Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 1 – Chapitre 3

Bannière de Rakudai Kishi no Cavalry ***

Chapitre 3 : Rébellion

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Chapitre 3 : Rébellion

Partie 1

Shizuku Kurogane avait un homme qu’elle aimait. Au cours de son enfance, il fut la seule personne qui lui avait montré un sourire amical parmi les sombres visages des adultes. Il était son frère par le sang, âgé d’un an de plus qu’elle, Ikki Kurogane. Shizuku l’aimait et après tant d’années, elle l’avait brusquement embrassé lors de leur réunion.

Mais au début, Shizuku n’avait pas considéré Ikki de cette façon.

Il y a quatre ans, elle l’aimait seulement comme une sœur cadette le ferait et bien que ses sentiments aient changé lorsqu’il avait quitté la résidence familiale, la séparation n’avait pas transformé, dans son cœur, tout cela en une soudaine romance. Non, ceci avait seulement fait réaliser à Shizuku à quel point ses parents, son frère aîné et les autres personnes de sa famille avaient totalement ignoré Ikki. Pourquoi n’avait-elle pas remarqué la douleur de son frère avant qu’il ne disparaisse, alors même qu’elle était si proche de lui ? Elle fut tourmentée par des remords éternels en réalisant cela, qui devint par la suite, une colère envers sa famille, pour avoir osé entraver son si gentil frère, et cela même après qu’il ait rompu tous liens avec eux. Et tout cela, simplement parce qu’il manquait cruellement de talent. Tout simplement parce que « La production d’un chevalier de Rang F serait déshonorante pour le nom de famille ».

C’était à ce moment-là que Shizuku Kurogane avait décidé de ce qu’elle devrait faire vis-à-vis de tout cela. Qui se souciait des « tabous » ? Qui se souciait si leur père, leur mère, et le monde entier n’aimaient pas Ikki ? Quant à elle, elle aimerait son frère à leur place, et suffisamment pour que personne d’autre dans le monde ne se sente aussi aimé.

Mais alors quelque chose d’intolérable était apparu devant son but. L’esclave autoproclamé d’Ikki, Stella Vermillion. Shizuku savait juste en regardant Stella qu’elle était très intéressée par son frère et qu’elle l’avait séduit sous ce prétexte. Cette fille, non ce monstre, avait imprudemment essayé de franchir la ligne avec son frère. Mais même encore aujourd’hui, après que leurs punitions furent levées et que Shizuku ait invité son frère à aller au cinéma en tant que célébration pour leur libération, et Stella avait fait intrusion dans son rendez-vous et avait demandé à se joindre à eux.

Shizuku ne pouvait pas supporter cela. Son frère, vu le genre de personne qu’il était, avait naturellement accepté que Stella vienne aussi avec lui, surtout après avoir entendu une excuse du genre « Je ne sais rien de ce pays, mais je voudrais en apprendre plus ». Shizuku fut bouleversée par ce changement dans ses plans, mais bien sûr, elle était uniquement en colère contre Stella, et non pas contre Ikki, car Shizuku considérait que son frère était le plus merveilleux des hommes. Et voilà pourquoi elle ne pouvait pas tolérer que Stella s’approchant ainsi d’Ikki.

« ... Cette truie aux gros seins, » s’écria Shizuku.

Le colocataire de Shizuku, Nagi Arisuin, sourit légèrement en voyant sa détresse.

« Oh ! Mon Dieu, aujourd’hui, tu es encore de mauvaises humeurs. Est-ce que quelque chose s’est à nouveau, produit avec la princesse  ? » demanda Arisuin.

« ... Oui, » répondit Shizuku.

Fraîchement sortie du bain, Shizuku avait répondu en affichant sa rage bouillonnante à l’intérieur d’elle, tandis qu’Arisuin lui peignait ses cheveux. Elle parlait d’habitude poliment, même avec Stella et évidemment avec son frère, mais elle n’était pas si réservée avec Arisuin. Son expression n’était pas comme d’habitude. Elle faisait la moue, ce qu’Arisuin pouvait facilement voir.

« Haha. C’est dur pour une jeune fille amoureuse, » déclara Arisuin.

Shizuku avait déjà tout expliqué à son colocataire. Elle méprisait naturellement les autres sans distinction de sexe, parce que sa timidité avait tourné vers la méfiance après qu’Ikki ait quitté la maison. En qui était-elle censée faire confiance dans ce monde où même les parents peuvent ne rien ressentir pour leurs enfants ? Pourtant, elle avait parlé à Arisuin de son amour, même si elle n’avait rencontré cette personne que depuis environ une semaine.

« Il semble que cela soit quelque chose d’amusant de tout simplement parler avec toi, Alice..., » déclara Shizuku.

Arisuin écoutait toujours ce que les autres avaient à dire, et laissait les autres parler à leur guise. Quand Shizuku était ravie à propos de quelque chose, Arisuin était également devenu heureux, mais il ne se mêlait jamais des questions dont Shizuku n’avait pas parlé avec lui. Shizuku avait des frères, mais Arisuin était le modèle parfait pour une sœur plus vieille, donc Shizuku parlait souvent longtemps avec Arisuin.

« Hey ! Alice, » s’exclama Shizuku.

« Quoi ~ ? » demanda Arisuin.

« ... Penses-tu qu’il est étrange pour une sœur d’aimer ainsi son frère ? » demanda Shizuku.

Shizuku savait que c’était enfantin, alors pourquoi avait-elle posé cette question inutile ? C’était parce qu’elle voulait qu’Arisuin devine ses sentiments et lui donne ainsi une réponse différente.

« Si l’on regarde cela avec du bon sens, bien sûr, que cela l’est ! » répondit Arisuin. « Je ne pense pas que la société puisse accepter quelque chose comme ça. Tu devrais déjà le savoir sans même me le demander, non ? Mais si tu l’aimes de cette façon, alors je pense que c’est un véritable et magnifique amour. »

Comme d’habitude, Arisuin avait deviné juste.

« Désolé, Alice. Je demande quelque chose de si pathétique..., » déclara Shizuku.

« Mon Dieu, n’est-ce pas quelque chose de bien ? En voyant comment tu penses tellement à lui, je sens que ton amour est quelque chose de vraiment magnifique, » déclara Arisuin.

« Merci. Je ne me sens pas du tout honteuse de ce que je ressens pour lui. Mais, je suis surtout inquiète de savoir si Onii-sama m’acceptera ainsi, » répondit Shizuku.

« Je pense que c’est un concours de patience, » déclara Arisuin. « S’il te chérit en tant que sœur, alors il te sera très difficile de devenir une femme à ses yeux. La princesse possède l’avantage de ne pas avoir à passer au-dessus de cet obstacle. »

« Ooh..., » s’exclama Shizuku.

L’analyse calme d’Arisuin rendit Shizuku triste. En vérité, Shizuku n’était pas une fille dépourvue de sens commun. Elle savait qu’elle ne devrait pas se jeter ainsi sur son frère, mais elle avait besoin de l’approcher encore plus, même si cela signifiait dévisser un peu les vis de sa tête. Elle avait besoin de passé pour Ikki, d’une sœur à une femme, tel était ce qu’il fallait faire. La distance entre eux s’était élargie après quatre ans et si elle ne se rapprochait pas maintenant, elle n’aurait plus aucune chance. Mais même une attaque écrasante repousserait son frère si elle manquait de charme. Il pourrait même, un jour, ne plus l’aimer comme sa sœur. Shizuku était si mal à l’aise à ce sujet qu’elle pouvait tomber en larmes à tout moment.

Arisuin sentit la tristesse de Shizuku.

« Ne fais pas ce visage découragé, » déclara Arisuin. « Car après tout, ta rivale a aussi ses propres obstacles à surmonter, en raison de sa position sociale. Et il n’y a pas un homme qui détesterait être approché par une jeune fille autoritaire. Surtout si la jeune fille est aussi mignonne que toi, c’est d’autant plus excitant. »

Mais est-ce le cas... ? se demanda Shizuku.

Shizuku ne savait pas si elle était le genre de fille qu’Arisuin décrivait, mais si Arisuin disait que les hommes étaient comme ça, alors c’était que cela devait être le cas. Arisuin avait certainement mieux compris les hommes qu’elle.

« Merci, Alice. Je me sens beaucoup mieux maintenant, » déclara Shizuku.

« Il n’y a pas de quoi ~ ♪... Mais quand même, lui faire un baiser comme ça juste après vos retrouvailles était un peu trop osé. Le sais-tu ? Je sais que c’était conçu pour lui démontrer ta volonté, mais si tu fais quelque chose de si grand dès le début, alors tu vas mettre à la place ton partenaire sur la défensive, » déclara Arisuin.

« ... Je le regrette sincèrement, » répondit Shizuku.

« Alors, ceci est correct dans ce cas. Tu dois faire fondre la conscience d’un homme lentement et soigneusement... tout comme un morceau de bonbons sur ta langue. Maintenant, laisse-moi te préparer pour ton rendez-vous de demain. Je vais te faire une cure de jouvence telle que tu n’en as jamais connu auparavant ― ♡, » annonça Arisuin.

« C’est vrai. J’ai Alice avec moi. Je ne vais pas perdre face à cette personne, » déclara Shizuku.

Si sa rivale allait exploiter le fait d’être l’esclave d’Ikki, alors Shizuku utiliserait, au maximum, son statut de sœur. Elle n’était sûrement pas sur le point d’abandonner. Surtout comme elle était la seule qui pouvait comprendre son gentil et solitaire grand frère. Elle ne pouvait pas le laisser à cette fille. Les étrangers ne se souciaient que d’eux-mêmes, mais quant à elle, elle ne trahirait jamais son frère. Elle ne le rendrait jamais triste. Elle resterait à ses côtés pour toujours et ses sentiments allaient durer encore plus longtemps. Voilà pourquoi elle l’avait poursuivi aussi loin.

Jamais... Je laisserais cette fille l’avoir.

Les paroles d’Arisuin avaient ainsi donné du courage à Shizuku et elle avait retrouvé l’énergie qu’elle avait perdue quand Stella avait fait intrusion dans leur rendez-vous.

« Je ferai de mon mieux ! » annonça Shizuku.

« Voilà le bon état d’esprit. Voilà, c’est fini, » déclara Arisuin.

Arisuin avait éteint le sèche-linge et les cheveux d’argent de Shizuku bruissèrent quand elle pencha la tête. Ils étaient totalement différents des fois où elle le faisait elle-même. Lorsque Shizuku avait appris les étonnantes compétences d’Arisuin, elle avait arrêté de se concentrer sur son apparence et avait permis à Arisuin de complètement la gâter.

Je veux faire aussi quelque chose pour Alice, mais..., pensa Shizuku.

Mais que pouvait-elle lui offrir ? Shizuku avait réfléchi à quelque chose et se retourna.

« C’est vrai. Alice, demain, que dirais-tu de venir avec nous pour voir le film ? » demanda Shizuku.

« Oh ! Est-ce correct ? Ne vais-je pas être dans le chemin ? » demanda Arisuin.

« Non, c’est bon. Le rendez-vous a déjà été ruiné au moment où cette personne l’a rejoint, » répondit Shizuku.

« Haha ! Eh bien ! Ceci est aussi vrai. Alors, permets-moi de vous accompagner. J’espérais discuter au moins une fois, avec le frère dont tu es si fière, » déclara Arisuin.

Bon, Alice semble heureuse à ce sujet, pensa Shizuku.

Shizuku envoya donc rapidement un courriel à son frère. Comme Ikki emmenait sa colocataire, alors il devrait comprendre.

« On dirait que demain sera amusant. S’il se révèle être un homme bien, alors peut-être que je vais aussi essayer avec lui, » déclara Arisuin.

« Hein ? Désolée, je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu. Pourrais-tu répéter... si tu le peux ? » demanda Shizuku.

« Non, je suis désolé ! C’était juste une blague alors s’il te plaît, arrête de pointer Yoishigure [1] vers mon cou ! » s’écria Arisuin.

Ceci avait beau sembler être une plaisanterie, mais même si Arisuin avait été sérieux, alors Shizuku n’aurait pas pu vraiment le savoir.

Notes

  • 1 Yoishigure, 宵時雨 : « Pluie du Soir ». Dispositif de Shizuku

***

Partie 2

Dans la matinée, ils avaient promis d’aller voir un film avec Shizuku. Ikki Kurogane et Stella Vermillion se tenaient là, patientant, à la porte principale de l’Académie.

Ils ne portaient pas leurs habituels uniformes scolaires. Ikki portait une chemise et un jean confortable tandis que Stella portait un cardigan qui sentait bon le printemps au-dessus d’une blouse blanche élégamment taillée.

« Ikki, ils sont en retard. Qu’est-ce qu’ils font ? » demanda Stella.

« Nous aurions pu partir ensemble si nous étions logés dans le même dortoir. Mais..., » répondit Ikki.

Ikki et Stella vivaient dans le dortoir étudiant numéro un, tandis que Shizuku était dans le dortoir numéro deux, en totale opposition dans le campus, avec, en plus, le bâtiment principal de l’école située entre eux. Voilà pourquoi ils s’étaient donné rendez-vous près de la porte principale, mais l’heure de leur rendez-vous était déjà passée il y a longtemps et Shizuku n’était pas encore arrivée.

« Eh bien, je pense qu’ils seront là dans un instant. Bien que je n’aurais jamais pensé que tu souhaiterais à aller voir un film, » déclara Ikki.

Lorsque Shizuku le lui avait demandé, Stella avait immédiatement sauté hors de son lit en criant : « Je veux aussi y aller ! Je veux certainement y aller ! J’y vais même si tu me dis de ne pas y aller ! » Cela avait été une réaction étonnamment vigoureuse.

« Je ne peux pas te laisser seul avec Shizuku, surtout dans un espace si étroit et si sombre. C’est beaucoup trop dangereux, » répliqua Stella.

« Hein !? Pourquoi est-ce que c’est si dangereux ? » demanda Ikki.

« Comment peux-tu ne pas remarquer une catastrophe à venir ? As-tu oublié ce qui est arrivé le premier jour ? » demanda Stella.

« Ah, ça ― ! » s’exclama Ikki.

Il n’y avait certainement aucun moyen pour Ikki de l’oublier. En vérité, ceci avait été son premier baiser.

« Si c’est ce qui t’inquiète tant, Shizuku ne s’est-elle pas excusée le lendemain ? Elle m’a expliqué qu’elle avait été submergée par l’émotion après m’avoir retrouvé après quatre ans et que ceci avait été reflété dans ses actions. D’ailleurs, je suis juste son frère aîné donc de toute façon, je ne vais certainement pas être dévoré à nouveau, » déclara Ikki.

« ... Si tu ne veux pas être impliqué de cette façon alors, ne sois pas si proche d’elle..., » répliqua Stella.

« Hein ? Qu’as-tu dit ? » demanda Ikki.

« Je t’ai simplement appelé un sis-con, » répliqua Stella.

« Je ne suis pas un sis-con ! Non, Shizuku est ma précieuse petite sœur et je l’aime beaucoup. Mais combien de fois dois-je te dire qu’elle est seulement, ma sœur ? Liée par le sang ! Je ne vais certainement pas commencer à la voir comme une femme juste parce que nous avons été séparés pendant ces quatre ans ! » s’écria Ikki.

« Vraiment ? Ne vas-tu plus être captivé par elle ? » demanda Stella.

« Certainement ! » déclara Ikki.

Il n’y avait aucun moyen pour qu’il puisse être excité après avoir vu sa sœur. Il était pénible de nier quelque chose de si évident, mais au moment où Ikki déplorait le peu de confiance que Stella avait en lui, ceux qu’ils attendaient arrivèrent enfin.

« Onii-sama, je suis désolée de t’avoir fait attendre, » déclara Shizuku.

« Ah ! Shizu ―, » commença Ikki.

« Vous êtes arrivé si tard. Qu’est-ce que vous faisiez avant cela ? » demanda Stella.

Ikki et Stella se retournèrent pour répondre et leurs expressions se figèrent alors que Shizuku s’excusait, baissant la tête pour ce faire.

« Je suis désolée, j’ai pris trop de temps pour choisir ce que je devais porter, » expliqua Shizuku.

Pour une raison inconnue, Shizuku avait l’air encore plus jolie que d’habitude. Elle portait une tenue de Lolita Gothique [1] qui allait à merveille avec ses cheveux d’argent et sa petite taille, augmentant considérablement le charme d’une jeune fille qui était à l’origine telle une poupée de porcelaine. Elle avait l’air beaucoup plus belle dans ces vêtements que dans son uniforme scolaire.

En outre, comme Shizuku avait régulièrement utilisé ce style depuis longtemps, et qu’Ikki était déjà familier avec cela, il ne devrait donc pas sentir quelque chose de spécial à propos de ces vêtements. Mais la magie qui se dégageait de Shizuku ne permettait pas d’ignorer sa beauté.

... B-Belle.

Shizuku se tenait devant lui sous un halo de la lumière provenant du soleil et le paysage autour d’elle semblait fade. Quel genre de magie diabolique avait-elle jeté sur elle, pour pouvoir à ce point, attirer son attention ? Ikki se tut, car sa langue était raide... mais en regardant de plus près, il se rendit compte rapidement que la source de cette sorcellerie était son maquillage. Ses yeux avaient été teints avec de l’ombre à paupières claire et il décela la présence d’un léger rouge à lèvres. De plus, ses sourcils étaient parfaitement mis en force, et quelqu’une de ses mèches d’argent semblait être en train de danser sous l’action de la brise et finalement, l’ensemble dégageait un faible rayonnement argenté, comme si c’était Shizuku elle-même qui était brillante. Tous ces changements avaient amélioré son apparence sans pour autant diminuer son charme, non, ils avaient augmenté ce charme à plusieurs reprises, ce qui faisait que Shizuku ne ressemblait pas à une sœur ni à une enfant, mais plutôt comme une femme fascinante.

Stella hurla à cette vue. « Q-Qu’est-ce que c’est !? Elle triche ! Cette apparence, ce n’est pas le fruit du travail d’amateur ! As-tu fait appel à un styliste !? »

« Je ne suis pas une princesse, donc je ne saurais tricher et je ne connais pas de styliste. C’est mon colocataire qui m’a aidé, » répondit Shizuku.

« Colocataire ? » demanda Stella.

Ikki cligna des yeux.

« Ah ! Est-ce que tu parles d’Arisuin-san qui vient aujourd’hui avec nous ? » demanda Ikki.

Ils avaient déjà appris son nom dans le courrier de Shizuku. Selon Shizuku, Arisuin était sorte de « onee-san » [2].

« Oui, Alice devrait être ici dans peu de temps, » répondit Shizuku.

Et alors que Shizuku disait cela, Arisuin apparut finalement derrière elle.

« Mon Dieu. Shizuku, tu es trop rapide. Si tu trébuches, ton maquillage sera ruiné, tu le sais bien, non ? » déclara Arisuin avec un léger ton de reproche dans sa voix.

Mais ―.

« “Hein ?” » s’exclamèrent Ikki et Stella.

Les expressions d’Ikki et de Stella furent congelées à l’instant, parce que peu importe de quel angle ils le regardaient, la personne qui avait fait le maquillage professionnel de Shizuku était... Un homme.

Notes

  • 1  Gothic Lolita : Une sous-culture de la mode féminine japonaise qui implique une robe de style victorien. Le sous-ensemble « gothique » de la mode Lolita souligne les couleurs plus sombres dans les vêtements et le maquillage.

***

Partie 3

 

 

« Hahaha. Ravi de vous rencontrer, et je vous remercie pour l’invitation d’aujourd’hui. Je suis le colocataire de Shizuku, Arisuin Nagi. Je n’aime pas beaucoup qu’on m’appelle par mon nom complet, donc je serais heureux si vous m’appeliez Alice — ♪. » déclara Arisuin.

Le garçon avec une grande et maigre silhouette était habillé tout comme Shizuku. Il avait un type d’apparence du genre « visual-kei [1] ». Il ôta son chapeau melon et les accueillit avec un sourire, tendant la main pour une poignée de main.

« E-Eh, heu, c’est aussi un plaisir de vous rencontrer, » déclara Ikki.

« Ah, oui ! Bonjour... ! » déclara Stella.

Ikki et Stella avaient nerveusement répondu à la salutation, mais ne pouvaient pas cacher leurs inquiétudes et ils commencèrent alors à murmurer entre eux.

« H-Hey Ikki attend, qu’est-ce que cela signifie ? » demanda Stella en murmurant.

« Heu ! Ceci aussi me trouble, tu sais, » répondit Ikki lui aussi en murmurant.

Tous deux avaient pensé qu’Arisuin était une fille. Mais peu importe la façon dont ils le regardaient, ceci n’était pas vrai. Il était peut-être un peu mince pour un homme, mais pas assez pour le prendre pour une femme. Et en plus, il était plus grand qu’Ikki, probablement, passé les 180 centimètres.

« Son discours et ses gestes sont ceux d’une femme, non ? C’est une blague ? Dois-je en rire ? » demanda Stella.

« Je te dis que je ne peux pas répondre à ces questions, » répondit Ikki.

« Hahaha. Regarde, Shizuku, ils semblent tous deux hypnotisés par ma beauté, » déclara Arisuin.

« Quel genre de pensées positives avez-vous là !? » Stella et Ikki répliquèrent à l’unisson, puis Ikki se gratta le dos de sa tête.

« Heu ! Alice-san ? » demanda Ikki.

« Vous ne devez pas utiliser le “-san”. Je suis mauvais avec les formalités, » déclara Arisuin.

« Alors, Alice... êtes-vous, heu... un Okama [2] ? » demanda Ikki.

« Pas du tout. Je suis juste une jeune fille née dans le corps d’un homme, » répondit Arisuin.

« Q-Quelle est la différence, Stella... !? » demanda Ikki.

« Ne commence pas à me le demander ! » répliqua Stella.,

En regardant les deux qui étaient manifestement mal à l’aise, Shizuku parla. « Est-ce vraiment compliqué pour vous ? »

Comme leurs confusions étaient clairement visibles, Ikki se gratta maladroitement la joue.

« Aha, haha. Eh bien, je savais que des gens comme cela existaient, mais ceci est ma première rencontre avec l’un d’eux et je ne suis pas sûr de savoir comment parler avec eux, donc... désolé, » déclara Ikki.

« Oh, vous n’êtes pas obligé de présenter des excuses. Je suis habitué à cela. Mais Shizuku n’a pas été dérangée du tout, » répondit Arisuin.

Shizuku regarda d’un côté. « C’est parce que je ne me soucie pas vraiment du sexe des autres ―. »

Ikki fut profondément ému par la facilité de Shizuku qui avait déclaré si facilement qu’elle n’avait pas de problème avec Arisuin. Alors que lui ne pouvait pas cacher sa propre stupéfaction d’avoir rencontré quelqu’un du genre Okama.

Je n’ai pas vu Shizuku depuis si longtemps, mais elle a certainement beaucoup mûri. Pensa-t-il.

Avoir un cœur pour permettre des choses qui vont à l’encontre des valeurs communes, c’était quelque chose qu’il avait besoin d’apprendre.

« Peu importe si ce sont des hommes ou des femmes, je n’aime tout simplement pas les humains en général, » annonça Shizuku.

Louanges rétractées. S’il vous plaît, que quelqu’un trouve de la colle pour réparer le cœur éclaté de sa sœur.

« Eh bien, Alice n’est pas une personne du genre qu’on rencontre tous les jours, mais comme il se considère comme une femme alors je fais de même ! Vous deux, Onii-sama et Stella-san, si vous le pouvez, s’il vous plaît, pensez à elle aussi comme une femme et traitez-la ainsi. » déclara Shizuku.

« Je vais essayer de mon mieux, » déclara Ikki.

« Je vous remercie, mais vous ne devez pas vous forcer. Je déteste faire des choses étranges, vous savez, » déclara Arisuin.

Arisuin était assez poli en leur donnant une voie d’évacuation comme celle-là.

« Quoi qu’il en soit, cela signifie que tout le monde est réuni. Nous devrions donc partir pour le cinéma, » déclara Arisuin.

Ikki hocha la tête. « C’est vrai. Rester debout ici serait ennuyeux. »

« Onii-sama, il reste un peu de temps avant que le film commence, alors prenons notre temps, » annonça Shizuku.

Shizuku proposa ceci après avoir regardé sa montre, puis elle enlaça le bras d’Ikki comme si cela était tout à fait naturel. C’était une manière de marcher avec Ikki qu’elle faisait souvent quand ils étaient enfants.

« Wow ! » s’exclama Ikki.

Ikki sursauta. Sa détermination durcie était déjà sur le point de se rompre et franchement la possibilité que Shizuku l’ensorcelle encore aujourd’hui était forte. Il voulait s’éloigner d’elle, mais...

« Mmm, ceci fait bien longtemps depuis la dernière que nous avons marché comme cela, n’est-ce pas Onii-sama ? » demanda Shizuku.

« Eh, o-oui. C’est... vrai, » répondit Ikki.

Il ne pouvait rien dire quand Shizuku souriait d’un air si heureux, surtout quand cela lui rappelait le passé. Shizuku aspirait à son amour en tant que sœur. Elle voulait juste se tenir à ses côtés comme dans le passé. Mais il ne pouvait pas la voir comme sa sœur dans des moments comme ceux-là. Son cœur était trop excité.

Mais même si Shizuku ne voulait rien de plus, il n’y avait aucun moyen que Stella puisse laisser passer cela tranquillement. Elle se plaça alors brusquement entre eux.

« Hé ! Que pensez-vous que vous faites si soudainement ? » demanda Stella.

« Qu’est-ce ? Ceci est juste un simple contact [3] entre frère et sœur. Par le passé, nous l’avons souvent utilisé pour marcher côte à côte, » répondit Shizuku Kurogane.

« Ah, heu. Hahaha, c’est vrai, » déclara Ikki.

« A-Alors, moi aussi ―, » déclara Stella.

« Je pensais bien que vous diriez ceci, alors j’ai préparé quelque chose pour vous. Voici, une laisse. S’il vous plaît, utilisez-la pour profiter au maximum du contact d’un esclave avec son maître, » annonça Shizuku.

« Oh, comment pouvez-vous réfléchir ainsi ? Dans ces moments-là, est-ce que votre esprit est tordu !? » demanda Stella.

« Mais marcher aux côtés de votre maître manque de décence, n’est-ce pas. Vous aviez dit que vous m’aviez parlé d’un ton brusque seulement parce que vous êtes l’esclave d’Onii-sama, mais est-ce que vous honorez cette relation correctement ? Je pense que je vois, en ce moment, la vraie princesse Vermillion, » déclara Shizuku.

« Heu ―, » balbutia Stella.

« Non, ceci me va. Si vous voulez tenir la main d’Onii-sama alors vous devriez juste le faire ? C’est correct, car après tout, il possède deux mains. Mais vouloir le faire avec une personne du sexe opposé qui n’est même pas de votre famille, avez-vous des sentiments spéciaux pour lui ? Se pourrait-il que Stella-san soit... d’Onii-sama ― ? » demanda Shizuku.

« II-Il n’y a rien de tout cela ! J’ai simplement perdu un duel avec lui et je suis devenue son esclave, voilà tout ! Telle est notre relation ―, » déclara Stella.

« Donc, il n’y a aucune raison pour vous de lui tenir la main, n’est-ce pas ? » demanda Shizuku.

Et Stella fut très frustrée à la suite de cela.

« Grrr... ! » s’écria Stella.

« Allons-y, Onii-sama ? » demanda Shizuku.

« O-Oui..., » déclara Ikki.

« ... Qu’est-il arrivé à tout ce qui ne devait pas être captivé, sis-con. Pervers..., » s’écria Stella.

Ikki marchait sur la route avec Shizuku à son bras, tandis que les malédictions de Stella martelaient, à plusieurs reprises, son dos. Comment pourrions-nous passer la journée en paix avec ces deux-là ?

Ce fut le début d’une journée, qui restera longtemps dans leurs souvenirs avec un certain malaise.

Notes

  • 1 : Visual kei : Un style de mode qui est associé à des musiciens japonais de sexe masculin de certains genres de rock et de musique pop. Il combine généralement le maquillage flamboyant, les coiffures et les tenues leur donnant une apparence androgyne.
  • 2 : Okama : un travesti ou un homosexuel. Le terme est également utilisé pour décrire un homme efféminé.
  • 3 : Contact : En anglais « skinship ». Représente l’acte d’approfondir ou de renforcer une relation personnelle étroite en se livrant à un contact intime peau à peau.

 

***

Partie 4

Près de l’Académie se trouvait un grand centre commercial et leur destination était un cinéma situé au quatrième et dernier étage de ce centre.

Le groupe n’y alla pas immédiatement, car comme l’avait souligné Shizuku, ils avaient encore du temps restant avant que le film ne commence.

Au quatrième étage, il y avait seulement des magasins de marchandises ainsi qu’un théâtre et donc ils ne devaient pas y aller trop tôt. Au lieu de cela, le groupe se déplaça jusqu’à la zone restauration située au premier étage pour y passer un peu de temps.

« Nn ~. C’est délicieux ~ ! » s’exclama Stella.

La voix de Stella commença à vaciller alors qu’elle goûtait aux crêpes qu’ils avaient achetées sur la recommandation d’Arisuin. Shizuku était d’accord avec elle, grignotant avec sa petite bouche les crêpes se trouvant devant elle.

« Je pensais qu’elles étaient juste ridiculement chères, mais cela en vaut vraiment la peine, » déclara Shizuku.

Arisuin hocha aussi la tête.

« C’est vrai, non ? Les crêpes de ce restaurant utilisent une crème très riche ♪. Mais pour la crème glacée, je vous suggère la boutique de crème glacée numéro 13 qui se trouve au troisième étage, » annonça Arisuin.

« Vous semblez familier avec beaucoup de choses, » déclara Stella.

« Eh bien, visiter ce lieu de temps à autre est très payant. Et la pâtisserie est quelque chose que chaque fille adore. ♪ » répondit Arisuin.

« Si vous êtes à la recherche de quoi que ce soit, Alice est certainement la personne à qui poser les questions sur les pâtisseries ou les beaux vêtements, » déclara Shizuku.

« Je n’ai pas encore vu de magasins qui vendent des robes pour une mignonne princesse, mais pour les sucreries savoureuses, je peux vous indiquer un certain nombre d’endroits. Dois-je être la guide aujourd’hui ? » demanda Arisuin.

« Vraiment ? Wôw, ça sonne comme étant très amusant ! Que savez-vous des autres magasins que vous connaissez ? » demanda Stella.

« Eh bien, il y a un café-restaurant dans ce centre commercial et le tiramisu là-bas est ―, » expliqua Arisuin.

Alors que les filles s’amusaient à manger des crêpes et à discuter à propos de nourritures, Ikki regardait en dehors de leur cercle. Il n’aimait pas tellement les sucreries, et donc il ne pouvait pas trouver un moyen de participer à cette conversation.

Mais Alice avait rapidement pris de l’assurance.

Même Stella, qui avait été très surprise par Arisuin, parlait avec lui de beaucoup plus près que ce qu’elle faisait avec les garçons de leur classe. Arisuin pouvait vraiment être le type Onee-san, bien que les filles seraient probablement tombées amoureuses par sa seule beauté.

Alors qu’Ikki savourait lentement son café glacé dans la solitude, il remarqua un peu de crème collée sur la joue de Shizuku.

Uh, oh.

Ceci allait ruiner son maquillage. Bien sûr, Ikki était nerveux au sujet de l’apparence de Shizuku, mais il était soulagé et reconnaissant de ne plus être captivé par elle.

... Mais quand même, le maquillage avait pris bien trop de temps pour se faire que cela serait une perte de temps.

« Hey, Shizuku, » déclara Ikki.

« Oui ? Que se passe-t-il ? » demanda Shizuku.

Lorsque Shizuku se tourna vers lui, il essuya la crème de sa joue avec son doigt et ―.

« C’était sur ton visage. Puisque tu as pris la peine de te maquiller si bien, tu devrais être plus prudente, » déclara Ikki.

Il lécha son doigt sans aucune hésitation.

Tout le corps de Shizuku devint rouge comme si elle avait fait irruption dans les flammes et elle se précipita derrière la chaise d’Arisuin. Se cacher derrière quelque chose chaque fois qu’elle était gênée était l’une des plus vieilles habitudes de Shizuku.

« Est-ce que cela va aller ? Peut-être que Shizuku est le genre de personne à tous mettre en attaque, avec rien en défense ? » demanda Arisuin.

« Ta-Ta-Tais-toi Alice ! Il est arrivé si soudainement que cela m’a juste un peu surprise ! » s’écria Shizuku.

Ikki regarda Shizuku bégayer en se cachant derrière Alice.

« Tu ne devrais vraiment pas être embarrassée par juste pour un peu de crème, » déclara Ikki.

Alice avait souri face à ce commentaire.

« Je ne pense pas que cela soit la raison, mais c’est un excellent travail, le grand frère, » déclara Arisuin.

« Oh ? Alors pourquoi ? » demanda Ikki.

« Hahaha ―. ♪ Ce n’est pas quelque chose que vous devriez entendre de moi, » répondit Arisuin.

Arisuin esquiva sa question en douceur. Et de l’autre côté de la table, Stella commença à tousser violemment.

« Pardon pardon, » déclara Stella.

« Hein, Stella ? Quelle est la question ? As-tu pris froid ? » demanda Ikki.

Lorsqu’Ikki se retourna, il vit toute la bouche de Stella couverte de crème, comme si elle portait une barbe du père Noël.

« Quel est le problème, Ikki ? Tu as l’air tellement choqué. Y a-t-il quelque chose sur mon visage ? » demanda Stella.

« Penses-tu qu’il n’y a rien ? !? C’est encore plus choquant ! » s’écria Ikki.

« SS-S’il y a quelque chose... Alors... Alors... Ne pourrais-tu pas le nettoyer, comme tu l’as fait pour Shizuku ? » demanda Stella.

« Non, ce n’est pas une quantité que je peux nettoyer avec mon doigt ! Je vais chercher une serviette. Alors attends un moment, » déclara Ikki.

« Hein ? Mais ― Heuuu ! » s’exclama Stella.

Sans laisser le temps pour que Stella termine sa phrase, Ikki alla emprunter une serviette à un employé du magasin.

« ... Hum. Stella-san... Se pourrait-il... que vous soyez une idiote ? » demanda Shizuku.

« Oh, c’est quelque chose de si maladroitement mignon que cela me donne envie de vous aider vous aussi, » déclara Arisuin.

« Ta-Ta-Taisez-vous ! Ce n’est pas comme j’avais eu un motif secret, ou quoi que ce soit du genre ! Ma main a juste glissé et c’est arrivé sur ma bouche ! Voilà, c’est tout ! Vraiment ! » s’exclama Stella.

***

Partie 5

Après que les quatre aient terminé de manger leurs crêpes, ils finirent par bavarder jusqu’à ce que le film soit sur le point de commencer.

« Il semble que cela soit bientôt l’heure. Alors allons au quatrième étage, » déclara Shizuku.

Lorsque Shizuku proposa cela, ils étaient prêts à quitter la zone quand Stella souleva une question très importante.

« Hey, Ikki, quel est le film que nous allons voir aujourd’hui ? » demanda Stella.

« Je ne le sais pas encore, » répondit Ikki.

Après tout, l’invitation était venue de la mignonne petite sœur qu’Ikki n’avait pas vue depuis quatre ans. Il ne lui refuserait rien dans tous les cas et donc il n’avait pas demandé ce détail.

« ... Alors pourquoi alors es-tu venu ici ? » demanda Stella.

« Ne devrais-je pas aussi te demander la même chose ? » demanda Ikki.

« Je suis seulement ici pour vous chaperonner, donc c’est très bien comme cela. Shizuku, quel est le film que nous allons regarder ? » demanda Stella.

« C’est juste une histoire d’amour tout à fait normale, » répondit Shizuku.

« Bien sûr, c’était donc ainsi. Tu vois ? J’avais aussi raison de venir ! » répliqua Stella.

Stella soupira.

« Et le titre ? » demanda Stella.

« Je suis tombé amoureux de ma petite sœur. Classé R-15 [1], » répondit Shizuku.

« Comment est-ce que ceci pourrait être une histoire d’amour normale !? » s’écria Stella.

« C’est un amour qui est normal et pur, si cela ne vous dérange pas qu’ils soient frères et sœurs, » répliqua Shizuku.

« Comment est-ce que quelque chose de si immoral peut-elle être appelée pure !? » demanda Stella. « Et comment est-ce que vous pouvez avoir si peu de sens moral !? Et en plus, vous avez le culot d’essayer de voir ce genre de choses avec votre frère ! Croyiez-vous que l’atmosphère va être normale ? Ceci ira bien au-delà de la simple surprise ! »

« Je ne veux pas entendre un exposé venant de quelqu’un qui se déclare elle-même être une esclave devant tous ses camarades de classe, » répliqua Shizuku.

Ceci était tout à fait une réplique correcte, mais Ikki n’avait pas si peu de bons sens pour aller voir un film comme celui-ci, seul avec sa petite sœur.

« Shi-Shizuku... Pouvons-nous ne pas aller regarder ce film ? » demanda Ikki.

« Eh ~ ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Shizuku.

« S’il vous plaît, expliquez-moi ce qui est correct dans ce genre d’histoires, » demanda Stella.

Ce serait terrible s’il avait dû aller voir une histoire d’amour coter R-15 sur une relation fraternelle interdite avec sa petite sœur, non ?

« Q-Quoi qu’il en soit, je ne peux pas aller voir cela ! Regardons quelque chose d’autre ! » déclara Ikki.

« Hmm ! Si c’est toi qui ne veux pas aller le voir, je suppose que je vais devoir l’accepter. Dans ce cas, qu’est-ce que nous allons regarder ? » demanda Shizuku.

Shizuku utilisa son terminal étudiant pour accéder au site du cinéma et Stella exprima une préférence.

« Ah ! Est-ce que celui-là n’est pas mieux ? Karna, la Reine du désert. C’est un film d’animation où la princesse Karna est kidnappée par des bandits du désert, mais finit par tomber amoureuse du jeune chef des bandits. Ceci ressemble bien à un film romantique, » déclara Stella.

« Rejeté, » répliqua froidement Shizuku.

« Pourquoi !? » s’écria Stella.

« Je ne veux pas voir un film avec une chienne qui ouvre ses jambes pour un loubard qu’elle ne connaît pas vraiment, » répliqua Shizuku.

« Ceci vaut bien mieux qu’un film perverti où les frères et sœurs font ceci et cela ! » s’écria Stella.

Alice soupira.

« Eh bien, il semble que nous ne trouvions pas de compromis, même si nous nous disputons encore plus. Que diriez-vous de faire un compromis et d’aller voir Le Paradis Perdu des Hommes ? C’est aussi un R-15, » proposa Arisuin.

« Qui a dit qu’on voulait faire des compromis sur le sexe !? » s’écrièrent Stella et Shizuku.

La réponse de Stella et Shizuku fut en parfaite harmonie. Peut-être qu’elles pourraient s’entendre plutôt bien finalement. Alice fit la moue face à cette double réplique.

« Comme vous êtes inflexible ! Alors, dans ce cas, il n’y a plus qu’une seule option, un film d’action, » proposa Arisuin.

Ikki regarda sa montre. « Cependant, il n’y a plus beaucoup de temps avant que celui-là ne commence. »

« C’est inévitable, car c’est après tout un petit cinéma, » déclara Arisuin.

« Mais je pense que les garçons et les filles peuvent profiter tous les deux d’un film d’action. Est-ce que cela vous va à toutes les deux ? » demanda Ikki.

« Arg ! C’est regrettable, mais si c’est Onii-sama qui le demande..., » déclara Shizuku.

« Nous ne disposons pas d’autres choix. Mais vu que j’aime aussi l’action, je suppose que cela sera très bien, » répondit Stella.

Alice hocha la tête à la suite des réponses de Shizuku et de Stella.

« Alors nous devrions y aller maintenant. Le film va bientôt commencer et donc nous allons devoir nous dépêcher un peu, » déclara Arisuin.

« Alice, à propos du film, quel est le titre ? » demanda Shizuku.

« Gandhi, le Nirvana de la Rage, » répondit Arisuin.

Sur le site, sur l’affiche du film, sous le mot Gandhi, on pouvait voir un homme portant un débardeur et qui transportait des armes lourdes, et avec à l’arrière de l’image, des flammes. Le slogan du film était. « Avez-vous dit que le pardon était un signe de force ? C’est un mensonge ! »

« Qu’est-ce que c’est !? Je veux le voir ! » annonça Stella.

Attirés par l’image exagérée, ils étaient finalement facilement parvenus à un consensus. Les quatre se dirigèrent donc vers l’escalier qui montait jusqu’au quatrième étage. Mais au moment où ils avaient atteint le troisième étage, Ikki annonça.

« Désolé à tous, je dois aller aux toilettes. S’il vous plaît, allez acheter le billet pour moi, » déclara Ikki.

Arisuin avait également suivi Ikki.

« Oh ! Mon Dieu, je crois que je vais vous rejoindre, » annonça Arisuin.

Stella et Shizuku acquiescèrent.

« D’accord ! Nous y allons en première, et nous irons aussi acheter les vôtres. Vous nous les rembourserez plus tard, » déclara Stella.

« Et s’il vous plaît, revenez avant que le film ne commence. Vous savez qu’il ne reste plus beaucoup de temps, » déclara Shizuku.

« D’accord, nous reviendrons dès que nous le pourrons, » répondit Ikki.

« Shizuku ! Shizuku ! Je veux un siège à côté d’Ikki ~ ♪ , » déclara Arisuin.

« Onii-sama, nous allons acheter des billets que pour trois, » annonça Shizuku.

« Non ! C’était une blague, une blague ! » répliqua Arisuin.

Stella et Shizuku partirent d’un côté, tandis que les deux garçons se dirigèrent vers les toilettes du troisième étage.

« Hahaha ~ ♪ enfin, on est juste nous deux, » déclara Arisuin.

Ikki grimaça en entendant les paroles d’Arisuin.

« Euh, si vous le dites comme cela..., » déclara Ikki.

« Hein ? Est-ce que c’était une excuse le fait d’aller aux toilettes ? » demanda Arisuin.

« Vous avez tout à fait tort ! » déclara Ikki.

« Vous savez, je plaisantais. Vous êtes vraiment facile à taquiner, » déclara Arisuin.

« ... Je suis désolé, c’est la première fois que je parle avec quelqu’un comme vous, donc il se peut que je ne saisisse pas bien les distances..., » répondit Ikki.

« Vous avez juste à me traiter comme une fille ― normale, » déclara Arisuin.

Oui, mais ceci était impossible.

« Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas intéressé par les hommes hétérosexuels, » déclara Arisuin.

« V-Vraiment !? » demanda Ikki.

« En d’autres termes, je ne suis pas sexuellement intéressé par vous, » expliqua Arisuin.

« O-Oh, voilà donc ce que vous vouliez me dire. Oui, cela m’aide, cela m’aide même vraiment beaucoup, » déclara Ikki.

« Mais il est vrai que je voulais parler avec vous en tête à tête. J’ai entendu beaucoup de choses de Shizuku et donc je me demandais quel genre de personne vous êtes, » déclara Arisuin.

« Vous savez, je suis également intéressé par vous, » déclara Ikki.

« Oh par moi ? Moi moi moi ! En voilà une surprise ! Alors, devrions-nous tous les deux aller voir le film ensemble : Le Paradis Perdu des Hommes ? » demanda Arisuin.

« Pas de cette façon ! C’est juste que, vous savez, Shizuku, est vraiment timide alors elle ne se fait pas facilement d’amis, surtout avec les garçons, donc j’étais curieux, » expliqua Ikki.

« Eh bien, je suis juste une fille ordinaire... Hey, qu’est-ce que ce regard ? Avez-vous une objection ? » demanda Arisuin.

« Non pas vraiment, » répondit Ikki.

Est-il sérieux ? Le dit-il sérieusement ?

Il était vraiment impossible de savoir comment les gens de ce type pensaient réellement après en avoir rencontré un que depuis si peu de temps. Ikki savait qu’il ne devrait pas intervenir sans préparation dans un sujet qu’il ne comprenait pas, alors il changea rapidement de sujet.

« À propos des choses me concernant que vous avez entendues parler par Shizuku, quelles sortes d’histoires étaient-ils ? » demanda Ikki.

« C’est un secret entre filles, » répondit Arisuin.

Arisuin mit un long doigt mince tel celui d’un pianiste devant ses lèvres. Ceci pouvait paraître impoli, et Ikki se figea tout en continuant à être dérangé par ce genre de comportement. Heureusement, Arisuin avait fini par céder.

« ... Mais elle m’a dit qu’Ikki Kurogane était un homme très fort et intéressant. Après vous avoir rencontré aujourd’hui, je suis d’accord avec elle. Vous êtes tout comme elle me l’a décrit. Mais quelque chose me dérange. Puis-je vous demander quelque chose ? » demanda Arisuin.

« Bien sûr, » répondit Ikki.

« Est-il vrai que vous n’avez pas pu participer aux combats à cause de l’ingérence de votre famille ? » demanda Arisuin.

« O-Oui, l’école m’a interdit de le faire. De même que pour les classes de cours pratique, ainsi que les simulacres de batailles, » répondit Ikki.

Ikki se demandait si Shizuku avait également parlé du différend entre lui et le clan Kurogane, même si ceci était considéré comme une honte familiale inadaptée aux commérages. Shizuku, faisant toujours partie du clan Kurogane, n’aurait pas partagé cela à Arisuin si elle ne lui faisait pas entièrement confiance.

« Mais c’est revenu dans un état normal cette année. La nouvelle directrice a changé les règlements, » continua Ikki.

« N’est-ce pas dans ce cas juste de la chance ? Qu’auriez-vous fait si la directrice n’était pas venue ? » demanda Arisuin.

« J’aurais fait le maximum, comme d’habitude. Après tout, je ne savais rien à propos de sa nomination ou de ses plans quand j’ai décidé de recommencer l’année, » répondit Ikki.

« Vous ne pensez pas qu’en faisant la même chose pour une autre année que cela n’aurait pas été inutile ? » demanda Arisuin.

« Pas du tout. Je crois qu’Alice le sait déjà, mais les enseignants de l’Académie sont des professionnels. Ils peuvent saisir la force d’un étudiant juste en les regardant. Et pour une académie de Chevalier-Mage, il n’y a rien de plus remarquable que la production d’un Roi des Épées des Sept Étoiles. Tout ce que j’aurais dû faire était de convaincre les enseignants que je pouvais atteindre ce niveau. J’aurais donc dû devenir assez fort pour leur faire réaliser cela, peu importe combien d’années il m’aurait fallu, » répondit Ikki.

Avec beaucoup d’efforts, il se serait rendu si précieux que Hagun n’aurait pas pu le vendre à la maison Kurogane. Comme toujours, Ikki avait gardé sa forte conviction.

« Mais je suis reconnaissant envers la nouvelle directrice. Même moi, je ne voudrais pas passer par tant de peines s’il y a une autre route plus facile, » continua Ikki.

« Je vois. Je comprends maintenant, » déclara Arisuin.

Pendant un moment, Ikki vit quelque chose dans les yeux d’Arisuin comme si Arisuin regardait cela d’un point de vue extérieur. Il avait... pitié.

« Ikki... vous... vous avez pris l’habitude d’être blessé, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

« Alice ? » demanda Ikki.

« C’est quelque chose provenant de ma propre expérience, donc il se pourrait que cela ne s’applique pas à vous. La force est, à la fin, la quantité que vous êtes en mesure d’endurer. Si vous ne permettez pas à cette force de se relâcher de temps en temps et que vous continuez de vous battre avec ce fardeau, un jour vous vous casserez si durement que vous ne pourrez plus être réparé. Normalement, le cœur crie avec toute sa colère, sa tristesse et son irritation, en disant “je veux que quelqu’un connaisse ma douleur” et “je veux que quelqu’un comprenne mon chagrin”. Mais vous avez gardé cela en vous si longtemps que vous n’entendez même plus ce cri, » déclara Arisuin.

Ikki fut surpris par ces mots. Il ne pouvait pas les comprendre même si le visage d’Arisuin s’était fermé comme s’il était en deuil.

« ... H-Heu, cependant, je ne pense pas que ce soit le cas, » déclara Ikki.

Ikki ne manquait pas de telles émotions et il y avait certainement des moments où il se sentait en colère ou triste. Mais Arisuin secoua la tête.

« Non, vous ne pouvez pas l’entendre. Du moins, vous ne pouvez pas le faire en ce moment. Je veux dire, si vous le pouviez, alors comment pourriez-vous rester si calme ? Comment pourriez-vous sourire si facilement ? » demanda Arisuin.

Exactement, je n’ai jamais eu une vie si facile jusqu’à maintenant, pensa Ikki.

Mais tout de même, Arisuin réfléchissait probablement trop à cela et Ikki ne pouvait pas faire beaucoup plus qu’afficher un sourire inquiet dans le cas où Arisuin parlerait sérieusement avec ce visage triste. Arisuin soupira en voyant l’expression confuse d’Ikki.

Eh bien, il n’y a aucune chance de mes paroles puisse l’atteindre, se dit Arisuin.

Quel poids ces mots pouvaient-ils posséder ? Ikki était un étranger qu’Arisuin venait à peine de rencontrer aujourd’hui. Donc même si Arisuin savait qu’il n’y arriverait sûrement pas, il avait quand même fini par essayer de toute façon. Il voulait faire ouvrir les yeux d’Ikki, parce que non seulement Ikki Kurogane était important pour Shizuku, mais Arisuin pensait lui aussi qu’il était une personne agréable.

En fin de compte, Arisuin fit un sourire encourageant et embrassa le chapelet d’argent accroché à son cou.

« Il serait bien si quelqu’un qui peut entendre ce cri pour vous apparaissait. Je le prie du fond de mon cœur, en tant que votre ami, » déclara Arisuin.

Mais cette époque, Ikki ne put pas saisir cette prière. Était-il censé remercier Arisuin ? Il ne put pas s’empêcher d’être confus. Mais de toute façon, les mots d’Arisuin restèrent dans son esprit, et ils continuèrent à faire écho comme s’ils étaient comme une sorte de révélation.

Tout à coup, l’expression d’Arisuin se durcit. Ce n’était plus l’expression triste qu’il avait eue avant, mais une expression remplie d’inquiétude. Il commença à analyser leur environnement.

« Alice ? » demanda Ikki.

« Ikki, pourriez-vous me suivre pendant un petit moment ? » demanda Arisuin.

Arisuin attrapa le bras d’Ikki et se précipita en avant.

« Hein ? E-Eh !? » s’exclama Ikki.

« Il suffit de me suivre, » répondit Arisuin.

Sans écouter les plaintes d’Ikki, Arisuin se précipita vers les toilettes où ils se dirigeaient déjà avant. Peut-être qu’il ne pouvait plus se retenir ?

Juste au moment où Ikki pensait ceci, il entendit une explosion, des bris de verre... et des coups de feu accompagnés de cris.

Notes

  • 1 R-15 : les films japonais sont évalués selon la « Motion Code Image » du comité d’éthique, inspiré par le système de notation américaine, avec les catégories suivantes : G, PG-12, R-15 et R-18.

***

Partie 6

Deux hommes portant des uniformes de combat noirs et des masques à gaz entrèrent alors dans la salle de bain où Ikki et Arisuin se cachaient.

« Eh bien, tout ce qui reste à vérifier est les toilettes des hommes. Je vais voir dans les cabines. Attends-moi ici, » déclara le premier homme.

« Bah, pourquoi doit-on les vérifier une par une ? » demanda le second.

« H-Hey ! » s’écria le premier.

L’homme avec le ton désinvolte ignora son partenaire, pointa le canon de son fusil d’assaut M4 vers les cabines et balaya ensuite la salle en tirant en mode automatique. Au moment où les tirs eurent cessé, toutes les portes des toilettes avaient été détruites. Personne n’aurait pu s’en sortir indemne. Aucun sang ne s’écoulait de l’une des portes.

« Tu vois ? Personne ne s’y trouvait, » déclara le deuxième individu.

« Ne fais pas des choses de manière si paresseuse ! Nous sommes censés prendre en otage les clients, merde ! » s’écria le premier.

« Je voulais juste tirer avec une arme à feu. N’es-tu pas d’accord, car de toute façon il n’y a pas de sang ? Donc, ils étaient vides. Hahaha, » déclara le deuxième.

« ... Si Bischof-san te tue à cause de cela, cela ne sera pas mon problème, » répliqua le premier.

Le son d’un rire inquiétant suivit le départ des deux hommes, ne laissant que des débris et une odeur de brûlé dans les toilettes. Mais à partir des ombres projetées par des plafonniers fluorescents, Arisuin et Ikki sortirent leurs têtes comme si cela était de l’eau noire. Après avoir confirmé que leurs ennemis avaient bien quitté les lieux, Arisuin sortit de l’ombre.

« Hmm, on dirait qu’ils sont partis, » déclara Arisuin.

Dans sa main, un poignard brillait d’un éclat gris foncé.

« Voilà mon Hermite de l’Obscurité [1]. Très pratique, non ? » demanda Arisuin.

« Le pouvoir de manipuler les ombres ? C’est certainement utile, » déclara Ikki.

« Eh bien, dans une arène bien éclairée, sans aucun obstacle pour faire des ombres, ce n’est pas tout à fait si intéressant, » déclara Arisuin.

Ikki avait deviné la même chose. Ce pouvoir était mieux adapté pour les assassins que pour les chevaliers.

« Mais si quelqu’un découvre que vous avez utilisé votre Dispositif en dehors du campus, vous aurez des ennuis, » déclara Ikki.

« Les situations exigent certaines choses dont elles ont besoin. Je n’avais pas le choix. Bien que ceci serait bien si vous ne le dites à personne, » déclara Arisuin.

Arisuin offrit son autre main à Ikki et quand Ikki l’avait attrapé, Arisuin le tira hors de l’ombre.

« Je ne vais pas dire quoi que ce soit. Merci de nous avoir sauvés. Mais qui sont ces gars ? » demanda Ikki.

« La Rébellion, » répondit Arisuin.

Les yeux d’Ikki s’écarquillèrent face à la réponse sans aucune hésitation d’Arisuin. La Rébellion était le syndicat du crime le plus infâme du monde. Ils étaient appelés les « Blazers Élus », une nouvelle race choisie qui considérerait l’humanité comme inférieure et qui voulait détruire la société afin qu’ils puissent construire leur propre paradis où les rares élus régneraient sur le peuple.

« Comment saviez-vous qu’ils sont de la rébellion ? » demanda Ikki.

« J’ai été entraîné dans quelque chose d’identique à maintenant où j’avais l’habitude de vivre avant et leur équipement était exactement pareil. Plus important encore, je suis préoccupé pour Shizuku, » répondit Arisuin.

« Oui, mais il y a quelque chose que nous devrions faire en premier, » déclara Ikki.

Ikki sortit alors son terminal étudiant et composa un numéro d’urgence qu’il avait enregistré au préalable. L’appel se connecta immédiatement et le visage familier de la directrice de l’Académie Hagun, Kurono Shinguuji, apparut alors à l’écran.

« Je suis déjà au courant de la situation, » annonça Kurono.

Kurono avait immédiatement fourni des explications. Il semblerait que le problème était déjà connu en dehors du centre commercial.

« Cela nous aiderait beaucoup. Alors s’il vous plaît, donnez à Ikki Kurogane, Stella Vermillion, Shizuku Kurogane et Nagi Arisuin, la permission d’utiliser leurs Dispositifs en dehors du campus, » demanda Ikki.

« Très bien, je vous autorise, vous quatre, à utiliser vos capacités en dehors du terrain de l’école, » annonça Kurono.

« Génial. Ceci va nous permettre de nous occuper des choses les plus critiques, » déclara Ikki.

Après qu’Ikki ait terminé, Arisuin parla aussi. « Directrice, pouvez-vous nous dire ce que vous savez de la situation ? »

« Les coupables sont de la Rébellion, environ vingt à trente unités, toutes équipées d’armes. Leurs objectifs sont l’argent de la rançon ainsi que les marchandises et l’argent trouvé dans le centre commercial. En gros, c’est leur collecte de fonds périodique, » répondit Kurono.

« Y a-t-il déjà des victimes ? » demanda Arisuin.

« Quelques personnes ont été amochées en s’échappant à l’agitation qui a eu lieu, de sorte qu’il s’agit seulement de quelques blessures légères. Toujours pas de morts ou de blessés graves. Selon les images que nous avons prises à partir des caméras de sécurité, la Rébellion a rassemblé environ cinquante otages dans l’aire de restauration, » répondit Kurono.

« Aire de restauration... où nous avons mangé nos crêpes ? » demanda Arisuin.

Ikki hocha la tête.

« Oui ! Cette place, » répondit Ikki.

« Je peux aller jusque-là avec ma Marche des Ombres [2]. Nous pouvons y arriver immédiatement, » annonça Arisuin.

« Alors, nous allons d’abord passer à un endroit où nous pourrons nous dissimuler et observer la situation. Stella et Shizuku seront probablement là-bas aussi, » déclara Ikki.

Ces deux-là n’auraient jamais abandonné les otages et pris la fuite. Elles s’étaient sans doute mélangées avec les otages tout en cachant leur pouvoir magique.

« Je pense que vous le savez déjà, mais la sécurité des otages passe en premier. Ne prenez pas trop de risques, » déclara Kurono.

Remerciant les conseils de Kurono, Ikki coupa son terminal pour s’assurer qu’il ne ferait plus aucun bruit.

« D’accord, nous pouvons y aller, » déclara Ikki.

« Laissez-moi faire, » répondit Arisuin.

Arisuin serra la main tendue d’Ikki et ils sombrèrent immédiatement dans leurs ombres. Se raccordant d’ombre en ombre comme s’ils suivaient un cours d’eau. La Marche des Ombres ne pouvait être contrôlée que par Arisuin, l’utilisateur du Dispositif Hermite de l’Obscurité, alors Ikki retenait son souffle et nagea à travers les ombres tout comme Arisuin le faisait.

« Nous sommes arrivés, » annonça Arisuin.

Après avoir nagé dans l’obscurité pendant une courte période, ils atteignirent un endroit surplombant l’aire de restauration, à l’ombre d’une colonne dans la cour du troisième étage donnant une vue d’ensemble de la zone. Arrêtant la Marche des Ombres et commençant à observer, Ikki et Arisuin confirmèrent rapidement les informations de Kurono. Les otages étaient rassemblés là-dessous, entourés d’une dizaine de personnes portant les mêmes uniformes de combat noirs qu’ils avaient vue auparavant.

« Ikki, là-bas, » murmura Arisuin.

Dans la direction qu’Arisuin pointait, le visage de Shizuku était visible parmi les otages.

« Mais je ne vois pas Stella-chan, » continua Arisuin.

« ... Eh bien, elle est là à côté de Shizuku, celle avec le grand chapeau. Elle est célèbre en tant que Chevalier-Mage, de sorte qu’elle doit se cacher, » expliqua Ikki.

« Maintenant que vous le dites, elle est apparue dans les journaux, non ? Alors la situation n’est pas très bonne, » déclara Arisuin.

« Oui, les otages sont placés trop près des criminels. Si nous attaquons brusquement, les otages vont certainement être blessés. Et d’ailleurs, le nombre de troupes de la Rébellion ne correspond pas en nombre, » déclara Ikki.

« Peut-être qu’ils agissent en équipes ? Nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre pour l’instant, » annonça Arisuin.

Même si la rébellion agissait en escouades, la proportion de troupes de la rébellion par rapport au nombre d’otages était un peu trop élevée, ce qui serait un problème pour les otages s’ils tentaient de s’échapper. Ils devaient attendre d’avoir une meilleure occasion, donc ils décidèrent de rester assis et de continuer à observer pour le moment, mais la situation changea rapidement d’une manière qu’ils ne pouvaient pas imaginer.

 

« N’embêtez pas ma maman ! »

 

Soudain, un garçon de l’âge d’un élève de la maternelle se précipita vers un soldat armé de la rébellion.

Oh non !

C’était mauvais, mais ils n’étaient pas en mesure d’arrêter le garçon, qui avait crié et jetait maintenant sa crème glacée qu’il tenait sur l’homme, éclaboussant l’homme de blanc. Ceci ne pouvait pas faire tomber l’homme, mais c’était plus que suffisant pour provoquer l’ennemi.

« Toi le sale gosse ! »

Le soldat cria de rage, puis il frappa sans hésitation le garçon qui n’était même pas assez grand pour atteindre sa taille.

« Ahh, Shinji ! »

Une femme dans la vingtaine, probablement la mère du garçon, se précipita hors du cercle des otages. Son abdomen était bombé, mais elle bougeait si vite que l’on ne pouvait pas penser qu’elle était enceinte et elle s’interposa désespérément entre le garçon et le soldat.

« Hors de mon chemin, Femme ! Ne te mêle pas de cela ! »

« Je suis désolée, je suis désolée, c’est juste un enfant ! S’il vous plaît, pardonnez-nous ! »

Un autre soldat de Rébellion regarda en direction du bruit.

« Hey, qu’est-ce que tu fais !? »

« Ce putain de morveux a lancé de la crème glacée sur mes vêtements ! Je vais le tuer ! »

« Quel est ton problème !? Combien de fois t’ai-je dit de ne pas toucher les otages, mon Dieu !? Tu peux mourir, mais si tu fâches Bischof-san, il ne s’arrêtera pas avant d’avoir tué une bonne douzaine de personnes. Ne nous implique pas dans ton gâchis ! »

« Tais-toi ! Il y a beaucoup de personnes parmi nous à qui cela ne pose pas de problèmes si nous en tuons un ou deux ! »

Après cela, le soldat se retourna et pointa le canon de son fusil vers le garçon et la jeune femme.

« Non, je vous en prie ! Épargnez-nous ! »

« Pensez-vous que les porcs qui osent salir un citoyen d’honneur comme moi peuvent être dans notre utopie ? Vous allez payer pour cela avec votre vie ! »

Il mit alors le doigt sur la gâchette, sans aucune hésitation et une balle de plomb sorti du canon. Pour protéger son fils, la mère enceinte le protégea avec son dos. Mais c’était totalement inutile. La balle allait transpercer le corps de la femme pour ensuite frapper l’enfant juste après.

Mais la balle n’atteignit jamais la mère parce que les flammes de Stella brûlèrent le projectile ainsi que les grains de poussière qui étaient sortis de la bouche du canon de l’arme.

Notes

  • 1 Hermite de l’Obscurité : Il utilise le kanji 黒き隠者, Kuroki Inja (« Black Hermit »).
  • 2 Marche des Ombres  : Il utilise le kanji 日陰道, Hikagedou (« Chemin de l’ombre »)

***

Partie 7

« Il est préférable que je sorte seule... De toute manière, j’aurais été découverte tôt ou tard... Alors tout va bien. S’ils savent qui je suis, ils ne vont certainement pas me tuer tout de suite... Voilà pourquoi vous devez rester cacher et faire les préparatifs au cas où, » déclara Stella.

Après avoir arrêté Shizuku avec ces mots, Stella fit brûler la balle en l’interceptant avec ses flammes. Les soldats rebelles devinrent confus en réponse à cette soudaine menace.

« Un Blazer !? »

« Merde ! »

Ils se tournèrent alors par réflexe vers Stella, puis firent feu à l’unisson, à l’aide de leurs fusils. Une tempête de balles jaillit alors vers elle.

« Robe de l’Impératrice [1], » cria Stella.

Une robe composée de flammes recouvrit instantanément Stella. Permettant ainsi de vaporiser au passage toutes les balles avant qu’elles ne puissent atteint son corps. Mais ―.

« Aiiieeeee ! »

Les otages commencèrent alors à paniquer à cause de la soudaine fusillade. Les fusils M4 n’avaient pas une précision parfaite. Et à ce rythme, les otages allaient tôt ou tard finir par être eux aussi touchés.

« Que tout le monde se calme !! » déclara Stella.

Une voix pleine de dignité retentit au-dessus des bruits de coups de feu et des cris et cela eut pour effet d’immédiatement attirer l’attention de toutes les personnes présentes que cela leur plaise ou non. Les otages qui se préparaient à fuir se figèrent sur place tandis que les soldats de la Rébellion se raidirent comme des enfants grondés.

« Je ne veux pas me battre contre vous, donc s’il vous plaît calmez-vous et écoutez ce que j’ai à dire, » déclara Stella.

Ceci les calma pour le moment.

Quant à elle, Stella se sentait parfaitement calme quand elle leur parlait. Au Japon, elle était peut-être une simple étudiante, mais elle était aussi une princesse de l’Empire Vermillion. Elle connaissait donc un peu le fonctionnement de l’organisation criminelle internationale connu sous le nom de la Rébellion, y compris la façon dont ils organisaient leurs unités d’interventions. Même si la rébellion était largement connue comme étant une organisation de Blazers, en vérité, la majorité de ses membres étaient des non-Blazers dénommés « adhérents ». Dans le nouvel ordre mondial que la rébellion voulait créer, les « apôtres », qui eux sont des Blazers, étaient en fait une minorité. Les unités Rébellion se composaient de ce petit groupe de Blazers en tant que commandant, et de non-Blazers en tant que soldat.

Chaque soldat de la Rébellion ici était un Adhérent, de sorte que l’Apôtre qui les contrôlait était probablement quelque part à proximité.

Il ne devrait y avoir qu’un seul apôtre pour une opération de cette taille. Je ne devais donc pas agir inconsidérément avant qu’il ne soit découvert.

Se montrer dans une telle situation était un inconvénient majeur. Mais avec cela en tête, Stella, encore une fois, jeta un regard acéré vers les soldats.

« Je représente les otages et je veux négocier avec votre chef, » déclara Stella.

« Q-Qu’est-ce que cette fille dit !? Vous, comment allez ―, » commença un soldat.

Il semblerait que les soldats ne l’aient pas encore reconnu, de sorte que Stella enleva le chapeau qu’elle avait emprunté dans un magasin.

« Je suis ―, » déclara Stella.

 

« Oh, Oh génial ~ ? Il semblerait que nous ayons un VIP étranger ici. »

 

Une voix interrompit Stella avant qu’elle ne puisse révéler son identité. En regardant dans la direction de cette voix, elle vit un homme debout avec un groupe d’une dizaine de soldats entièrement armés à ses côtés. Quand leurs yeux se rencontrèrent, l’homme sourit, tordant le tatouage dessiné sur son visage.

« Eh bien, ne serait-ce pas la deuxième princesse de l’Empire Vermillion ? Hehehe. »

« Des vêtements entièrement en noirs et un manteau décoré d’or... une robe d’apôtre. Cela signifie que vous êtes le patron de ces fous, non ? » demanda Stella.

« Hehehe, je suis si heureux de faire votre connaissance. Oui, c’est exactement cela. Je porte le nom de Bischof [2]. L’honneur est pour moi. Princesse, » déclara Bischof.

L’homme appelé Bischof salua respectueusement Stella, puis se tourna vers ses subordonnés entourant les otages et fit une expression offensée.

« Hé ! Que diable faites-vous avec ces bâtards ? Vous ne pouvez même pas garder correctement des enfants  ? » demanda Bischof)

« Mais..., » balbutia un soldat.

« Quand vous ai-je dit de ne pas attendre ? N’ai-je pas dit qu’il ne fallait pas toucher aux otages ? Non ? » demanda Bischof)

« N-Nous avons essayé de l’arrêter ! Mais ce bâtard d’Yakin n’a pas écouté ! » répliqua un soldat.

« Ya ~ kin. Était-ce vous qui avez causé tout ce gâchis ? » demanda Bischof.

« N-Non attendez, c-ce morveux a salis mon pantalon et ―, » répondit Yakin.

« Hein !? Vous êtes devenu fou juste à cause de... Ho non ! » déclara Bischof.

Bischof redevint alors avec un regard bienveillant affiché sur son visage.

« ... Hehehe, » puis Bischof se mit à rire.

« Bischof-san ? » demanda l’un des soldats.

« Ahh, Yakin. Ceci a dû être un désastre. Je compatis vraiment avec vous, » déclara Bischof.

L’attitude de Bischof avait soudainement changé et il gifla alors le soldat qui avait de la crème glacée renversée sur son pantalon. Puis il sortit une arme et la pointa vers le garçon que la mère protégeait encore.

« Rassurez-vous. Je vais équilibrer la balance pour vous, mon citoyen d’honneur, » annonça Bischof.

Stella se mit à parler, sous le choc. « Q-Que faites-vous !? »

« Qu’est-ce que je fais ? N’est-ce pas évident, Princesse ? Je vais faire assumer à ce gamin la responsabilité de ce qu’il a fait. La responsabilité est importante, non ? » demanda Bischof.

« N’avez vous pas dit que vous n’alliez pas toucher aux otages !? » demanda Stella.

« Eh bien... ceci serait vrai s’ils restaient calmes, mais ce gamin ne l’a pas fait. Ahh, il n’est pas un adulte et donc nous ne pouvons pas le juger trop durement, mais... ce que l’enfant a fait était quand même un péché. Il a piétiné la dignité de ce citoyen d’honneur ici présent et donc, il doit le payer de sa vie. La pénitence pour le péché, le pardon pour la pénitence, ceci est ma devise, vous voyez ! » annonça Bischof.

Bischof pressa soudainement légèrement sur la gâchette. Il allait vraiment tirer et donc Stella n’hésita pas à invoquer Laevateinn.

« Haaaaa! » cria Stella.

Puis elle sauta vers l’avant et frappa Bischof avec son Dispositif. Voyant ceci, Bischof se mit à sourire.

M’a-t-il piégé !?

Mais peu importe ! Elle ne voulait pas lui donner le temps d’appeler son Dispositif. Bischof tenait seulement une arme de poing. Il n’y avait donc aucune chance qu’il puisse bloquer Laevateinn avec quelque chose comme cela !

Stella frappa l’homme à l’aide de son arme, mais Bischof arrêta simplement la lame avec seulement son index et son majeur.

« QUOOOIII !? » s’écria Stella.

« Hehehe ! Oh ma chère ! Vous êtes rapide et forte comme les rumeurs le disaient à propos de votre Rang A. Mais hélas, vous ne savez pas comment ce monde peut être grand et terrifiant, » déclara Bischof.

Stella ne put pas cacher sa surprise. Une attaque de toutes ses forces avait été complètement bloquée avec seulement les doigts d’une main. Ce n’était pas une technique humaine. Le doigt ainsi que le bras auraient dû tous deux être arrachés. Même si l’attaque avait en quelque sorte été bloquée, le bras aurait quand même dû être brûlé par les flammes de Laevateinn. Mais Bischof semblait totalement insensible à la fois à la force et à la chaleur, neutralisant totalement son épée.

Comment ? Avant qu’une réponse ne puisse lui parvenir, la main droite de Bischof frappa en plein dans l’abdomen de Stella.

« Guh... euh... !? » s’écria Stella.

Il s’agissait là d’une puissance offensive qui avait été capable de complètement briser sa Robe d’Impératrice. Stella s’effondra alors d’un seul coup.

Comment ? Il ne semblait pas être si fort en tant que Blazer...!

Comment avait-il fait pour avoir cette puissance d’attaque de folie ? Stella s’était presque évanouie à la suite de ce coup, mais elle leva alors les yeux vers Bischof et réalisa le secret derrière sa contre-attaque.

« Ces... a-anneaux ! » déclara Stella.

Bischof portait une bague sur le doigt de chaque main et elles émettaient une lumière d’un rouge sinistre. Elles pouvaient ressembler de prime abord à de simples accessoires, mais ―.

« Ceci est mon Dispositif, l’Anneau du Jugement [3]. Sa spécialité est de traiter le “péché’ et la “pénitence’. La main gauche absorbe toutes attaques portées contre moi, alors que la main droite convertit le pouvoir magique et me permet de le renvoyer sur mon ennemi. Hehehe, en d’autres termes, plus mes ennemis est forts et plus je le deviens aussi, » expliqua Bischof.

« ... Je vois, donc j’ai été frappée par ma propre puissance, » déclara Stella.

Son explication était crédible, car elle ne pouvait plus se lever.

« Vous ne devriez pas sauter quand vous ne savez pas la puissance que détient votre adversaire, chère princesse ~, » ricana Bischof.

« ... Ce ne sont pas... vous êtes celui... qui m’a fait faire cela ? » déclara Stella.

« Hehehe, oh, vous avez tout à fait raison. Contre la Princesse Écarlate, je ne pouvais vraiment pas me permettre d’être pointilleux avec mes tactiques. Je suis tellement désolé. Mais bon, je suis impressionné. Vous, la princesse d’un autre pays, auriez pu rester bien cachée, mais vous avez choisi de protéger un certain morveux. C’est vraiment touchant. Est-ce ce que c’est ce qu’on appelle les obligations liées à la Noblesse ? Moi, Bischof, je suis vraiment étonné, alors je vais vous donner un moyen de sauver cet enfant, chère princesse Stella, » déclara Bischof.

« Quel moyen ? » demanda Stella.

« Voyez-vous, il y a une méthode très simple. Une méthode de repentance que tout le monde ici présent connaît. Des simples excuses réalisées après avoir fait quelque chose de mal. Mais, Votre Altesse, vous devrez présenter ces excuses à la place de l’enfant. Et vous devrez le faire à genoux et complètement nue. Hahahaha ! » déclara Bischof.

Notes

  • 1 Robe de l’Impératrice : Il utilise le kanji 妃竜の羽衣, Hiryuu no Hagoromo (« Grande tenue de l’impératrice Dragon »)
  • 2 Bischof : Un nom allemand, ce qui signifie « évêque ».
  • 3 Anneaux du Jugement : Ceci utilise le kanji 大法官の指輪, Daihoukan no Yubiwa (« Arène du Haut Juge »)

***

Partie 8

Compte tenu de la demande de Bischof, Ikki bouillonnait de colère. Il voulait sauter hors de la pièce se trouvant au-dessus et découper cet homme en morceaux, mais ―.

... Non !

S’il le faisait, il en résulterait le chaos et les otages subiraient alors des pertes. Il fallait éviter cela à tout prix.

« Hehe... bien sûr, je ne vais pas vous forcer. Comment pourrais-je donner des ordres à une princesse ? Ceci ne me dérange nullement si vous refusez. Mais si vous refusez, je vais faire prendre la responsabilité à ce morveux comme il était prévu initialement, » annonça Bischof.

Quel sale type !

Bien qu’il contenait sa colère, Ikki se mordit fermement les lèvres. Bischof pensait que Stella ne pouvait pas accepter sa demande, de sorte qu’il lui avait donné cette option juste pour l’humilier. Mais la réponse de Stella fut exactement comme l’avait prévu Ikki.

« ... Compris, » déclara Stella.

Stella dissipa son dispositif, Laevateinn, puis poussa un soupir de reddition tout en contenant sa colère.

« En retour, promettez-moi que les otages n’auront même pas une égratignure, » déclara Stella.

« Bien sûr. Moi, Bischof, je suis un homme connu pour ne jamais manquer à sa parole. Alors, rassurez-vous. Eh bien sûr, l’argent de la rançon ainsi que notre évasion réussie doivent également être garantie, » déclara Bischof.

« ... Alors, comme vous l’avez promis, » déclara Stella.

Après confirmation, Stella se leva. Ses genoux tremblaient probablement dus aux dommages qu’elle venait de subir. Puis ses mains commencèrent à enlever ses vêtements et dès lors, les tremblements n’étaient plus dus à la douleur, mais à l’agitation.

« Wôw, haha ! C’est impressionnant, le strip-tease d’une princesse impériale ! »

« Quelle belle idée ! C’est juste comme monsieur Bischof l’avait prédit ! »

« Ouais, elle se déshabille, elle se déshabille ! Hahaha ! »

Le visage de Stella était rouge de honte. Elle n’avait pas d’autre choix que d’exposer son corps nu face à ces ordures. Elle ôta donc ses vêtements, une seule pièce à la fois.

Son gilet tomba au sol et ainsi ses belles épaules furent exposées.

Ce fut le tour après cela de sa jupe qui descendit en glissant jusqu’à ses pieds et ses jambes menues et attrayantes furent exposées.

Puis après ça, les boutons de son chemisier furent défaits un par un et son petit nombril put enfin être vu dans la fente ainsi créée.

Et enfin, elle se retrouva seulement vêtue de ses sous-vêtements aux bordures blanches confectionnés avec de la dentelle.

« Wôw. Voilà un joli grand buste. Est-elle vraiment une lycéenne ? »

 

 

« Je ne me lasserais jamais de ça ! »

« Monsieur Bischof ! Peut-on prendre des photos ? »

« Vous êtes bien trop bruyants, vous, les salauds pervertis. Hehehe. Mais contemplez ça. Car le vrai spectacle commence maintenant, » déclara Bischof.

En entendant cette voix insupportablement crasseuse arrivée jusqu’à son cœur, le corps de Stella se mit à trembler. À ce moment-là, Ikki vit quelque chose d’étincelant se trouvant sur les joues de Stella.

Des larmes.

Au moment où il vit ces petites étincelles provenant de ces yeux, Ikki entendit un bruit et sentit quelque chose se déchirer en lui. Il s’agissait du bruit de ses lèvres qui étaient violemment mordues pour ainsi lui permettre de réprimer sa colère.

― Stella !

Mais Ikki ne pouvait plus bouger de sa place.

« Pouah ! » s’exclama Ikki.

Il sentait comme si son corps était attaché au sol. Quand il tourna la tête, il put voir le Dispositif d’Arisuin, l’Ermite Ténébreux, poignardant son ombre. Arisuin avait arrêté les actions d’Ikki avec un Art Noble qui permet arrêter les mouvements d’une cible, le Blocage d’Ombre [1].

« Calmez-vous. Qu’est-ce que vous étiez sur le point de faire. Vous comptiez sauter dans un moment comme celui-ci ? » demanda Arisuin.

« Mais si je n’y vais pas maintenant, Stella va... ! » déclara Ikki.

« C’est correct. J’ai un plan. Shizuku est en train de préparer quelque chose, donc il faut juste attendre encore un peu, » annonça Arisuin.

Ikki ne pouvait pas croire ces paroles.

« Shizuku... ? » demanda Ikki.

« Oui. Elle est en train de préparer la création d’une barrière d’eau tout en cachant son pouvoir magique, » expliqua Arisuin.

En entendant cela, Ikki regarda à nouveau vers la salle et essaya de rechercher la présence de la magie, mais ―.

« ... Est-ce vrai ? Je ne détecte rien, » demanda Ikki.

« Eh bien, bien sûr. Shizuku pourrait être inférieure à Stella dans les scores globaux, mais quand cela concerne le contrôle magique, elle est incontestablement la numéro une de cette année. On pourrait dire que Shizuku possède un talent de Rang A seulement dans ce domaine, » répondit Arisuin.

Le visage d’Ikki montra clairement sa surprise à la suite de l’explication d’Arisuin. Selon la situation, Shizuku pouvait compléter une action en utilisant seulement un quart du pouvoir magique dont les autres Blazers auraient besoin. Elle pouvait aussi parfaitement camoufler la magie pour que l’ennemi ne remarque rien. En outre, Shizuku Kurogane était un Blazer de type technique.

« Si quelqu’un du niveau de Shizuku cache son pouvoir magique, alors personne ne pourra le détecter, » déclara Arisuin.

Arisuin montra alors son terminal étudiant à Ikki. L’ayant apparemment laissé sur le mode silencieux. Un message de Shizuku était clairement visible.

{Création d’une barrière en cours, signal une fois terminé.}

Il s’agissait d’un court message qu’elle avait probablement tapé tout en ne regardant pas le terminal pour ainsi éviter de se faire remarquer. Mais le sens était facilement compréhensible.

Shizuku !

Ikki prononça le nom de sa sœur avec de la joie qui emplissait son cœur. Comme réponse à son signal ―

 

« Shouha Suiren [2] ― ! » prononça Shizuku.

 

L’utilisatrice d’eau, Shizuku Kurogane, éleva alors une barrière pour ainsi séparer les otages et des soldats de la Rébellion. Il s’agissait de son signal.

Notes

  • 1 Blocage de l’ombre : Ceci utilise le kanji 影縫い, Kagenui (« Shadow Weave »).
  • 2 Shouha Suiren : 障波水蓮: "Entrave Water Wave Lotus"

***

Partie 9

« Quoi !? » s’exclama Bischof.

Une barrière d’eau s’éleva brusquement vers le haut de la pièce comme seul un Blazer pouvait créer une telle chose. Bischof avait déjà envisagé la possibilité qu’un autre chevalier soit caché et cria donc ―.

« Si vous ne restez pas calme alors nous allons tuer tout le monde ! Vous tous, bâtards, tirez sur les otages ! » cria Bischof.

À la suite de l’ordre de Bischof, les adeptes visèrent les civils de l’autre côté de la barrière et tirèrent à l’unisson. Les otages, effrayés par l’eau, puis par la volée de coups de feu, paniquèrent et se recroquevillèrent tout comme s’ils avaient été jetés dans un chaudron d’huile bouillante.

Mais pas une seule balle tirée ne put atteindre les otages. Malgré le son d’eau qui chutait alors qu’elle frappait le sol, les balles avaient toutes été arrêtées par l’Art Noble de Shizuku, Shouha Suiren.

L’eau avait une résistance très importante aux chocs et donc, frapper sa surface rapidement revenait au même effet que frapper du béton. Pour un objet à haute vitesse telle qu’une balle de fusil, frapper l’eau ordinaire serait déjà suffisant pour la briser en fragments, mais l’eau infusée avec le pouvoir magique de Shizuku avait une solidité équivalente à l’acier. Rien en plomb ne pouvait pénétrer cela.

Et Shizuku ne combattait pas seule. Au même instant où elle utilisa « Shouha Suiren », Ikki invoqua « Ittou Shura ». Il sauta ensuite de l’atrium du troisième étage, ce qui créa une attaque-surprise décisive provenant des sommets au-dessus de Bischof.

« Tch ! Ils avaient aussi des camarades se cachant en haut !? » s’écria Bischof.

Mais Bischof était un terroriste qui avait lutté à travers de nombreuses situations extrêmes. Il remarqua donc immédiatement l’attaque-surprise, et appliqua donc rapidement une contre-mesure. Il tendit alors l’une de ses mains vers l’Intetsu d’Ikki avec la même main qui avait bloqué précédemment le Laevateinn de Stella. L’Anneau du jugement qui saisissait chaque attaque unique en tant que péché et activait ainsi la capacité de sa main gauche qui avait rendu impuissante la frappe pouvant provoquer des tremblements de terre de Stella.

L’épée d’Ikki était seulement plus rapide que celle de Stella. Mais elle était aussi plusieurs fois moins puissante, et donc elle ne pouvait pas pénétrer cette capacité. L’attaque-surprise était donc une erreur. L’attaque d’Ikki serait certainement considérée comme un péché et reviendrait contre lui en tant que pénitence. Mais cela, c’était uniquement si la main gauche de Bischof pouvait capturer la lame d’Ikki !

« ... Hein ? » s’exclama Bischof.

À cet instant, Bischof vit quelque chose d’incroyable : son bras gauche volant dans un jet de sang.

Peu importe comment Bischof pouvait utiliser sa main gauche pour laisser une attaque sans défense, il n’y avait aucune possibilité qu’il puisse saisir une attaque qui ne pouvait pas voir. Et ce que Bischof ne pouvait pas voir, il ne pouvait pas l’attraper et ce qu’il ne pouvait pas attraper, il ne pouvait donc pas l’arrêter.

Ikki avait frappé avec Intetsu avec une vitesse qui dépassait de loin la perception du mouvement chez des humains, si vite que le propre corps d’Ikki ne pouvait pas suivre. Il s’agissait là d’une frappe invisible, l’un des sept techniques d’épée originales d’Ikki Kurogane.

« La septième frappe secrète : Lame Raikou [1], » déclara Ikki.

Note

  • 1 Lame Raikou : Raikou 雷光 : signifie l’Éclair, « Lightning »

***

Partie 10

« Je vais m’occuper des petits poissons, de sorte que vous, Ikki, s’il vous plaît, mettez hors de combat leur vulgaire singe de patron, » lui déclara Arisuin.

Ikki avait exactement fait comme l’avait dit Arisuin. Avec sa frappe invisible « Raikou », il avait ciblé le bras gauche du péché de Bischof et l’avait envoyé au loin, puis il avait attaqué une deuxième fois pour lui couper par la même occasion le bras droit.

Ainsi les deux bras de Bischof se détachèrent de lui, et donc, ceci n’avait plus aucune importance de savoir s’il était fort dans ses fanfaronnades. Mais malgré cela, ses blessures lui avaient à peine fait fermer la bouche.

« Gaaaah! M-mes bras ! Allez vous faire ―, » cria Bischof.

« Hein ! Un tel jacassement si pénible ! » s’écria Ikki.

« Hii... ! » Mais Bischof cessa sa déclaration extravagante au moment où il vit le visage empli de haine d’Ikki.

« Même si cela vous semble méchant, j’ai été gentil avec vous. Après tout ce que vous avez fait subir à Stella, cela ne me dérangerait nullement de vous couper un ou deux membres de plus. Après tout, avec un traitement dans une capsule IPS, ce genre de traumatisme n’est pas permanent, » répliqua Ikki.

Ikki repoussa Bischof en changeant son regard pour qu’il semble devenir proche de la congélation, comme s’il regardait une saleté. Puis après cela, il observa les otages qui n’avaient pas été blessés, ce qui signifiait que son action avait été un succès.

*Tape* Arisuin lui tapota alors sur l’épaule.

« Vous avez vraiment réussi, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

« Alice. Est-ce que vous avez également fait ce qu’il fallait faire là-bas ? » demanda Ikki.

« Dois-je dire que je l’ai fait ou plutôt, que quelqu’un d’autre l’a fait à ma place ? Je pense que c’est tout à fait étonnant provenant de cette fille, » déclara Arisuin.

Ikki fronça les sourcils face aux incompréhensibles paroles d’Arisuin avant de se tourner. Mais alors, il vit à ce moment-là, ce qu’Arisuin voulait dire. Des soldats de la Rébellion qui étaient positionnés ici et là, pas un seul étaient encore debout. Sur ce champ de bataille, il ne pouvait voir que le dos d’une seule personne se tenant encore debout.

« Stella... ! » s’écria Ikki.

Il s’agissait bien entendu de la Princesse Écarlate qui fit alors un profond balancement de ses cheveux roux. Elle avait en ce moment son corps vêtu d’une robe de flammes et dans sa main se trouvait Laevateinn qui générait des flammes tout autour d’elle. Après avoir subi un coup critique et une honte qu’elle n’avait jamais reçus auparavant, Stella avait encore fait le premier pas et avait terrassé chacun des soldats si vite qu’Arisuin n’avait même pas pu participer. Elle avait fait ceci en tout gardant un jugement précis et un important calme en dépit d’avoir été humiliée. Elle avait su garder le contrôle de sa force. Ikki était d’accord avec l’avis d’Arisuin sur le fait qu’elle était vraiment incroyable, mais alors ―.

Arisuin poussa légèrement Ikki dans la direction de Stella.

« Permettez-moi d’aller avertir les personnes se trouvant à l’extérieur. S’il vous plaît, allez-y, » déclara Arisuin.

« Merci, » répondit Ikki.

Elle n’aurait pas dû être forcée à devoir faire quelque chose comme cela !

« Stella ! » déclara Ikki.

Ikki courut jusqu’à Stella et juste après qu’elle se fut tournée vers cette voix, il la serra tout contre lui.

« Ah ! Hey ! Qu’est-ce que... !? » demanda Stella.

Stella était confuse et effrayée d’être si soudainement étreinte, mais Ikki ne se souciait nullement de cela. En ce moment, il savait ce qu’il voulait faire, alors il enlaça étroitement Stella, cachant ainsi la peau de la jeune fille avec son propre corps. Ceci semblait mettre cette douce et héroïque fille à l’aise.

« Désolé. Si seulement j’étais venu pour te sauver plus rapidement... alors tu n’aurais pas été gênée de cette façon, » déclara Ikki.

« Ikki... ! » répondit Stella.

Que ses sentiments soient compris ou non, Stella confia son petit corps tremblant à l’étreinte d’Ikki. Ikki essayait de ne pas regarder l’expression de Stella, mais son étreinte resta ferme.

Peu de temps après, Shizuku l’appela. « Onii-sama. »

« Shizuku, merci. Élever cette barrière fut d’une grande aide. Est-ce qu’une personne a été blessée ? » demanda Ikki.

« Bien sûr que non. Penses-tu que je suis soit si maladroite ? » demanda Shizuku en réponse.

En semblant indignée, Shizuku tendit alors à Stella les vêtements que Stella avait jetés au sol avant cela.

« Je les ai rassemblés pour vous. J’espère que vous ne prévoyez pas de vous tenir ainsi debout à moitié nue beaucoup bien longtemps ! » déclara Shizuku.

« M-Merci... Je suis surprise que vous fassiez cela pour moi, » déclara Stella.

« Quelle grossièreté !? Vous devriez être reconnaissante de vous avoir protégée après que vous vous soyez précipitée sur eux si négligemment, non ? » demanda Shizuku.

« Ooh... ! » s’exclama Stella.

En lançant des regards noirs à Shizuku, Stella détourna timidement les yeux. Mais alors Shizuku ―.

« Toutefois... J’ai aussi un peu une meilleure opinion de vous, » déclara Shizuku.

« Hein !? » s’exclama Stella.

« Moi-même, je ne pouvais pas sauver cette mère et son enfant, mais vous avez mis votre vie en jeu pour le bien d’un complet inconnu, » continua Shizuku.

« ... C-Ce n’est pas comme si je voulais bien paraître... Mais bon, ceci aurait été dangereux si votre barrière n’avait pas été là. Cette technique était splendide..., » déclara Stella.

Elles avaient été complètement hostiles l’une envers l’autre jusqu’à maintenant, mais avec cette évaluation honnête ou peut-être à cause de l’embarras, les regards de Stella et de Shizuku étaient tous deux exceptionnellement chaleureux et Ikki espionna l’échange de leurs reconnaissances mutuelles.

Ce serait bien si elles pouvaient profiter de cette occasion pour mieux s’entendre.

« Ah, c’est vrai. Shizuku, peux-tu effectuer une guérison ? » demanda Ikki.

« Bien sûr, mais... non, ne me dis pas que tu as été blessé ? » demanda Shizuku.

« Non, pas moi, mais lui, » répondit Ikki.

Il désigna Bischof. Le saignement de l’homme était important, donc ils ne pouvaient pas le laisser ainsi et la guérison d’une plaie en manipulant l’eau était une compétence limitée aux utilisateurs d’eau de haut niveau.

« Tu n’as pas besoin de reconnecter les bras. Tu as juste besoin d’arrêter l’écoulement du sang. Sinon bientôt, il va devenir encore plus violent et pénible, » expliqua Ikki.

« Je comprends, Onii-sama. Tu ne veux pas la vie de cet homme sur ta conscience, » déclara Shizuku.

« Je voulais juste le rendre impuissant, mais je veux aussi lui épargner la vie, » déclara Ikki.

« Neeee bougeeez passss !!! »

***

Partie 11

Un cri de colère éclata parmi les otages. Ikki et les filles se tournèrent vers la voix et ils virent alors un jeune homme portant un T-shirt rouge posant une arme de poing sur la tempe d’une femme d’âge moyen.

« S-S’il vous plaît, sauvez-moi ! » cria la femme.

« Ne bougez plus, vous, les marmots ! Si vous bougez, je vais éclater la tête de cette vieille sorcière ! » cria l’autre.

Ikki se raidit. « Oh non ! Un criminel était dissimulé parmi les otages !? »

« ... Hehe, Hahahaha ! Se cacher parmi les otages n’est pas quelque chose que seul vous, les gars, pouvez faire ! » déclara Bischof.

« Bischof... » déclara l’homme.

Le Blazer criminel fit une grimace déformant son visage tatoué tandis que du sang jaillissait de ces deux épaules sans bras.

« Hey toi, la lolie naine-gothique là-bas ! » cria Bischof)

« Vous avez dit la naine !? » s’écria Shizuku.

« Oui, toi, la naine. Tu as bien dit que tu pouvais me guérir, donc viens tout de suite ici et remets mes bras en place ! Et ne va surtout pas me dire que tu ne peux pas le faire !? Hehehe..., » ordonna Bischof.

Face au rire de Bischof, la femme d’âge moyen cria à nouveau. Si une arme à feu avait été ainsi pressée sur la tempe d’Ikki, il aurait probablement réagi de la même manière.

Zut !

Ikki serra les dents de colère. « Ittou Shura » était encore actif, mais le canon était fermement pointé sur la femme et il ne pouvait pas risquer un coup de feu.

« Dépêche-toi ! » cria Bischof.

« Onii-sama..., » déclara Shizuku.

« Nous n’avons pas le choix. Il a pris le contrôle de la situation ―, » répondit Ikki.

 

« Pas du tout. »

 

La voix d’un garçon retentit directement dans la tête d’Ikki, puis d’innombrables rayons de lumière passèrent à côté de lui. * Swish Swish Swish * il s’agissait de flèches magiques brillantes de la couleur d’un bleu ciel radieux.

« Uaaaah! » cria Bischof.

« Gah-ah..., » cria le preneur d’otage.

À de nombreuses reprises, les flèches magiques percèrent Bischof et le preneur d’otages, les laissant cette fois-ci impuissants à coup sûr.

« Quoi !? C’était quoi ça ― ? » s’exclama Stella.

Stella frissonna en se tournant soudainement, mais Ikki avait déjà vu cela auparavant. De plus, il connaissait cette voix.

Cette technique est...

« Hahaha, bon bon, après tout, il est triste d’avoir à donner un coup de main ainsi. Je ne veux pas voler la réalisation de quelqu’un d’autre. »

L’espace vide sous leurs yeux commença alors à briller, puis l’image de l’air vide s’émietta comme si des écailles tombaient. Au milieu de cet effondrement, un jeune homme mince apparu, tenant un Dispositif en forme d’arc. Même Arisuin, qui avait été capable de détecter le groupe de Bischof à distance, n’avait rien pu détecter.

Mais ceci n’avait nullement surpris Ikki. Car la furtivité était la capacité spéciale de ce jeune homme. Ikki savait déjà cela, car qu’ils étaient après tout, à l’origine, des camarades de classe.

« Kirihara-kun. Ceci fait un certain temps depuis la dernière fois, n’est-ce pas ? » demanda Ikki.

Shizuya Kirihara. Le meilleur nouvel étudiant de l’année dernière ainsi que le représentant du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de l’année dernière. Kirihara sourit calmement à cette réunion et tout en envoyant un regard dédaigneux à travers ces paupières plissées.

« Ouais ! Ouais ! Ça fait un bail, Ikki Kurogane-kun ! Es-tu toujours dans cette école ? » demanda Kirihara.

Stella et Shizuku firent toutes deux des expressions clairement désagréables, mais cette personne les avait quand même aidées, de sorte qu’elles ne se plaignirent pas.

Soudain, pas moins de sept filles quittèrent la masse des otages, poussant le groupe d’Ikki sur le côté avant de se précipiter jusqu’à Kirihara. Elles étaient des amies de Kirihara qui étaient venues avec lui aujourd’hui pour visiter le centre commercial.

« Kirihara-kuuun ! Nous avions tellement peur ~ ! »

« Vous avez subi une expérience affreuse à cause de mes décevants cadets, n’est-ce pas ? Mais ceci va bien maintenant ! » déclara Kirihara

« Oui, j’avais la foi que vous me sauveriez. »

« Ah, Kirihara-sama ~. Vous êtes vraiment si cool. Après tout, vous êtes un chevalier si puissant ~. »

Shizuku toussa et Stella grimaça aux louanges extravagantes de ces filles bien habillées et vis-à-vis de Kirihara qui se prélassait de ces louanges.

« ... Quel garçon invivable ! » déclara Stella.

« Ceci bien est la première fois où nous sommes tombés d’accord sur quelque chose, non ? » demanda Shizuku.

La police, qui avait été contactée par Arisuin se précipita dans la cour juste après que Kirihara ait assaini la situation et ils commencèrent à arrêter les soldats rebelles et à prendre soin des otages. Et Ikki, qui avait vu que les troubles pour ce jour de congé étaient plus ou moins terminés, vit toute sa tension le quitter d’un coup. Son corps fut violemment secoué et il tomba au sol. La fatigue due à l’utilisation d’Ittou Shura avait jailli d’un seul coup en lui.

« Onii-sama ! » s’exclama Shizuku.

« Ikki, vas-tu bien ? » demanda Stella.

« ... A-Ah, oui, je vais bien... si je peux me reposer un peu. Mais je ne peux que marcher lentement, » répondit Ikki.

« Alors, tu devrais aller t’asseoir pendant un moment, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

Alors qu’Arisuin déplaça Ikki sur un banc se trouvant dans l’aire de restauration, l’officier de police responsable de l’affaire les appela avant de se courir jusqu’à eux quatre.

« He ! Êtes-vous les étudiants-chevaliers qui ont résolu le problème ? Pourriez-vous venir avec moi jusqu’au poste de police afin de faire un rapport sur les événements ? » demanda le policier.

« Mais, mais... peut-être que vous ne le savez pas, mais ce n’est pas vraiment le bon moment pour cela ! Nous aimerions qu’Ikki puisse avoir un peu de repos si c’était possible, » répondit Arisuin.

Arisuin tourna son regard vers Kirihara qui était entouré par ses amies, mais ―.

« Devriez-vous me supplier de m’occuper d’une enquête si pénible après que j’ai dû nettoyer tout cela pour vous ? » demanda Kirihara.

― Il semblerait Kirihara ne voulait pas continuer à les aider plus longtemps. Il annonça donc ce refus infranchissable avant de commencer à parler avec ses partisans féminins concernant le fait d’aller quelque part pour se détendre un peu.

« Non, Alice. C’est correct... Si je reste dans la voiture de patrouille, je pense que je vais pouvoir récupérer un peu, » déclara Ikki.

« Ikki, tu ne te forces pas un peu trop là ? » demanda Stella.

« Je vais bien. Tout va bien..., » déclara Ikki.

Ikki se leva en faisant semblant d’être encore plein de force en dépit de son expression profondément fatiguée. Après un moment, il se tourna dans la direction de Kirihara avant de s’incliner légèrement.

« Merci, Kirihara-kun. Vous nous avez vraiment sauvés aujourd’hui, » déclara Ikki.

« Pas besoin de me remercier. Les forts doivent soutenir les faibles, » répliqua Kirihara.

Stella et Shizuku firent à nouveau fait des expressions dangereuses en entendant les mots malveillants provenant de Kirihara, mais un repos pour Ikki était plus important pour eux que de répondre à ce garçon, de sorte que Stella attrapa l’épaule d’Ikki avant d’essayer de le guider vers la voiture de patrouille.

« Mais Kurogane-kun... tu essayes toujours de devenir un chevalier tout en ayant cette force si pitoyable ? » demanda Kirihara.

Stella ne put ignorer plus longtemps le mépris de Kirihara face à Ikki.

« Vous... Comment osez-vous ! » s’écria Stella.

« Stella, c’est correct, » déclara Ikki.

« Ceci ne l’est pas ! Je ne vais pas rester calme après avoir entendu de telles insultes éhontées ! » s’écria Stella.

Secouant la tentative d’Ikki pour retenir sa colère, Stella haussa ses épaules avant de pointer un doigt vers Kirihara.

« Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais Ikki est beaucoup plus fort que quelqu’un comme vous ! J’ai moi-même vu sa force ! Avez-vous la moindre idée de la quantité d’efforts qu’il a dû accumuler jusqu’à maintenant !? » demanda Stella.

Mais les mots mordants de Stella n’étaient que de pieux vœux. Stella ne connaissait pas la puissance de Kirihara, elle ne connaissait pas l’écart désespéré entre Ikki et ce garçon.

« ... Haha, Hahahaha ! » Kirihara se mit à rire.

« Qu’est-ce qui est si drôle !? » demanda Stella.

« Tout ça ! Comment ne puis-je pas m’empêcher de rire à ce sujet ? Dire que le Chevalier Raté là-bas est plus fort que moi... hahaha ! Lui, le lâche qui, par une fois déjà, s’enfuit parce qu’il avait trop peur de me combattre ? C’est vraiment un chef-d’œuvre ce que tu me dis là ! » déclara Kirihara.

« Hein... ? » s’exclama Stella.

Ikki avait fui lors d’un match ? Stella tourna sa tête avec étonnement et incrédulité, mais... Ikki ne nia pas ce fait. Il se contenta de rester silencieux, regardant Kirihara. Elle ne put donc pas avoir sa réponse. Mais Stella savait qu’une telle chose était impossible, alors elle se tourna à nouveau vers Kirihara avant de dire cela.

« Vous mentez ! Il n’y a aucune chance que tout cela soit vrai ! » déclara Stella.

« Hahaha, parce que tu es convaincue qu’il est le plus fort entre nous deux, » déclara Kirihara.

« Exactement ! Ikki a gagné contre moi, donc il n’y est pas un chevalier ordinaire ! » répondit Stella.

« Oh ? Alors Mademoiselle Vermillion, que diriez-vous si nous faisions un pari ? » demanda Kirihara.

« ... Pari, dites-vous ? » demanda Stella.

Kirihara avait changé son regard de Stella à Ikki.

« En fait, une bonne façon de savoir si vous avez raison ou tort est déjà prête à l’instant où je vous parle. Kurogane-kun, je devine que tu as coupé ton terminal étudiant, n’est-ce pas ? Allume-le pour voir et jette un coup d’œil à ce qui s’y trouve, » déclara Shizuya.

Ikki sortit rapidement son terminal étudiant et au moment où il le démarra, un avertissement concernant la réception d’un nouveau courrier arriva aussitôt. L’expéditeur était... le comité exécutif des sélections des batailles ! Et son contenu était ― :

 

{L’adversaire pour le premier match des batailles de sélection de Monsieur Ikki Kurogane a été décidé. Il s’agit de Monsieur Shizuya Kirihara de la classe 3 de deuxième année.}

 

« C’est vrai, ton premier adversaire pour ton match n’est nul autre que moi, le représentant du Festival de l’année dernière. Moi, Shizuya Kirihara, qui détient le surnom de “Chasseur”. Notre combat ayant déjà été prévu, je compte dans le cas ou je perdrais retirer tout je viens de dire aujourd’hui et j’irais même jusqu’à faire des excuses comme me l’a demandé Mademoiselle Vermillion. Mais si je gagne... J’exige qu’elle sorte avec moi, » déclara Kirihara.

Naturellement, Ikki haussa la voix pour ainsi protester.

« Kirihara-kun ! Quelque chose comme ça est franchement ridicule ―, » déclara Ikki.

« Très bien. Je vais accepter ces termes, » déclara Stella.

« Quoiii !? » s’écria Ikki.

Stella accepta facilement au grand dam d’Ikki.

« Arrête ça, Stella ! Tout ça n’a pas d’importance pour moi ! De plus, je n’ai nullement besoin des excuses de Kirihara-kun ! » s’écria Ikki.

« Même si toi, tu n’en as pas besoin, je vais quand même le faire. Je n’accepterais jamais que le chevalier qui a été capable de me battre dans un duel équitable soit dit par quelqu’un comme étant un faible, » répliqua Stella.

Ikki n’avait pas renoncé à essayer de la persuader, mais Stella ne céda pas d’un pouce. Ni l’un ni l’autre n’était prêt à faire des compromis et donc, malheureusement, le pari de Kirihara fut ainsi validé.

« Ceci met fin aux négociations, non ? Il s’agissait avant cela d’une rencontre ennuyeuse que j’allais gagner dans tous les cas. Mais peut-être que maintenant cela en vaut un peu la peine ? Kurogane-kun, rends-toi la prochaine fois directement dans l’arène. Je ne pense pas que je dois le dire. Mais si ce jour-là, tu viens devant moi avec une telle puissance minable... eh bien, mieux vaut être prêt à la défaite. Les batailles de sélection sont après tout, des combats réels, pas comme ces simulacres de batailles. Alors il te faudra combattre de toutes tes forces si tu ne veux tout simplement pas mourir. HaHaHa ! » répliqua Kirihara.

Riant bruyamment, Kirihara partit ensuite avec ses adoratrices. Ni Arisuin, ni Shizuku et encore moins Stella n’avaient eu des impressions positives de Kirihara après qu’il ait ainsi affiché son arrogance.

« Hmm. Son visage est très bien, mais le fait d’avoir une telle personnalité malhonnête est vraiment terrible, » déclara Arisuin.

« ... Quelle sensation désagréable ! » s’exclama Shizuku.

« Haa ! Peu importe ce qu’il vient de dire. Tu as bien gagné contre moi, donc tu peux facilement battre ce gars. Tu ne le crois pas ? » demanda Stella.

Stella espérait qu’Ikki donne avec force une réponse positive. Mais ―.

« Le puis-je ? Pour moi, il s’agit là du pire adversaire qu’il m’est possible de rencontrer, » répondit Ikki.

« Ikki... ? » demanda Stella.

― La réponse qu’elle avait attendue ne vint donc jamais. Contrairement à Stella, Ikki connaissait l’immense pouvoir du Art Noble de Kirihara, il ne pouvait pas faire une promesse avec assurance. Ce combat... Ikki en avait l’intuition, sera extrêmement difficile.

 

Et les batailles de sélection pour le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée commencèrent le lendemain. Les premières rencontres pour Stella, Shizuku et Arisuin étaient prévues pour le début de la semaine, le lundi. La première rencontre pour Ikki était le lendemain, le mardi. Et ceci annonçait la première compétition officielle pour Ikki. Tout ceci serait ainsi très différent des batailles simulées qu’il avait faites jusqu’à maintenant, car il s’agissait là d’une bataille dans le vrai sens du terme. La bataille approchait de devant ses yeux.

***

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