Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 7 – Chapitre 3

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Chapitre 3 : Un grand homme en devenir

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Chapitre 3 : Un grand homme en devenir

Partie 1

Il n’y avait pas beaucoup d’intérêt à poursuivre cette discussion à l’extérieur, alors nous avons été nous déplacer à l’intérieur de l’atelier.

En plus de ceux qui avaient été dans l’atelier auparavant, cette fois-ci, Aisha était aussi entrée à l’intérieur de la bâtisse en tant que garde du corps.

Après l’avoir vu balancer ce bâton de combat, nous savions que ce gamin de Kuu avait beaucoup d’expérience. C’est pourquoi, pour me préparer à l’éventualité improbable que les choses tournent mal, je voulais Aisha à nos côtés.

En buvant le café que Taru avait fourni, j’avais expliqué à Kuu ma demande à cet atelier.

« ... Et, eh bien, c’est l’essentiel, » avais-je enfin terminé.

J’avais parlé des réformes médicales en cours dans le Royaume de Friedonia, ainsi que le fait qu’à l’avenir, il y aurait une pénurie d’équipement médical, et nous allions avoir besoin d’avoir les artisans de ce pays pour produire en masse cet équipement pour que nous puissions l’importer. Nous devrions également obtenir la permission du gouvernement pour que l’équipement médical ne soit pas confondu avec des armes lorsqu’il serait exporté.

Comme Kuu était le fils de leur chef d’État et qu’il n’était pas clair si les deux pays pouvaient former des liens cordiaux, j’hésitais à trop dévoiler mon jeu. Mais j’en avais déjà discuté avec Taru, alors j’avais décidé qu’on ne pouvait pas le piéger.

Soit dit en passant, lorsque j’avais essayé de prendre un ton formel dans les discussions...

« Oublions toutes ces formalités étouffantes ! » déclara-t-il joyeusement. « Oui, je suis le fils de notre chef d’État, mais nous ne savons pas si le Conseil des chefs me laissera hériter de ce poste. Avoir des gens qui sont polis avec moi m’irrite les fesses. »

J’avais donc choisi de lui parler de façon décontractée. Il était très ouvert, vu sa position, mais qui étais-je pour parler ?

Entendant ce que j’avais à dire, Kuu avait réfléchi un moment, puis il poussa un soupir. « Ouf... Des réformes médicales, hein... C’est génial. C’est ce que fait notre voisin ? On n’a pas beaucoup de nouvelles de l’extérieur par ici. Notre accès aux nouvelles est si mauvais que nous devons nous renseigner sur ce qui se passe à la fin et au début de l’année auprès des commerçants qui viennent l’été. Ainsi, nous avons seulement entendu dire que le Royaume Elfrieden avait absorbé la Principauté d’Amidonia pour devenir le Royaume de Friedonia après que la neige ait fondu. »

Oh, il avait raison, ça pourrait être un peu lent.

L’annexion de l’Amidonia avait eu lieu de la fin de l’automne jusqu’au début de l’hiver dernier. S’il disait que l’information n’était pas parvenue ici avant le printemps de cette année, alors oui, c’était plutôt mauvais. Cela montrait à quel point la neige était intense dans cette région. C’était peut-être comme si l’édition du soir et l’édition du matin du journal arrivaient en même temps.

« D’après ce que j’ai entendu, le roi qui était sur le trône est assez jeune, non ? » ajouta Kuu.

« Il aura 20 ans cette année, » avais-je dit.

Oh ! Mais d’après le calendrier de ce monde, j’avais déjà vingt ans, non ? Eh bien... peu importe.

Quand il avait appris que le roi (provisoire) avait vingt ans, Kuu se mit à rire. « Vingt, hein ! J’aurai seize ans cette année, donc il n’est pas beaucoup plus vieux que moi ! »

« L’écart de quatre ans entre les humains et les hommes-bêtes n’est-il pas assez grand ? » demandai-je.

Quand j’entrais en première année de lycée, ce type était encore à l’école primaire, n’est-ce pas ?

« Non. » Kuu secoua la tête en riant. « C’est une erreur d’arrondi, rien de plus. Si ce n’est que quatre ans, c’est encore bien en deçà de ma zone de frappe. »

« Qu’est-ce que tu racontes !? » m’écriai-je.

« Les femmes, bien sûr, » avait-il dit. « Je suis d’accord avec n’importe quoi de douze à trente ans. »

« Je m’en fous ! Tu ne poseras pas la main sur Tomoe, compris ? » déclarai-je.

« C’est un sacré — Ahh ! Taru, ne me frappe pas avec ce truc. »

Taru avait frappé Kuu à la tête avec le plateau qu’elle avait utilisé pour apporter le café. Il avait fait un son de bang assez fort. Cette fille n’avait pas hésité à frapper le fils de leur chef d’État.

Taru s’accrocha au plateau et renifla. « Stupide Maître, ta vulgarité fait honte à notre pays. Tu devrais t’efforcer d’arranger ça. »

« Oui, elle a raison, » déclara la fille aux oreilles de lapin, Leporina. « Ton père ne t’en veut-il pas toujours pour ça ? Pour commencer, tu agis comme si tu étais en amour avec les femmes, mais tu n’es pas d’accord d’aller plus loin avec aucune d’elle, pas vrai ? Faire semblant d’avoir des sentiments pour d’autres femmes juste pour faire que celle qui t’intéresse fasse attention à toi est — aïe, aïe, aïe, aïe ! Ne me tire pas les oreilles ! »

« C’est parce que tu n’arrêtes pas de parler ! » cria Kuu.

Ahhhh, je pense que cet échange m’a un peu indiqué qui est Kuu en tant que personne, pensai-je.

Alors c’était ainsi... S’il devait avoir seize ans cette année, cela signifiait qu’il en avait quinze maintenant. D’après mon ancien monde, il en serait à sa troisième et dernière année de collège. Quand je m’étais remémoré comment j’étais à cet âge, j’avais l’impression de comprendre comment il agissait.

J’étais souvent en train de patauger avec ardeur et conscience de moi-même, et quand je reprenais mes esprits, je confondais souvent les moyens avec la fin, et les moyens que je choisissais souvent ne correspondaient même pas au but que je poursuivais, pensai-je.

« Qu’est-ce qui se passe, chéri ? Pourquoi as-tu ce visage renfrogné ? » demanda Roroa pendant que je me livrais à de la sentimentalité.

« Non, c’est juste que je regardais comment Kuu se comportait, et je me voyais un peu en lui..., » répondis-je.

« Hm ? Vraiment ? » demanda Roroa.

« Heehee. Grand-mère m’a dit que les hommes sont comme ça, » déclara Juna avec un sourire plein de charme, et je n’avais pu offrir aucune réfutation.

Puis, pour masquer sa maladresse, Kuu s’était raclé la gorge à haute voix et était revenu sur le sujet.

« Alors, comment est le jeune roi ? J’ai entendu dire qu’il a annexé Amidonia peu de temps après son arrivée au pouvoir, alors est-il un si grand guerrier ? » demanda Kuu.

« Non, ce n’est pas du tout ça, » répondis-je. « Il n’a pas absorbé Amidonia parce qu’il le voulait, le flux des événements en a fait une nécessité... c’est ce que j’ai entendu dire. »

Hmm... C’était difficile de m’expliquer en prétendant ne pas être moi.

« Eh bien ! Mais même si le roi lui-même n’est pas un militaire, il a rassemblé un groupe de subordonnés talentueux, » avais-je ajouté. « Leur soutien lui permet, pourrait-on dire, de faire vivre le pays d’une manière ou d’une autre. »

« Des subordonnés compétents, hein... C’est quelque chose qu’on peut envier. La seule personne que je peux commander maintenant, c’est Leporina. Je veux me dépêcher d’aller chercher des vassaux pour moi. »

« J-Je ne suis pas ta subordonnée, je suis ton assistante, tu sais !? Ne me donne pas d’ordres ! » Leporina avait protesté, mais Kuu ne l’écoutait même pas.

« Alors ? » demanda Kuu, en me regardant droit dans les yeux et en essayant de m’évaluer. « Tu es l’un de ces subordonnés compétents qui soutiennent le roi, n’est-ce pas ? »

« Je ne suis qu’un marchand, tu sais... ? » déclarai-je.

« Oookyakya, mentir n’est pas bon. Ces réformes médicales sont parrainées par le roi, non ? L’équipement pour eux n’est pas quelque chose qu’un seul commerçant, et encore moins le jeune fils de quelqu’un qui n’a même pas hérité de l’entreprise peut gérer les négociations pour. Tu joues au marchand, mais tu agis vraiment selon la volonté de ce roi. Ai-je tort ? » demanda-t-il.

« ... »

Il avait mis le doigt sur le mille, donc je n’avais pas pu trouver une bonne réponse. On aurait dit du moins qu’il ne pensait pas que j’étais le roi lui-même, mais agir selon la volonté du roi équivalait à agir selon ma propre volonté, donc il n’avait pas tort.

Taru l’avait appelé le « stupide maître », mais il pourrait être étonnamment perspicace. Si je le sous-estime, j’allais y perdre des plumes.

« Et si je le suis ? » lui avais-je demandé. « Veux-tu alors annuler l’accord ? »

« Je ne dirais pas ça, » dit-il. « Pour notre pays, la production en série de cet équipement médical ou autre serait une nouvelle industrie. C’est juste... qu’il y a un point qui me dérange. »

« Qu’est-ce que ce serait ? » demandai-je.

Il s’était penché, les coudes sur la table et les joues appuyées sur les mains pendant qu’il répondait. « Je pense que les réformes médicales du roi voisin ont l’air géniales. Ces... médecins, c’est ça ? Ils ne comptent pas sur la magie blanche, et traitent même des maladies qui sont difficiles à guérir par la magie. »

J’avais hoché la tête.

« En gros, je veux ces médecins ici aussi. Exporter l’équipement, c’est bien, mais s’il est produit en grande quantité, je ne peux pas accepter de ne pas pouvoir l’utiliser nous-mêmes. Il y a un grand nombre de malades et de blessés dans chaque pays. S’il y a des outils qui peuvent les traiter, ce serait un gaspillage de ne pas avoir des gens à portée de main qui peuvent les utiliser, non ? C’est pourquoi, si tu veux du matériel médical de notre part, tu nous donneras des médecins en échange, » déclara Kuu.

Kuu avait parlé d’un ton fort. Je sentais dans ses yeux une intensité dont il avait toutes les raisons d’être fier en tant que fils de leur chef d’État. Même s’il n’avait que seize ans cette année, il pouvait choisir les combats nécessaires pour porter son pays et son peuple.

C’était... un homme qui pourrait faire de grandes choses à l’avenir. À moitié impressionné, à moitié prudent, j’avais accepté le regard de Kuu, et il avait soudain souri et relâché la tension de ses épaules.

« Et c’est ce que mon père aurait dit, » déclara Kuu.

« Ton père... hein, » dis-je.

Même si c’était clairement ce qu’il avait dit, Kuu avait évoqué son père maintenant pour brouiller cette distinction. C’était un malin, c’est vrai.

« J’y ai bien réfléchi, » déclarai-je enfin. « Si vous voulez bien nous exporter le matériel, je vous fournirai des médecins... c’est ce que notre roi a dit. »

« Eh bien, c’est gentil. Mais les hivers dans ce pays sont rudes, vous savez ? Est-ce qu’un étranger peut les encaisser ? » demanda Kuu.

« Dans ce cas, nous pouvons faire des médecins à partir du peuple de ce pays, » déclarai-je.

« Notre peuple ? » demanda Kuu, et je hochai la tête.

« Pour être plus précis, ce que le royaume fournira, c’est l’étude de la médecine. En ce qui concerne la formation des médecins, nous sommes sûrs d’être bien en avance sur les autres pays. Donc, si quelqu’un dans ce pays veut devenir médecin, il peut venir au royaume pour étudier. Si ces personnes rentrent chez elles après avoir acquis des connaissances en médecine, vous aurez des médecins qui pourront rester ici. »

Kuu s’était tapé le genou comme s’il comprenait maintenant. « Je vois... On dirait que ça marcherait ainsi. C’est comme ça qu’on échangera médecins et matériel médical, hein ? »

« Fondamentalement, c’est à peu près ça, » déclarai-je. « Qu’est-ce que tu en penses ? »

Kuu s’était cogné la poitrine d’une main. « Ça a l’air bien ! Je vais parler à mon père. Je veux dire, j’insiste pour que tu le rencontres et que tu en discutes maintenant, » avait-il ajouté avec un sourire heureux.

Je n’avais pas un mauvais pressentiment. Si nous pouvions compter sur le soutien de Kuu, le fils de leur chef d’État, cela nous serait d’une grande aide.

Oh, attends.

« À ce sujet, il y a une personne qui devrait négocier avec ton chef d’État, » déclarai-je.

« Veux-tu le laisser à quelqu’un ? Ne le fais-tu pas toi-même ? » demanda Kuu.

« Ouais. Je pense que les négociations ne devraient pas être menées par moi, Kazuma, mais par Sa Majesté, le roi Souma, » déclarai-je.

« Oookyah !? Une rencontre entre chefs d’État, hein ! » déclara Kuu.

« Ouais. Ce serait plus rapide, non ? » demandai-je.

« Oui, mais... peux-tu faire venir le roi Souma ici ? » demanda Kuu.

« Je pense que tout ira bien, tu vois ? Ce roi aime faire le travail sur le terrain. » Roroa me regarda en souriant alors qu’elle répondit ça.

Eh bien, après tout, j’étais ici...

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Partie 2

« Oookyakyakyakyakyakya ! » Kuu avait ri de bon cœur. « D’accord ! Je vais parler à mon vieux. Ce sera à lui de décider. Mais de ton côté, parle à ton roi Souma ! »

« Compris, » déclarai-je.

« Maintenant, les choses deviennent intéressantes ! Ce sera une grosse affaire ! » Kuu semblait profondément diverti. « Hé, Leporina ! Va voir le vieux et dis-lui ce qui se passe ! »

« M-Maintenant !? » avait-elle protesté. « C’est déjà le soir, alors laisse-moi partir demain ! »

« Espèce d’idiote ! » hurla-t-il. « Il faut prendre des décisions immédiates et agir rapidement lorsqu’il s’agit d’opportunités d’affaires ! »

« D-Donne-moi un peu de latitude, s’il te plaît, » déclara Leporina.

Kuu était excité, et Leporina était sous son influence. Observant ce maître et ce serviteur endiablé, Taru, qui avait jusqu’alors écouté sans rien dire, laissa échapper quelques mots.

« Je le savais... Le stupide maître est vraiment un imbécile. »

Son ton était froid, mais les coins de ses lèvres semblaient être légèrement tournés vers le haut.

Cette rencontre imprévue avec Kuu avait conduit à la décision d’organiser une rencontre soudaine avec le chef de la république.

Pour me préparer, j’avais envoyé un messager kui à Hakuya, dans le royaume, et Kuu en envoya un à son père, pour fixer une date et un lieu pour la réunion. Puis, lorsque ces dispositions avaient été prises, il avait été décidé que nous resterions dans le pays jusqu’au jour de la réunion.

En tenant compte de la vitesse de communication du messager kui, la réunion serait dans une semaine (huit jours dans ce monde) au plus tôt.

Cependant, j’avais expliqué à Kuu que je resterais comme agent de liaison.

Parce qu’il y avait des problèmes de sécurité lorsque le roi devait rester dans un autre pays, j’avais choisi de garder mon identité secrète pour un certain temps encore. Comme j’étais techniquement entré dans le pays sous certains prétextes, j’avais décidé de demander à Hakuya d’en informer subtilement leur chef d’État avant la réunion.

Cela étant dit, j’avais pensé utiliser le temps qui me restait avant la réunion pour continuer à approfondir ma compréhension du pays, comme prévu initialement. Mais Kuu avait dit qu’il voulait m’accompagner.

« Si tu veux en savoir plus sur notre pays, tu auras besoin d’un guide, non ? Étant né et élevé en Turgish, je dirai que je suis à la hauteur, n’est-ce pas ? » demanda Kuu.

« Oh, euh... J’apprécie l’offre, mais je ne peux pas faire du fils du chef d’État du pays mon guide..., » déclarai-je.

J’avais essayé de le convaincre, mais Kuu avait ri.

« Hé, ne t’en fais pas. Je suis peut-être son fils, mais je n’ai aucun pouvoir. En plus, Kazuma, maintenant que je sais que tu es un VIP étranger, je ne peux pas te perdre de vue. » Kuu m’avait jeté un regard aiguisé et légèrement provocateur dans ma direction. « C’est bien, mais je ne veux pas que tu ailles dans un endroit trop inhabituel. Par exemple, si tu essaies d’aller dans des installations militaires, je pense que nous pourrions avoir un petit problème. »

C’était logique... Il serait aussi notre gardien, semble-t-il. L’air s’était un peu tendu, mais j’avais haussé les épaules et j’avais laissé le regard que Kuu me traversa sans le moindrement m’affecter.

« De toute façon, je n’avais pas prévu ça, » déclarai-je.

« Oookyah, c’est de la sécurité, » déclara-t-il. « Les individus comme toi ne voudraient pas être suspectés de quelque chose que tu ne fais pas, n’est-ce pas ? »

« D’accord..., » dis-je.

Pour l’instant, nous n’étions pas dans le pays pour recueillir des renseignements. Nous étions là uniquement pour mieux comprendre le pays, il n’était pas nécessaire de chercher leurs installations essentielles. Si Kuu devait nous accompagner, nous n’aurions pas à nous soucier de problèmes avec les gens du coin, donc c’était un arrangement pratique.

J’avais offert ma main droite à Kuu. « Si c’est comme ça, alors s’il te plaît, viens. »

« Bien sûr ! » Kuu avait pris ma main et l’avait serrée fermement. « Au fait, avez-vous réservé un logement pour la nuit ? »

« Oui. Nous avons réservé des logements à l’auberge de l’Oiseau Blanc dans la ville de Noblebeppu, » répondis-je.

« L’auberge de l’Oiseau Blanc ! C’est un bon endroit. Maintenant, si tu te demandes ce qu’il y a de si bon, c’est qu’il y a des sources chaudes. »

Sources chaudes.

Oui, des sources chaudes.

J’avais entendu dire qu’il y avait beaucoup de sources chaudes dans la république. La ville de Noblebeppu était l’une des rares régions de sources thermales du pays, ce qui était aussi l’une des raisons pour lesquelles nous l’avions choisie pour notre base d’opérations. Nous avions apparemment un nombre décent de sources thermales dans la région d’Amidonia de notre propre royaume, mais il y en avait peu dans les anciens territoires d’Elfrieden, et aucune d’entre elles n’était à proximité de la capitale Parnam.

Je voulais profiter de l’occasion pour utiliser Noblebeppu et ses célèbres sources chaudes comme base de nos opérations, et pour profiter des sources tout en approfondissant ma compréhension du pays. C’est la raison pour laquelle nous étions ici.

L’auberge de l’Oiseau Blanc, où nous allions rester un certain temps, était une auberge de voyageurs appartenant à un membre de la race des hommes-bêtes aigles blancs. De plus, moyennant un supplément, nous pouvions réserver les bains en plein air pour une heure par jour à l’usage exclusif de notre famille.

Quand les yeux aiguisés de Roroa avaient capté ce détail lors de l’enregistrement...

« Hé, hé, mon chéri. On n’en a pas souvent l’occasion, alors pourquoi ne pas réserver le bain et y aller en famille ? Par “nous”, je parle bien sûr de Grande Soeur Ai, Grande Soeur Juna, toi et moi » déclara-t-elle en souriant.

Étant un homme, il s’agissait d’une proposition tentante, mais je n’avais aucune idée de comment expliquer notre situation familiale à l’aubergiste, et je pensais que ce serait une mauvaise influence sur Tomoe, qui voyageait avec nous. Et, plus que tout... Je me sentais incroyablement gêné, alors j’avais donné à Roroa un coup du tranchant de la main ferme, mais non douloureuse à la tête.

Alors que je me souvenais de ça, Kuu s’était soudain mis une claque sur son genou.

« D’accord ! Je resterai aussi à l’Auberge de l’Oiseau Blanc ce soir ! » déclara Kuu.

Leporina poussa un cri étrange. « Whoa, que dis-tu, jeune maître !? N’as-tu pas une villa ici !? »

Mais Kuu avait fait un « Tutututu » et il agita un doigt vers elle. « Kazuma et ses parents veulent mieux comprendre notre pays, non ? Dans ce cas, il faut leur faire découvrir notre culture traditionnelle. »

« Culture traditionnelle ? » lui avais-je demandé.

« Oookyakya ! » Kuu gloussa de joie. « Dans ce pays, quand des amis viennent de loin pour vous rendre visite, il est d’usage d’abattre un animal et d’organiser une fête. Toi et moi sommes déjà comme des amis, après tout ! Demandons à l’auberge d’organiser un festin ! »

Avec cela dit, Kuu m’avait placé son bras autour de l’épaule.

J’aurais dû me sentir un peu trop proche de la part d’un gars plus jeune, mais, pour une raison ou une autre, ça ne m’avait pas tant dérangé. Il n’y avait pas de malice derrière tout ça, et je pouvais dire que c’était comme ça qu’il était, donc je ne pouvais même pas me résoudre à me sentir comme, « Eh bien, je suppose qu’il n’y a rien à y faire... » C’était peut-être une sorte de charisme.

« J’apprécie l’offre, mais ne serait-ce pas un problème pour l’auberge de recevoir une demande soudaine comme celle-là ? » lui avais-je demandé.

« Oh, ne t’inquiète pas, je connais le propriétaire. Si je paie de l’argent et que je fournis moi-même les ingrédients, ce ne sera pas un problème. Leporina, va chez l’aubergiste et rassemble le matériel nécessaire, » déclara Kuu.

« Argh... Je comprends, mais, jeune maître, tu es un tel esclavagiste, » se plaignit Leporina. « Tu m’envoies déjà chez ton père demain... »

Kuu s’en était bien moqué. « Pendant que tu fais les courses, tu peux aussi acheter ce vin de cerise cher que tu aimes. »

« Je m’en occupe tout de suite ! » Avec un salut, Leporina s’était levée et était partie en courant de l’atelier.

Kuu était étonnamment doué pour s’occuper de sa subordonnée.

Kuu se tourna vers la femme près de lui. « Taru, tu viens aussi à la fête. Après tout, plus on est de fous, plus on rit. »

« Franchement, imbécile de maître, tu es tellement difficile à gérer. » Taru accepta avec résignation. Cependant, ses oreilles d’ours blanc frémissaient un peu.

Serait-ce que les oreilles de l’ours des neiges fonctionnaient de la même façon que les queues de la race des loups mystiques ? Si c’est le cas, malgré l’attitude froide qu’elle avait affichée, il se pouvait qu’elle eût été enthousiaste par l’idée.

Dans tous les cas, le festin impromptu avait été organisé.

Le soleil se couchait, et un grand tapis dans le grand hall de l’Auberge de l’Oiseau Blanc était rempli d’assiettes contenant divers plats. La majorité contenait de la viande, de la viande, de la viande, de la viande... Un assortiment de plats de viande. L’aubergiste de la race des aigles blancs était en train de déposer une autre grande assiette avec un nouveau plat de viande.

La race des aigles blancs était, comme son nom l’indiquait, des hommes-bêtes avec des ailes sur le dos, mais leurs ailes étaient brunes du milieu vers l’extérieur, de sorte que cela ne donnait pas l’impression qu’elles appartenaient à des anges. Pour les hommes, leurs visages étaient de véritables visages d’aigle, ressemblant à des représentations mi-homme, mi-animal, de dieux provenant de peintures murales de l’Égypte antique.

En regardant l’aubergiste préparer la nourriture, j’avais parlé à Kuu, qui était à côté de moi. « Je vois beaucoup de plats de viande... »

« C’est comme ça que sont nos fêtes. En général, nous abattons notre bétail, puis nous mangeons la viande, » déclara Kuu.

« C’est de la nourriture de fête, non ? Quel est votre régime alimentaire normal ? » demandai-je.

« En plus de la viande, nous mangeons des fruits de mer, du poisson et des produits laitiers. Nous avons des pommes de terre, mais les fruits et les légumes ne peuvent être récoltés que dans certaines régions du Nord, donc ils sont rares et coûteux, » déclara Kuu.

« Hmm..., » murmurai-je.

S’il disait qu’il y avait une demande de légumes, on pourrait probablement développer une route commerciale et les exporter ici. Comment avaient-ils eu leur vitamine C et tout ça ? J’avais lu dans un manga qu’il y a longtemps, les marins souffraient du scorbut à cause d’une carence en vitamine C, et c’était très dur pour eux.

« Le manque de légumes ne vous rend-il pas tous malades ? » lui avais-je demandé.

« Hein ? Je n’ai jamais entendu parler de ça. On n’est pas souvent malades. Nous n’avons pas vraiment de raison d’avoir peur de la mort en raison de la maladie. On a plus peur de mourir de froid, » déclara Kuu.

« Hmm... »

Avaient-ils une façon particulière d’absorber ces nutriments ?

Pendant que je réfléchissais à tout cela, les préparatifs de la fête semblaient être terminés. Étaient présents pour l’occasion Aisha, Juna, Roroa, Tomoe, Hal, Kaede, et moi pour Friedonia, ainsi que Kuu, Taru, et Leporina pour Turgis, pour un total de dix personnes.

Quelque chose qui ressemblait à des gobelets de bois avait été distribué. Un pour chacun d’entre nous.

Quand j’avais regardé dedans, j’avais vu que la coupe contenait un liquide blanc. En la faisant bouger, j’avais vu qu’elle était juste un peu épaisse. Plutôt que du lait, on aurait dit du saké non raffiné.

« Un mystérieux liquide blanc... ? » avais-je murmuré.

« Ça ? C’est notre fameux lait fermenté, » répondit Kuu.

« Lait fermenté ? » demandai-je.

« C’est une boisson faite à partir de lait fermenté de yak de neige » (c’était apparemment un animal poilu ressemblant à une vache qui vivait dans ce pays) « Donc c’est du lait fermenté. Il a un goût fort, mais une fois qu’on s’y est habitué, c’est bon, tu vois ? » déclara Kuu.

« Fermentation..., » avais-je murmuré. « Si c’est du lait de yak, alors... des bactéries lactiques ? »

Maintenant que j’y pense, les bactéries lactiques n’avaient-elles pas la capacité de produire de la vitamine C ? Si je me souviens bien, cela faisait partie du processus de fermentation... Mais je ne m’en souvenais que vaguement. Se pourrait-il que les habitants de ce pays complètent leur apport autrement insuffisant en vitamine C avec cette boisson ?

Cela dit, une fois que tout le monde aurait reçu sa coupe, il avait été décidé que Kuu et moi porterions un toast. Avec tout le monde rassemblé autour de nous, lui et moi nous étions levés.

« Les longs discours avant un festin sont si grossiers. C’est pourquoi je serai bref. » Après avoir dit ça, Kuu se tourna vers moi, et leva sa coupe. « À nos invités de Friedonia ! »

En réponse à ces mots, j’avais aussi élevé ma coupe à Kuu. « Au peuple de Turgis ! »

Puis nous avions fait claquer nos gobelets ensemble.

« « Santé ! » » nous avions tous les deux déclaré ça.

« « « « « Santé ! » » » » » tout le monde a dit ça.

Puis la fête avait commencé.

« Maintenant, vas-y, goûte, » Kuu m’avait dit de le faire.

« D-D’accord..., » répondis-je.

J’avais essayé de boire le lait de yak de neige fermenté et il avait un goût étrange.

Il était plus fluide que son apparence ne le laisse supposer, mais... comment pourrais-je le décrire... ? C’était peut-être comme du yaourt nature à boire. Mais il avait aussi cette saveur alcoolisée. C’était mieux que ce à quoi je m’attendais, même de cette façon, mais j’avais l’impression qu’il avait meilleur goût avec du miel.

Tout le monde, sauf Tomoe, s’était léché les lèvres à cause de ce lait fermenté.

Soit dit en passant, dans ce pays, tout comme dans le nôtre, il n’y avait pas de loi imposant un âge minimum pour boire. Il semblait que la coutume voulait qu’à partir de quinze ou seize ans, les enfants puissent boire ouvertement en public. J’avais envisagé de mettre en place une loi appropriée, mais d’une certaine façon, cela faisait partie de la culture locale, alors je l’avais laissée tomber pour le moment. Si je m’en mêle inutilement, cela pourrait, après tout, susciter une réaction négative de la part du public.

Eh bien ! Si les gens prenaient conscience de leur santé, des voix s’élèveraient naturellement en faveur d’un âge minimum pour la consommation d’alcool. Je pourrais attendre d’avoir une loi d’ici là.

En buvant mon lait fermenté, j’avais regardé autour de moi.

☆☆☆

Partie 3

En examinant l’endroit le plus bruyant de la pièce, Aisha et Kuu étaient assis devant de grandes assiettes pleines de nourriture, en compétition pour savoir qui pouvait manger le plus et le plus vite pour une raison ou une autre. Il semblait que Kuu, influencé par la façon dont Aisha mangeait, l’avait défiée. La compétition était apparemment de voir qui pouvait nettoyer une assiette empilée haut avec de la nourriture en premier.

« « Miam, miam, miam, miam, miam, miam... » »

Ils empilaient désespérément de la nourriture dans leur bouche.

Dans un simple concours pour manger le plus possible, je n’aurais pas pensé qu’il était possible pour Aisha de perdre, mais, avec l’élément vitesse, qui l’aurait cru ? À première vue, la nourriture disparaissait de leurs assiettes à peu près à la même vitesse.

« Miam, miam, miam... » (Oookyakya, tu n’es pas mauvaise, pour quelqu’un d’aussi mince.)

« Miam, miam, miam... » (Vous aussi. Je suis impressionnée.)

Leurs yeux se croisaient de temps en temps, et quand ils le faisaient, ils semblaient avoir un échange du genre.

Ils étaient observés par une Roroa exaspérée et une Tomoe déconcertée.

« Franchement... Grande Soeur Ai. Pourquoi fais-tu un concours du mangeur le plus rapide ? » demanda Roroa.

« Aisha mange plus vite que jamais, » commenta Tomoe.

« Tomoe, ne la laisse pas te battre. Mange. Tu ne grandiras pas autrement, tu sais ? » déclara Roroa.

« Si je mange beaucoup, pourrais-je me développer comme l’est Aisha ? » demanda Tomoe.

« Ça doit être sympa de pouvoir se développer..., » déclara Roroa.

J’étais presque sûr que Tomoe parlait de taille, mais Roroa regardait sa poitrine avec des yeux de poisson mort. Elle avait dû être déprimée quand elle avait imaginé que notre petite sœur deviendrait plus grande qu’elle à l’avenir. Je pense qu’elle venait de choisir une personne démunie pour la comparaison, et ce n’était pas comme si elle n’en avait pas, mais... aborder le sujet avec elle trop profondément serait suicidaire, alors j’avais décidé de ne pas le faire.

Puis, regardant vers un autre endroit, Hal et Kaede buvaient avec Taru et parlaient de quelque chose. Hal avait posé une question alors qu’il servait un autre verre à Kaede.

« Taru, vous êtes forgeron, n’est-ce pas ? Savez-vous quelle sorte d’arme me conviendrait ? » demanda Hal.

« Quel genre d’arme voulez-vous ? » demanda Taru.

« Je me spécialise dans les armes recouvertes de flammes que je lance. Mais avec des lances ordinaires, elles brûlent après les avoir lancées une seule fois. Face à ça, les lances magiquement enchantées coûtent cher, donc je ne peux pas les jeter comme je le veux, et sur le champ de bataille, il y a beaucoup de problèmes pour les récupérer, » répondit Hal.

« Ça, et Hal monte souvent sur Ru... une grande créature, » ajouta Kaede. « Donc cela serait mieux avec une arme qu’il peut utiliser en se trouvant sur le dessus d’une créature comme ça. Comprenez-vous ? »

La grande créature sur laquelle Hal montait souvent était Ruby, mais elle n’en avait pas parlé. Si les autres apprenaient que Hal avait un contrat avec un dragon sans être de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, ils allaient se demander qui il était, alors elle avait gardé cette partie vague.

« Dans ce cas, il y a une arme appelée la Lance du Serpent Double. » Taru semblait avoir réfléchi pendant qu’elle en parlait.

« Lance du Serpent Double ? » demanda Hal. « Quel genre d’arme est-ce ? »

« C’est comme un serpent à deux têtes qui a une deuxième tête au bout de la queue. Il s’agit en gros d’une arme avec deux lances reliées à la base. Elles sont reliées à une fine chaîne, et si vous en utilisez une comme lance de lancer, vous pouvez tirer sur l’autre pour la récupérer. À l’origine, cette arme a été conçue pour quelqu’un montée sur une grosse bête comme l’imbécile de maître afin qu’il puisse attaquer les soldats à ses pieds, » déclara Taru.

« Hmm ! Ça ressemble à une arme géniale, » répondit Hal.

Hal semblait impressionné, mais Taru secoua légèrement la tête.

« C’est juste... que c’est incroyablement difficile à utiliser. La longueur de la chaîne peut être ajustée avec la magie d’enchantement, mais plus elle s’allonge, plus il faut de technique et de force pour l’utiliser. Elle n’est donc pas très utilisée, même dans notre pays, » déclara Taru.

« Je pense que ça devrait aller, » Kaede avait rajouté. « S’il y a bien une chose en laquelle Hal peut avoir confiance, c’est sa force. »

« Tu es dure... Tu n’aurais pas pu trouver une façon plus aimable de dire ça ? » demanda Hal.

« C’est l’amour qui me fait chercher une arme pour t’empêcher de mourir sur les champs de bataille, non ? » déclara Kaede.

« Argh... »

En voyant Hal se faire écraser verbalement par Kaede, Taru gloussa. « Si je me souviens bien, nous en avons un en stock à l’atelier. Je pense que ce serait une bonne idée de tester d’abord comment ça marche pour vous. Si vous l’aimez, j’accepterai une commande. »

« Oh ! Merci, je compterai sur vous, » déclara Hal.

« Nous allons accepter cette offre, vous savez, » ajouta Kaede.

Les trois avaient cogné leurs coupes ensemble. Un marché avait-il été conclu ? J’espérais qu’il trouverait une bonne arme.

Quant à ceux d’entre nous qui restèrent, Juna, qui jouait le rôle de ma femme était assise à côté de moi, et la lapine blanche Leporina versait les boissons. En partie parce que nous étions assis directement sur le sol, et non sur des chaises, cela me faisait penser à une réception à la japonaise dans une salle de tatami.

« Je suis désolée, » déclara Leporina en versant du lait fermenté dans ma coupe. « Normalement, divertir nos invités serait le travail de Maître Kuu... »

« Non, non, non, je suis extrêmement reconnaissant d’avoir un tel festin de bienvenue, » déclarai-je.

« Ça m’aide beaucoup de vous entendre dire ça. Oh, laissez-moi aussi m’occuper de votre femme, » déclara Leporina.

« Heehee. Je vous remercie. » Juna demandait également à Leporina de lui servir à boire. Elle avait l’air d’être de bonne humeur.

« Tu as l’air de t’amuser, Juna, » dis-je.

« Oui. On ressemble tellement à un mari et une femme maintenant, » répondit-elle.

« T-Tu le penses vraiment... ? » demandai-je.

C’était plutôt embarrassant. Leporina nous regardait avec un grand sourire.

Juna avait ramassé quelque chose qui se trouvait dans un pot voisin dans un bol en bois et me l’avait offert. « La cuisine d’ici est si nouvelle pour moi aussi. Cette soupe est délicieuse. »

« Oh, ouais ? D’après ce que j’ai vu... c’est comme de la soupe aux quenelles, » déclarai-je.

Il y avait des légumes racines et de minces boulettes blanches qui flottaient dans un bouillon semblable à de la soupe miso faite avec du miso rouge.

J’avais bu une gorgée, et une saveur inattendue s’était répandue dans ma bouche. Ce n’était pas de la soupe miso, c’était du ragoût de citrouille. Les quenelles étaient vraiment des quenelles, mais elles étaient minces et étirées. C’était comme... Comment dois-je le dire ? C’était comme un croisement entre le houtou et le ragoût de citrouille.

« Ce n’est pas le goût auquel je m’attendais, mais... c’est bon, » déclarai-je.

« Je suis d’accord, » Juna avait acquiescé. « D’une certaine façon, ça réchauffe le corps. »

« Heehee ! Ce ragoût de citrouille est un vieux standard dans notre pays, vous savez ? » Leporina expliqua avec empressement alors que Juna se léchait les lèvres. « C’est difficile de mettre la main sur les légumes-feuilles dans notre pays, mais on peut trouver beaucoup de citrouilles. C’est pourquoi nous avons une grande variété de plats à base de citrouille. Beaucoup de nos confiseries utilisent aussi de la garniture à la citrouille ou de la crème de citrouille. Cependant, ils utilisent beaucoup de sucre, de sorte qu’ils peuvent avoir un goût trop sucré pour ceux qui viennent de l’extérieur du pays. »

« Oh ? Vous avez beaucoup de sucre ? » lui avais-je demandé.

« Oui. Comme pour les citrouilles, on a aussi beaucoup de betteraves, » déclara Leporina.

Betteraves. Elle parlait de betteraves à sucre.

Comme leur nom l’indiquait, il s’agissait de l’une des plantes à partir desquelles on pouvait fabriquer du sucre. La plus grande partie du sucre qui circulait dans notre pays provient également de la betterave à sucre. Il y avait aussi le sucre d’érable, qui pouvait être récolté sur les érables. Comme la canne à sucre ne pouvait être cultivée que dans certains endroits du nord du royaume, il n’y avait pas beaucoup de sucre de canne en circulation.

Ils pourraient récolter beaucoup de betteraves dans ce pays, hein...

« La nourriture est l’un des endroits où une terre montre vraiment son caractère, » avais-je commenté.

« Vous avez tout à fait raison, » déclara Leporina. « Mais ce n’est que récemment que nous avons commencé à mettre des boulettes de quenelles dans le ragoût de citrouille, vous voyez ? Nous avons commencé à les mettre après qu’un marchand amidonien nous ait dit que vous pouviez manger la racine de la plante du lys séduisante. »

« Attendez, était-ce des boulettes de lys utilisant la racine du lys !? » demandai-je.

« Tout à fait. Il semble qu’une divinité connue sous le nom de Seigneur Ishizuka, le Dieu de la Nourriture, descendit sur Amidonia et leur enseigna qu’elles étaient comestibles. Grâce à cela, nous avons pu manger une soupe qui était autrefois un plat d’accompagnement comme plat principal. Nous devons rendre grâce à ce dieu, » déclara Leporina.

« « ... » » Nous étions tous silencieux.

Je n’aurais pas pensé que la culture alimentaire que nous répandions en Amidonia atteindrait aussi ce pays.

De plus, Poncho avait été élevé à la divinité en tant que Dieu de la Nourriture, non seulement en Amidonia, mais ici aussi... Les rumeurs avaient tendance à exagérer, mais au rythme où ça se passait, je me demandais si quelqu’un pourrait construire un temple pour le dieu Ishizuka.

Oh, Poncho, où allez-vous ? Il ne le savait probablement pas lui-même.

Kuu était venu en se caressant le ventre. « Hé, vous deux. Vous amusez-vous ? »

« Oui, merci, » déclarai-je. « Et toi ? Le concours de bouffe est-il terminé ? »

« Oookyakya ! Cette fille est coriace. Manger vite est une chose, mais je n’avais aucune chance contre elle quand il s’agissait de quantité. Je suis choqué qu’elle puisse en emporter autant et manger encore plus. »

Aisha avait-elle gagné le concours ? Eh bien ! Rétrospectivement, ça semblait être une conclusion évidente.

Kuu avait pris la coupe de Leporina et s’était placé à côté de moi. « Je m’occupe du reste, pour que tu puisses aller rejoindre les autres, Leporina. »

« D’accord, » Leporina fit signe de la main et alla là où se trouvaient Aisha et les autres.

Juna avait alors dit : « Je vais aussi aller voir Aisha et les autres, » puis elle avait quitté sa place.

On aurait dit qu’il n’y aurait que nous, buvant en tête-à-tête ici. On s’était servis à boire, puis on avait porté un toast.

Kuu avait bu son verre en une gorgée, puis il avait ri avec joie. « Ouf ! L’alcool que tu bois à un festin possède un goût spécial. »

« Cette réplique n’est-elle pas un peu trop vieille pour un garçon de 15 ans ? » avais-je commenté.

« Oookyakya ! Ne t’inquiète pas pour ça. Le fait de mettre de côté l’âge et le rang est la seule façon de faire la fête, » déclara Kuu.

« ... Ah oui ? » demandai-je.

 

 

J’avais servi un autre verre à Kuu. Et cette fois-ci, Kuu avait dégusté son verre, puis il m’avait tapé avec sa main sur l’épaule. Quoi ? Quoi ? Cherchait-il à se disputer avec moi ? C’était ce que je pensais, mais...

« Alors, comment c’est, Kazuma ? » demanda Kuu.

« Comment est quoi ? » demandai-je.

« Je parle de ce pays. T’amuses-tu bien ? » demanda Kuu.

J’y avais réfléchi un peu avant de répondre. « Oui. Je pense que c’est un bon pays. Il y a des sources chaudes, et les plats locaux et le lait fermenté sont délicieux. Vous avez aussi des artisans compétents, alors je pense que c’est un pays attrayant. »

« Oookyakya ! Oui, c’est bien vrai. J’aime aussi ce pays. » Kuu avait fait un autre rire gloussant, puis il avait pris une expression plus sérieuse. « Honnêtement... je pense que c’est un bon pays, tu sais ? Nous mettons notre bétail au pâturage l’été et nous faisons d’excellents travaux manuels à l’intérieur l’hiver. Il fait froid, mais les gens se rassemblent pour survivre dans ce pays. Mais il y a des personnes âgées entêtées qui semblent vouloir s’étendre vers le nord. »

J’étais silencieux.

J’avais entendu dire que la République de Turgis avait une politique nationale d’expansionnisme vers le nord. En effet, à l’époque où notre pays avait été secoué par des problèmes internes et un conflit avec la Principauté d’Amidonia, ce pays avait rassemblé des troupes à la frontière pour montrer leur intention de nous envahir. Bien qu’il n’y ait pas eu de conflit direct entre nos nations, j’avais été surpris de trouver quelqu’un dans la République de Turgis qui pensait comme Kuu.

« D’ailleurs, même si nous prenons la terre vers le nord, nous ne pouvons pas la tenir, » poursuit Kuu, croisant les bras et hochant la tête. « Dans le monde extérieur, la puissance aérienne comme les wyvernes est la plus efficace, non ? Une terre froide comme la nôtre n’est pas adaptée à l’élevage des wyvernes. C’est un plus lorsqu’il est difficile pour d’autres de venir nous envahir, mais il est impossible de couper une partie du territoire d’un pays voisin sans l’aide de wyvernes. Peu importe nos efforts, on prendrait peut-être une ville ou deux au plus. De plus, lorsque l’hiver arrivait, la neige fermait le contact avec le continent et il sera donc difficile de les entretenir. »

Son comportement stupide le rendait difficile à appréhender, mais il avait une compréhension incroyablement précise de la situation de son pays. En lui parlant, j’avais aussi senti un charisme qui attirerait les individus vers lui. Si Kuu était né dans la famille royale d’un royaume avec une meilleure situation territoriale, il serait peut-être devenu une perle rare.

Kuu avait encore avalé son lait fermenté en une gorgée. « Écoute, Kazuma, je pense sérieusement que ce pays a sa propre façon de devenir prospère. On n’est pas obligés d’aller au nord. Ce pays a le pouvoir sous-jacent de se développer. C’est ce que je ressens. »

« J’ai l’impression de comprendre, » avais-je dit avec modération.

« Vraiment, hein ? » déclara-t-il en riant. « Je suis content que tu comprennes ! Espérons que les négociations entre mon père et ton roi se passent bien ! »

« Oui. Je suis sûr... que la réunion sera significative pour les deux parties, » déclarai-je.

Sur ce, nous avions une fois de plus cogné nos gobelets ensemble.

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