veuillez pardonner pour l’intrusion..., » déclara Ikki.

Tout en se demandant si c’était une erreur d’accepter l’invitation d’aller prendre le thé, Ikki était entré dans la salle du conseil étudiant avec Stella.

Et il fut étonné par ce qu’il vit alors.

L’endroit était devenu agréable comme si elle avait été complètement remplacée par une tout autre pièce. Les livres qui avaient été éparpillés partout étaient maintenant tous rangés dans l’étagère, et le sol avait été poli au point où son visage s’y reflétait. La propreté et le style antique caché du mobilier raffiné donnaient l’impression que cette salle était une pièce d’un château occidental. C’était tout à fait admirable qu’ils aient pu autant nettoyer en quelques minutes.

Cependant, Ikki, dont les yeux étaient aiguisés, l’avait immédiatement remarqué.

Euh, attends un peu. Le placard là-bas a l’air bizarrement bombé, pensa-t-il.

Et devant cette porte, Saijou avait été planté là, ressemblant à une statue de Jizou [2], ce qui pourrait signifier — .

Oui, faisons comme si je n’avais pas vu ça, pensa-t-il.

Ikki et Stella avaient accepté l’invitation à se mettre à l’air qui leur avait été faite et s’étaient assis sur le canapé au milieu de la pièce, se plaçant ainsi autour de la même table que les membres du conseil étudiant.

Après cela, Renren avec sa peau brun clair s’était assise vers eux et leur avait fait un sourire amical et joyeux tout en se mettant à leur parler. « Kurogane-kun, ça fait un moment. On dirait que tu n’as pas eu de mal à gagner sans interruption après m’avoir battu, hein ? »

« Oui, je me suis imposé d’une façon ou d’une autre, » répondit Ikki.

Après cet échange, Kanata avait salué Stella avec un doux sourire. Sous le bord de son chapeau, des yeux bleus avaient jeté un coup d’œil pour la première fois.

« Ça fait longtemps pour nous aussi, Stella-san. Ne m’avez vous pas rencontré au restaurant ? » demanda Toutokubara.

« Exact. Bien que je ne pensais pas qu’un jour, je serais invité dans cette pièce, » répondit Stella.

« Toutokubara-san. Peux-tu servir du thé à nos deux invités ? » demanda Touka.

« Très certainement, » répondit Toutokubara.

« Ah, Kanata, j’en voudrais aussi, » demanda Utakata

« Kanata-senpai ! Je veux manger des madeleines ! » déclara Renren.

« Vous deux, les mauvais enfants, vous n’aurez pas de goûter aujourd’hui, » répliqua Touka.

« Qu’est-ce que tu dis ? » s’exclama Renren.

« Tu es si méchante, Touka ! Si nous n’avons pas de collation l’après-midi, pourquoi viendrions-nous dans la salle du conseil étudiant ? » déclara Utakata.

« N’est-ce pas parce que vous êtes membres du conseil étudiant ? » Touka éleva la voix en criant. La vie de la présidente du conseil étudiant avait été résumée par cette réplique.

Pour Touka, qui était à bout de souffle à cause de cette tension, Saijou, qui retenait le placard, semblait lui afficher un air grave et parlait d’une voix admirative.

« Mais comme attendu de la présidente. La mission a été rapidement réalisée en trouvant des personnes pour nous aider vis-à-vis de la tâche dont nous parlions la dernière fois. Je trouve que c’est également une bonne sélection. Si ce sont ces deux-là, leur capacité de combat ne serait assurément pas un sujet de plainte. »

La capacité de combat ? Aides ?

Ikki et Stella avaient eu leurs attentions attirées par ce qu’ils avaient entendu et avaient incliné la tête devant les paroles créant une atmosphère soudainement devenue dangereuse. Ces mots, ils ne les avaient même pas entendus de la part Touka et cela, pas une seule fois. Ils avaient tourné les yeux vers Touka pour lui demander ce dont il leur disait.

« Oui ? » Touka elle-même arborait un visage perplexe comme si elle demandait de quoi il s’agissait.

Saijou semblait déconcerté par cette réponse avant de demander. « Ai-je eu tort ? Je pensais que c’était la raison pour laquelle les invités d’aujourd’hui étaient si inhabituels. »

« Qu’est-ce que c’est, Touka ? Ça ne peut pas être que tu l’as oubliée ? La directrice n’a-t-elle pas fait la demande ? » demanda Toutokubara.

« Quelque chose que Kurono-san a demandé... ah, aaaaaaahhh ! » À ce moment-là, Touka criait d’un visage pâle.

« Oh, mon Dieu, as-tu vraiment oublié ? Même si j’ai aussi pensé que c’était sûrement la raison pour laquelle tu avais amené ces deux-là jusqu’ici, » déclara Saijou.

« ... Euh, oui. Je me concentrais sur le match avec Shizuku-san et j’ai oublié..., » avoua Touka.

« De quoi parlez-vous ? » Stella, qui était assise à côté d’Ikki, avait demandé cela à une Touka qui était très troublée et abattue.

Celle qui lui avait répondu n’était pas Touka, mais Toutokubara pendant qu’elle versait du thé noir pour tout le monde. « Il y a quelques jours, le conseil étudiant a reçu une demande de la présidente du conseil d’administration Shinguuji. Bien que les candidats représentatifs se réunissent généralement avant le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée dans une période d’entraînement à Okutama [3], il y a récemment eu une personne suspecte qui a été vue dans la zone. »

« Alors, ce n’est pas sûr, » constata Stella.

« Le contrôle de la sécurité de cet endroit a été laissé à la charge du conseil étudiant, et cela parce que les enseignants sont actuellement très occupés avec l’administration des batailles de sélection... Cependant, il y a de hautes montagnes et de larges forêts sur le terrain de la pension de famille, et le conseil étudiant ne suffit pas à lui seul pour couvrir la zone, » expliqua Toutokubara.

« Je vois. Donc vous dites que vous avez besoin d’aide pour les zones extérieures ? » demanda Stella.

Il semblait que les enseignants n’étaient pas les seuls à s’occuper des batailles de sélection.

« À ce propos, quel genre d’individu est cette personne suspecte ? Y a-t-il des informations ? » demanda Stella.

« Oui, c’est un peu, mais —, » Toutokubara hésita un instant, mais répondit. « Il semble que ce soit un géant de quatre mètres de haut. »

« Hein !? » s’exclama Stella.

« G-Géant !? » s’exclama Ikki.

« Oui, un géant. Pas l’équipe professionnelle de baseball [4], comprenez-vous ? » demanda Toutokubara.

« J’avais compris, » répondit Ikki.

« Et ce n’est pas non plus, le partenaire de Tous Hanshin-san [5], connaissez-vous ? » demanda Toutokubara.

« Je connais. Je veux dire, je suis surpris que Toutokubara-san le connaisse, » déclara Ikki.

« H-Hey, cette histoire de géant, est-ce vrai ? » Soudain, Stella s’était penchée vers l’avant et avait abruptement mordu dans le sujet absurde.

« Stella, tu t’y mets vraiment, » déclara Ikki.

« Mais euh ! Un géant ! C’est un cryptide, tu sais ! N’est-ce pas intrigant ? » Les yeux écarlates de la jeune femme qui parlait scintillaient comme un jeune enfant.

En réponse à cette réponse venant de Stella, Renren avait agi comme si elle venait de trouver une consœur. « Stella-chan, aimes-tu ce genre de choses ? »

« Depuis que j’ai appris le japonais avec les DVD de Kawaguchi Hiroshi Tankentai [6], je les adore ! » répondit Stella.

Quel procédé stupéfiant pour entrer dans la culture du Japon venant de cette princesse impériale... !

Contrairement à Ikki qui était dans un petit conflit intérieur, Renren semblait avoir trouvé une âme sœur en la personne de Stella.

« Oohh ! Stella-chan, raconte-moi ! » demanda Renren.

« Ça pourrait être presque..., » commença Stella.

« Vice-président, nous ne pouvons pas aller plus loin dans cette histoire, » déclara Toutokubara.

« Hey, hey Ikki ! Comme Touka-san a vraiment l’air troublée, coopérons ! Je veux vraiment voir un géant ! » Stella secoua l’épaule d’Ikki tandis que ses yeux brillaient.

Franchement, Ikki n’était pas curieux au sujet d’un géant, mais il était quelqu’un qui avait reçu les bénéfices du système des Batailles de Sélection dont le conseil étudiant était en partie responsable. L’idée de coopérer avec eux s’était donc ressentie comme une obligation. C’est pourquoi il avait immédiatement accepté.

« Si c’est ce dont vous parler, alors en tant qu’étudiant, je serai heureux de coopérer, » déclara Ikki.

« V-Vraiment !? » s’exclama Touka.

Face au consentement immédiat d’Ikki et Stella, le visage de Touka qui avait été troublé et déprimé avait retrouvé sa vitalité.

« La pension est aussi une institution pour les étudiants, n’est-ce pas ? Si notre aide est suffisante..., » commença Ikki.

« C’est plus que suffisant ! Merci beaucoup, vraiment ! Vous nous sauvez énormément ! » Parlant d’une voix vivante, Touka avait offert une poignée de main qui exprimait ses sentiments de gratitude. Mais ―

*Saisir !*

La main que Touka étendait à Ikki avait été interceptée par Stella. En remplacement d’Ikki, Stella serra la main de Touka avec enthousiasme.

« Meilleurs vœux, meilleurs vœux, » déclara Stella.

« Eh ? Ah, oui, mes meilleurs vœux aussi, » répliqua Touka.

Ikki et Stella avaient donc prévu d’aller le week-end prochain avec les membres du conseil étudiant à Okutama.

Notes

  • 1 Hagurin : Le nom japonais pour Babs, le Babble métallique est un monstre recrutable par le joueur dans Dragon Quest VI.
  • 2 Jizou : Le nom japonais pour le boddhisatva Ksitigarbha, patron des enfants décédés. Des statues de Jizou le dépeignant comme un moine bouddhiste chauve sont généralement présents sur le bord des routes et des cimetières.
  • 3 Okutama : La plus grande ville de la région de la Métropole de Tokyo dans la région plus au nord et à l’ouest de celle-ci.
  • 4 Les Giants Yomiuri, une des deux équipes de Tokyo dans le baseball professionnel de la Ligue centrale Nippon.
  • 5 Tout Hanshin-san (« All Osaka-Kobe »), nom Akinori Takada, qui est un membre d’un duo comique japonais. Son partenaire de duo All Kyojin (« All Giant »), nom Shigeru Minamide, représente 184,3 centimètres de haut.
  • 6 Kawaguchi Hiroshi Tankentai : Une série d’émission sur l’exploration de la jungle qui était présente de 1978 jusqu’à 1985 dans le cadre d’émission de variétés Sauiyou.

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