Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 2 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Le Roi, la Princesse et la Quête

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Chapitre 1 : Le Roi, la Princesse et la Quête

Partie 1

Le lendemain. Kyou-san et moi avions visité le château.

Même si l’église en faisait partie, cela faisait environ deux mois et demi depuis la dernière fois où j’étais aller dans le château.

« Bonjour, monsieur le garde, » déclara Kyou-san.

« Oh, Momokawa-dono ! Ravi de vous revoir ! » déclara le garde.

« Merci. Ah, bonjour, monsieur, le cuisinier, » déclara-t-elle.

« Momokawa-kun, tu es toujours aussi jolie. Est-ce ton petit ami ? » déclara le cuisinier.

« Pas du tout, » euh, si froide. Son sourire avait disparu en un instant.

Momokawa avait pris tout le temps nécessaire pour saluer tous ceux que nous avions rencontrés.

Pourquoi tout le monde est si gentil avec Kyou-san et certains m’incluent même là-dedans ? Après tout, Kyou-san est l’héroïne qui a été abandonnée, parce qu’elle est faible. Il n’y a aucune raison d’être si amical envers elle...

Nous attirent-ils dans un piège !?

« Ken, crois-tu vraiment qu’ils nous piègent ? » demanda-t-elle.

« N’est-ce pas le cas ? » murmurais-je alors que je regardais la zone autour de moi. Avec ma capacité de perception, je devrais être capable de voir à travers leur farce.

« Pas du tout. Il s’agit de ma Persuasion, idiot. N’y a-t-il pas quelque chose comme ça dans les jeux ? » demanda-t-elle.

La Persuasion est bien l’un des sept attributs.

La Force pour les dégâts et les prouesses physiques.

La Vitalité pour la tolérance à la douleur et la résistance aux dégâts.

La Dextérité pour la coordination œil-main et la motricité précise.

L’Agilité pour la vitesse et le temps de réaction.

L’Intelligence pour la mémoire et les calculs mentaux.

La Chance, pour... être chanceux, cela semble fonctionner dans toutes sortes de situations.

Et enfin, la Persuasion, qui se décrit comme étant... Qu’est-ce que c’était ? Cela ne doit pas être si important que ça. Comme sa valeur dans mon statut indiquait qu’il s’agissait de ma statistique la plus basse et je l’avais tout simplement ignoré, et donc ça ne devait pas avoir d’importance.

« Qu’est-ce que c’est déjà que la Persuasion ? » lui demandai-je.

« Cela mesure la manière dont les non-héros réagissent avec toi dès que tu te retrouves dans des interactions sociales, » répondit-elle.

« Donc plus tu as cette statistique haute, plus les gens t’aiment, non ? » demandai-je.

« Non. Cela fonctionne plutôt comme une “confiance” ou peut-être des “chances à réussir ce que tu veux” lors d’interaction sociale. Par exemple, si je demande quelque chose, la demande est plus susceptible d’être acceptée que si c’est toi qui le fais. Si je menace quelqu’un, je suis plus susceptible de réussir à l’intimider, si je mens, j’ai plus de chance que l’autre croit vraiment à ce que je lui dis, » déclara-t-elle.

« ... Quelle statistique maléfique ! » Pas étonnant que Kyou-san en ait autant !

« Penses-tu à quelque chose de grossier ? » me demanda-t-elle.

« Non... mais attends ! Est-ce seulement dans les interactions sociales où cela fonctionne pour d’autres usages ? » demandai-je.

« Eh bien, cela ne marche pas sur les héros, » répondit-elle. « Et avant de faire ce pèlerinage, ma Persuasion n’était pas suffisante pour obtenir un meilleur traitement lorsque je leur demandais. Teru-chan avait un score plus élevé que moi et maintenant que j’y pense, j’avais déjà senti une différence à l’époque. »

« ... Qui ça ? » demandai-je.

« Kurosawa Teruko... l’une de nos camarades de classe ? ... Il s’agit de l’une de mes amies, » me répondit-elle.

« Est-ce celle avec la queue de cheval ? » lui demandai-je.

« Non, elle, c’est Eri-chan. Teru-chan est celle toute petite et mignonne, » répondit-elle.

« Ah, la petite crevette. Alors, elle s’appelle... Teru, n’est-ce pas ? » lui demandai-je.

« Kurosawa Teruko. Ne peux-tu même pas te souvenir des noms des étudiants de notre classe ? » me demanda-t-elle.

« Ne te rappelles-tu pas que je ne me soucie pas du tout de ces personnes-là ? Laisse-moi compter... Je me souviens du nom de cinq personnes. Eh bien, maintenant, cela fait six avec Kurosaki Teruko ! » déclarai-je.

« ... J’aimerais faire un commentaire, mais je ne sais pas par où commencer, » Kyou-san se tenait la tête alors qu’elle disait ça, comme si elle avait des maux de tête.

Je comprends mieux. Donc la Persuasion de Kyou-san a beaucoup augmenté. C’est tout à fait naturel, puisqu’elle était de niveau 5 lorsque nous avons commencé le voyage et maintenant elle est de niveau 20.

« Attends ! Est-ce la raison pour laquelle les ss’raks t’écoutaient, mais essayaient de me tuer, chaque fois que j’essayais de négocier ? » demandai-je.

« Très probablement, » répondit-elle.

« Mais dans ce cas, pourquoi ne me l’as-tu pas dit ? » demandai-je.

« J’ai eu besoin d’un peu de temps pour le découvrir, » répondit-elle.

... Satanée Kyou-san ! Arrête de dire des choses sensées !

J’avais alors regardé les personnes présentes dans les couloirs du château. La plupart d’entre eux étaient probablement des serviteurs, et il y avait aussi des gardes. Même si nous étions censés être dans le château royal du royaume, ses résidents étaient pour la plupart des roturiers. Il n’y avait actuellement qu’une seule personne différente, qui se déplaçait en ce moment dans le couloir tout en portant des vêtements plus tape-à-l’œil.

Attends, je ne connais pas ce type ? Quand l’ai-je vu ? « N’est-ce pas le chancelier ? » demandai-je à Kyou-san.

« Oh, celui-là, tu t’en souviens, » Kyou-san ne semblait pas très heureuse en voyant le chancelier. Il s’était peut-être passé quelque chose entre eux, mais c’était à elle de lui parler, puisque je ne le connaissais pas vraiment.

Je l’avais rencontré lorsque nous avions été convoqués ici, et je l’avais vu plusieurs fois après ça, mais comme j’avais disparu du château au bout de deux jours, il ne se souviendrait certainement pas de moi.

Kyou-san avait pris une profonde respiration pour se calmer. « Bien. Je suis prête, » je pense qu’elle avait presque serré son poing, mais elle avait semblé hésiter après m’avoir regardé. « Excusez-nous, chancelier, mais il faut que nous vous parlions. »

« Oh, Momokawa-dono. Ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus, » répondit le chancelier. « J’ai entendu dire que vous étiez revenue hier, alors j’ai voulu vous rendre visite. Mais quand j’ai trouvé le temps de le faire, vous n’étiez plus dans vos quartiers. »

« Il y a des raisons à cela. Mon compagnon et moi avons des informations importantes à partager avec vous. Il s’agit d’un danger qui pourrait frapper tout le royaume, » déclara-t-elle.

« Je vois. Le roi s’occupe actuellement des affaires du gouvernement, mais cela semble important, » déclara le chancelier.

... est-ce aussi simple que ça ? Attends... Persuasion, hein ? Quelle statistique de tricheur ! Comme je ne parle pas aux autres, je n’en ai pas vraiment besoin.

Nous avions été amenés dans la salle d’étude du roi. Pourquoi un roi se tient-il à un bureau et y lit et écrit des choses ? Cela semble étrange. Ne devrait-il pas être comme... dans la salle du trône tout le temps ? Non, c’est uniquement dans les jeux. En réalité, le travail du gouvernement est très probablement quelque chose comme ça.

Le chancelier s’était éclairci la gorge. « Mon roi, je vous ai amené le héros Momokawa Kyou-dono et son compagnon..., » il m’avait regardé après ça.

« Katsuragi Kenta, » déclarai-je.

« ... Katsuragi Kenta, qui... attendez..., » il venait de bafouiller. « Ils apportent des informations importantes concernant la sécurité de Feuerberg. »

« Katsuragi Kenta ? Ralf, n’est-ce pas un nom étrange ? » déclara le Roi. Le chancelier s’appelle-t-il Ralf ?

« Tout à fait. Il s’agit du héros qui nous a quittés tôt, avant même de vous rencontrer, » ah, après avoir entendu mon nom, il s’est souvenu de moi, c’est pourquoi il a bafouillé plus tôt. « Même moi, je suis surpris de le voir ici, d’autant plus qu’il a l’air différent de la dernière fois. Écoutons-les, » le roi hocha la tête et le chancelier se racla à nouveau la gorge avant de se tourner vers nous. « Vous êtes en présence du roi Heinrich von Stolzherz, roi de Feuerberg, protecteur du Feu Sacré ! »

Le roi était un homme de grande taille aux cheveux blonds et à la barbe touffue. Ses yeux de couleur orange semblaient brûler. Ils étaient si intenses. En ce moment, il nous regardait avec un visage de poker, attendant ce que nous avions à lui annoncer.

« Sire, » Kyou-san s’inclina et après avoir un peu hésité, je l’avais imité. « Nous venons de revenir du sanctuaire de Heissquellen, dans la chaîne de montagnes Vulkan. »

Le chancelier nous avait alors directement posé une question. « Est-ce celui qui a été attaqué et brûlé ? Nous avons reçu des rapports provenant de pèlerins qui ont visité le sanctuaire après l’attaque. Il y avait des prêtres là-bas, alors savez-vous ce qui leur est arrivé ? »

« Non, mais nous avons assisté à un raid des Ss’raks, » répondit-elle.

« Des ss’raks, le peuple des lézards ? Sur ce continent ? Dans Vulkan ? » demanda le chancelier.

« Tout à fait. Nous avons été capturés et amenés dans un gouffre et..., » commença-t-elle.

Il était temps de couper, puisque je ne voulais pas entrer ici dans les détails. « Le gouffre est un endroit où il est difficile de survivre. On ne peut pas grimper la falaise, à moins d’être un Ss’rak ou d’apporter des outils d’escalade. Nous avons dû chercher un autre chemin. Nous avons trouvé un passage souterrain qui menait à une étrange grotte de lave et là, nous avons vu... un dragon. »

« Dragon ? » demanda le chancelier.

« Un dragon !? » Cette fois, même le roi semblait choqué par l’annonce. Sa tentative de garder un visage calme avait été brisée. Les dragons sont donc aussi des existences spéciales dans ce monde. Ils pourraient même n’être qu’un mythe, comme dans notre monde.

« Oui, un dragon. Il s’appelle Muaotef et il s’agit du chef et du dieu de ces ss’raks, » répondis-je.

Le chancelier semblait plongé dans ses pensées. « Muaotef... peut-être que les sages savent quelque chose sur lui. »

Le roi ne se souciait nullement du grognement de son chancelier puis il nous avait demandés. « Et vous avez survécu ? »

Eh bien, c’est une question problématique vu que nous n’avons survécu qu’en lui rendant service. Comment puis-je mentir à ce sujet ? Me demandai-je.

Mais Kyou-san était intervenue à ce moment-là. « Il ne s’intéressait pas beaucoup à nous, il était arrogant et après ce qui s’est passé par la suite, nous avons compris qu’il devait penser, que nous mourrions dans tous les cas. »

« Que s’est-il produit ? » demanda le roi.

Une réplique comme ça, est-ce que cela marche vraiment ? Est-ce là le pouvoir de la persuasion ? Même moi, je commençais à en vouloir davantage. Ils ne demandent même pas de détails ! Ou peut-être qu’ils attendent la fin de l’histoire, avant de nous poser des questions. Comme la raison derrière le fait que nous étions allés dans les montagnes Vulkain.

Kyou-san et moi avions décidé de garder la partie sur la malédiction secrète, puisqu’il s’agissait d’une affaire personnelle. De toute manière, tout ce qui concernait la libération des malédictions faisait partie de l’église, et non pas du gouvernement. Les deux entités étaient bien séparées dans ce pays.

Kyou-san avait continué l’histoire. « Nous avons vu une ville pleine de ss’raks et en avons affronté plusieurs lors de combats. Nous n’avons pu fuir et survivre à ces rencontres qu’avec notre pouvoir de héros, mais cet avantage n’a pas duré très longtemps. »

Le chancelier et le roi semblaient être engloutis par les paroles Kyou-san. Ils étaient totalement captivés. Cela ressemble à un lavage de cerveau.

« Nous avons eu des problèmes dès le moment ou nous avons rencontré un autre héros, » elle avait continué à parler. « Il s’agissait d’un ss’rak qui semblait être un héros de Muaotef ! Nous l’avons affronté à deux contre un, et seul le zèle de Ken combiné avec toute la puissance que j’ai obtenu en survivant dans ce gouffre ont pu nous permettre de survivre. Nous avons gagné cette bataille, mais nous n’avons pas réussi à éradiquer toute la ville. Il y avait bien trop de ss’raks face à nous ! Je ne sais pas ce qu’ils veulent, mais ils sont maléfiques et très forts. »

Deux contre un !? Arrête de mentir ! J’avais envie de crier, mais Kyou-san m’avait regardé fixement. Cela m’avait empêché de parler et pour l’instant, je l’avais moi aussi fixée avec mon expression la plus furieuse ! Faire une crise serait préjudiciable en ce moment. Et elle le sait ! Espèce de salope !

« Je vois. Momokawa-dono, Katsuragi-dono, vous avez bien fait, » déclara le roi. « Les héros sont plus forts que la moyenne, mais nullement invincibles. Et cela ne nécessite très certainement pas un groupe, mais toute une armée. Pouvez-vous essayer de nous montrer sur les cartes où se trouve la ville, pour que nous puissions envoyer des éclaireurs ? »

Nous avions après ça fait de notre mieux pour être utiles et heureusement, cela ne semblait pas être quelque chose que seul un héros pouvait accomplir.

Le roi était content de nous. « Vous devriez aller vous reposer, et... »

Soudain, la porte s’était ouverte et une femme d’âge moyen, une servante était entrée. Ce n’était pas une bonne comme je les imaginais qui était simplement un produit de mon imagination. « Mon seigneur ! » Elle s’agenouilla devant le roi et présenta un petit message, comme ceux que les pigeons voyageurs délivraient.

Le roi avait pris le message et en le lisant, il changea souvent de couleur : rouge, blanc, bleu. Alors qu’il était devenu sans force, il avait remis le papier au chancelier, qui l’avait lu et qui avait commencé à trembler. Qu’est-ce qui est écrit là ?

Après que le chancelier ait lu le papier, le roi s’était exclamé. « Envoyez un message à la frontière, et aux héros si nécessaire. Ou dans tout le royaume ! Celui qui la ramène vivante sera largement récompensé ! Combien, chancelier ? »

« 500 000 pièces d’or seraient appropriées, » répondit le chancelier.

« 500 000 pièces d’or pour ceux qui la ramènent ! Et le double si elle n’est pas blessée ! » déclara le roi.

Kyou-san et moi avions regardé l’autre. Kyou-san avait alors demandé. « Qui ça ? »

« Mon idiote de fille ! » répondit le roi.

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Partie 2

Katarine Von Stolzherz, princesse de Feuerland. Elle avait 15 ans et elle semblait être très compétente. Elle était douée avec une épée, capable d’utiliser la magie divine, et elle était aimée de tout le monde. Le problème avec elle était qu’elle était têtue et naïve.

Après l’arrivée des héros dans ce monde, elle était devenue convaincue qu’en tant que membre de la royauté, elle devait jouer un rôle plus actif dans le royaume et surtout dans la guerre. Pour lui faire plaisir, elle avait été envoyée à l’est afin d’y organiser les lignes d’approvisionnement vers le front, alors même que les envoyés du roi faisaient le plus gros du travail.

Il semblerait qu’elle en avait eu assez. On l’avait vu récemment en première ligne. C’était au même endroit où les héros — mes camarades de classe — se trouvaient. Sans gardes ni serviteurs, elle avait quitté son poste et s’était battue contre des groupes de bandits et de soldats-démons. Après les avoir tous vaincus en solo, elle était restée introuvable, car elle n’était pas retournée à sa tâche réelle.

Le problème était qu’elle était la princesse héritière et qu’elle ne devrait pas s’engager dans un danger inutile. Mais comme la princesse Katarine était tellement puissante et têtue, les gardes ou les soldats normaux ne pourraient certainement pas la ramener en toute sécurité.

Donc, tout espoir résidait dans les héros et les non-héros avec des compétences incroyables, qui seraient elles seules capables de la capturer. Il s’agissait de la raison de cette récompense si élevée et du fait que la prime était doublée si elle était capturée et rapportée à la capitale en étant indemne.

500 000 pièces d’or n’étaient pas n’importe quoi. Vous pourriez vous acheter n’importe quoi avec ça. Et si le roi vous était redevable, vous pourriez également compter sur plusieurs avantages à l’avenir. Il n’y avait aucune raison de ne pas essayer.

Et pour nous, c’était d’autant plus vrai. Nous avions besoin de 300 000 pièces d’or pour une autre tentative de briser la malédiction. De plus, il nous resterait encore 200 000 pièces, donc 100 000 pour chacun de nous. C’était encore bien assez pour que je puisse changer tout mon équipement ou peut-être tout simplement obtenir plus de consommables pour une montée rapide en puissance.

J’essaye de surpasser le jeu/le monde, pour pouvoir revenir chez moi. L’un des aspects les plus importants était la puissance pour pouvoir survivre et repartir. Je ne faisais pas du tout confiance au dieu qui prétendait nous renvoyer si nous tuions le Seigneur-Démon et si nous mettions fin à la guerre, mais quoi qu’il arrive, j’avais d’abord besoin de puissance afin de pouvoir réaliser les décisions que je prendrai à l’avenir.

Et bien sûr, le fait d’être puissant aidait vraiment à la survie.

Kyou-san ne connaît pas mes pensées, mais elle voulait quand même lever la malédiction, car elle détestait vraiment le fait que nous étions d’une manière ou d’une autre mariés. Et comme la collecte de 300 000 pièces d’or prendrait probablement un ou deux mois de chasses sérieuses, une quête qui pourrait prendre une semaine ou deux était largement préférable.

Et même si nous ne capturions pas la princesse, nous serions à la frontière et nous pourrions ainsi obtenir du matériel et des trésors de monstres, qui avaient bien plus de valeur dans la capitale que dans les régions extérieures. Comme il était difficile de les collecter dans une zone de guerre, nous recevrions certainement une prime.

Le seul inconvénient là-dedans était que nous rencontrerions probablement nos camarades de classe.

Je pense que pour Kyou-san, c’est une bénédiction mitigée, puisqu’elle a été laissée pour compte, mais certains d’entre eux sont ses amis. D’un autre côté, elle est avec moi.

Pour moi, c’était plus compliqué. Normalement, cela ne me dérangerait pas, puisque je ne me souciais pas particulièrement d’eux, mais à la fin, j’avais quand même été un peu intimidé. Ce n’était pas dans un sens physique, mais seulement socialement. Mais je ne voulais pas vraiment voir ces regards lugubres et revivre ce comportement une nouvelle fois.

Oui, les filles me regarderaient certainement comme si je leur donnais envie de vomir et les gars se moqueraient probablement de moi. J’étais persuadé que mon niveau était beaucoup plus élevé que le leur. J’étais au niveau 39 et Inoue Masahiko, le mâle alpha, était au niveau 18 il y a environ quatre semaines.

Est-ce peut-être l’heure de le lui faire rembourser toute ça ? Me demandai-je.

Eh bien, pour l’instant, nous étions au cours d’un voyage avec le chariot que le chancelier avait fait préparé pour nous après que nous ayons convenu de chercher nous-mêmes la princesse.

 

Vous gagnez 1 PMA.

Une belle promenade en calèche du soir est à sa manière romantique, mais cela donne aussi l’occasion de vous tenir la main, de vous blottir et de montrer votre affection de différentes manières, tout en observant le paysage vallonné.

 

Sauf que ce n’est pas romantique et qu’il n’y a pas d’affection entre nous.

Avant ça, Kyou-san avait vendu notre butin et nous avait acheté deux paires de gants, pour pouvoir mieux cacher nos bagues. Dommage, car nous n’avions pas eu le temps de trouver quelqu’un qui serait capable de s’occuper de ma peau d’ours pourpre afin de la transformer en une armure ou une autre pièce d’équipement.

Eh oui, Kyou-san avait tout vendu et c’était aussi elle qui avait effectué les achats. Avec son attribut haut en Persuasion, elle était capable de marchander les prix bien mieux que moi. Après avoir vu ça, je voulais vraiment obtenir une plus grande Persuasion, mais c’était actuellement ma pire statistique. J’avais moins de la moitié de celle de Kyou-san, même si j’avais environ le double de son niveau.

Je pense que c’est ainsi, car sa classe de Prêtre augmente sa Persuasion, alors qu’aucune de mes classes ne fait la même chose, pensai-je.

En général, vos attributs dépendaient du niveau, mais la variation après chaque niveau dépendait de votre classe. Je pense que c’est quelque chose comme : Niveau x Facteur Classe. Mais les valeurs ne s’additionnent pas vraiment, donc il pourrait y avoir plusieurs autres facteurs à prendre en compte. Mais en ce qui concerne ma Force, une classe comme Lancier augmentait bien plus à chaque niveau que la Force acquise avec ma classe préférée, celle d’Éclaireur.

En fin de compte, il y a encore beaucoup de choses que je ne comprends pas.

Mais il y avait encore quelques possibilités en dehors du système des héros, pour nous renforcer. Nous accumulions tous ces PMA pour une certaine raison.

« Quel genre de bonus devrions-nous acheter après ça ? Personnellement, je pense que nous devrions mettre de côté des PMA, jusqu’à ce que nous obtenions un bonus aux PX. Pour l’instant, nous n’obtenons chacun que 50 %, mais même si tu fais encore des profits, mes progrès ont pratiquement diminué de moitié. »

« Ken, combien de temps penses-tu qu’on va rester maudits ? Le montant du PMA est trop élevé pour obtenir quelque chose comme ça, à moins que tu ne penses que nous allons rester coincés pendant des mois, » me demanda-t-elle.

« Euh... c’est vrai, » répondis-je.

Eh bien, nous avions besoin d’environ 500 PMA pour cela et nous ne gagnions que 5 PMA par jour de manière régulière. Mais avec notre gain de PMA journalier, nous devrions l’obtenir dans environ deux mois et demi, compte tenu de ce que nous avions déjà en PMA et en gains occasionnels.

Le seul bonus que nous avions jusqu’à présent était le partage de l’inventaire. Mais il était vraiment défectueux.

Comme notre inventaire avait simplement été fusionné, nous avions dû le réorganiser et il avait fallu un certain temps pour parvenir à un consensus sur la manière dont cela allait dorénavant fonctionner. Puisqu’il était important de savoir exactement où se trouvait chaque pot, nous devions agir ainsi. Cela aurait vraiment posé problème si on récupérait une potion de PE quand on voulait à la place guérir un effet d’empoisonnement.

C’est peut-être comme emménager ensemble.

Il y avait encore plus de bonus à obtenir d’après la liste. J’avais fini par réfléchir à la façon de dépenser ces PMA tout le temps. Disons-le franchement, cela devait être ma mentalité de joueur qui parlait. Le fait de chercher des moyens d’exploiter un jeu et d’acquérir plus de puissance avait toujours été fascinant pour moi.

Et un autre aspect qui m’intéressait. Comment vaincre des boss ?

« Crois-tu qu’on devrait tendre une embuscade à la princesse pendant qu’elle dort avant de l’attacher ? » demandai-je.

« Ken, ce n’est pas une façon de traiter une fille, » me répondit-elle.

« Mais puisqu’elle est capable de combattre des bandits toute seule, il pourrait être autrement trop difficile de la capturer indemne. Qu’est-ce qu’on est supposé faire ? Lui parler ? N’est-elle pas trop têtue pour ça ? » lui demandai-je.

« Même si elle est têtue, cela reste quand même une fille. Je vais lui parler puis me lier d’amitié avec elle. Après ça, je vais cuisiner pour elle. En glissant un somnifère dans son repas, nous pourrions facilement la ramener à Esse, surtout si nous la maintenons endormie avec ces mêmes drogues, » me répondit-elle.

C’est bien pire que ce que je suggère. Puisque la princesse a été décrite comme naïve, je pense que cela pourrait fonctionner, mais cette stratégie est bien plus horrible que mon plan, pensai-je. Est-ce comme ça que les filles se traitent entre elles !? Ou est-ce la seule façon de Kyou-san pour gérer les nuisances ?

Je sais qu’elle a une mauvaise personnalité, mais franchement, là, c’est carrément maléfique.

« Ken, je n’utilise que mes capacités de guérisseur, donc ce serait plus un narcotique. C’est peut-être la première fois que la classe est en fait utile, » déclara-t-elle.

« Je pense que ça pourrait être une classe très utile, une fois que tu sauras mieux l’utiliser, » déclarai-je.

Kyou-san n’aimait pas sa classe de Guérisseur. Elle l’avait choisie à l’époque, parce qu’elle pensait que cela incluait la magie de guérison, mais il s’agissait essentiellement de faire des traitements physiques et des cataplasmes. Cependant, les classes d’artisanat pouvaient être très puissantes, tant que vous saviez ce que vous deviez faire.

« Nomme-moi une chose qui ne peut pas être remplacée par la magie, » me demanda-t-elle.

Euh, dur. Avoir des objets consommables est pratique, mais compte tenu de la personnalité de Kyou-san, elle refusera d’accepter le raisonnement du joueur. Y a-t-il autre chose ?

J’avais jeté un coup d’œil sur Kyou-san qui plissait ses sourcils. Pourquoi me regardes-tu ainsi !? Franchement ! Mais en regardant ses sourcils, mon regard se dirigea vers ses cheveux noirs et j’avais eu une idée.

« Ne pourrais-tu pas essayer de fabriquer du shampooing ? » demandai-je.

« ... ! »

En vérité, elle était intéressée par cela. Il était difficile de pouvoir se laver les cheveux, même dans l’auberge. Je n’avais utilisé qu’une sorte de savon, mais finalement, mes cheveux n’étaient toujours pas aussi lisses et propres qu’ils devraient l’être selon les normes japonaises. Même si je ne me souciais pas beaucoup de l’hygiène à la maison, après des mois, je ressentais quand même le désir d’avoir accès aux cosmétiques modernes. Et Kyou-san, en tant que fille, était probablement beaucoup plus mal en point que moi.

« Ce n’est pas aussi facile que tu le penses ! Je ne sais pas par où commencer, » elle semblait résister à mon idée.

« Mais ta compétence de fabrication devrait bien t’aider à le faire. Les bases pour les shampooings sont faciles. Tu dois avoir un agent tensio-actif. L’alkylsulfate est un tensioactif facile à trouver. Alors..., » commençai-je.

« Attends ! Comment tu sais tout ça !? » s’écria-t-elle.

« Ce n’est que de la chimie de base. » Nous n’avions peut-être pas exactement cela en classe, mais je l’avais appris lors de mes leçons. De bonnes notes étaient pour moi vitales pour avoir plus de temps de jeu, sans avoir le harcèlement de mes parents. Kyou-san, ne devrais-tu pas, toi qui ne joues probablement pas aux jeux, étudier davantage ?

« ... J’avais complètement oublié que tes notes ne sont pas mauvaises, » déclara-t-elle.

« ... hey ! En vérité, je suis au 19e rang de l’école ! Souviens-toi de ça ! Je suis le deuxième meilleur de la classe ! » déclarai-je.

« Continue donc, mais abrège, » déclara-t-elle.

« Euh... Tu devrais avoir ta compétence Connaissance des Herbes qui te permet de savoir les propriétés de chaque herbe, n’est-ce pas ? » lui demandai-je.

« Tout à fait, » me répondit-elle.

« Si tu arrives à trouver de l’alkylsulfate, tu auras alors la base d’un shampooing. Après, je suppose que tu devrais te fier plus à ta capacité d’herboristerie pour le faire, » déclarai-je.

« Excellent conseil venant de l’étudiant modèle, » déclara-t-elle d’une manière moqueuse.

« Je n’ai lu que ça ! Il s’agit purement d’une théorie avec peu d’exemples réels et nous sommes dans un monde fantastique ! » répliquai-je.

Cependant, je suppose qu’on va l’essayer à un moment donné. Au moins, je pense que c’est mieux que rien. Mais il y a encore un sujet dont j’aimerais discuter. « Pourquoi as-tu menti au roi et au chancelier ? Je parle du fait que nous avions combattu ensemble le patriarche ? »

« Ne l’a-t-on pas fait ? » Elle inclina sa tête en s’émerveillant de ma remarque.

« N’essaye même pas de faire genre, » déclarai-je.

« Tu as utilisé mon sac à dos, donc ça compte comme —, » après avoir vu mon visage, Kyou-san se corrigea d’elle-même. « C’était une façon rapide de raccourcir l’histoire, puisque je ne voulais pas entrer dans les détails. Il faut aller un peu dans la tromperie pour la rendre suffisamment intéressante et plausible, alors je voulais donner l’impression, que nous avions plus ou moins parcourue dans toute la ville ensemble. »

« Et tu voulais mieux paraître par la même occasion, » déclarai-je.

« Oui, mais je ne m’attends pas à ce que tu me comprennes. J’ai aussi mes propres problèmes, » en y repensant, elle se plaignait beaucoup du chancelier depuis que je la connaissais et cela avait été d’autant le cas depuis que nous étions retournés à Esse.

« Tu m’en dois une pour ça, » déclarai-je.

« D’accord, d’accord, » répondit-elle.

Elle n’est pas si sérieuse. « Pfff, » je vais laisser passer pour l’instant, car c’est trop chiant. Mais je m’en souviendrai.

Une autre question m’avait traversé l’esprit. Combien de temps ce voyage doit-il durer ? Ce n’est pas que l’idée de voyager avec Kyou-san n’est plus si mauvaise en soi, mais nous n’avons déjà plus du tout de sujets de discussion. Je n’ai jamais vraiment eu l’impression avant que je doive parler à qui que ce soit, tant que j’ai mes jeux. C’est ça, parlons de jeux !

« Kyou-san, as-tu déjà joué à des jeux à la maison ? » demandai-je.

« ... » Elle me regardait, comme si j’avais présenté quelque chose de dégoûtant sous son nez. C’était peut-être une mauvaise idée. « Quelques-uns. Mon frère cadet a un Wee2, alors parfois je joue avec lui. Il a douze ans et est un morveux, mais il est assez mignon. »

« Alors, tu as joué à des jeux de sport ? » Comme elle jouait avec son frère, cela semblait plutôt probable.

« Des jeux des courses, mais je ne me souviens pas trop des titres, » répondit-elle.

Comme je l’avais déjà dit, je jouais surtout des JDR. Je me souciais de l’histoire ou de la personnalisation des personnages, donc un bon classique sur une console était aussi bien selon moi qu’un MMORPG moderne. Mais ce genre de jeux ne semblait pas être le point fort de Kyou-san et le jeu lui-même ne semblait pas l’intéresser du tout, je ne pourrais pas utiliser ça comme sujet. Bien que cela ouvrait un autre sujet si j’y réfléchissais plus. Une idée m’avait frappé, je voulais amener Kyou-san dans mon monde, du moins, d’une certaine façon.

« Avant ça, tu m’avais demandé de t’enseigner le système du héros. Mais à ce moment-là, nous n’avions pas eu assez de temps pour t’expliquer quelques tactiques bien spécifiques. Puisque nous avons du temps devant nous sans rien à faire, nous devrions parler des bases ainsi que des méthodes que j’ai utilisées pour devenir si fort ! » Il est temps de parler des différentes théories dans les MMORPG.

***

Partie 3

La chose la plus importante dont vous aviez besoin pour jouer dans un MMORPG, c’est l’endurance. Si vous n’êtes pas capable d’en jouer pendant de nombreuses heures, vous n’arriveriez à rien. La deuxième chose la plus importante était la compréhension du système se trouvant face à vous. Si vous êtes capable de discerner les stratégies et les schémas qui fonctionnent et ceux qui ne fonctionnaient pas, vous devriez être capable de rendre votre personnage assez puissant pour que votre talent en tant que joueur n’ait pas trop d’impact. Si vous construisez un personnage parfait dans un MMORPG, même un singe devrait pouvoir le jouer d’une manière acceptable.

Pour nous, héros, nous étions dans un système possédant beaucoup de similitudes avec les MMORPG, mais il y avait également des différences. Nous n’avions aucun guide en ligne à disposition, ce qui aurait pu vous aider à éviter les pièges les plus simples en vous donnant une compréhension de base du système. Et jusqu’à présent, il n’y avait aucune indication à disposition que les monstres ou les non-héros aient aussi des statistiques comme nous, ils étaient juste... et bien, je ne sais pas trop. Comment est-ce que nos pouvoirs interagissaient avec ceux qui n’avaient pas de statut comme nous ? Tout cela était encore un mystère pour moi.

Mais pour l’instant, nous pouvions dire que nous, les héros, nous étions dans un environnement comprenant ces éléments tirés des MMORPG, et il s’agissait également de l’une des faiblesses. On pouvait plus facilement se tromper en pensant savoir quelque chose, alors que ce n’était pas bon. Si nous regardions ce qu’avait fait Kyou-san, alors on pouvait sans problème dire qu’elle était déjà tombée dans un piège, puisqu’elle avait déjà choisi toutes ses classes. Chaque héros pouvait avoir jusqu’à quatre classes, mais la classe d’Étudiant était obligatoire. Et comme je le disais avant, sans avoir accès à un guide explicatif, elle ne pouvait pas savoir que la classe de guérisseurs n’incluait pas la magie curative.

Bien sûr, nous avions un manuel, mais il manquait de détails. Il y avait des classes mentionnées donné en tant qu’exemple, mais rien ne vous disait ce que faisait en détail chacune de ces classes. Et maintenant, Kyou-san s’était retrouvée dans une telle situation, elle devait en tirer le meilleur parti pour survivre.

Et la principale différence entre un jeu et ce monde en plus du système de héros, c’était que ce monde était réel. Si nous mourions ici, nous resterions morts à jamais. Donc la première chose que vous deviez réaliser dans ce système, c’était qu’un mort était une fin en soi. Donc vous deviez investir dans la capacité de survie avant tout autre chose. De plus, il y avait beaucoup de choses qu’il fallait prévoir pour augmenter au maximum les chances de survivre, quel que soit ce qui nous arriverait au visage.

Cela ne comprenait pas seulement une gestion du nombre de points de vie que nous avions, mais également la nourriture, un endroit où dormir et les moyens d’obtenir des vêtements, de l’équipement et d’autres choses quotidiennement vitales.

Il s’agissait de la raison pour laquelle j’avais essayé d’obtenir la classe de Chasseur alors que j’avais quitté la capitale, même si j’avais fini par obtenir la classe d’Éclaireur. Avec elle, j’avais obtenu la compétence Dissimulation qui me permettait d’éviter d’être vu et de pouvoir garder un avantage lors de certaines batailles. Cela me donnait aussi des moyens de chasser ma nourriture et de vendre la fourrure et toutes les autres choses que je récupérais après avoir tué des monstres.

Mais pour moi, le moyen de survie le plus important était ma capacité à m’enfuir et à attaquer que des cibles qu’après avoir observé leurs forces et faiblesses. En plus, j’attendais un moment propice pour attaquer avec le maximum de chance, comme lorsqu’elle était isolée des autres.

« La première chose à faire, c’est de vérifier les différentes voies de fuites à ta disposition, » lui expliquai-je.

« J’attendais à ce que tes “stratégies” seraient moins... lâches, » Kyou-san avait plissé ses yeux alors qu’elle me disait ça.

« Être un lâche est la meilleure façon de vaincre n’importe quel gibier en toute sécurité, » continuai-je mon explication. « En utilisant des pièges, des embuscades et tout autre stratagème du genre, tu vas augmenter tes chances de vaincre ton ennemi, et c’était d’autant plus vrai pour les ennemis inconnus. Cela te permet aussi d’avoir le temps de t’enfuir si la situation tourne mal. Et à l’intérieur de la marge de sécurité que tu as décidée, tu peux essayer différentes stratégies afin de rendre la neutralisation le plus facile possible, ainsi que diminuer le temps sans augmenter de manière notable les risques. Et après que tu as pu réduire cela au minimum, tu passes à la phase... »

« Passer à quoi ? » me demanda-t-elle.

« Au farming des monstres, » répondis-je.

« ... À quoi ? » s’écria-t-elle.

« Au farming afin d’obtenir un maximum de PX et d’objets. Tu dois vaincre à la chaîne des monstres les uns après les autres, en perdant le moins de temps entre chacun d’eux, le tout en ramassant leurs objets le plus vite possible pour ainsi augmenter ton niveau par la même occasion, » expliquai-je.

« Ken, réalises-tu que c’est ce qu’on fait tout le temps, là ? En quoi cela devrait-il s’agir d’une nouvelle tactique ? » me demanda-t-elle.

« Je l’ai fait pendant minimum douze heures par jour. Et j’ai tué au cours de ses heures un nombre très important de monstres, » répondis-je.

« Dou... douze heures ? C’est de la folie ? » s’écria-t-elle.

« Ce n’est rien du tout ça. Parfois, je passais même dix-huit heures par jour à faire cela. Eh bien, à l’époque, c’était possible, mais puisque le monstre ne respawn pas dans ce monde..., » murmurai-je.

« Re-quoi !? » s’écria-t-elle.

« Respawn. Eh bien, dans ce monde, les monstres ne réapparaîtront pas comme par magie après un certain temps après que tu les as tués. Ainsi, au lieu de farmer un seul endroit et de cibler un type particulier de monstre, j’ai combattu tout ce que j’avais à disposition. Bien sûr, cela tenait compte de ma marge de sécurité. Il s’agit de la raison pour laquelle j’ai maintenant une Perception aussi haute, de sorte que je peux percevoir l’ennemi avant que lui même puisse me détecter. Je peux ainsi décider s’il s’agite d’une rencontre qui vaut la peine d’être faite ou non. Le Pistage venant de ma capacité de Survie me permet de trouver de nouveaux monstres à tuer. »

« C’est comme ça que ça se passe si tu es en solo. La Perception et la furtivité pour la survie et mes capacités de combat pour tuer les monstres, » résumai-je.

« Je n’ai ni l’un ni l’autre... attends une minute, si tu as tant fait du “farming”, pourquoi ton équipement n’est-il pas meilleur que ça ? » demanda-t-elle. « Je pense que j’ai vu un meilleur équipement dans les magasins d’Esse, » elle venait de vérifier les statistiques de mon équipement, le fait que nous étions capables de tout voir l’un de l’autre pouvait être très ennuyeux par moment.

« Ne l’as-tu pas réalisé en triant notre inventaire ? J’utilise des flasques et d’autres consommables. Et j’en utilise vraiment en masse, » répondis-je.

« Des flasques ? Et quoi ? » me demanda-t-elle.

« Des potions. Vu que je ne peux pas me guérir à l’aide de magie, j’ai utilisé des pots. Et les consommables sont par exemple les bombes et les pièges. Cela regroupe tout ce que tu ne peux utiliser qu’un nombre limité de fois. J’y ai pratiquement investi la plus grande partie de mes revenus, tout en mettant une petite somme de côté peu à peu. Il s’agit d’une stratégie dangereuse, mais les consommables sont beaucoup moins chers que l’équipement. Et tant que je peux les tuer avec mon équipement actuel, il n’est pas nécessaire de le changer. Si je peux chasser pendant douze heures, c’est parce que j’ai assez d’objets en stock pour restaurer ou éviter les dommages, mais cela en vaut la peine. »

En vérité, le système de héros pouvait être impitoyable en matière de PV, mais il était plutôt indulgent en ce qui concernait les points d’endurance. Tant que j’avais des PE, je pouvais agir. Après, il fallait que je ne subisse aucune mauvaise condition, mais puisque j’avais mes classes non étudiantes, j’arrivais facilement à le faire. J’avais ainsi moins de risques de tensions musculaires, de maux de tête ou de maladie, et cela même si j’en faisais un peu trop. Et même si je restais pendant des heures au même endroit tout en faisant de l’observation, je me rétablissais rapidement des états négatifs que je subissais.

« Donc pour le dire franchement, » s’était écriée Kyou-san. « Au lieu de construire une bonne base, tu t’es précipité en allant tuer des quantités massives de monstres, puisque tu pouvais restaurer ton endurance et ta santé, comme tu savais comment te désengager du combat et fuir si cela tournait mal ? »

« Oui, et parfois je me faufilais dans les tanières pour éviter le combat et facilement obtenir des trésors, ce qui était une bonne chose, » déclarai-je.

Le visage de Kyou-san m’indiquait qu’elle était très surprise. « Je pense que je ne pourrai jamais faire ça. C’est vraiment injuste à bien des égards. »

« Pour toi, le duo afin de faire du Powerleveling est toujours la voie à suivre, » son visage m’avait déjà dit qu’elle n’avait aucune idée de ce dont je parlais. « Tu dois agir en étant avec une personne de haut niveau qui t’aide à monter de niveau plus rapidement. Dans des circonstances normales, tu as juste besoin de donner le dernier coup, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant. Mais désormais, tu gagnes de l’expérience en tout temps et en échanges, tu t’occupes des soins, » en vérité, c’est plutôt une sangsue à PX, mais mieux vaut ne pas le lui dire.

Puisque nous étions tous les deux sous l’effet de cette étrange malédiction, nous partagions notre PX à 50/50, peu importe qui donnait réellement le coup final. C’était en vérité très bénéfique pour Kyou-san et comme j’aurais beaucoup d’inconvénients sans être avec Kyou-san, c’était quand même mieux que rien pour moi. Mais cela restait bien pire que de ne pas être maudit !

« Ne puis-je pas diriger ce duo dans une faille pour en arrêter là ? » Pourquoi sourit-elle innocemment, tout en disant des mots cruels ?

« Euh... que penses-tu en disant ça : Il faut utiliser les bénédictions et ignorer les mauvaises choses ? » lui demandai-je.

« Donc je devrais t’ignorer ? » me demanda-t-elle.

Euh... J’ai l’impression d’avoir perdu tout sauf 1 PV. Pourquoi suis-je le seul à essayer de faire en sorte que ça marche ? Dois-je juste l’abandonner ? Mais que se passe-t-il si je fais ça ? La malédiction se réactivera-t-elle et serait-il possible d’obtenir à nouveau ma malédiction en sommeil ? Je ne sais pas et je ne veux rien risquer pour l’instant. Continuons ainsi jusqu’à ce qu’on ait cette princesse, Kenta ! pensai-je.

« Ne t’inquiète pas, Ken. C’est simplement une blague, » sa voix sonnait faux et je pouvais clairement l’entendre mentir. « Tu peux continuer. »

... Peu m’importe ce qu’elle me disait. Vu le fait que Kyou-san est inutile la plupart du temps, alors j’aurai assez d’occasions de me venger. « Alors on devrait discuter des rôles. Nous pourrions adapter un peu notre stratégie, maintenant que je peux pleinement me battre et que tu as dans tous les cas des gains de niveau. »

« Pas besoin de faire ça. Tu tues et moi je regarde, » répliqua-t-elle.

« ... très bien. Ce n’est pas comme si tu pouvais faire quelque chose d’utile pour ça, » à certains égards, ce serait peut-être mieux qu’elle agisse ainsi. Cela pourrait affecter négativement le combat si j’essayais de compter sur elle, puisqu’elle était tout simplement nulle. Mieux valait donc que cela fonctionne comme si j’étais seul. « Mais en vérité, je voulais parler des différents rôles dans un groupe. »

« Parles-tu des classes ? » me demanda-t-elle.

« Pas exactement. En général, dans les jeux de rôle avec les groupes, chaque personnage a des forces et des faiblesses, des compétences spéciales et ainsi de suite. Dans les MMORPG, c’est très souvent déterminé par leurs classes, mais même s’il y a des règles générales pour les groupes, il arrive souvent que plusieurs classes puissent être cataloguées dans l’un de ces rôles. »

« ... Puis-je avoir des exemples ? »

Outch, comment expliquer les rôles dans les groupes à une personne qui n’a aucune expérience ? « Selon le jeu, il y a beaucoup de rôles, mais commençons avec les quatre archétypes. Il y a d’abord le tank, plus ou moins le chevalier, qui attire les ennemis et encaisse leurs attaques grâce à leurs grandes défenses. Lorsqu’un tank fait bien sa tâche, les dommages globaux sont réduits et chacun peut agir comme bon lui semble. Ensuite, il y a ceux qui peuvent infliger beaucoup de dégâts, surtout à des cibles uniques, de sorte que les ennemis clés sont éliminés rapidement et efficacement. Je tomberais très probablement dans ce rôle avec ma classe de Lancier. Nous arrivons maintenant à ton rôle, celui d’un soutien. Souvent, un personnage qui guérit et Buff... renforcent le groupe avec des sorts. Enfin, celui qui fait du contrôle de masses. Il est en mesure de provoquer des effets négatifs aux ennemis et il peut les neutraliser temporairement, de sorte que le groupe peut se concentrer sur quelques ennemis avant de les vaincre. Il s’agit probablement d’un rôle pour les mages. Il s’agit donc là des quatre rôles de base, même s’il existe de nombreuses variantes. »

« Pourquoi ces rôles sont-ils nécessaires ? » me demanda-t-elle.

« Parce qu’il est plus facile de se concentrer sur un domaine spécifique et d’être un spécialiste, tout en faisant que tes faiblesses soient couvertes par les autres membres du groupe. Et cela permet d’encourager naturellement le travail d’équipe, » répondis-je.

« Et pourquoi me dis-tu tout cela ? » me demanda-t-elle.

« Les classes présentes dans le système de héros sont similaires. Tous ont des forces et des faiblesses et nous devons couvrir les aspects les plus importants. Toi ainsi que les autres élèves avez bien commencé avec cette idée en tête, n’est-ce pas ? » lui demandai-je en réponse.

Kyou-san avait l’air d’avoir vu son crayon se faire casser, juste après l’avoir prêté à quelqu’un d’autre. « Oui, et cela a donné un résultat horrible ! »

« ... Oui et non ? S’il te plaît, calme-toi ? » elle ne tentait nullement de me faire du mal, mais son regard me mettait mal à l’aise. « Dans ton cas, cela semble s’être mal passé, mais l’idée générale n’est pas mauvaise du tout. C’est seulement que le système de héros à une faille majeur, puisqu’il ne permet pas les véritables groupes avec le partage de PX nécessaire à cela. Comme nous sommes un véritable groupe comme dans un jeu, j’aimerais te mettre un peu au travail, puisque je dois faire beaucoup de choses par moi-même et que je me suis spécialisé dans le solo avant ça. Puis-je donc compter sur les soins si nécessaire, et cela sans poser de questions ? » Nous allions actuellement à la frontière et je ne pouvais pas simplement m’enfuir, vu que je devrais par la même occasion te protéger, Kyou-san. De plus, cela voulait dire que je devrais pouvoir supporter beaucoup de pression de la part des ennemis et rester ferme.

« ... D’accord. Mais je ne fais que ce rôle de guérisseur, » déclara-t-elle.

Je l’avais appelé support, mais maintenant, Kyou-san pourrait aussi agir en prenant un rôle plus actif un peu comme ce qui s’était passé dans le gouffre. D’une manière ou d’une autre, c’était un soulagement et c’était agréable. Comme c’est étrange.

***

Partie 4

Nous étions arrivés au fort Wächter, l’une des forteresses se trouvant à la frontière du royaume de Feuerberg. Il s’agissait de l’endroit où la princesse travaillait avant de disparaître, directement dans le département de l’organisation.

Le voyage en chariot s’était déroulé sans incident et surtout dans un silence étrange, puisque Kyou-san et moi n’arrivions pas à trouver un sujet commun dont nous pourrions parler pendant plus que quelques minutes. Et c’était d’autant plus vrai que mon seul hobby était le jeu. De plus, aucun de nous deux n’aimait vraiment l’école.

En vérité, j’avais été surpris que nous puissions parler de choses pendant quelques minutes et que nous n’ayons pas abandonné la recherche d’un sujet commun. Au moins, maintenant, je savais que Kyou-san aimait les films, les dramas télévisés et les magazines féminins, et qu’elle gardait ses connaissances en matière de mode à jour. Elle aimait parler avec ses amies à propos d’un grand nombre de sujets différents, et cela, je le traduirais par : « Elle perd son temps. »

Mais revenons au sujet.

Le fort Wächter était une ancienne forteresse, qui était pratiquement inutile de nos jours, car la frontière avait été déplacée depuis et de nouveaux forts avaient été construits sur la nouvelle ligne de front. Mais il s’agissait d’un endroit idéal pour faire du travail frontalier sans être trop près de la zone de guerre.

« Hé, n’est-ce pas la représentante de classe ? »

Une voix familière avait crié cela et j’avais vu quelqu’un de ma classe. Du moins, je pense qu’il était dans la classe. Au moins, comme c’était quelqu’un qui ressemblait à un japonais, les chances étaient élevées que cela soit bien le cas. Pour m’en assurer, il faudrait que je regarde encore une fois de plus près. Même si j’essayais de me souvenir de son nom, je ne le retrouvais pas, car j’avais déjà oublié son visage.

Non, pas possible de m’en souvenir. Mais j’étais sûr de l’avoir vu en classe. Il s’agissait d’une bonne chose que nous portions des gants afin de cacher nos bagues maudites. Il serait assez inconfortable de répondre aux questions concernant ces anneaux assortis.

Kyou-san annonça alors son nom. « Tetsukawa-kun ! Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. »

Il s’agissait donc de Teshizawa-san. Il était vêtu d’une armure légère et portait une épée à la taille. Il semblait être un soldat. Il serait très probablement l’un des premiers à mourir, puisque j’avais le sentiment que j’oublierai son existence au moment où il partira loin de moi. Il me donnait l’impression d’être un figurant.

« Attends, n’est-ce pas Katsuragi-kun ? » Hé, pourquoi a-t-il rajouté le « -kun » à mon nom ? Je ne le connais même pas ! « Au début, je ne pouvais pas te reconnaître, même si j’étais assis juste à côté de toi en classe. Comme c’est embarrassant, » il avait ri comme un idiot.

« Ne t’inquiète pas de ça, Teshizawa-san, je te reconnais à peine, » répliquai-je.

« Tu n’as même pas trouvé le bon nom, même si je viens juste de l’appeler par son nom, » avait réfuté Kyou-san.

« Ne t’inquiète pas de ça, car c’est simplement Katsuragi-kun. » Pourquoi ce Teshizawa parle-t-il de moi, comme si j’étais quelque chose d’inutile ?

« Plus important encore : Tetsukawa-kun, est-ce que d’autres camarades de classe sont ici ? » lui demanda-t-elle.

« Tout le monde est là. » Oh, mon Dieu, ma journée vient d’empirer. « Après avoir reçu l’appel du roi, nous sommes tous venus ici pour entendre les détails, » répondit-il.

« Tout comme nous, même si nous étions dans la capitale. Mais comme la princesse était stationnée au fort Wächter, ils pensaient que nous pourrions en apprendre plus dans la zone, » répondit-elle.

« Le capitaine a dit que nous commencerons quand tout le monde sera là et prêt pour la réunion. Peut-être qu’on vous attendait tous les deux ? » nous demanda-t-il.

« C’est peut-être le cas... Ken ? Où est-ce que tu vas ? » me demanda-t-elle.

« Ken ? » demanda Teshizawa-san.

Ce n’est pas vraiment comme si je me soucie de tout ça. « Dans les bois. C’est l’heure de déjeuner et je n’irai pas dans ce fort vu qu’il faudra encore un certain temps avant que la réunion ne commence vraiment. Et je suis sûr qu’une heure suffira, alors dit au capitaine que je serais de retour d’ici là, Teshizawa-san. »

« Euh... OK ? Es-tu sûr ? Et, représentante de classe ! Pourquoi appeles-tu Katsuragi-kun “Ken” ? » lui demanda-t-il.

« ... Bien des choses sont arrivées. Et je pense que je vais y aller avec lui, puisque ces trucs... S’il te plaît, ne parle à personne de mon implication avec lui, d’accord ? » Kyou-san avait fait des clins d’œil à Teshizawa en s’excusant et elle m’avait rejoint sur le chemin des bois.

Teshizawa avait fait demi-tour et il se dirigea vers le fort. Kyou-san m’avait rattrapé et je lui avais jeté un coup d’œil. « Ne voulais-tu pas rejoindre nos camarades de classe et parler du bon vieux temps ? »

« Es-tu fou ? Comme si je pouvais leur faire face tout en étant... ainsi avec toi. Moins on en parle, et mieux c’est, » me répondit-elle.

« Je vois, » répondis-je.

« Mais franchement, pourquoi déjeuner dans les bois ? C’est tellement... stupide ! » s’écria-t-elle.

« Je ne vais pas dans les bois pour déjeuner, » même moi, je pourrais dire que j’avais un sourire maléfique sur mon visage alors que je disais ça.

 

― ○●○ ―

 

Une heure plus tard, nous étions dans une salle de conférence, attendant que le capitaine nous donne des détails sur la princesse fugitive. Il s’agissait de la première fois depuis longtemps que je voyais mes camarades de classe et tout le monde semblait s’être adapté à ce nouveau monde. Il s’agissait de l’ensemble du groupe de combat. Les 20 étudiants étaient rassemblés dans la salle de fêtes. Tout le monde avait échangé l’uniforme de l’école contre des vêtements et des armures différents. Nous avions des personnes vêtues en habits de sorciers, d’autres qui étaient en guerrier léger et il y avait ceux qui portaient des armures lourdes.

Personne d’autre que moi ne semblait avoir un équipement non militaire et de non-magicien. Je pense que ma classe d’Éclaireur se démarquait, même s’il s’agit aussi d’un équipement militaire.

Mais c’était toujours la même chose qu’avant ça. Il s’agissait d’un troupeau de moutons sans cervelle, sans personnalité exceptionnelle, à l’exception de leurs quelques alpha. Et celui qui était l’alpha des alpha était toujours Inoue Masahiko. Il portait une armure semi-lourde et deux épées sur le dos. Et bien sûr, il était venu jusqu’à nous.

« Kyou ! Content de te voir. Est-ce que cela va ? » lui demanda-t-il.

« Oui, Masahiko-kun. Je suis aussi contente de te voir, » lui répondit-elle.

Pour quelqu’un qui ne voulait pas affronter ses anciens amis, Kyou-san semblait vraiment heureuse de voir M. McFaux Beau Gosse. Toute sa personnalité glorieuse devait être une façade pour cacher son vil caractère. Il était comme une Kyou-san en version mâle, mais avec encore moins d’honnêteté !

« Comment vas-tu, Kyou ? J’étais tellement désolé de t’avoir laissé derrière moi, mais à la fin, je ne pensais qu’à toi. Es-tu sûre que tu peux participer à ça ? Quel est ton niveau ? » lui demanda-t-il.

« Ne t’inquiète pas, je suis au niveau 20, » lui répondit-elle.

« Super ! Je le savais que tu allais me rattraper ! Tu es dix fois plus maline que moi, donc j’étais sûr que tu trouverais un moyen de monter rapidement en niveau ! Maintenant, tu peux nous rejoindre sans problème ! » déclara-t-il.

« Euh... Non, Masahiko. Pas maintenant, » lui répondit-elle.

« Pourquoi ? » Son visage affichait qu’il était rempli d’inquiétude ! On dirait presque qu’il est vraiment déçu ! Cet homme devrait recevoir son prix d’acteur dès que possible !

« Eh bien ! Tu vois... Je..., » Kyou-san ne regardait pas Inoue dans ses yeux, et elle semblait gênée. « J’ai des obligations temporaires. »

« Quel genre ? » lui demanda-t-il.

« Celui-là, » sans même me le demander, elle m’avait tiré par la manche pour me placer dans le champ de vision d’Inoue, alors que je l’évitais jusqu’à présent.

« N’est-ce pas... Katsuragi-kun ? » Pourquoi tout le monde me « -kun » ? « Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu ! J’avais peur que tu aies été tué, alors que tu étais tout seul dans ton coin. Je suis si content que tu sois encore en vie ! Et regarde-toi, tu as l’air en pleine forme ! » déclara-t-il.

OK, traduisons ces lignes.

« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu » veut dire « Oh, tu es encore là ? »

« J’avais peur que tu aies été tué, alors que tu étais tout seul dans ton coin, » signifiait « Tu es si impuissant, que tu as besoin de quelqu’un pour veiller sur toi, puisque tu ne peux pas survivre dans ce monde ! »

« Je suis si content que tu sois encore en vie ! » voulait dire « Maintenant, je peux continuer à rire de toi intérieurement ! »

« Et regarde-toi, tu as l’air en pleine forme ! » signifiait « Tu étais si gros, que cette minceur artificielle due à ta classe te fait paraître à nouveau humain ! »

Je veux tuer ce salaud !

« Katsuragi-kun ? Tu... eh bien, je suppose que c’est bien, que tu n’as pas tant que ça changé, » Inoue semblait un peu incertain de ce qu’il fallait dire après avoir regardé mon visage, mais il souriait quand même et il se tourna à nouveau vers Kyou-san. « Travaillez-vous ensemble pour l’instant ? »

« Oui, temporairement. J’ai pensé au début que je pouvais un peu le réhabiliter, mais... franchement, ne me regarde pas comme ça, Ken ! » s’exclama-t-elle.

« Oh, tu t’es rapproché de lui, non ? » demanda Inoue. Il demandait probablement cela parce que Kyou-san m’avait appelé « Ken ». « Je ne pensais pas que vous pourriez devenir amis. »

« C’est juste une partie de la réhabilitation. Nous ne sommes pas amis, juste des camarades de classe et bien... il m’a un peu aidée, » déclara-t-elle.

« Ah, je vois. Katsuragi-kun est après tout un joueur. Alors bien sûr qu’il sait sûrement une chose ou deux qui peut être utile, » déclara-t-il.

« Oui. Et il est très bon pour suivre les autres ! Il a même déjà trouvé des traces de la princesse ! » déclara Kyou-san.

« Kyou-san ! » Elle lui donne vraiment les détails ! Sans se retenir, elle avait commencé à raconter à Inoue la position des traces et la direction dans laquelle ils allaient.

« Ces traces sont peut-être vieilles de quelques jours, mais avec cela et l’information que nous avons obtenue du chancelier à la capitale, cela signifie..., » déclara Kyou-san.

« Cette... Kyou, c’est génial ! Katsuragi-kun, tu es génial ! Avec ça, on pourrait gagner du temps ! » Franchement, ce visage masquait le sourire gourmand qu’il avait sûrement en lui ! « Mieux vaut le dire à tout le monde ! »

« Ce sera bien de voir tout le monde, regardez ! » La porte s’était ouverte et le capitaine était entré dans la pièce.

« Ah, je dois retourner vers les autres. On se reverra après la réunion, d’accord ? » nous demanda-t-il.

« Peut-être, Ken est très enthousiaste à l’idée de la récompense, alors je suppose que je n’ai pas d’autre choix que de partir le plus tôt possible avec lui, » lui répondit-elle.

« Ah, je vois. Alors, ayons une compétition équitable, » nous déclara-t-il.

« Nous ferons ainsi, » souriante, Kyou-san avait regardé Inoue partir plus loin. Et le capitaine avait commencé la réunion.

 

― ○●○ ―

 

La réunion avait duré environ une heure et portait sur la personnalité et les compétences de la princesse et ses derniers déplacements connus. De temps en temps, elle était retournée au fort Wächter pour livrer des bandits puis elle était partie avant que les gardes puissent s’organiser. Chaque fois qu’elle avait fait ça, elle était allée dans une autre direction.

Inoue Masahiko pensait que cette fille était un mal de tête ambulant. Mais comme Kyou et Katsuragi-kun avaient déjà trouvé ses traces les plus récentes, lui et son groupe avaient déjà un avantage.

Son équipe contenait son ancienne clique de l’école à l’exception de Kyou. Il y avait Yamauchi Daichi, un ancien membre du club de judo qui était devenu une montagne en armure lourde avec hache. Il était avec une classe de guerrier. Kita Katsuo, qui était membre du kyudou, était naturellement devenu maintenant un Archer. L’amie d’enfance d’Inoue, Akiyama Eri, avait pu apprendre la classe de Sorcier, un lanceur de sorts offensif. Sa bonne amie, Kurosawa Teruko, brandissait maintenant une lance avec la classe Soldat afin de les soutenir depuis l’arrière. Et bien sûr, il y avait Inoue lui-même, qui s’était mis au combat avec double épée avec l’une des classes de combattants.

Son groupe était le plus grand et c’était aussi celui avec le plus haut niveau des quatre groupes présent. Eh bien, cinq, si vous comptiez Kyou et Katsuragi-kun. Inoue était au niveau 28, mais comme il se considérait comme le leader, il était naturel qu’il soit un bon exemple pour tout le monde.

À la fin de la réunion, Inoue avait cherché Kyou et Katsuragi-kun, espérant toujours obtenir l’adhésion de Kyou. Mais ils étaient déjà partis. Dans son esprit, Kyou les rejoindrait peut-être, si le groupe d’Inoue récupérait la princesse, et cela même si la princesse semblait être un peu sauvage.

« Allez, tout le monde ! Bien sûr, nous ne perdrons pas face à nos camarades de classe ! » déclara-t-il.

« « « « Oui ! » » » »

« Et je sais déjà où chercher des traces de la princesse Katarine ! Nous devons juste être plus rapides qu’elle et que tous les autres groupes ! » déclara Inoue.

Inoue avait ainsi mené son groupe dans la direction que Kyou lui avait donné, directement dans les bois. Ils avaient pu trouver la piste mentionnée par Kyou et la suivre. Mais soudain, Eri avait disparu en émettant un grand cri !

« Eri !? »

« Eri-chan !? »

« « Eri-san !? » »

« Je vais bien ! » Sa voix venait d’en haut ! Elle était suspendue à l’envers à un arbre, dans un filet !

« Attends, je vais t’aider ! » Et après deux pas, Inoue avait senti comme si le sol sous ses pieds s’était effondré. Il s’agissait d’un piège de type trou masqué !? Il était tombé durement sur ses fesses, et cela faisait mal. De plus, dans le piège il y avait des épines ! Et ainsi, il était maintenant couvert de plusieurs coupures mineures, ce qui piquait horriblement ! Qu’est-ce qui se passait ici !?

 

― ○●○ ―

 

« Désolé Masahiko, voici ta récompense. Et la vengeance. Douce, douce vengeance ! » déclara Kyou-san.

« Kyou-san, pourquoi est-ce que tu te parles toute seule ? » lui demandai-je.

« J’ai eu l’impression que le groupe de Masahiko est tombé dans tes pièges. Tu es vraiment une méchante personne en pensant à préparer ce genre de choses bien en avance, » me répliqua-t-elle.

« C’est toi qui voulais les guider dedans et c’est même toi qui as amélioré les pièges avec des épines, des pointes et des pierres tranchantes, » lui répliquai-je.

« Ken, se pourrait-il que nous soyons tous les deux les pires ? » me demanda-t-elle.

Kyou-san et moi avions ri. C’était peut-être vraiment faible, mais nous nous entendions bien en ce moment. Nous étions unis dans notre haine envers nos camarades de classe ou alors c’était quelque chose comme ça.

 

Vous gagnez 1 PMA.

Vous êtes peut-être les pires, mais vous faites des choses ensemble. Mais franchement, repensez un peu à votre comportement.

 

« Tu vois, même cette maudite malédiction pense qu’on va trop loin ! » Le rire franc de Kyou-san était plein de joie. Et d’une manière ou d’une autre, c’était aussi très charmant.

Kyou-san avait été capable d’utiliser sa Persuasion sur le capitaine avant, le convainquant qu’il serait mieux d’entendre parler de l’endroit où la princesse se trouvait récemment avant tout le monde, puisque nous connaissons déjà la plupart des connaissances de base grâce à notre conversation avec le chancelier.

Il n’y avait qu’une seule information de plus que nous n’avions pas eue, c’était le fait que la princesse avait livré des bandits de montagne il y a deux jours et qu’elle s’était encore une fois échappée. Il était très probable qu’elle était retournée dans les montagnes, et j’avais déjà trouvé ses traces avant ça, quand j’avais préparé les pièges. Cette information ne faisait donc que confirmer notre indice.

Nous nous étions glissés hors de la salle juste après le début de la réunion, car il n’y aurait rien de nouveau et nous avions donc pris une longueur d’avance. Il était fort probable que les autres suivraient rapidement, s’ils avaient aussi les compétences en pistage, mais pour l’instant, ils avaient les pièges dont ils devaient s’inquiéter.

Attrapons cette princesse, obtenons la récompense et défaisons la malédiction !

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