Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 3

***

Chapitre 2 : Les Héros, le Monstre et le Plan

Partie 3

L’humeur de Rine s’était largement améliorée après le dîner et maintenant elle était aussi inutilement proche de moi qu’auparavant. De plus, elle était de nouveau en train de fouiner. « Je ne sais toujours pas comment le fait de se tenir la main est un acte lié aux héros. »

Oui, Kyou-san et moi, nous nous tenions la main en ce moment. J’avais retiré mon gant droit et j’avais pris la main gauche de Kyou-san, tout en m’asseyant. Elle avait expliqué que le fait de se tenir la main était quelque chose à voir avec le système du héros. « C’est un fait normalement inconnu, Rina-chan, que nous, les héros, avons besoin de partager le pouvoir que nous obtenons en vainquant des monstres entre nous en effectuant un contact cutané. Mais cela prend un certain temps, donc se tenir la main est la façon la plus facile de le faire. En ce moment, Ken me transfère le pouvoir du monstre pour que je puisse devenir plus forte, même si je n’en ai pas tué un seul. » S’il y avait quelque chose d’aussi pratique, la plupart des problèmes actuels de Kyou-san n’auraient jamais été présents.

« On dirait que vous êtes plus que des amis. Comme avec l’oreiller de genoux avant ça, » déclara Rine.

« Je te l’ai dit. Ken avait le vertige, alors je voulais qu’il se couche et si je l’ai mis sur mes genoux, car je pouvais observer ses yeux plus facilement, » répliqua Kyou-san.

« Mais... ce sont des choses que les amoureux font..., » déclara Rine.

« Franchement, penses-tu sérieusement que lui et moi sommes des amoureux ? Non, ce n’est certainement pas ça, c’est impossible, » déclara Kyou-san.

« Hmm..., » Rine grimaçait. « Je pense que c’est possible. »

« L’amour t’intéresse-t-il, Rine-chan ? » Quelle façon peu subtile de changer de sujet !

Elle avait énormément rougi face à cette question. Je n’avais jamais vu un visage aussi rouge. C’était peut-être parce qu’elle est un peu occidentale que c’était aussi visible ? Ce rougissement dans un ton rosâtre était vraiment étrange. « Bien sûr que si ! Même si je n’ai pas mon mot à dire dans le mariage, je peux toujours m’intéresser à la romance ! »

Ah, c’est la princesse héritière. Elle sait déjà qu’elle ne peut pas épouser l’homme qu’elle veut. C’est une histoire classique qu’on trouve dans les Jeux de Rôle. Dans les jeux, c’est la coutume de briser cette coutume, mais en réalité, je pense qu’on ne peut pas trop le faire. Ça pourrait craindre.

« Rine-chan, c’est l’inverse : Puisque tu ne peux pas décider qui épouser, tu veux avoir des fantasmes romantiques. N’est-ce pas ça la vérité ? Parlons entre filles, » déclara Kyou-san.

« Kyou-san, oublies-tu que je suis là ? » lui demandai-je.

« Et pourquoi devrais-je m’embêter avec toi ? » répliqua Kyou-san.

« Je suis un homme ! Je n’ai rien à voir avec les conversations de filles ! » déclarai-je.

« Ken, tu n’as rien à voir avec quoi que ce soit, alors tais-toi tout simplement. » Je suis maltraité ! Ma femme me maltraite ! Pourquoi la loi ne me protège-t-elle pas en ce moment ? « Rine-chan, quel serait ton homme idéal ? »

Rine me jeta un coup d’œil, peut-être un peu incertaine quant à la manière de réagir en ma présence. Cependant, elle avait ensuite rejoint le club « Ignorons Ken qui n’est qu’une ordure ». Elle avait alors répondu. « Quelqu’un d’intelligent et de malin. J’ai tendance à être un peu idiote parfois, alors je n’arrête pas d’avoir des ennuis. Et je veux aussi qu’il soit fort ! Il doit pouvoir me protéger ! » Comme si tu avais besoin de protection ! « Et il devrait être gentil et d’une humeur calme. »

« Ah, je peux voir ce que tu veux dire. Et qu’en est-il de son apparence ? » demanda Kyou-san.

« Euh ? » demanda Rine en retour.

« Aimes-tu ceux avec des muscles, ou quelqu’un de moins baraqués. Et est-ce qu’un beau visage est une nécessité ou non ? » lui demanda Kyou-san.

« Euh... Je pense que ce serait quelque chose entre les deux. Trop de muscles me rappellent mon instructeur et ça serait flippant, mais s’il est trop maigre, alors ça ne marchera pas non plus, » répondit Rine.

« Ah, si vague..., » déclara Kyou-san.

« Mon idéal serait Fabian Leise ! » déclara Rine.

« Qui est-ce ? » demanda Kyou-san.

« Cela vient... d’une fable. J’aime ça depuis que je suis enfant. » Elle avait l’air gênée. Mais tenir ce genre de conversation était beaucoup plus honteux que de parler de ses fantasmes !

« Ah, c’est vrai. Dans ce monde, il y a beaucoup moins de médias. Alors, est-ce l’héros d’une fable — ? » demanda Kyou-san.

« Non, c’est le mari de Miriam Leise, qui... eh bien, Fabian est... ah, pourquoi ne le sais-tu pas ? Je ne peux pas bien l’expliquer ! » déclara Rine.

Kyou-san avait ri. « Tu n’as rien besoin de rajouter. Tu sembles être quelqu’un de très dévouée, non ? »

« ... oui... Kyou-san, comment as-tu pu en arriver à cette conclusion ? Et comment as-tu eu raison !? Et toi, Kyou-san ? Quel serait ton idéal ? » demanda Rine.

« Et si on disait l’opposé de Ken ? » demanda Kyou-san.

Ça... ça fait mal ! Il est vrai que je n’aime pas beaucoup Kyou-san, mais si elle dit quelque chose comme ça avec cette brutalité, cela nuira à ma fierté en tant qu’homme. Comme c’est méchant de sa part !

« Eh bien, pour le dire franchement, je pense que cela doit être un bel homme. Bienveillant, intelligent et peut-être riche. Il n’est pas nécessaire qu’il soit fort, mais plutôt d’être capable d’éviter les bagarres. Il doit avoir une sorte de conscience de moi, du genre à savoir ce dont j’ai besoin sans que je le dise, » déclara Kyou-san.

« Oh, tu demandes vraiment quelque chose de vraiment élevé, » déclara Rine.

« D’où je viens, c’est quelque chose de tout à fait normal, » déclara Kyou-san.

« Ohh ! » Rine était facilement impressionnée. « Kenta, et toi ? »

... Quoi ? « Ne m’entraîne pas là-dedans ! » déclarai-je.

« Mais maintenant que nous partageons nos intérêts, je veux entendre les tiens. » Arrête de faire scintiller tes yeux, c’est de la triche ! S’il te plaît, je ne peux pas me défendre contre ça !

J’avais regardé Kyou-san et elle faisait une tête comme si je devrais simplement mourir ! Entre elle et les yeux pétillants de Rine, je ne savais pas ce qui était le pire !

« Allez, Kenta ! S’il te plaît ! » Je suis sûr que les pires, c’est les yeux scintillants ! N’ai-je aucun droit ? « S’il te plaît ? »

Les hommes sont vraiment des créatures faibles. Même moi, qui ne suis pas si réceptif aux charmes d’une vraie femme, je ne peux pas faire face à ces yeux qui mendient. « Eh bien... » Attends, ça ne veut-il pas dire que Rine est mon type idéal ?

Sexuellement parlant, il y avait également une attirance physique pour Kyou-san, mais c’était juste moi qui étais excité. Si je mettais Rine dans ces fantasmes, alors... Maintenant, j’avais envie de partir et de me soulager, mais pour l’instant, je devais me battre contre ma trique avec toute ma volonté.

Rine me regardait encore avec des yeux pétillants. J’avais détourné les yeux pour ne pas la confronter. « Allez, dis-moi ! »

« Ce serait... Lita Blanchimont. » C’était l’un des personnages dans mes premiers jeux, L’Atelier Iris. Quand j’étais enfant, j’étais tombé amoureux de ce personnage. Elle était réfléchie, mais vivante et avait un destin tragique qu’il fallait combattre. Et elle était mignonne ! Le jeu était amusant dans l’ensemble, même s’il n’y avait pas de personnalisation des personnages et l’histoire était, en regardant en arrière, un peu trop facile. Mais j’étais un enfant, donc c’était bon.

« Qui est-ce ? » Pendant ce temps, Rine me regardait avec des yeux pétillants.

« ... C’est bien sûr un personnage de jeu, » Kyou-san soupira lourdement, comme si j’étais atteint d’une maladie incurable.

« C’est... on peut dire qu’il s’agit là d’un personnage dans une histoire, » déclarai-je.

« Oh, alors nous sommes pareils, Kenta ! » déclara Rin.

« ... Pourquoi m’as-tu attrapé la main ? » lui demandai-je.

« Parce qu’on est amis ! De plus, Kyou fait la même chose ! » déclara Rin.

« ... S’il te plaît, arrête. » Une main de fille dans chacune de mes mains. J’avais Kyou-san à ma droite, afin d’obtenir mon point de PMA. Et j’avais Rine qui me tenait la main gauche pour... une raison qui m’était inconnue. Même si je portais encore un gant sur cette main, sa chaleur était transmise à travers lui.

Rine avait alors incliné sa tête « ? », mais elle avait lentement retiré sa main. Puis son visage s’était assombri : « Je suis désolée. Je... Je suis désolée. » Son humeur s’était aggravée en un clin d’œil.

« Aïe ! » Kyou-san m’avait pincé !

« Il est juste nerveux. » Elle avait souri innocemment. « Parce qu’il n’a pas d’amis. »

« Hm ? » Même si l’expression sombre sur le visage de Rine demeurait, elle demanda : « N’es-tu pas son ami, Kyou ? »

« Eh bien... oui, quelque chose comme ça. On ne s’entendait pas bien à la maison, mais venir ici tout d’un coup et ainsi de suite rend les choses compliquées. »

« Ah..., » le visage de Rine s’était assombri encore plus. « Bien sûr que tu ne veux pas être ami avec quelqu’un qui fait partie du monde, qui t’a forcé... qui t’a pratiquement kidnappé ! » Quoi... pourquoi... une aura inquiétante d’émotions sombres entourait-elle Rine ?

Même Kyou-san ne savait plus quoi dire. Elle me regardait et avait transmis ses pensées avec ses yeux. « Allez, Ken, prends sa main ! »

« Ne me mets pas ça sur moi. C’est de ta faute. »

« Parce que tu es une mauviette, tu ne peux même pas supporter de lui tenir la main. »

« Je ne peux pas m’occuper d’elle ! Ne m’oblige pas à le faire ! »

« Oh, donc tu n’es pas seulement en train de m’entraîner dans cette malédiction, mais tu ne peux même pas endurer quelques inconvénients pour nous en faire sortir ? Pense donc à la récompense ! Sans elle, comment pouvons-nous enlever cette malédiction, hein ? Maintenant, lève-toi et prends sa main ou je te ferais vivre un enfer ! »

Je n’avais pas peur de Kyou-san, mais j’allais quand même prendre la main de Rine, parce que les arguments de Kyou-san étaient bons. Ce n’était pas la menace non verbale. Vraiment !

« Hein ? » Rine regarda sa main, qui était tenue par moi.

« JE... JE..., » balbutiai-je.

« Comme je l’ai dit, il est juste timide, Rine-chan. Tu vois, tout va bien. Il te tient la main, » déclara Kyou-san. Tu m’as forcé à le faire !

Des monstres ! Je tiens la main de deux monstres ! L’un est un tyran qui écrase l’âme, qui saisit toute occasion de me torturer mentalement et émotionnellement. L’autre est une machine à tuer enfantine, qui vit dans un monde fantastique, au sens propre comme au figuré, et qui utilise des débordements émotionnels, si quelque chose ne va pas dans son sens.

Et je suis entre les deux ! S’il vous plaît, que quelqu’un m’AIDEEEEEE !

 

― ○●○ ―

 

Le camp avait été achevé et il était désormais temps pour aller dormir. « Es-tu sûre de vouloir prendre le premier tour de garde, Kyou ? Je peux le faire. » Rine demanda ça précautionneusement.

« Ce n’est pas grave. Va dormir, c’est tout. Je n’ai pas fait beaucoup d’exercice aujourd’hui, alors vous devriez dormir tous les deux. » Kyou-san avait pris volontairement le premier tour de garde. Le feu avait déjà amplement brûlé et il restait principalement des braises. Parfois, une brindille ou deux était ajoutée pour l’alimenter afin de garder la grotte au chaud. Le fait de faire un tour de garde la nuit était bien plus qu’une simple surveillance de la venue des ennemis, c’était également le fait de s’occuper du feu pendant tout ce temps.

Et ainsi, Rine et moi, nous nous étions allongés et avions dormi.

Comme si...

J’avais une compétence qui me permettait de percevoir mon environnement même en dormant. Je n’avais donc dormi que jusqu’à ce que la respiration de Rine devienne régulière.

Au bout d’une demi-heure, je m’étais réveillé. « Rine ? » Je lui avais demandé ça pour être sûr. Pas de réaction, elle dort. « Alors Kyou-san. Qu’est-ce qu’on fait ? » J’avais bien sûr chuchoté.

« J’ai glissé quelque chose dans son dîner, alors maintenant elle devrait être dans un sommeil profond. » Kyou-san parlait en ce moment à haute voix. Elle était vraiment confiante. Et elle l’avait vraiment fait. Elle l’avait donc empoisonnée. Et même moi, je ne m’en étais pas rendu compte. « RINE-CHAN ! C’est une attaque ! »

...

...

Il n’y avait pas eu de réaction.

« Maintenant, on peut l’attacher et..., » commençai-je.

*frappe*

Soudain, Rine avait déplacé son épée alors que ses yeux étaient entrouverts. Elle regardait vers le sol, juste devant elle. J’avais suivi son regard et j’avais vu une créature ressemblant à un insecte, qui avait été coupée en deux. Même à cette distance, ma Perception me permettait de percevoir que c’était quelque chose comme un gros moustique. Peut-être que cela buvait également du sang ?

Et celle qui l’avait tué ? « Oh... * baillement * c’est juste un insecte, » avec un sourire euphorique, le corps de Rine était retombé au sol, tout en lâchant sa lame. Et elle... elle dormait à nouveau.

« Ken, que s’est-il passé ? » me demanda Kyou-san.

« Un insecte du genre moustique a essayé de sucer le sang de Rine et elle l’a tué pendant son sommeil... et juste pour être sûr : RINE !? ES-TU RÉVEILLÉE !? » criai-je.

...

...

...

Pas de réaction.

Mais en entendant mes précédentes paroles, les yeux de Kyou-san s’étaient écarquillés. « Mais... comment est-ce possible ? D’après ce que je sais, elle devrait être endormie pendant au moins quelques heures. »

« Faisons une expérience, » j’avais pris une brindille rouge dans les braises du feu de camp et j’avais jeté dans la direction de Rine. Dès que la brindille s’était trouvée à portée de bras, Rine avait instantanément pris son épée et avait frappé vers elle. Elle avait fendu la branche et même si des étincelles étaient apparues, elle avait frappé à nouveau avec son épée pour les éteindre d’un mouvement fluide. « ... les brindilles qui tombent sont agaçantes... » Elle avait relâché son épée et elle s’était à nouveau endormie.

« RINE !? » J’avais crié pour être sûr. Mais il n’y avait toujours pas de réaction. « Nous savons trois choses maintenant. D’abord, elle semble être capable d’agir comme moi avec mon aptitude active pendant le sommeil. Mais au lieu de se réveiller, elle se contentait de s’attaquer à tout ce qui est dangereux se trouvant à portée de main. Deuxièmement, elle est à peine consciente de son environnement et se rend compte de ce qui se passe après qu’elle ait frappé. Et troisièmement : je ne me rapproche pas d’elle, quand elle dort ! » Elle me tuerait si j’essayais de l’attacher ! Bon sang, Kyou-san peut tenter le coup si elle veut, mais je ne le ferai pas !

« Hm... nous devons changer le plan. Au lieu du sommeil, je viserai l’inconscience la prochaine fois, » déclara Kyou-san.

Cela pourrait fonctionner, puisque les activités cérébrales étaient au strict minimum dans le coma. Mais il y avait une chose qui me dérange. « Phew, pourquoi déplaces-tu tout vers le haut ? N’était-on pas d’accord pour dire qu’il serait difficile de la transporter dans les montagnes ? »

« Parce qu’il sera plus difficile de la capturer, plus on attendra. » Kyou-san semblait être amère à ce sujet. Mais elle avait raison, plus nous attendions, plus Rine aurait des opportunités de réaliser ce que nous recherchions. Et bien sûr, il y avait nos camarades de classe, qui pourraient nous retrouver.

« J’ai besoin de dormir avant de penser au prochain plan. Tu t’occupes du feu, Ken, » et après avoir déclaré ça, elle s’était allongée.

« Oui, oui, » même si c’était injuste, je n’avais plus assez d’énergie pour discuter. Si je me plaignais de chaque petite chose que Kyou-san faisait pour m’ennuyer, je n’aurais plus d’énergie pour faire les choses importantes. Et ce n’était pas comme si je ne pouvais pas utiliser cette opportunité pour autre chose d’important.

Après un certain temps, Kyou-san dormait profondément. Je dormirai bientôt à côté d’elle, et le fait d’entretenir le feu était une tâche que je pouvais faire avec ma compétence de sommeil, puisque j’entendrai quand il ne crépite pas assez. Ainsi, nous pouvions toujours gagner le pt de PMA pour avoir dormi à côté l’un de l’autre. Mais avant cela...

En étudiant les visages endormis de Kyou-san et Rine, j’avais pris une décision. Il était temps de quitter cette grotte, d’aller dans un recoin sombre où je pouvais inspecter l’entrée et soulager tout le stress refoulé en une seule séance !

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

4 commentaires

  1. Merci pour le chap ^^

  2. Merci pour le chapitre !

Laisser un commentaire