Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 8 – Chapitre 10 – Partie 2

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Chapitre 10 : La nuit de chacun avant la bataille finale

Partie 2

Pendant ce temps, Ludwin, le commandant en chef des renforts du Royaume de Friedonia, et Kaede, son officier d’état-major, effectuait leurs dernières vérifications à peu près au même moment. Dans l’opération de demain, Ludwin serait dans le camp principal, tandis que Kaede prendrait le commandement à proximité de la ligne de front.

« Mais je préfère commander en première ligne, » soupira Ludwin.

« Nous ne pouvons pas laisser le commandant en chef dire cela, » lui répondit Kaede. « S’il vous plaît, n’agissez pas cette fois-ci. »

« Hahahaha… D’accord, c’est bon, » déclara Ludwin.

Une fois leurs dernières vérifications terminées, les deux individus avaient quitté la salle du conseil de guerre.

« Alors, je compterai sur vous demain, » déclara Ludwin.

« Oui. Que la chance vous sourit au combat, Sire Ludwin, » répondit Kaede.

Se séparant de Ludwin, Kaede avait marché une courte distance et avait été vers Halbert et Ruby, debout dans un coin.

En les voyant, Kaede pencha la tête sur le côté et elle le fixa du regard. « Vous êtes restés debout pour m’attendre ? »

« Je n’arrivais pas à dormir, c’est tout, » déclara Halbert.

« Il dit ça, mais il voulait juste voir ton visage, » avait souri Ruby.

Quand Ruby avait craché le morceau, Halbert était devenu rouge vif. « Quoi !? Ruby ! Maintenant, écoute bien ça, toi ! »

« Hehe ! Je suis aussi heureuse de vous voir tous les deux, vous savez, » déclara Kaede en riant. « Vous vous battrez dans les airs pendant que je me bats à terre. Hal, ça va être plus dangereux pour toi, alors tu dois être prudent, tu sais. Et tu ne peux pas pousser Ruby trop fort. »

« Oui, je sais, » avait-il dit. « Ne foire pas et ne te blesse pas ou quoi que ce soit d’autre. Si tu as des ennuis, on viendra te sauver. Pas vrai, Ruby ? »

« Hehe ! » Ruby gloussa. « C’est exact. C’est vrai. Je vous protégerai toi et aussi Kaede. »

Les deux camps ayant agi comme s’ils étaient meilleurs que l’autre, ils s’étaient mis à rire tous les trois.

Pendant qu’ils riaient…

« Oh, mon Dieu, vous avez l’air de bien vous entendre. »

Les trois se retournèrent pour voir qui s’était adressé à eux, et Excel se tenait là avec un sourire.

L’apparition soudaine de la commandante en chef des Forces de défense nationale les avait tous rendus agités et ils saluèrent en tant que membres de l’armée.

« C’est la Duchesse Walter ! Je suis désolé que nous ne vous ayons pas remarqué plus tôt, » déclara Hal à la hâte.

« Ohh, il est déjà tard la nuit, alors ne faisons rien de tout ça. » Excel avait agité la main face au groupe.

À la place d’un Halbert sans voix, Kaede demanda. « Hum, qu’est-ce que vous faites ici, Duchesse Walter ? Je pensais que vous seriez déjà endormie. »

« Hmm… J’étais inquiète pour Sa Majesté et je suis allée dans sa chambre, mais Aisha m’a repoussée à la porte. Elles l’aiment tellement. » Excel avait mis un doigt sur ses lèvres, comme si elle était troublée.

Sérieusement, qu’est-ce que cette personne mijote ? Halbert et les autres pensaient cela en la regardant avec les yeux froids, mais Excel était légitimement inquiet pour Souma.

Elle pensait, pendant la réunion, j’ai l’impression que Sa Majesté se poussait un peu fort, mais, eh bien, il semblerait que Roroa et Naden sont dans la pièce avec lui… Je suppose qu’il ira bien.

Afin de passer à un nouvel état d’esprit, Excel avait tapé dans ses mains. « Au fait, vous étiez tous les trois sur le porte-avions de Castor, n’est-ce pas ? De votre point de vue, est-ce que mon idiot de gendre fait bien son travail de capitaine ? »

« Hein ? Vous voulez dire le capitaine Castor ? » Halbert se tourna son regard vers Kaede et Ruby. « Uhh… ouais. Je pense que c’est un capitaine fiable. »

« Il fait du nettoyage sur le pont même maintenant qu’il est capitaine, de sorte que l’équipage le respecte, » avait dit Kaede.

« Il m’a dit : “Hé, en tant que dragon rouge et dragonewt, nous sommes un peu pareils”, » Ruby avait eu une conversation décontractée avec moi.

Entendant leurs opinions, Excel avait souri. « Je vois. Donc, il va bien. »

« Oh, ouais. Bien sûr qu’il va bien. »

« Cependant, j’ai entendu dire qu’il est allé dans un endroit qu’il n’aurait pas dû avec ces membres d’équipage qui le respectent tant. Hehe…, » déclara Excel.

Halbert et les autres avaient l’impression que la température venait de chuter de dix degrés.

Puis Excel s’était tourné vers Kaede et Ruby. « Vous êtes fiancées à Sire Halbert, non ? »

« Oui, » déclara Kaede.

« C’est vrai, » répondit Ruby.

Excel acquiesça d’un signe de tête à leur réponse, puis prit le ton d’un cours magistral. « Les hommes sont connus pour s’emporter facilement. C’est pourquoi, en tant que femmes, nous devons tenir leurs rênes. Les complimenter, les encourager et les soulever parfois, tout en les réprimandant et en les giflant dans le derrière pour les autres cas. On ne peut pas trop se pencher d’un côté. Le secret du bonheur familial est de garder le contrôle de votre partenaire sans le contrarier. Suis-je assez claire ? »

« « O-Oui ! » » Kaede et Ruby répondirent à l’unisson.

Halbert était seul à tenir sa tête. Quel genre de visage suis-je censé faire en écoutant ce genre de discours… ?

Avec un sourire satisfait face à ces trois-là, Excel avait sorti un éventail de sa poitrine et l’avait ouvert. Puis, se couvrant la bouche avec l’éventail, elle avait laissé échapper un rire joyeux. « Ma fille Accela, qui est la femme de Castor, n’est pas une femme qui attendra. C’est quelque chose que Castor apprendra bientôt par lui-même, j’en suis sûre. »

Tandis qu’Excel faisait sortir un rire qui semblait impliquer quelque chose, Halbert sentit un froid glacial couler le long de sa colonne vertébrale.

Si je me marie, est-ce que Kaede et Ruby vont agir comme ça… ?

Dès qu’Halbert eut cette idée en tête, il se jura qu’il ne les défierait jamais.

***

Pendant que chacun passait son temps à sa façon, j’étais dans ma chambre à examiner des documents.

Bien que les Poltergeists Vivants que j’avais laissés dans le château faisaient encore de la paperasse, j’avais apporté quelques travaux non urgents à faire pour mon corps principal quand mes mains étaient libres.

J’avais fait face à mon bureau en silence, signant les documents que j’avais consultés.

« Hey, hey, hey, Chéri, » Roroa était entrée d’un coup dans la pièce. « Es-tu obligé de faire ça maintenant ? »

« Franchement, » ajouta Naden. « Tu as fait tout ce chemin, et tu t’enterres encore dans le travail ? »

Quand je m’étais retourné, Roroa et Naden étaient assises sur le lit et me regardaient.

Elles portaient toutes les deux des pyjamas d’une seule pièce, et Naden portait sur ses bois les housses en forme de mitaines qu’elle portait pendant son sommeil.

Naden m’avait dit que ses bois de cervidés avaient percé des trous dans son oreiller pendant qu’elle dormait sous forme humaine, alors je les avais cousus pour elle. Ils n’avaient pas de nom propre, mais je les appelais des protections de corne.

… Attends, ces deux-là ont l’air de vouloir dormir ici.

Aisha, au fait, montait la garde devant la porte. On aurait dit qu’elle venait de chasser Excel qui essayait de nous taquiner. Bon travail !

J’avais regardé un document en leur disant : « Il y a toujours du travail à faire. Si je n’en fais pas autant que je peux, ça s’accumule. »

« Les consciences que tu as laissées au château en train de travailler, n’est-ce pas ? » demanda Roroa.

« Ne devrais-tu pas te reposer avant la bataille de demain ? » demanda Naden.

« Eh bien… Je le sais, mais…, » répondis-je.

Puis elles avaient commencé à se chuchoter l’une à l’autre.

« Je pense que c’est un tel cas, Nadie, » déclara Roroa.

« Ouais. Je parie que c’est ce que c’est, » répondit Naden.

De quoi s’agissait-il exactement au juste ?

Toutes les deux s’étaient levées, puis chacune avait fermement saisi l’un de mes bras.

« La Grande Sœur Cia nous disait : “Quand Souma travaille plus qu’il n’en a besoin la nuit…”, » commença Roroa.

« C’est parce que le stress le tient éveillé, alors fais attention, » continua Naden.

« Argh… »

Elles m’avaient bloqué. Liscia, Aisha et Juna savaient toutes comment j’étais quand on me poussait à bout psychologiquement. Mais Roroa et Naden n’étaient pas censées le savoir, alors le fait qu’elles l’aient fait avait signifié qu’il y avait un partage d’informations entre mes fiancées.

« Nadie, tu tiens ce bout, » dit Roroa.

« Bien reçu un, deux…, » déclara Naden.

Elles m’avaient arraché du bureau, puis m’avaient assis sur le lit. Puis, comme pour m’empêcher de m’échapper, elles m’avaient serré les bras.

« Alors, qu’est-ce qui t’inquiète tant ? » demanda Roroa. « N’as-tu pas un plan pour tout gagner ? »

J’avais cédé et avoué mes sentiments. « Le fait que des gens vont mourir sous mes ordres est toujours un lourd fardeau. Nous faisons face à des monstres impitoyables cette fois. Ils n’ont que l’instinct de survie, et dans cette situation, les dégâts ne se propageront que si nous ne les tuons pas, donc nous devrions exterminer les monstres. Je n’ai aucune hésitation à ce sujet. C’est pourquoi, par rapport à déclarer la guerre à la principauté, c’est plus facile pour moi sur le plan émotionnel. »

« Souma…, » Naden m’avait tapoté la tête avec inquiétude dans sa voix.

« Pourtant, quand je vois les cadavres des gens dévorés par les monstres, je ne peux m’empêcher de penser que si je ne les avais pas amenés ici, si je ne les avais pas envoyés au combat, ce sont des vies qui n’auraient pas été perdues. Je sais évidemment qu’il y a ceux que j’ai sauvés en me battant, et encore plus de vies auraient été perdues si j’avais choisi de ne pas le faire. Pourtant, je me déteste à jouer à un jeu de chiffres avec la vie des gens, » déclarai-je.

« Mais c’est ce que fait un roi, non ? » déclara Roroa avec un regard sérieux présent sur son visage. « L’homme au sommet fait tout ce qu’il peut pour ceux qui le soutiennent d’en bas. Il en garde le plus grand nombre possible en vie, en protège le plus grand nombre possible et maintient les pertes au plus bas niveau possible. Naturellement, parce qu’il fait “tout ce qu’il peut”, il y aura des choses qu’il ne pourra pas faire. C’est une évidence, mais c’est la croyance que le gars du haut fait tout ce qu’il peut pour que les gens d’en bas se sentent capables de se battre. Tu le sais, n’est-ce pas, chéri ? Si tu t’inquiètes encore, alors je suis sûre que c’est parce que… »

« Oui, » j’avais hoché la tête.

C’était quelque chose que j’avais accepté. Je l’avais toujours fait comme ça, après tout. Mais je n’avais pas pu m’empêcher de réfléchir. Parce que si je n’avais pas…

« J’ai peur de m’y habituer, » expliquai-je. « Si je m’imagine ne pas m’inquiéter comme ça et ne pas être capable de prendre la décision… alors un jour, d’une certaine façon, j’ai l’impression que je vais devenir quelque chose de terrible. Alors, je perdrai les choses les plus importantes pour moi. »

L’expérience que j’avais vécue en commençant à ne devenir rien d’autre qu’un système appelé un roi m’avait fait sonner l’alarme.

« Le roi », « le héros », « l’homme d’un autre monde », « celui qui a conclu un contrat avec le ryuu noir »… ce genre de titres uniques attirerait les individus vers moi. Et si je me laissais soulever par ces gens, une chose qui n’était pas moi commencerait à prendre une vie à part entière.

Je m’inquiétais constamment à ce sujet.

« Je ne veux pas arrêter de me tourmenter à cause de mes décisions, » avais-je dit. « Mais plus j’angoisse, plus c’est fatigant. Je me concentre donc sur le travail pour éviter de penser. Est-ce une contradiction ? »

« Je pense que c’est bon. Sois juste toi-même, » Naden m’avait serré le bras dans ses bras. « J’aime ce côté malicieux de toi, Souma. »

« C’est vrai. Si tu commençais à agir comme un roi, Grande Soeur Cia s’inquiéterait, tu ne crois pas ? » Roroa m’avait serré dans ses bras, comme si elle ne voulait pas perdre.

Naden avait ri. « Mais si tu dois t’enfuir de ton travail, j’aimerais que tu t’enfuies chez nous à la place. Nous sommes à l’écoute de tes incertitudes, de tes plaintes, de tout. »

« Ouais, ouais, » Roroa était d’accord. « Oh, on peut boire aussi, tu sais ? On restera avec toi jusqu’au matin. »

J’avais senti mon cœur s’alléger un peu. « Si on boit toute la nuit, Liscia nous grondera probablement plus tard. »

« On peut tous se faire engueuler ensemble, » déclara Roroa.

« Si tu veux, on peut aussi laisser Grande Soeur Cia participer à l’action, » déclara Naden.

« Hahahaha, ce serait génial…, » j’avais bâillé malgré moi. Dès que mes pensées s’étaient éclaircies, j’avais soudain été frappé par la somnolence. La fatigue des déplacements et des combats m’avait rattrapé. « Ce n’est pas bon… Je suis fatigué… »

Pendant que je m’allongeais sur le lit, Naden et Roroa, qui s’accrochaient à mes bras, étaient descendues avec moi.

« « Uwah! » »

Oh… La somnolence soudaine m’avait privé de la capacité de penser.

Roroa était comme une enfant, apparemment. Quand je m’étais approché d’elle, elle avait une température corporelle élevée.

Naden avait une température relativement basse, elle était même un peu froide. Les deux femmes m’avaient réconforté, et j’avais été poussé de plus en plus vers le sommeil.

Dans mon état brumeux, j’avais entendu leurs voix.

« Hey, Nadie. On va finir par coucher avec lui comme ça ? » déclara Roroa.

« Je pense que j’aime ça. C’est un avantage inattendu, » déclara Naden.

« Je me souviens que Grande Soeur Cia et Grande Soeur Ai ont déjà dormie avec Chéri. On dirait qu’il a aussi été poussé mentalement dans un coin à cette époque, » déclara Roroa.

« Il l’était ? Alors ceci peut être efficace sur Souma ! » déclara Naden.

« C’est ce que je pense. Mais je ne sais rien de cette position. Je veux dire, on est tous allongés sur le lit, » déclara Roroa.

« Nos jambes dépassent, oui. Ce n’est pas si relaxant, » déclara Naden.

« Quand Chéri sera endormi, changeons de position. Aide-moi, tu veux bien ? » demanda Roroa.

« Bien reçu, bien reçu. Mais d’abord…, » déclara Naden

Et c’est là que ma conscience s’était dissipée totalement.

♥♥♥

« Bonne nuit, chéri. »

« Bonne nuit, Souma. »

Et toutes les deux embrassèrent Souma sur la joue à l’unisson.

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