Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 8 – Chapitre 4 – Partie 3

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Chapitre 4 : Défendre les remparts du château de Lasta

Partie 3

Le lendemain, les hommes-lézards avaient commencé à attaquer les murs de Lasta à l’aube.

Leur nombre ne semblait toujours pas avoir chuté des 5 000 individus d’avant, alors il était clair qu’une autre meute de lézards s’était jointe à eux.

Après des jours de combats incessants, l’épuisement des défenseurs s’accumulait.

S’il s’agissait d’un siège ordinaire, les attaquants auraient évité de forcer l’attaque d’une manière qui n’aurait fait qu’augmenter les pertes, cherchant plutôt à trouver une ouverture dans la défense. Ils se seraient désistés dès qu’il était devenu clair que les défenseurs ne se briseraient pas, essayant plutôt de limiter les dégâts à leurs propres forces.

Les hommes-lézards, cependant, avaient essayé d’escalader les murs, peu importe le nombre de leurs compagnons tombés, en chargeant pour manger les gens à l’intérieur. La mort de leurs camarades et l’épuisement de leurs forces ne signifiaient rien pour eux.

De ce fait, les défenseurs n’avaient pratiquement pas eu le temps de se détendre et ils avaient été poussés à bout mentalement et physiquement.

Malgré cela, les soldats de Lastania sur les murs s’étaient battus avec acharnement pour empêcher une rupture de leurs défenses.

Lorsque Jirukoma donnait les ordres près de la porte ouest, l’un des soldats volontaires, qui provenant d’une unité composée de réfugiés, était venu lui poser une question.

« À quoi pensez-vous que ces choses pensent quand elles attaquent ? »

« Qu’est-ce que vous voulez dire... ? À quoi pensent-ils ? » demanda Jirukoma.

« C’est comme si, plutôt que d’essayer de prendre la ville, ils essayaient seulement de nous manger, » avait dit le soldat. « S’ils ont si faim, ils pourraient manger les monstres qui rôdent autour d’eux. Je veux dire, ils n’ont pas l’air d’être potes, pour autant que je le sache. »

Jirukoma s’était tu, hochant la tête. C’était certainement quelque chose qu’il avait aussi senti.

La première chose que les hommes-lézards avaient faite après avoir escaladé les murs avait été d’essayer de mordre les soldats. Il avait vu cette action comme un signe de faim intense.

En regardant la façon dont ils continuaient à se précipiter sur les murs à la recherche de nourriture, peu importe le nombre de leurs semblables qui tombaient, ils semblaient n’avoir presque aucune intelligence. Cependant, si c’était vrai, alors pourquoi n’avaient-ils pas essayé de satisfaire leur faim sur les monstres-chimères qui étaient à proximité ? Les monstres-chimères se nourrissaient de leurs cadavres après tout.

Y a-t-il une raison profonde à cela... ? se demanda Jirukoma, puis repoussa l’idée. Il ne sentait pas d’intelligence chez les hommes-lézards. Il n’y avait probablement pas de raison profonde, et la raison en était probablement incroyablement simple.

Par exemple...

« Peut-être que nous leur semblons savoureux ? C’est peut-être pour ça qu’ils se précipitent vers nous ? » suggéra-t-il.

« Comme s’ils pensaient qu’on est une friandise ? » demanda le soldat.

« Qui sait ? S’il vous plaît, demandez-le aux hommes-lézards, » déclara-t-il.

Pendant qu’ils parlaient de cela, un soldat avait poussé un cri près de la porte ouest.

« Sire Jirukoma ! Ils sont sur le point de passer du côté nord du mur ouest ! » cria l’autre soldat.

Dès qu’il entendit cette voix, Jirukoma prépara les kukris jumeaux qui étaient ses armes préférées.

L’homme qui avait posé des questions à Jirukoma s’était raidi, posant une main sur la poignée de l’épée qu’il portait sur le dos.

« Équipe de choc, allons-y, » déclara Jirukoma simplement aux soldats volontaires autour de lui, puis s’était mis à courir vers le côté nord.

Environ cinq soldats volontaires l’avaient suivi.

Lorsqu’ils arrivèrent au point où les hommes-lézards étaient sur le point de passer, Jirukoma trancha simultanément la tête de deux individus qui venaient de grimper le long du mur. Ceux qui l’avaient suivi abattirent chacun les hommes-lézards près d’eux, sécurisant ainsi le mur.

Quand Jirukoma vit qu’ils étaient morts, il donna un ordre à ceux qui l’avaient suivi. « On allège la charge ici. Suivez-moi ! »

À peine avait-il dit cela que Jirukoma s’était lancé à l’extérieur du mur où les hommes-lézards fourmillaient.

Utilisant la magie du vent pour atterrir en toute sécurité, il s’était retourné et avait coupé les hommes-lézards qui l’entouraient. Puis il s’était frayé un chemin au milieu de la masse, abattant une cible après l’autre.

Les membres de ce qu’on appelait l’équipe d’intervention avaient fait de même, coupant tous les hommes-lézards qu’ils pouvaient attaquer à porter.

Étant un combattant de nature, Jirukoma ne pouvait pas commander toutes les troupes aussi bien que Julius. Cependant, en tant que guerrier seul, il était meilleur que quiconque dans ce royaume. Pour cette raison, lorsqu’il y avait un point dans la défense de l’Ouest qui semblait pouvoir lâcher, lui et ses hommes sautaient dedans et utilisaient leur puissante capacité de combat pour repousser l’ennemi.

En plus des prouesses martiales de Jirukoma et de ses hommes, cela remontait le moral chaque fois que Jirukoma montrait sa puissance, de sorte que la défense du mur ouest était plus solide que toute autre.

« Ça suffit, » ordonna-t-il. « Nous y retournons. »

Chaque fois que le nombre d’hommes-lézards près du mur diminuait à un certain point, Jirukoma ordonnait immédiatement une retraite. Bien qu’ils puissent tous les six lancer des attaques furtives, ils finissent par être encerclés et pulvérisés.

Il était également vrai que, parce qu’ils devaient continuer à se déplacer pour éviter d’être encerclés, ils ne pouvaient pas rester longtemps en place. Quelles qu’en soient les raisons, il n’était pas sage de rester longtemps.

Jirukoma et ses hommes avaient trouvé des entailles dans le mur qui devaient avoir plus de dix mètres de haut, remontant rapidement pour revenir.

« Mais... il n’y a pas de fin à tout ça, n’est-ce pas ? » L’un des soldats volontaires s’était plaint quand Jirukoma avait essuyé sa propre sueur de son front.

Jirukoma avait claqué ce soldat volontaire dans le dos pour l’encourager. « Nous sommes venus dans ce pays pour retourner dans nos pays d’origine. Si vous laissez quelque chose comme ça vous faire gémir, rentrer chez vous ne sera jamais qu’un rêve. »

« Je sais, mais..., » déclara le soldat.

C’était là que c’était arrivé.

Il y avait le son d’un clairon venant du milieu de Lasta.

C’était le signe pour vérifier s’il y avait des signaux de fumée, et le soldat à l’affût avait crié, « Sire Jirukoma ! Il y a des messages de fumée de la porte est ! »

« De Madame Lauren, hein ? » appela-t-il. « Qu’est-ce qu’ils disent ? »

« C’est un signe pour les commandants de se rassembler ! » déclara le soldat.

Le signal de fumée appelait les commandants, c’est-à-dire Jirukoma et Julius, à se rassembler. Ça voulait dire que Lauren devait avoir quelque chose à leur dire.

« Compris. » Jirukoma acquiesça brusquement. « Je vais quitter cet endroit brièvement ! Tout le monde, restez en position ! Vous devez tenir jusqu’à mon retour ! Compris !? »

« « « Ouiiiiiiiiiii ! » » » crièrent les soldats.

Jirukoma hocha la tête, puis sauta sur un cheval préparé qui attendait à l’intérieur du mur.

 

***

 

Quand Jirukoma avait atteint le centre de la ville, Julius et Lauren étaient déjà là.

« Madame Lauren, s’est-il passé quelque chose ? » demanda Jirukoma en descendant de cheval.

Lauren avait enlevé son casque et l’avait mis sous son bras, puis s’était soudainement écriée, « Je suis désolée ! » et elle inclina la tête. « Je viens de recevoir le rapport, mais d’après ce que dit la personne qui gère l’armurerie du château, notre stock de flèches est sur le point de s’épuiser. »

« Plus de flèches..., » murmura Julius.

C’était un problème grave. Ce n’est que parce qu’ils avaient des armes à distance comme des arcs et des flèches que les conscrits avaient pu se battre. Sans suffisamment de flèches, leur capacité à défendre les murs serait gravement affectée.

Julius avait serré ses tempes. « Ça ne fait que six jours qu’on s’est installés pour le siège. N’avons-nous pas eu des réserves ? »

« C’est parce que le nombre de soldats réguliers que nous avions était faible au départ. Nous aurions dû en avoir assez pour deux semaines avec nos effectifs actuels, mais l’offensive ennemie a été intense. Sans compter que beaucoup d’hommes n’ont pas l’habitude d’utiliser un arc et des flèches, donc je pense que cela nous a fait consommer tout cela bien plus vite. Nous avons actuellement des forgerons en ville qui en font plus, mais à la vitesse à laquelle nous les utilisons, ils n’arrivent pas à suivre. »

« C’est donc sans espoir..., » déclara Julius.

« Je suis désolée. » Lauren inclina la tête en désespoir de cause.

Jirukoma avait mis une main sur son épaule. « Levez la tête, Madame Lauren. Ce n’est sûrement pas votre faute. Je crois que les habitants de ce pays ont intérêt à tenir bon tout en étant désavantagés. S’il le faut, nous ferons tomber des briques du rempart, disperserons de l’huile et les repousserons avec des lances. »

« Sire Jirukoma..., » déclara Lauren.

Les yeux de Lauren étaient humides et Jirukoma lui avait tapoté sur les épaules pour la calmer.

Une fois qu’il avait pu voir que Lauren avait retrouvé son calme, Jirukoma avait parlé à Julius. « Mais si on en arrive là, on va vraiment devoir compter sur des renforts. Je suppose qu’aucun d’entre eux n’est déjà dans les parages ? »

Cependant, Julius secoua la tête.

« Avec nous encerclés comme ça, il n’y a pas d’informations comme quoi ils arrivent. Il y a peu d’espoir de renforts de l’intérieur de l’Union des nations de l’Est, alors... Je suppose que ça dépend du Royaume des Chevaliers Dragons de Nothung, » déclara Julius.

« Et les renforts du Royaume de Friedonia ? Vous avez dit que vous avez envoyé une demande là-bas, n’est-ce pas ? » demanda Jirukoma.

« Même si Souma envoie des renforts, ce pays est loin d’ici. Si l’on considère le rythme de progression de leurs troupes, je ne les vois pas arriver aujourd’hui ou demain, » déclara Julius.

« Je vois..., » déclara Jirukoma.

Les deux hommes avaient froncé les sourcils, puis c’était arrivé.

L’un des soldats s’était précipité, se mettant à genoux comme s’il avait trébuché et s’était écroulé. En regardant de plus près, il avait des entailles sur le bras comme s’il avait été griffé.

« J’ai un rapport, capitaine ! » déclara l’homme.

« Où avez-vous eu ces blessures ? » cria Lauren.

Le soldat avait gardé la tête baissée et avait rapidement remis son rapport. « Les hommes-lézards se sont précipités sur le mur nord, et ils ont percé par endroits ! Plus de dix individus se sont dirigés vers le château et ils combattent maintenant les gardes ! »

Avant que le soldat puisse terminer son rapport, Julius avait commencé à se déplacer

« Julius ! » s’écria Jirukoma.

Il avait ignoré son camarade-soldat, était monté sur son cheval et avait foncé la tête baissée vers le château. Il n’avait pas pu rester calme quand il avait appris que le château était attaqué.

Princesse Tia...

Le couple royal et la princesse Tia étaient dans le château. La princesse, la fille qui avait libéré le cœur endurci de Julius.

En descendant la route pavée, Julius avait atteint le château pour voir des hommes-lézards ramper autour du château comme des geckos.

« Putain de merde ! Haaaaaaaaa ! » cria-t-il.

Décidant d’ignorer les hommes-lézards devant le château, il se précipita dans le bâtiment, toujours à cheval. Non loin de là, il trouva trois hommes-lézards se régalant des corps de ce qui devait être les gardes. Il les avait dépassés en courant, faisant une frappe en colère et coupant l’une des têtes en le faisant.

Avec beaucoup d’effort, il s’était calmé et s’était dit. S’ils ont réussi à entrer dans le château, la princesse Tia et sa famille auront fui de plus en plus profondément à l’intérieur. Il y a aussi des réfugiés à l’intérieur du château. Dans ce cas, ils se dirigeront vers... la grande salle !

Si l’on avait besoin d’un endroit au fond du bâtiment qui pourrait contenir beaucoup de monde, la grande salle était à peu près la seule qui serait convenable.

Arrivé à cette conclusion, Julius avait couru dans les couloirs avec leurs hauts plafonds. Il rencontra un homme-lézard sur son chemin, mais il le tua calmement avec son épée. Puis il aperçut trois hommes-lézards regroupés autour de la porte du grand hall. Ils griffaient à la porte, essayant d’entrer.

« Bougez-vous de là ! » Julius était descendu de cheval et posa les mains par terre.

L’instant d’après, des pointes de terre surgirent à travers le sol du couloir, empalant les trois hommes-lézards à la fois. C’était la même magie de type Terre que son père Gaius avait utilisée autrefois.

Les hommes-lézards poussèrent un cri étouffé, puis ne bougèrent plus.

Julius ne les regarda pas alors qu’il se précipita vers la porte de la grande salle. Il avait essayé d’ouvrir la porte, mais... il n’avait pas pu.

Julius pressa son corps contre la porte, frappant à la porte et appelant de l’autre côté. « Princesse Tia, allez-vous bien ? C’est moi ! C’est moi ! Julius ! »

« Seigneur Julius !? »

Il avait entendu la voix d’une jeune fille de l’intérieur. Dès qu’il s’était rendu compte que c’était celle de Tia, Julius avait été tellement soulagé que ses jambes avaient failli lâcher sous lui.

Il restait cependant encore beaucoup d’hommes-lézards, alors Julius tourna le dos à la porte et resta vigilant.

Très probablement, une barricade avait été mise en place à l’intérieur. Il avait entendu du mouvement à l’intérieur pendant un moment, puis la porte s’était ouvert, et Tia avait surgi avant de l’enlacer.

« Seigneur Julius ! » cria-t-elle.

« Princesse Tia... Dieu merci, vous êtes en sécurité. » Julius l’enlaça doucement.

De l’autre côté de la porte, il pouvait voir les parents de Tia et les réfugiés. Certains étaient soulagés de voir Julius, tandis que d’autres étaient effrayés sans volonté et incapables de comprendre la situation. Leurs réponses avaient été très variées.

Julius se sépara de Tia et il s’adressa aux autres par la porte.

« S’il vous plaît, attendez dans cette grande salle pour l’instant. Il y a des hommes-lézards qui errent dans le manoir. Nos alliés seront bientôt là, j’en suis sûr. »

Pendant que Julius calmait les gens dans la grande salle, Jirukoma le rattrapa. « Julius, c’était trop imprudent pour que vous veniez seul ici ! »

« Hmph, vous avez été tout simplement trop lent, » répliqua Julius.

Julius avait fait une remarque sarcastique, mais Jirukoma avait tiré sur le bras de Julius comme s’il n’avait pas le temps de s’en soucier.

« Venez, c’est tout. Il se passe quelque chose d’étrange dehors, » déclara Jirukoma.

« Étrange ? » demanda Julius, en état d’alerte.

Il déclara à Tia et aux autres de refermer la porte une fois de plus, puis il était passé au travers des hommes-lézards avec Jirukoma pour retourner dehors.

En levant les yeux vers le ciel, ils aperçurent une formation de plus d’une centaine de wyvernes passant au-dessus de Lasta. Elles devaient voler haut, parce qu’elles avaient l’air très petites.

Elles volaient probablement à une hauteur où les lanceurs de carreaux antiaériens à répétition ne les toucheraient pas.

Ce n’étaient clairement pas des monstres. C’était une force aérienne du côté de l’humanité.

Jirukoma avait plissé des yeux. « Est-ce que ce sont... Des soldats nothungiens ? »

« Non, Nothung n’utiliserait pas de wyvernes... En plus, elles viennent du sud, » déclara Julius.

Quand Julius avait dit ça, il avait vu quelque chose tomber d’une wyverne. Tandis qu’ils plissèrent leurs yeux vers le ciel, un nombre incalculable de choses s’ouvrirent soudainement comme des fleurs qui s’épanouissaient.

Des objets blancs et ronds étaient éparpillés dans le ciel. C’était presque comme un essaim de méduses.

Alors qu’ils voltigeaient vers les murs du château, il devint évident qu’il y avait des soldats armés accrochés sous ces choses blanches et rondes. Puis, à ce moment-là, se faufilant entre les objets blancs flottants, une grande ombre noire descendit au sol.

Nageant dans les airs comme un poisson dans l’eau, une créature telle un serpent de mer noir massif avait atterri devant Julius.

Elle avait de longues moustaches et des cornes sur la tête. Elle tenait quelque chose qui ressemblait à une gondole dans ses mains.

Voyant que c’était différent d’une wyverne ou d’un dragon, Julius et Jirukoma craignaient tous deux qu’il s’agisse d’un nouveau monstre les attaquant et ils préparèrent leurs armes. Quand ils l’avaient fait, le monstre avait rétréci sous leurs yeux.

Mais, avant qu’elle ne disparaisse complètement, une silhouette sauta de son dos.

Cette personne en uniforme militaire avec une cape noire s’était tournée vers eux et leur avait dit. « Cela fait un moment, Jirukoma. Vous aussi... Sire Julius. »

Julius était plus décontenancé. « Sire... Souma, hein. »

 

Ce fut la première réunion entre l’actuel roi de Friedonia, Souma Kazuya, et l’ancien prince héritier d’Amidonia, Julius Amidonia, après toute une année sans se voir.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

    Super entrée en scène de Souma 🙂

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