Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 7 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : De nouvelles urgentes et une réunion

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Chapitre 2 : De nouvelles urgentes et une réunion

Partie 1

La République de Turgis.

Il s’agissait d’un état se situant à l’extrémité Sud du continent Landia.

Sur ce continent, la température moyenne chutait à mesure que l’on s’éloignait vers le sud. La lisière sud du continent, où se trouvait la République de Turgis, était une terre de glace et de neige.

C’était un pays montagneux, mais comparé à la région d’Amidonia, il avait plus de plaines et une plus grande superficie de terres arables. Cependant, comme les hivers étaient longs et les étés courts, la période pendant laquelle la terre pouvait être travaillée était limitée et l’agriculture n’était pas très prospère.

La population de ce pays était soutenue par l’élevage. Les habitants vivaient d’animaux élevés en liberté qui pouvaient vivre dans des régions froides comme les yacks, les rhinocéros laineux et les mammouths.

Dans ce pays, la majorité de la population était composée d’hommes-bêtes appartenant à ce qu’on appelait les Cinq Races des Plaines enneigées. Les cinq races comprenaient le singe des neiges, le lapin blanc, l’aigle blanc, l’ours des neiges et le morse.

Dans ces cinq races, comme chez les autres hommes-bêtes, les femmes ressemblaient à des humains avec des oreilles, des ailes et des queues d’animaux, mais les hommes avaient des visages qui étaient assez proches des animaux réels. Le mariage interracial était autorisé, mais il semblerait que les enfants nés d’une telle union avaient toujours pris les traits d’un seul des parents, de sorte qu’il n’y avait pas de mélange de leurs caractéristiques uniques.

La race la plus commune était le lapin blanc, connu pour son taux de natalité élevé, la race la moins commune était le morse, connu pour avoir une taille moyenne de plus de deux mètres.

Ces races s’étaient mélangées pour former des tribus à l’intérieur du pays, mais leur répartition sur l’ensemble du territoire reflétait les différentes capacités que chaque race possédait.

Les morses et les ours des neiges, qui pouvaient plonger dans les eaux glacées pour attraper des poissons, représentaient un pourcentage élevé de la population le long de la côte. D’autre part, les tribus vivant dans les montagnes avaient un pourcentage plus élevé de membres des races de singes des neiges et d’aigles blancs, qui pouvaient facilement survivre sur ce genre de terrain. Enfin, beaucoup de ceux qui vivaient dans les plaines, travaillant dans les champs pendant la courte saison estivale, étaient membres de la race des lapins blancs.

Il y avait aussi des marchands humains et des membres d’autres races, mais les hivers rigoureux avaient rendu difficile la vie des autres races dans le pays. À l’exception des esclaves, ils avaient généralement quitté le pays avant que les routes ne soient fermées par la neige.

Presque comme Snu*kin.

En raison de la rigueur du climat, ce pays n’avait jamais été ravagé par un ennemi étranger.

Les vents dans le ciel étaient toujours violents, et les températures étaient fraîches même en été. Ces faits avaient empêché l’utilisation de la puissance aérienne, comme les wyvernes, et la mer glacée avait empêché l’utilisation de la puissance maritime.

De ce fait, la seule voie d’attaque était la voie terrestre, et si le pays mettait en place une défense forte et résistait pendant été, le Général Hiver venait couper les lignes d’approvisionnement des ennemis, les obligeant à battre en retraite.

De plus, il y avait aussi le fait qu’il y avait peu à gagner à s’emparer de ce pays.

On disait qu’à son apogée, l’Empire du Gran Chaos aurait pu s’opposer à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, mais même alors, l’Empire n’avait jamais considéré une invasion.

La République de Turgis était gouvernée par un système primitif de république.

Tout d’abord, les chefs, qui étaient les représentants de chaque tribu, s’étaient réunis en Conseil des Chefs. Après ça, le Conseil des Chefs allait voter pour choisir le représentant nominal du pays, leur chef d’État.

Les affaires intérieures étaient décidées par le chef de l’État et le Conseil des Chefs, mais les affaires étrangères (diplomatie, guerres, etc.) étaient contrôlées par le chef de l’État.

Ce chef d’État était généralement un poste qui durait une génération, mais avec l’approbation du Conseil des Chefs, le titre pouvait être hérité. L’actuel chef de l’État dans la 1.547e année du Calendrier Continental était apparemment de la deuxième génération.

Or, après avoir dit tout cela à propos de la République de Turgis, si l’on se souvenait de leurs relations avec le Royaume de Friedonia, on ne pouvait pas dire qu’elles soient vraiment cordiales.

À la recherche de terres non gelées et de ports d’eau chaude, la république cherchait toujours à s’étendre vers le nord. Même pendant la récente guerre entre le royaume d’Elfrieden et la principauté d’Amidonia, ils avaient déplacé leurs troupes près de la frontière sud du royaume à la recherche d’une ouverture pour intervenir.

J’avais déployé Excel et la marine près de la frontière, et cette intimidation avait été à peine suffisante pour les empêcher de nous envahir. Si la guerre avec la principauté s’était enlisée, ils auraient sûrement attaqué.

On ne pouvait pas se permettre de baisser nos gardes face à eux. Mais je ne voulais pas me disputer avec ce pays.

Si nous les attaquions, nous n’aurions rien à gagner. Même si nous occupions leur territoire, la façon de vivre des habitants dans le Royaume de Friedonia et la République de Turgis était trop différente. Le royaume était assez froid dans le sud, mais l’hiver de la république était encore plus froid. Le peuple de la république avait adapté son mode de vie à ce climat, et, peu importe la capacité d’un magistrat que j’enverrais, il ne serait pas capable de gouverner correctement un pays ayant une culture, des valeurs et un mode de vie différents. Et si nous essayions inutilement de forcer nos façons de faire sur eux, cela se terminerait par une rébellion.

Un pays par lequel nous ne voulions pas être attaqués, mais qui serait trop gênant pour nous d’attaquer nous-mêmes — c’était la République de Turgis.

C’était précisément la raison pour laquelle, en tant que roi de Friedonia, j’avais voulu construire des relations cordiales avec la République de Turgis. Heureusement, pendant la récente guerre, nos forces n’avaient pas affronté directement les leurs. Le sentiment de chacun de nos peuples envers l’autre ne devrait pas être particulièrement mauvais.

Maintenant, si je pouvais faire l’expérience de leur culture et de leur pensée, et trouver un moyen raisonnable de leur donner ce qu’ils voulaient, je soupçonnais que je pourrais établir des relations cordiales.

Je savais que c’était un espoir naïf, pourtant, une guerre inutile épuiserait le pays.

Des guerres comme celle que nous avions menée contre la Principauté ne devraient être qu’un dernier recours, et non quelque chose qui pourrait devenir la norme.

Cette chose cubique qui avait transcendé les normes humaines à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon existait aussi comme un élément d’incertitude. Je n’avais jamais su ce qui pouvait arriver ni quand, alors je voulais éviter de dépenser inutilement la puissance de mon pays.

Nous venions en République de Turgis pour voir si ce souhait pouvait être exaucé.

Nous étions arrivés dans une ville de la partie orientale de la République de Turgis, Noblebeppu. Cet endroit, qui était proche de la frontière du Royaume de Friedonia, était une petite ville tranquille entourée de montagnes au nord et de la mer au sud.

Nous nous trouvions vers la fin du mois de mai, et la glace et la neige qui bloquait les routes avaient enfin fondu. Le froid s’était légèrement atténué, et c’était une période où il faisait bon vivre par rapport aux normes du pays. En raison de cela, il y avait beaucoup de marchands d’autres pays, et la ville était très animée.

On avait traversé cette ville à pied.

Notre groupe était composé d’Aisha, Juna, Roroa, Tomoe, Hal, Kaede, et moi, soit un total de sept personnes. Le garde du corps de Tomoe, Inugami, était aussi venu avec nous, mais il était en train de patrouiller et de nous surveiller depuis un autre endroit, avec le reste des Chats Noirs.

Pour être tout à fait honnête, j’avais voulu que Naden et Liscia viennent aussi, mais Naden, comme c’était typique des ryuus et des dragons, ne supportait pas le froid, et Liscia était tombée malade après son retour de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, alors elle était restée dans le royaume.

J’étais vraiment inquiet pour Liscia, mais elle m’avait dit elle-même : « Tout ira bien ! Alors, va voir le monde comme un roi devrait le faire. » Je n’aurais pas pu rester pour m’occuper d’elle après ça.

J’étais inquiet, mais je m’étais arrangé pour que les meilleurs médecins du pays, Hilde et Brad, s’occupent d’elle, alors elle irait probablement bien. Si quelque chose arrivait, Naden viendrait me prévenir. Et pour répondre aux sentiments de Liscia, j’avais dû faire un vrai voyage dans la république.

« J’avais entendu dire qu’il faisait froid, alors je ne m’attendais qu’à de la neige, mais ce n’est pas si mal, » commenta Roroa.

« Après tout, nous sommes à la fin du mois de mai, » déclara Juna. « Mais il fait encore très froid. »

Roroa et Juna étaient toutes deux habillées plus lourdement qu’elles ne l’avaient été dans le royaume.

Techniquement, pour ce voyage, je jouais le rôle du fils d’un jeune marchand à la recherche de marchandises à échanger. Tomoe était ma petite sœur et Aisha, Hal et Kaede étaient des aventuriers que nous avions engagés. Quant aux deux autres, Roroa était une employée qui travaillait pour le magasin de ma famille, et Juna était mon épouse.

Juna s’était penchée vers moi et m’avait posé une question. « Euh, est-ce que c’est acceptable de faire ainsi ? Je parle du faire de me faire jouer la femme au détriment des reines primaires... ? »

« C’est un choix fait en pensant à la sécurité, » répondis-je. « Tu es douée à la fois avec la plume et l’épée, Juna, alors je veux que tu gardes tes capacités martiales cachées au cas où quelque chose arriverait. »

Même si nous étions attaqués par des ruffians, ils auraient probablement les yeux rivés sur Aisha, Hal et Kaede, qui étaient habillés en aventuriers. Ils supposeraient que Juna n’était qu’une jolie fille. Puis Juna les attraperait par-derrière parce qu’ils laisseraient tomber leurs gardes face à elle.

C’était un peu tard pour le dire maintenant, mais mes fiancées étaient un peu trop aptes au combat. Maintenant que Naden les avait rejoints, leur niveau de puissance moyen avait aussi massivement augmenté.

« Et, eh bien, en gardant cela à l’esprit, il y avait un nombre limité de personnes que nous pourrions théoriquement emmener lors de notre voyage et qui n’avaient aucune capacité martiale, » avais-je dit. « Tu n’as pas l’air d’être quelqu’un que nous emploierions, Juna, et je ne suis pas sûr de vouloir te forcer à jouer le rôle de femme de chambre comme Carla. »

« Cela ne me dérangerait pas, » déclara-t-elle. « Maître, donnez-moi l’ordre que vous voulez et je l'exaucerais. »

Elle avait mis ses mains sur sa poitrine, avait souri et avait légèrement incliné sa tête, alors mon cœur avait sauté un battement en voyant ça.

« Depuis quand le café Lorelei est devenu un café pour soubrette !? » m’étais-je exclamé.

Elle allait me mettre de trop bonne humeur, alors j’aurais aimé qu’elle arrête un peu.

« Eh bien ! Juna, tu es aussi sa fiancée, alors je me dis que ce n’est pas grand-chose, » déclara Roroa.

« Est-ce vraiment correct ainsi ? » demanda Juna pour le confirmer.

« Bien sûr que oui. Et c’est toi qui joues la femme, alors pourquoi ne pas le laisser te gâter ? » Roroa s’était enroulée autour de mon bras.

« Et tu es l’employée, n’est-ce pas ? » répondit Juna. « Est-ce vraiment normal que tu étreignes le jeune maître comme ça ? »

« Bien sûr, » avait-elle déclaré. « Je suis une employée, bien sûr, mais je suis “l’employée qui vise à devenir la seconde épouse en soutenant le jeune maître, et peut-être même à mettre la première femme hors jeu si tout se passe bien”. »

« Ne change pas notre histoire ! » avais-je objecté. « Et franchement, c’est une histoire bizarrement désordonnée que tu nous sors là. »

« Donc Juna va m’appeler “toi la mégère”, » déclara Rona.

« E-Est-ce le genre de rôle que je joue ? » demanda Juna.

« Ne la prends pas tant au sérieux, Juna, » déclarai-je. « D’ailleurs, dans son cas, Roroa devrait être à la place un tanuki... »

« Ponpokopon! »

« Ouais, ouais. Vraiment mignonne, » déclarai-je.

Quand j’avais caressé Roroa sur la tête, qui mimait en se tapant le ventre, elle avait souri. Est-ce que les tanukis dans ce monde frappaient leur ventre... ? Eh bien, ce n’était pas vraiment comme ceux de mon monde d’origine, car je ne savais pas s’ils l’auraient fait.

« Heehee ! Quand je vois Roroa, j’ai l’impression que c’est idiot de me retenir, » Juna plaça son bras autour de mon autre bras libre. « Nous n’en avons pas l’occasion assez souvent, alors gâte-moi aussi, chéri. »

« Euh... Bien sûr. Je ferai de mon mieux pour t’accompagner, » déclarai-je.

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Partie 2

Pendant que nous parlions de cela, Kaede, qui appartenait à une race d’homme-renard, nous observait d’un peu plus loin, la tête penchée sur le côté. « Mégère ? Est-ce que Ruby m’appellera aussi comme ça ? »

« Dans ton cas, elle n’aurait même pas tort, » déclara Halbert avec lassitude. « S’il te plaît, essaye de t’entendre avec elle. »

« Alors, il va falloir lui rapporter un cadeau. Mais avant de me dire ça, essaye d’être aussi prévenant, Hal. »

« Oui, madame..., » les épaules de Hal s’étaient affaissées alors qu’il disait ça.

Depuis qu’il avait pris Ruby pour seconde femme, il avait complètement perdu le contrôle de la situation. Ce n’est pas comme si j’étais du genre à pouvoir en parler.

À côté de Hal et Kaede, Tomoe était sur les épaules d’Aisha. « Regarde, Aisha ! Il y a un magasin qui vend des pommes de terre vapeur là-bas ! »

« Oh, tu as raison. Elles ont l’air délicieuses, » répondit Aisha en bavant.

N’ayant pu se rendre à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, si l’on exclut la période difficile qu’elle avait sans doute passée en tant que réfugiée, c’était la première fois que Tomoe voyageait hors du pays. Elle avait onze ans maintenant, alors elle devait être aussi excitée qu’une élève du primaire lors de sa première sortie d’une nuit en forêt ou à la mer. Elle se distinguait un peu, mais elle avait l’air de s’amuser, alors j’avais laissé faire.

« Ah ! Hé, chéri... Euh, non, jeune maître. Viens juste une minute. » Soudain, Roroa m’avait arrêté devant le stand d’un certain marchand.

J’avais regardé, me demandant de quoi il s’agissait, et il me semblait que c’était un endroit où l’on vendait des vêtements. « Il y a quelque chose que tu veux ? Si ce n’est pas si cher, je peux te l’acheter... »

« Non, ce n’est pas ça. Eh bien ! Si tu veux m’acheter quelque chose, j’en serais ravie, mais ce n’est pas ça. Jette un coup d’œil à ce qu’ils vendent ici. » Roroa avait ramassé l’un des objets en vente et me l’avait tendu.

Quand je le lui avais pris, j’avais vu qu’il s’agissait d’une épingle à cheveux en métal ornée. Elle avait été conçue avec un motif d’arbre, mais... C’était incroyable. Les conceptions utilisées étaient très complexes. Les détails de chaque feuille étaient gravés, et je pouvais même apercevoir un oiseau assis dans les branches.

« Cette boucle d’oreille en forme de poisson a ici aussi toutes les écailles soigneusement gravées, » déclara Juna.

« Cette broche d’âne est aussi ainsi, » déclara Aisha en posant Tomoe. « Les rênes sont faites avec une chaîne, mais elles sont vraiment détaillées. »

Elles avaient continué à exprimer à quel point elles étaient impressionnées. C’était vrai, chacun des produits était finement détaillé.

La vieille dame aux oreilles de lapin qui tenait le magasin avait parlé. « Bonjour, jeune homme. Ce sont de belles jeunes filles que vous avez avec vous. Pourquoi ne leur achèteriez-vous pas quelques-unes de mes marchandises en cadeau ? Ça leur montrera quel homme vous êtes, vous savez. »

La vieille dame aux oreilles de lapin riait de bon cœur et parlait dans l’argot de marchand que j’entendais toujours comme un dialecte du Kansai. Si elle avait des oreilles de lapin, cela voulait-il dire qu’elle appartenait à la race des lapins blancs ? En entendant parler des lapins, j’avais imaginé de jeunes lapines, mais... ouais, eh bien, il y en avait toute une race, donc bien sûr, il y avait aussi des personnes de son âge.

J’avais pris l’un de ses produits et je lui avais demandé : « J’aime bien celui-ci, et je veux l’acheter, mais est-ce une œuvre d’un artisan célèbre ? »

« Non, ils en font partout dans les ateliers. Ce n’est pas si cher que ça, » répondit-elle.

« Hein ? À l’atelier là-bas ? » demandai-je.

Est-ce que quelque chose d’aussi compliqué pourrait être fait si facilement ? J’avais des doutes.

Roroa gonfla sa poitrine et expliqua fièrement. « Les accessoires fabriqués dans la République de Turgis sont célèbres pour leur décoration détaillée. Beaucoup de marchands viennent ici l’été pour mettre la main dessus. »

« C’est normal. Après tout, Turgis finit par se faire enterrer dans la neige pendant l’hiver, » la vieille dame aux oreilles de lapin déclara ça. « On ne peut pas aller très loin, donc beaucoup d’entre nous restent dans nos maisons, à travailler là-bas. Nous vivons comme ça depuis quelques siècles, alors nous, les Turgiens, nous sommes doués pour travailler avec nos mains. »

Je vois... donc c’est ainsi. Pendant que j’étais accaparé par cette impression, Roroa avait souri avec audace.

« Hé, jeune maître. Si les artisans turgiens peuvent faire un travail aussi minutieux, ne pensez-vous pas qu’ils pourraient vous aider à faire ces choses auxquelles vous pensez depuis un certain temps ? » demanda Roroa.

« Ces choses... ? Oh, celles-là ! » m’exclamai-je.

C’était vrai, il y avait une chose que je pensais faire depuis un moment, mais le projet de développement n’avait pas beaucoup avancé, vu le niveau des artisans de notre pays. Mais peut-être que les artisans de ce pays seraient capables de les fabriquer. Si ce que la vieille dame avait dit était vrai, il y avait des artisans très compétents partout dans ce pays. Nous pourrions être en mesure non seulement de les développer, mais aussi de les pousser vers la production de masse.

La République de Turgis... Je pensais qu’ils n’avaient rien, mais ils cachaient un immense potentiel. Je m’étais tourné vers la vieille dame qui tenait la boutique.

« Madame, je vais en acheter un certain nombre. Alors pourriez-vous me présenter un artisan qui habite près d’ici et qui est compétent dans son travail ? » demandai-je.

« Merci pour vos achats. Pourquoi n’essayeriez-vous pas d’aller à l’atelier d’Ozumi ? Taru est jeune, mais compétente. La petite est un peu timide et peut être têtue quand il s’agit de son travail, mais si je vous écris une lettre de recommandation, vous serez bien traité. »

« S’il vous plaît, allez-y. Oh ! Roroa, Juna, Aisha, Tomoe, s’il y a quelque chose ici que vous voulez, vous pouvez l’acheter, » déclarai-je.

Roroa avait réagi immédiatement. « C’est bien mon chér... Euh, non, mon jeune maître ! Waouh, quelle générosité ! »

« Merci, chéri, » ajouta Juna. « Tomoe, veux-tu choisir le nôtre ensemble ? »

« Euh... ? Oh, bien sûr ! » répondit Tomoe.

Juna, qui savait qu’une personne aurait une meilleure allure si elle n’hésitait pas dans des moments comme celui-ci, s’inclina une fois, puis invita Tomoe, qui avait tendance à se retenir dans des moments comme celui-ci, à regarder les marchandises de la dame avec elle.

C’étaient des femmes aux antécédents compliqués, mais quand on les voyait devant un magasin d’accessoires, riant ainsi, c’était rassurant de voir à quel point toutes les deux étaient comme n’importe quelle autre jeune fille.

« C’est parfait, Hal, » déclara Kaede. « Tu devrais acheter ici ton cadeau pour Ruby. »

« Bien sûr. Oh ! Mais peux-tu m’aider à en choisir un ? Et bien sûr, Kaede, je t’en achèterai un aussi, » déclara Hal.

« Je suppose que je vais devoir le faire. Mais je m’attends à ce que tu choisisses le mien toi-même, tu sais ? » déclara Kaede.

« Euh, d’accord, » répondit Hal.

On aurait dit que Kaede et Hal prévoyaient aussi d’acheter quelque chose ici.

« Je pense que l’or ira bien avec les cheveux roux de Ruby, » suggéra Kaede.

« Ouais, tu pourrais avoir raison. J’ai l’impression que l’argent ferait bien avec tes cheveux dorés, » déclara Hal.

« Je pense que tu as bon goût, Hal, » déclara Kaede.

Tous les deux avaient ainsi eu ce genre de douce conversation en regardant les marchandises de la boutique.

Attends, hein... ? Où est allée Aisha ?

Maintenant que j’y pense, je n’avais pas vu Aisha depuis un moment maintenant.

J’avais regardé autour de moi et j’avais vu Aisha un peu plus loin avec deux messagers kuis perchés sur ses épaules. On aurait dit qu’elle avait reçu une lettre.

Pour une raison inconnue, je m’étais souvenu du jour où elle avait appris qu’une catastrophe naturelle avait frappé la Forêt Protégée par Dieu. J’avais beau essayer d’oublier l’expression d’angoisse sur le visage d’Aisha cette fois-là, mais je n’avais pas pu.

J’avais ainsi longtemps attendu, me demandant quel genre de nouvelles j’avais reçues, mais il n’y eut aucun changement dans l’expression d’Aisha. Puis, après avoir terminé la lettre, Aisha était venue vers moi.

« Il y avait un message pour nous ? » lui avais-je demandé.

« Oui. Deux lettres de Lady Liscia, » répondit Aisha.

« De Liscia ? » demandai-je.

« Oui. Le premier s’adressait à moi, et le second à vous, sire, » déclara Aisha.

Après ça, Aisha m’avait passé une seule lettre non scellée. Tout en l’acceptant, j’avais incliné la tête d’un air interrogateur. Elle avait envoyé des lettres séparées à Aisha et moi ?

« S’est-il passé quelque chose dans la capitale ? » lui avais-je demandé.

« Dans ma lettre, elle m’a demandé de faire quelque chose de précis, » déclara Aisha.

« Quelque chose de précis ? » demandai-je.

« Je suis désolée. Elle a écrit pour ne pas vous dire ce que la lettre disait, Sire. » Aisha inclina la tête en s’excusant.

J’avais encore moins idée de ce qui se passait maintenant. Je devais regarder ce que disait ma propre lettre.

Voyons voir...

 

« Cher Souma,

Je pense que cette lettre arrivera avec une autre pour Aisha. Après qu’Aisha ait lu la sienne en premier. Lis bien cette lettre après ça. »

 

C’était ainsi que la lettre avait commencé.

Je n’avais pas vraiment compris, mais elle semblait insister. Aisha semblait avoir déjà lu la sienne, alors je pourrais probablement continuer. J’avais continué à lire, et...

« Euh... ? »

Quand j’avais vu un certain passage, j’avais soudain eu l’impression d’avoir reçu un projectile dans la tête.

Hein... ? Était-ce pour de vrai ? Était-elle sérieuse ? Non... Il le fallait. Ça ne servait à rien de mentir comme ça. Ce qui veut dire... Quooiiiiiiiiiiiiiiiii !?

« Qu-Qu’est-ce qui ne va pas !? » demanda Aisha.

J’avais l’air d’avoir une sacrée tête, parce qu’Aisha avait commencé à me secouer l’épaule. Cela m’avait ramené à la raison, mais j’avais encore des sueurs froides dans le dos et mes genoux tremblaient.

Sans blague ? Est-ce vraiment ça ?

J’avais tourné ma tête vers Aisha comme un robot en métal cassé. « Je rentre chez moi. »

« Hein ? » s’exclama Aisha.

« Je retourne tout de suite au royaume ! » avais-je déclaré aux autres avec les yeux injectés de sang.

En y repensant plus tard, je ne pense pas avoir été très sain d’esprit à l’époque. Tous les plans que j’avais en tête jusque-là avaient disparu de mon esprit. Après tout, tout mon esprit était maintenant complètement occupé par une certaine chose écrite dans la lettre de Liscia.

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Partie 3

Cette seule phrase m’a mis dans un état de choc et de joie confus. Elle disait...

 

Je suis enceinte.

« J’ai appelé le Dr Hilde pour qu’elle vienne me voir, j’en suis certaine. Oh ! Dre Hilde était aussi enceinte. Je me sentais mal de l’avoir appelée. Elle dit que c’est du Dr Brad. Ils n’avaient pas l’air de bien s’entendre, alors c’est un peu surprenant, hein ? »

 

C’était vrai, j’étais surpris, mais je m’en fichais maintenant !

En lisant la lettre, j’avais voulu rire de Liscia. La lettre poursuivait : « Mais de toute façon... »

C’était une façon très détournée d’écrire les choses. Peut-être que Liscia s’était sentie tendue en l’écrivant.

« C’est notre enfant. Es-tu heureux ? Tu es heureux, n’est-ce pas ? »

Bien sûr que je l’étais ! Non, ce n’était pas comme si mon esprit s’en était déjà rendu compte, mais j’étais tout aussi heureux que surpris. Si Liscia était là, je l’aurais sans aucun doute enlacée. Les mains avec lesquelles je tenais la lettre tremblaient.

« D’ailleurs, le plus enthousiaste au sujet de la nouvelle était notre chambellan, Marx, qui n’a cessé de faire pression sur nous pour que nous produisions un héritier. Il a versé un flot de larmes, puis il s’est levé et a déclaré : “Je dois tout de suite préparer une chambre et des vêtements pour le jeune prince”, et il s’est directement mis au travail. Même si on ne sait pas encore si c’est un garçon ou une fille. »

Qu’est-ce que tu fais, Marx ? avais-je pensé. J’étais content qu’il soit heureux.

« Je suis très heureuse, » disait la lettre. « De pouvoir porter ton enfant. Je peux le dire maintenant que je suis enceinte, mais j’étais un peu inquiète. Tu sais, parce que tu viens d’un autre monde, non ? Lady Tiamat disait que même si nous étions tous les deux humains, nos origines étaient différentes, alors je me demandais si nous pouvions avoir des enfants, et ce que j’allais faire si nous ne pouvions pas. On dirait que j’étais inquiète en vain. »

Liscia...

Je ne pouvais plus supporter de rester assis plus longtemps. Je voulais partir tout de suite aux côtés de Liscia. J’étais dominé par ce sentiment, et j’avais essayé de déclarer à tout le monde que nous allions nous diriger de nouveau vers le Royaume avant de partir en courant.

Cependant...

« P-Pardonnez-moi ! » Aisha m’avait soudain sauté dessus par-derrière, me forçant à m’effondrer.

« Gwah! »

Avec ses bras enroulés autour de mon dos, j’étais comme un fugitif que les autorités avaient saisi.

Face à Aisha, j’avais lutté pour me libérer de son emprise.

« L-Lâchez-moi, Aisha ! Je dois aller rejoindre Liscia..., » déclarai-je.

« Je ne sais pas pourquoi, mais Lady Liscia m’a demandé de faire ça ! » déclara Aisha.

Hein ? Liscia l’a fait ?

Quand j’avais arrêté de résister, Aisha m’avait placé sa propre lettre devant mon visage.

 

« Chère Aisha, » dit-elle, « Si Souma dit qu’il veut rentrer chez lui après avoir lu ma lettre, retenez-le. Alors, dites-lui de lire attentivement sa lettre et de faire ce qu’elle dit. Et aussi, jusqu’à ce que vous l’ayez maîtrisé, gardez ce que cette lettre dit secret. »

On aurait dit que Liscia avait prédit ma réaction à la lecture de la lettre. J’avais abandonné et, debout, j’avais continué à lire.

 

« Tu peux être surprotecteur quand il s’agit de la famille, donc je suis persuadée que tu voudras repartir au château quand tu liras ça, mais... tu ne peux pas, OK ? Tu n’auras pas beaucoup d’occasions de visiter facilement un autre pays, alors assure-toi de le faire cette fois-ci. »

« Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi. J’ai Serina et Carla, qui se sont toutes les deux précipitées ici quand elles ont appris la nouvelle, aux petits soins pour moi, et je pense rester chez mes parents jusqu’à ce que le bébé soit né. L’ancien domaine de mon père est plus calme que la capitale, et c’est dans la campagne rustique. Je vais aller leur poser toutes sortes de questions sur la façon d’élever un enfant. Alors, Souma, fais ce que tu as à faire maintenant, toi aussi. »

 

Il semblait que Liscia avait minutieusement planifié les choses de son côté. Je n’avais pas l’impression d’avoir de quoi m’inquiéter, mais... même avec cela en tête, c’était dans ma nature d’homme de m’inquiéter, non ?

Pourtant, avec Liscia qui me racontait tout cela, j’avais deviné que je ne pouvais pas abandonner ce que je faisais et faire demi-tour maintenant.

Quand mes épaules s’étaient affaissées, la dernière ligne de la lettre avait attiré mon attention.

 

« P.S. Tu peux maintenant commencer à poser les mains sur tes autres fiancées. »

 

Liscia... À la toute fin, était-ce ça qu’elle avait décidé d’écrire ? C’était peut-être sa façon de masquer sa gêne.

Quoi qu’il en soit, j’avais décidé de montrer la lettre à toutes les autres personnes. La vieille dame qui s’occupait du magasin nous regardait d’un air dubitatif quand nous nous étions tous éloignés une minute pour en parler à voix basse, mais maintenant nos problèmes familiaux étaient devenus prioritaires.

Quand ils avaient vu la lettre, tout le monde avait été surpris un instant, mais ils m’avaient tous félicité.

« Ma parole ! » s’exclama Aisha. « C’est en effet une occasion heureuse ! »

« Comme c’est merveilleux, » avait souri Juna. « Félicitations, Sire. »

« Je dirais que la succession est dès maintenant sécurisée, hein ? » Roroa avait souri. « Gehe hehe hehe hehe ! Crois-tu que ce sera maintenant à nos tours ? »

« Félicitations, Grand Frère ! » cria Tomoe.

« Félicitations, » déclara Kaede. « Maintenant, votre maison est sécurisée. Si ce n’était pas un pays étranger, je crierais franchement “Gloire à Friedonia”. »

« Félicitations, » déclara Halbert. « Souma est père, hein... C’est un peu émouvant, en tant qu’homme de la même génération. »

« Cela te donne-t-il envie d’être enfin l’héritier de la Maison Magna ? » lui demanda Kaede.

« Mon père est toujours à la tête de la maison. Mais... c’est vrai que cela me fait penser que ça pourrait être bien, » déclara Hal.

Hal et Kaede semblaient de bonne humeur. Allaient-ils utiliser les bonnes nouvelles d’une autre maison pour commencer à flirter, hein ? Non pas que ça me dérangeait.

J’avais mis la lettre dans ma poche et j’avais fait signe à Roroa.

« Roroa, viens ici une minute, » déclarai-je.

« Hm ? Que se passe-t-il... ? Attends, wôw !? » s’exclama Roroa.

J’avais mis mes mains sous les aisselles de Roroa, et je l’avais levée comme une enfant.

Roroa était petite, donc même avec mes bras faibles, je pouvais facilement la soulever. Si j’avais choisi la grande Aisha, ou la belle Juna, je doute que j’aie pu le faire.

Avec une Roroa en l’air, j’avais tourné sur place.

« Quoi quoi quoi quoi quoi !? » Roroa semblait inhabituellement bouleversée.

Après avoir un peu tourné, j’avais relâché mes mains et je l’avais prise dans mes bras quand elle était descendue. Les yeux de Roroa tournoyaient.

« Qu’est-ce que tu me fais... sorti de nulle part !? » s’écria Roroa.

« Pardon, » répondis-je. « J’étais un peu excité. Je voulais vraiment faire ça à Liscia, mais elle n’est pas là. Je l’ai fait avec toi parce que tu as la silhouette la plus proche de la sienne. »

« Murgh... Je ne suis pas très enthousiaste à l’idée d’être la remplaçante de la Grande Sœur Cia, mais c’était amusant pour moi, alors je vais te laisser t’en tirer comme ça. Mais, tu sais, n’est-ce pas un peu rare que tu te laisses aller comme ça, mon chéri ? »

« Oui... C’est juste pour aujourd’hui, alors oublie ça. »

C’est quand même normal, j’avais fait un bébé. Un nouveau membre de la famille. Avec la mort de grand-père et de grand-mère, j’avais perdu les dernières personnes que je pouvais appeler ma famille. C’est pourquoi, en pensant que Liscia et Tomoe formaient une sorte de famille, j’avais toujours voulu les protéger.

Maintenant que Liscia et moi avions conçu un enfant, nous étions passés d’une sorte de famille à une vraie famille. Rien ne pouvait me rendre plus heureux.

« Si nous étions au château maintenant, je proposerais probablement un système d’aide à la garde des enfants ! » avais-je déclaré, en serrant les poings et en parlant avec passion.

« Eh bien, je ne vois rien de moins que quelque chose d’excessif, » déclara Roroa, déconcertée. « C’est peut-être une bonne chose qu’on t’ait éloigné du château pour un moment afin de te calmer. »

Oui, j’étais d’accord.

Hal s’était exclamé avec exaspération : « Et alors ? Finalement, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

« Hmm..., » avais-je dit. « Je veux rentrer maintenant, mais Liscia m’a dit de ne pas le faire... »

« Tu es le roi, donc tu devrais donner la priorité à l’exploration de ce pays, comme le disait Lady Liscia, » conseillait Juna.

« C’est exact, » répliqua Roroa. « Il faut que tu continues à développer le royaume. Pour les personnes qui y sont maintenant, et aussi pour l’enfant qui va naître. »

Pour l’enfant qui allait naître, hein... Si elle le disait comme ça, je ne pourrais rien dire contre.

« Bien, » dis-je. « Il n’y a pas de changement de plan. Nous allons commencer par aller à l’atelier auquel nous avons une lettre d’introduction. »

Une fois cela réglé, nous étions retournés à la femme et à sa boutique.

« Qu’y a-t-il, jeune homme ? » demanda la commerçante. « Avez-vous fini de parler maintenant ? »

« Ouais. Où est cet atelier d’Ozumi dont vous avez parlé ? » demandai-je.

« On peut le voir depuis ici. Regardez, c’est en haut de cette colline, » déclara la femme, montrant du doigt la colline à l’arrière de la ville.

Il s’agissait d’une colline herbeuse avec une pente douce. Il y avait des bois des deux côtés, et il ressemblait à une pente de ski pendant l’été. Il y avait encore de la neige ici et là dans les bois, même si nous l’observions toute l’année, elle ne fondrait probablement pas complètement.

Il y avait une bâtisse en briques rouges au milieu de cette colline. Je pouvais la voir à côté des bois. Était-ce l’atelier Ozumi ?

Nous avions réglé la facture pour les choses que nous achetions, puis nous avions demandé à la vieille dame de nous écrire une lettre d’introduction et nous nous étions immédiatement dirigés vers ce bâtiment.

Puis, quittant la ville de Noblebeppu, nous avions passé les trente minutes suivantes à voyager à bord d’une calèche roulant sur une route bien rocheuse. Puis nous nous étions retrouvés devant un bâtiment en brique : l’atelier Ozumi.

Cet atelier, qui se trouvait au milieu d’un champ de hautes herbes avec une forêt derrière lui, possédait une cheminée. On aurait dit qu’en plus de produire des accessoires ici, ils s’occupaient aussi d’un travail de forgeron. C’était pratique.

Ayant appris que Taru était timide, il m’avait semblé probable que je la surprendrais si j’avais avec moi une bande d’aventuriers, alors nous avons laissé Aisha et les autres dans la calèche pendant que Juna, Roroa, Tomoe et moi entrions.

D’après ce que je voyais, ils n’avaient pas de comptoir de vente. Le bâtiment était uniquement un atelier, alors ils devaient probablement vendre leurs marchandises en gros en ville. J’entendais le bruit d’un objet qui était frappé à l’intérieur.

J’avais frappé à la porte, mais personne n’était venu répondre. Personne ne m’avait-il entendu ? Il semblait y avoir quelqu’un à l’intérieur, alors j’avais essayé de frapper à nouveau, et après un petit moment, la porte s’était lentement ouverte.

Une fille avec un bandana enroulé autour de la tête était sortie. « Qui est-ce... ? »

La fille était petite et avait un visage de bébé. J’avais estimé son âge à quinze ou seize ans. Même s’il faisait si froid dehors, elle portait une chemise à manches courtes, un pantalon long et un tablier de forgeron. Dans ses mains gantées, elle tenait un marteau qui semblait incongru avec sa petite silhouette. Serait-ce l’artisan dont parlait la vieille dame ?

 

 

« Euh, excusez-moi... par hasard, seriez-vous Madame Taru ? » avais-je demandé, en me tenant droit.

La jeune fille pencha la tête sur le côté et me regarda avec des yeux somnolents. « Oui, je le suis. Qu’est-ce que c’est ? »

Il est fatigant de parler avec vous. Si vous n’avez rien à faire ici, rentrez chez vous. C’était ce que son comportement général semblait dire.

Certaines personnes se seraient peut-être offusquées à ce moment-là, mais j’avais l’habitude de traiter avec des gens comme Genia, alors je n’y pensais pas beaucoup.

☆☆☆

Partie 4

Je l’avais poliment saluée, puis je m’étais présenté. « Je suis venu ici avec la lettre de recommandation d’une dame de Noblebeppu. Je m’appelle Kazuma Souya. »

Naturellement, j’avais utilisé un faux nom. Parce que si mon nom était utilisé là, sans parler de tous les autres membres de notre groupe, cela ne pouvait que se transformer en tracas.

J’avais ensuite présenté le reste du petit groupe. « Voici ma femme, Juna, ma sœur cadette, Tomoe, et mon employée, Roroa. »

« Je suis Juna. C’est un plaisir de vous rencontrer, » déclara Juna.

« Je-Je-Je m’appelle Tomoe. »

« Roroa. Enchantée de vous rencontrer. »

« Taru Ozumi. Ravie de vous rencontrer. »

J’avais eu l’impression que Taru avait relâché sa garde un peu après que les filles se soient présentées. Eh bien, entendre la présentation bégayante de Tomoe réchaufferait le cœur de n’importe qui.

Quand Taru avait enlevé son bandana et s’était présentée, j’avais remarqué deux oreilles d’ours sur sa tête. Était-ce une homme-bête de type ours ? J’avais deviné qu’elle ferait partie de la race des ours des neiges, l’une des Cinq Races de la Plaine Enneigée. L’atmosphère s’était un peu détendue, alors j’en étais allé immédiatement au but de notre visite.

« J’ai vu les accessoires fabriqués par les artisans de ce pays à Noblebeppu, et j’ai été impressionné. En regardant l’ornementation détaillée et fine sur eux, je pourrais dire que vous devez tous être très habiles avec vos mains. Cela m’a fait penser que, si nous utilisions les artisans de ce pays, nous pourrions peut-être faire une certaine chose que j’avais l’intention de faire. J’ai demandé s’il y avait de bons artisans, et la dame à qui je parlais m’a présenté cet endroit. Êtes-vous prête à écouter le reste de ce que j’ai à dire ? »

« Entrez..., » Taru nous avait fait signe d’entrer dans l’atelier.

Je me disais : Ouf... J’ai réussi à parler avec aisance, comme le jeune fils d’un homme d’affaires, mais...

« Tu devrais parler normalement. Je suis sûre que tu es plus vieux que moi. En plus, je doute que tu aies l’habitude de parler comme ça, » déclara Taru.

On aurait dit que Taru m’avait complètement percé à jour.

En me voyant me gratter maladroitement l’arrière de la tête, Roroa avait commencé à rire.

Hé, pas de rire ! Je suis gêné là ! pensai-je.

Lorsque nous étions entrés dans l’atelier, la flamme rugissante du four rendait l’endroit assez chaud. Ce n’était pas étonnant que Taru s’habille si légèrement. Nous avions aussi enlevé nos manteaux, mais quand Tomoe avait enlevé son capuchon de mage blanc fait main, les yeux de Taru s’étaient plissés.

« Tu es un chien... Non. Un homme-loup ? » demanda Taru.

« Oh, oui ! » Tomoe rayonnait. « De la race des loups mystique. »

Taru m’avait regardé comme si elle voulait me demander quelque chose. « N’était-elle pas censée être ta sœur ? »

Oh... C’est ce qui la tracassait, hein. C’était normal, puisque Tomoe et moi n’étions pas de la même race et que nos visages ne se ressemblaient pas du tout. Nous n’avions pas dû ressembler à des frères et sœurs.

« D’une autre mère, » déclarai-je. « C’est une affaire de famille, alors j’aimerais que vous ne fouiniez pas trop profondément. »

« Je vois..., » répondit Taru.

J’avais donné l’impression qu’il s’agissait d’une histoire difficile, et Taru n’avait pas posé d’autres questions. Quand il s’agissait de sujets comme celui-ci, même si elle était intéressée, après tout, il valait mieux les laisser de côté.

Sur ce, Taru avait ouvert la marche, et au moment où nous étions sur le point de nous asseoir à une table, j’avais remarqué quelque chose d’étrange qui s’appuyait contre le mur dans le coin de la pièce.

Il avait la forme d’un poteau, mais les deux extrémités étaient légèrement bombées. Si c’était un JDR, j’appellerais ça un gourdin. Il avait un dessin distinctif avec un long et épais mille-pattes enroulé autour de lui qui continuait jusqu’à l’endroit où le manieur devait le tenir. J’avais trouvé que ça avait l’air cool, mais je n’en étais pas si sûr comme arme.

Tandis que je le regardais d’un air dubitatif, Taru me demanda : « Est-ce que ça te plaît ? »

« Oh, je peux dire que cela a un design impressionnant, c’est sûr, mais... »

Je ne voulais rien dire de bizarre à propos de ses produits, alors j’avais évité de répondre à la question, mais Taru avait haussé les épaules comme pour dire, je sais ce que tu veux dire.

« C’est très bien. Ta vision des choses est parfaitement normale. Ce qui est anormal, c’est le goût de l’idiot qui l’a commandé, » déclara Taru.

« Idiot ? Vraiment ? C’est de votre client dont vous parlez, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Je le connais bien, et je l’appelle comme ça en face, » déclara Taru.

Quelqu’un qu’elle appellerait un « idiot sans goût » en face ? Qui était cette personne et quelle était sa relation avec Taru ?

Eh bien ! Mis à part l’étrange gourdin, il était temps de s’occuper de nos affaires. Taru avait attendu que tout le monde soit assis et demanda : « Alors, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »

« Pourriez-vous faire quelque chose comme ça, » j’avais utilisé une plume pour dessiner sur un bloc de papier que j’avais préparé pour expliquer exactement quel genre de chose je voulais.

Quand elle avait vu mon dessin, Taru avait incliné la tête sur le côté. « La forme elle-même est simple. Mais je pense que ce serait incroyablement difficile. »

« Je m’en doutais, » avais-je soupiré.

« Le fait que tu veux qu’il soit “le plus fin possible”, mais aussi “robuste”, est particulièrement difficile. Si c’était l’un ou l’autre, je pourrais y arriver, mais il est assez difficile d’équilibrer les deux. Et environ combien en veux-tu ? »

« Plus il y en a, mieux c’est. Je les veux par milliers ou par dizaines de milliers. Je ne dis pas que je veux tous les faire ici, bien sûr. J’aurai la même conversation avec d’autres artisans, » déclarai-je.

« Des dizaines de milliers ? » dit Taru, surprise, me regardant de près avec ses yeux de somnambule.

« Qu- Quoi ? » avais-je demandé. « Alors, pouvez-vous les faire ? »

« Avant de répondre, je veux que tu me dises une chose, » déclara Taru d’un ton sérieux. « Comment seront-ils utilisés exactement ? »

J’étais resté silencieux.

Comment seraient-ils utilisés, hein ? J’avais fait une demande étrange, il était donc naturel qu’elle soit curieuse.

Mais est-ce que j’avais le droit de dire pourquoi ici ? Ce serait une chose dans mon propre pays, mais c’était un pays étranger. C’était quelque chose dont j’avais besoin, mais honnêtement, je ne voulais pas révéler trop de choses sur les nouvelles informations révolutionnaires dont disposait mon pays.

« Dois-je vraiment le dire ? » lui avais-je demandé.

« C’est bien ce que tu dois faire. Ou je ne les ferai pas, et je ne t’enverrai pas ailleurs, » déclara-t-elle.

Elle était brusque à ce sujet, alors j’avais chuchoté à Roroa : « Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Je sais que tu ne veux pas dire pourquoi, chéri, mais en regardant ce qu’elle a fait, je pense que cette fille peut faire ce que tu veux, » répondit Roroa.

« Alors, penses-tu que c’est acceptable de révéler comment ils seront utilisés ? » demandai-je.

« Je ne sais pas. Si nous devons nous en procurer tout un tas, c’est bien plus que ce que cet atelier ne pourra gérer seul, alors nous devons espérer que le responsable de ce pays n’est pas trop irréfléchi..., » déclara Roroa.

« Au bout du compte, tout repose là-dessus..., » avais-je murmuré.

Pendant que nous chuchotions, Taru retirait lentement une partie de son cou hors de son tablier, retirant quelque chose entre son tablier et sa chemise. Ce qu’elle nous avait tendu, c’était une pointe de flèche en obsidienne. On aurait dit qu’elle le portait comme un collier. La pointe de la flèche était polie et avait un éclat terne.

Tout en le tenant, Taru déclara : « Cette pointe de flèche était une leçon de mon grand-père, le forgeron. »

« Ça vient de votre grand-père ? » lui avais-je demandé.

« “Un arc et des flèches peuvent être utilisés pour chasser les animaux et remplir l’estomac des personnes, mais ils peuvent aussi être utilisés comme arme pour tuer des gens. La pointe de flèche fait partie de l’arc et de la flèche. Même s’il ne s’agit que d’une partie d’un produit que nous, les artisans, fabriquons, nous devons savoir comment les choses que nous fabriquons seront utilisées”. »

Taru m’avait regardé droit dans les yeux en parlant.

« Pour un artisan, il est de son devoir de savoir comment ce qu’il fait sera utilisé. Si quelque chose que j’ai fait était utilisé pour le mal, ça me rendrait très triste. C’est pour ça que je ne fais pas de choses quand je ne sais pas comment elles seront utilisées. Je ne peux pas. »

« Qu’est-il arrivé à votre grand-père ? » lui avais-je demandé.

« Il est décédé l’année dernière, » répondit Taru.

« Je vois..., » dis-je.

C’était une fille qui prenait à cœur les paroles de son grand-père alors qu’elle dirigeait son atelier. J’avais perdu mon propre grand-père l’année dernière (bien que cette année-là soit passée au calendrier de ce monde pour moi en cours de route), alors j’avais ressenti une étrange parenté avec elle. J’avais toujours eu un faible pour entendre des histoires comme celle-ci. La partie humaine en moi disait : « Ne peux-tu pas juste lui dire ? » alors que la partie de moi qui était un chef disait : « Sois prudents en toutes choses. »

Pendant que je me demandais sérieusement quoi faire, j’avais soudain senti quelque chose de froid dans ma main. Quand j’avais regardé, Juna, qui était assise à côté de moi, avait placé sa main gauche sur ma main droite. Je l’avais regardée avec surprise, mais Juna n’avait rien dit, elle avait juste souri avec douceur.

S’il te plaît, fais ce que tu veux.

J’avais l’impression qu’elle me disait ça. À cet instant, mon cœur s’était allégé au point que la main froide de Juna m’avait fait du bien.

Eh bien... d’accord dans ce cas. Taru semblait avoir bien réfléchi à la question, alors il était probablement prudent de lui dire.

Ayant décidé cela, j’avais posé une question à Taru.

« Puis-je être sûr que cela restera confidentiel ? »

« Est-ce dangereux ? » demanda-t-elle.

« Non, ce n’est pas ça. S’ils sont mal utilisés, ils pourraient l’être, mais on pourrait en dire autant d’un couteau, non ? C’est une partie d’un outil qui sauvera des vies, » répondis-je.

« Un outil qui sauvera des vies ? » Taru pencha la tête sur le côté et je répondis par un signe de tête ferme.

« Ce que je pense faire, c’est une aiguille hypodermique, » déclarai-je.

☆☆☆

Partie 5

En persuadant Brad et Hilde de devenir les deux piliers de mes réformes médicales, j’avais fait deux promesses :

La première était de mettre en place un système national de santé qui permettrait à tout citoyen du royaume de recevoir un traitement médical. La seconde était de faire fabriquer par les meilleurs forgerons du pays des scalpels, des aiguilles pour suturer et d’autres équipements médicaux.

Pour assurer le financement de la première de ces mesures, j’avais donné la priorité à l’augmentation des impôts. Le chemin à parcourir était encore long, mais les choses progressaient régulièrement.

Quant à ce dernier, le développement de l’équipement médical, cela allait bien dans certaines parties, et pas si bien dans d’autres.

La médecine dans ce monde était principalement de la magie blanche (magie de guérison), et des herbes brassées par un guérisseur ou une guérisseuse (bains médicaux), et la chirurgie n’était pratiquée que dans un nombre vraiment limité d’endroits. Les outils pour les chirurgiens étaient extrêmement rares. Brad devait nécessairement commander spécialement cela pour son propre usage. Bien qu’il ait développé des scalpels, des points de suture et des seringues de son propre chef, il y avait des limites quant à leur fonctionnalité. Il n’avait pas été capable de faire ses petits scalpels, et ses seringues étaient beaucoup plus grandes que ce que j’avais l’habitude de voir.

Ses fonds pour la recherche étaient probablement limités, il était donc difficile de le blâmer, mais cela mettait encore beaucoup de pression sur les patients. C’est pourquoi j’avais voulu me lancer dans un projet national d’amélioration de notre équipement médical. J’avais été capable de produire des outils qui satisfaisaient Brad et Hilde pour l’instant, mais je ne pouvais pas encore les mettre en production en série.

Même si j’avais un artisan qui pouvait fabriquer des aiguilles hypodermiques minces, il y avait des limites au nombre d’aiguilles qu’une personne pouvait fabriquer. Elles n’étaient pas produites dans une usine, donc c’était une évidence, et il n’y avait pas beaucoup d’artisans capables de fabriquer une aiguille fine. Dans la situation actuelle où nous essayons d’augmenter le nombre de médecins, nous manquions évidemment d’équipement. Comme l’équipement médical ne pouvait pas être immédiatement réutilisé et qu’il fallait le faire bouillir à nouveau pour chaque patient, le nombre requis avait augmenté.

Nous avions donc de la difficulté à produire de l’équipement médical, mais il semblait qu’il y avait beaucoup d’artisans talentueux dans ce pays qui pouvaient faire des travaux ornementaux détaillés, alors j’avais pensé qu’il serait possible d’établir une production en série dans ce pays.

Notre pays étudiait actuellement de nombreux domaines, et nous étions à court de main d’œuvre partout, alors j’avais pensé qu’il serait peut-être mieux, tout en protégeant nos forgerons existants, de laisser ce qui pourrait être laissé à d'autres personnes à ces autres pays.

Tout en y réfléchissant, j’avais expliqué à Taru l’utilisation d’une aiguille hypodermique. Comme la chirurgie elle-même était inconnue dans la République de Turgis, j’avais dû commencer par là, ce qui avait pris un certain temps.

Une fois que je lui eus donné le récapitulatif, les yeux de Taru s’ouvrirent en grand en raison de son étonnement. « Dans le royaume, vous pouvez guérir les gens sans mages qui utilisent la magie blanche ? Je trouve ça incroyable. »

« Vraiment ? » lui avais-je demandé.

« Dans ce pays, le sol est couvert de neige d’octobre à mars. Ceux qui ont les jambes faibles ne peuvent même pas voyager d’une manière convenable. Si nous avions au moins un médecin dans chaque village, je pense que ce serait beaucoup plus facile de vivre ici, » déclara Taru.

« C’est une politique très attentionnée de la part du roi, » Roroa m’avait souri en disant ça.

C’était un compliment, donc ça ne me dérangeait pas tant que ça, mais quand même.

Taru croisa les bras et fronça les sourcils. « Je comprends que ces aiguilles hypodermiques sont importantes. Je pense qu’avec les artisans de notre pays, vous devriez aussi pouvoir les produire en série. Je veux relever le défi. Je crois que c’est un travail qui va me faire vibrer le cœur, » déclara Taru.

« Oh ! Alors vous allez..., »

... prendre le travail, j’allais le dire, mais Taru avait levé deux doigts.

« Pourtant, même si je les fais, il y a deux problèmes majeurs pour les amener au royaume. Premièrement, l’exportation d’armes vers un autre pays nécessite l’autorisation de l’État. S’il ne s’agit que d’aventuriers qui achètent des armes pour leur usage personnel et les utilisent, ils ne seront pas accusés de quoi que ce soit, mais si nous exportons un produit en grande quantité, nous devons obtenir l’autorisation du gouvernement. C’est pareil au Royaume de Friedonia, non ? » demanda Taru.

« Eh bien... oui, c’est vrai..., » déclarai-je.

Il était vrai que notre pays avait également géré l’importation et l’exportation d’armes.

Ce n’était pas tout à fait au niveau des interdictions de l’époque d’Edo sur les armes à feu entrant dans la ville et les femmes sortantes, mais... des quantités excessives d’armes importées d’ailleurs dans le pays pourraient constituer une menace pour la paix. Si les armes étaient sorties du pays, cela diminuerait notre capacité de nous défendre, et si elles étaient introduites, cela pourrait préfigurer une rébellion. C’est pourquoi, dans tout pays, l’importation et l’exportation arbitraire d’armes sont réprimées.

« Mais les aiguilles ne sont pas des armes, n’est-ce pas ? » avais-je dit.

« Si c’est le cas, vous devrez le prouver aux autorités. Aucun pays n’a jamais eu d’aiguilles avant cela, il sera donc difficile de dire d’un coup d’œil si elles sont des armes ou non. Si nous essayons, de les vendre sans garantie qu’elles ne sont pas des armes, il y a un risque de problèmes, » déclara Taru.

« Si ce ne sont que des aiguilles, personne ne pensera que ce sont des armes, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Même s’ils ne sont pas eux-mêmes des armes, tout sera fini si on les soupçonne d’être des pièces d’armes, » déclara Taru.

« Je comprends votre point de vue..., » dis-je.

Malheureusement, Taru avait raison.

C’était vrai, si quelqu’un qui n’était pas familier avec les seringues voyait une aiguille hypodermique toute seule, il ne serait pas tout à fait sûr que ce n’était pas une arme. Si nous devions expliquer leur utilisation chaque fois que nous étions arrêtés à l’entrée d’une ville ou à la frontière, ce serait un problème, et il n’y avait aucune garantie qu’ils nous croiraient. Après tout, il me semblait que j’aurais besoin de demander la permission de ce pays pour les importer et les exporter.

Mais ce pays était une république, non ? Techniquement, ils avaient un chef d’État. Mais jusqu’à ce que je voie l’équilibre des pouvoirs entre leur chef d’État et le Conseil des Chefs, je ne savais pas trop qui convaincre. C’était un vrai ennui.

J’avais besoin d’y réfléchir plus attentivement.

« Alors, quel est l’autre problème ? » lui avais-je demandé.

« C’est une question d’expédition. Les hivers dans ce pays sont longs. La terre est recouverte par la neige et la mer est recouverte de glace. Vous avez dit que vous en vouliez des dizaines de milliers, ce qui signifie qu’il y en a toujours besoin, n’est-ce pas ? C’est une chose en été, mais comment voulez-vous les transporter en hiver, alors que les routes terrestres et maritimes sont inutilisables ? » demanda Taru.

« Je me le demande..., » je ne pouvais que tenir ma tête. C’est vrai, l’expédition serait un problème.

Même dans le Royaume de Friedonia, le sud était enfermé dans la neige et la glace en hiver. Il semblerait qu’il serait vraiment difficile d’obtenir des expéditions de la République de Turgis, où les hivers étaient plus longs et plus rigoureux. Il s’agissait d’un pays étranger, alors je ne pourrais pas déployer un réseau de transport.

J’avais demandé à Roroa en chuchotant : « Pour l’instant, pouvons-nous seulement échanger avec eux pendant l’été ? Même pour ça, il nous faudrait une autorisation officielle, j’en suis sûr. Qu’est-ce que tu en penses ? »

Roroa porta une main à sa bouche et y réfléchit avant d’y répondre. « Ouais... Mais si tu as décidé de le faire, chéri, je pense que tu devrais négocier directement avec leurs hauts fonctionnaires. Si tu essaies de faire avancer les choses en tant que commerçant, il faudra du temps pour que les rapports sur ce qui se passe s’accumulent. »

« Me dis-tu de ne pas négocier sous un faux nom, mais comme Souma Kazuya ? » demandai-je.

« On ne peut pas rencontrer les responsables en portant un masque, n’est-ce pas ? » me demanda-t-elle en retour.

« D’accord, » dis-je. « Eh bien, je suppose qu’on doit ramener cette affaire pour quand je serai à la maison. Juste au moment où il semblait que nous pouvions les produire en masse, aussi... »

Tandis que mes épaules s’affaissaient de résignation, Taru nous regardait bizarrement. « Je croyais que vous étiez le jeune maître et son employée ? Vous avez l’air d’agir d’égal à égal selon moi. »

Argh... N’était-ce pas naturel à l’instant, n’est-ce pas ? Roroa s’était toujours sentie comme ma partenaire quand il s’agissait d’affaires comme ça.

« Mwahahaha, tu trouves ? » Roroa ricana. « Je ne suis pas n’importe quelle vieille employée. Après tout, je suis sa maîtresse avec l’approbation de sa femme Juna ! »

Après ça, Roroa m’avait serré le bras. Attends ! Une maîtresse que ma femme approuve !?

C’est quoi cette histoire ridicule ? Maintenant, je dois jouer le jeu !?

Je voulais me plaindre, mais on était devant Taru, alors je m’étais retenu.

Roroa souriait joyeusement en me regardant. Pourquoi cette petite... ? Elle savait que je ne pouvais pas la corriger ici, alors elle l’avait encore plus fait.

L’air semblait avoir gelé. Pendant que Juna souriait, il y avait une intensité étrange et Tomoe avait paniqué quand elle avait vu son visage.

Sentant le malaise dans l’air, Taru avait un peu reculé.

« Est-ce... aussi lié à votre situation familiale ? » demanda Taru.

« J’aimerais que vous ne fouiniez pas..., » c’était tout ce que j’avais pu dire.

Soudain, Juna s’était levée. « Chéri, nous allons nous excuser un moment. »

« Hein, Juna ? » demandai-je.

Elle avait le même sourire plâtré qu’avant. Puis elle se tint derrière Roroa et posa les mains sur ses épaules.

L’expression de Roroa s’était instantanément raidie. C’était un pays froid, mais elle transpirait beaucoup.

« E-Euh, Ju... Madame, y a-t-il un problème ? » Roroa avait tourné son cou pour regarder Juna.

Elle avait souri en disant : « Pourquoi n’irions-nous pas prendre l’air toutes les deux ? »

« Non... Je veux rester ici... tu sais..., » commença Roroa.

« Ne sois pas comme ça. Viens avec moi. Mlle Roroa, la maîtresse que j’approuve personnellement, » déclara Juna.

Il y avait un poids à ces mots qui ne permettait pas d’argumenter.

On disait que « plus la personne était calme, plus elle est fâchée », et il semblait que Juna soit ce genre de personne.

Roroa avait regardé dans ma direction. Ses yeux avaient crié, A-Aide-moi !

Mais j’avais simplement secoué la tête en silence. Tu plaisantais trop, Roroa. Fais avec.

Je-Je viens de m’emporter !

Trouve donc des excuses à Juna...

Noooooooooooooonnnnn...

« Heehee ! Devrions-nous aller sur notre... hm ? »

Juste au moment où Juna se préparait à emmener Roroa, c’était arrivé.

Bruit sourd... Bruit sourd... Il y avait un bruit de tremblement de terre au loin. En même temps, la pièce avait tremblé. C’était un tremblement de terre de faible magnitude.

Les outils accrochés aux murs vibraient. Le son et les secousses devenaient de plus en plus forts.

« Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce un tremblement de terre ? » demanda Roroa.

« Cela semble... un peu étrange que ce soit le cas, » dit Juna.

« Tomoe, si les secousses deviennent plus fortes, tu te réfugies sous la table, » avais-je ordonné.

« D-D’accord ! » déclara Tomoe.

Pendant que nous paniquions, l’expression de Taru n’avait pas du tout changé. De plus, elle soupira en disant : « Ce n’est pas un tremblement de terre. C’est juste un idiot qui arrive. »

« Un idiot ? » lui avais-je demandé.

Puis le tremblement s’était calmé, et Hal s’était précipité dans l’atelier. « Hé ! Il y a un truc énorme dehors ! »

Un truc énorme ?

☆☆☆

Partie 6

Quand nous étions tous sortis, il y avait ce truc énorme et poilu qui se tenait là. Il était là au moment où nous avions ouvert la porte, alors j’avais laissé sortir malgré moi un « Whoa », et j’étais resté abasourdi. Puis, à ce moment-là, j’avais vu le visage de la chose poilue.

Son nez long et épais.

Il y avait quatre grosses défenses bien solides.

Les yeux étonnamment perçants qui se détachaient sous ses cheveux touffus. Si je devais décrire la créature qui se dressait devant moi...

Un mammouth à quatre défenses !?

Ses poils étaient assez longs pour toucher le sol, et ses pattes étaient assez courtes, mais cela semblait être une bonne description de la créature. Je savais que les gens de ce pays élevaient en liberté des créatures à poil long comme bétail. Cependant, c’était trop pour moi de reconnaître instantanément cette chose devant moi comme un mammouth.

Une fois, alors que grand-père m’avait emmené à un événement au musée des sciences, j’avais vu une reproduction du squelette d’un mammouth. Sa hauteur du sol jusqu’à ses omoplates faisait environ quatre, ou peut-être cinq mètres.

Celui devant moi semblait être à une dizaine de mètres.

J’avais l’habitude de voir des créatures massives comme les rhinosaurus et les dragons, mais c’était un peu différent de voir une version plus grande d’une créature de mon ancien monde.

Puis le mammouth à quatre défenses avait fléchi les pattes avant et s’était assis. À cet instant, ses poils touchèrent le sol et s’étalèrent. Même assis, il était encore énorme. C’était probablement seulement deux ou trois mètres plus bas.

Pendant que je réfléchissais à cela, une voix qui semblait appartenir à un jeune homme était venue d’en haut. « Hm ? C’est inhabituel. D’habitude, il n’y a pas beaucoup de monde à cet atelier. »

Le mammouth a parlé !

Ouais... non. Ce n’était pas possible.

On aurait dit la voix d’un jeune homme, alors il chevauchait probablement ce mammouth.

« Sire, derrière moi. » Aisha s’était précipitée pour se placer devant moi.

Hal et Kaede étaient tendus et prêts pour l’action, pendant que Juna attendait subtilement à mes côtés.

Peut-être parce qu’un animal aussi massif s’était soudainement montré, tout le monde était passé en mode combat.

Roroa, étant un non-combattant, avait emmené Tomoe et évacué vers un endroit un peu plus loin. Sentant probablement notre malaise, la voix s’était transformée en menace.

« Qui êtes-vous, les gars ? Vous n’avez pas l’intention d’attaquer cet atelier, n’est-ce pas ? »

« Euh !? Non, nous ne le voulons pas ! Nous sommes..., » commençai-je.

« Oookyakya! » Avant que je puisse expliquer, quelqu’un avait sauté du mammouth.

Celui qui s’était retourné en plein air avant d’atterrir était un homme singe blanc. Un singe blanc... Était-il l’une de la race des singes des neiges, l’une des Cinq Races des Plaines Enneigées ?

Il mesurait environ cent soixante centimètres de haut et semblait d’un coup d’œil avoir quinze, peut-être seize ans. Plutôt que d’avoir le visage d’un singe, il avait de grandes oreilles et de longues pattes, et ce que l’on pourrait appeler des traits de singe.

Même dans ce climat frais, il portait une chemise à manches courtes et un pantalon mi-long, et les bras et les jambes qui en sortaient avaient des poils épais de la même couleur que les cheveux sur sa tête. Il avait une longue queue de lémurien qui sortait de son pantalon mi-long, et si je devais le décrire rapidement, il ressemblait à une version réelle de Sun Wukong (version singe blanc) de Journey to the West. Ce (blanc) Sun Wukong avait poussé sa main comme s’il prenait une pose.

« Oookyakya ! Vous avez du culot d’essayer d’entrer de force dans l’atelier de Taru ! Moi, le grand Kuu Taisei, je n’ai aucune pitié devant une telle insolence ! J’espère que vous êtes prêt à..., » commença-t-il.

 

 

« Maître Kuu ! » Une faible voix cria du haut de son mammouth. Une fille aux oreilles de lapin avait sorti la tête et avait crié : « S’il te plaît, ne cherche pas soudainement la bagarre avec les autres ! »

Cette fille d’environ dix-sept ans était apparemment membre de la race des lapins blancs, comme la dame qui tient le magasin en ville. Celle-là ressemblait plus à une fille-lapine, bien qu’elle portait un épais manteau qui ne montrait pas beaucoup de peau.

La fille sauta à côté de Kuu. « Si tu fais une scène, ton père se fâchera à nouveau, tu sais ? »

« Oookyah ? Mais, Leporina, ces types sont armés, donc ce sont des bandits, non ? Tu crois que je peux attendre quand l’atelier de Taru est sur le point d’être attaqué ? » demanda Kuu.

Bandits... ? On aurait dit qu’on avait été mal compris.

 

 

La fille nommée Leporina avait posé une main sur sa hanche et avait dit : « Voyons, ce n’est clairement pas le cas. Regarde par là. Vois-tu la petite fille, hein ? Quel bandit emmène une enfant lors d’une attaque ? Ce ne sont que des aventuriers ordinaires qui ont été surpris par ton numoth, n’est-ce pas ? »

Alors qu’elle disait ça, Leporina avait caressé d’une main le torse du... numoth tout en montrant Roroa et Tomoe de l’autre.

Les yeux de Kuu s’étaient ouverts en grand en raison de la surprise. « Oookyah ? Tu as raison, il y a une jolie fille. »

Avant que je puisse l’arrêter, Kuu s’était dirigé vers Roroa. Cachant Tomoe derrière elle, Roroa posa ses mains sur ses hanches et fixa Kuu du regard.

« Ah ! Hey... » commençai-je.

« Quoi ? Je ne peux pas te laisser succomber à ma jolie frimousse, » déclara Roroa. « J’ai déjà un homme à qui j’ai donné mon cœur. »

« Hein ? Je n’ai rien à faire avec quelqu’un comme toi qui n’en a pas. »

« Qui n’en a pas... ? » Le regard de Roroa s’est dirigé vers sa propre poitrine, puis ses yeux se sont écarquillés.

Tandis que Roroa émettait une exclamation silencieuse de surprise, Kuu jeta un coup d’œil derrière elle.

Il en avait après Tomoe !?

« Tu es mignonne ! Quel est ton nom ? » demanda Kuu.

« T-Tomoe..., » répondit-elle.

« Tomoe, hein ! C’est un joli nom ! Hé, Tomoe..., » déclara Kuu.

« O-Oui... ? » demanda Tomoe.

« Veux-tu être ma fiancée ? » demanda Kuu.

Avec ces mots, l’atmosphère s’était figée. Le climat était déjà froid au début, mais maintenant il faisait encore plus froid.

Tomoe... sa fiancée ? Ils venaient juste de se rencontrer, et cet homme essayait déjà de mettre la main sur notre mignonne petite sœur ? En un rien de temps, j’avais senti la colère qui émanait d’Aisha à mes côtés.

C’était... un défi pour nous, non ?

On devait faire en sorte de le remettre à sa place.

« Aisha, » dis-je vivement.

« Qu’y a-t-il, sire ? J’ai envie de découper un singe, là, » déclara Aisha.

« Je vais l’autoriser, » déclarai-je.

Le sang m’était monté à la tête parce qu’il s’était moqué de Roroa, un membre de ma famille, et avait essayé de draguer ma petite sœur, Tomoe. Comme, il y avait une histoire dans mon ancien monde, n’est-ce pas ? Tuer un singe-démon était un travail pour le chien, Shippeitarou. Quand j’étais sur le point d’envoyer le féroce chien Aisha sur ce singe insolent...

« Vous deux, calmez-vous, » ordonna Juna.

« « Gwuh ! » »

Juna nous avait attrapé tous les deux par le cou. Incapable de respirer, je m’étais retourné pour la regarder, et Juna m’avait réprimandé, la colère s’infiltrant dans son sourire.

« Vous deux, c’est un autre pays, le réalisez-vous ? Vous avez tous les deux vos positions à prendre en considération, alors, veuillez vous abstenir de faire quoi que ce soit qui puisse causer des ennuis, » déclara Juna.

« Euh, d’accord..., » dis-je.

« D-Désolée, » déclara Aisha.

« Franchement... Écoutez, Sire, Madame Aisha. » Juna m’avait enfoncé un doigt dans la poitrine, puis, avec un puissant sourire, elle avait mis son visage entre celui d’Aisha et le mien. Puis elle nous avait murmuré à l’oreille. « Dans des moments comme celui-ci, il faut s’en débarrasser d’une façon qui ne sera jamais découverte. »

« « Quoi !? » »

Aisha et moi avions fini par fixer Juna malgré nous.

Puis Juna avait dit : « Hee hee, je plaisante » et elle nous avait fait un sourire charmant.

Même si j’étais soulagé que ce soit une blague... en ayant juste vu à quel point elle était effrayante quand elle était en colère, je doutais qu’il s’agisse vraiment d’une blague.

Peut-être que la colère que j’avais vue s’infiltrer dans son sourire n’avait elle pas été dirigée contre nous deux, et que Juna était aussi en colère contre le comportement de Kuu ? Quand j’avais regardé Juna, considérant cela...

« Si je dis que c’est une blague, c’est une blague, » insiste-t-elle avec un sourire.

Ouais. Mieux vaut ne pas trop y penser, pensai-je.

Peu importe la façon dont j’y pensais, ça provoquerait des ennuis dont je n’avais pas besoin. Grâce à elle, j’avais surtout réussi à m’éclaircir la tête. Pour l’instant, j’étais plus inquiet pour Tomoe et Roroa.

En regardant par-dessus, Roroa se disputait avec Kuu. « Hé, toi ! Tu as dit que je n’en avais pas, alors pourquoi essaies-tu de séduire une petite fille comme elle, hein ? »

« Hein ? Me comprends-tu mal ? Ce que je disais, c’est que tu n’as pas de fourrure, d’accord ? » déclara Kuu.

« Hein ? Fourrure ? » demanda Roroa.

En voyant Roroa si décontenancée, Kuu ricana. « J’aime les filles comme elle qui ont les oreilles et la queue poilues. Ça, et cette fille a l’air de devenir une vraie bombe dans dix ans. J’ai pensé lui faire une offre maintenant. Alors, qu’est-ce que t’en dis ? Veux-tu être ma femme ? »

Whup, whup, whup, whup! Tomoe secoua la tête en silence, mais vigoureusement à droite et à gauche.

Derrière moi, j’avais senti un regard intense. Quand j’avais fait demi-tour, Inugami, son garde du corps, regardait fixement dans cette direction. Il semblait cacher sa soif de sang pour que sa cible ne s’en aperçoive pas, mais la lueur dans ses yeux m’avait dit : S’il vous plaît, permettez-moi de faire disparaître cette ordure.

Oui... Quand il y a quelqu’un de plus fâché que toi, ne te calmes-tu pas soudainement ?

Une fois calme, j’avais approché Kuu. J’avais dû reconnaître qu’il avait un œil vif pour avoir reconnu la beauté de Tomoe. Cependant, en tant que frère aîné, je ne donnerais pas ma petite sœur à un homme qu’elle venait de rencontrer.

« Vous dérangez ma sœur, puis-je vous demander d’arrêter ? » lui avais-je froidement demandé.

Les yeux de Kuu s’étaient écarquillés. « Hein ? Es-tu le grand frère de cette fille ? Tu n’en as pas l’air. »

« Nous avons une situation familiale compliquée, » répondis-je.

« Hmm... On dirait qu’elle m’a rejeté de toute façon, donc je n’ai pas vraiment le choix. Oookyakya. » Après avoir dit ça, Kuu entrelaça ses doigts derrière sa tête et sourit.

Voyant qu’il n’avait pas l’air si déçu que ça, la proposition de tout à l’heure devait être presque entièrement une plaisanterie. Bien sûr que ça l’avait été. Il venait à peine de la rencontrer, et Tomoe n’était encore qu’une enfant. S’il n’avait pas ce genre de prédilection, il n’y aurait aucune chance qu’il la demande en mariage sérieusement. On aurait dit que c’était nous qui avions besoin de nous calmer.

En y repensant, j’avais réalisé que nous n’avions pas encore échangé nos salutations et, après avoir repris mon souffle, j’avais tendu la main vers lui.

« Je suis Kazuma Souya, un marchand du Royaume de Friedonia, pour enquêter sur d’éventuelles marchandises commerciales. Ces gens ici sont ma famille et mes employés. »

« Oh, rien que ça. Tu aurais dû le dire dès le départ, » Kuu avait accepté ma main et l’avait serrée vigoureusement. Ça fait un peu mal. « Je suis Kuu Taisei. Taru et moi sommes des amis d’enfance. Je suis venu parce que je me suis dit que la chose que j’avais commandée devait être à peu près terminée, mais j’ai vu qu’il y avait des gars costauds avec des armes autour de l’atelier. J’ai pensé que vous vous apprêtiez à attaquer l’endroit, alors ça m’a mis sur mes gardes. »

« Nous pourrions dire la même chose, » répliquai-je. « Quand vous êtes monté sur cette énorme créature, c’était naturel que nous soyons sur nos gardes jusqu’à ce que nous découvrions ce qui se passait. »

« Oookyakya. Sans blague. Mais mon numoth est plus docile qu’il n’en a l’air, » déclara Kuu.

Comme si elle répondait à Kuu, le numoth poussa un cri.

En entendant sa voix, Tomoe s’approcha de moi et me murmura à l’oreille. « Hmm, Monsieur le Numoth dit, “Je suis désolé de vous avoir effrayée, jeune fille”. »

« Il est étonnamment gentleman !? » murmurai-je.

Peut-être que ce numoth était une meilleure personne que son maître... ? Euh, non, ce n’était pas une personne, c’était un pseudo-mammouth, mais quand même.

Puis Kuu avait posé une question. « Alors, pourquoi êtes-vous venus à cet atelier ? C’est à l’extérieur de la ville, n’est-ce pas ? »

« Nous sommes venus rendre visite à cet atelier parce que nous avons entendu dire qu’il y avait un artisan talentueux ici, » avais-je dit. « J’ai pensé que la personne ici présente pourrait peut-être créer l’objet auquel je pensais en tant que bien commercial. »

« Oh ! Si tu as découvert le talent de Taru, tu as bon goût. Taru n’a peut-être pas de courbes, mais elle a des compétences comme aucun autre forg — Ow, ça fait mal ! »

Kuu avait soudainement saisi sa tête et s’accroupit. Derrière lui se tenait Taru, brandissant le gourdin avec le mille-pattes doré qui était appuyé contre le mur de son atelier. Il avait produit un bon son, donc elle avait dû frapper Kuu à la tête avec.

Taru avait l’air irritée. « Ne dis pas que je n’ai pas de courbes. Et ne drague pas les filles devant mon commerce. »

« Oh-ho ? Es-tu jalouse ? » demanda Kuu.

« Veux-tu que je te frappe encore ? » demanda Taru.

« Hehe hehe, je vais m’abstenir... Attends, est-ce ce que j’ai commandé ? » demanda Kuu.

Kuu sauta, arracha le gourdin des mains de Taru, puis le tourna comme un moulin à vent. Il ressemblait à Sun Wukong en train de balancer le Ruyi Bang. Après avoir balancé le gourdin verticalement et horizontalement, et sauté autour de lui, puis Kuu s’était soudainement arrêté.

Ohhhh, c’était un peu comme les arts martiaux chinois.

« Ça fait du bien. C’est bien ma Taru. Tu fais du bon travail. Je t’aime, » déclara Kuu.

« Je n’ai pas besoin de ton amour, » déclara Taru. « Je veux juste être payée pour mon travail. »

« Je vais payer. Bon sang... Tu agis toujours aussi froidement, » déclara Kuu en boudant un peu.

Hein ? Il allait très bien quand Tomoe l’avait rejeté avant, mais il avait fait ce genre de visage quand Taru était froide avec lui ?

Oh, je comprends... Alors, c’est comme ça, pensai-je.

C’était un type très facile à comprendre.

« Ah..., » déclara Taru, semblant avoir réalisé quelque chose. « C’est peut-être une bonne occasion. Pouvons-nous dire au stupide maître de quoi nous parlions tout à l’heure ? Ça pourrait résoudre un de nos problèmes. »

« Euh... De quoi parlions-nous déjà ? » lui avais-je demandé.

« La partie sur le fait d’avoir besoin de la permission de ce pays pour faire un marché. Ce stupide maître a des liens avec les plus hauts gradés de ce pays. Après tout... malgré tous ses défauts, c’est le fils de l’actuel chef de l’État. »

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre.

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