Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 2 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : Les Héros, le Monstre et le Plan

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Chapitre 2 : Les Héros, le Monstre et le Plan

Partie 1

Nous étions rapidement arrivés dans les montagnes, mais à partir de là, il était beaucoup plus difficile de suivre la princesse en raison de l’environnement. Non seulement elle avait laissé moins de traces sur ce terrain, mais cette région était aussi très peu peuplée. Nous étions déjà là depuis deux jours, et les seules choses que nous avions trouvées étaient des monstres.

« Kyou-san, guéris-moi ! » lui demandai-je.

« Oui, oui, je peux le voir ! » répondit-elle.

En me défendant contre trois animaux à fourrure de taille humaine, ressemblante à des ours à poil long, j’avais eu du mal à ne pas tomber de l’une des nombreuses falaises. Il s’agissait de la raison pour laquelle je ne pouvais pas bien fuir les combats et c’était aussi la raison pour laquelle j’avais dû subir plus d’attaques que d’habitude.

Ces créatures sont appelées des « Bearingtons » et leurs attaques étaient vraiment très puissantes. Même s’ils étaient lents, ils avaient de longues griffes et étaient des grimpeurs fort agiles, donc j’avais un sacré désavantage sur ce terrain. Normalement, j’utiliserais tout simplement la portée supérieure de ma lance, mais un faux pas et je tomberai d’une falaise ce qui me ferait risquer de me briser le cou ! Je devais donc rester en étant au maximum sûr et je ne pouvais pas utiliser tout le jeu de jambes physique comme à mon habitude.

Cela signifiait donc que j’étais couvert de blessures. J’avais riposté en les vainquant en utilisant l’endurance. Il s’agissait donc d’une véritable bataille d’attrition. Mais ça fait mal ! Même la magie curative ne ferait pas disparaître instantanément toutes les coupures, elles se refermaient simplement et guériront complètement avec le temps.

« Ahh ! » J’avais poussé un Bearington d’une falaise, car c’était la seule stratégie que j’avais pu trouver pour gagner du temps, même s’il sera de retour dans une minute. Foutus grimpeurs adroits !

Cela avait pris un certain temps, mais le combat avait été gagné. « Pfou. » J’avais expiré mon mécontentement par un soupir. « Je déteste ces choses. » Mais je les avais quand même découpés pour la viande et la fourrure. « Au moins, ils sont savoureux. »

Kyou-san semblait être en colère : « Trouve donc un moyen de diminuer les dommages que tu encaisses ! Car cela ne marchera pas sur le long terme ! »

« Désolé !? Pourquoi n’essaies-tu pas d’être à l’avant pour changer ? » lui demandai-je.

« Je fais ce que je suis censée faire ! Tu es au niveau 39, alors ne devrais-tu pas les surclasser ? » me demanda-t-elle en retour.

« Je ne sais pas ? Ils sont solides et je ne peux pas les isoler, parce que tu te tiens à mes côtés ! » répondis-je.

« Si ce n’était pas le cas, tu serais déjà mort ! » répliqua-t-elle.

« Crois-tu que je ne le sais pas !? » Se blesser tout le temps était en soi assez troublant ! Mais ce n’était pas comme si j’avais une meilleure stratégie à disposition. Kyou-san était après tout fragile et elle avait besoin de protection. « Ouf... continuons pour le moment ainsi. » J’en avais marre de tout ça, mais se disputer ne nous aiderait certainement pas.

Eh bien, nous étions tous les deux un peu tendus. Pendant les deux derniers jours, c’était beaucoup d’escalade et de lutte contre des ennemis, qui n’étaient même pas très forts, mais très gênants en raison de leur avantage sur le terrain. Et le seul indice que nous avions sur la princesse était les cadavres qu’elle avait laissés derrière elle. Nous avions déjà entendu dire que la princesse était une puissance en marche, mais le fait de voir tous ces monstres morts en chemin me mettait un peu mal à l’aise à l’idée de la rencontrer.

Nous étions en train de nous rendre à l’un des sommets afin d’avoir une vue dégagée et peut-être voir un feu de camp la nuit. Mais je ne pensais pas que l’escalade serait aussi difficile que ça. Nous avions dû faire demi-tour plusieurs fois, car le chemin ne menait qu’à des impasses. Beaucoup de falaises n’étaient pas franchissables sans l’équipement approprié et il y avait eu un gouffre au cours de routes. Il avait donc fallu des heures pour le contourner. Dans les montagnes de Vulkan, il y avait des sentiers, donc nous n’avions pas besoin de beaucoup grimper, d’autant plus que la plupart des terrains difficiles avaient déjà été traversés par des ss’raks. Mais ici, nous devions faire tout cela par nous-mêmes.

Nous avions ainsi marché une demi-heure en silence, puis ma capacité de perception m’avait indiqué quelque chose. « J’entends des personnes parler un peu devant nous... et cela me semble familier... »

« Peut-être est-ce nos camarades de classe ? » me demanda-t-elle.

« Ont-ils déjà rattrapé le temps perdu ? » lui demandai-je.

« Déjà ? Nous avons perdu beaucoup de temps, puisque nous sommes pratiquement perdus ici ! » déclara-t-elle.

« Hm... Je vais aller voir devant, » j’avais utilisé la compétence de Dissimulation et la Neutralisation des Odeurs, juste pour être sûr alors que j’avais été vers l’avant.

Et en vérité, une centaine de mètres plus loin, il y avait des personnes trop loin pour que je puisse voir leur visage. Ils devaient sûrement être mes camarades de classe ! J’étais monté un peu plus haut et je m’étais camouflé. Ma peau, mes cheveux et mes vêtements avaient pris la couleur des rochers autour de moi et donc il serait très difficile de me voir maintenant, sauf si bien sûr je me déplaçais après ça. Mais maintenant, il était temps de les écouter alors qu’ils s’approchaient de là.

« Nous sommes perdus, n’est-ce pas ? »

« On peut descendre n’importe quand. »

« Cette compétence n’est pas très fiable, non ? »

« Cela rend simplement les traces plus facilement visibles et aide à les discerner, mais il y en a très peu ici. »

Trois de mes camarades de classe, toutes des filles, s’étaient assises un peu plus loin, avec leurs sacs à dos, qui étaient leur Inventaire à côté d’elles. Elles avaient décidé de faire une pause. Et si Kyou-san et moi avions continué ainsi, nous les aurions certainement rencontrées.

Attends, qu’est-ce que j’entends ? Est-ce un groupe de Bearingtons ? S’approchent-ils en ce moment ? Comme j’avais caché mon odeur, ils allaient simplement attaquer le groupe de filles. Que dois-je faire ?

Je sais. J’attends. Les Bearingtons, un groupe de quatre, avaient alors attaqué les filles qui avaient alors crié. « Bearingtons ! »

« Attaquons ! »

À l’unisson, toutes les trois avaient fait face aux Bearingtons et puisqu’elles avaient travaillé en équipe, elles avaient bien moins de problèmes que je subissais de mon côté et cela même si mon niveau devrait être beaucoup plus élevé. Bon sang, le travail d’équipe !

J’avais utilisé la compétence de Dissimulation pour atteindre les sacs à dos des filles, qui étaient actuellement trop distraites par les Bearingtons et je les avais jeté dans la falaise la plus proche. Vous pouviez toujours les voir, mais cela pourrait prendre un certain temps pour les récupérer. Puis j’étais retourné dans ma cachette.

Après la bataille, les trois filles étaient revenues et leur réaction avait été : « Ah ! Nos sacs à dos ! Où sont-ils !? »

« Je les ai trouvés ! Comment ont-ils pu tomber de la falaise ? Est-ce un monstre ? Quel genre de monstre ferait une chose pareille ? » La réponse était : Moi.

« Ah ! On ne peut pas les laisser là ! Tout notre équipement est là ! »

« Marie, tu devrais descendre ! »

« C’est impossible ! Nous devons trouver un moyen de descendre ! »

« Non... s’il vous plaît, non ! »

« Mais nous n’avons pas le choix... Allons-y. »

C’était rafraîchissant. J’étais revenu auprès de Kyou-san.

« Pourquoi souris-tu comme ça ? » me demanda-t-elle.

« Sans raison, » répondis-je.

« Effrayant, » répliqua-t-elle.

 

―○●○―

 

Le voyage s’était poursuivi. « Elle était peut-être ici. Ces monstres ont été tués très récemment. Il y a peut-être deux heures. » Si ces monstres découpés, qui ressemblaient à des chenilles de la taille d’une vache, étaient bien l’œuvre de la princesse, elle avait une façon élégante et efficace de manier sa lame.

« Est-ce que les traces indiquent quelque chose ? » me demanda-t-elle.

« Je ne trouve pas grand-chose... elle semble venir d’où nous allons. Comme nous les avons retrouvés ici, je suppose que la princesse avait la même idée que nous et qu’elle voulait grimper pour avoir une meilleure vue, mais pourquoi irait-elle maintenant dans un vallon... » déclarai-je.

« Regarde, Ken ! Il y a une grotte en bas, » déclara-t-elle.

Elle avait raison. Kyou-san indiquait l’entrée d’une grotte dans le vallon, qui était assez grande pour le passage de chevaux. Mais pourquoi... « C’est vrai, elle cherche des bandits et des menaces démoniaques dans la région. Une telle grotte pourrait être intéressante pour elle. »

« Mais comment pouvons-nous descendre là-bas ? » me demanda-t-elle.

« Euh... Sauter est hors de question, mais si nous cherchons un chemin, nous risquons de la perdre à nouveau. Mais nous avons un avantage qu’elle n’a probablement pas de son côté, » déclarai-je.

« Et c’est quoi ? » me demanda-t-elle.

« L’Inventaire. Quand je faisais du solo, j’ai stocké beaucoup de corde. Il est temps de les utiliser, » répondis-je.

Après avoir trouvé un gros rocher comme point d’ancrage, nous avions attaché trois de nos cordes ensemble, ce qui était suffisant pour atteindre une plate-forme loin en bas de la falaise sur laquelle nous nous tenions. C’était une bonne chose que nous ayons nos attributs, qui étaient beaucoup plus grands que nos capacités « réelles » en tant qu’étudiants. Descendre environ 40 mètres de corde n’était pas aussi facile qu’on le pensait au début. Vous pouvez tomber très bas, si vous échouez !

Malheureusement, nous devions laisser la corde derrière nous, mais il s’agissait d’un investissement. De là, il était beaucoup plus facile d’atteindre le vallon et nous nous étions précipités vers la grotte. Et peut-être qu’on pourrait de toute manière le récupérer plus tard.

Nous étions arrivés à l’entrée de la grotte, mais il y avait quelque chose d’étrange là-bas. On entendait des aboiements, et beaucoup de cris de douleur ! J’avais hoché la tête à Kyou-san et j’y étais allé en premier, et c’était seulement pour voir un carnage devant moi.

Une personne se tenait contre la moitié d’une armée d’étranges petits humains ressemblant à des chiens. Était-ce des kobolds ? Ils maniaient un large éventail d’armes, y compris des lances en pierre, des épées rouillées, des haches endommagées et des massues en os.

Leur ennemie était une unique fille blonde, ses cheveux atteignaient tout juste ses épaules et ils étaient retenus par un bandeau noir. Elle portait des pièces d’armure en cuir durci au-dessus de sa poitrine, de ses bras et de ses jambes et maniait une longue et mince épée.

Ses yeux étaient comme des braises, et elle pourrait être à peu près de la même taille que moi et même si elle ne semblait pas musclée, elle bougeait avec des mouvements puissants, mais élégants.

Au fait, elle tuait ces kobolds toute seule. Franchement, elle venait de découper la main d’un kobold, d’attraper une hache de la créature puis de la lancer dans le même mouvement dans la direction opposée, coupant en deux la tête d’un autre kobold, tandis que pendant ce temps, elle enfonçait son épée à travers le corps d’un troisième adversaire.

Tout ce qui entrait dans la portée de son épée était largement assez découpé pour être mort. C’est si rapide et impitoyable que cela en était magnifique.

« Je n’arrive pas à y croire..., » murmura Kyou-san. Comme j’avais soudainement arrêté de bouger, elle avait jeté un coup d’œil d’elle-même et était à peu près aussi choquée que moi. « Je suis presque triste pour ces types. Tu vois, ils font de leur mieux, je peux les imaginer crier “Pour la horde” ou quelque chose de stupide comme ça, mais c’est... »

« Ce n’est pas une bataille. C’est un massacre unilatéral, » ce tourbillon blond évitait même les lances et autres projectiles sans aucune difficulté.

J’avais alors pris une décision. J’avais changé ma classe en Lancier et j’avais couru vers cette scène sanglante. Puis j’avais utilisé Vitesse de Poussée pour tuer un kobold par-derrière ! « Je suis là pour vous aider ! »

La fille m’avait jeté un regard puis elle m’avait fait un sourire radieux : « Génial ! » Sa voix est claire et joyeuse, tandis que ses mains venaient de tuer deux autres kobolds à ce moment précis. « S’il vous plaît, prenez soin de mon dos ! »

« Ne m’oubliez pas ! » Kyou-san était également entrée dans la mêlée, en passant devant les kobolds effrayés, mais déterminés. « Je suis une prêtresse donc je peux guérir tout le monde ! »

« Une prêtresse ! Maintenant, nous sommes invincibles ! » On dirait qu’elle avait besoin de renfort. Même si Kyou-san et moi ne voulions qu’être de son côté, puisqu’on avait vraiment peur d’elle !

Je suppose que si nous n’avions pas rejoint la fille, la bataille se serait quand même terminée une vingtaine de secondes plus tard. J’avais eu quelques coups finaux et Kyou-san n’avait rien fait. Mais même si j’avais fait de mon mieux pour tuer autant que possible pour augmenter notre XP, la blonde était tout simplement trop rapide pour massacrer les choses !

Elle s’était facilement classée 2e dans ma liste de choses dont j’avais le plus peur, seulement vaincue par Muaotef, qui est un putain de dragon ! Cette fille ne fonctionnait pas selon un principe de DPS (dommages par seconde), mais de MPS (morts par seconde) !

« Merci de m’avoir aidé ! » La fille s’inclina poliment devant nous. « J’étais dans le pétrin, je suis tombée sur ces kobolds quand je cherchais des bandits. Mais comme ils dérangent aussi les personnes vivantes dans le coin, je leur ai demandé s’ils pouvaient arrêter ça et c’est devenu comme ça... Mais où sont mes manières : Je m’appelle Katarine Von Stolzherz. Quels sont vos noms, si je peux me permettre ? Vous n’avez pas l’air d’être d’ici. »

Bien sûr, nous étions des Asiatiques vivants parmi des personnes qui ressemblaient à des Occidentaux. Eh bien, ces gens avaient souvent des couleurs un peu fantastiques, par exemple la princesse avait des yeux, qui étaient orange-jaune, tout comme la braise. Son père avait aussi ces yeux. « Je m’appelle Katsuragi Kenta. Un héros invoqué en ce monde. »

Kyou-san me regarda avec colère, mais on ne pouvait pas le cacher ! Nous avions l’air totalement différents des autres. « Je m’appelle Momokawa Kyou. De même, un héros. »

Étonnamment, la princesse avait pris nos deux mains dans les siennes. « C’est la première fois que je vous rencontre, héros ! C’est un honneur pour moi ! » Même si ses mains couvertes de gants étaient pleines de sang, ses yeux étaient rayonnants et elle incarnait l’innocence même. Comment quelqu’un pouvait-il être une machine à tuer, tout en gardant ce genre de pureté ?

Ah, elle fait semblant. Ça doit être ça. Eh bien, alors je vais aussi faire semblant. « C’est un honneur pour nous aussi, princesse. »

« Oh ! Comment le savez-vous ? » La princesse avait l’air profondément choquée.

« Vous venez de nous dire votre nom et même si nous venons d’un autre monde, nous vivons ici assez longtemps pour le savoir, » déclarai-je.

« Oh, je vois. Mais maintenant, je ne suis pas une princesse... enfin, je le suis, mais je... n’agis pas en tant que telle, pour l’instant. Appelez-moi Kati ! » déclara Katarine.

« Un surnom ? Ka... Kach... Pfou..., » cela serait difficile à prononcer avec une langue japonaise. On croirait entendre Kachi.

Heureusement, Kyou-san avait eu une idée. « Et Rine-chan ? C’est moins évident, si vous vous infiltrez sous couverture quelque part. »

« Sous couverture ? Ça a l’air cool ! » Ah, son comportement avait glissé ! Et ses yeux scintillaient dangereusement. « Ce que je veux dire, c’est que cela a l’air excitant... attendez... cool, puisque nous sommes maintenant amis ! Oui, nous sommes amis et les amis n’ont pas besoin d’être trop polis l’un envers l’autre ! Super ! J’ai de nouveaux amis ! Je suis Rine ! »

« Tu peux m’appeler Kyou, Rine-chan. Et celui-là, tu n’as pas besoin de t’en souvenir, » déclara Kyou-san.

« Hé ! Kenta ! Katsuragi Kenta ! » déclarai-je.

« Hehe. Tu te moques de Kenta, n’est-ce pas Kyou ? Puisque vous êtes tous les deux proches, c’est normal ! » Kyou-san regardait Rine comme si elle avait volé sa poupée préférée et l’avait jetée dans un tas de merde.

Le sourire de Rine avait disparu de l’existence et elle me regardait avec beaucoup d’inquiétude, tout en marmonnant ses mots : « Est-ce que c’est moi ou est-ce que Kyou m’a regardé comme si j’avais volé sa poupée préférée et l’avais jetée dans un tas de fumier ? »

Les regards de Kyou-san sont-ils si expressifs que tout le monde peut les traduire avec précision ? S’agit-il d’une forme de langue à part entière ?

« Désolée, Rine-chan, » le sourire de Kyou-san était revenu. « Ken et moi avons une relation un peu étrange, donc c’était juste un peu bizarre de dire qu’on était proches. Mais pour dire les choses simplement, oui, nous sommes aussi amis. »

J’avais été secoué en entendant ces mots et j’étais même sur le point de vomir. J’étais sûr que la bouche de Kyou-san avait aussi un goût de merde, mais il s’agissait de quelque chose à faire pour notre plan élaboré : Devenir ami avec Rine, pour qu’on en profite pour la ramener !

« Je suis si contente ! » Le sourire de Rine était revenu, comme si elle prenait ces mots dégoûtants à cœur.

***

Partie 2

« Faisons une pause ! » Rine semblait être ravie.

Quant à nous... nous l’étions moins. Puisque Rine était dans sa recherche de bandits ou de démons dans les montagnes, nous y étions donc retournés, remontant là où nous étions descendus avec nos cordes, les récupérant et marchant sur ces sentiers de montagne sans fin. Cela faisait plus de deux heures que cela avait commencé. Et la plupart des frappes finales avaient été effectuées par la princesse, qui n’avait même pas de système de PX ! Frustrant !

Mais je devais garder mon sang-froid. Tout cela était fait afin de pouvoir réaliser nos objectifs. « Eh bien... Je vais faire du feu. » Comme nous avons un inventaire, nous pouvons facilement ramasser du bois de chauffage en cours de route, Kyou-san avait déjà sorti son matériel de cuisine. Puisqu’elle était cuisinière, c’était son travail habituel.

« Rine-chan, peux-tu aller chercher de l’eau ? Il y a peut-être un ruisseau dans le coin, non ? Si tu ne trouves rien de très proche, ce n’est pas si grave. Il me faut au moins une quinzaine de minutes ici, alors tu as du temps pour chercher ! » déclara Kyou-san.

« Bien sûr ! » Avec une expression joyeuse, Rine avait commencé sa recherche. Et ainsi, nous étions enfin seuls.

Après avoir confirmé que Rine n’était plus à portée auditive, j’avais commencé. « Avant de discuter de quoi que ce soit, j’aimerais dès maintenant faire un oreiller de genoux. »

« Soupir. Alors, laisse-moi être la première. » Nous étions toujours en train d’accumuler des PMA, donc je m’étais placé avec mes genoux accessibles, pour que Kyou-san puisse y poser sa tête. « C’est dur de faire ces choses quand cette fille est là. »

« C’est vrai. Et comment expliquer la séance d’une heure ? » lui demandai-je.

« ... Faire ces choses avec toi est dégoûtant en soi, mais normalement, personne ne regarde, » déclara-t-elle.

« Merci ? » Un jour, je m’habituerai peut-être à cet abus verbal. Ou alors je pourrais faire quelque chose que je pourrais regretter plus tard. « Mais comment devrions-nous nous occuper d’elle ? Maintenant, le fait de l’attacher dans son sommeil semble être beaucoup plus raisonnable. Selon moi, la sécurité d’abord ! »

« Je pourrais essayer le somnifère, mais il sera difficile de la déplacer pendant que nous sommes dans les montagnes. Nous sommes attaqués trop régulièrement par des monstres, » déclara-t-elle.

« Je suis d’accord... Mais il n’y a pas beaucoup de choix, n’est-ce pas ? À moins que nous ne voulions attendre d’attraper un ou deux bandits avant d’aller les livrer à la forteresse... Ça risque d’être trop long. » Il y avait également nos camarades de classe et, bien sûr, notre propre sécurité à considérer, car cette fille pourrait causer plus d’ennuis que ce que Kyou-san et moi pourrions gérer. « Eh bien ! Pour commencer, nous devrions faire partie de son groupe, jusqu’à ce que nous trouvions une opportunité. Pour l’instant, elle pense que nous l’aidons, même si ce n’est pas vraiment le cas. »

« Je me sentirais mal de l’avoir piégée si ce n’était pas pour cette récompense et l’élimination de la malédiction, » déclara-t-elle.

« Ce n’est pas mon cas. Elle n’est qu’une hypocrite, » déclarai-je.

« Non, Ken. En vérité, elle est tellement naïve, » d’où est-ce que ça vient ? Kyou-san et moi ne connaissons Rine que depuis quelques heures. « Peut-être même qu’elle nous considère comme ses premiers véritables amis. Elle ne survivrait pas un jour à l’école, du moins, sans être intimidée. »

« Mais dans ce cas, ne casserait-elle pas les os de tout le monde ? » lui demandai-je.

« N’as-tu aucune idée des formes d’intimidation ? » me demanda-t-elle.

« Seulement à une extrémité, » répondis-je.

« Ken, tu n’as pas été intimidé ! » répondit-elle.

« Possible. Ou seulement un peu, » répondis-je.

« Non, c’est... oublie ça, c’est une perte de temps à te l’expliquer, » Kyou-san avait tourné la tête et s’était enfoncée plus profondément sur mes genoux. « Ça me rend malade. » Si elle se blottissait la tête un peu plus haut, ce serait excitant. Mais en fait, son visage était juste au niveau de mes genoux pour obtenir le moins de contact possible.

« Rine est capable de s’occuper d’elle-même avec une violence brutale. Alors..., » commençai-je.

« Oublie ça ! Je suis désolée d’avoir dit quelque chose comme ça ! Le faire en ta présence était incroyablement stupide de ma part, alors n’en parlons plus ! » déclara-t-elle.

« Ah... » Elle m’avait écrasé verbalement dans une succession de phrases, ce qui avait fait qu’il m’était impossible de faire une réplique sans perdre plus de terrain.

Après dix minutes d’oreiller de genoux, nous avions terminé les préparatifs du camp et un peu plus tard, Rine était revenue : « Désolée, je n’en ai pas trouvé. »

« Pas de problème, Rine-chan. Je suis sur le point de cuisiner, alors peux-tu m’aider ? »

« Cuisiner ? Avec plaisir ! » Elle semblait vraiment heureuse. Moi, par contre, j’étais sur le point de vomir.

Kyou-san avait mis une plaque de fer sur un support en métal placé sur les braises du feu et avait sorti de la viande de bearington. « Je l’ai déjà cuite, et hachée. Et puisque Rine-chan et moi sommes devenues amies, je vais faire des steaks ! »

J’étais sur le point de me plaindre que Kyou-san essayait seulement une nouvelle recette, alors que... jamais ! Mais tout cela faisait partie du plan pour avoir une relation amicale avec Rine, donc je ne pouvais pas faire d’histoire ici.

« S’il te plaît, coupe les légumes, Rine-chan, » lui demanda Kyou-san.

« Laisse-moi-le faire ! » déclara Rine.

Rine avait pris un couteau et la façon dont elle le tenait me mettait mal à l’aise. Kyou-san s’occupait de la viande, donc elle ne pouvait pas voir que Rine tenait le légume et le couteau comme un enfant d’âge préscolaire. « Attends... »

Mais mon avertissement était arrivé trop tard, Rine s’était coupé le doigt. « ... » Des larmes coulaient depuis ses yeux. « Ne vous inquiétez pas... eh bien, inquiétez-vous seulement pour le navet. Je suis désolée. J’ai mis mon sang dessus. »

Kyou-san avait précipitamment arrêté de s’occuper de la viande pour regarder la main de Rine. Elle l’avait prise dans le sien. « Attends, je vais tout de suite la guérir. »

« Non, c’est moi qui suis responsable. Je peux moi-même la guérir. » Elle avait cligné de l’œil quand Kyou-san avait raffermi sa prise.

« Tu ne le feras pas ! » Elle avait lancé le sort de Soins et la coupure s’était refermée, même si elle était toujours là.

« ... Kyou... merci..., » déclara Rine.

« Ne t’inquiète pas pour ça, » déclara Kyou-san.

« ... puis-je te demander quelque chose ? » lui demanda Rine.

« Oui ? » demanda Kyou-san.

« Pourquoi n’as-tu pas enlevé ta bague pour cuisiner ? » demanda Rine.

Quoi !? Attends ! Bien sûr, Kyou-san ne cuisinerait pas avec des gants ! Mais pourquoi Rine l’avait-elle remarqué ?

Mais Kyou-san était restée calme. « Je ne peux pas l’enlever. »

« ... Je vois. J’ai encore fait quelque chose de mal, n’est-ce pas ? » demanda Rine.

« C’est bon, Rine-chan, » lui répondit Kyou-san.

C’était étrange. Tout le monde ne penserait-il pas à une alliance dans un tel cas ? Ou est-ce que les gens d’ici ne se marient pas avec des anneaux ? Devrais-je m’en soucier ?

Après ça, Kyou-san avait cuisiné seule. C’était délicieux. Mais ce n’était pas comme si je le lui dirais un jour.

« C’est bon, Kyou ! C’est comme les cuisiniers du château ! » déclara Rine.

« Eh bien, j’ai la Classe de Cuisinier, donc c’est naturel, » répondit Kyou-san.

« La Classe de Cuisiner ? » demanda Rine.

« C’est quelque chose des héros, » répondit Kyou-san.

« Ah, celui où l’on peut acquérir des compétences qui prennent normalement beaucoup de temps à apprendre. Comme se battre et rendre Kenta tout musclé ! Alors, tu cuisines aussi ? C’est génial, je suis jalouse ! » déclara Rine.

Eh bien ! Rine, je suis jaloux de ta capacité à tuer tout ce que tu vois sans avoir besoin de changer de classe ! Si j’étais aussi fort qu’elle, le gouffre de Muaotef ne serait pas un défi... sauf Muaotef. Je n’arrivais pas à imaginer comment Rine pourrait le combattre avec succès. Bizarre, car je n’avais pas vu Muaotef faire quoi que ce soit, mais...

« Pourquoi frissonnes-tu, Kenta ? » me demanda Rine.

Soudain, le visage de Rine était placé juste devant mes yeux. « Woah ! Trop près ! »

« Hein ? » La tête de Rine bascula sur le côté.

« Recule un peu ! » lui demandai-je.

« Oh. Désolée. » Elle avait fait ce que je disais. Maintenant, j’avais un peu d’espace pour respirer. « Est-ce que ça va ? »

« Ce n’est rien. Il s’agit juste d’un mauvais souvenir. » Pourquoi cette peur ne diminue-t-elle pas ?

Kyou-san m’avait fait un regard qui indiquait qu’elle comprenait, et je pouvais aussi la voir trembler légèrement. Si cette « aura de terreur » de Muaotef était vraiment une compétence, elle fonctionnait toujours. Nous étions prêts à tout pour rester en vie, nous ne pouvions même pas rassembler la moindre malhonnêteté, nous étions impuissants. Et je détestais le simple fait d’y repenser.

 

 

― ○●○ ―

 

Un peu plus tard.

Avec une poussée vers l’avant, j’avais percé un bearington jusqu’à obtenir sa mort. Ces emmerdeurs étaient vraiment partout sur ces montagnes. J’avais encore une fois été blessé. Même si Rine fauchait les ours comme de l’herbe, elle ne me protégeait pas du tout. J’avais donc les mêmes blessures que lorsque je me battais seul, mais je n’avais pas du tout de PX ? Merci beaucoup !

Vous savez, vous pouvez aussi avoir trop confiance en vos coéquipiers !

« Kenta ! Tu es blessé ! Attends, je vais te guérir, » déclara Rine.

« Attends, Rine-chan. Je sais que tu peux aussi utiliser la magie divine, mais guérir les gens est la seule chose pour laquelle je suis bonne. Concentre-toi donc sur le combat et garde ta magie pour les urgences, » lui demanda ma chère femme.

 

Vous gagnez 1 PMA.

Votre femme est jalouse !

 

« D’un autre côté... euh... s’il te plaît... guéris-le. *Halètement* je... pense que je suis malade, » le visage de Kyou-san était vert et elle s'était repliée sur elle. Elle avait également un peu reculé. Peut-être qu’elle était vraiment sur le point de vomir et qu’elle ne voulait pas que quelqu’un la voie faire ça.

Ça fait mal ! Tu me fais mal, Kyou-san !

« Pauvre Kyou. C’est peut-être le mal de l’altitude. Mais d’abord, faisons ce qu’il faut. Soins ! » Mes blessures s’étaient refermées, mais j’étais assez mal en point à cause des plaies et des guérisons magiques successives sur ces coupures. « Tu as vraiment mauvaise mine. Tu devrais me laisser m’occuper des batailles pendant un moment. Je ne peux pas te laisser continuer comme ça. » Ses yeux de braise étaient pleins d’inquiétude. « Réfléchis-y un peu, s’il te plaît. Kyou, je viens vers toi ! »

Rine m’avait laissé seul ici. « Quelle hypocrite ! » Je déteste ça ! Elle était seulement gentille, puisqu’elle voulait être aimée !

« Kenta ! Nous avons trouvé une source de montagne ! » J’avais regardé en l’air puis j’avais suivi la voix de Rine. Kyou-san était assise près d’un petit point d’eau, tout en buvant beaucoup d’eau. Je pouvais faiblement sentir l’odeur du vomi. Va te faire foutre, Kyou-san !

« J’étais si inquiète, puisque je n’avais pas trouvé d’eau avant, mais regardez ça ! » Rine était déjà prête à remplir son outre d’eau, mais elle attendait patiemment que Kyou-san se rétablisse. « C’est de l’eau pure des montagnes ! Je suis tellement contente, je pensais avoir échoué, même si vous êtes tous les deux des pros de la vie en plein air... »

Je ne pouvais pas me permettre de commenter la dernière partie. « Ne t’inquiète pas. Mais la source est la raison pour laquelle les ours étaient ici. Nous devons rester prudents, car d’autres monstres pourraient vouloir aller chercher de l’eau. »

« ... Tu es un génie, Kenta ! Je n’y ai jamais pensé, mais même les monstres ont besoin d’eau pour vivre ! » déclara Rine.

Je n’avais pas pu trouver de réponse appropriée à une telle admiration. « Je vais jeter un coup d’œil. Peut-être que je peux trouver quelque chose avant qu’ils tombent sur nous. »

« Tu es comme un ranger, tu sais, Kenta ? » déclara Rine.

« Je ne suis qu’un Éclaireur. Et être prudent nous maintient en vie, » répondis-je.

« Grâce à toi, nous sommes en sécurité. Mais s’il te plaît, appelle-moi, s’il y a quelque chose à combattre ! C’est la seule chose pour laquelle je suis bonne et je ne veux plus te voir souffrir, » déclara Rine.

« ... » Normalement, c’est le rôle d’un homme de dire quelque chose comme ça, mais bon sang ! Cette fille est vraiment magnifique ! Je venais de m’en rendre compte, alors qu’elle me regardait avec ses grands yeux de braise. C’était peut-être la première fois que je pouvais comprendre pourquoi certains Japonais étaient attirés par les femmes occidentales. « Il s’agit juste d’un peu de reconnaissance. Ne t’inquiète pas pour ça. »

J’avais été un peu plus loin et j’avais activé plusieurs compétences de ma capacité de Survie et de Perception. Mon Pistage avait trouvé quelque chose. Il s’agissait de marques de griffes, de très gros oiseaux de proie. Cela pourrait devenir dangereux, puisque ni les filles ni moi n’avions d’attaques à distance.

Et il y avait beaucoup d’autres pistes. Il s’agissait d’une source vitale pour la vie animale et les monstres de la région. J’étais revenu auprès des filles, qui avaient fini de remplir les outres. « Nous devrions utiliser le reste de la journée pour trouver un endroit pour le campement pour cette nuit. »

« Hein ? Pourquoi ? » demanda Rine.

« Explique-toi, Ken, » demanda Kyou-san.

J’avais alors répondu. « Il ne nous reste que quelques heures avant le crépuscule et à cette heure-là, beaucoup de monstres nocturnes iront à la source en venant de toutes les directions. Ils font ça pour boire et chasser. Il sera difficile de quitter le périmètre à temps, alors je préfère utiliser ce temps pour chercher une grotte ou quelque chose comme ça. Nous devrons peut-être tuer ses habitants, mais il y a des oiseaux de proie géants dans la zone, et je ne sais pas s’ils sont nocturnes, alors je veux au moins avoir une zone plus sûre si l’on doit se battre. Et il est moins probable que nous soyons dérangés dans le camp, que si nous ne sommes pas en plein air. Nous sommes tous mentalement épuisés. Et Rine pourrait aussi être épuisée physiquement, puisqu’elle ne peut pas compter sur un statut d’héroïne. »

Pour Kyou-san et moi, l’épuisement physique se mesurait en PE, donc tant que nous en avions, nous allions bien. Mais le corps de Rine était comme celui d’une fille humaine normale... du moins, c’était ce qui était très probable.

« Je vais bien, » déclara Rine.

« Même si ton corps va encore bien, l’épuisement mental est aussi mauvais que celui physique. Nous devons pouvoir nous reposer sans être dérangé. On n’a rien de pressant à faire, n’est-ce pas ? » Eh bien, Kyou-san et moi avions quelque chose comme ça, puisqu’il y avait des camarades de classe dans cette montagne, mais elle ne le savait pas encore et même alors, il était peu probable qu’elle les rencontre.

« Toi... Kenta, tu penses à tant de choses auxquelles je n’ai même pas pensé ! » Pourquoi Rine me regarde-t-elle avec tant d’admiration ? Elle me donnait l’impression d’être comme ces nouveaux venus que j’avais formés dans des MMORPG par chat vocal, mais son beau visage me renseignait sur ses intentions. Elle doit essayer de me piéger !

« Ken, ta paranoïa de départ est acceptable. Mais s’il te plaît, arrête maintenant avec ça. » Comment se fait-il que Kyou-san puisse me lire si facilement ?

La suite était facile à deviner. J’avais juste utilisé le Pistage jusqu’à ce que je trouve une piste de bête, que j’avais suivie, jusqu’à ce qu’un plus gros gibier se présente sur la piste que j’avais ensuite suivie. « Les empreintes ressemblent à celles d’un loup, il y en a peut-être un petit nombre ensemble, mais avec un peu de chance, ils ont une grotte. »

Nous avions eu de la chance. La piste nous avait vraiment menés à une grotte. « Je vais me faufiler dedans. » J’avais utilisé Masquage des Odeurs et Dissimuation pour la furtivité, tandis que Vision Nocturne avait permis d’inspecter la sombre grotte. Il y a plusieurs monstres ressemblant à des loups, mais ils avaient tous des cornes et étaient à moitié recouverts d’écailles. Il y en avait huit et ceux-là étaient en train de dormir.

J’avais été faire mon rapport.

« Ce sont des lizalupis. Ils ne devraient pas être un problème, » s’exclama Rine.

« Ils se réveillent probablement après avoir senti vos odeurs ? Ont-ils de bons yeux ? » lui demandai-je.

« ... je suis désolée, je ne connais que le nom, » répondit Rine.

« Pff. J’ai une stratégie. Mais si quelque chose tourne mal, tu dois te dépêcher d’agir, Rine, » déclarai-je

« Qu’est-ce que tu vas faire ? » me demanda-t-elle.

« Je pense qu’il est sur le point de faire quelque chose de stupide, » déclara Kyou-san.

« Rine se positionne à l’entrée, je me faufile et je peux peut-être en tuer un ou deux, avant qu’ils ne soient réveillés par la puanteur du sang. Je peux masquer mon odeur et avoir un camouflage optique, donc je pourrais ne pas être vu et ensuite ils viendront vers Rine. Alors je peux les attaquer par-derrière et nous les attaquerons en tenaille, » expliquai-je.

« Cela semble dangereux, Kenta, » déclara Rine.

« Et stupide, » rajouta Kyou-san.

« C’est efficace. » Ceci devrait augmenter mon nombre de morts et donc mon PX. C’était frustrant de voir Rine tuer tous les monstres, alors que je n’avais rien. « Et comme je le dis, je compte sur toi, Rine, surtout si quelque chose tourne mal. »

Ces mots semblaient être des mots magiques, puisque les yeux de Rine étaient devenus étincelants. « Tu peux compter sur moi. »

« Même si c’est stupide, » commenta Kyou-san.

J’avais ignoré Kyou-san et je m’étais faufilé dans la grotte. Même si j’avais ma classe d’Éclaireur, je devrais être capable d’en tuer un instantanément, surtout si je visais une zone vitale. Avec ma furtivité, les lizalupis ne me remarquèrent pas. J’étais allé vers celui qui était le plus lointain et j’avais visé son cou en y appliquant toutes mes forces.

Un bruit fort laid avait pu être entendu quand j’avais séparé la chair et l’os après avoir activé une avancée rapide pour me rapprocher de lui. J’avais ensuite activé le camouflage tout de suite après ça. Je devais juste espérer que leur odorat compense une mauvaise vue.

Oh merde ! Ils m’avaient regardé droit dans les yeux et s’étaient précipités vers moi.

J’étais rapidement passé sur la classe de Lancier et j’avais crié. « Le plan a échoué ! Tourbillon ! » J’avais frappé avec ma lance pour repousser les lizalupis qui arrivaient. Même si l’obscurité dans la grotte était quelque peu ennuyeuse sans Vision Nocturne, je pouvais encore voir leurs silhouettes. Il fallait espérer que cela suffise.

« Torche ! J’arrive ! » Avec l’épée dans une main et une lumière magique dans l’autre, Rine se précipita sans crainte dans la grotte et en quelques secondes, deux des lizalupis avaient été massacrés. Elle visait leurs points vitaux avec précision et son arme pourrait aussi être surpuissante, de sorte qu’en premier lieu, il n’y avait pas eu besoin de stratégies. Mais je ne pouvais pas compter uniquement sur Rine !

Il était fort probable que je puisse me charger d’eux tout seul, car après tout, j’étais un niveau 39 ! Et si je ne les tuais pas moi-même, je n’aurais pas de PX ! Et cela serait également le cas pour Kyou-san ! Mais je ne pouvais pas ne pas impliquer Rine, puisqu’elle était arrivée là... Attends un peu !

« Rine, ne les tue pas ! Je dois moi-même le faire ! C’est un truc de héros ! » déclarai-je.

« Euh... vraiment ? » demanda-t-elle.

Eh bien, garder les lizalupis en vie était tout à fait possible, surtout après avoir coupé leurs extrémités inutiles. Cela m’avait pris environ une minute, jusqu’à ce que je puisse faire le coup de grâce jusqu’au dernier.

Maintenant que les créatures étaient mortes, Rine m’avait demandé. « Pourquoi as-tu besoin de les tuer ? »

« Kyou-san et moi devenons de plus en plus forts, plus nous tuons d’ennemis. C’est une des choses que nous devons faire, » répondis-je.

« Alors... pourquoi ne me l’as-tu pas dit avant ? Nous avons affronté plusieurs monstres jusqu’ici ! » s’écria Rine.

« JE... JE... Je viens juste d’y penser, d’accord ? » Je ne pourrais pas dire que je n’avais jamais pensé à utiliser Rine pour du PL, puisqu’il me restait un peu de fierté.

« Puh ! » Elle boude !

« S’il vous plaît, pourriez-vous laisser tomber ? Et laissez-moi soigner vos blessures. Vous deux ! » déclara Kyou-san.

« Eh ? » Rine est-elle blessée ? Eh oui, elle avait une coupure sur son bras protégé. Comme il ne s’agit que d’une armure légère, elle ne couvrait pas tout, de sorte que la mobilité restait garantie. Est-ce qu’elle l’avait eu en démembrant l’une de ces créatures ?

OK, je pourrais au moins être coupable de ça, pensa-je.

***

Partie 3

L’humeur de Rine s’était largement améliorée après le dîner et maintenant elle était aussi inutilement proche de moi qu’auparavant. De plus, elle était de nouveau en train de fouiner. « Je ne sais toujours pas comment le fait de se tenir la main est un acte lié aux héros. »

Oui, Kyou-san et moi, nous nous tenions la main en ce moment. J’avais retiré mon gant droit et j’avais pris la main gauche de Kyou-san, tout en m’asseyant. Elle avait expliqué que le fait de se tenir la main était quelque chose à voir avec le système du héros. « C’est un fait normalement inconnu, Rina-chan, que nous, les héros, avons besoin de partager le pouvoir que nous obtenons en vainquant des monstres entre nous en effectuant un contact cutané. Mais cela prend un certain temps, donc se tenir la main est la façon la plus facile de le faire. En ce moment, Ken me transfère le pouvoir du monstre pour que je puisse devenir plus forte, même si je n’en ai pas tué un seul. » S’il y avait quelque chose d’aussi pratique, la plupart des problèmes actuels de Kyou-san n’auraient jamais été présents.

« On dirait que vous êtes plus que des amis. Comme avec l’oreiller de genoux avant ça, » déclara Rine.

« Je te l’ai dit. Ken avait le vertige, alors je voulais qu’il se couche et si je l’ai mis sur mes genoux, car je pouvais observer ses yeux plus facilement, » répliqua Kyou-san.

« Mais... ce sont des choses que les amoureux font..., » déclara Rine.

« Franchement, penses-tu sérieusement que lui et moi sommes des amoureux ? Non, ce n’est certainement pas ça, c’est impossible, » déclara Kyou-san.

« Hmm..., » Rine grimaçait. « Je pense que c’est possible. »

« L’amour t’intéresse-t-il, Rine-chan ? » Quelle façon peu subtile de changer de sujet !

Elle avait énormément rougi face à cette question. Je n’avais jamais vu un visage aussi rouge. C’était peut-être parce qu’elle est un peu occidentale que c’était aussi visible ? Ce rougissement dans un ton rosâtre était vraiment étrange. « Bien sûr que si ! Même si je n’ai pas mon mot à dire dans le mariage, je peux toujours m’intéresser à la romance ! »

Ah, c’est la princesse héritière. Elle sait déjà qu’elle ne peut pas épouser l’homme qu’elle veut. C’est une histoire classique qu’on trouve dans les Jeux de Rôle. Dans les jeux, c’est la coutume de briser cette coutume, mais en réalité, je pense qu’on ne peut pas trop le faire. Ça pourrait craindre.

« Rine-chan, c’est l’inverse : Puisque tu ne peux pas décider qui épouser, tu veux avoir des fantasmes romantiques. N’est-ce pas ça la vérité ? Parlons entre filles, » déclara Kyou-san.

« Kyou-san, oublies-tu que je suis là ? » lui demandai-je.

« Et pourquoi devrais-je m’embêter avec toi ? » répliqua Kyou-san.

« Je suis un homme ! Je n’ai rien à voir avec les conversations de filles ! » déclarai-je.

« Ken, tu n’as rien à voir avec quoi que ce soit, alors tais-toi tout simplement. » Je suis maltraité ! Ma femme me maltraite ! Pourquoi la loi ne me protège-t-elle pas en ce moment ? « Rine-chan, quel serait ton homme idéal ? »

Rine me jeta un coup d’œil, peut-être un peu incertaine quant à la manière de réagir en ma présence. Cependant, elle avait ensuite rejoint le club « Ignorons Ken qui n’est qu’une ordure ». Elle avait alors répondu. « Quelqu’un d’intelligent et de malin. J’ai tendance à être un peu idiote parfois, alors je n’arrête pas d’avoir des ennuis. Et je veux aussi qu’il soit fort ! Il doit pouvoir me protéger ! » Comme si tu avais besoin de protection ! « Et il devrait être gentil et d’une humeur calme. »

« Ah, je peux voir ce que tu veux dire. Et qu’en est-il de son apparence ? » demanda Kyou-san.

« Euh ? » demanda Rine en retour.

« Aimes-tu ceux avec des muscles, ou quelqu’un de moins baraqués. Et est-ce qu’un beau visage est une nécessité ou non ? » lui demanda Kyou-san.

« Euh... Je pense que ce serait quelque chose entre les deux. Trop de muscles me rappellent mon instructeur et ça serait flippant, mais s’il est trop maigre, alors ça ne marchera pas non plus, » répondit Rine.

« Ah, si vague..., » déclara Kyou-san.

« Mon idéal serait Fabian Leise ! » déclara Rine.

« Qui est-ce ? » demanda Kyou-san.

« Cela vient... d’une fable. J’aime ça depuis que je suis enfant. » Elle avait l’air gênée. Mais tenir ce genre de conversation était beaucoup plus honteux que de parler de ses fantasmes !

« Ah, c’est vrai. Dans ce monde, il y a beaucoup moins de médias. Alors, est-ce l’héros d’une fable — ? » demanda Kyou-san.

« Non, c’est le mari de Miriam Leise, qui... eh bien, Fabian est... ah, pourquoi ne le sais-tu pas ? Je ne peux pas bien l’expliquer ! » déclara Rine.

Kyou-san avait ri. « Tu n’as rien besoin de rajouter. Tu sembles être quelqu’un de très dévouée, non ? »

« ... oui... Kyou-san, comment as-tu pu en arriver à cette conclusion ? Et comment as-tu eu raison !? Et toi, Kyou-san ? Quel serait ton idéal ? » demanda Rine.

« Et si on disait l’opposé de Ken ? » demanda Kyou-san.

Ça... ça fait mal ! Il est vrai que je n’aime pas beaucoup Kyou-san, mais si elle dit quelque chose comme ça avec cette brutalité, cela nuira à ma fierté en tant qu’homme. Comme c’est méchant de sa part !

« Eh bien, pour le dire franchement, je pense que cela doit être un bel homme. Bienveillant, intelligent et peut-être riche. Il n’est pas nécessaire qu’il soit fort, mais plutôt d’être capable d’éviter les bagarres. Il doit avoir une sorte de conscience de moi, du genre à savoir ce dont j’ai besoin sans que je le dise, » déclara Kyou-san.

« Oh, tu demandes vraiment quelque chose de vraiment élevé, » déclara Rine.

« D’où je viens, c’est quelque chose de tout à fait normal, » déclara Kyou-san.

« Ohh ! » Rine était facilement impressionnée. « Kenta, et toi ? »

... Quoi ? « Ne m’entraîne pas là-dedans ! » déclarai-je.

« Mais maintenant que nous partageons nos intérêts, je veux entendre les tiens. » Arrête de faire scintiller tes yeux, c’est de la triche ! S’il te plaît, je ne peux pas me défendre contre ça !

J’avais regardé Kyou-san et elle faisait une tête comme si je devrais simplement mourir ! Entre elle et les yeux pétillants de Rine, je ne savais pas ce qui était le pire !

« Allez, Kenta ! S’il te plaît ! » Je suis sûr que les pires, c’est les yeux scintillants ! N’ai-je aucun droit ? « S’il te plaît ? »

Les hommes sont vraiment des créatures faibles. Même moi, qui ne suis pas si réceptif aux charmes d’une vraie femme, je ne peux pas faire face à ces yeux qui mendient. « Eh bien... » Attends, ça ne veut-il pas dire que Rine est mon type idéal ?

Sexuellement parlant, il y avait également une attirance physique pour Kyou-san, mais c’était juste moi qui étais excité. Si je mettais Rine dans ces fantasmes, alors... Maintenant, j’avais envie de partir et de me soulager, mais pour l’instant, je devais me battre contre ma trique avec toute ma volonté.

Rine me regardait encore avec des yeux pétillants. J’avais détourné les yeux pour ne pas la confronter. « Allez, dis-moi ! »

« Ce serait... Lita Blanchimont. » C’était l’un des personnages dans mes premiers jeux, L’Atelier Iris. Quand j’étais enfant, j’étais tombé amoureux de ce personnage. Elle était réfléchie, mais vivante et avait un destin tragique qu’il fallait combattre. Et elle était mignonne ! Le jeu était amusant dans l’ensemble, même s’il n’y avait pas de personnalisation des personnages et l’histoire était, en regardant en arrière, un peu trop facile. Mais j’étais un enfant, donc c’était bon.

« Qui est-ce ? » Pendant ce temps, Rine me regardait avec des yeux pétillants.

« ... C’est bien sûr un personnage de jeu, » Kyou-san soupira lourdement, comme si j’étais atteint d’une maladie incurable.

« C’est... on peut dire qu’il s’agit là d’un personnage dans une histoire, » déclarai-je.

« Oh, alors nous sommes pareils, Kenta ! » déclara Rin.

« ... Pourquoi m’as-tu attrapé la main ? » lui demandai-je.

« Parce qu’on est amis ! De plus, Kyou fait la même chose ! » déclara Rin.

« ... S’il te plaît, arrête. » Une main de fille dans chacune de mes mains. J’avais Kyou-san à ma droite, afin d’obtenir mon point de PMA. Et j’avais Rine qui me tenait la main gauche pour... une raison qui m’était inconnue. Même si je portais encore un gant sur cette main, sa chaleur était transmise à travers lui.

Rine avait alors incliné sa tête « ? », mais elle avait lentement retiré sa main. Puis son visage s’était assombri : « Je suis désolée. Je... Je suis désolée. » Son humeur s’était aggravée en un clin d’œil.

« Aïe ! » Kyou-san m’avait pincé !

« Il est juste nerveux. » Elle avait souri innocemment. « Parce qu’il n’a pas d’amis. »

« Hm ? » Même si l’expression sombre sur le visage de Rine demeurait, elle demanda : « N’es-tu pas son ami, Kyou ? »

« Eh bien... oui, quelque chose comme ça. On ne s’entendait pas bien à la maison, mais venir ici tout d’un coup et ainsi de suite rend les choses compliquées. »

« Ah..., » le visage de Rine s’était assombri encore plus. « Bien sûr que tu ne veux pas être ami avec quelqu’un qui fait partie du monde, qui t’a forcé... qui t’a pratiquement kidnappé ! » Quoi... pourquoi... une aura inquiétante d’émotions sombres entourait-elle Rine ?

Même Kyou-san ne savait plus quoi dire. Elle me regardait et avait transmis ses pensées avec ses yeux. « Allez, Ken, prends sa main ! »

« Ne me mets pas ça sur moi. C’est de ta faute. »

« Parce que tu es une mauviette, tu ne peux même pas supporter de lui tenir la main. »

« Je ne peux pas m’occuper d’elle ! Ne m’oblige pas à le faire ! »

« Oh, donc tu n’es pas seulement en train de m’entraîner dans cette malédiction, mais tu ne peux même pas endurer quelques inconvénients pour nous en faire sortir ? Pense donc à la récompense ! Sans elle, comment pouvons-nous enlever cette malédiction, hein ? Maintenant, lève-toi et prends sa main ou je te ferais vivre un enfer ! »

Je n’avais pas peur de Kyou-san, mais j’allais quand même prendre la main de Rine, parce que les arguments de Kyou-san étaient bons. Ce n’était pas la menace non verbale. Vraiment !

« Hein ? » Rine regarda sa main, qui était tenue par moi.

« JE... JE..., » balbutiai-je.

« Comme je l’ai dit, il est juste timide, Rine-chan. Tu vois, tout va bien. Il te tient la main, » déclara Kyou-san. Tu m’as forcé à le faire !

Des monstres ! Je tiens la main de deux monstres ! L’un est un tyran qui écrase l’âme, qui saisit toute occasion de me torturer mentalement et émotionnellement. L’autre est une machine à tuer enfantine, qui vit dans un monde fantastique, au sens propre comme au figuré, et qui utilise des débordements émotionnels, si quelque chose ne va pas dans son sens.

Et je suis entre les deux ! S’il vous plaît, que quelqu’un m’AIDEEEEEE !

 

― ○●○ ―

 

Le camp avait été achevé et il était désormais temps pour aller dormir. « Es-tu sûre de vouloir prendre le premier tour de garde, Kyou ? Je peux le faire. » Rine demanda ça précautionneusement.

« Ce n’est pas grave. Va dormir, c’est tout. Je n’ai pas fait beaucoup d’exercice aujourd’hui, alors vous devriez dormir tous les deux. » Kyou-san avait pris volontairement le premier tour de garde. Le feu avait déjà amplement brûlé et il restait principalement des braises. Parfois, une brindille ou deux était ajoutée pour l’alimenter afin de garder la grotte au chaud. Le fait de faire un tour de garde la nuit était bien plus qu’une simple surveillance de la venue des ennemis, c’était également le fait de s’occuper du feu pendant tout ce temps.

Et ainsi, Rine et moi, nous nous étions allongés et avions dormi.

Comme si...

J’avais une compétence qui me permettait de percevoir mon environnement même en dormant. Je n’avais donc dormi que jusqu’à ce que la respiration de Rine devienne régulière.

Au bout d’une demi-heure, je m’étais réveillé. « Rine ? » Je lui avais demandé ça pour être sûr. Pas de réaction, elle dort. « Alors Kyou-san. Qu’est-ce qu’on fait ? » J’avais bien sûr chuchoté.

« J’ai glissé quelque chose dans son dîner, alors maintenant elle devrait être dans un sommeil profond. » Kyou-san parlait en ce moment à haute voix. Elle était vraiment confiante. Et elle l’avait vraiment fait. Elle l’avait donc empoisonnée. Et même moi, je ne m’en étais pas rendu compte. « RINE-CHAN ! C’est une attaque ! »

...

...

Il n’y avait pas eu de réaction.

« Maintenant, on peut l’attacher et..., » commençai-je.

*frappe*

Soudain, Rine avait déplacé son épée alors que ses yeux étaient entrouverts. Elle regardait vers le sol, juste devant elle. J’avais suivi son regard et j’avais vu une créature ressemblant à un insecte, qui avait été coupée en deux. Même à cette distance, ma Perception me permettait de percevoir que c’était quelque chose comme un gros moustique. Peut-être que cela buvait également du sang ?

Et celle qui l’avait tué ? « Oh... * baillement * c’est juste un insecte, » avec un sourire euphorique, le corps de Rine était retombé au sol, tout en lâchant sa lame. Et elle... elle dormait à nouveau.

« Ken, que s’est-il passé ? » me demanda Kyou-san.

« Un insecte du genre moustique a essayé de sucer le sang de Rine et elle l’a tué pendant son sommeil... et juste pour être sûr : RINE !? ES-TU RÉVEILLÉE !? » criai-je.

...

...

...

Pas de réaction.

Mais en entendant mes précédentes paroles, les yeux de Kyou-san s’étaient écarquillés. « Mais... comment est-ce possible ? D’après ce que je sais, elle devrait être endormie pendant au moins quelques heures. »

« Faisons une expérience, » j’avais pris une brindille rouge dans les braises du feu de camp et j’avais jeté dans la direction de Rine. Dès que la brindille s’était trouvée à portée de bras, Rine avait instantanément pris son épée et avait frappé vers elle. Elle avait fendu la branche et même si des étincelles étaient apparues, elle avait frappé à nouveau avec son épée pour les éteindre d’un mouvement fluide. « ... les brindilles qui tombent sont agaçantes... » Elle avait relâché son épée et elle s’était à nouveau endormie.

« RINE !? » J’avais crié pour être sûr. Mais il n’y avait toujours pas de réaction. « Nous savons trois choses maintenant. D’abord, elle semble être capable d’agir comme moi avec mon aptitude active pendant le sommeil. Mais au lieu de se réveiller, elle se contentait de s’attaquer à tout ce qui est dangereux se trouvant à portée de main. Deuxièmement, elle est à peine consciente de son environnement et se rend compte de ce qui se passe après qu’elle ait frappé. Et troisièmement : je ne me rapproche pas d’elle, quand elle dort ! » Elle me tuerait si j’essayais de l’attacher ! Bon sang, Kyou-san peut tenter le coup si elle veut, mais je ne le ferai pas !

« Hm... nous devons changer le plan. Au lieu du sommeil, je viserai l’inconscience la prochaine fois, » déclara Kyou-san.

Cela pourrait fonctionner, puisque les activités cérébrales étaient au strict minimum dans le coma. Mais il y avait une chose qui me dérange. « Phew, pourquoi déplaces-tu tout vers le haut ? N’était-on pas d’accord pour dire qu’il serait difficile de la transporter dans les montagnes ? »

« Parce qu’il sera plus difficile de la capturer, plus on attendra. » Kyou-san semblait être amère à ce sujet. Mais elle avait raison, plus nous attendions, plus Rine aurait des opportunités de réaliser ce que nous recherchions. Et bien sûr, il y avait nos camarades de classe, qui pourraient nous retrouver.

« J’ai besoin de dormir avant de penser au prochain plan. Tu t’occupes du feu, Ken, » et après avoir déclaré ça, elle s’était allongée.

« Oui, oui, » même si c’était injuste, je n’avais plus assez d’énergie pour discuter. Si je me plaignais de chaque petite chose que Kyou-san faisait pour m’ennuyer, je n’aurais plus d’énergie pour faire les choses importantes. Et ce n’était pas comme si je ne pouvais pas utiliser cette opportunité pour autre chose d’important.

Après un certain temps, Kyou-san dormait profondément. Je dormirai bientôt à côté d’elle, et le fait d’entretenir le feu était une tâche que je pouvais faire avec ma compétence de sommeil, puisque j’entendrai quand il ne crépite pas assez. Ainsi, nous pouvions toujours gagner le pt de PMA pour avoir dormi à côté l’un de l’autre. Mais avant cela...

En étudiant les visages endormis de Kyou-san et Rine, j’avais pris une décision. Il était temps de quitter cette grotte, d’aller dans un recoin sombre où je pouvais inspecter l’entrée et soulager tout le stress refoulé en une seule séance !

***

Partie 4

Le lendemain.

Heureusement, Rine ne se souvenait de rien de ce qui s’était passé lorsqu’elle était endormie, ou alors elle regrettait de ne pas avoir fait de tour de garde nocturne. À la fin, Kyou-san avait pu jouer la « carte de l’amitié » qui s’était avérée très efficace.

On avait recommencé à faire de l’escalade, mais j’étais sur le fil du rasoir. C’était comme si quelque chose n’allait pas, même si je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je ne l’avais pas dit aux filles, car cela pourrait n’être qu’un malaise. Peut-être était-ce parce que nous essayons d’atteindre un sommet. Mal de l’altitude, peut-être ?

Oh.

« Ken, pourquoi tu regardes autour de toi comme ça ? » me demanda Kyou-san.

« ... Ennemis. Trois types rampants, on ne peut que les entendre, » répondis-je en murmurant.

« Rampant ? Peut-être une chenille des montagnes, » Rine avait dégainé son épée. « Mais es-tu sûr ? Je n’entends rien. »

Là-bas ! J’avais couru jusqu’à un rocher ayant la taille d’un humain et avec une Poussée Rapide et un son déchirant, un monstre en forme de chenille avait été anéanti, alors que les tripes volaient partout.

Deux autres se cachaient dans le coin, mais tout à coup, je m’étais mis à avoir envie de vomir. Que se passe-t-il ?

D’un mouvement rapide, Rine m’avait devancé et elle avait coupé les deux autres d’un seul coup, les tripes avaient également volé. Mais elle semblait aussi ressentir des douleurs à l’estomac. « Les tripes... »

Ah, je vois. Donc les tripes possèdent en eux un produit chimique inodore, ce qui cause cette nausée. Mais ça passe vite, peut-être 10 secondes. Mais avec ce délai mortel, si vous combattiez plusieurs individus en même temps... Était-ce en vérité leur stratégie ? Est-ce qu’ils agissaient en rodant, puis en tenant une embuscade aux proies et si cela échouait, le premier à mourir immobiliserait l’ennemi avec ses tripes nauséabondes ?

Mais en y pensant, ce corps était facilement ouvrable par une frappe. Qui avait pensé à des monstres comme ça !?

« Est-ce des chenilles de montagne ? » lui demandai-je.

« Non, les chenilles de montagne sont bien plus grosses. Je crois que ce sont des chenilles boak. » Ah, donc ceux de la taille d’une vache qu’on a trouvés avant sont les chenilles de montagne. Ces montagnes ont trop de monstres ressemblant à des chenilles !

« Attendons un peu, » avais-je suggéré. « Je me sens encore un peu malade. »

« Moi aussi, » répondit Rine.

Kyou-san hocha la tête : « D’accord. »

« Ah ! » m’exclamai-je alors que je regardais la direction du sommet que nous visions. « Pas bon. » Il y avait au moins une douzaine de créatures volantes. C’était probablement elles qui avaient laissé des marques de griffes la veille. Les marques me donnaient l’impression que ces créatures étaient très grandes, et que cela devait avoir une taille entre une vache et un éléphant ! « Qu’est-ce qu’ils ont entre leurs serres..., » chacun de ces oiseaux avait deux paires d’ailes et un long bec en forme de lame. De plus, ils avaient une chenille boak prise dans chacune de leur serre. Et comme ces créatures avaient quatre pattes chacune, c’était 48 centipèdes volants ! « COUREZ ! »

S’il vous plaît, laissez ces oiseaux être stupides ! S’il vous plaît !

J’étais déjà à quelques mètres de là, alors que les filles se posaient encore des questions, mais maintenant elles bougeaient enfin. Mais je me rendais clairement compte que nous n’étions pas seulement détectés, mais trop lents, car les créatures étaient déjà en train de nous rattraper !

Et les bâtards volants avaient fait ce que je craignais : Ils s’étaient mis à voler juste au-dessus de nous et ils avaient lâché les chenilles afin qu’elles nous tombent dessus. Elles pourraient tout à fait éclater à l’impact, et cela pourrait tout à fait nous immobiliser avec leurs produits chimiques intestinaux !

J’avais changé de classe vers celle de Lancier et j’avais crié à Rine : « Aide-moi à sauter ! Et après, courez toutes les deux ! »

Rine me regarda avec confusion, mais elle s’était mise en position, avec les mains jointes sous son ventre. J’avais couru vers elle et j’avais sauté sur cette plate-forme provisoire. Elle m’avait propulsé encore plus haut, jusqu’au premier arrivage de chenilles. « Tourbillon ! »

Les tripes avaient été éclaboussées autour de moi, mais la compétence Tourbillon avait repoussé les ennemis, de sorte que les carcasses avaient volé encore plus haut, s’écrasant sur la deuxième vague de chenille. La nausée m’avait submergé. La dernière chose que j’avais pensée était : Ça va faire mal, quand j’étais redescendu avant de m’écraser sur le sol, sans avoir la chance de réduire ma chute. Je pouvais voir mes PV diminuer jusqu’à une limite alarmante. Mon Maximum de PV avait aussi diminué, car j’avais peut-être cassé quelque chose.

La troisième vague de chenille était en train de tomber sur moi et pendant qu’ils éclataient, j’avais encaissé encore plus de dégâts. Mes PE avaient aussi fortement diminué, peut-être parce que j’étouffais à cause de toute cette nausée. J’avais essayé de me lever, mais je voyais déjà s’approcher trois de ces oiseaux bizarres, ceux qui avaient lancé la première des trois largages.

Ah, je suis mort. Mais bon sang, je ne devrais pas abandonner ! Chaque once de volonté était entrée dans mon corps, essayant de le faire bouger.

Et puis, *frappe* avec un bel arc de cercle, une épée était en train de s’enfoncer dans le corps d’une de ces créatures. Rine. Quelle idiote ! Si je te dis de courir, tu devrais courir !

Et ton but est faux. Comment as-tu pu foutre en l’air ton principe d’une frappe, un mort ? Sûrement parce qu’elle s’est précipitée vers moi. Bien sûr, Kyou-san n’est pas là. Elle est plus intelligente que ça.

La résistance de Rine avait été de courte durée. Une quatrième vague de chenilles s’approchait d’elle et elle était en train de subir de la nausée. Maintenant, l’une de ces créatures à quatre ailes s’approchait d’elle, celle qu’elle avait frappée plus tôt. Il semblait être gravement blessé, mais les yeux brûlaient de haine. Je vois. Elle va mourir avant moi. Pourquoi a-t-elle essayé de m’aider ? Elle est stupide.

Je tremble ! Le monde semble trembler. Pourquoi est-ce que je tremble autant ? Est-ce dû aux regrets ? Est-ce que c’est de la haine de soi ? Est-ce de la fierté ? Je ne sais pas, en fait je me sens un peu vide à l’intérieur.

Attends un peu ! Le monde tremble ! Au moins la montagne ! Quoi... Le sol ! Le sol s’élevait juste devant mes yeux, alors que j’étais incapable de bouger ! Et la terre sous moi était en train de changer... J’avais roulé dans la direction qui s’était élevée jusqu’à présent.

Les créatures ailées étaient tombées en pleine panique alors qu’elles essayaient de s’envoler. Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’emmener ? Nous pouvons encore discuter de toutes les choses concernant le fait que vous avez essayé de me tuer, mais je ne veux pas être laissé derrière, alors que la terre et les rochers autour de moi bougeaient grandement et qu’ils étaient sur le point de m’écraser.

Ah, cela ne sera pas mon plus gros problème. En ce moment, je descendais une falaise nouvellement formée. Eh bien, je suis mort. Dans ma prochaine vie, je veux redevenir un joueur.

Soudain, quelque chose s’était emparé de mon cou par-derrière, m’étouffant : « Je t’ai attrapé, Kenta ! » C’était Rine, qui avait réussi à se débarrasser des nausées. Les miennes aussi étaient finies, mais mon corps ne bougeait pas. Il pouvait s’agir d’une douleur écrasante, qui était bloquée par l’adrénaline, ou quelque chose comme ça.

Rine était accrochée au sol encore en mouvement alors que la zone devenait de plus en plus raide. Ses doigts creusaient profondément dans la terre, mais ma question exacte est : Combien de temps avant que nous tombions tous les deux ? « Stupide. » Ma voix était devenue gémissante.

« Hein ? »

« Stupide ! Lâche-moi et essaie de te sauver ! M’aider, c’est te tuer ! » déclarai-je.

« Non ! » cria Rine.

« Le sol lui-même essaie de me jeter de la falaise ! Agis donc comme une princesse stupide et comme si tu avais de bonnes intentions, tout en enjambant les cadavres ! » déclarai-je.

« Tu... tu essaies juste de me faire t’abandonner, puisque nous sommes amis ! » répliqua Rine.

« Non, je ne le suis pas ! Je te déteste ! Tu agis avec noblesse et force, tout en te sacrifiant, je déteste ça ! » répliquai-je.

Pendant un moment, Rine avait titubé, mais ensuite elle avait rassemblé sa détermination : « Tu viens d’essayer de nous protéger Kyou et moi en te sacrifiant par la même occasion ! »

« Je déteste les TPK et surtout les joueurs qui les évoquent en ne faisant pas leur travail ! Un mort vaut mieux qu’un TPK, surtout dans les raids ! »

« TeePeeKay ? »

« Total Party Kill, ou, imbécile ! » déclarai-je.

« Je n’ai aucune idée de quoi tu parles, alors je vais t’ignorer ! » déclara Rine.

« Gosse immature ! » criai-je.

« Beh ! » Est-ce qu’elle me sort là sa langue !?

« Soulève-moi, que je puisse te cracher dessus ! » criai-je.

« Avec plaisir ! » Rine avait renforcé sa prise sur mon cou puis elle avait essayé de me tirer vers le haut, mais avec un soudain mouvement, le sol sous nous devient vertical. Comment est-ce que c’est possible ?

Pendant un moment, Rine avait pu porter nos deux poids d’une seule main. Puis la terre sous sa main s’était brisée et nous avions tous les deux ressenti la gravité.

Ah, on a de la chance. Sous nous se trouvait l’une de ces étranges créatures à quatre ailes. Nous allions atterrir directement dessus... attends, nous sommes malchanceux, nous tomberons à côté, presque à portée de main, mais sans aucune chance de l’attraper.

Eh bien, nous sommes morts. La seule bonne chose, c’est que la personne qui m’irrite le plus mourra aussi. Dommage que je ne puisse pas bouger et pousser Rine plus loin, pour qu’on puisse mourir à différents endroits.

Et alors, quelque chose d’inattendu s’était produit. Ou plutôt comme « s’était de nouveaux produits », car soudainement, un autre morceau de terre était apparu et avait touché la créature ailée dont j’avais parlé plus tôt sur le côté. J’avais entendu le bruit du broyage des os et des éclaboussures de sang.

Nous allions ainsi atterrir sur cette nouvelle partie du sol qui avait surgi, mais il y avait encore environ huit mètres de chute libre. Je suppose qu’on ne peut rien y faire. Si je mourais, mais Rine pouvait survivre, je pouvais aussi bien la laisser souffrir avec ce qui allait suivre. J’avais utilisé le peu de volonté qui me restait et j’avais attrapé le bras de Rine, qui tenait toujours mon cou, et je l’avais étreint contre moi. J’allais ainsi subir le choc en premier, et j’espérais vite mourir. Et ainsi protégée de cette façon, elle survivra sûrement et ma mort lui fera vivre un enfer mental ! Bien fait pour toi !

Le problème principal était sur le point d’arriver : L’atterrissage... Étrange, la terre était en train de céder... est-ce que c’est si peu solide ? Oh, cette parcelle de terrain vient de bouger à nouveau, nous l’avons ratée et nous sommes toujours en chute libre.

« HHHAAAAAHHHHHH ?? » Un son profond résonna tout autour de nous.

Un autre morceau de terrain était apparu sous celui que nous avions raté et... cela nous avait réceptionné. L’impact en soi ne faisait pas très mal, mais le fait que j’enfonce le genou de Rine dans mon estomac était plutôt mauvais. Qui a craché tout ce sang ? Et où est partie une si grande partie de mes PV ?

Oh... La noirceur m’engloutit.

 

― ○●○ ―

 

Pour moi, Momokawa Kyou, les choses ne s’étaient pas bien passées. J’avais été capturée par d’étranges monstres ressemblant à des oiseaux. À un moment donné, Rine-chan était allée pour aider Ken, puis le sol s’était déplacé. En vérité, j’étais heureuse que je ne sois pas là à ce moment, car la terre avait commencé à bouger.

Eh, c’était arrivé, car ce n’est pas une montagne sur laquelle nous étions. C’était une créature gargantuesque faite de terre et de pierre ! Il était allongé là et le soi-disant pic était en fait son derrière !

Je ne savais pas ce qui était arrivé à Rine-chan et Ken, mais pendant que cette créature montagneuse s’était placée debout, j’avais pu avoir un aperçu des dommages qu’elle avait causés. Plusieurs monstres avaient été écrasés par certains de ses mouvements mineurs.

Même si j’avais encore un espoir à ce moment-là : « S’il vous plaît, laissez Ken mourir. » Il y avait encore la possibilité que sa mort lève la malédiction qui m’avait frappée. Mais il n’y avait pas de fenêtre de message de malédiction et la bague était toujours à mon doigt, donc tout ce que je pouvais faire, c’était espérer.

Mais assez rapidement, la situation s’était aggravée. La créature faite d’une montagne avait attaqué les créatures volantes et elle les avait écrasés les uns après les autres avec ses grands bras. C’était comme attraper des insectes avec les mains ! Mais quelque chose avait distrait le géant de la terre, de sorte que deux des créatures ailées avaient pu s’enfuir, y compris celle qui m’avait capturée dans ses serres.

Maintenant, j’avais juste besoin d’un moyen de survivre. Et avec un peu de chance, Ken saignait actuellement, à quelques secondes seulement de la mort. Après quoi la malédiction serait levée grâce à cela.

Pour changer, j’aurai peut-être de la chance.

***

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