Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 4

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Chapitre 1 : Du fantastique à la réalité

Partie 4

En tant qu’héroïne, Momokawa avait une allocation, et elle travaillait aussi à temps partiel à l’église. Elle avait économisé environ 23 000 pièces d’or de cette façon.

Avec une somme un peu supérieure à 280 000 pièces d’or, nous avions assez pour ce que l’on appelle le « don ».

Comme Momokawa utilisait ses économies de subsistance dans notre projet commun, elle était catégorique quant au fait d’être responsable. Je m’y étais soumis. Tant qu’elle pensait qu’elle était responsable, je pouvais faire le vrai travail.

Momokawa avait trois choses dont j’avais besoin pour le pèlerinage : L’argent, la magie curative et, après un entraînement, les moyens de me protéger.

Je ne pouvais plus récupérer PC, PE ou PM, mais je pouvais encore être guéri.

Les objets consommables comme les potions fonctionnaient aussi, mais je n’en avais pas assez pour mes tactiques habituelles et sans aucune compétence, toute action en solitaire était hors de portée.

Après avoir visité l’église et avoir « donné » l’argent, nous avions tous les deux été imprégnés du pouvoir divin.

Les prêtres connaissaient Momokawa en raison de son travail à temps partiel. En fait, ses Capacités étaient relativement bien cotées, mais malheureusement le niveau déterminait la force de base. Elle avait donc des choses pratiques, mais sans beaucoup de puissance derrière elle.

Le rituel avait été lancé et le voyage avait commencé.

Nous voyageons sur la route de l’ouest. J’avais décidé de lui parler de tactique.

« Les bases sont faciles. Je vais attirer les ennemis et les affaiblir et après tu les tueras, » déclarai-je. « Comme les PX vont à celui qui a tué l’ennemi, tu gagnes tout sans trop de soucis. Après tu me guéris et on recommence. »

« C’est... décevant, » déclara-t-elle.

« D’abord, tu as besoin de niveaux, » continuai-je. « Toutes tes classes sont faibles au combat. Même si tu as gagné beaucoup de PC, ton niveau n’est pas assez élevé pour que tu puisses agir seule. »

En fait, Momokawa avait quelques capacités et compétences, mais seulement des notions de base. On dirait que le nombre de compétences dépendait également du niveau, donc même si sa Magie Divine avait quelques rangs, elle n’avait toujours pas de sorts offensifs.

En premier lieu, les Prêtres ont-ils des sorts offensifs  ? Je ne sais pas, je m’en fiche.

Elle n’avait pas débloqué toutes les possibilités dans sa classe, mais il s’agissait dans tous les cas d’une classe faible. Bien sûr, elle ne l’utilisait pas pour la chasse, aussi douce qu’elle fût. Alors elle avait dû prendre la classe de Prêtre, car c’était pour pouvoir au moins se guérir elle-même.

En général, elle était plutôt intelligente, mais elle était négligente quand il s’agissait de construire les bases.

Bien sûr, Momokawa n’était pas satisfaite de ma proposition stratégique. Probablement parce que c’était tellement simple. « On aurait pu faire ça tout seul. »

« Mais tu ne l’as pas fait, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Inoue et ses amis n’avaient pas réalisé cette astuce si simple. Ou alors, ils ne s’en souciaient pas. Ou encore pires, ils ne voulaient pas l’utiliser, afin de pouvoir garder tous les PX pour eux-mêmes. Comme je ne pouvais pas gagner de PX pour le moment, je ne me souciais pas du tout de la distribution.

Momokawa voulait clairement réfuter ce que je venais de dire, mais à la fin, elle ne fait que regarder le ciel de dépit.

Alors, j’avais continué. « Nous l’essayerons sur le prochain monstre. »

Nous n’avions pas de chevaux ou calèche afin de voyager. Nous avions seulement nos pieds. Tant que nous ne traînions pas, nous n’avions besoin que d’une semaine pour faire tout ce voyage. Et nous affronterons tous les ennemis que nous allions rencontrer.

Les premiers étaient des sauterelles-loups. Des insectes poilus avec la gueule d’un chien, à peu près aussi grand qu’un loup. Il y avait des choses qui ressemblaient à des choses qu’on trouverait dans des jeux dans ce monde. Mais il y avait aussi un nombre écrasant de différences.

Comme, vous ne pouviez pas simplement attirer qu’un seul monstre à la fois. Vous deviez en général vous attaquer à l’ensemble du groupe. Dans le cas présent, c’était deux sauterelles-loups en même temps et je n’étais qu’un Étudiant.

Mais les sauterelles-loup étaient faibles et stupides. Je les avais chassés pour leur peau il y a deux mois avec Meldorn et les chasseurs. Elles attaqueraient simplement celui qui faisait le plus de bruit et ignoreraient les autres. Alors je criais et je me préparais à recevoir leurs attaques.

Les sauterelles-loup ne sautaient que directement sur leur cible. Je devais donc avoir une lance prête et cela me permettait de les blesser beaucoup plus facilement. Mais je ne les tuerai pas, cela, c’était Momokawa.

Je tenais ma lance devant moi et je laissais les premières sauterelles-loup sauter vers moi. Et avait été repoussé dans le processus. La sauterelle-loup avait une grosse coupure sur la face, mais j’avais oublié quelque chose... J’étais toujours un Étudiant avec une Force dérisoire.

Donc, même si j’essayais, je ne pouvais pas les tuer.

J’avais perdu des PV, des égratignures ainsi qu’un certain nombre de PE, car le fait d’encaisser un coup était épuisant. Il fallait donc faire vite.

L’autre sauterelle-loup me sauta dessus et cette fois-ci, j’avais utilisé tout mon poids pour effectuer une charge. Oui, la pleine force était la voie à suivre !

Je visais juste sous les mâchoires et le fer de lance lui transperça la gorge.

« Momokawa, celle-ci est sur le point de mourir, » déclarai-je.

Pendant qu’elle tuerait le premier, je m’occupais de l’autre. En fin de compte, la tâche était facile, mais ne pas récupérer de PE était effrayant. Même si j’attendais un peu plus longtemps, je ne retrouverai pas mes forces.

Le combat était terminé et Momokawa s’essuyait le front avec sa manche. « C’était facile. »

Facile à dire, si vous ne donnez que le coup de grâce !

Momokawa avait jeté un sort pour réapprovisionner ma fatigue. En considérant le fait que je n’avais que des égratignures, elle s’était abstenue de guérir mes PV avant de se reposer.

Nous étions repassés à l’enseignement. « C’était facile, parce que je connais les sauterelles. Lorsque tu chasses des monstres, tu devrais d’abord apprendre leurs mouvements. Si tu as le modèle de leurs actions en tête, tu peux traiter plus facilement avec eux. Je suppose que jusqu’à quatre sauterelles-loups ne poseront pas de problème pour l’instant. Au moins, j’ai un tas de PV. Quels monstres connais-tu, Momokawa ? »

« Eh bien... des sauterelles-loups, des stirges et des serpents violets, » répondit-elle.

« Ce ne sont que quelques-unes des quelques espèces qui existent ici... Tu devras aussi connaître les rockeurs, les araignées de verre et les limaces chargeantes, » déclarai-je.

Les rockeurs étaient des monstres ressemblant à des tortues avec une carapace rocheuse, les araignées de verre étaient difficiles à percevoir, qui chassaient la nuit, et les limaces chargeantes étaient des limaces géantes, qui vivaient dans les régions volcaniques.

Plus vous étiez près d’une ville, moins les monstres devenaient dangereux. À la capitale, il y avait les plus faciles, parce que les soldats se chargeaient des monstres, qui étaient trop dangereux. Ceux qui restaient ressemblent plus à des animaux et n’étaient pas aussi mortels.

Normalement, chaque chariot se dirigeant vers la capitale, chargeant les récoltes aux gens, était assez bien gardé pour faire face aux monstres errants restants.

Les sauterelles-loups étaient les monstres les plus dangereux d’ici et ils ne resteraient pas proches de vous si vous parvenez à rester silencieux pendant un certain temps. Donc ce n’était pas une menace réelle.

Mais il y avait une chose qui était vraiment mauvaise.

Voyager.

Ce n’était pas un jeu. À la maison, je me plaignais des écrans de chargement, mais les déplacements d’un endroit à l’autre prenaient beaucoup plus de temps. Normalement, ce n’était pas si mal, il suffisait d’éteindre son cerveau et de marcher.

Mais c’était plus difficile si vous voyagez avec une autre personne.

Au début, j’avais enseigné à Momokawa les dangers à venir ainsi que les manières d’y faire face. Ensuite, nous avions parlé de nos compétences et de la façon dont elles fonctionnaient, afin d’améliorer le travail d’équipe.

Après ça... rien.

Nous n’avions pas de sujets sur lesquels discuter, pas d’intérêt commun, mais tout ce silence malgré le fait d’être à côté de quelqu’un était irritant. Quand je voyageais avec les chasseurs, nous étions toujours silencieux pendant le voyage, mais c’était professionnel. Maintenant, c’était gênant.

C’était peut-être ainsi, car Momokawa et moi ne ferions jamais quelque chose en équipe, dans des circonstances normales.

Après deux heures de voyage, nous avions fait la première pause et j’étais déjà épuisé mentalement. Nous avions rencontré d’autres sauterelles-loups sur le chemin et j’étais reconnaissant pour chaque rencontre puisque ce silence gênant serait interrompu.

« Pff, comment va ton niveau ? » demandai-je.

« Toujours 5, » répondit-elle.

« Je vois, » dis-je.

Gênant.

« Et le tien ? » demanda-t-elle.

« Toujours 37. Pas de niveau en vue, » répondis-je.

Doublement gênant.

Mettez deux personnes ensemble et si elles n’étaient pas compatibles, cela se produirait. Mais en vérité, il y avait quelque chose que j’aimerais savoir.

« Après mon départ, que s’est-il passé exactement entre toi et nos camarades de classe ? » demandai-je.

« Maintenant, tu manifestes de l’intérêt... Je peux te le dire. » Elle avait soudainement agi comme si elle était importante et qu’elle m’accordait une grande faveur, mais cela m’importait peu. « Les premiers ont eu le mal du pays et ne voulaient rien faire. Mais nous leur avons parlé, nous avons essayé de les motiver, même si j’en avais aussi assez d’être dans ce monde. »

« Le mal du pays... » Je veux rentrer chez moi, mais d’une façon ou d’une autre, le mal du pays ne se manifeste pas d’une façon qui serait grave. C’est plus comme si la maison me manquait, au lieu d’être malade.

« Ensuite, ceux qui n’ont pas rejoint le groupe de combat sont partis pour un centre de recherche, afin qu’ils puissent utiliser leur connaissance du pays pour s’en sortir et gagner la guerre sans que nous ayons besoin de nous battre, » continua-t-elle.

« Oui, cette guerre dont on ne sait rien. » En fait, je n’avais pas rencontré de démon jusqu’à présent et autour de la capitale, on ne ressentait rien qui indiquait qu’il y avait une guerre en cours. Les frontières, par contre, devaient être un enfer.

« Combien de choix avons-nous ? Masahiko-kun a fait de son mieux pour garder tout le monde motivé et il a ensuite mentionné les mots de la voix, qui nous a tous transportés ici, » déclara-t-elle.

Je me souviens de ces paroles. La récompense d’un vœu parfait.

« Et au lieu d’avoir le mal du pays, tout le monde est devenu étrange, » déclarai-je

« Étrange ? Comment ? » demanda-t-elle.

« Je n’en sais rien, » répondis-je.

Réfléchissons-y. Je n’ai pas eu le mal du pays, mais je suppose que je suis brisé d’une certaine façon. L’obsession de « maîtriser » ce qui n’est pas un jeu pourrait être la cause de tout ça. Bizarrement, c’est trop facile, maintenant que j’y pense.

« Peut-être que quelque chose d’autre s’est passé, quand les dieux nous ont accordé le pouvoir ? » demandai-je.

Cette pensée me hantait depuis le premier jour, même si je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus à l’époque. S’ils pouvaient nous accorder des pouvoirs, pourquoi ne changeraient-ils pas d’autres choses ? Pourquoi nous adaptions-nous si vite ? Est-ce que les habitants de ce monde parlaient japonais ou est-ce que quelqu’un avait placé quelque chose en nous qui nous avais donné la connaissance de cette langue dans notre tête ?

Pourquoi nous ? S’ils étaient capables de transporter un groupe d’élèves du lycée dans ce monde, ne pourraient-ils pas... ?

Il y avait peut-être une bonne explication. Ou peut-être que tout est une manipulation derrière tout ça.

« Le voilà qui recommence. » Momokawa soupira.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demandai-je.

« Tu ne sais pas ? » demanda-t-elle.

« Pourquoi me regardes-tu comme si j’étais un déchet ? » demandai-je.

Je déteste ce regard !

« Je ne fais pas ça... Oublie ça, » déclara-t-elle.

« Hé ! » Je sentais une sensation de brûlure d’estomac et la colère qui montait en flèche.

« Nous devons briser cette malédiction, n’est-ce pas ? Tu m’apprendras, je t’accompagnerai dans ce pèlerinage stupide, et après, nous n’aurons plus rien à faire l’un avec l’autre ! Alors, oublie ça, » déclara-t-elle.

Elle sembla regretter de faire équipe avec moi, mais elle avait raison. Nous n’avions pas besoin de nous aimer ou de partager nos pensées.

C’était mieux ainsi. On voulait juste profiter l’un de l’autre.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

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