Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 8 – Chapitre 6 – Partie 3

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Chapitre 6 : La réalité ici et maintenant

Partie 3

J’avais discuté de cette question avec tout le monde.

« La raison pour laquelle les hommes-lézards ne mangent pas de monstres ? » s’interrogea Julius. « Je n’y ai jamais pensé. »

« C’est certainement étrange, oui, » Kaede était d’accord. « Ces hommes-lézards ont décidé que nous sommes comestibles. Cependant, il est étrange qu’ils aient exclu les monstres avec lesquels ils ne coopèrent pas de la liste des sources potentielles de nourriture. »

Julius et Kaede semblaient y réfléchir profondément.

« Peut-être qu’ils ne peuvent pas les manger ? Comme s’ils étaient empoisonnés ou quelque chose comme ça, » Hal l’avait suggéré, mais j’avais secoué la tête.

« Non. J’ai entendu cela de Madame Jeanne, mais certains monstres sont apparemment comestibles. Si je me souviens bien, elle a mangé un serpent ailé... ou quelque chose comme ça ? » déclarai-je.

« Avec un si joli visage, elle fait des choses terriblement sauvages..., » déclara Julius exaspéré. Il connaissait aussi Jeanne.

Oui, j’étais d’accord.

« Mais... dans ce cas, c’est encore moins logique, » déclara Julius. « Pourquoi, alors que les hommes-lézards meurent de faim, n’attaquent-ils pas et ne mangent-ils pas les monstres qui sont plus faibles qu’eux ? »

Pendant que tout le monde se creusait la cervelle à ce sujet, une personne avait levé la main avec hésitation.

« Euh, un mot si je peux ? »

C’était Aisha.

Aisha était la plus grande guerrière de notre pays, mais elle n’était pas particulièrement douée pour utiliser sa tête. Bien qu’elle participait à ce conseil de guerre, c’était surtout en tant que garde du corps, alors elle se taisait et s’abstenait de faire des commentaires pendant nos délibérations. On aurait dit qu’elle voulait dire quelque chose.

« Qu’y a-t-il, Aisha ? » lui avais-je demandé.

Aisha avait hésité en disant, « Euh... J’ai pensé cela en vous écoutant parler, mais est-ce que la raison pour laquelle les hommes-lézards ne mangent pas de monstres pourrait être... euh... qu’ils n’ont juste pas très bon goût ? C’est que beaucoup de viandes sentent trop fort pour les manger crues. »

Est-ce qu’elle avait capté ce sujet parce qu’il s’agissait de nourriture ? Cependant, c’était plus à propos des monstres que de la nourriture...

« Non, mais Madame Jeanne les a mangés... Attends, hein ? » J’en étais arrivé là, puis j’avais compris quelque chose qu’Aisha avait dit.

« C’est que beaucoup de viandes sentent trop fort pour les manger crues. »

... De la viande crue ? C’est tout ce que j’avais à dire. Même si Jeanne avait mangé de la viande de monstre, elle n’aurait pas pu la manger crue. Plus la viande était inconnue, plus elle voudra la cuire à fond.

L’humanité cuisinait, tandis que les hommes-lézards mangeaient probablement leur nourriture crue.

La clé, c’était... la présence d’un moyen de préparer les aliments à l’aide de la chaleur.

J’en étais arrivé à une conclusion.

« Les hommes-lézards ne savent pas manger les monstres, » déclarai-je pour que tout le monde puisse entendre.

Julius plissa son front. « Comment manger des monstres ? »

« Il y a des parasites et des bactéries dans la viande... mais si je le dis de cette façon, je suppose que vous ne saurez pas ce dont je parle. Ce sont comme de petits insectes à l’intérieur de votre corps, et si vous mangez de la viande avec eux dedans, vous tomberez malade, et vous pourriez même mourir. Mais une bonne cuisson de la viande les tuera, ce qui réduira les risques d’intoxication alimentaire. C’est une façon de préparer les aliments en les stérilisant à la chaleur, » déclarai-je.

« Je suis désolé, mais je n’ai aucune idée de ce dont vous parlez, » dit Julius, l’air empli de doutes.

Tout le monde hocha aussi la tête.

Bien que j’avais poussé une révolution médicale avec des médecins comme Hilde et Brad à l’avant-garde, les connaissances en médecine et en biologie n’étaient pas très répandues, alors il fallait s’y attendre. Même si ce n’était pas encore possible, si l’apprentissage académique devenait plus répandu, et que je pouvais planter la connaissance avec des programmes diffusés... Attendez, ce n’était pas le moment de penser à l’avenir ! J’avais besoin que les individus avec moi comprennent d’abord.

« Même si vous ne comprenez pas les mots que j’utilise, vous devriez tous le savoir par expérience, » déclarai-je. « Si la viande vieillit, vous la faites bien cuire, non ? Pourquoi est-ce que c’est comme ça ? »

« Ookyakya ! » intervint Kuu. « C’est parce que si tu manges de la viande crue, tu seras parfois malade. »

J’avais hoché la tête. « C’est vrai. Même sans expliquer en détail comment cela se produit, l’humanité sait par expérience que manger de la viande crue peut nous rendre malades, et si nous la cuisons bien, nous pouvons grandement réduire le risque que cela arrive. Même si nous n’en avons pas fait l’expérience nous-mêmes, l’expérience se transmet de parent à enfant, et c’est exactement comme si nous l’avions vécue nous-mêmes. »

« Cette expérience se transmet, et elle devient une connaissance, ou le bon sens... C’est tout ? » Julius hocha la tête, semblant satisfait.

Il était vraiment très rapide. Tout aussi intelligent qu’il fût, Julius était vraiment malin.

J’avais hoché la tête et j’avais continué à parler. « Je doute que les hommes-lézards aient cette connaissance. D’après ce que j’ai entendu, les hommes-lézards mangent de la viande crue, non ? S’ils mangeaient ces monstres bizarres crus, ce ne serait pas bizarre pour eux d’être malades, n’est-ce pas ? »

« Je ne voudrais certainement pas les manger crus, » déclara Aisha en faisant une tête dégoûtée.

On aurait dit que même Aisha, la déesse noire de la gloutonnerie, ressentait la même chose.

« Quand Madame Jeanne et son peuple ont mangé de la viande de monstre, je suis sûr qu’ils l’ont bien cuite, » déclarai-je. « En d’autres termes, peut-être qu’un lézard a mangé la viande d’un monstre et est tombé malade. Et c’est pourquoi les hommes-lézards ne mangent plus de viande de monstre ? »

« Je vois. Voilà donc la différence entre Madame Jeanne et un homme-lézard, » déclara Kaede en écoutant avec un regard pensif sur son visage. « Dans ce cas, si on apprend aux hommes-lézards à préparer la nourriture en utilisant la chaleur, les hommes-lézards affamés peuvent chasser les monstres, vous savez. »

« Je comprends ce que vous voulez dire, bien sûr, mais comment, précisément, voulez-vous leur enseigner ? » demanda Hal. « Ce n’est pas seulement que nous ne pouvons pas leur parler, nous ne pouvons pas communiquer du tout, n’est-ce pas ? »

Il reposait son visage sur la paume de ses mains.

C’était le problème, oui...

« Cela dépendra de l’intelligence dont ils disposent..., » avais-je murmuré.

D’après ce que Tomoe m’avait dit, ils ne pensaient qu’à dévorer les autres, et la communication était impossible. Mais encore une fois, quand Tomoe avait utilisé son pouvoir avec des animaux à faible intelligence comme les rhinosaurus...

Tomoe : « Cargaison, portez, d’accord ? »

Rhinosaurus : « Herbe savoureuse, femelle mignonne, OK. »

C’était le genre de communication simple qui s’en est suivi.

Si ces créatures refusaient même ce niveau de communication, il serait impossible de leur apprendre quoi que ce soit. Pour qu’on leur enseigne, ils avaient besoin d’avoir la capacité d’apprendre.

Je commençais à croire que ce plan pour que les hommes-lézards chassent les monstres pour nous avait échoué.

« Non, je ne pense pas qu’ils soient irréfléchis, » déclara enfin Julius. « C’est l’impression que j’ai eue en les combattant. C’est vrai qu’ils ignorent les portes et ne peuvent pas utiliser les tactiques de siège appropriées, mais ils ont assez d’intelligence pour choisir des endroits où nos défenses sont faibles, et s’ils sentent qu’ils sont désavantagés, ils battent en retraite. »

« C’est exact..., » déclara Jirukoma. « Ils évitent tout contact avec des ennemis puissants et donnent la priorité à l’attaque des faibles. »

« Il y a une certaine ruse dans leur façon d’agir, » avait convenu Lauren. « C’est l’impression que j’ai eue. »

Jirukoma et Lauren s’étaient battus aux côtés de Julius, alors ils savaient de quoi ils parlaient.

« Sont-ils intelligents à quel point ? » lui avais-je demandé. « Pensez-vous qu’ils pourraient réussir à voler des choses dans la nuit ? »

« Je ne les comparerais pas aux races de l’humanité, mais en même temps, elles sont plus à même d’évaluer le risque qu’une bête commune, » déclara Julius. « Le plus proche serait peut-être le shoujou, mais ils pourraient être plus intelligents. »

« Le shoujou... Des singes, hein, » déclarai-je.

Ils étaient plus intelligents que des singes. Dans ce cas, nous pourrions leur apprendre quelque chose de simple.

Mais vu que j’avais eu un rapport de Tomoe disant que le dialogue était impossible, nous ne pourrions pas leur enseigner directement.

Attendez ! Et si on leur enseignait indirectement ?

Même si nous ne leur enseignions pas correctement, si nous nous en remettions à un certain « singe voir, singe faire », peut-être que nous pourrions les amener à agir de la même manière, comme si nous leur avions enseigné.

En y repensant, j’avais entendu parler d’un précédent dans le monde d’où je venais. Si je me rappelais correctement...

« Des singes lavant des pommes de terre..., » déclarai-je.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Julius.

« C’est une histoire de singes de mon ancien monde. Quand un singe a commencé à laver des patates douces dans l’eau de mer, le reste des jeunes mâles de sa troupe a commencé à faire de même, » déclarai-je.

Le fait d’être témoin de ce phénomène a donné lieu à une discussion sur l’existence ou non d’une culture dans le règne animal.

Eh bien, on avait aussi parlé de comment, « Quand le centième singe de l’île a appris à laver les patates douces, les singes d’une montagne lointaine ont commencé à montrer le même comportement (indiquant la possibilité de la télépathie), », mais c’était du charabia occulte. La chose sur laquelle je voulais me concentrer ici n’était pas l’occultisme, mais la capacité d’apprentissage des singes. Si les hommes-lézards avaient aussi la capacité d’apprendre...

« Si nous avons un lézard, apprenons-lui le goût du monstre cuit, montrons-lui le processus de cuisson, puis remettons-le dans la meute, puis il commencera à cuisiner et à manger des monstres..., » avais-je lentement dit.

« Vous voulez dire que les hommes-lézards de la meute qui le pourraient peuvent commencer à imiter ce comportement ? » dit Julius lentement. « Je crois me souvenir que vous avez trouvé ce qu’il vous fallait pour ça, n’est-ce pas ? »

« Ouais. On en a pris un vivant et on l’a enfermé dans la tour, » déclarai-je.

Julius me regarda dans les yeux et me demanda. « Pensez-vous que c’est possible ? »

« Je ne sais pas, mais ça vaut sûrement le coup d’essayer. Dans le pire des cas, nous n’augmenterons le nombre d’hommes-lézards ennemis que d’un seul. Si on y travaille, ça ne devrait pas prendre plus d’une demi-journée, » déclarai-je.

« Hm... Même si cela échoue, nous affronterons les hommes-lézards et les monstres avec nos forces actuelles. S’ils forcent une attaque, cela fera plus de victimes, et je préférerais éviter cela, alors... afin d’éviter cela, j’aimerais beaucoup que vous fassiez de cette idée un succès, » déclara Julius.

« Je le sais, » déclarai-je. « Décidons comment on va faire. Nous devons d’abord procurer le monstre que nous donnerons à manger au lézard... »

De là, Julius, Kaede et moi avions monté un plan.

Au fur et à mesure que l’on se demandait ce qu’il fallait faire, le plan, qui avait commencé par une pensée hasardeuse, avait commencé à s’étoffer et à paraître plus réaliste.

Je ne pensais pas avoir ressenti cela depuis que j’avais élaboré des plans contre la Principauté d’Amidonia avec Hakuya. C’est drôle que le gars avec qui je travaillais était l’un des ennemis contre qui je complotais à l’époque.

 

C’est en partie ce qui le rend si fiable.

En regardant le visage sérieux de Julius, c’est ce que je pensais.

♥♥♥

« C’est un sentiment étrange, » déclara Roroa, regardant Souma et Julius travailler sur le plan.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda la princesse Tia en penchant la tête sur le côté. Elle était aussi assise là à regarder le conseil de guerre se dérouler.

Peut-être parce qu’elle était gênée d’être interrogée sur ce qu’elle s’était dit, Roroa se gratta maladroitement la joue et sourit avec ironie. « Je suppose que c’est la vue de mon chéri et de mon grand frère travaillant ensemble sur un plan. C’est tellement irréel que je suis un peu perdue. Ce sont des ennemis acharnés qui se sont déjà battus pour s’entretuer, mais maintenant ils travaillent ensemble vers un but commun, vous voyez ? »

Tia était silencieuse.

« C’est comme si je rêvais... Hé, ça fait mal ! » déclara Roroa.

Tia pinçait légèrement la joue de Roroa.

« Qu’est-ce que vous faites !? » s’exclama Roroa, se frottant la joue et protestant.

Tia lui sourit doucement. « Ce n’est pas un rêve, » déclara-t-elle en prenant la main de Roroa et en l’enveloppant de la sienne. « Cette scène est, sans aucun doute, la réalité, Dame Roroa. »

« La réalité..., » murmura Roroa.

En retournant cette pensée dans son esprit, elle avait finalement commencé à accepter que la scène devant elle fût réelle. L’homme qu’elle aimait et son frère de sang travaillaient dans le même but. Elle n’avait plus besoin de voir son frère comme un ennemi. Même devant son frère, elle pouvait aimer Souma.

« Vous avez raison. Il n’y a aucun doute là-dessus, ici et maintenant, c’est la réalité. » Maintenant capable de l’accepter, Roroa avait aussi souri. « Merci, Grande Soeur. »

 

 

« Oh, il est trop tôt pour m’appeler Grande Soeur, » déclara Tia, remuant d’embarras. « En plus, je suis plus jeune que vous de toute façon. »

« Aw, bon sang. Vous êtes la plus mignonne, grande soeur ! » déclara Roroa.

« Eek !? »

Tia était si mignonne que Roroa l’avait prise dans ses bras.

En les regardant tous les deux du coin des yeux, Souma et Julius baissèrent tous les deux la tête sur le côté en les interrogeant.

Qu’est-ce qu’elles faisaient toutes les deux là-bas ?

☆☆☆

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5 commentaires

  1. Un mot en trop dans la phrase suivante en dessous des petits cœurs ;

    « C’est un sentiment étrange, » déclara ''dite'' Roroa, regardant Souma et Julius travailler sur le plan.

  2. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

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