Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 7 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Un grand homme en devenir

Partie 3

En examinant l’endroit le plus bruyant de la pièce, Aisha et Kuu étaient assis devant de grandes assiettes pleines de nourriture, en compétition pour savoir qui pouvait manger le plus et le plus vite pour une raison ou une autre. Il semblait que Kuu, influencé par la façon dont Aisha mangeait, l’avait défiée. La compétition était apparemment de voir qui pouvait nettoyer une assiette empilée haut avec de la nourriture en premier.

« « Miam, miam, miam, miam, miam, miam... » »

Ils empilaient désespérément de la nourriture dans leur bouche.

Dans un simple concours pour manger le plus possible, je n’aurais pas pensé qu’il était possible pour Aisha de perdre, mais, avec l’élément vitesse, qui l’aurait cru ? À première vue, la nourriture disparaissait de leurs assiettes à peu près à la même vitesse.

« Miam, miam, miam... » (Oookyakya, tu n’es pas mauvaise, pour quelqu’un d’aussi mince.)

« Miam, miam, miam... » (Vous aussi. Je suis impressionnée.)

Leurs yeux se croisaient de temps en temps, et quand ils le faisaient, ils semblaient avoir un échange du genre.

Ils étaient observés par une Roroa exaspérée et une Tomoe déconcertée.

« Franchement... Grande Soeur Ai. Pourquoi fais-tu un concours du mangeur le plus rapide ? » demanda Roroa.

« Aisha mange plus vite que jamais, » commenta Tomoe.

« Tomoe, ne la laisse pas te battre. Mange. Tu ne grandiras pas autrement, tu sais ? » déclara Roroa.

« Si je mange beaucoup, pourrais-je me développer comme l’est Aisha ? » demanda Tomoe.

« Ça doit être sympa de pouvoir se développer..., » déclara Roroa.

J’étais presque sûr que Tomoe parlait de taille, mais Roroa regardait sa poitrine avec des yeux de poisson mort. Elle avait dû être déprimée quand elle avait imaginé que notre petite sœur deviendrait plus grande qu’elle à l’avenir. Je pense qu’elle venait de choisir une personne démunie pour la comparaison, et ce n’était pas comme si elle n’en avait pas, mais... aborder le sujet avec elle trop profondément serait suicidaire, alors j’avais décidé de ne pas le faire.

Puis, regardant vers un autre endroit, Hal et Kaede buvaient avec Taru et parlaient de quelque chose. Hal avait posé une question alors qu’il servait un autre verre à Kaede.

« Taru, vous êtes forgeron, n’est-ce pas ? Savez-vous quelle sorte d’arme me conviendrait ? » demanda Hal.

« Quel genre d’arme voulez-vous ? » demanda Taru.

« Je me spécialise dans les armes recouvertes de flammes que je lance. Mais avec des lances ordinaires, elles brûlent après les avoir lancées une seule fois. Face à ça, les lances magiquement enchantées coûtent cher, donc je ne peux pas les jeter comme je le veux, et sur le champ de bataille, il y a beaucoup de problèmes pour les récupérer, » répondit Hal.

« Ça, et Hal monte souvent sur Ru... une grande créature, » ajouta Kaede. « Donc cela serait mieux avec une arme qu’il peut utiliser en se trouvant sur le dessus d’une créature comme ça. Comprenez-vous ? »

La grande créature sur laquelle Hal montait souvent était Ruby, mais elle n’en avait pas parlé. Si les autres apprenaient que Hal avait un contrat avec un dragon sans être de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, ils allaient se demander qui il était, alors elle avait gardé cette partie vague.

« Dans ce cas, il y a une arme appelée la Lance du Serpent Double. » Taru semblait avoir réfléchi pendant qu’elle en parlait.

« Lance du Serpent Double ? » demanda Hal. « Quel genre d’arme est-ce ? »

« C’est comme un serpent à deux têtes qui a une deuxième tête au bout de la queue. Il s’agit en gros d’une arme avec deux lances reliées à la base. Elles sont reliées à une fine chaîne, et si vous en utilisez une comme lance de lancer, vous pouvez tirer sur l’autre pour la récupérer. À l’origine, cette arme a été conçue pour quelqu’un montée sur une grosse bête comme l’imbécile de maître afin qu’il puisse attaquer les soldats à ses pieds, » déclara Taru.

« Hmm ! Ça ressemble à une arme géniale, » répondit Hal.

Hal semblait impressionné, mais Taru secoua légèrement la tête.

« C’est juste... que c’est incroyablement difficile à utiliser. La longueur de la chaîne peut être ajustée avec la magie d’enchantement, mais plus elle s’allonge, plus il faut de technique et de force pour l’utiliser. Elle n’est donc pas très utilisée, même dans notre pays, » déclara Taru.

« Je pense que ça devrait aller, » Kaede avait rajouté. « S’il y a bien une chose en laquelle Hal peut avoir confiance, c’est sa force. »

« Tu es dure... Tu n’aurais pas pu trouver une façon plus aimable de dire ça ? » demanda Hal.

« C’est l’amour qui me fait chercher une arme pour t’empêcher de mourir sur les champs de bataille, non ? » déclara Kaede.

« Argh... »

En voyant Hal se faire écraser verbalement par Kaede, Taru gloussa. « Si je me souviens bien, nous en avons un en stock à l’atelier. Je pense que ce serait une bonne idée de tester d’abord comment ça marche pour vous. Si vous l’aimez, j’accepterai une commande. »

« Oh ! Merci, je compterai sur vous, » déclara Hal.

« Nous allons accepter cette offre, vous savez, » ajouta Kaede.

Les trois avaient cogné leurs coupes ensemble. Un marché avait-il été conclu ? J’espérais qu’il trouverait une bonne arme.

Quant à ceux d’entre nous qui restèrent, Juna, qui jouait le rôle de ma femme était assise à côté de moi, et la lapine blanche Leporina versait les boissons. En partie parce que nous étions assis directement sur le sol, et non sur des chaises, cela me faisait penser à une réception à la japonaise dans une salle de tatami.

« Je suis désolée, » déclara Leporina en versant du lait fermenté dans ma coupe. « Normalement, divertir nos invités serait le travail de Maître Kuu... »

« Non, non, non, je suis extrêmement reconnaissant d’avoir un tel festin de bienvenue, » déclarai-je.

« Ça m’aide beaucoup de vous entendre dire ça. Oh, laissez-moi aussi m’occuper de votre femme, » déclara Leporina.

« Heehee. Je vous remercie. » Juna demandait également à Leporina de lui servir à boire. Elle avait l’air d’être de bonne humeur.

« Tu as l’air de t’amuser, Juna, » dis-je.

« Oui. On ressemble tellement à un mari et une femme maintenant, » répondit-elle.

« T-Tu le penses vraiment... ? » demandai-je.

C’était plutôt embarrassant. Leporina nous regardait avec un grand sourire.

Juna avait ramassé quelque chose qui se trouvait dans un pot voisin dans un bol en bois et me l’avait offert. « La cuisine d’ici est si nouvelle pour moi aussi. Cette soupe est délicieuse. »

« Oh, ouais ? D’après ce que j’ai vu... c’est comme de la soupe aux quenelles, » déclarai-je.

Il y avait des légumes racines et de minces boulettes blanches qui flottaient dans un bouillon semblable à de la soupe miso faite avec du miso rouge.

J’avais bu une gorgée, et une saveur inattendue s’était répandue dans ma bouche. Ce n’était pas de la soupe miso, c’était du ragoût de citrouille. Les quenelles étaient vraiment des quenelles, mais elles étaient minces et étirées. C’était comme... Comment dois-je le dire ? C’était comme un croisement entre le houtou et le ragoût de citrouille.

« Ce n’est pas le goût auquel je m’attendais, mais... c’est bon, » déclarai-je.

« Je suis d’accord, » Juna avait acquiescé. « D’une certaine façon, ça réchauffe le corps. »

« Heehee ! Ce ragoût de citrouille est un vieux standard dans notre pays, vous savez ? » Leporina expliqua avec empressement alors que Juna se léchait les lèvres. « C’est difficile de mettre la main sur les légumes-feuilles dans notre pays, mais on peut trouver beaucoup de citrouilles. C’est pourquoi nous avons une grande variété de plats à base de citrouille. Beaucoup de nos confiseries utilisent aussi de la garniture à la citrouille ou de la crème de citrouille. Cependant, ils utilisent beaucoup de sucre, de sorte qu’ils peuvent avoir un goût trop sucré pour ceux qui viennent de l’extérieur du pays. »

« Oh ? Vous avez beaucoup de sucre ? » lui avais-je demandé.

« Oui. Comme pour les citrouilles, on a aussi beaucoup de betteraves, » déclara Leporina.

Betteraves. Elle parlait de betteraves à sucre.

Comme leur nom l’indiquait, il s’agissait de l’une des plantes à partir desquelles on pouvait fabriquer du sucre. La plus grande partie du sucre qui circulait dans notre pays provient également de la betterave à sucre. Il y avait aussi le sucre d’érable, qui pouvait être récolté sur les érables. Comme la canne à sucre ne pouvait être cultivée que dans certains endroits du nord du royaume, il n’y avait pas beaucoup de sucre de canne en circulation.

Ils pourraient récolter beaucoup de betteraves dans ce pays, hein...

« La nourriture est l’un des endroits où une terre montre vraiment son caractère, » avais-je commenté.

« Vous avez tout à fait raison, » déclara Leporina. « Mais ce n’est que récemment que nous avons commencé à mettre des boulettes de quenelles dans le ragoût de citrouille, vous voyez ? Nous avons commencé à les mettre après qu’un marchand amidonien nous ait dit que vous pouviez manger la racine de la plante du lys séduisante. »

« Attendez, était-ce des boulettes de lys utilisant la racine du lys !? » demandai-je.

« Tout à fait. Il semble qu’une divinité connue sous le nom de Seigneur Ishizuka, le Dieu de la Nourriture, descendit sur Amidonia et leur enseigna qu’elles étaient comestibles. Grâce à cela, nous avons pu manger une soupe qui était autrefois un plat d’accompagnement comme plat principal. Nous devons rendre grâce à ce dieu, » déclara Leporina.

« « ... » » Nous étions tous silencieux.

Je n’aurais pas pensé que la culture alimentaire que nous répandions en Amidonia atteindrait aussi ce pays.

De plus, Poncho avait été élevé à la divinité en tant que Dieu de la Nourriture, non seulement en Amidonia, mais ici aussi... Les rumeurs avaient tendance à exagérer, mais au rythme où ça se passait, je me demandais si quelqu’un pourrait construire un temple pour le dieu Ishizuka.

Oh, Poncho, où allez-vous ? Il ne le savait probablement pas lui-même.

Kuu était venu en se caressant le ventre. « Hé, vous deux. Vous amusez-vous ? »

« Oui, merci, » déclarai-je. « Et toi ? Le concours de bouffe est-il terminé ? »

« Oookyakya ! Cette fille est coriace. Manger vite est une chose, mais je n’avais aucune chance contre elle quand il s’agissait de quantité. Je suis choqué qu’elle puisse en emporter autant et manger encore plus. »

Aisha avait-elle gagné le concours ? Eh bien ! Rétrospectivement, ça semblait être une conclusion évidente.

Kuu avait pris la coupe de Leporina et s’était placé à côté de moi. « Je m’occupe du reste, pour que tu puisses aller rejoindre les autres, Leporina. »

« D’accord, » Leporina fit signe de la main et alla là où se trouvaient Aisha et les autres.

Juna avait alors dit : « Je vais aussi aller voir Aisha et les autres, » puis elle avait quitté sa place.

On aurait dit qu’il n’y aurait que nous, buvant en tête-à-tête ici. On s’était servis à boire, puis on avait porté un toast.

Kuu avait bu son verre en une gorgée, puis il avait ri avec joie. « Ouf ! L’alcool que tu bois à un festin possède un goût spécial. »

« Cette réplique n’est-elle pas un peu trop vieille pour un garçon de 15 ans ? » avais-je commenté.

« Oookyakya ! Ne t’inquiète pas pour ça. Le fait de mettre de côté l’âge et le rang est la seule façon de faire la fête, » déclara Kuu.

« ... Ah oui ? » demandai-je.

 

 

J’avais servi un autre verre à Kuu. Et cette fois-ci, Kuu avait dégusté son verre, puis il m’avait tapé avec sa main sur l’épaule. Quoi ? Quoi ? Cherchait-il à se disputer avec moi ? C’était ce que je pensais, mais...

« Alors, comment c’est, Kazuma ? » demanda Kuu.

« Comment est quoi ? » demandai-je.

« Je parle de ce pays. T’amuses-tu bien ? » demanda Kuu.

J’y avais réfléchi un peu avant de répondre. « Oui. Je pense que c’est un bon pays. Il y a des sources chaudes, et les plats locaux et le lait fermenté sont délicieux. Vous avez aussi des artisans compétents, alors je pense que c’est un pays attrayant. »

« Oookyakya ! Oui, c’est bien vrai. J’aime aussi ce pays. » Kuu avait fait un autre rire gloussant, puis il avait pris une expression plus sérieuse. « Honnêtement... je pense que c’est un bon pays, tu sais ? Nous mettons notre bétail au pâturage l’été et nous faisons d’excellents travaux manuels à l’intérieur l’hiver. Il fait froid, mais les gens se rassemblent pour survivre dans ce pays. Mais il y a des personnes âgées entêtées qui semblent vouloir s’étendre vers le nord. »

J’étais silencieux.

J’avais entendu dire que la République de Turgis avait une politique nationale d’expansionnisme vers le nord. En effet, à l’époque où notre pays avait été secoué par des problèmes internes et un conflit avec la Principauté d’Amidonia, ce pays avait rassemblé des troupes à la frontière pour montrer leur intention de nous envahir. Bien qu’il n’y ait pas eu de conflit direct entre nos nations, j’avais été surpris de trouver quelqu’un dans la République de Turgis qui pensait comme Kuu.

« D’ailleurs, même si nous prenons la terre vers le nord, nous ne pouvons pas la tenir, » poursuit Kuu, croisant les bras et hochant la tête. « Dans le monde extérieur, la puissance aérienne comme les wyvernes est la plus efficace, non ? Une terre froide comme la nôtre n’est pas adaptée à l’élevage des wyvernes. C’est un plus lorsqu’il est difficile pour d’autres de venir nous envahir, mais il est impossible de couper une partie du territoire d’un pays voisin sans l’aide de wyvernes. Peu importe nos efforts, on prendrait peut-être une ville ou deux au plus. De plus, lorsque l’hiver arrivait, la neige fermait le contact avec le continent et il sera donc difficile de les entretenir. »

Son comportement stupide le rendait difficile à appréhender, mais il avait une compréhension incroyablement précise de la situation de son pays. En lui parlant, j’avais aussi senti un charisme qui attirerait les individus vers lui. Si Kuu était né dans la famille royale d’un royaume avec une meilleure situation territoriale, il serait peut-être devenu une perle rare.

Kuu avait encore avalé son lait fermenté en une gorgée. « Écoute, Kazuma, je pense sérieusement que ce pays a sa propre façon de devenir prospère. On n’est pas obligés d’aller au nord. Ce pays a le pouvoir sous-jacent de se développer. C’est ce que je ressens. »

« J’ai l’impression de comprendre, » avais-je dit avec modération.

« Vraiment, hein ? » déclara-t-il en riant. « Je suis content que tu comprennes ! Espérons que les négociations entre mon père et ton roi se passent bien ! »

« Oui. Je suis sûr... que la réunion sera significative pour les deux parties, » déclarai-je.

Sur ce, nous avions une fois de plus cogné nos gobelets ensemble.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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