Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 1 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : Un Visiteur de l’Ancienne Maison

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Chapitre 2 : Un Visiteur de l’Ancienne Maison

Partie 1

Au début d’une froide matinée d’avril, deux silhouettes pouvaient être vues à l’extérieur de l’Académie Hagun. L’une était Ikki Kurogane. Il portait un pull-over et il se tenait debout devant la porte principale. Il buvait une bouteille de boisson sportive tout en déplaçant ses épaules de haut en bas. L’autre personne était Stella Vermillion ; elle était assez éloignée d’Ikki et haletait de fatigue alors qu’elle courait en direction de la porte principale.

Ikki n’ayant aucun talent magique, il s’était fixé des routines d’entraînement intense pour lui-même et courait ainsi une vingtaine de kilomètres tous les matins pour maintenir sa condition physique. Ces vingt kilomètres n’étaient nullement un jogging léger. Il avait sprinté à pleine vitesse tout le long et avait souvent changé son rythme afin de forcer intentionnellement ses fonctions cardio-pulmonaires.

Stella, qui était devenue sa camarade de chambre il y a trois jours, l’avait également rejoint dans cette routine quotidienne.

Le premier jour, Stella s’était effondrée en cours de route. Lors du second, elle avait vomi. À cause de cela, le troisième jour, Ikki avait commencé à courir au même rythme que Stella.

« Quand est-ce que je t’ai dit que cela me dérangeait ? » avait crié Stella.

Mais quand il avait diminué sa vitesse, Stella avait crié sur Ikki avec une intensité qu’il n’avait jamais vu auparavant et donc il avait recommencé à courir comme d’habitude aujourd’hui aussi. Et aujourd’hui, même s’il y avait un délai, elle avait réussi à atteindre la fin du parcours.

... Comme je l’avais pensé, Stella est vraiment incroyable, pensa-t-il.

Pendant qu’elle chancelait jusqu’à la porte, Ikki admirait la silhouette de Stella. Elle possédait un grand talent pour la magie, mais en plus de cela, elle s’était également entraînée très durement physiquement. Il devait admettre qu’elle ne dépendait pas seulement de son don et qu’elle avait poursuivi ses efforts pour elle-même.

« Haa, haaaa ― ! Réusssssi..., » s’exclama Stella à bout de force.

« Bien joué, » déclara Ikki.

« Je-je vais bien... c-c’est super ―, » déclara-t-elle.

Elle était tellement épuisée que même ses vêtements étaient complètement humides, dût à la transpiration. Elle avait une incroyable volonté. Ikki regardait vers Stella qui respirait lourdement et il lui offrit la boisson qu’il consommait un instant plus tôt.

« En veux-tu ? » demanda-t-il.

Stella avait alors regardé la bouteille avec une expression déconcertée.

« E-Eh, c’est un... baiser indirect..., » balbutia Stella en un murmure.

« Y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? ... Oh, désolé, Stella. Tu ne peux pas boire dans une bouteille qu’un garçon a déjà utilisée, » déclara-t-il.

« Je n’ai pas dit que c’était mal de faire cela ! C’est même tout le contraire ! » s’exclama Stella.

« Contraire !? » Ikki s’écrit ça, surpris par les paroles de Stella.

« RR-Rien, tu es un idiot ! Alors, donne-la-moi ! » déclara Stella avec force.

... Aaah, dans tous les cas, elle va boire à l’endroit où j’avais mis ma bouche, pensa-t-il.

Avec un visage encore plus rouge que quand elle avait fini la course, Stella avait pris la boisson et y avait bu.

Mais il ne fut pas assez rapide pour l’avertir de cela. Se sentant rempli de remords, il évita le regard de Stella et regarda vers la porte principale de l’Académie Hagun où se trouvait un panneau indiquant les prochaines formalités scolaires.

« Enfin la cérémonie de rentrée, » murmura Ikki.

C’était quelque chose de très personnel pour Ikki. Une année avait passé sans même pouvoir obtenir une chance, mais cette année serait différente. La nouvelle directrice, Shinguuji Kurono voulait donner à tous les élèves l’occasion de progresser. Il pouvait sentir son appréhension en hausse. En outre ―.

« Tu as l’air très heureux, Ikki, » déclara Ikki.

« Le penses-tu vraiment ? En fait, il y a une personne que je veux rencontrer aujourd’hui, » demanda-t-il.

« ... Je suppose que tu ne parles pas d’une fille ? » demanda Stella.

Hein ? Je sens une intention meurtrière, pensa-t-il.

« Euh, c’est vrai que c’est une fille, mais ―, » répondit Ikki.

« Adieu, » déclara Stella.

« Attends ! Attends un peu ! Pose Laevateinn, et après ça, veux-tu bien écouter le reste !? Je parlais seulement de ma petite sœur ! » s’exclama Ikki.

« Sœur ? En y pensant, tu m’as dit quelque chose pendant notre duel au sujet d’une sœur, » déclara Stella.

« Tout à fait, » répondit-il. « Elle va intégrer l’Académie en première année. Je n’ai pas pu communiquer avec elle après être parti de la maison il y a quatre ans, donc je suis heureux de la rencontrer après si longtemps. »

Il s’agissait d’une fille avec deux queues de cheval argentées qui suivait toujours Ikki avec de petits pas hésitants. Elle était une personne pleurnicheuse, gâtée et solitaire, mais elle était aussi sa mignonne petite sœur qui ne l’avait jamais méprisé alors que son frère, sa mère, son père, ainsi que les autres du clan l’avaient tous fait. Pour Ikki, Shizuku Kurogane était sa seule famille. Comment avait-elle grandi en quatre ans ?

« Je suis impatient d’y être, » déclara Ikki.

« Je voudrais te poser une question à propos de ta sœur. Es-tu sûr qu’elle est effectivement liée par le sang avec toi ? » demanda Stella.

« Oh, elle est uniquement une petite sœur liée par sang que tu peux trouver dans toute famille. Pourquoi cette question ? » demanda Ikki.

« Alors je te le pardonne, » annonça Stella.

À propos de quoi est-il exactement pardonné ? Ikki n’avait pas saisi la raison. Cependant, sa politique était d’éviter les choses qu’il ne pouvait comprendre. Ikki avait encore une fois regardé le panneau qui disait « Cérémonie de Rentrée » et il avait réfléchi aux prochains jours. Les combats qui décideront du droit d’aller au Festival des Sept Étoiles étaient sur le point de commencer.

***

Partie 2

« OK ☆ ! À tous les nouveaux étudiants, toutes mes félicitations pour votre venue dans cette école, ― ♥ ! » déclara la femme se trouvant devant les étudiants.

* Bang ! * Debout sur la plate-forme face aux étudiants, une jeune professeur salua tout le monde avec un tir de confettis et un grand sourire.

« Je suis Yuuri Oreki, » continua-t-elle. « Je serais la personne responsable de votre classe pour cette première année. Comme il s’agit de la première fois que je suis une enseignante titularisée, je serais très heureuse si vous m’appelez Yuuri-chan ☆ et que vous me traitiez comme votre amie. ♪ »

Leur première journée scolaire commençait dans la gaieté. Stella, assise à un bureau voisin d’Ikki comme si elle était liée à Ikki par le destin, grommela face à l’enthousiasme excessif d’Oreki.

« ... Elle a l’air fatigante, » murmura Stella.

« Haha, c’est vrai, mais c’est également un bon professeur et une bonne personne, » répondit Ikki.

« La connais-tu ? » demanda Stella.

« Eh bien, oui un peu, » répondit-il.

Ikki avait souri puis il avait reporté son attention sur le discours de l’enseignante.

« Aujourd’hui, comme il s’agit de votre première journée, il n’y aura donc pas de cours ! » annonça Oreki. « Mais j’ai quelque chose à vous dire à propos de batailles de sélection qui détermineront les représentants pour le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. Tout le monde, pourriez-vous prendre votre terminal étudiant ? »

Conformément aux instructions, Ikki avait sorti dans la paume de la main son terminal à cristaux liquides se trouvant avant ça dans sa poche de poitrine. Le terminal étudiant de l’Académie Hagun était un outil tout-en-un qui pouvait être utilisé comme identifiant, portefeuille, téléphone cellulaire, borne Internet et bien plus encore.

« Eh bien. Comme l’a dit Madame la Directrice lors de la cérémonie d’ouverture, l’Académie Hagun utilisait un système de notation de compétences pour sélectionner ses représentants au Festival jusqu’à l’année dernière, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle. « Mais dès cette année, la sélection par score de compétences a été supprimée ! Le système a été changé pour une sélection aux moyens de véritables batailles avec la participation de l’ensemble de l’école et ainsi, six personnes seront choisies en fonction des résultats. Wôw, quelle violence, n’est-ce pas ! Et le comité exécutif de sélection des batailles vous enverra à tous des e-mails sur vos terminaux étudiants. Vous devez venir à l’endroit désigné après que la date et l’heure sont confirmées, d’accord ? Si vous ne venez pas, vous perdrez automatiquement, alors, méfiez-vous ♥ . »

Stella avait brusquement levé sa main, puis elle avait demandé. « Sensei [1]. »

« Non non ! Si tu ne m’appelles pas Yuuri-chan ☆ alors je ne vais pas te répondre, » répondit Oreki.

« ... Yu-Yuuri-chan, » balbutia Stella.

« Oui ! Oui, Stella-chan ? » demanda Oreki.

« Combien de combats auront lieu afin de compléter la sélection des participants ? » demanda Stella.

« Je ne suis pas sûre, mais chaque étudiant devra faire au minimum une dizaine de matches, » répondit Oreki. « Après que les matches commencent, vous aurez certainement un match tous les trois jours, alors soyez ♪ prête. »

Après avoir entendu cela, Ikki s’était senti un peu soulagé. Après tout, son Art Noble, Ittou Shura, ne pouvait pas être utilisé plus d’une fois par jour. Ainsi, une série de batailles consécutives serait très difficile pour lui. Mais alors que cet arrangement était bien pour Ikki, il l’était beaucoup moins pour ses camarades de classe.

« Hey, vous ne pouvez pas être sérieuse, » déclara l’un des autres étudiants de la classe.

« Trop gênant ~. Alors je ne serai pas en mesure de sortir m’amuser ! » s’exclama un autre.

« De toute façon, je ne veux vraiment pas participer au Festival. »

Des voix contrariées retentirent dans la salle de classe, mais bien sûr, tout le monde n’était pas aussi intéressé par le Festival des Sept Étoiles que l’était Ikki. D’une part, les formes illusoires ne seraient pas utilisées, rendant les combats beaucoup plus dangereux. Certaines personnes ne voulaient pas risquer de se blesser pour seulement augmenter leurs classements. Être diplômé en paix et faire l’acquisition de la qualification de Chevalier-Mage et ainsi trouver un emploi à salaire élevé leur suffisait. C’était le cheminement que prenaient beaucoup d’étudiants pour leur vie.

L’un de ces étudiants avait parlé à voix haute. « Y a-t-il des pénalités pour avoir perdu ou dans le cas, où l’on s’abstient ? »

« Non ~ ♪. Il n’y a pas de pénalité pour avoir perdu ou de réduction de vos notes scolaires. Cependant, il y a des avantages si vous gagnez, » répondit Oreki. « ~ ☆ Et bien sûr, vous pouvez également vous abstenir et donc les personnes qui ne souhaitent pas se joindre au Festival doivent écrire un courriel au comité exécutif disant qu’ils n’y participeront pas. Vous serez ainsi immédiatement retiré de la liste. Mais vous savez... »

Oreki avait alors regardé dans la direction d’Ikki pendant un moment et lui sourit avec douceur.

« Sensei pense que cela peut être très difficile, mais elle pense également que c’est un merveilleux système qui donne à chacun de vous une chance égale de gagner au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée et ainsi de pouvoir devenir le Roi des Épées des Sept Étoiles, » continua-t-elle. « Voilà pourquoi, si possible, je voudrais que vous participiez si vous le pouvez. Je suis sûre que tout le monde va chérir cette expérience. »

Ikki avait acquiescé de la tête avec reconnaissance face à ce regard le visant.

Le jour de son examen d’admission, il avait rencontré Oreki qui était alors son examinatrice. Et comme elle l’avait correctement évalué, Ikki avait pu rentrer à l’Académie Hagun.

Alors que son esprit vagabondait à propos de cet événement survenu il y a un an, il s’était souvenu de quelque chose...

Attendez. Oreki-sensei n’avez-vous ―, pensa Ikki.

« Donc tout le monde, s’il vous plaît, fait de votre mieux à partir de maintenant ! ABUUAAABUFUUU !! » s’écria Oreki.

*Du sang fut projeté partout*

pas un corps extrêmement fragile ? Mais au moment où il s’était souvenu de ce fait, Oreki était déjà en train de vomir du sang sur le sol de la salle.

« Yu-Yuuri-chaaaaan !? »

Ses camarades de classe crièrent à la suite de cette explosion rouge vif sortant de la bouche de l’enseignante. Pendant ce temps, Ikki avait sauté de son siège afin de soutenir Oreki.

« Ah ! Elle va bien, oui, elle va bien. Tout le monde, s’il vous plaît, calmez-vous, » déclara Ikki. « Vous ne devez pas trop vous inquiéter pour ce que vous voyez. Oreki-sensei est tout simplement quelqu’un souvent malade. »

« Non, ceci est assez inquiétant ! Comment peut-il y avoir tant de sang qui sort ainsi !? » demanda l’un de ses camarades de classe.

*Tousse tousse*

Toussant violemment, Oreki avait affiché à ses élèves en difficulté un sourire fragile.

« Oh, comme l’a dit Kurogane-kun, je vais tout à fait bien. Votre professeur... crache souvent un litre de sang chaque jour depuis qu’elle est une enfant…, » déclara Oreki.

« Est-ce bien ainsi !? » s’écria l’un des élèves.

*Tousse tousse*

« ... Eh bien, je vis avec ce corps depuis plus de vingt ans. Je serais en forme dans une semaine. Haha... incroyable, non ? » demanda Oreki.

Ikki avait alors soupiré avant de parler. « S’il vous plaît, ne soyez pas fière de quelque chose de si triste. Pour l’instant, je vais emmener Sensei à l’infirmerie pour des soins, alors, quelqu’un pourrait-il nettoyer cette mare de sang ici présente. »

« Compris. Laissez nous faire cela ! » déclara l’une de ses camarades de classe.

Après avoir vu qu’une jolie jeune fille ayant des cheveux couleur blond-pêche avait hoché la tête, Ikki avait soutenu Oreki par son épaule et ils se dirigèrent vers l’infirmerie.

Sur le chemin, il avait demandé à son professeur quelque chose qui le tracassait depuis un certain temps. « Oreki-sensei. Vous semblez être de bonne humeur aujourd’hui. Était-ce à cause de l’accueil des nouveaux étudiants ? »

* Tousse tousse * « … Exact ! Après tout, il s’agit du premier jour... donc je dois féliciter tout le monde et donc Sensei a pris un risque pour créer de l’ambiance…, » répondit-elle.

Après tout, c’était bien le cas. Ikki était heureux parce que c’était quelque chose qui rendait Oreki sympathique, mais là, elle avait trop fait.

« Oreki-sensei, il y a quelque chose d’important que je voudrais vous dire, » déclara Ikki avec sérieux.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle.

« Je pense que vous avez fini par un peu exagérer, » déclara Ikki.

« Arg…, » fut sa seule réponse.

C’était dur, mais c’était pour son propre bien. Les individus devaient agir en fonction de leur âge.

Notes

  • 1 Sensei : utilisé pour parler d’un Maître/Professeur.

***

Partie 3

« Sensei m’a demandé de vous dire que vous pouviez rentrer chez vous. Les cours sont finis pour aujourd’hui, » déclara Ikki.

Après qu’Ikki ait transmis le message venant de leur Sensei dans la salle de classe, la première journée d’école avait ainsi pris fin.

Je crois que je vais aller chercher Shizuku. De toute façon, je ne devrais pas rester ici plus longtemps, pensa Ikki après quelques instants de réflexion.

Il avait senti depuis le début du cours des regards confus posés sur lui. Il s’agissait de regards d’interrogation provenant de personnes ne sachant pas comment interagir avec lui. Même si Oreki s’étant effondrée avant que les élèves puissent se présenter, il n’y avait aucun doute que les autres savaient déjà qu’il était un élève qui avait dû redoubler cette année.

Peut-être que j’ai agi trop ouvertement par rapport à ce que j’aurais dû faire, pensa Ikki.

Alors qu’il était affecté par l’attitude de ses camarades de classe, Ikki s’était retourné afin de pouvoir partir, mais c’était alors que ―.

« Senpai [1] ! » s’exclama une voix féminine.

« Quoiiii ! » déclara Ikki, surpris par ce qui venait d’arriver.

Au moment où il avait voulu partir de là, l’une de ses camarades de classe lui avait attrapé le bras. Cette scène avait immédiatement attiré toute l’attention de Stella.

« Q-Quoi !? A-Attends un peu ! Ikki, que se passe-t-il ici !? » s’écria Stella.

« Voilà aussi ce que je voudrais savoir ! » s’exclama Ikki. « H-Hey, qu’est-ce que vous faites si soudainement ? »

Et c’est alors que la jeune fille lui avait répondu. « Ah ! Quand je me suis aperçue que j’avais enfin l’opportunité de parler correctement avec vous, Senpai. J’étais tellement excitée par cette idée que..., s’il vous plaît, pardonnez-moi. »

La mignonne jeune fille blonde s’excusa auprès de lui. Il s’agissait de la même fille qui avait accepté de prendre en charge le travail de nettoyage. Léchant ses lèvres d’une manière adorable, elle s’était un peu éloignée d’Ikki, avant de se présenter.

« Je me présente, je m’appelle Kagami Kusakabe. Je suis votre plus graaaande admiratrice, Senpai ~ ! » s’exclama-t-elle.

« Hein ! Mon admiratrice ? » demanda Ikki.

Le monde tenait en très haute estime les Blazers et c’est ainsi que beaucoup de Chevaliers-Mages étaient au centre de l’attention de beaucoup de personnes. Ceci comprenait également des aspirants Chevaliers-Mages et il y avait même ceux comme Stella qui suscitait un grand intérêt même dans les médias.

En outre, le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée qui était la plus haute compétition pour des étudiants retransmettait également à travers le pays les batailles des meilleurs concurrents, et cela par l’intermédiaire d’Internet. Ceci n’était donc pas rare pour des étudiants de s’inscrire dans une académie après être devenu fan de l’une de ces célébrités.

Mais... ceci n’avait rien à voir avec Ikki et donc, il avait penché sa tête en pleine confusion après avoir entendu cette réponse.

« Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit pour mériter des admirateurs, » répondit-il, confus. « Peut-être que vous me confondez avec quelqu’un d’autre ? »

« Oh s’il vous plaît, Senpai ! N’essayez pas de faire l’innocent ~. Je parle de ça. Maintenant, regardez par ici ! » s’exclama Kagami.

Ikki ne cherchait nullement à faire l’innocent, mais après avoir vu l’écran du terminal numérique de Kagami, ses mots restèrent coincés dans sa gorge.

Stella, qui regardait également l’écran, avait crié en raison de sa surprise. « Mais ! Ne serait-ce pas notre duel !? »

« Se pourrait-il que Senpai et Stella-chan ne sachent vraiment rien à ce propos ? Est-ce qu’aucun d’entre vous n’est allé regarder les nouvelles sur Internet ? » demanda Kagami.

« Tout à fait. Après tout, je ne suis pas bon avec les machines et ces trucs-là, » répondit Ikki.

« Je n’ai pas été non plus les voir, » répondit Stella. « De plus, je n’ai pas d’ordinateur ici. »

« Euh et bien. Cette vidéo a été placée sur un site de partage vidéo immédiatement après que Stella-chan et Senpai eurent terminé leur duel, » expliqua Kagami. « Tout cela a rapidement provoqué une grande agitation sur Internet. Tout le monde ici doit déjà être au courant à ce sujet, n’est-ce pas ? » demanda Kagami en se tournant vers ses camarades de classe.

En réponse à la question de Kagami, toutes ses camarades de classe qui écoutaient leur conversation hochèrent la tête.

« Oui, moi aussi, j’ai également vu cette vidéo, » déclara l’une d’elles.

« Et une tonne de messages concernant cette vidéo ont été postés. La plupart des personnes ici doivent déjà être au courant à propos de tout cela, non ? » demanda Kagami.

« Oui, j’ai aussi vu ces messages et la vidéo, » déclara une autre de ses camarades de sexe féminin. « C’est pourquoi je voulais poser beaucoup de questions sur différents sujets, mais comme vous avez un an de plus que moi, il était difficile pour moi de vous parler. Hahaha... »

Voilà donc la vraie raison des regards que j’ai ressentis avant ? pensa Ikki.

« Ah... Je suis désolé de vous avoir causé des problèmes. Mais il est correct pour vous de me parler normalement puisqu’après tout, nous sommes des camarades de classe, » déclara Ikki.

 

« « Vraiment !? » »

 

Toutes les filles de la classe s’approchèrent instantanément en réponse à ces mots.

« Dieu merci ! Merci beaucoup, Kurogane-san ! »

« J’avais vraiment envie de vous parler depuis que j’ai visionné ce match ! »

« Moi aussi, je veux dire que... vous étiez tellement cool lors de ce combat ! »

« He, Kurogane-senpai. Si ceci ne vous dérange pas, pourriez-vous m’enseigner la maîtrise de l’épée ? Je voudrais être forte comme vous ! »

« Ah ! C’est injuste ! Je voulais aussi lui demander cela ! »

Ikki avait supplié du regard les filles en liesse dont les yeux brillaient avec énormément d’affections et de respects.

« A-Attendez un peu. Bien sûr, j’ai dit qu’il était correct de me parler normalement, mais c’est un peu déroutant si vous venez toutes à moi comme vous le faites toutes en ce moment, » déclara Ikki.

Comme Ikki avait passé tous ses loisirs à s’entraîner au lieu d’interagir avec le sexe opposé, il était évident dans ce genre de situation qu’il serait mal à l’aise face à elles. Les filles de son âge ne s’étaient jamais approchées de lui de cette manière et l’admiration étincelant dans leurs yeux rendait tout cela encore plus embarrassant.

Kagami avait rigolé quand elle avait vu son expression.

« Est-ce que cela vous surprend d’être si populaire, Senpai ? » demanda Kagami. « Pour le dire sérieusement, vous êtes en ce moment, l’un des principaux centres d’attentions. Selon mes données, ceci concerne surtout la population féminine ! » annonça-t-elle.

« Hein ? P-Pourquoi ? » demanda Ikki qui n’en croyait pas ses oreilles.

« Et bien... je veux dire... N’êtes-vous pas si fort, Senpai ? » répondit-elle par une question. « Toutes les filles qui aspirent à devenir Chevalier-Mage aiment toutes les garçons puissants. En plus, même si vous êtes si fort, vous êtes toujours quand même appelé le “Chevalier Raté”. C’est quelque chose de si mystérieux que cela fait palpiter nos cœurs avec tant de passions. Mais la raison la plus importante est que vous avez un visage si adorable, Senpai. »

« Je ne pense vraiment pas que ce soit le cas, en tout cas selon moi, » répondit Ikki, gêné par les paroles de Kagami.

« Et en ce moment, ce visage inquiet augmente aussi à son maximum l’instinct maternel d’une fille, » déclara Kagami tout en regardant Ikki.

À la suite des paroles de Kagami, les filles autour de lui applaudirent toutes en disant : « C’est vrai ! C’est vrai ! » et « Même s’il est un peu plus âgé que moi, je le trouve tellement mignon ! »

M-Mignon ? Je savais que mon visage n’était pas trop enfantin, mais d’être ainsi étiqueté de « mignon », par des filles plus jeunes que moi... pour un gars, cela me donne des sentiments complexes !

Eh bien, c’est beaucoup mieux d’être aimé que d’être haï, pensa Ikki tout en faisant un sourire. Mais à ce moment-là, Kagami attrapa soudainement sa main droite.

« Ka-Kagami-san !? » s’exclama Ikki.

Après l’avoir attrapé, Kagami s’était collée contre lui et elle l’avait supplié avec des yeux larmoyants. « Et aussi, Senpai. J’ai une grande faveur à demander à mon aîné super populaire. Est-ce que vous pouvez écouter la demande de votre mignonne cadette ~ ? »

« Q-Qu’est-ce que c’est ? Si je peux aider... alors, je vais essayer de... ? » bégaya-t-il une réponse.

« Wah ~ ♪ ! Merci beaucoup ! » s’exclama Kagami. « En fait, je pensais commencer un club de journalisme et je voulais tout mettre sur vous dans le premier numéro. Le titre serait... c’est vrai, que diriez-vous de “L’embuscade mortelle ! La soi-disante prodige conquise !”, ou quelque chose dans le genre. »

Alors même que Stella se tenait debout à côté d’elle, elle voulait écrire cette horrible histoire !? Ikki avait d’un coup commencé à transpirer et il avait regardé sur le côté.

« Hoo ~ h. N’est-ce pas bien d’être si populaire ? Cette histoire, est-ce que vous allez m’aider à l’écrire, Senpai ? » demanda Kagami.

Stella avait affiché une expression incroyablement acerbe face à ces mots. Bien sûr, elle ne serait pas contente que sa défaite devienne un tel article dans un journal. Et Ikki n’avait plus le courage d’accepter de le faire après avoir vu un tel visage.

« Je suis vraiment désolé, mais je ne suis pas familier avec ce genre de chose, » répondit Ikki.

Mais Kagami ne recula même pas d’un pas et elle avait saisi encore plus fermement le bras d’Ikki.

« Ce n’est pas grave ! Je vais y aller en douceur, et je vous aiderais à le faire en prenant tout le temps nécessaire ~, » répondit Kagami.

*Squish* en agissant ainsi, elle avait pressé le bras d’Ikki contre ses seins et une douce sensation avait alors immédiatement parcourue à travers tout le corps d’Ikki.

 

 

« Qu... euh... Kusakabe-san, » déclara Ikki.

« S’il vous plaît, ne me traitez pas comme une étrangère. Utilisez juste Kagami, c’est mieux. Notre relation n’est-elle pas bien ainsi ~ ? » demanda Kagami.

Quel genre de relation avons-nous si soudainement ? Ne venons-nous pas juste de nous rencontrer ? cria Ikki à l’intérieur de son cœur.

« Kagami-san, euh, pourriez-vous un petit peu reculer ? Ils me touchent, » murmura Ikki.

« Oh vraiment ? Toucher ? Qu’est-ce qui touche ? » demanda Kagami.

Est-ce que Kagami ne s’en était vraiment pas rendu compte avant qu’il le dise ? Elle avait alors baissé les yeux et après avoir réalisé que le bras d’Ikki était contre sa poitrine, elle avait réalisé la situation. Mais à ce moment-là, elle afficha d’une façon surprenante un sourire si diabolique, révélant que ses pensées étaient bien plus profondes que ce à quoi il s’attendait.

« Pas du tout, je ne vais pas vous laisser partir tant que vous n’aurez pas accepté une entrevue avec moi ~, » déclara Kagami.

Et ainsi, elle s’était pressée encore plus fermement contre lui.

« Waaah ! » s’écria Ikki.

« S’il vous plaît, dites-moi tout... à propos... de vous... ♡, » déclara Kagami.

Bien sûr, elle ne l’avait pas fait d’une manière normal. C’était d’une voix suave qu’elle soupira près des oreilles d’Ikki et son souffle chaud caressa le lobe de son oreille. Bien entendu, tout cela n’était qu’un appât pour attirer Ikki. Oui, tous deux étaient des appâts et Ikki l’avait compris, mais ―.

... M-Mignonne ! pensa Ikki.

Mais après tout, Ikki était un homme. Comment pourrait-il rester calme avec une jeune fille si mignonne qui l’approchait de manière si agressive ?

Bien qu’il sache qu’elle le menait en bateau, son charme assuré le submergeait totalement.

La patience de Stella avait ainsi finalement touché le fond après avoir vu Ikki dans un tel état.

« Hé Ikki ― ! » commença-t-elle à parler.

Agissait-elle, car il interagissait d’une manière si amoureusement !? Cette personne misérable ! Elle avait essayé de réprimander Ikki à propos de son attitude quand ― .

« Hé, Senpai ! Nous voulons aussi discuter avec vous. »

Mais avant qu’elle ne puisse rien faire, une voix insolente comme celle d’une bête féroce se fit entendre avec force sans même essayer que la personne en question essaye de cacher son hostilité.

Notes

  • 1 Senpai : Un membre plus âgé dans une organisation. Dans le cas d’une école, il est équivalent à élève de classe supérieur.

***

Partie 4

C’est ainsi que cinq garçons avec des yeux remplis d’agressivités vinrent vers lui, poussant à travers le cercle de filles et se placèrent directement en face d’Ikki. Parmi eux, un homme remarquablement grand regarda Ikki et lui parla d’une voix qui montrait sa grande irritation.

« Tu sembles être bien populaire, mais ne penses-tu pas que flirter avec toutes les gonzesses de la classe ne va pas un peu trop loin, Senpai ? »

Il semblait que la monopolisation des filles par Ikki avait mis les nerfs des garçons à vif et maintenant, ce garçon parlait à Ikki avec condescendance avec une veine proche de l’éclatement sur ses tempes.

Leurs camarades de classe ne comprenaient cependant pas cette attitude.

« Que faites-vous, Manabe-san !? Êtes-vous jaloux ? » demanda l’une des filles.

« Ne commencez pas à bouder juste parce que vous n’êtes pas populaire ! Vous êtes vraiment le pire ! » déclara une autre fille.

Leurs paroles semblèrent déclencher la rage du reste du groupe des garçons.

« Salope, qu’est-ce que tu viens de dire !? Ne fais pas jaillir ta merde sur Ma-kun, » cria l’un des garçons l’accompagnant.

Les partisans de Manabe étaient maintenant menaçants envers les filles, mais s’ils voulaient vraiment un combat, Ikki pensait que cela serait mieux s’il restait lui-même leur cible au lieu d’elles. Il s’inclina légèrement en face d’eux, en essayant de les calmer.

« Si cela vous dérange, j’en suis désolé. Bien sûr, causer un tapage après l’école n’est pas approprié, tout comme vous l’avez dit, » déclara Ikki.

« Que diable dis-tu ? Est-ce que tu essayes de te la jouer cool, toi le tricheur ? » demanda Manabe avec mépris.

« Le tricheur ? Que voulez-vous dire ? » demanda Ikki.

« Même si tu as réussi à tromper ces idiotes de filles, tu ne peux pas me tromper. Il n’y a aucune chance qu’un Rang F puisse battre un Rang A. Ce match était probablement truqué pour que tu puisses devenir populaire auprès des autres, » déclara Manabe.

« Hein ! Vous faites erreur, je n’ai dupé personne. Et vous êtes insultant envers Stella, » déclara Ikki.

« Donc, prétends-tu toujours avoir battu un Rang A ? C’est assez éhonté. Si tu es si fort, alors bats-toi contre nous, Senpaiii !! » cria Manabe.

Après qu’il ait dit ça, les cinq garçons commencèrent à encercler Ikki comme des hyènes entourant leur proie. Les quatre individus qui étaient avec Manabe convoquèrent, à ce moment-là, leur Dispositif.

En voyant ceci, Kagami se mit à crier. « Hé, attendez ! Êtes-vous sérieux !? Vous serez suspendu si vous utilisez ici vos Dispositifs ! »

« Tais-toi, salope ! Pousse-toi si tu ne veux pas être blessée, » cria l’un des partisans de Manabe.

Les quatre partisans de Manabe ignorèrent les avertissements de Kagami et brandissaient toujours leurs armes. À en juger par leurs expressions féroces, ils ne l’utilisaient pas sous Forme Illusoire. Mais même dans cette situation, Ikki gardait son sang-froid et essayait toujours de garder le contrôle de la situation.

« Non, nous ne pouvons pas faire cela ici. Comme l’a dit Kusakabe-san, combattre dans la salle de classe est en violation avec les règles de l’école. Nos compétences en tant qu’étudiants-chevaliers sont limitées dans cette académie et l’utilisation de ces compétences en dehors des zones désignées est interdite. Donc, allons nous battre ailleurs. Si vous le voulez, je me battrais avec vous jusqu’au soir dans un des dômes d’entraînement, » déclara Ikki.

Ikki disait qu’il pouvait se battre avec eux dans une des arènes d’entraînement. Il était d’accord d’accompagner ces garçons bien qu’ils ne vaillent pas la peine de les combattre. C’était d’autant le cas qu’il aurait préféré aller chercher sa jeune sœur. Mais il agissait ainsi en tant qu’aîné, en étant indulgent envers ses cadets.

« Enfoiré..., » cria Manabe.

Pourtant, une autre veine de plus sembla éclater sur les tempes de Manabe, parce qu’il semblerait qu’Ikki avait involontairement commis une grosse gaffe.

Ce que Manabe et ses partisans voulaient n’était pas un combat, mais c’était plutôt de voir un lâche Rang F ramper à leurs pieds et le voir demander pardon pour avoir utilisé la tromperie pour se rendre populaire auprès des filles. Au lieu de cela, ce Rang F leur disait qu’il voulait se battre après être allé dans un lieu approprié. C’était pour eux une pure insulte.

« Ne sois pas arrogant, toi le putain de redoubleur ! Frappez-le, les gars ! » cria Manabe.

Hein ? Ai-je dit quelque chose de si mal ?  se demanda Ikki.

Les garçons ne pouvaient plus être arrêtés dans l’utilisation de leurs armes et donc, ils essayeraient à coup sûr de frapper Ikki alors que les filles criaient en voyant tout cela. Ce chaos ne pouvait plus être résolu pacifiquement. Ikki soupira amèrement... Il allait maintenant falloir recourir à la force.

« Senpai ! Je vais me porter garante concernant votre légitime défense. Donc écrasez-les, pour de bon ! » déclara Kagami.

Kagami le poussait à se battre et avait même promis de l’absoudre si les autorités scolaires avaient à étudier l’incident. C’était une proposition agréable, mais ―.

« Non, je n’en ai nullement besoin, » déclara Ikki.

Nullement besoin, parce qu’il n’aurait besoin d’aucune arme au cours de cette bagarre.

En un instant, Ikki se concentra au niveau de ses yeux. Il n’avait pas besoin de voir la couleur, de sorte qu’Ikki coupa ce détail et il vit alors le monde en mouvement, mais tout gris. Il avait transféré l’acuité de son sens de la couleur à sa perception des mouvements. Au moment où il fit ceci, les mouvements du monde autour de lui semblèrent se ralentir. Ce n’était pas un pouvoir spécial, mais juste le coup de pouce lié à de la concentration que même les gens ordinaires faisaient naturellement quand ils sentaient un danger, sauf qu’Ikki pouvait l’activer consciemment. De toute évidence, il ne pouvait pas atteindre le niveau de concentration nécessaire pour gagner un combat en moins d’une minute sans ce genre de capacité.

Le monde gris autour de lui s’était donc ralenti, grisé comme s’il était au fond de la mer et à ce moment-là, Ikki analysa ses environs. Il y avait quatre ennemis. Un à sa gauche, un autre à droite, un devant lui et le dernier derrière lui.

Le plus rapide sera sans aucun doute celui brandissant un Katana et venant directement de face, pensa Ikki.

Voyant ceci, Ikki utilisa avec douceur le dos de sa main droite pour frapper le centre du Katana adverse et avec un mouvement complètement détendu, il fit changer la trajectoire de l’arme.

 

« Hein !? » La surprise apparut sur le visage du garçon qui l’avait attaqué avec son Katana. Sa lame vola horizontalement juste à côté d’Ikki et en même temps, Ikki utilisa l’une de ces jambes pour le faire trébucher.

 

« Quooooooiii !? » cria le garçon au katana.

 

Au moment où il trébucha, il percuta en même temps son compatriote attaquant Ikki par-derrière avec un Dispositif en forme d’épée longue et tous deux chutèrent pour s’écraser finalement contre des bureaux à proximité.

Deux de neutralisés.

« Fils de puuuute ! » cria un garçon encore debout.

« Meurrtttttttt ! » cria l’autre.

Les deux garçons sur sa gauche et sur sa droite l’attaquèrent simultanément avec leurs haches. Tous deux avaient visé la tête d’Ikki, dont la réponse fut simple.

« Hup ―, » Ikki plia ses genoux et ainsi se baissa. Une seconde plus tard, le son clair de l’acier contre l’acier résonna en dessus de lui. Ce fut le bruit du choc entre deux armes à leur pleine puissance.

« « Gaaaaaaaah! » » Les deux garçons tombèrent, étourdis, tout en hurlant. La secousse de l’impact leur ayant complètement engourdi leurs bras respectifs.

Plus qu’un.

« Me-Merde ! » s’exclama Manabe.

L’arrogance de Manabe avait disparu. Il ne pouvait pas comprendre comment ses amis avaient été vaincus si facilement, alors, en pleine confusion, il fit apparaître son Dispositif. C’était un revolver de gros calibre, un Dispositif inhabituel pour un Oriental et il le pointa vers le visage d’Ikki. Il pouvait tirer une balle magique avec juste une simple pression sur la gâchette.

Mais Ikki était déjà en mouvement. Il attrapa une gomme posée sur un bureau proche de lui et l’envoya vers le haut à l’aide de son pouce. Le morceau de caoutchouc frappa le plafond, puis rebondit vers le bas et alla se coincer comme de lui-même dans l’espace entre le marteau et le percuteur de l’arme à feu.

Manabe poussa un cri sans voix, comme s’il venait de voir un fantôme. Ikki avait désactivé le pistolet d’une manière totalement inimaginable.

Ikki se déplaça alors dans le côté aveugle de la défense de Manabe et ―.

* Bam ! *

― Il fit claquer ses deux paumes ensemble devant les yeux de Manabe.

« Hii ― » cria Manabe.

Mais c’était largement suffisant. Bien qu’Ikki ait seulement applaudi qu’une seule fois, Manabe tombât sur le dos et tout en tremblant, fixât Ikki avec des yeux emplis de terreur. Ses yeux étaient remplis de surprise et de peur. C’était tout à fait naturel.

Juste devant ses yeux, un Rang F avec les mains vides, avait battu cinq Blazers brandissant leurs Dispositifs comme si c’était qu’un jeu d’enfant. Il n’y avait aucune chance pour que Manabe puisse avoir un combat équitable contre lui, donc Ikki n’avait même pas eu besoin de donner un coup final. Aucune bataille en utilisant des Dispositifs n’avait eu lieu. Aucun combat n’avait même eu lieu.

Face à ce résultat, Ikki regarda vers le bas avec un sourire qui selon Kusakabe était sûr de susciter les instincts féminins d’une jeune fille.

 

« Entendons-nous bien à partir de maintenant, puisque nous allons être des camarades de classe pour toute une année entière, » déclara Ikki.

 

Manabe ne put que hocher la tête tout en tremblant.

Les camarades de classe autour d’eux se tenaient aussi choquées après avoir vu Ikki se battre, les mains vides, contre cinq Blazers sans aucune blessure des deux côtés.

« E-Eh ? Stella ! Est-ce que l’ambiance de la classe n’est-elle pas un peu trop froide en ce moment ? » demanda Ikki.

« Naturellement ! Voilà ce qui arrive lorsque tu montres autant de puissance ! » répliqua Stella.

« Montrer !? Je pensais m’être assez retenu pour ne pas les blesser, » déclara Ikki.

« N’est-ce pas la raison pourquoi tout le monde est surpris par ce que tu viens de faire ? » demanda Stella.

Stella poussa un soupir de stupéfaction. Mais à ce moment ―.

 

*Clap clap clap*

 

Des applaudissements se firent entendre, provenant de l’entrée de la classe. Tout le monde se tourna vers cette direction, se demandant qui cela pouvait être. C’est alors qu’ils virent tous une petite fille debout dans le couloir. Elle avait des cheveux courts argentés et des yeux de jade verts, montrant assez de charme pour fasciner tout le monde. Elle affichait en plus de cela un léger sourire sur les lèvres en forme du bourgeon de rose.

« Une force écrasante qui ne laisse approcher aucune mauviette. Comme prévu de toi, Onii-sama [1]. » Sa voix raffinée résonna telle une chanson.

Onii-sama. À ce mot, les yeux d’Ikki s’ouvrirent en grand.

« Tu ne peux pas être..., » commença Ikki.

Non, il n’avait pas besoin de demander. Le ton, les traits du visage, la coiffure et tout le reste à son sujet avaient tellement changé, mais une seule personne dans le monde l’appelait ainsi. Elle était la seule résidente de la vaste propriété Kurogane qui l’eut mis à l’aise, sa seule et unique petite sœur qui le suivait partout avec ces petits pas.

« Shizu... ku ? » demanda Ikki.

« Oui. Ceci a été une si longue période, Onii-sama, » déclara Shizuku.

Notes

  • 1 Onii-sama : « Grand frère », mais sous une forme extrêmement respectueuse.

***

Partie 5

« Shizuku ! » déclara Ikki.

Ikki se précipita vers sa sœur et lui prit les mains.

« Wôw, c’est vraiment toi ! Tu as tellement grandi, je peux à peine te reconnaître ! » déclara Ikki.

« Bien sûr, étant donné que nous ne nous sommes pas revus depuis quatre ans. Il serait plus étrange si je n’avais pas changé, » répliqua Shizuku.

« Hahaha, c’est vrai. Mais je suis si heureux ! » déclara Ikki. « Je n’aurais pas pensé que tu serais celle qui viendrait vers moi ! Je voulais venir te chercher moi-même, mais j’ai eu un peu de mal avec ma classe et bien, c’est sans importance, n’est-ce pas ? Désolé, je suis trop excité. »

Il voulait lui dire énormément de choses, comme présenter ses excuses pour avoir quitté si brusquement la maison, où encore partager sa joie pour ces retrouvailles. Mais toutes ces choses essayèrent de quitter sa bouche en même temps, donc il n’avait pu lui parler correctement. C’en était tout à fait troublant.

« Hey Ikki. Se pourrait-il qu’elle soit la sœur que tu as mentionnée ce matin ? » demanda Stella.

La question de Stella fut une bouée de sauvetage, donnant à Ikki une chance de se ressaisir.

« Eh ? Ah ! Oui ! Stella, je vais faire les présentations, » déclara Ikki.

Mais quand Ikki se tourna vers la classe, Shizuku attrapa sa manche pour attirer son regard et l’attira plus près.

« Onii-sama... Je voulais tant te voir..., » déclara Shizuku.

 

Touchant les joues d’Ikki, Shizuku l’embrassa avec ses lèvres rose pâle.

 

 

 

À cet étourdissant baiser en public, le reste de la classe ainsi que Stella crièrent en même temps

« « QUE SE PASSE-T-IL — !? » »

« A-Attendez une minute ! Ikki ! T-T-Tu ! Que penses-tu que tu as fait là !? » demanda Stella.

Évidemment, Ikki était le plus confus d’avoir été embrassé par sa petite sœur. Il enleva rapidement les mains de Shizuku de sa veste.

« JJ-Je ne sait pas non plus ce qui est arrivé ! Shizuku ! Tout à l’heure, qu’as-tu fait... !? » demanda Ikki.

 

 

« Quoi ? ... C’était juste un baiser. Tu ne le sais pas ? » demanda Shizuku.

« Je le sais ! Je suis surpris justement parce que je suis tout à fait clair à ce sujet ! Mais pourquoi m’as-tu fait ce baiser !? » demanda Ikki.

« Est-il vraiment nécessaire d’avoir une raison ? Un baiser est une preuve d’amour profonde, quelque chose fait par des personnes partageant un lien profond, volage ou empli d’un amour romantique. Donc n’est-il donc pas naturel pour un frère et sœur du même sang de se donner un baiser ? » demanda Shizuku. « Au contraire, il serait étrange pour eux de ne pas le faire. Et d’ailleurs, le baiser est tout simplement une salutation dans d’autres pays. »

« Hein ? Est-ce vrai ? Stella, suis-je dans l’erreur ici ? » demanda Ikki.

« Bien sûr que non ! C’est parce qu’elle essaye de t’induire en erreur !? » s’écria Stella. « Tout d’abord, le baiser sur la bouche n’est pas une salutation acceptable même dans d’autres pays ! Le Japon est-il un pays où les frères et sœurs s’embrassent ainsi !? »

Leurs camarades de classe reculèrent à la question de Stella et se mirent à murmurer entre elles.

« Non non non. Ce n’est certainement pas le cas, » répondit une première camarade de classe.

« Totalement impossible, » déclara une deuxième.

« Je vomis juste à y penser, » répliqua une troisième.

« Oh, alors Shizuku, tu es celle qui est bizarre. C’est une conclusion qui a été décidée à l’unanimité, » déclara Ikki.

Shizuku rit doucement face à cela. « Il n’y a pas de problème du tout, Onii-sama, parce qu’ils sont eux et que nous sommes nous. Je suis sûre que les liens entre frères et sœurs de tout le monde ici sont aussi froids que la toundra. Notre époque moderne est malade à sa façon. Mais toi et moi sommes différents. Un tel baiser ne peut même pas exprimer l’amour que j’ai ressenti pour toi pendant ces quatre longues années. Même si nous faisions l’amour ici, ça ne serait rien de plus qu’un message d’accueil. »

« « C’est totalement impossible que cela soit acceptable !!! » » crièrent toutes les filles de la classe, y compris Stella.

Ce n’était que la première période de la première journée d’école, mais le cœur de la classe de première année avait déjà atteint une unité parfaite.

« Non, Shizuku, que dis-tu !? Pour une jeune femme, de parler si facilement de sexe, comment cela pourrait-il être décent !? » demanda Ikki.

« C’était une blague. Onii-sama est si mignon quand il rougit comme ça, » déclara sa petite sœur.

Qui... qui êtes-ce !? Le sourire enchanteur de Shizuku donna des sueurs froides à Ikki. Sa sœur dans ses souvenirs était terriblement timide et avait peur de la foule. Comment pouvait-elle être devenue ainsi ?

« Eh bien ! Onii-sama, mettons ces choses insignifiantes de côté. S’il te plaît, viens plus près de moi et permets-moi d’ainsi me sentir plus proche de toi, » déclara Shizuku.

Shizuku annonça ceci et juste après, ses bras s’enroulèrent autour du cou d’Ikki comme des serpents blancs. Ses yeux de jade, qui n’avaient regardé personne d’autre que lui depuis qu’elle était rentrée dans la salle de classe brillèrent vers Ikki comme les yeux d’un oiseau envers sa proie.

« Pendant ces quatre ans, j’étais si seule..., » déclara Shizuku.

« Uwa... ah ! » avait gémi Ikki.

Ses lèvres roses se rapprochèrent pour un second baiser. Ce n’était pas bon. Le fait d’aller plus loin était une mauvaise chose. Ce n’était pas une relation appropriée entre un frère et une sœur. Mais même si Ikki savait cela, il ne pouvait pas bouger. Sa sœur avait cloué ses yeux de jade sur lui et elle ne le laisserait certainement pas fuir, donc les deux, une fois de plus ―.

« NOOOOOOOOOONNNNNN !!! »  Mais Stella intervint à ce moment critique. « Hey Ikki ! Pourquoi ne l’as tu pas arrêtée !? Contrôle-toi ! »

« D-Désolé ! Je veux dire, merci de m’avoir sauvé ! » déclara Ikki.

Pour la première fois, Shizuku regarda quelqu’un d’autre qu’Ikki, comme si elle venait maintenant de remarquer la présence de l’autre fille.

« Qu’êtes-vous en train de faire ? » demanda Shizuku.

« C’est ma question cela ! Qu’êtes-vous en train de faire là !? Pourquoi vous collez-vous autant à lui !? » demanda Stella.

« Quoi ? J’allais juste l’embrasser, » déclara Shizuku.

« C’est vrai ! Mais pourquoi diable voulez-vous faire cela !? » demanda Stella.

« Pourquoi ? Eh bien, si je devais répondre, alors ―, » répondit Shizuku.

Shizuku soupira à la question de Stella.

« ― Je fais avec mon frère ce que je veux, » acheva Shizuku.

« Ikki ! Ta sœur est bizarre ! Quelle partie de “une sœur liée par le sang” est normale !? » demanda Stella.

« Eh bien, je suis aussi surpris ! » répondit Ikki.

« Vous nous avez interrompus plus d’une fois maintenant, » déclara Shizuku. « Vous êtes celle dont parle la rumeur, la Princesse Stella, n’est-ce pas ? Pourquoi la royauté empiète-t-elle sur une conversation entre roturiers ? »

« Les roturiers ne doivent pas non plus avoir ce genre de conversations obscènes !? » s’écria Stella.

« Comme je l’ai dit avant, ce sont eux et nous sommes nous, » répliqua Shizuku.

« Vous êtes juste en train d’ignorer la question ! Pensez un peu au bon sens ! » déclara Stella.

« ... Qu’est-ce que vous êtes une personne bruyante ! » déclara Shizuku. « Très bien, même si cela peut vous paraître étrange pour une sœur que d’embrasser son frère et même si j’avais fait quelque chose de contraire au bon sens... pourquoi est-ce si important pour vous ? »

« Heuu..., » balbutia Stella.

« Cette affaire est entre lui et moi. Une princesse à l’esprit étroit qui n’est même pas impliquée dans nos affaires devrait rester à l’écart, » déclara Shizuku.

Shizuku annonça cela avec les yeux mi-clos et Stella fut embarrassée à la suite de cette remarque. La détermination de cette petite sœur était venue d’un grand désir pour son frère après quatre ans de séparation. Stella n’avait certainement pas de lien direct et elle ne devrait pas se mêler à leur réunion, mais ―.

« Onii-sama, il semblerait y avoir un obstacle ici. Alors, allons à un endroit plus calme afin de récupérer les années que nous avons perdues, » déclara Shizuku.

Mais cette fille n’agissait certainement pas comme une petite sœur. Elle parlait à Ikki d’une manière qui avait largement franchi la ligne d’une relation normale et Stella ne pouvait pas laisser une telle personne seule avec Ikki.

Alors Stella décida. « ... Si c’est d’une connexion dont vous avez besoin, alors j’en ai une. »

Son visage devint rouge au moment où elle avait annoncé cela.

« Nous avons une relation, de sorte que je ne peux pas permettre que vous embrassiez Ikki ! » déclara Stella.

« Hein !? » s’exclama Ikki.

Ces mots choquèrent Ikki, parce que Stella venait de déclarer que ce n’était pas bien pour lui d’embrasser une autre fille.

Est-ce que... par hasard... ceci voulait dire que Stella, envers moi... ? se demanda Ikki.

« Parce qu’Ikki est mon maître ! Si mon maître se transforme en un siscon perverti [1] et est jeté en dehors de la société, c’est évident que cela me dérangera ! » annonça Stella.

« C’est donc ta raison ― !? » s’écria Ikki.

« Super énorme scandale ― ! Je peux déjà voir le titre pour le premier numéro “Enchaînée par la poitrine ! La Princesse et le Colocataire Sauvage enfermés dans leur chambre pendant 72 ​​heures !”. Ceci va être certainement cela ! » annonça Kagami.

« Kurogane semblait mature, mais il est encore un... ? » déclara une camarade de classe.

« Wôw, peut-être qu’il cache des appétits très importants ? » demanda à voix haute une autre camarade de classe.

« Faire d’une princesse sa servante ! Voilà un certain jeu de dégradation de haut niveau, » déclara une troisième fille.

C-C’est très mauvais tout cela. Stella vient de placer la situation dans une direction totalement ridicule, pensa Ikki.

« A-Attends un peu, Stella ! Que dis-tu en face de toutes ces personnes !? » s’écria Ikki.

« M-Mais n’est-ce pas vrai !? Nous avons combattu dans ce duel tout en pariant tout. Comme j’ai perdu contre toi, cela signifie que, même si je suis indisposée envers cela, que mon corps et mon cœur appartiennent désormais à toi ! Tu pourrais même dire que nous ne sommes plus qu’un seul corps et une seule âme. Il n’y a aucune chance que je ne fasse pas partie de tes affaires ! Et garder son seigneur sur le droit chemin est le devoir d’un vassal ! » déclara Stella.

« Ne t’ai-je pas dit que nous devrions simplement oublier cette promesse !? » s’écria Ikki.

« Impossible ! Mon orgueil de princesse ne me permettrait pas cela, et n’as-tu pas donné à cette princesse, l’ordre de “Laisse-moi vivre avec toi dans le même lit !?” » demanda Stella.

« Je ne me souviens pas que cela sonnait si doux ! Et de plus, il n’y avait aucune implication immorale, » répliqua Ikki.

« Mais ce que tu m’as dit n’était pas si différent ! » déclara Stella.

Je ne peux pas tellement en parler, mais...

 

« Est-ce vrai ? » demanda Shizuku.

 

Une voix glaciale retentit derrière Ikki. Un froid traversa son corps, comme si de l’eau froide avait été versée à l’intérieur de ses vaisseaux sanguins. Le charme qu’affichait sa sœur avant cela avait totalement disparu. Sa voix froide retentit de nouveau.

« Est-ce vrai ? » demanda de nouveau Shizuku.

Shizuku se tenait là, à regarder fixement Ikki, son visage rigide comme un masque de Nô [2].

Effrayant !

« Onii-sama. Je demande si ceci est vrai ou non, » demanda Shizuku.

Quelle question dangereuse ? Il voudrait le nier. S’il ne le niait pas, quelque chose de mauvais allait certainement se produire. Ikki le savait, mais malheureusement, c’était presque exactement comme l’avait dit Stella, alors ―.

« E-Eh bien, je pense qu’une certaine nuance de rancune a été rajoutée, mais... c’est à peu près comme elle l’a dit, » répondit Ikki.

L’honnête Ikki ne pouvait pas éviter de donner cette réponse, même si les gens honnêtes ne vivent pas longtemps.

« Oh, c’est donc vrai ! Fu... Fufufu... fufu-hii ! » Shizuku se mit à rire.

« Shizuku...? » demanda Ikki.

 

« Menteur, » annonça Shizuku.

 

Shizuku avait souri avec les yeux mi-clos et un sentiment de terreur comme si quelqu’un léchait sa moelle épinière parcourut le corps d’Ikki.

« Pourquoi voudrais-tu dire un tel mensonge, Onii-sama ? » demanda Shizuku. « Il n’y a aucun moyen que tu fasses ce genre de chose. Jamais tu ne feras quelque chose pour me rendre triste, jamais tu ne dirais quelque chose qui pourrait me faire du mal. Ceci ne peut pas venir de toi, Onii-sama. »

« Hee! Shizuku-san..., » déclara Ikki.

« Ah ! Je comprends. Je suis sûr que cette femme te fait du chantage pour que tu sortes avec elle, » déclara Shizuku. « Et tu masques ce fait pour ne pas m’inquiéter, non ? Oui, car rien d’autre n’est possible ― »

« Attends ! Il suffit de m’écouter pour me c ―, » commença Ikki.

« Pauvre Onii-sama. Quelle femme horrible ! » déclara Shizuku. « C’est exactement pourquoi je ne voulais pas que tu quittes la maison. Tu es tellement incroyable et fascinant sinon, pourquoi une certaine personne OBSCÈNE et stupide t’ ―. »

« Shizuku, je te supplie de te calmer un peu. Parlons un peu à propos de ―, » déclara Ikki.

« ― approche avec seulement ses gros seins pour tenter de te séduire ! Tu n’es pas à blâmer. Tu es juste captivant et romanesque. C’est donc de la faute de cette femme. Tout est la faute de cette femme. Voilà pourquoi je vais te libérer. Éclabousse loin, Yoishigure [3] ! » déclara Shizuku.

« H-Hey Shizuku, ce n’est pas bien ! Tu ne peux pas faire cela ! Range cette chose dangereuse et écoute-moi ! On ne me fait aucun chantage. Hé, écoute-moi !? » s’écria Ikki.

Ikki ne pouvait que rester là avec un visage pâle après que Shizuku eut appelé son Dispositif en forme de Kodashi [4], Yoishigure.

« Oh s’il te plaît, Onii-sama. Je t’écoute, » déclara Shizuku. « Il n’y a aucune chance pour que Shizuku n’entende pas ce que dit son Onii-sama ! C’est impossible de retourner en arrière. Je suis peut-être la deuxième parmi les premières années et un Rang B inférieur à Stella-san, mais mon élément est l’eau, l’ennemi naturel du feu. Pourtant, je suis reconnaissante pour ton inquiétude. Je t’aime, Onii-sama. »

« Tu n’as rien écouté du tout ! Tu dis des absurdités depuis le départ ! » cria Ikki.

« Sers-moi, Laevateinn, » déclara Stella.

« Quoooii !? Stella, pourquoi deviens-tu aussi agressive !? » demanda Ikki.

« Désolée, mais contrairement à toi, je ne suis pas si douce pour que je me retienne alors que quelqu’un pointe un Dispositif sur moi. Si elle veut se battre, alors je suis prête et disposée, » répondit Stella.

Au moment où Ikki s’en rendit compte, ni Shizuku ni Stella ne regarderaient ailleurs plus longtemps. Seul l’ennemi se reflétait dans leurs yeux de jade et de rubis. Il ne pouvait plus les arrêter avec des mots, maintenant qu’elles voulaient se battre l’une contre l’autre.

« Okaaay ! Tout le monde, s’il vous plaît sortez de la salle. Si vous restez ici, vous allez mourir ~ ! » déclara Kagami.

Kagami avait déjà commencé l’évacuation, montrant la grande capacité d’adaptation d’une journaliste. Bientôt, les seules personnes qui restaient dans la salle de classe furent les deux filles qui s’insultaient.

« Mais encore, vous avez un tel Dispositif si modeste... tout comme votre poitrine, » déclara Stella.

« Et vous ! Une arme sans élégance du tout, tout comme vos vulgaires seins. Les deux sont inutilement grands. Ils vous conviennent fort bien, » répliqua Shizuku.

« Quelqu’un d’aussi dépourvu de cela ne peut rien y faire, à part parler de son parti pris, mais je vais vous pardonner, puisque je suis une femme dont le cœur est aussi grand que sa poitrine, » répliqua Stella.

« ... Grosse, » répliqua Shizuku.

*Crack*

Ikki entendit un bruit désagréable provenant de la direction de Stella.

Ahh, c’est sans espoir.

Ikki quitta alors la salle avec ses épaules affaissées et l’inévitable tragédie commença ainsi.

 

« « Je vais te tuer ! » » (Stella Vermillion/Shizuku Kurogane)

 

Ces deux Blazers transformèrent la classe Une de première année en ruines en à peine quelques secondes.

Notes

  • 1 Sis-con : Une personne avec un « complexe de sœur », qui aime trop sa sœur.
  • 2 Masque de Nô : Masque utilisé pour du théâtre japonais
  • 3 Yoishigure, 宵時雨 : « Pluie du Soir ».
  • 4 Kodashi : Une épée courte japonaise, essentiellement un court Katana.

***

Partie 6

Inutile de dire qu’avoir une salle de classe détruite était une catastrophe. En réponse à cela, les enseignants discutèrent entre eux et ils décidèrent de la peine pour les deux coupables : une semaine de détention à domicile. Tel fut la situation pour les deux lycéennes de premières années qui furent ainsi suspendues, dès leur premier jour d’école. Ce scandale devint donc l’histoire inaugurale pour la première page du journal de Kagami et se propagea à travers le corps étudiant comme une traînée de poudre.

Eh bien, Ikki était heureux d’être épargné de l’annonce de « Enchaînée par la poitrine ! La Princesse et le Colocataire Sauvage enfermé dans leur chambre pendant 72 ​​heures !! », mais ―.

« ... Elle n’était vraiment pas comme cela avant, » murmura Ikki.

Il avait été choqué par énormément de choses et il n’avait pas cessé depuis de soupirer même après son retour dans sa chambre ce soir-là. Shizuku avait toujours été protégée et donc elle avait toujours été extrêmement timide. Par le passé, elle avait toujours suivi Ikki avec des petits pas légers et se cachait chaque fois que quelque chose d’embarrassant arrivait. C’était une enfant vraiment obéissante. Comment a-t-elle pu se transformer en une telle adolescente extraordinaire séduisante ?

Stella, maintenant en résidence surveillée, se plaignit auprès de lui d’une voix mécontente.

« Peut-être pas. Mais tu m’as semblé heureux de cela. N’as-tu pas pris plaisir ? » demanda Stella.

« Ce n’est pas vrai, » répliqua Ikki.

« Oui, ceci l’est. Si je ne l’avais pas arrêtée, tu aurais été embrassé deux fois, » déclara Stella.

« Pouah, » Ikki avait laissé sortir un son étrange.

Sans Stella, c’était certain qu’il aurait été embrassé une deuxième fois.

« M-Mais ce n’est pas comme si je n’avais pas cherché à bouger parce que je voulais être embrassé. Comment puis-je... Shizuku m’avait semblé si mature et féminine que j’ai été submergé, » déclara Ikki.

« En d’autres termes, tu étais fasciné par ta petite sœur qui s’est avérée être devenue si jolie après quatre ans, » répliqua Stella.

« Non, je veux dire que ce n’est pas comme cela..., » déclara Ikki.

Shizuku était encore la sœur d’Ikki. Il n’avait jamais pensé à elle d’une autre manière et il ne le ferait jamais. Mais aujourd’hui, en la voyant à nouveau après quatre ans... ces affriolants yeux humides, son visage légèrement rougissant et ses lèvres solitaires... et si on lui avait demandé s’il voyait maintenant, Shizuku comme une femme, il n’aurait pas pu le nier avec une parfaite conviction.

« ... Peut-être, » avoua Ikki.

« Tu as un complexe de sœur ! » s’écria Stella.

« Argh, » Ikki avait gémi.

« Pervers ! » lâcha Stella.

« Je... n’ai aucune excuse, » déclara Ikki.

Oh non, peut-être qu’après tout, je suis affamé des filles pour avoir été ainsi charmé par ma petite sœur après quatre ans..., pensa Ikki.

Stella le fixa alors qu’il chancelait vers leur salle de bains commune.

« Et où vas-tu ? » demanda Stella.

« Je vais prendre une douche pour me rafraîchir un peu, » répondit Ikki.

Il avait pris trop de coups aujourd’hui. Allez se laver puis aller au lit tôt serait le mieux.

***

Partie 7

« C’est vraiment agaçant ! » s’écria Stella.

Après qu’Ikki fut entré dans la salle de bains, Stella se mordit les lèvres et bouda. Qu’est-ce que c’était que ce « peut-être » ? Il aurait dû de toutes ses forces tout refuser à la place !

« ... Même si tu as dit que je suis trop belle, » murmura Stella.

Mais d’être attiré par sa sœur ? C’était si frustrant qu’elle ne pouvait pas l’accepter. En dépit de dire qu’il voulait être ami et partager la même chambre, pourquoi ne s’était-il toujours pas encore approché d’elle ?

Stella s’était déjà préparée pour Ikki. Elle se réveillerait toujours avant lui chaque matin pour se peigner les cheveux dès la sortie du lit et ainsi qu’il ne voit jamais son aspect inesthétique et elle était prête tous les soirs pour lui pour se livrer à la légendaire tradition japonaise du « Yobai » [1].

Attends ! Ce n’est pas comme si je voulais le faire avec lui ! Si ceci arrivait, bien sûr, que je refuserais ! Je lui botterais les fesses ! Une princesse ne pouvait pas avoir de relations sexuelles avant le mariage ! Mais..., pensa Stella.

Mais elle ne pouvait pas supporter de laisser les choses comme elles étaient maintenant.

« Même si tu as appelé une fille célibataire, belle ! Même si tu me disais que tu voulais qu’on s’entende mieux ! » murmura Stella.

Quelle est la grande idée en la laissant suspendue à un fil après avoir dit tous ces non-sens ? Est-ce que c’est ce qu’on appelle « Ne pas nourrir un poisson qui a été pêché. » Elle voulait une explication et il avait besoin de présenter de meilleures excuses pour avoir ainsi été hypnotisé par sa sœur après qu’elle l’eut embrassé.

« Ah, zut ! Abruti ! Ikki, tu es un idiot, pervers, Sis-con ! Meurs ! » cria Stella.

Stella pleurait presque alors qu’elle frappait son oreiller, crachant des mots très vulgaires en même temps.

Que faire si Ikki n’était pas intéressé par elle et qu’il ne la voyait pas en tant que femme ? Et si elle n’est pas appréciée par Ikki ? Que faire s’il était plus intéressé par le type de filles loli [2] comme Shizuku ? C’était mauvais, parce que même si Stella n’était pas grande, elle avait toujours été confiante dans son corps mature, mais si Ikki était pris à être un sis-con et devenait un lolicon [3] ? Alors, le corps et le visage de Stella seraient totalement incompatibles avec ses goûts.

Ce serait terrible. Elle ne voulait pas que cela arrive. Elle ne pouvait pas permettre cela.

« ― D’accord ! » déclara Stella.

Et c’est alors que Stella échafauda un plan.

Notes

  • 1 Yobai : 夜這い, « Nuit rampante » une ancienne pratique traditionnelle japonaise, où un homme se faufile au cours de la nuit, dans une maison pour aller se glisser dans le lit d’une femme pour ainsi avoir des rapports sexuels consensuels et discrets, puis se faufile hors de la maison avant le matin sans déranger le reste des habitants. Le reste des habitants de la maison sont au courant, mais vont faire comme si rien ne s’était passé. Il était aussi courant pour les jeunes femmes de faire cela pour se trouver un mari. Énormément de variantes en fonction des villages.
  • 2 Loli : Abréviation de « Lolita », une jeune fille mineure ou une femme peu formée.
  • 3 Lolicon : Une personne avec un « complexe Lolita », qui est attiré par les jeunes filles mineures.

***

Partie 8

« Sis-Con. »

« Haaaa... »

Ikki plongea au fond de la baignoire après s’être rappelé les paroles de Stella. Ses sentiments coulaient avec lui dans la baignoire.

« Peut-être que maintenant, elle me déteste..., » déclara Ikki.

« Pervers ! »

« Wow... »

Y avait-il un homme qui ne serait pas découragé d’être appelé un pervers par une fille ? Honnêtement, c’était tout à fait insupportable, d’autant plus que ces durs mots étaient venus de Stella. Ikki la respectait comme un vrai chevalier, parce que, malgré son important talent, elle avait toujours eu en tête un objectif supérieur et n’avait jamais été facile avec elle-même. Aurait-il pu faire la même chose, s’il avait été aussi doué qu’elle ? ... Bien sûr, elle était aussi une femme fascinante, et le fait d’être ainsi détesté par quelqu’un qu’il admirait tant aussi bien en tant que chevalier, mais aussi en tant que femme le rendait très déprimé. Il avait besoin de se débarrasser de cette mauvaise impression dès que possible.

« Ainsi, il faudra aussi que demain, j’en parle avec Shizuku, » déclara Ikki.

Pour commencer, l’avis de Stella était important pour lui et il devait aussi faire comprendre à Shizuku qu’elle n’était plus une enfant et donc que faire quelque chose comme embrasser ainsi son frère n’était pas acceptable. Après tout, elle avait grandi pour devenir une personne si mignonne et avait ruiné cette joyeuse réunion en l’embrassant sur la bouche. Ceci n’était pas non plus, une bonne chose pour Shizuku.

Juste au moment où Ikki avait décidé de cela ―.

Stella, vêtue d’un bikini, entra d’une manière fort agressive dans l’étroite salle de bains.

« Je-j’entre, » annonça Stella.

Qu’est-ce que ceci pouvait être ?? Pour une raison quelconque, Ikki sentait qu’il avait fait une grande erreur, comme de penser qu’il venait de voir une baleine dans un étang. Parce qu’on se trouvait dans une salle de bain, il était étrange que Stella porte un maillot de bain. Même si c’était gênant, le port d’un maillot de bain était vraiment bizarre et aussi peu pratique. Alors même que cela pouvait être embarrassant, utiliser une serviette serait bien plus judicieux.

« ― Non, Non, Non, Non, Non ! » s’exclama Ikki.

Ikki tomba presque à terre quand il découvrit ce développement subitement devenu absurde.

« Ce n’est pas la question, mais c’est bizarre en soi ! Tout d’abord, pourquoi voudrais-tu venir ici même !? Je ne peux pas comprendre, en ce moment, ce qui se passe ! » déclara Ikki.

« Q-Quoi !? Tu ne devrais pas être si surpris, non ? » demanda Stella.

« Quoi qu’il en soit, je suis surpris ! Oui, bien sûr que je le suis ! Sérieusement, que se passe-t-il !? Pourquoi voudrais-tu mettre un bikini et rentrer ainsi dans la salle de bains où j’y suis déjà !? » demanda Ikki.

« T-Tu... ne comprends vraiment pas ? » demanda Stella.

« Je ne peux vraiment pas du tout le deviner ! » déclara Ikki.

« Je... Je pensais juste venir là, afin de laver ton corps, Ikki..., » déclara Stella.

Un vertige s’abattit alors sur lui. Sa tête tournait. Son corps était bouillant. Il devait sûrement halluciner.

Stella venait-elle laver mon corps ? Hahaha, c’est impossible. Dans quel genre de jeu vidéo suis-je tombé ? pensa Ikki.

« Désolé Stella. Il semblerait que je ne suis, en ce moment, pas moi-même. Je crois avoir entendu quelque chose d’absurde. Pourrais-tu répéter, s’il te plaît ? » demanda Ikki.

« Je veux dire... que... tu le sais déjà ? Je suis ton esclave, non ? Et donc, laver le corps de mon maître est mon devoir en tant qu’esclave, n’est-ce pas ? » annonça Stella.

« Oh ho, alors c’est simplement cela... être un esclave doit vraiment être difficile, » déclara Ikki.

... Hein !?

« Euhhh N-Non, a-attends une minute ! Je n’ai jamais demandé ça ! » s’écria Ikki.

« Je le ferais même sans que tu me le demandes ! Hideyoshi [1] réchauffait bien les sandales de Nobunaga [2], même s’il ne l’avait jamais demandé !? C’est comme ça ! » annonça Stella.

« De quoi parles-tu !? » demanda Ikki.

« Quoi qu’il en soit ! Ceci est mon devoir en tant que ton esclave ! Alors, dépêche-toi et assieds-toi ! » déclara Stella.

 

 

« Il n’y a aucune chance que je puisse te laisser faire ça ! » répliqua Ikki. « Toutes ces choses au sujet des maîtres et des esclaves sont certainement fausses ! En premier, Shizuku et maintenant toi. Qu’est-ce qui se passe ces jours-ci avec le sens de la vertu des jeunes filles ? »

« Tout va bien si c’est moi qui te le dis ! Il te suffit de faire comme je l’ai dit et de t’asseoir. Dans le cas contraire, je ―, » déclara Stella.

Stella s’arrêta un instant de parler et du feu commença alors à se disperser tout autour de ses cheveux.

« Je vais te faire bouillir ! » annonça Stella.

Notes

  • 1 Hideyoshi : Serviteur d’Oda Nobunaga connu pour avoir commencé en tant que son porteur de chaussures.
  • 2 Nobunaga : Au cours de la dernière partie de la période des Royaumes Combattants du Japon, vers le milieu des années 1500, un samouraï, seigneur de guerre, du nom d’Oda Nobunaga commença l’unification des différents domaines du Japon. Hideyoshi Toyotomi était un serviteur né paysan d’Oda, travaillant d’abord comme porteur de sandale, mais les réalisations de Toyotomi comme négociateur et général l’a élevé au-dessus de son bas rang dût à sa naissance et il est aujourd’hui considéré comme l’un des trois personnages principaux qui unifia le Japon aux côtés d’Oda et d’Ieyasu Tokugawa.

***

Partie 9

*Rub rub rub* (bruit de l’éponge)

Stella, princesse de l’Empire Vermillion, était actuellement vêtue d’un maillot de bain et se tenait à genoux juste devant Ikki, lavant le corps du jeune homme alors qu’il portait seulement une serviette enroulée autour de ses hanches.

Q-Que se passait-il... ? La tête d’Ikki était sur le point de se détraquer. Ou peut-être que tout cela s’était détraqué depuis longtemps. Dans le cas contraire, il souhaitait que ce soit ça.

« N’oublie pas de tenir ta promesse. Je ne te laisse jouer à cette farce qu’aujourd’hui, mais je ne vais certainement pas l’accepter à partir de demain, c’est sûr ! » déclara Ikki.

« Je comprends. Je ne fais pas ceci, car je le veux, tu sais. J’ai perdu et donc je suis devenue ton esclave, de sorte que c’est l’unique raison pourquoi je dois le faire, » répliqua Stella.

... Pourquoi ne peux-tu pas arrêter de revenir avec ça ? pensa Ikki.

Mais lui demander ne servirait à rien. Il lui avait déjà demandé cela avant, à de nombreuses reprises, mais sans succès. Selon Stella, le lavage était censé être le devoir de tout esclave, alors elle ne serait pas en mesure de se calmer sans l’avoir réalisé au moins une fois. Ikki ne la comprenait vraiment pas, mais avec la fierté royale gonflée à bloc de Stella, il ne pouvait pas facilement argumenter contre son raisonnement tordu.

Quoi qu’il en soit, c’était seulement pour aujourd’hui. Juste pour aujourd’hui, je serai indulgent avec elle et ensuite, j’oublierai toute cette scène... ! pensa Ikki.

Ikki se jura à lui-même alors que Stella lavait son corps. Toutefois ―.

« ... Euh, » murmura Ikki.

Ses yeux avaient été irrésistiblement attirés par le corps de Stella vêtue seulement de son bikini. La raison lui disait de ne pas la regarder, mais ses instincts ne voulaient pas écouter. Il faisait semblant de détourner le regard, mais ses émotions l’avaient contraint à continuer à regarder.

En ce moment, il regardait le visage parfait de sa charmante colocataire qu’il n’arrivait vraiment pas à comprendre dans ces moments-là. Stella était beaucoup plus exposée que quand il l’avait vue, le premier jour, alors qu’elle était à demi nue. Elle était là, devant lui, exposant les ombres pâles de ses clavicules en bas de son long, mais, malgré tout, mince cou, ses épaules bien redressées et ses hanches, affichant une douce ligne au bout de ses longues jambes blanches et tendres.

Et parmi ses caractéristiques les plus frappantes, la plus terrible était sans aucun doute... sa poitrine. Des seins blancs et massifs assez colossaux pour être fermement gonflés par son bikini.

Des fruits mûrs et magnifiques qui ne pouvaient pas être cachés, même lorsqu’elle portait son uniforme. Les bosses se balançant de gauche à droite chaque fois que Stella déplaçait son corps, même légèrement.

En les voyant, Ikki sentit son cerveau se vider de son sang et sa gorge devint brûlante de soif.

C’est... impossible à supporter..., pensa-t-il.

Il n’y avait aucune chance qu’il puisse détourner ou fermer ses yeux. Ikki était plus tempéré que la plupart des garçons, peut-être même trop sérieux, mais il était quand même un jeune homme en bonne santé de seize ans. Il n’était pas assez vieux pour pouvoir retirer son attention du corps si captivant d’une jeune fille qui venait se mettre juste en face de lui. Il ne pouvait pas s’empêcher de regarder furtivement tous les coins et recoins de ses séduisants membres. Dieu merci, Stella ne semblait pas l’avoir remarqué.

... Eh bien, Stella est vraiment magnifique, pensa Ikki.

Bien sûr, Stella était belle en tant que femme, mais son corps était aussi beau en tant que chevalier. Ikki pouvait voir comment Stella avait dû s’entraîner durement pour en arriver là. Elle avait une volonté inébranlable bien qu’elle possède tant de talent. Son corps pourrait tout à fait être la sculpture de son âme.

Vraiment magnifique, pensa Ikki.

C’était la première fois qu’Ikki se rendit compte que son visage était aussi joli. C’était aussi la première fois qu’il voulait autant la toucher. Bien sûr, il savait que la toucher serait impardonnable, mais ―.

 

En même temps, mais du point de vue de Stella...

Depuis le début, il n’a pas arrêté de me regarder..., pensa Stella.

Stella avait remarqué les regards d’Ikki dès le départ, car une femme était sensible aux regards des hommes, surtout quand cet homme remplissait entièrement son esprit. C’était probablement cette chose qu’on appelait « l’intuition féminine », une sensation que les hommes n’avaient pas et le sien l’avait immédiatement averti du regard fiévreux d’Ikki, et elle l’en avait informée. Oh non ! Il me regarde ! Il est devant moi à me regarder !

« ... Uu... fu... uu. »  Elle était consciente de cet intense regard et son corps commença, en réponse à cela, à se réchauffer fiévreusement.

La vision insidieuse d’Ikki se déplaçant de son cou à sa clavicule, ses seins, son nombril et ses cuisses, comme s’il lavait doucement le corps de Stella.

C’est tellement embarrassant... Je vais m’évanouir..., pensa Stella.

Mais Stella n’y était nullement opposée. Non, elle était même soulagée qu’il le fasse, car c’était la preuve qu’Ikki ne détestait pas son corps, où du moins il n’était pas indifférent.

Elle avait été très inquiète en vue de la réaction qu’elle avait eue après avoir vu le corps d’Ikki et de la même manière, le cœur d’Ikki avait également réagi de la même façon après l’avoir vu, elle. Stella était rassurée par cela et ceci la rendait très heureuse. Elle ne voulait pas perdre. Non, elle ne perdrait certainement pas contre cette petite sœur !

« Alors, après ça... ton dos. Je vais te le laver... ! » déclara Stella.

Stella se positionna dans le dos d’Ikki après avoir terminé l’avant de son torse. Bien sûr, elle n’avait pas été jusqu’à laver sa moitié inférieure. Il était encore bien trop tôt pour cela. Vraiment. Pas encore.

« O-Oui, je vais te laisser faire, » répondit Ikki.

Ikki prit soin de ne pas mentionner à Stella qu’elle n’avait pas tout fait. Si la situation lui avait demandé d’enlever sa serviette, alors il était déjà disposé à s’enfuir même s’il devait se fracasser contre un mur.

Il ne reste plus que le dos. Après ceci sera fini...

Tant qu’il n’avait pas à regarder le corps de Stella, le contrôle de soi-même était beaucoup plus simple. Il se sentait un peu mal à l’aise que son dos soit ainsi lavé, mais il n’avait pas besoin de déplacer sa poitrine ou son abdomen.

Il pouvait donc le supporter. Il pourrait ainsi passer cette mystérieuse épreuve. Et puis il l’oublierait complètement. Il ne parlerait jamais à personne de ce qui était arrivé ici aujourd’hui ni ne s’en souviendrait après. Tout ceci sera enterré et abandonné dans la partie la plus profonde de ses souvenirs.

Alors qu’Ikki avait lui-même déterminé cela ―.

Stella lui parla, tout à coup, derrière lui avec une voix aussi douce que les battements d’ailes d’un papillon. « Hey, Ikki ! »

« Qu’est-ce que qu’il y a ? » demanda Ikki.

« Euh. Tu — tu... euh, je veux dire, il y a quelque chose que... j-je voudrais... te demander..., » balbutia Stella.

« Bien sûr, c’est d’accord. Qu’est-ce que c’est ? » demanda Ikki.

« Ikki... tu... aimes-tu... les filles avec de gros seins ? » demanda Stella.

Ikki sentit un marteau frappant l’arrière de sa tête.

« Quuuu ! Ah, tu — ! QQQ-Qu’as-tu dit...! » s’écria Ikki.

« Je veux dire que... n’as-tu pas arrêté de les regarder fixement... avant cela, non ? » demanda Stella.

Quoiiiiiiiiiiiiii !?

Il avait été pris sur le fait ! Elle avait donc remarqué ses regards !

Ikki voulait mourir. Disparaître. Il aurait souhaité pouvoir devenir du vent en cet instant.

« Je suis désolé ! Je savais que ce n’était pas bien de te regarder comme ça ! Mais il faut me comprendre ― ! » déclara Ikki.

« Non, tu n’es pas obligé de présenter des excuses. Il te suffit de répondre à ma question, » déclara Stella.

Sa question ? Il préférait se jeter la tête la première sur le sol, plutôt que de devoir répondre devant elle. Pour être interrogé sur ses préférences par une fille juste derrière lui, quel genre de jeu de punition était-ce ? Terrible, c’était juste trop terrible. Avait-il attiré la colère de quelques dieux ?

Il était mortifié, mais Ikki n’avait pas d’échappatoires possibles, alors il se résigna et prononça tout doucement.

« Oui, ils me plaisent, » répondit Ikki.

« ... Hmph, » murmura Stella.

...

...

... D-Dis quelque chose !

« H-Hey, Stella ―, » Ikki semblait pouvoir mourir en raison du silence, mais au moment où il avait commencé à parler.

 

*Squish !*

 

Deux choses rondes, bien plus moelleuses qu’une éponge et beaucoup plus douces que ses paumes, venaient de se presser contre son dos. Il sentit comme un engourdissement dans son dos et dans son cerveau. La conscience d’Ikki avait été immédiatement court-circuitée.

Incompréhensible. Tout ceci était arrivé derrière lui, en plein dans son angle mort. Et peu importe comment sa vision était excellente, Ikki ne pouvait rien voir là où il ne pouvait pas regarder. Mais même s’il était complètement aveugle dans cette zone, il pouvait, quand même, deviner ce qui s’était produit, et du pourquoi il se sentait ainsi.

« S-Stella... tout à l’heure... tu... ! » commença Ikki.

Avant qu’il ne puisse demander une explication, Stella se précipita déjà hors de la salle de bains à la vitesse de l’éclair, son visage étant rouge jusqu’aux oreilles.

« Pourquoi !? » demanda Ikki.

Premièrement Shizuku et maintenant Stella. Juste en étant de l’autre sexe, les gens deviennent vraiment difficiles à comprendre !?

Ikki était tout simplement incapable de comprendre ce qui était arrivé aujourd’hui. Mais une chose qu’il pouvait dire avec certitude : il n’oublierait jamais cette sensation.

***

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