Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : Le Roi, la Princesse et la Quête

Partie 2

Katarine Von Stolzherz, princesse de Feuerland. Elle avait 15 ans et elle semblait être très compétente. Elle était douée avec une épée, capable d’utiliser la magie divine, et elle était aimée de tout le monde. Le problème avec elle était qu’elle était têtue et naïve.

Après l’arrivée des héros dans ce monde, elle était devenue convaincue qu’en tant que membre de la royauté, elle devait jouer un rôle plus actif dans le royaume et surtout dans la guerre. Pour lui faire plaisir, elle avait été envoyée à l’est afin d’y organiser les lignes d’approvisionnement vers le front, alors même que les envoyés du roi faisaient le plus gros du travail.

Il semblerait qu’elle en avait eu assez. On l’avait vu récemment en première ligne. C’était au même endroit où les héros — mes camarades de classe — se trouvaient. Sans gardes ni serviteurs, elle avait quitté son poste et s’était battue contre des groupes de bandits et de soldats-démons. Après les avoir tous vaincus en solo, elle était restée introuvable, car elle n’était pas retournée à sa tâche réelle.

Le problème était qu’elle était la princesse héritière et qu’elle ne devrait pas s’engager dans un danger inutile. Mais comme la princesse Katarine était tellement puissante et têtue, les gardes ou les soldats normaux ne pourraient certainement pas la ramener en toute sécurité.

Donc, tout espoir résidait dans les héros et les non-héros avec des compétences incroyables, qui seraient elles seules capables de la capturer. Il s’agissait de la raison de cette récompense si élevée et du fait que la prime était doublée si elle était capturée et rapportée à la capitale en étant indemne.

500 000 pièces d’or n’étaient pas n’importe quoi. Vous pourriez vous acheter n’importe quoi avec ça. Et si le roi vous était redevable, vous pourriez également compter sur plusieurs avantages à l’avenir. Il n’y avait aucune raison de ne pas essayer.

Et pour nous, c’était d’autant plus vrai. Nous avions besoin de 300 000 pièces d’or pour une autre tentative de briser la malédiction. De plus, il nous resterait encore 200 000 pièces, donc 100 000 pour chacun de nous. C’était encore bien assez pour que je puisse changer tout mon équipement ou peut-être tout simplement obtenir plus de consommables pour une montée rapide en puissance.

J’essaye de surpasser le jeu/le monde, pour pouvoir revenir chez moi. L’un des aspects les plus importants était la puissance pour pouvoir survivre et repartir. Je ne faisais pas du tout confiance au dieu qui prétendait nous renvoyer si nous tuions le Seigneur-Démon et si nous mettions fin à la guerre, mais quoi qu’il arrive, j’avais d’abord besoin de puissance afin de pouvoir réaliser les décisions que je prendrai à l’avenir.

Et bien sûr, le fait d’être puissant aidait vraiment à la survie.

Kyou-san ne connaît pas mes pensées, mais elle voulait quand même lever la malédiction, car elle détestait vraiment le fait que nous étions d’une manière ou d’une autre mariés. Et comme la collecte de 300 000 pièces d’or prendrait probablement un ou deux mois de chasses sérieuses, une quête qui pourrait prendre une semaine ou deux était largement préférable.

Et même si nous ne capturions pas la princesse, nous serions à la frontière et nous pourrions ainsi obtenir du matériel et des trésors de monstres, qui avaient bien plus de valeur dans la capitale que dans les régions extérieures. Comme il était difficile de les collecter dans une zone de guerre, nous recevrions certainement une prime.

Le seul inconvénient là-dedans était que nous rencontrerions probablement nos camarades de classe.

Je pense que pour Kyou-san, c’est une bénédiction mitigée, puisqu’elle a été laissée pour compte, mais certains d’entre eux sont ses amis. D’un autre côté, elle est avec moi.

Pour moi, c’était plus compliqué. Normalement, cela ne me dérangerait pas, puisque je ne me souciais pas particulièrement d’eux, mais à la fin, j’avais quand même été un peu intimidé. Ce n’était pas dans un sens physique, mais seulement socialement. Mais je ne voulais pas vraiment voir ces regards lugubres et revivre ce comportement une nouvelle fois.

Oui, les filles me regarderaient certainement comme si je leur donnais envie de vomir et les gars se moqueraient probablement de moi. J’étais persuadé que mon niveau était beaucoup plus élevé que le leur. J’étais au niveau 39 et Inoue Masahiko, le mâle alpha, était au niveau 18 il y a environ quatre semaines.

Est-ce peut-être l’heure de le lui faire rembourser toute ça ? Me demandai-je.

Eh bien, pour l’instant, nous étions au cours d’un voyage avec le chariot que le chancelier avait fait préparé pour nous après que nous ayons convenu de chercher nous-mêmes la princesse.

 

Vous gagnez 1 PMA.

Une belle promenade en calèche du soir est à sa manière romantique, mais cela donne aussi l’occasion de vous tenir la main, de vous blottir et de montrer votre affection de différentes manières, tout en observant le paysage vallonné.

 

Sauf que ce n’est pas romantique et qu’il n’y a pas d’affection entre nous.

Avant ça, Kyou-san avait vendu notre butin et nous avait acheté deux paires de gants, pour pouvoir mieux cacher nos bagues. Dommage, car nous n’avions pas eu le temps de trouver quelqu’un qui serait capable de s’occuper de ma peau d’ours pourpre afin de la transformer en une armure ou une autre pièce d’équipement.

Eh oui, Kyou-san avait tout vendu et c’était aussi elle qui avait effectué les achats. Avec son attribut haut en Persuasion, elle était capable de marchander les prix bien mieux que moi. Après avoir vu ça, je voulais vraiment obtenir une plus grande Persuasion, mais c’était actuellement ma pire statistique. J’avais moins de la moitié de celle de Kyou-san, même si j’avais environ le double de son niveau.

Je pense que c’est ainsi, car sa classe de Prêtre augmente sa Persuasion, alors qu’aucune de mes classes ne fait la même chose, pensai-je.

En général, vos attributs dépendaient du niveau, mais la variation après chaque niveau dépendait de votre classe. Je pense que c’est quelque chose comme : Niveau x Facteur Classe. Mais les valeurs ne s’additionnent pas vraiment, donc il pourrait y avoir plusieurs autres facteurs à prendre en compte. Mais en ce qui concerne ma Force, une classe comme Lancier augmentait bien plus à chaque niveau que la Force acquise avec ma classe préférée, celle d’Éclaireur.

En fin de compte, il y a encore beaucoup de choses que je ne comprends pas.

Mais il y avait encore quelques possibilités en dehors du système des héros, pour nous renforcer. Nous accumulions tous ces PMA pour une certaine raison.

« Quel genre de bonus devrions-nous acheter après ça ? Personnellement, je pense que nous devrions mettre de côté des PMA, jusqu’à ce que nous obtenions un bonus aux PX. Pour l’instant, nous n’obtenons chacun que 50 %, mais même si tu fais encore des profits, mes progrès ont pratiquement diminué de moitié. »

« Ken, combien de temps penses-tu qu’on va rester maudits ? Le montant du PMA est trop élevé pour obtenir quelque chose comme ça, à moins que tu ne penses que nous allons rester coincés pendant des mois, » me demanda-t-elle.

« Euh... c’est vrai, » répondis-je.

Eh bien, nous avions besoin d’environ 500 PMA pour cela et nous ne gagnions que 5 PMA par jour de manière régulière. Mais avec notre gain de PMA journalier, nous devrions l’obtenir dans environ deux mois et demi, compte tenu de ce que nous avions déjà en PMA et en gains occasionnels.

Le seul bonus que nous avions jusqu’à présent était le partage de l’inventaire. Mais il était vraiment défectueux.

Comme notre inventaire avait simplement été fusionné, nous avions dû le réorganiser et il avait fallu un certain temps pour parvenir à un consensus sur la manière dont cela allait dorénavant fonctionner. Puisqu’il était important de savoir exactement où se trouvait chaque pot, nous devions agir ainsi. Cela aurait vraiment posé problème si on récupérait une potion de PE quand on voulait à la place guérir un effet d’empoisonnement.

C’est peut-être comme emménager ensemble.

Il y avait encore plus de bonus à obtenir d’après la liste. J’avais fini par réfléchir à la façon de dépenser ces PMA tout le temps. Disons-le franchement, cela devait être ma mentalité de joueur qui parlait. Le fait de chercher des moyens d’exploiter un jeu et d’acquérir plus de puissance avait toujours été fascinant pour moi.

Et un autre aspect qui m’intéressait. Comment vaincre des boss ?

« Crois-tu qu’on devrait tendre une embuscade à la princesse pendant qu’elle dort avant de l’attacher ? » demandai-je.

« Ken, ce n’est pas une façon de traiter une fille, » me répondit-elle.

« Mais puisqu’elle est capable de combattre des bandits toute seule, il pourrait être autrement trop difficile de la capturer indemne. Qu’est-ce qu’on est supposé faire ? Lui parler ? N’est-elle pas trop têtue pour ça ? » lui demandai-je.

« Même si elle est têtue, cela reste quand même une fille. Je vais lui parler puis me lier d’amitié avec elle. Après ça, je vais cuisiner pour elle. En glissant un somnifère dans son repas, nous pourrions facilement la ramener à Esse, surtout si nous la maintenons endormie avec ces mêmes drogues, » me répondit-elle.

C’est bien pire que ce que je suggère. Puisque la princesse a été décrite comme naïve, je pense que cela pourrait fonctionner, mais cette stratégie est bien plus horrible que mon plan, pensai-je. Est-ce comme ça que les filles se traitent entre elles !? Ou est-ce la seule façon de Kyou-san pour gérer les nuisances ?

Je sais qu’elle a une mauvaise personnalité, mais franchement, là, c’est carrément maléfique.

« Ken, je n’utilise que mes capacités de guérisseur, donc ce serait plus un narcotique. C’est peut-être la première fois que la classe est en fait utile, » déclara-t-elle.

« Je pense que ça pourrait être une classe très utile, une fois que tu sauras mieux l’utiliser, » déclarai-je.

Kyou-san n’aimait pas sa classe de Guérisseur. Elle l’avait choisie à l’époque, parce qu’elle pensait que cela incluait la magie de guérison, mais il s’agissait essentiellement de faire des traitements physiques et des cataplasmes. Cependant, les classes d’artisanat pouvaient être très puissantes, tant que vous saviez ce que vous deviez faire.

« Nomme-moi une chose qui ne peut pas être remplacée par la magie, » me demanda-t-elle.

Euh, dur. Avoir des objets consommables est pratique, mais compte tenu de la personnalité de Kyou-san, elle refusera d’accepter le raisonnement du joueur. Y a-t-il autre chose ?

J’avais jeté un coup d’œil sur Kyou-san qui plissait ses sourcils. Pourquoi me regardes-tu ainsi !? Franchement ! Mais en regardant ses sourcils, mon regard se dirigea vers ses cheveux noirs et j’avais eu une idée.

« Ne pourrais-tu pas essayer de fabriquer du shampooing ? » demandai-je.

« ... ! »

En vérité, elle était intéressée par cela. Il était difficile de pouvoir se laver les cheveux, même dans l’auberge. Je n’avais utilisé qu’une sorte de savon, mais finalement, mes cheveux n’étaient toujours pas aussi lisses et propres qu’ils devraient l’être selon les normes japonaises. Même si je ne me souciais pas beaucoup de l’hygiène à la maison, après des mois, je ressentais quand même le désir d’avoir accès aux cosmétiques modernes. Et Kyou-san, en tant que fille, était probablement beaucoup plus mal en point que moi.

« Ce n’est pas aussi facile que tu le penses ! Je ne sais pas par où commencer, » elle semblait résister à mon idée.

« Mais ta compétence de fabrication devrait bien t’aider à le faire. Les bases pour les shampooings sont faciles. Tu dois avoir un agent tensio-actif. L’alkylsulfate est un tensioactif facile à trouver. Alors..., » commençai-je.

« Attends ! Comment tu sais tout ça !? » s’écria-t-elle.

« Ce n’est que de la chimie de base. » Nous n’avions peut-être pas exactement cela en classe, mais je l’avais appris lors de mes leçons. De bonnes notes étaient pour moi vitales pour avoir plus de temps de jeu, sans avoir le harcèlement de mes parents. Kyou-san, ne devrais-tu pas, toi qui ne joues probablement pas aux jeux, étudier davantage ?

« ... J’avais complètement oublié que tes notes ne sont pas mauvaises, » déclara-t-elle.

« ... hey ! En vérité, je suis au 19e rang de l’école ! Souviens-toi de ça ! Je suis le deuxième meilleur de la classe ! » déclarai-je.

« Continue donc, mais abrège, » déclara-t-elle.

« Euh... Tu devrais avoir ta compétence Connaissance des Herbes qui te permet de savoir les propriétés de chaque herbe, n’est-ce pas ? » lui demandai-je.

« Tout à fait, » me répondit-elle.

« Si tu arrives à trouver de l’alkylsulfate, tu auras alors la base d’un shampooing. Après, je suppose que tu devrais te fier plus à ta capacité d’herboristerie pour le faire, » déclarai-je.

« Excellent conseil venant de l’étudiant modèle, » déclara-t-elle d’une manière moqueuse.

« Je n’ai lu que ça ! Il s’agit purement d’une théorie avec peu d’exemples réels et nous sommes dans un monde fantastique ! » répliquai-je.

Cependant, je suppose qu’on va l’essayer à un moment donné. Au moins, je pense que c’est mieux que rien. Mais il y a encore un sujet dont j’aimerais discuter. « Pourquoi as-tu menti au roi et au chancelier ? Je parle du fait que nous avions combattu ensemble le patriarche ? »

« Ne l’a-t-on pas fait ? » Elle inclina sa tête en s’émerveillant de ma remarque.

« N’essaye même pas de faire genre, » déclarai-je.

« Tu as utilisé mon sac à dos, donc ça compte comme —, » après avoir vu mon visage, Kyou-san se corrigea d’elle-même. « C’était une façon rapide de raccourcir l’histoire, puisque je ne voulais pas entrer dans les détails. Il faut aller un peu dans la tromperie pour la rendre suffisamment intéressante et plausible, alors je voulais donner l’impression, que nous avions plus ou moins parcourue dans toute la ville ensemble. »

« Et tu voulais mieux paraître par la même occasion, » déclarai-je.

« Oui, mais je ne m’attends pas à ce que tu me comprennes. J’ai aussi mes propres problèmes, » en y repensant, elle se plaignait beaucoup du chancelier depuis que je la connaissais et cela avait été d’autant le cas depuis que nous étions retournés à Esse.

« Tu m’en dois une pour ça, » déclarai-je.

« D’accord, d’accord, » répondit-elle.

Elle n’est pas si sérieuse. « Pfff, » je vais laisser passer pour l’instant, car c’est trop chiant. Mais je m’en souviendrai.

Une autre question m’avait traversé l’esprit. Combien de temps ce voyage doit-il durer ? Ce n’est pas que l’idée de voyager avec Kyou-san n’est plus si mauvaise en soi, mais nous n’avons déjà plus du tout de sujets de discussion. Je n’ai jamais vraiment eu l’impression avant que je doive parler à qui que ce soit, tant que j’ai mes jeux. C’est ça, parlons de jeux !

« Kyou-san, as-tu déjà joué à des jeux à la maison ? » demandai-je.

« ... » Elle me regardait, comme si j’avais présenté quelque chose de dégoûtant sous son nez. C’était peut-être une mauvaise idée. « Quelques-uns. Mon frère cadet a un Wee2, alors parfois je joue avec lui. Il a douze ans et est un morveux, mais il est assez mignon. »

« Alors, tu as joué à des jeux de sport ? » Comme elle jouait avec son frère, cela semblait plutôt probable.

« Des jeux des courses, mais je ne me souviens pas trop des titres, » répondit-elle.

Comme je l’avais déjà dit, je jouais surtout des JDR. Je me souciais de l’histoire ou de la personnalisation des personnages, donc un bon classique sur une console était aussi bien selon moi qu’un MMORPG moderne. Mais ce genre de jeux ne semblait pas être le point fort de Kyou-san et le jeu lui-même ne semblait pas l’intéresser du tout, je ne pourrais pas utiliser ça comme sujet. Bien que cela ouvrait un autre sujet si j’y réfléchissais plus. Une idée m’avait frappé, je voulais amener Kyou-san dans mon monde, du moins, d’une certaine façon.

« Avant ça, tu m’avais demandé de t’enseigner le système du héros. Mais à ce moment-là, nous n’avions pas eu assez de temps pour t’expliquer quelques tactiques bien spécifiques. Puisque nous avons du temps devant nous sans rien à faire, nous devrions parler des bases ainsi que des méthodes que j’ai utilisées pour devenir si fort ! » Il est temps de parler des différentes théories dans les MMORPG.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

  2. Merci pour le chapitre. La relation entre ces deux la va peut-être finir par être amicale 🙂

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