Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 6 – Chapitre 7

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Chapitre 7: La tempête

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Chapitre 7: La tempête

Partie 1

« Hmm-hmm-hmm-hmm ! » Actuellement, Naden était en train de nager dans le ciel sous sa forme de ryuu, fredonnant pour elle-même au fur et à mesure qu’elle avançait.

Je lui avais frotté le dos, et je lui avais demandé. « Naden, ça va ? N’est-ce pas trop lourd ? »

« Hm ? Je vais très bien. Pourquoi cette question ? » Naden avait répondu comme si ce n’était rien pour elle.

Il y avait une raison pour laquelle je montais sur le dos de Naden. Comme Aisha s’était jointe aux autres passagers de la gondole, elle était devenue surpeuplée. La gondole était aussi grande qu’une maison-bateau, et il y avait normalement de la place pour au moins dix adultes, mais nous nous préparions à la « Tempête », et donc sept de ces dix places étaient occupées par des choses que nous avions transportées depuis le Royaume.

J’avais donc pensé que la gondole devait être assez lourde en ce moment. Et quand cette gondole était devenue ainsi lourde dans le passé, deux à quatre wyvernes étaient normalement attachées ensemble pour la transporter, mais Naden supportait facilement le fardeau toute seule. Naden, dans sa forme de ryuu, était beaucoup plus grande qu’une wyverne, mais n’était-ce pas vraiment lourd pour elle ?

« Tous les dragons sont-ils aussi forts ? » lui avais-je demandé.

« Je ne sais pas pour les autres dragons, mais ce n’est pas si lourd pour moi. C’est comme si je poussais une planche en bois dans l’eau. Je suppose que c’est ce qui est le plus proche de ce que je ressens. »

« Hmm... »

Est-ce que cela signifiait qu’elle manipulait inconsciemment la gravité ? Eh bien, elle faisait flotter son propre corps massif, donc il pourrait y avoir un effet magique en fonctionnement.

« Hmm-hmm-hmm-hmm ! » Naden avait recommencé à fredonner.

« Tu es de très bonne humeur, » constatai-je.

« Hmm hmm hmm-hmm-hmm ! Bien sûr que je le suis. Cette fois, tu montes sur mon dos, » répondit Naden.

« Est-ce différent de quand je suis dans la gondole ? » demandai-je.

« Oh, oui. Complètement différent, mais... il pourrait être difficile d’expliquer à quelqu’un d’une race différente. Je ne sais pas, c’est juste comme ça que je me sens bien, » répondit Naden. « Quand je suis sous ma forme de ryuu, j’ai l’impression que quelque chose n’est pas à sa place, ou quelque chose comme ça ? On pourrait dire que c’est comme si ça grattait une démangeaison. Ça me met à l’aise d’une façon ou d’une autre. »

« Hmm... »

Si c’était ce que Naden disait d’elle-même, elle devait probablement avoir raison. Il était vrai que le cheval préféré de Liscia avait toujours l’air si vivant quand Liscia était sur le dos. Mais après tout, je ne devrais pas comparer ma fiancée à un cheval...

« Mais..., » Naden avait ajouté, d’un ton de voix inquiet, « est-ce que ça va ? Je parle d’emmener Liscia et les autres sans le demander ? »

Elle pensait apparemment à la façon dont Lady Tiamat avait dit que mes compagnons seraient invités à venir plus tard.

« Eh bien, nous ne savons pas encore ce qu’est cette “tempête”, alors j’aimerais avoir mes compagnons à mes côtés quand quelque chose comme ça se produit », avais-je répondu. « Elle devra nous pardonner de ne pas le lui avoir dit à l’avance. »

« Je suppose que tu as raison. Mais, dans ce cas, j’aurais aimé qu’on puisse aussi amener Tomoe, » déclara Naden.

« Moi aussi... j’aurais aimé qu’on puisse montrer le paysage de Dracul à Tomoe, » répondis-je.

La Grande Cascade... le Grand Arbre de Ladon... il y avait beaucoup de curiosités impressionnantes. J’aurais beaucoup aimé les montrer à Tomoe, qui était curieuse du monde.

Naden avait soudain dit : « Euh ? Souma, Liscia et les autres disent quelque chose. »

J’étais sur le dos de Naden, donc je ne pouvais pas entendre leur conversation dans la gondole. Si je voulais parler avec eux, je devais utiliser Naden avec sa capacité de télépathie comme relais.

« Qu’est-ce qu’ils disent ? » avais-je demandé.

« Voyons voir... ils ont dit : “Regardez vers la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon”... Ils font des histoires à propos de quelque chose. »

« La Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon ? » demandai-je.

Naden volait vers la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, donc je pouvais toujours la voir droit devant nous. Il n’y avait rien d’inhabituel jusqu’à il y a un instant, mais...

« « Euh !? » » Nos yeux s’étaient écarquillés en même temps.

La Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon était une chaîne de montagnes de la taille du mont Fuji. Au milieu du ciel au-dessus d’eux, il y avait une unique énorme masse nuageuse.

« Est-il au-dessus de Dracul !? » Naden avait l’air paniquée.

Elle parlait du plateau où vivaient les dragons. Quand j’y étais arrivé pour la première fois, Lady Tiamat m’avait téléporté, donc je n’avais pas pu le voir, mais c’était vraiment en plein milieu de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. La masse nuageuse flottant au-dessus de leur tête, et avec la tempête que Lady Tiamat avait prophétisée... J’avais eu un mauvais pressentiment.

« Dans tes prévisions, il n’y avait aucun signe d’orage, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Tout à fait. C’est étrange d’avoir un seul nuage au-dessus de Dracul, » répondit Naden.

« ... Ce n’est probablement pas seulement un nuage. Pour l’instant, essayons de nous rapprocher un peu plus. Nous sommes trop loin ici, et il n’y a aucune chance de savoir à quoi ressemblent les situations à Dracul, » déclarai-je.

« Bien compris. » Naden avait nagé vers ce nuage. La masse nuageuse était visible même de loin, mais au fur et à mesure que nous nous approchions, sa véritable échelle devenait apparente.

J’avais été choqué. « Qu’est-ce que c’est que ça... ? »

La masse nuageuse était conique, avec un sommet en forme de dôme écrasé. De plus, en regardant de plus près, de nombreux nuages s’étaient accumulés, se déplaçant de gauche à droite le long de la surface de la masse nuageuse. Était-ce possible... que les nuages formaient un vortex tourbillonnant ?

« Je n’ai jamais vu un nuage comme celui-ci auparavant, » avait dit Naden.

« Oui. Je n’ai vu ce genre de nuage que dans un film, » déclarai-je.

« Fillllmmm ? » elle avait répété le mot inconnu.

« Désolé, je parlais tout seul. Quoi qu’il en soit, il semble qu’il est pile assez grand pour couvrir Dracul, » dis-je.

En regardant Dracul, ce nuage couvrait juste le plateau, donc il bloquait la lumière et le laissait dans l’obscurité. On aurait dit qu’une pluie intense tombait également. Les vents semblaient violents, alors le temps à Dracul devait être très rude. Et cela même si, à l’extérieur des nuages, le temps était beau et clair. C’était un étrange nuage.

« C’est un peu trop concentré dans un seul endroit pour n’être qu’une pluie torrentielle localisée », avais-je commenté.

« Pourquoi es-tu si calme !? Il n’y a pas chance qu’il pleuve juste au-dessus de Dracul ! » déclara Naden.

« La hâte mène au gaspillage, dit-on. Pour commencer, nous devons observer de plus près, » dis-je.

Tout en frottant le dos de Naden, j’avais inspecté le nuage. Il y avait beaucoup de pluie. À ce rythme, il y avait le risque qu’un désastre à grande échelle comme ce qui s’était produit dans la Forêt Protégée par Dieu se produise ici aussi. La cause en était la pluie qui avait duré longtemps, mais une telle quantité de pluie en un seul endroit pourrait avoir le même effet en peu de temps si cela se poursuivait.

Mais si nous devions trouver des contre-mesures... alors, on ne serait pas capable d’en savoir assez depuis l’extérieur.

« Naden, tu as réussi à remonter une chute d’eau, donc la pluie et le vent devraient être supportables pour toi, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« O-Oui, » répondit-elle.

« Eh bien, dans ce cas... Je n’ai pas envie de le faire, mais pourrais-tu plonger au milieu du nuage ? » demandai-je.

« Q-Quoiiiiiii !? » s’écria Naden.

Naden était surprise, mais nous n’avions pas l’impression que nous allions arriver à quelque chose en regardant de l’extérieur. Heureusement, il n’y avait pas le moindre signe de foudre, donc il était possible de jeter un coup d’œil à l’intérieur.

« C’est difficile de comprendre la situation de l’extérieur », expliquai-je. « Nous irons à l’intérieur du nuage pour enquêter, et nous nous dirigerons en même temps vers le Château de Cristal. Bien sûr, si tu penses que c’est dangereux, sorts immédiatement. Dis à Liscia et aux autres dans la gondole de se préparer. »

« D’accord, » répondit Naden.

Naden s’était maintenant dirigée lentement vers les nuages tourbillonnants. Après avoir hésité un instant devant les nuages, elle avait semblé se décider et avait lentement nagé vers le nuage.

C’était comme si nous étions dans du brouillard au début, mais au fur et à mesure que nous avancions, cela devenait de plus en plus sombre. Le vent et la pluie qui avait frappé mon corps avaient rapidement augmenté en intensité. Et même pas une minute après avoir pénétré dans les nuages, mon corps avait été frappé par des pluies torrentielles et des vents latéraux. S’il n’y avait pas eu la protection de Naden, je me serais fait désarçonner depuis longtemps.

« Naden ! Vas-tu bien !? » avais-je crié tout essayant de rester victorieux face au vent et à la pluie.

« Oui ! Je ne sais pas pourquoi, mais je peux voir quelque chose comme un flux ! » Naden avait répondu.

Il était vrai que Naden nageait dans le ciel, comme elle l’avait été auparavant. J’aurais dû m’attendre à ce qu’un ryuu puisse voyager à travers le vent, les nuages, les éclairs et la pluie. Même ce vent et cette pluie violente n’avaient pas suffi à l’intimider le moins du monde.

D’un autre côté, les dragons normaux ou les wyvernes ne pourraient pas voler là-dedans. C’était parce que leurs grandes ailes seraient affectées par les puissants vents.

Est-ce que ça pourrait être... la raison pourquoi cela devait être Naden ? m’étais-je demandé.

Naden devait être la seule à pouvoir voler avec ça. Lady Tiamat avait dit que j’étais la « clé ». Puis, en disant qu’il y avait un être qui me porterait, elle s’était arrangée pour que je rencontre Naden.

Alors, cette pluie et ce vent sont-ils après tout la « tempête » dont Lady Tiamat s’inquiétait ? m’étais-je demandé.

J’avais essayé de regarder autour de moi, mais il faisait sombre, et avec la pluie qui tombait comme si quelqu’un vidait un seau au-dessus de ma tête, cela se mettait dans mes yeux et cela rendait impossible de voir quoi que ce soit.

« Naden ! Vois-tu quelque chose ? » avais-je demandé.

« Non ! Il fait trop sombre ! » répondit-elle.

On aurait dit que Naden était dans le même bateau.

Alors Naden avait crié, « Souma ! Je vais bien, mais Liscia et les autres dans la gondole sont peut-être en danger ! »

On se faisait frapper par ce vent. Il y avait un bruit de cliquetis, et Liscia et les autres à l’intérieur de la gondole devaient passer un moment effrayant. La nacelle rectangulaire ne pourrait pas passer à travers le vent, et si elle se brisait en plein vol, nous aurions une énorme tragédie sur les mains.

« Nous devrons réessayer plus tard... Pour l’instant, atterrissons au Château de Cristal ! » ordonnai-je.

« J’ai compris ! » Naden avait commencé à descendre en douceur après m’avoir entendu.

Quand elle l’avait fait...

« ... n’est pas... »

Euh !?

J’étais sûr d’avoir entendu quelque chose.

« Attends un peu, Naden ! As-tu entendu quelque chose ? » demandai-je.

« Hein ? Je n’ai rien entendu, » répondit-elle.

« Que... êtes-vous... ent... à faire... pour... ce… »

« À l’instant ! Tu l’as entendu, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Tu as raison... » On aurait dit que cette fois, Naden l’avait aussi entendu. C’était... une voix, peut-être ? J’avais clairement entendu quelques mots.

Mais ce n’était pas comme moi du point de vue de Naden. « Oui, mais... Je ne sais pas ce qu’ils disent. »

Hein ? Elle ne sait pas ? Même si elle peut l’entendre ?

« Il y avait un “vous” là-dedans... Ne l’as-tu pas entendu ? » demandai-je.

« Est-ce ce qui a été dit ? Je n’ai pas pu saisir le moindre mot, » répondit Naden.

Qu’est-ce qui se passait ici ? Était-il possible que je sois capable d’entendre, alors que Naden ne l’entendrait pas ?

Quelque chose n’allait pas. D’ailleurs, cette voix... Quelque chose me tracassait. C’était trop haut pour être un homme, mais si c’était une voix de femme, quelque chose se faisait sentir...

« Si ce n’est... pas assez... »

Je l’avais encore entendu. Cette voix... Ça venait d’en haut ?

En regardant vers le haut, j’avais aperçu, ne serait-ce que faiblement, une ombre très noire à travers un trou dans les nuages. Avec les nuages sur le chemin, je n’avais qu’une vue floue, mais cette ombre avait l’air grande pour être vue malgré la distance entre nous. Cela pourrait être assez massif.

« Je... vais... détruire... pour avoir... »

Détruire quoi !?

Détruire. J’avais entendu ce mot dangereux très distinctement.

Cette ombre noire était cachée par les nuages. Naden avait dû sortir des nuages, parce que je pouvais voir le plateau pluvieux de Dracul s’étendre sous nos pieds. Le son de la pluie cognait sur mes oreilles.

Tout en étant fouetté par la pluie, j’avais levé les yeux vers les nuages que nous venions tout juste de quitter. De l’extérieur de Dracul, ils avaient l’air d’un blanc pur, mais directement en dessous, cela donnait une impression de noirceur et lourdeur.

Cette voix que j’avais entendue dans les nuages, parlant dans ce que j’avais reconnu comme un langage... Il n’y avait pas eu de doute.

Il y avait quelque chose dans ces nuages.

Sous la pluie, nous avions atterri devant le Château de Cristal.

Bien qu’il soit beau une fois éclairé par la lumière, quand il était sombre comme maintenant, le château avait l’air terne.

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Chapitre 7: La tempête

Partie 2

Lorsque Naden avait commencé à prendre forme humaine, j’avais sauté de son dos et je m’étais précipité à la gondole. Quand j’avais ouvert la porte, me demandant si Liscia et les autres allaient bien, Liscia, Aisha et Kaede étaient sorties en rampant, le visage pâle. Hal et Carla étaient suivis normalement. Ils avaient tous l’air d’aller bien.

Je m’étais précipité vers eux. « Est-ce que ça va ? »

Liscia et Aisha s’étaient appuyées contre moi.

« Beuuu... Souma, tu es trop imprudent, » marmonna Liscia.

« Le vent nous a tellement secoués, je me sens mal... Bleuuu, » déclara Aisha, nauséeuse.

« Oh... Euh... Désolé, » dis-je.

Je leur avais frotté le dos pour les réconforter pendant qu’elles vomissaient. Kaede avait demandé à Hal et Carla de s’occuper d’elle.

Contrairement à ces trois-là, Hal et Carla semblaient aller très bien sous cette météo.

« Vous deux, allez-vous bien ? » avais-je demandé.

« Oui, car j’étais dans l’Armée de l’Air et que je volais souvent en wyvernes, » répondit Carla.

« C’est bien mieux que de se faire larguer en l’air, » avait répondu Hal.

L’expérience de Carla dans l’armée de l’air et l’entraînement des dratroopers de Hal avaient dû les habituer à ce genre de choses.

Ça me dérangeait que Hal semble regarder au loin quand il disait ça, mais... quoi qu’il en soit, il était probablement préférable d’aller quelque part à l’intérieur avec un toit, plutôt que de continuer à se faire frapper par la pluie.

« Hal et Carla, attachez la gondole pour qu’elle ne soit pas emportée par le vent ! » avais-je ordonné. « Tous les autres, on rentre à l’intérieur ! Naden, montre-nous le chemin ! »

« Bien reçu ! »

Nous étions entrés dans le Château de Cristal. Une fois que Liscia et les autres s’étaient calmés et que Hal et Carla étaient revenus, j’avais demandé à Naden : « Je veux rencontrer Lady Tiamat. Où dois-je aller pour faire ça ? »

« Je crois que la grande salle serait la plus appropriée. Quand il y a une crise à Dracul, on dit aux dragons de se rassembler dans la grande salle du Château de Cristal. »

« D’accord », avais-je dit. « Alors, allons là-bas. »

Nous avions décidé de demander à Naden de nous conduire jusqu’à cette grande salle. Cela n’avait pris qu’un instant lorsque Lady Tiamat m’avait téléporté, mais se déplacer dans ce château ridiculement immense était une véritable tracasserie. Nous courions tous, mais il nous fallait du temps pour atteindre notre destination.

Lorsque nous étions arrivés dans la grande salle après cinq minutes de course, deux surprises nous attendaient. L’une d’entre elles était que c’était si massif que le mot « grand » ne suffisait pas. L’autre était que, à y regarder de plus près, la grande salle était en fait l’espace dans lequel j’avais été téléporté lorsque j’étais arrivé pour la première fois à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Il semblait que la grande salle était l’endroit où j’avais rencontré Lady Tiamat.

Quand nous étions entrés dans la grande salle, il y avait une centaine de personnes en son centre. Ils avaient tous des cornes et des queues qui poussaient, donc c’était probablement des dragons sous forme humaine.

D’après ce que Naden m’avait dit, il n’y avait tout au plus qu’environ trois cents personnes (dragons ?) vivant dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon.

Même en considérant leur taille massive, c’était une densité de population incroyablement faible pour un pays.

Parce que ce nombre de trois cents comprenait aussi de jeunes dragons et prêtresses au service de Lady Tiamat, cela signifiait que la centaine d’individus comprenait tous les dragons adultes qui pouvaient se déplacer.

Au moment où nous étions entrés dans la grande salle, nous avions senti quelque chose de menaçant dans l’air. Dans un espace qui aurait pu accueillir des dizaines de milliers d’humains, les dragons étaient tous rassemblés dans une zone compacte pour une raison inconnue.

Cela semblait bruyant, et personne ne faisait attention aux personnes qui venaient d’entrer dans la pièce. On aurait dit que Lady Tiamat n’était plus là, alors qu’est-ce qui aurait pu se passer ?

Quoi que ce soit, nous avions approché le groupe. Et quand nous l’avions fait...

« Naden ! » Une fille portant une robe en une pièce blanche avait sauté hors du groupe. C’était... l’amie de Naden... Pai, n’est-ce pas ?

Naden avait attrapé son amie, qui l’avait serrée dans ses bras. « Pai ! Dieu merci, mon Dieu. Tu es en sécurité. »

Naden avait affiché un regard soulagé, mais le désespoir de Pai n’avait pas diminué.

« Naden, où étais-tu !? J’étais tellement inquiète ! » déclara Pai.

« Oh, désolée. Je faisais un petit voyage dans le pays de Souma..., » répondit Naden.

« Le pays de Souma ? Quoi ? » demanda Pai.

Oh ! C’est vrai, j’avais seulement dit à Pai mon alias, hein. On aurait dit que Naden s’en était aussi rendu compte.

« Tu comprendrais peut-être si j’appelle le pays de Kazuma. Le Royaume de Friedonia, » déclara Naden.

« Friedonia !? Si loin !? Comment... ? » demanda Pai.

« Hahahaha ! C’est une longue histoire, mais..., » commença Naden.

« Attends, on n’a pas le temps pour ça ! » s’écria Pai.

Naden avait essayé d’expliquer l’histoire jusqu’à présent, mais Pai l’avait immédiatement interrompue. Pai avait affiché un regard sérieux alors qu’elle s’accrochait à une Naden insatisfaite.

« S’il te plaît, Naden ! Arrête tout le monde ! À ce rythme, Ruby va..., » supplia Pai.

Ruby ? Ruby était... le dragon rouge qui se battait avec Naden, n’est-ce pas ?

Pai nous avait expliqué la situation actuelle.

Maintenant, l’histoire va revenir un peu en arrière.

Il s’avérait que ce matin, de mystérieux nuages étaient soudainement apparus dans le ciel au-dessus de Dracul.

Même si le ciel avait été dégagé jusque-là, ce nuage était soudainement apparu et avait apporté du vent violent et de la pluie à Dracul. Les fortes pluies avaient fait déborder les lacs et abattu des arbres.

En réponse, les dragons s’étaient rassemblés dans le Château de Cristal.

Le vent et la pluie semblaient n’affecter que Dracul, alors j’aurais pensé qu’ils auraient pu être évacués ailleurs, mais il y avait une raison pour laquelle ils ne pouvaient pas le faire.

C’était parce que les œufs des dragons étaient sous le Château de Cristal.

J’avais déjà entendu dire que lorsqu’un dragon qui avait formé un contrat avec un chevalier avait pondu un œuf, il avait été laissé aux bons soins de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Apparemment, le simple passage du temps n’était pas suffisant à les faire éclore.

Ils étaient laissés dans un endroit appelé la Chambre du Berceau sous le Château de Cristal, et allaient y attendre le moment de leur réveil. Ce moment n’arriverait que lorsqu’ils seraient en mesure de rencontrer celui avec lequel ils étaient destinés à former un contrat. Il y avait eu des cas où un œuf n’avait pas été éclos pendant près d’un siècle, et c’était l’une des raisons pour lesquelles ils ne pouvaient pas être élevés par leurs parents.

Comme les œufs ne pouvaient pas être retirés du berceau, les dragons devaient défendre ce Château de Cristal, et cela, quoi qu’il arrive.

C’est ce qui avait conduit les dragons à enquêter sur ce nuage bizarre, mais les dragons ailés avaient été secoués par les vents forts, et aucun d’entre eux n’avait pu atteindre les nuages.

En réponse à cette situation, les dragons s’étaient tournés vers Lady Tiamat afin d’obtenir des conseils.

Lady Tiamat avait répondu : « Un dragon sans ailes pourrait voler à travers ce vent et cette pluie ». De plus, elle avait ajouté. « Celui-là détient déjà la clé. Jusqu’à ce que celui-là revienne, je protégerai mes enfants, les œufs qui attendent l’heure du réveil. »

Puis elle avait emmené les prêtresses du dragon et était descendue dans la Chambre du Berceau.

Les dragons laissés seuls étaient entrés dans un chaos. C’était terrifiant qu’on leur ait dit qu’ils ne pouvaient rien faire pour remédier à la situation. Ils avaient réfléchi à ce que pourrait être ce dragon sans ailes et avaient rapidement pensé à Naden Delal. Il était bien connu que Naden était une personne unique qui n’avait pas d’ailes.

Cependant, lorsqu’ils étaient sur le point d’appeler Naden, Pai leur avait dit d’arrêter. Elle leur avait dit que personne n’était dans la grotte que Naden utilisait comme repaire depuis quelques jours.

Quand ils étaient allés vérifier, Naden n’était vraiment pas dans sa grotte.

Naturellement. Naden était allée au Royaume de Friedonia avec moi, et ce matin, nous étions dans le village près de la frontière où Aisha et les autres attendaient.

Et ainsi, les dragons avaient été étonnés. Naden, que Lady Tiamat leur avait assuré de pouvoir résoudre cette situation était absente.

« Au début, il y avait des voix mécontentes qui disaient : “Où est-elle allée à un moment pareil ?” » avait expliqué Pai. « Mais parce qu’elle n’était pas là, cela n’avait pas vraiment d’importance. Finalement, la question a changé pour devenir : “Pourquoi Naden n’est-elle pas à Dracul ?” C’est à partir de là que cela leur est venu à l’esprit que c’était à cause de leurs propres sentiments envers Naden. Ils savaient dans leur cœur qu’ils s’étaient moqués d’elle parce qu’elle était un dragon sans ailes, un ver. »

« “Peut-être en avait-elle assez d’être traitée de ver, et c’est pourquoi elle a quitté la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon ?” pensaient-ils. Et puis ils se sont retournés contre Ruby et ses amies. »

Tout le monde savait que Ruby était souvent allée se moquer de Naden, et cela entraînait souvent des bagarres entre elles. Ainsi, les dragons avaient tous condamné Ruby et ses amies. C’était la cause de l’agitation actuelle.

Pai s’accrochait encore à Naden et avait dit : « Ruby est du genre émotionnel qui ne pense pas assez aux choses, et elle est fière, alors elle a dit qu’elle prendrait aussi la responsabilité des actions de Sapphire et d’Emerada. J’étais en colère à propos de tout ce qu’elle avait déjà dit auparavant, mais voir tout le monde se liguer contre elle comme ça... Je me sens si mal pour elle... »

« Ne m’en dis pas plus, » déclara Naden d’une voix douloureuse.

Quand je l’avais regardée, les cheveux de Naden étaient étincelants d’électricité. C’était comme une visualisation de la colère et de l’indignation de Naden.

Naden avait laissé une Pai sanglotante, puis s’était dirigée vers l’endroit où les dragons étaient rassemblés en affichant sur son visage un masque de colère.

« Ils sont tous si égoïstes ! » s’écria Naden.

« Naden... » un dragon haleta en voyant qu’elle arrivait.

Pendant un moment, j’avais pensé que je devais l’arrêter. Naden n’était pas celle qu’on crucifie en ce moment. Au contraire, elle était devenue la personne clé pour résoudre cette situation, de sorte qu’elle allait obtenir un certain respect dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Il n’y avait aucune raison pour elle de se battre avec les dragons ici et d’aggraver sa position. Mais... Je ne voudrais pas voir Naden prendre une décision aussi judicieuse.

Alors je lui avais dit : « Tu devrais faire ce que tu veux. Même si les dragons n’aiment pas ce que tu fais, ta place est dans le Royaume de Friedonia... dans le foyer qui est maintenant aussi le tien. »

« Tu as dit que tu voulais faire partie de la famille, Naden, » confirma Liscia. « Alors il n’y a qu’un seul endroit où tu peux revenir. »

« Après tout, la famille revient toujours à l’endroit chaleureux qu’ils appellent la maison, » avait ajouté Aisha, avec un clin d’œil charmant.

« Souma, Liscia, Aisha..., » murmura Naden.

« Alors, vas-y, Naden ! » avais-je crié.

« Bien reçu ! » Naden avait essuyé les coins de ses yeux, puis elle avait pris sa forme de ryuu, avait ouvert sa bouche et avait rugi aussi fort qu’elle le pouvait.

« Grrrrrrrrraaaaaaaaa !!! »

Le rugissement de Naden était si fort qu’il avait ébranlé la grande salle, ce qui avait fait que tous les yeux s’étaient fixés sur elle. Puis, alors que tous les dragons la regardaient, Naden s’était envolée dans les airs.

« Pas possible... Naden vole... » Pai avait couvert sa bouche béante de ses mains. Les autres dragons avaient l’air de ne pas croire non plus ce qu’ils voyaient.

Le corps de Naden s’était élégamment mis à serpenter devant leurs yeux.

Tandis que Pai avait levé les yeux en état de choc, elle avait versé une unique larme. « Je vois... C’est pourquoi Lady Tiamat... Tant mieux pour toi, Naden... »

Après avoir dit ça, Pai s’était essuyé une fois les yeux et avait souri en pleurant. Elle avait dû s’inquiéter pour elle tout ce temps. Naden avait vraiment une bonne amie.

Quand Naden avait occupé l’espace au-dessus de tous les dragons, elle s’était écriée, « C’est asssssssezzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ! »

*Craquements*, *craquements*, *craquements* !

Elle avait fait tomber la foudre là où se tenaient les dragons. Il y avait des cris ici et là, et les dragons étaient tombés l’un après l’autre.

... Est-ce qu’elle se retenait ? C’était un son désagréable... J’avais aussi senti quelque chose qui brûlait. Eh bien, c’étaient des dragons. Peut-être qu’ils seraient en bon état avec un choc comme celui-ci... C’est du moins ce que je pensais, mais le regard tendu sur le visage de Pai m’avait dit que, même selon les normes des dragons, elle en avait trop fait. Naden avait dû se sentir incapable de se retenir.

L’agitation s’était arrêtée et Naden avait atterri au centre du rassemblement, où personne n’était resté debout, sous sa forme humaine. Puis Naden avait regardé quelque chose à ses pieds.

C’était... Ruby ? Ses cheveux étaient en désordre, les coins de sa bouche avaient été coupés et les vêtements faits de ses écailles avaient été endommagés. Bref, elle avait été longuement tabassée. Il était clair qu’elle avait fait l’objet d’un lynchage intense.

Naden avait jeté un coup d’œil à Ruby, puis elle s’était retournée et avait recommencé à crier. « Foutez-moi la paix ! Je n’ai jamais aimé la façon dont Ruby s’est battue avec moi, mais, n’étiez-vous pas ceux qui m’insultaient derrière mon dos ? Alors, quoi !? Maintenant que ce n’est plus envisageable pour vous, vous décidez de rejeter tous les blâmes sur Ruby et la punir !? Êtes-vous stupide !? »

C’était comme si un barrage avait cédé. Les émotions qui s’étaient accumulées à l’intérieur de Naden pendant tout ce temps avaient jailli. Les sentiments sombres et négatifs qu’elle avait gardés enfermés à l’intérieur d’elle et qu’elle avait été incapable d’exprimer jusqu’à maintenant sortaient.

« Nous... »

Il y avait des dragons qui essayaient de répondre, mais ils avaient finalement été réduits au silence par la tirade de Naden.

« C’est un peu tard ! Vous vous êtes moqués de moi pendant tout ce temps comme étant un ver, et un dragon sans ailes, et maintenant vous voulez pousser tous vos problèmes sur moi !? Vous avez des ailes, n’est-ce pas ? Vous valez mieux que moi, pas vrai ? Alors que diriez-vous d’aller faire quelque chose par vous-même ! »

« Naden..., » avec un ton triste dans sa voix, Pai avait commencé de marcher vers son amie, mais je l’avais arrêtée. C’était le moment pour elle de tout laisser sortir. J’avais senti que... c’était quelque chose que Naden devait faire pour passer à autre chose dans sa vie.

« Vous vous êtes moqué de moi ! Maintenant que je suis la seule à pouvoir faire quelque chose, vous retournez vos vestes et vous venez me demander une faveur. Ne me dites pas ça ! Écoutez-moi bien, je déteste l’ambiance de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon ! À l’exception de Pai et de Lady Tiamat, je déteste également les dragons ! Pourquoi devrais-je faire quoi que ce soit pour vous ? Je me fiche si cet endroit est détruit ! »

Naden avait fixé du regard les dragons qui étaient à court de mots alors qu’elle tapait des pieds.

« Vous parlez de moi dans mon dos tout le temps ! C’est un ver, alors elle devrait apprendre sa place, et plus encore ! Qu’est-ce qui vous donne le droit de venir me voir pour quoi que ce soit ? Et de toute façon, c’est quoi ma place ? Voulez-vous peut-être essayer de poser la tête par terre avant de mendier ? Peut-être que ça me fera changer d’avis ? »

Ah... Elle avait déversé trop de bile, et maintenant elle était de mauvaise humeur. Naden n’avait probablement même plus réalisé ce qu’elle disait. Bon sang...

« Franchement, il faut se dépêcher..., » déclara Pai à côté de moi.

« D’accord, restons-en là, » dis-je avant de me placer à côté d’elle.

J’avais alors posé une main sur l’épaule de Naden et je l’avais arrêtée.

☆☆☆

Chapitre 7: La tempête

Partie 3

Souma avait saisi mon épaule en affichant un regard très sérieux. « Je pense que tu en as assez dit. Naden, si tu vas plus loin, tu te dévaloriseras. »

Quoi ? Ne te mets pas en travers de mon chemin. J’avais balayé la main de Souma, puis je lui avais répondu avec rage. « Hein !? De toute façon, quelle est ma valeur !? Que je puisse voler même si je n’ai pas d’ailes ? »

« Non, » répondit-il.

« Ma valeur, est-elle que je sois capable de voler dans la tempête ? Alors, il faut que je vole, est-ce ça ? » demandai-je avec rage.

« Non, » répondit-il.

« Alors, qu’est-ce que c’est censé être !? » criai-je sur Souma.

« Ton cœur n’est pas fixé sur la valeur des choses. C’est ce qui te rend précieuse, Naden ! » Souma avait de nouveau posé ses mains sur mes épaules alors qu’il le disait avec fermeté, mais également une certaine douceur.

Il m’avait serrée fortement, donc cela m’avait fait un peu mal. Mais cette douleur... m’avait finalement ramenée à la raison.

« Ta capacité à voir le bien dans les choses, peu importe ce que les autres disent d’eux, c’est ton charme, Naden ! Ainsi, tu peux faire énormément de choses. Cela te permet de lire des romans d’amour du monde extérieur, et même regarder les émissions du Joyau de Diffusion de la Voix de l’Empire. Tu es même capable de t’entendre avec un total étranger comme moi, qui est soudainement sorti de nulle part, comme si ce n’était pas grave. Tu te fous de ce que les autres pensent. Tu fais ce que tu veux. Ton esprit libre et ordinaire est ce que j’aime chez toi. Ce n’est pas un autre dragon avec qui j’ai décidé de former un contrat, c’est toi, Naden ! »

Je m’étais tue.

L’entendre dire qu’il m’aimait m’avait rapidement refroidi la tête. Non, c’était plutôt le contraire. Elle s’était mise à bouillir. Mon visage était devenu brûlant. Ma bouche s’était ouverte et fermée comme un poisson haletant pour capter de l’air, et aucun mot n’était sorti.

Souma avait continué comme si cela n’avait pas d’importance. « Si tu piétines la personnalité des autres parce que ta position a changé, tu deviendras ce que tu détestes le plus. Je ne veux pas te voir finir comme ça. »

« S-Souma..., » murmurai-je.

« En plus, tu n’as plus besoin d’endurer les choses en étant toute seule, » déclara Souma.

Ce que j’avais ensuite remarqué, c’était que Liscia et Aisha étaient aussi à nos côtés.

« Naden, tu fais désormais partie de la famille, alors compte sur nous quand tu en as besoin, » avait déclaré Liscia.

« En effet, » Aisha avait acquiescé. « Je ne suis pas aussi intelligente que Sa Majesté et les autres, alors je fais de mon mieux avec mes capacités martiales. Si quelqu’un vous fait du mal, Madame Naden, alors laissez-moi-les trancher avec cette épée. »

Liscia avait fait un sourire ironique, et Aisha avait dit des choses dangereuses tout en présentant un rire chaleureux.

Oh... J’ai compris. J’avais maintenant tellement de personnes, et non pas seulement Pai, qui verraient ma douleur comme la leur. J’étais sûre que je verrais aussi leur douleur comme la mienne.

Je m’étais tournée vers Souma et les autres avant de faire un salut. « Désolée. J’étais un peu en colère en ce moment. »

« Hahahaha ! Eh bien ! Je suis sûr que tu dois laisser sortir ça hors de ton corps de temps en temps, » déclara-t-il. « En plus, nous étions aussi en colère. Allez, remuons un peu le couteau dans la plaie. »

Après avoir dit cela, Souma était allé seul se tenir devant les dragons qui nous regardaient à distance. Hein ? Que prévoyait-il de faire ?

« Je suis le roi Souma Kazuya du Royaume de Friedonia, » Souma s’était soudain nommé devant l’assemblée des dragons.

Il y avait un brouhaha venant des dragons.

« Est-ce qu’il a dit : roi... !? »

« Et de Friedonia !? Ce grand pays à l’est !? »

Il était surprenant que des humains soient venus ici avant la Cérémonie du Contrat, mais en plus, il avait dit qu’il n’était pas du royaume des chevaliers dragons de Nothung, mais le roi de Friedonia.

Même Pai, qui connaissait Souma, s’était écriée : « Attendez, Kazuma est Souma ? Et un roi en plus ? » clignant des yeux en raison de la surprise.

D’une voix majestueuse, Souma avait poursuivi. « À cette occasion, moi, Souma Kazuya, je suis venu former sous la direction de Lady Tiamat un contrat avec Naden ici présente. Il s’agit également d’un moyen de faire face à la tempête. En d’autres termes, Naden Delal deviendra l’une des reines de Friedonia. » Souma fixa ses yeux sur les dragons. « Si l’un d’entre vous s’en prend désormais à Naden, soyez prêts à ce que cela devienne un incident diplomatique. »

Quand il intimidait les dragons comme ça, Souma ressemblait moins au roi d’un pays, et plus au roi des démons. Il avait dit qu’il remuait le couteau dans la plaie, mais c’était trop gros pour être un couteau. C’était comme un pieu, et il le pilonnait à travers eux, le plantant dans le sol, pour s’assurer qu’ils restaient là et qu’ils comprenaient bien la situation. Pour preuve, les dragons étaient paralysés et raides, incapables de dire le moindre mot.

En vérité, il n’était qu’un humain frêle qu’ils auraient pu éjecter de là d’un simple souffle, mais Souma était en ce moment en train de dominer la pièce par sa seule présence. Cela m’avait donné une nouvelle idée de la taille du pays que Souma portait sur ses épaules et des responsabilités qui en découlaient.

Mais Souma n’agissait pas normalement comme s’il voulait utiliser ce genre d’autorité. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il avait même utilisé un faux nom quand l’on s’était rencontrés pour la première fois. Si Souma se fiait à son autorité pour les intimider... était-il vraiment très furieux ?

En mon nom, parce qu’ils se moquaient de moi... Non, je suis peut-être trop vaniteuse.

Alors que je pensais à lui comme ça, j’avais vu Ruby, battue et couchée sur le côté, du coin de l’œil. Je m’étais lentement dirigée vers elle.

J’avais ensuite regardé Ruby, qui était allongée sur le sol alors que sa respiration était en pagaille. C’était le contraire de toutes ces fois où elle m’avait regardée depuis le ciel.

Je lui avais posé une question. « Es-tu réveillée, stupide Ruby ? »

« Oui, je suis réveillée, imbécile de Naden, » répondit-elle.

Battue ou non, il semblait qu’elle était encore assez en forme pour répondre du tac au tac. Même dans cet état, Ruby était Ruby. Peut-être parce que je venais de tout relâcher avant ça, je n’avais plus de rancune envers elle. J’aurais dû avoir encore beaucoup de raisons de me plaindre avec elle, mais je ne m’en souciais pas pour l’instant.

« Je dirais que les dragons en ont trop fait, mais tu méritais la moitié de ça », lui avais-je dit.

« Pff... ! »

« Ce que je pense, c’est que tu n’aurais pas pu t’en sortir avec moins que ça. Pourquoi as-tu dit ça par rapport au fait que je me suis enfuie. »

« Si j’avais fait différemment... alors je serais la même chose qu’eux, » déclara Ruby avec indignation. « Tout ce qu’ils font, c’est parler des autres dans leur dos. Je ne veux pas être comme eux. Si je pense quelque chose, je vais te le dire en face. »

« Ça n’a été qu’une nuisance pour moi, » m’étais-je écriée.

Eh bien, puisque cela m’avait donné quelqu’un que je pouvais combattre, cela aurait pu être une meilleure chose que les autres dragons qui avaient gardé leurs commentaires dans mon dos. Après tout, quand je me fâchais, j’avais toujours pu la frapper avec une attaque électrique. Si elle n’avait rien dit de face, je n’aurais pas pu le faire et j’aurais tout gardé en moi.

Ruby avait poussé un petit soupir. « ... Tu l’as si bien réalisé. Tu ressembles à ça, mais tu peux quand même voler. Et tu vas épouser un roi, non ? À quel point es-tu spéciale ? Je ne pourrais pas être plus jalouse que maintenant. »

Jalouse... On aurait dit que ce que Souma avait dit était vrai. Mais même ainsi, je ne savais pas comment réagir à cela. Après tout...

« Tant de fois, j’aurais aimé naître comme un dragon ordinaire comme toi, Ruby, » avais-je dit.

Si j’avais été un dragon ordinaire, je n’aurais jamais subi tout cela. Si j’avais été normale comme Ruby, tout aurait été bien. Mais Ruby avait dit qu’elle m’enviait de voir à quel point j’étais spéciale.

Ordinaire et spécial. Si seulement nos positions avaient été inversées... Mais ce n’était probablement pas si simple. Si j’avais été ordinaire, j’aurais voulu être spéciale, et si Ruby avait été spéciale, elle aurait voulu être ordinaire. Après tout, les individus désiraient être ce qu’ils n’étaient pas.

« Naden... Les choses ne se sont pas bien passées pour nous deux, » avait dit Ruby.

« Ruby, c’est la vie, » avais-je répondu.

Nous avions toutes les deux plissé nos visages avec un sourire ironique.

Franchement... les choses ne s’étaient jamais bien passées.

« Naden, viens avec nous. » Souma m’avait appelée. On dirait qu’il était temps de planifier notre réaction face à la tempête.

« Ils m’appellent, » avais-je dit à Ruby.

« Oui, oui. Va où tu veux. Que ce soit dans les nuages, ou dans le royaume, » déclara Ruby.

Puis, laissant Ruby derrière moi avec sa frustration habituelle, j’avais couru vers Souma.

 

◇ ◇ ◇

 

Oh, bon sang... C’est vraiment horrible..., pensais-je misérablement.

Tout mon corps me faisait mal. Encore emplie de douleur, je m’étais couchée sur le dos en regardant vers le haut.

Moi, Ruby, j’avais été réprimandée pour avoir choisi de me battre avec Naden, et les dragons s’étaient tous regroupés pour m’attaquer. Même quand les dragons étaient arrivés sur moi, j’avais l’impression d’être assez forte, mais les chances étaient trop minces de mon côté.

Les dragons qui m’attaquaient avaient dit des choses horribles sur Naden derrière son dos, mais maintenant qu’ils avaient besoin de son pouvoir, ils s’étaient retournés et m’avaient condamnée.

« Tu méritais la moitié de ça, » les mots de Naden de tout à l’heure m’étaient revenus à l’esprit.

Oui, je le sais, d’accord ?

Le futur mari de Naden avait raison. J’étais jalouse d’elle. J’avais toujours été jalouse de Naden, qui était née spéciale, dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, un endroit où notre système de valeurs était rigide et inflexible et où l’individualité avait tendance à être écrasée par les autres. Je voulais quelque chose de spécial, quelque chose que les autres dragons n’avaient pas, tout comme Naden...

« Tant de fois, j’aurais aimé naître comme un dragon ordinaire comme toi, Ruby. »

Les choses ne se passaient pas comme on le voudrait. En fin de compte, nous avions toutes les deux souhaité ce que nous n’avions pas.

J’avais regardé le plafond qui était si haut que je ne pouvais pas le voir. Les larmes provenant des coins de mes yeux coulaient vers mes oreilles. Oh, bon sang, où est-ce que je me suis trompée... ?

« Ouais, je ne peux pas simplement voir ça comme le problème de quelqu’un d’autre. » Quand j’avais levé les yeux, un jeune homme bien musclé aux cheveux roux me regardait en étant debout. « Quand je vois comme tu as merdé, que tu t’es fait battre par tous et qu’on t’a laissée, après ça, couchée ainsi, cela me fait me rappeler de comment j’étais il n’y a pas si longtemps. J’ai merdé aussi avec Souma, et mon vieux m’a asséné une raclée pour ça. »

Pendant qu’il disait cela, le jeune homme roux se grattait la tête. Puis, s’accroupissant pour pouvoir regarder mon visage pendant que je m’étendais face vers le haut, il avait ri.

« Ah... Ce ne sont peut-être pas mes affaires, mais je vais te donner un conseil. Tu ne peux pas changer le fait que tu as merdé. Il n’y a pas d’annulation possible, » déclara l’homme.

J’étais restée silencieuse.

« Alors, maintenant, comment vas-tu te rattraper ? Il y a des choses dans ce monde que tu ne peux pas rattraper, c’est sûr. Mais si tu peux te racheter, alors tu voudrais le faire, pour ainsi pouvoir gonfler ta poitrine avec fierté, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Se racheter, et gonfler ma poitrine avec fierté...

« Parles-tu de se racheter auprès de la personne à qui j’ai fait du tort ? » avais-je demandé à cet homme qui me parlait d’une manière familière.

« Non, pour toi-même, » répondit-il.

Se racheter pour ce que j’ai fait de mal. Pour que je puisse me sentir fière de moi. Je ne savais pas pourquoi, mais pour une raison inconnue, je m’étais retrouvée à accepter facilement les paroles de ce jeune homme. Puis...

 

« Qu’est-ce qui te prend de te conduire si bizarrement, Hal ? » demanda une fille-renarde.

« Quoi, Kaede !? Où est le mal ? Je fais preuve d’un peu de compassion ! » répondit l’homme nommé Hal.

« Hmm…, » la jeune fille aux oreilles de renard le regardait froidement, et le jeune homme aux cheveux roux avait commencé à essayer désespérément de s’expliquer. Il avait l’air un peu cool jusqu’à présent, mais sa panique avait tout gâché.

Parfois, il était cool, et parfois il était loufoque... Il était intéressant à regarder. Et en plus...

« Mais si tu peux te racheter, alors tu voudrais le faire, pour ainsi pouvoir gonfler ta poitrine avec fierté, n’est-ce pas ? »

« Pour toi-même. »

J’avais l’impression que les paroles de ce jeune homme m’avaient guidée. J’avais toujours mon corps endolori, mais je m’étais levée.

« Tu es sûre que tu devrais déjà te lever ? » demanda le jeune homme.

« Si ça fait mal, tu peux rester allongée, tu sais ? » déclara la fille aux oreilles de renard.

C’est vrai, j’avais mal partout, mais... Si je restais allongée ici, je ne pourrais pas gonfler ma poitrine avec fierté pour mon propre bien. Je m’étais donc tournée vers le jeune homme aux cheveux roux, celui que la fille aux oreilles de renard avait appelé Hal. Je m’étais tournée vers Hal et j’avais baissé la tête en disant : « J’aimerais vous demander une faveur. »

☆☆☆

Chapitre 7: La tempête

Partie 4

Maintenant que les dragons étaient clairement au courant à propos de Naden, il était temps de réfléchir à ce que nous devions faire au sujet de la tempête.

Par respect pour les dragons qui avaient été doublement battus à froid, nous avions quitté la grande salle qui était remplie de cette ambiance à laquelle on s’attendait lors d’une veillée, et nous nous étions déplacés dans une pièce plus petite.

D’après ce que Naden avait dit, elle était utilisée comme une salle d’attente pour ceux qui auraient une audience avec Lady Tiamat.

Dans cette pièce, je m’étais adressé à mes compagnons. « Naden et moi avons vu quelque chose dans cette tempête. »

« Avez-vous vraiment vu quelque chose ? » demanda Liscia.

J’avais acquiescé. « J’ai simplement eu un aperçu d’une chose noire à travers un trou dans la masse nuageuse. »

« Es-tu sûr de ne pas l’avoir imaginée ? » demanda Liscia.

« Nous avons également entendu une voix, donc je suis confiant quant à ça. Je n’ai capté que des fragments de mots, comme “vous” et “détruire”. Tu l’as aussi entendu, n’est-ce pas, Naden ? »

« Oui, je l’ai entendu, mais je n’ai pas été capable de clairement les comprendre. » Naden avait croisé les bras et avait gémi alors qu’elle y pensait. « Mais je ne pense pas que c’était dans notre langue. Je pouvais dire que cela disait quelque chose, mais je n’avais aucune idée de ce que c’était. »

« Hm ? Le Maître pouvait les comprendre, mais pas Lady Naden ? » demanda Carla, surprise, inclinant la tête sur le côté dans la confusion.

« ... Puis-je intervenir un instant ? » Kaede, qui était restée silencieuse jusqu’à présent, avait levé la main.

En raison de sa perspicacité et de sa vivacité d’esprit, Kaede avait travaillé comme officier d’état-major pour Ludwin, qui était considéré comme le futur commandant en chef de la Force de Défense Nationale. Dans notre situation actuelle, sans la présence de Hakuya, elle restait une penseuse fiable.

« Si je me souviens, Sire, vous n’êtes pas de ce monde, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Hein ? Oh, tout à fait, c’est vrai, » déclarai-je.

« Dans votre monde, ils ont dû utiliser une langue différente de celle que nous parlons dans celui-ci. Malgré cela, vous comprenez notre langue, et nous comprenons la vôtre grâce à un pouvoir étrange, » déclara Kaede.

C’était exact. Pour être plus précis, Liscia et les autres avaient déjà entendu du japonais, je parlais en japonais, mais ils pouvaient apparemment le comprendre. L’inverse était également vrai. Par exemple, si je chantais en japonais, Liscia et les autres comprendraient les paroles, mais si Juna imitait parfaitement mon chant, Liscia et tous les autres n’auraient aucune idée de ce que signifient les paroles.

Maintenant que j’y pense... Je sais lire et écrire dans la langue de ce monde, n’est-ce pas ?

Mystérieusement, j’avais pu reconnaître le système d’écriture utilisé dans ce monde. Je pouvais parfaitement l’écrire et le lire.

D’autre part, si je devais montrer à Liscia quelque chose en écriture japonaise, elle n’aurait aucune idée de la façon de le lire. Cela signifiait donc que la capacité de traduction ne fonctionnait que de mon côté. Grâce à cela, j’avais pu faire ma paperasse, mais... pourrait-il y avoir un sens derrière la raison pour laquelle la traduction avait fonctionné différemment pour le mot parlé et le texte ?

Pendant que je me posais des questions sur ça, Kaede avait demandé à Naden : « Lady Naden, vous et vos compagnons-dragons êtes capables de parler directement à nos esprits conscients, n’est-ce pas ? »

« Oui. On appelle ça parler dans le cœur, ou le discours psychique, » répondit Naden.

« J’ai donc une hypothèse, » déclara Kaede. « Je pense que la capacité de Sa Majesté pourrait être similaire. »

C’était logique. La télépathie, hein ? Cela ne travaillait pas directement sur le sens de l’ouïe, il travaillait sur la partie du cerveau qui traitait l’information. Peut-être que la capacité de Tomoe lui permettant de parler avec les animaux et les démons fonctionnait de la même façon.

Mais pourquoi ce sujet avait-il soudainement été abordé... ? Oh, c’est vrai.

« Il est possible que la raison pour laquelle j’ai compris ce qu’il disait, et Naden ne pouvait pas, ce soit que l’un d’entre nous avait un pouvoir comme celui-là, et l’autre ne l’avait pas, est-ce ce dont vous parlez ? » demandai-je.

« Oui. Je ne peux m’empêcher de le soupçonner, » répondit Kaede.

« Est-ce que ça veut dire que celui qui est dans ce nuage utilisait la langue du monde d’où vient Souma ? » demanda Liscia.

Oh, oui. C’était une possibilité, n’est-ce pas ?

Mais Kaede avait fermement secoué sa tête face à cette suggestion. « Je ne le crois pas. »

« Comment pouvez-vous en être si sûre ? » demanda Liscia.

« Ce serait plus rapide de le mettre à l’épreuve. Sire, je sais que cela peut vous déranger un peu, mais pouvez-vous m’apprendre comment vous vous saluez le matin dans la langue du monde d’où vous venez ? Doucement, s’il vous plaît. »

Après qu’elle m’avait dit ça, je l’avais décomposé syllabe par syllabe. « O-ha-yo-u. »

« Ohayou, c’est ça ? » demanda Kaede. « Ohayou, princesse. »

Liscia avait l’air surprise et ses yeux s’ouvrirent grand. « Bizarre ! Ils sonnent tous les deux comme “Ohayou”, mais je comprends que cela signifie “Bonjour” quand Souma le dit, et quand je l’entends de Kaede, cela sonne comme une langue inconnue. »

« C’est donc ça ? » avais-je demandé.

Kaede avait hoché la tête. « Oui, je pense que c’est la preuve que celui dans le nuage ne parlait pas dans la langue du monde d’où vous venez. S’ils utilisaient la langue de votre pays, Naden les aurait entendus prononcer les mots “vous” et “détruire”, même si elle ne les comprenait pas ».

Même si elle ne les avait pas entendus comme des mots, elle les aurait entendus être prononcés... hein ?

Kaede avait porté une main à sa bouche et avait parlé comme si elle pensait à voix haute. « Sa Majesté a compris celui qui était dans le nuage, mais Naden ne l’a pas compris. Et il est difficile de penser que c’était la langue du monde d’où vient Sa Majesté. Cela mènerait à la conclusion que celui dans le nuage parlait une langue qui n’est pas la langue commune de ce continent, et qui n’est pas la langue du monde d’où vient Sa Majesté ».

Qu’est-ce que c’était ? Est-ce que cela signifiait que la personne dans le nuage n’était pas de ce monde, ou de mon monde, mais d’un autre monde entièrement nouveau ? S’il y avait quelqu’un comme ça dehors, nous n’aurions vraiment aucun moyen de savoir comment traiter avec eux.

... Attends, hein ?

Non, ce n’est pas ça, pensai-je. Ils n’ont pas besoin d’être venus d’un autre monde. Nous les avons déjà. Ici, sur ce continent, il y a déjà des individus qui utilisent une langue complètement différente.

« Les démons…, » déclarai-je.

Quand j’avais prononcé ce mot, tout le monde avait dégluti.

Les races mystérieuses, différentes des monstres, auraient dit vivre profondément dans le Domaine du Seigneur-Démon. Le seul cas connu de dialogue avec eux avait été un court échange entre Tomoe et un kobold. C’était quelque chose qui n’avait fonctionné qu’en raison de la capacité spéciale de Tomoe, donc il fallait s’y attendre.

Il ne serait pas du tout étrange qu’ils aient leur propre système linguistique, complètement séparé de la langue commune de ce continent et des langues du monde d’où je viens. Et aussi, si les démons étaient capables de parler, ma mystérieuse capacité de traduction pourrait me permettre de l’entendre. Tout comme, au milieu de la tempête, j’étais le seul à avoir compris ce qui s’était dit.

Ma capacité ne me permettait pas d’entendre ce que disaient les animaux comme le faisait Tomoe, mais peut-être que cela me permettrait de parler aux démons ?

« ... Pensez-vous que cela pourrait être la raison pour laquelle Lady Tiamat m’a appelé la “clé” ? » avais-je demandé.

« Je pense que c’est probablement ça. » Kaede avait hoché la tête.

Tenant sa tête dans ses mains, Liscia avait déclaré : « Supposons un moment... que c’est vraiment un démon dans les nuages... »

« Et si c’est bien le cas ? » avais-je demandé.

« Je ne veux pas que tu partes, Souma, » déclara Liscia en me regardant droit dans les yeux. « C’est trop dangereux. S’il t’arrivait quelque chose, notre pays... Je... »

Aisha avait été la prochaine à prendre la parole. « C’est vrai ! J’irai à la place de Sa Majesté, et je couperai cette chose maléfique ! »

J’étais sûr qu’elles étaient toutes les deux inquiètes pour ma sécurité. Je savais à quel point j’étais faible, donc j’éviterais normalement ce genre de danger. Mais cette fois, j’avais eu l’impression qu’il n’y avait pas d’autre solution.

« Si cela pouvait être résolu avec des prouesses martiales, Lady Tiamat n’aurait pas pris la peine de m’appeler ici. Après tout, il y a beaucoup d’individus qui sont plus forts que moi. Comme ce n’est pas ça, Lady Tiamat doit penser que cet incident doit être résolu par le dialogue. »

« Mais..., » Aisha s’était plainte de ça.

« Je pense que c’est une occasion précieuse. Notre pays a la chance d’être loin du Domaine du Seigneur-Démon. Cependant, si nous ratons cette occasion, on ne sait pas quand viendra notre prochaine chance de dialoguer avec un démon. On devrait rassembler les informations qu’on peut, tant qu’on peut le faire. »

« Souma..., » toujours inquiète, Liscia avait mis une main sur l’épaule.

« Bien sûr, j’ai également l’intention de rester au maximum en sécurité, » lui avais-je assuré. « Nous avons aussi l’équipement que nous avons apporté du royaume. Je demanderai à Aisha de m’escorter. Je veux que tout le monde attende sur le sol. Naden, je veux que tu laisses aussi Aisha monter sur ton dos. Est-ce que cela peut se faire ? »

Après tout, j’avais entendu dire que les dragons ne laissaient que leurs partenaires monter sur le dos.

Naden y avait réfléchi pendant un moment. « Hmm, je n’aime pas ça, mais... Aisha est la partenaire de mon partenaire, donc je suppose qu’on peut aussi la traiter comme ma partenaire ? Rappelez-vous juste qu’elle ne recevra pas ma protection, alors elle a intérêt à être bien attachée, d’accord ? »

Carla avait croisé les bras et avait gémi. « “La partenaire de mon partenaire est ma partenaire”, n’est-ce pas ? Il semble que je ne peux pas vous accompagner. Je ne peux pas non plus voler dans ce genre de vents. Je voulais faire quelque chose pour vous aider... »

« Il n’y a rien à faire, vu la situation, » avais-je dit. « Aisha, désolé de t’obliger à faire ça, mais protège-moi. »

« Je suis déjà celle qui vous protège, votre kochiji ! » déclara Aisha en frappant sa poitrine avec fierté.

Liscia avait pris sa main. « Aisha, occupe-toi de Souma pour moi. »

« Lady Liscia... D’accord ! S’il vous plaît, laissez-moi faire ! » Aisha avait posé son autre main sur celle de Liscia.

Maintenant... Pour l’instant, c’était à peu près tout, n’est-ce pas ? Chacun s’était vu attribuer son rôle... Attends, hein ? J’avais regardé mes camarades et j’avais remarqué quelque chose.

« Hein ? Où est allé Hal ? » demandai-je.

« Hein ? Maintenant que tu en parles... il n’est pas là. » Liscia regarda autour d’elle sans relâche. Il n’y avait que six personnes dans cette pièce : Liscia, Aisha, Naden, Carla, Kaede et moi. Où Hal était-il allé ?

« À propos de ça..., » déclara Kaede, semblant ne pas vouloir en dire plus. « Il a des préparatifs à faire, vous savez ? Donc il est resté hors de cette réunion. »

« Préparations ? » avais-je demandé.

« Eh bien, euh... Pensez-y comme une assurance, au cas où quelque chose arriverait. » Kaede avait répondu d’une manière qui impliquait une signification plus profonde.

Peut-être que Kaede préparait quelque chose au cas où une situation inattendue se produirait. Kaede possédait une grande clairvoyance, donc si elle préparait quelque chose pour nous aider, c’était rassurant.

« Je ne vous donnerais pas d’espoir, vous savez... (Est-ce que Hal va s’en sortir... ? Est-ce qu’il a bien compris ce que sa proposition signifiait lorsqu’il l’a acceptée, n’est-ce pas ?) »

« Hm ? Votre voix est devenue inaudible à la fin, » avais-je dit.

« ... Non, ce n’est rien, vous savez, » déclara Kaede en secouant précipitamment la tête.

Je n’ai pas vraiment compris, mais... eh bien, peu importe.

« Quoi qu’il en soit, tout le monde, je compte sur vous », avais-je dit.

 

☆☆☆

 

« Alors, pourquoi portes-tu ce truc, Souma ? » demanda Liscia, me regardant avec dégoût, alors que nous nous préparions à entrer dans la masse nuageuse.

J’étais déguisé avec le costume de kigurumi. Dans ses mains se trouvait un naginata, sur son épaule un chapelet de perles de prière, et sur son visage un tissu de soie sous laquelle se trouvaient deux adorables yeux en forme de glands. C’était l’une des poupées de Petit Musashibo (grand) que je n’avais pas moi-même portées depuis l’époque où j’avais bu avec Juno et son groupe. Ce Petit Musashibo était l’une des pièces d’équipement que j’avais transporté depuis le royaume, au cas où les choses tourneraient mal.

« Je t’ai dit que j’avais l’intention de me protéger autant que possible, n’est-ce pas ? » J’avais ouvert la tête en grand et je m’étais tourné vers Liscia.

Celui que j’avais porté avant était le type dans lequel on entrait par un trou dans le dos, mais sur celui-ci, la tête s’ouvrait vers le haut comme le couvercle d’un cuiseur à riz. Il était nettement plus facile à enfiler et à enlever que les précédents. Même maintenant, je travaillais sur des mises à jour encore plus simples.

« Même si ça ressemble à ça, j’ai dépensé plus d’argent que je n’aurais dû le faire dans de bons matériaux, donc c’est plus solide qu’une pièce d’armure moyenne, est-ce que tu t’en rends compte ? Il est hautement pare-flèche, pare-balles, résistant au froid, résistant à la chaleur et aux acides. Tu peux combattre les monstres des donjons dans ce truc. De plus, mes Poltergeists Vivants fonctionnent sur lui, donc c’est très facile pour moi de le déplacer. »

« Toujours... *Soupir*, je me sens stupide de m’inquiéter. » Liscia se tenait la tête.

On n’avait pas fait ça depuis longtemps. Quand nous nous étions rencontrés pour la première fois, j’avais l’impression que Liscia était entraînée par ce que je faisais, et elle tenait constamment sa tête.

Eh bien... elle avait de la compagnie maintenant...

« Quelque chose ne va pas, » murmura Naden en me voyant dans mon équipement de kigurumi. « J’ai toujours rêvé d’avoir un chevalier sur le dos. Alors pourquoi dois-je laisser cette créature mystérieuse voler avec moi... !? » Elle aussi se tenait la tête.

« Non, non, je ne veux pas entendre ça d’une créature mystérieuse comme un ryuu, » répliquai-je.

« Je vais voler avec toi portant ce truc !? N’est-ce pas un peu trop étrange ? » demanda Naden.

« ... »

Dendera, dendera, un ryuu vole à travers la mer de nuages. Sur son dos se trouve un Petit Musashibo profondément satisfait.

... Ouais. En imaginant cela, j’avais ressenti une vague de fantasy mystérieuse et sauvage.

« C’est une urgence, » avais-je dit. « Sois indulgente avec moi, s’il te plaît, » demandai-je.

« Argh..., bien, j’ai compris, » répondit Naden.

« Aisha, de ton côté, es-tu prête ? » l’avais-je appelée.

« Quand vous voulez ! » Avec son épée habituelle par-dessus son épaule, Aisha m’avait fait un signe de tête ferme.

Parce que nous allions traverser le vent et la pluie, Aisha portait une cape imperméable qui couvrait tout son corps par-dessus son équipement léger habituel.

☆☆☆

Chapitre 7: La tempête

Partie 5

Maintenant que nos préparatifs étaient terminés, il était temps de partir afin de rencontrer qui que ce soit dans ces épais nuages.

Et ainsi, la ryuu s’était envolée dans la tempête. Sur son dos chevauchait une elfe sombre dans un imperméable, et une créature mystérieuse et rondouillarde.

Le vent hurlait à nos oreilles.

Naden avançait comme si ce n’était pas grand-chose, mais le vent et la pluie contre leur corps étaient plus forts que jamais.

« Aisha, ça va !? » avais-je crié.

« Très bien ! Les vibrations ne sont pas aussi violentes ici que dans la gondole ! » répondit Aisha.

Contrairement à moi, la protection de Naden ne couvrait pas Aisha, de sorte qu’elle subissait pleinement les effets du vent, de la pluie et de la gravité. C’est pourquoi j’avais Aisha assise devant moi, attachée avec une corde, tout comme le Petit Musashibo. Bien qu’avec la façon dont le Petit Musashibo avait été construit, il donnait un peu l’impression comme s’il était attaché à un siège de première classe.

« Pensez-vous qu’on puisse trouver qui que ce soit dans cette tempête ? » demanda Aisha, protégeant son visage de la pluie avec ses bras. « La pluie rend la visibilité vraiment horrible. »

Il est vrai que la recherche de quoi que ce soit sous cette pluie allait être difficile.

... En fait, maintenant que je le portais ainsi, j’avais réalisé que cette combinaison kigurumi m’avait laissé un champ de vision vraiment étroit. Vous pensez peut-être que cela aurait dû être évident, mais parce que ma capacité, le Poltergeist Vivant, m’avait permis de voir les choses avec une vue aérienne, cela ne m’avait jamais dérangé auparavant. Cependant, dans cette tempête, je n’arrivais pas à faire fonctionner correctement la vue aérienne.

Ce que j’entendais par là, c’était que je pouvais voir, mais c’était comme regarder les parasites sur une vieille télé avec une mauvaise réception. Je ne l’avais pas remarqué avant parce que je n’avais jamais essayé de déplacer des choses à l’intérieur d’une tempête, mais est-ce que ma capacité avait d’autres faiblesses comme celle-ci ?

Sans autre choix, j’avais ouvert la tête du Petit Musashibo. Il y a eu une soudaine et puissante rafale sur mon visage, mais si je ne pouvais pas utiliser mes capacités, j’allais devoir compter sur mes propres yeux. Comme Aisha l’avait dit, la visibilité était encore faible, mais pour commencer, il n’y avait peut-être pas besoin de chercher.

« Naden, si c’est eux qui causent cette tempête, ils sont à coup sûr au centre de la tempête, » dis-je.

« Je le sais. Nous serons bientôt au centre de la tempête, » répondit Naden.

Puis, tout à coup, le bruit du vent et de la pluie avait diminué. La tempête s’était-elle affaiblie ?

La sensation de gouttes de pluie qui frappait mon visage avait disparu. Le vent était encore fort, mais le manque de pluie m’avait facilité la tâche. Pourtant, nous étions entourés de nuages là où nous nous trouvions.

Non, même si nous sommes à l’intérieur d’un nuage, nous aurions l’impression d’être enveloppés dans le brouillard. Si je pouvais dire qu’il y avait des nuages autour de nous, cela signifiait que cet endroit était le seul endroit sans nuages.

« C’est..., » commençai-je.

« Sire ! Regarde en haut ! » Aisha avait crié.

Face à l’insistance d’Aisha, j’avais levé les yeux, et là...

« Qu’est-ce que c’est que cette chose... ? » demandai-je.

Il y avait une énorme masse grise qui flottait là. C’était plus ou moins un cube, avec une dizaine de mètres de chaque côté. Naden, dans sa forme actuelle de ryuu, mesurait une quarantaine de mètres de long, il était donc douteux qu’il lui soit possible de s’enrouler autour une fois. Ce cube massif ignorait la gravité et flottait là.

« Est-ce ce que vous avez vu, Sire ? » demanda Aisha.

« ... Je ne suis pas sûr. Je ne voyais que son ombre, » répondis-je.

« Mais c’est dans tous les cas la chose qui est au centre de ce courant ! » déclara Naden en regardant le cube.

C’était... ce qui avait causé la tempête ? Le raisonnement de Kaede était que c’était un démon, mais cette chose était-elle vraiment vivante ? Que je le juge selon les normes de ce monde, ou les normes de mon ancien monde, cette chose était bizarre. Puis...

« Pourquoi... vous... pas... réponse... »

J’avais encore entendu cette voix. Ça avait l’air fragmentaire, et c’était difficile de saisir le sens, mais c’était aigu, comme la voix d’une femme, c’était quelque chose qui me rendait mal à l’aise. Ça venait de ce cube ?

« Aisha, Naden, avez-vous compris cette langue ? » avais-je demandé. « Il disait quelque chose à propos d’une réponse. »

« Vraiment, Sire ? Je n’entendais rien, » répondit Aisha.

« Je pouvais dire qu’il disait quelque chose, mais c’est tout…, » répondit Naden.

Comme on s’y attendait déjà, elles ne comprenaient pas les mots qu’elles entendaient. J’avais donc répété les mots que j’avais entendus pour qu’elles le comprennent.

« Tiama... vous détruisez... mes enfants... alors pourquoi... »

« Voyons voir… “Tiama, vous détruisez, mes enfants, alors pourquoi,” » avais-je traduit.

« Pourquoi ne voulez... -vous pas des... Je n’ai plus... rien »

« “Pourquoi ne voulez-vous pas des..., je n’ai plus rien”, » avais-je traduit.

Naden et Aisha avaient toutes les deux gémi en entendant ça.

« “Tiama...” C’est bien de Lady Tiamat qu’elle parle, n’est-ce pas ? » demanda Naden. « Ça doit l’être. »

« On dirait bien qu’ils ont quelque chose à dire à Lady Tiamat, » constata Aisha.

J’étais d’accord avec elles. Lady Tiamat savait-elle quelque chose sur ce cube ? En y repensant, Lady Tiamat n’avait-elle pas prédit cette tempête ?

Se pourrait-il que... cet objet ait été en contact avec Tiamat avant ? Pendant que je pensais cela, la qualité de la voix a soudainement changé.

« Même après... vous... ne rép... toujours... »

« “Même après ‘je ne sais pas quoi’, vous ne répondez toujours pas...” hein, » avais-je traduit en essayant de compléter les trous.

La voix que j’entendais était plate, sans intonation. Mais, d’après le choix des mots, j’avais senti quelque chose comme de la colère. L’ensemble de cette situation n’était pas clair, mais j’avais l’impression qu’il la critiquait sévèrement.

« J’avais l’impression de comprendre, mais ce n’est pas le cas, » avait dit Aisha en tournant la tête sur le côté. « J’aimerais qu’il sorte de là et le dise plus clairement. »

Naden pensait aussi. « “Vous” est... probablement Lady Tiamat, n’est-ce pas ? Est-ce que ça veut dire... »

« Attendez un peu ! Ils disent toujours quelque chose, » avais-je coupé la parole à Naden, et j’avais écouté.

« Dans ce cas... »

« “Dans ce cas,” » répétai-je.

« Je... détruirai... le monde de vos enfants. »

« Quoi !? » m’écriai-je.

« Wôw, Souma !? Qu’est-ce qu’ils ont dit ? » avait crié Naden, mais je n’avais pas pu le mettre en mots immédiatement.

Je détruirai le monde de vos enfants ?

Si Naden avait raison, et le mot « vous » ici indiquait de Lady Tiamat, alors ses enfants étaient Naden et les dragons, et le monde dans lequel ils vivaient était Dracul. Est-ce que cette voix voulait la détruire ? Il s’agissait d’un avertissement clair d’intentions destructrices.

Est-ce quelque chose que nous pouvons résoudre par le dialogue... ?

« Je... détruis. Pour que vous... me détruisiez... »

« Quoi !? » m’écriai-je une nouvelle fois.

Je vais les détruire. Pour que vous me détruisiez. C’était ce que j’avais cru comprendre.

Détruire, pour être détruit ? Le propriétaire de cette voix ne voulait pas détruire Dracul, il essayait d’amener Lady Tiamat à les détruire en le faisant. Ils étaient furieux parce que Lady Tiamat refusait de le faire ? En d’autres termes, cette tempête était produite par le désir du propriétaire de la voix d’être annihilé.

« Souma ! » Naden m’avait appelé pour me ramener à la raison.

« Ah ! » m’écriai-je.

« Reprends-toi ! Tu es le seul ici qui comprend ce que cette chose dit, tu sais !? » déclara Naden.

« Désolé. On dirait que cette chose essaie de détruire Dracul parce qu’elle veut que Lady Tiamat la détruise, » résumai-je la situation.

« C’est celui qui veut être détruit, mais qui détruit le pays de quelqu’un d’autre ? J’avoue que je ne comprends pas le désir d’être détruit, mais son objectif et sa méthode ne sont-ils pas quelque peu disjoints ? » Aisha avait l’air perplexe.

Même moi, je n’en comprenais pas la raison.

« Quoi qu’il en soit, ce truc est venu jusqu’à Dracul, cherchant à être détruit. Mais Lady Tiamat semble avoir refusé, peut-être pour une bonne raison. C’est apparemment la raison pour laquelle cette chose a causé la tempête. Il semble penser que s’il met les enfants de Lady Tiamat... c’est-à-dire les dragons... en péril, Lady Tiamat sera forcée de le détruire. »

« Ça fait beaucoup de supposition, n’est-ce pas ? » demanda Naden.

« Hé, ce n’est pas comme si je pouvais y faire grand-chose. Je travaille avec des informations fragmentaires, » répondis-je.

Lady Tiamat connaissait probablement tous les détails, mais, comme Hakuya l’avait dit auparavant, elle m’avait dit qu’elle n’avait pas « l’autorité » pour m’en parler, donc sa seule manière de faire avec cette limitation.

Est-ce que la raison pour laquelle Lady Tiamat avait choisi de ne pas détruire cette chose avait aussi à voir avec cette affaire d’« autorité » ?

« Je... détruis. Alors... vous... vous... détruirez... »

La voix avait répété ces mots encore une fois. Puis une vingtaine de petits objets sphériques étaient sortis de la moitié supérieure du cube gris. Je les appelais petits, mais ils n’étaient que petits par rapport au cube. Au niveau de leur taille, il s’agissait probablement d’un mètre de diamètre. Ces sphères ne flottaient pas, et avaient été attirées vers le bas par gravité.

Voyant cela, Naden avait demandé d’une voix paniquée : « Hé, Souma, est-ce que c’est... ? ».

« Tout à fait. Selon moi aussi, ils ont l’air d’être de mauvaises nouvelles, » répondis-je.

D’innombrables sphères mystérieuses étaient apparues après qu’il ait parlé de destruction. J’avais un mauvais pressentiment.

« Naden ! Peux-tu les abattre sans t’approcher ? » avais-je demandé.

« Je peux le faire ! » cria Naden.

Graaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Naden avait rugi, déclenchant une frappe électrique sur les choses qui s’étaient envolées. La frappe électrique s’était ramifiée au fur et à mesure qu’elle avançait, perçant les sphères dispersées. Puis...

*Boom !*

Au moment où l’électricité les avait frappés, ces sphères avaient produit un éclat bleu et blanc brillant, et s’étaient mises à gonfler pour devenir des boules de lumière. Après l’apparition de lumière, nous avions entendu un grondement, et la pression du vent qui nous avait frappés par la suite nous avait dit bien trop clairement à quel point l’explosion était incroyable.

Je le savais... Ces sphères noires sont comme des bombes !

Aisha s’était tournée vers moi, comme si elle se souvenait de quelque chose. « C’est mauvais, Sire ! Liscia et les autres sont en bas ! »

« Je sais. Naden, je compte sur toi ! Abats-les, quoi qu’il arrive ! » ordonnai-je.

« C’était le plan depuis le début ! » répondit Naden.

Alors qu’elle nageait dans le ciel, Naden avait déclenché des attaques électriques les unes après les autres et elle avait abattu les objets tombant l’un après l’autre. Cependant, il y en avait tout simplement trop.

« Lady Naden ! Je vais vous aider ! » Aisha avait défait les cordes qui la maintenaient fixée, et elle se leva. « Sire, tenez-moi fermement, s’il vous plaît ! »

« Comme ça !? » J’avais sorti mon torse hors de la poupée Petit Musashibo et j’avais enroulé mes bras autour des hanches d’Aisha. En même temps, j’avais contrôlé la poupée Petit Musashibo, en la faisant tenir les chevilles d’Aisha pour la maintenir en place. Aisha, qui montait maintenant sur le dos de Naden en position debout, avait préparé ses larges attaques habituelles.

« Maintenant, Sire, gardez-la tête baissée, s’il vous plaît ! » déclara Aisha.

« D’accord, » dis-je.

« J’y vais... Hahhhhhhhhhh ! » Avec un grand cri signalant son effort, Aisha avait déplacé sa grande épée.

Le souffle de vent que j’avais déjà vu alors qu’elle s’entraînait avec Liscia avait volé droit devant nous, coupant en deux l’un des objets qui tombaient. Puis des attaques à la chaîne furent lancées, depuis la droite, depuis la gauche. À chaque coup d’épée d’Aisha, une frappe de vent s’envolait avant de couper l’un des objets qui tombaient.

Aisha avait toujours été un peu déçue dans sa vie quotidienne, mais sur les champs de bataille, elle était fiable et elle était la guerrière la plus puissante du royaume.

Alors que Naden et Aisha se démenaient à la tâche, les objets sphériques déposés par le cube avaient soit explosé, soit coupé en deux. Cependant, le cube n’arrêtait pas de les laisser tomber, l’un après l’autre.

« C’est sans fin... » Aisha avait gémi.

« Mais si nous ne les abattons pas tous, ils causeront des dégâts en contrebas, » déclara Naden.

« Nous ne pouvons pas avancer, et nous ne pouvons pas battre en retraite. Nous n’arriverons à rien dans une telle situation, » déclara Aisha.

Aisha avait probablement raison. Merde ! Si seulement nous pouvions entrer en contact avec le sol, nous pourrions les avertir du danger et les faire évacuer. J’aurais dû apporter un bras mécanique pour servir de relais... Se plaindre des choses que je n’avais pas n’allait pas aider.

« Oh, bon sang. Que pouvons-nous faire ? » avais-je dit en regardant le cube et en me creusant la cervelle.

Puis c’était arrivé.

« Heyyyyyyyyyyyy... »

J’avais entendu une voix qui venait de quelque part au loin. Ce n’était pas comme la voix que j’entendais jusqu’à présent. Cette fois, c’était une voix d’homme.

« Heyyyyyyyyyy ! Soumaaaaaaaaa ! »

Cette voix venait... d’en bas !?

Quand je m’étais penché sur le côté de Naden pour regarder vers le bas, j’avais vu un dragon rouge se diriger vers nous à une vitesse incroyable. Ses ailes étaient pliées et elle avait une forme presque comme une flèche. Attends un peu, ne volait-elle pas très vite sans avoir battu des ailes ?

De plus, Halbert était sur son dos, s’accrochant chèrement à sa vie.

« Hal !? » avais-je crié.

« Ruby !? » Naden avait crié en même temps.

Ruby avançait vers nous avec Halbert sur le dos. Les deux nouveaux arrivants avaient continué à monter verticalement comme ça, mais finalement ils avaient perdu de l’inertie et ils avaient commencé à tomber. Ses ailes n’étaient pas déployées... Oh, c’était ça ! Parce que si elle ne les tenait pas fermement contre son corps, elles seraient affectées par les vents, hein !

« Naden ! » avais-je crié.

« Je sais ! » répondit Naden.

Naden s’était mise sous la zone de chute de Ruby et l’avait attrapée. De là, elle avait enroulé son corps autour de Ruby et l’avait tenu fermement en place. Ruby semblait soulagée quand elle avait dit : « Cette méthode de vol n’est... vraiment pas facile pour le cœur... »

« Ruby, comment as-tu... ? » demanda Naden.

« Gardons les bavardages pour plus tard ! On ne peut pas laisser ces choses atteindre le sol, n’est-ce pas ? » demanda Ruby.

Après avoir déclaré ses mots, Ruby avait inhalé profondément, et avait lâché un jet de flamme connu sous le nom de souffle du dragon. Les flammes s’étendaient comme un chalumeau, faisant frire les objets et les faisant exploser.

Quand elle avait vu cela, Naden avait fait tourner son corps sur elle-même en lançant des décharges électriques dans toutes les directions. Ainsi, le souffle de Ruby se déplaçait comme les aiguilles d’une horloge, déclenchant la destruction d’objets sur une zone encore plus large.

La zone autour de nous était remplie de flammes brillantes, d’électricité et d’explosions. Ça m’avait irrité les yeux.

En déclenchant en même temps une explosion de tous ceux présents en ce moment, cela nous avait donné une certaine marge de manœuvre jusqu’à ce que la prochaine série soit larguée.

« Alors, comment es-tu venue ici, Ruby ? » Naden avait demandé à Ruby, qui respirait difficilement, après que la situation se soit temporairement calmée. Maintenant qu’elle en parlait, nous n’avions pas encore parlé du fait qu’un dragon ailé ne pouvait pas voler dans ces courants d’air si sauvage, n’est-ce pas ?

« J’ai demandé à cette personne de coopérer avec moi... et j’ai fait des choses folles pour venir ici..., » répondit Ruby en essayant de reprendre son souffle. En étirant son long cou, elle avait utilisé son museau pour désigner ce qui était sur son dos.

Par « cette personne ici », elle voulait dire Hal ?

« Hal, qu’est-ce que tu as fait ? » avais-je demandé, me sentant complètement épuisé.

Hal avait désigné ce qui était derrière lui. « Souma... N’as tu pas apporté ça ? Nous l’avons utilisé... pour voler jusqu’ici. »

Ce que Hal montrait en disant ça était le dispositif de propulsion maxwellien fixé à l’arrière de sa selle, le Petit Susumu Mark V version allégée.

Mes yeux s’étaient écarquillé.

C’est donc de cela que Kaede parlait !

☆☆☆

Chapitre 7: La tempête

Partie 6

Un peu plus tôt...

« J’aimerais vous demander une faveur, » j’étais assise avec mon corps endolori. J’avais alors corrigé ma posture, puis j’avais incliné la tête devant le jeune homme aux cheveux roux.

Au moment où je l’avais fait, Hal avait échangé des regards avec la fille aux oreilles de renard... Kaede, n’est-ce pas ? « Je ne suis pas sûr que ce soit le moment de demander des faveurs... »

« Pour commencer, j’aimerais entendre ce qu’est que cette faveur, vous savez, » dit Kaede. « Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez demander à Hal ? »

« Je me fiche de ce que c’est. Donnez-moi quelque chose que je puisse faire ! » avais-je dit en suppliant. Je m’inclinais à nouveau. « Je ne veux pas compter que sur Naden pour régler cette situation ! Si je laisse tout le destin sur les épaules de Dracul à Naden, alors que je ne fais rien... je ne pourrai plus jamais être fière de moi. »

Je ne pouvais pas voler dans cette tempête. Néanmoins, si je laissais Naden faire tout le travail, je ne serais pas à la hauteur de la réputation des dragons de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon.

Ce n’était pas tout. Si j’obligeais Naden à prendre tous les risques et que quelque chose lui arrivait, je ne pourrais jamais me pardonner.

« Vous êtes les vassaux du roi Souma, n’est-ce pas ? Nous ne pouvons rien faire, mais comme vous venez de l’extérieur de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, j’ai pensé que vous pourriez avoir un moyen de le faire, » déclarai-je.

« Je ne sais pas…, » dit Halbert.

« Peu importe à quel point c’est dangereux. Je veux que vous me laissiez aussi faire quelque chose, » mes sentiments me déchiraient à l’intérieur.

Hal s’était gratté la tête avec un regard troublé. « Hmm, je n’ai aucune idée de comment voler quand le ciel est si mauvais alors que même un dragon ne peut pas voler. La magie de Kaede manipule la gravité, mais même avec cela, elle ne peut que faire flotter et cela ne marcherait pas là. N’est-ce pas ? »

« Tout à fait. Je ne pense pas que la magie de la terre va pouvoir faire quoi que ce soit ici, » acquiesça Kaede.

C’était comme ce que j’avais craint ? N’avais-je donc rien que je puisse faire ?

Quand le désespoir avait commencé à s’installer en moi, Kaede avait soudainement déclaré. « Mais ce n’est pas comme si nous n’avions aucun moyen de le faire, vous savez. »

« Avez-vous quelque chose !? » m’écriai-je.

« C’est dangereux, mais... comme vos ailes vont être prises par le vent, vous ne pourrez pas les ouvrir, vous savez, » continua Kaede.

Ne pas ouvrir mes ailes ? Me disait-elle de voler sans battre des ailes ? C’était... quelque chose que seule Naden pouvait faire.

Hal avait aussi affiché un regard empli de doute. « Impossible. Comment un dragon ailé est-il censé voler sans ses ailes ? »

Cependant, Kaede l’avait regardé avec exaspération. « As-tu oublié, Hal ? La chose que nous avons dans la gondole sur les ordres de Sa Majesté. »

« Dans la gondole ? Voyons voir, il y a ce truc bizarre de kigurumi que Souma utilise, et... Oh, ça ! L’hélice, ce petit machin Susumu, c’est ce qu’il nous faut ! »

L’hélice ? Je n’avais aucune idée de ce dont ils parlaient, mais ils semblaient penser que ça marcherait.

Kaede avait pointé son doigt vers mon dos et m’avait dit : « Les dragons et les wyvernes sont de tailles différentes, oui, mais leur forme générale est similaire. Si nous mettons le Petit Susumu Mark V version allégée sur son dos, comme nous le faisons pour la cavalerie-wyverne, puis si nous la mettons à pleine puissance, même avec ses ailes repliées, je pense qu’elle pourrait grimper directement depuis le sol. »

« Je comprends ton raisonnement, mais... n’est-ce pas très dangereux ? » demanda Hal d’un air dubitatif. « Elle ne peut que s’élever dans les airs tout droit, n’est-ce pas ? »

Kaede hocha la tête, confirmant ses préoccupations. « Bien sûr. Il n’y a pas moyen de changer de direction. Elle ne pourrait que monter tout droit. D’ailleurs, nous ne l’avons pas testé dans des conditions de tempête, donc je ne sais pas si ce que je viens de dire est vraiment possible. » Kaede avait l’air inquiète. « Cependant, en l’état actuel des choses, si elle veut faire quelque chose, c’est à peu près la seule façon... »

« Ça ne me dérange pas, » déclarai-je fermement. « Je suis bien consciente du danger. Alors, laissez-moi-le faire. »

« Rubis... »

« Arg, bon sang ! On dirait que je n’ai pas le choix ! » Hal s’était gratté la tête affichant un sourire. « C’est moi qui vous ai poussé à faire ça, alors je vais devoir venir avec vous. »

La proposition de Halbert avait fait que les yeux de Kaede s’étaient écarquillé. « Hal... comprends-tu ce que tu dis, vraiment ? »

« Que je serais en danger ? Oui, je suis prêt pour ça. De plus, le dragon qui porte l’hélice ne peut pas la contrôler. Elle a besoin de quelqu’un pour la conduire et la diriger, n’est-ce pas ? » répondit Hal.

« Ce n’est pas ma seule préoccupation... Il n’y a pas d’autre choix, n’est-ce pas ? » marmonna Kaede. « Très bien. Je trouverai un bon moyen de m’arranger avec Sa Majesté. »

Kaede avait haussé les épaules en se résignant à l’exaspération qu’elle ressentait alors qu’elle approuvait l’idée.

« Merci. Hal, Kaede, » dis-je.

J’avais encore une fois baissé la tête devant eux. Je n’aurais pas pu être plus reconnaissante.

Ici et maintenant, un Chevalier Dragon rouge improvisé était né.

 

☆☆☆

 

Pendant que Naden et Aisha continuaient à intercepter les objets qui tombaient, j’avais donné à Hal et Ruby un rapide aperçu de la situation.

Ce cube causait la tempête, les objets qu’il laissait tomber étaient des bombes, et il serait dangereux de les laisser tomber à la surface. Je n’avais pas mentionné que la chose essayait apparemment de détruire Dracul pour qu’elle soit détruite elle-même. Je n’avais aucune preuve et je ne voulais pas perdre du temps à l’expliquer.

Quand ils avaient entendu mon explication, Hal et Ruby avaient acquiescé à l’unisson.

« Compris », Hal avait dit. « Nous nous occuperons de prendre contact avec le sol. »

« Les autres dragons peuvent aussi se battre à partir du sol. » Ruby avait étiré son cou, ce qui avait rapproché son visage de celui de Naden. « Alors, Naden, ne t’inquiète pas pour les choses en bas. Dirige-toi droit vers ce truc. »

« Puis-je te faire confiance pour gérer ça ? » demanda Naden.

« Ton travail est de porter Souma, n’est-ce pas ? En tant que dragon de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, je ne pourrai peut-être pas t’ouvrir la voie, mais je te couvrirai au moins le dos. »

« ... D’accord, » déclara Naden

Naden s’était déroulée et avait relâché Ruby. Dès qu’ils avaient été libérés, Hal et Ruby avaient laissé la gravité suivre son cours et étaient tombés tout droit.

J’avais crié après eux, « Hal ! Prenez soin de Liscia et des autres ! »

« Comptez là-dessus ! Toi aussi, fais ton truc ! » cria Hal.

À l’opposé de la façon dont ils étaient venus, Hal et Ruby étaient tombés avec leurs têtes pointées vers la surface. Alors même qu’ils tombaient, Hal avait jeté la lance qu’il tenait et avait abattu l’un des objets qui tombaient. On aurait dit que son entraînement de dratrooper avait porté ses fruits. Un Halbert aux cheveux roux, chevauchant un dragon rouge, et lançant une lance de flammes... hein ?

« Ils font tout le truc de Chevalier Dragon correctement, hein…, » demandai-je.

« Peux-tu le répéter ? » dit Naden. « En attendant, on est tous bizarres. »

« Maintenant, Sire, » dit Aisha. « Ils sont eux, et nous sommes nous. Pourquoi ne pouvons-nous pas en rester là ? »

« « Pfft ! » » Quand Aisha avait résumé la situation comme ça, Naden et moi avions éclaté de rire. Quand elle l’avait rejeté d’une manière aussi insouciante, même si Dracul était en danger, c’était comme si tout cela n’était pas grand-chose.

Ouais, je commençais à penser qu’on pourrait faire quelque chose pour régler cette situation.

« Hahahaha... Maintenant, laissons les objets qui chutent à ceux qui sont sur le sol, et allons nous-mêmes jeter un coup d’œil à ce cube, » avais-je dit.

« Oui. Allons-y, Souma, Aisha, » déclara Naden.

« D’accord ! » avait crié Aisha.

Avec un bon coup d’accélération, Naden avait commencé à grimper.

 

☆☆☆

 

Quand Halbert et Ruby étaient retournés au niveau du sol, les dragons s’étaient tous rassemblés devant le Château de Cristal. Ils pouvaient voir Kaede, Liscia et Carla debout aux pieds de ces énormes créatures, alors Halbert et Ruby avaient atterri à côté d’eux.

« Hal, comment cela se déroulait-il dans le ciel ? » demanda Kaede.

Halbert avait pointé vers le haut et avait répondu. « Il y avait ce machin bizarre et fixé là-haut. Souma et les autres se dirigent vers lui afin d’avoir un contact. Mais ce qui est plus important, c’est qu’il y aura des bombes qui tombent en ce moment. Nous devons les intercepter. »

« Vous parlez de les intercepter, mais avec toute cette pluie, les flammes seront diminuées de moitié, » avait souligné Carla, qui savait également utiliser la magie du feu.

Les flammes que les dragons pouvaient cracher étaient puissantes, mais elles seraient probablement affaiblies et emportées par le vent et la pluie, réduisant leur portée de manière drastique.

Liscia hocha la tête amèrement. « Ma glace n’est pas non plus quelque chose que je peux envoyé dans le ciel. »

« Il y a un moyen, vous savez, » déclara Kaede qui s’était accroupie et qui avait posé sa main sur le sol. « Vous devrez me pardonner un peu de changement dans la topographie du coin, désolée. »

Après ça, le sol avait commencé à gonfler, et des masses de roche et de sable d’environ un mètre de large s’étaient mises à rouler partout. Kaede avait utilisé sa magie de type terre. Même au premier coup d’œil, il devait y avoir plus d’une centaine de ces masses. Cela avait dû prendre une quantité considérable de pouvoir magique.

Comme on pouvait s’y attendre, Kaede s’était mise à trébucher, s’étant surmenée pour le faire, et Liscia s’était empressée de l’attraper dans ses bras.

« E-Est-ce que ça va ? » demanda Liscia.

« Désolée. J’en ai un peu trop fait, » déclara Kaede.

Alors que Liscia la soutenant, Kaede avait expliqué la stratégie à toutes les personnes présentes.

« Je veux que les dragons lancent ces masses de terres sur les objets qui tombent. Avec la force d’un dragon, vous devriez pouvoir les lancer assez haut. Pour les autres, j’aimerais que vous utilisiez des arcs enchantés par la magie. La priorité est de protéger le Château de Cristal et les œufs de dragon dormant en dessous. Même si vous devez ignorer les autres projectiles, veuillez intercepter en priorité les objets tombant vers Château de Cristal. »

« J’ai compris... Vous l’avez tous entendue, vous tous ! » Liscia avait aidé Kaede à se lever, puis elle avait crié à ses compagnons et aux dragons. Parce qu’elle était la princesse d’une nation, elle avait naturellement fini par donner des ordres dans une telle situation. « Nous allons soutenir Naden et Souma depuis ici ! »

« « « D’accord. » » »

« « « « Graaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! ! » » » »

Ses compagnons poussèrent un cri de guerre, et les dragons rugirent tous en même temps.

« Ruby, nous allons les intercepter dans le ciel, » déclara Halbert.

« Oui. Allons-y, Hal, » déclara Ruby.

Halbert et Ruby avaient repris leur vol avec le Petit Susumu Mark V version allégée.

Tout le monde faisait de son mieux pour faire ce qu’il pouvait faire en ce moment. En regardant cette scène se dérouler, Liscia avait encoché une flèche.

Nous allons faire ce qu’on peut pour protéger cet endroit.

Alors qu’elle faisait reculer la corde de son arc, Liscia pensait à Souma et aux autres se trouvant dans le ciel.

Alors, tout le monde... Assurez-vous que vous rentrez bien à la maison.

Tout en étant portée par ses sentiments, Liscia avait lâché sa flèche dans le ciel empli de nuages.

☆☆☆

Chapitre 7: La tempête

Partie 7

« Wôw, » déclara soudainement Aisha.

« Ça va, Aisha ? » avais-je demandé avec inquiétude.

« O-Oui ! » avait répondu Aisha.

Quand nous nous étions levés, nous avions oublié qu’Aisha avait défait les cordes qui la maintenaient en place. Je l’avais attrapée quand elle avait perdu l’équilibre, et j’avais attaché la corde autour de moi pour nous tenir en position. Pendant que je faisais cela, Naden avait continué à éviter les objets qui tombaient alors qu’elle s’approchait du cube. En dehors de la dispersion des bombes, le cube n’avait rien fait pour nous intercepter, et nous avions pu facilement remonter le long du cube.

Est-ce que ce cube... nous ignore ?

Est-ce que cela signifiait que sa seule cible, ou la seule chose qui l’intéressait étaient Lady Tiamat ? Ou bien avait-elle la certitude absolue que personne d’autre que Lady Tiamat ne pouvait le détruire ? Quoi qu’il en soit, nous nous étions suffisamment rapprochés pour pouvoir sauter dessus, ce qui nous avait permis d’observer le cube de près.

C’était, comme je m’en doutais, un cube avec dix mètres de côté.

La surface qui avait l’air grise de loin avait été faite d’une pierre brillante comme l’obsidienne taillée, et il y avait des motifs géométriques présents dessus. C’était clairement artificiel, mais certaines parties étaient recouvertes de mousse. D’autre part, il était difficile à savoir si c’était ancien ou neuf. Il n’y avait aucun signe d’hélice ou de moteur à réaction. C’était vraiment flottant.

Hm... J’ai entendu une voix, donc je m’attendais à une créature, ou un véhicule d’un certain type...

Peu importe comment je le regardais, ce n’était qu’un cube et non pas un véhicule, ou quelque chose du même genre.

Pourtant, il n’y avait aucune chance qu’un cube ordinaire, sans moyen de propulsion, flotterait haut dans le ciel. Peut-être que, contrairement à son extérieur simple, l’intérieur de cette chose était vraiment complexe.

Je ne savais pas si c’était la preuve de cela, mais la face avant supérieure comportait d’innombrables trous, et ils crachaient ces objets ressemblant à des bombes. Cette action de faire sortir des bombes à intervalles réguliers était très systématique et mécanique.

Si c’était le cas, c’était peut-être un exemple de ce que Genia appelait la surtechnologie, comme les Joyaux de Diffusion de la Voix, ou le Lunalith qui se trouvait dans l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria.

« Regardez la surface... Je ne pense pas qu’il soit impossible de le couper, » avait dit Aisha. « Ça vous dérange si j’essaie ? »

« ... Pouvez-vous viser un coin ? S’il se brise et tombe, on ne sait après tout pas quel effet ça peut avoir, » répondis-je.

« Oui, Sire... Haaaaaa ! » cria Aisha en agissant.

Aisha avait frappé avec sa grande épée, projetant ainsi une attaque de vent. L’attaque de vent avait touché de biais le coin du cube ce qui en aurait coupé la pointe... Ou c’est ce que cela aurait dû faire. Cependant, le cube n’avait montré aucun signe de changement.

Aisha avait abaissé son épée et avait gémi. « Hrm... Cette surface est beaucoup plus dure que l’acier. »

Ça veut dire qu’elle aurait pu le couper s’il avait été entièrement fait d’acier ?

Aisha avait sorti un couteau de sa poche et l’avait jeté sur le cube. Le couteau avait volé droit sur le cube, puis il y avait eu un étrange bruit aigu, et il était tombé.

« Regardez. Il n’y a même pas une petite égratignure à la surface, » déclara Aisha.

« Est-ce que ça veut dire que c’est super dur ? » demandai-je.

« Non, ça n’avait pas l’air d’avoir été en contact avec l’objet. On aurait dit qu’il a été dévié juste avant qu’il ne touche la surface, » expliqua Aisha.

« Hmm... Est-ce qu’il y a un champ de force ? » demandai-je.

« Chanforce ? Qu’est-ce que c’est ? » demanda Aisha, l’air confus.

« C’est une sorte de barrière scientifique. Même dans mon ancien monde, ils n’existaient que dans la fiction, » avais-je répondu.

C’était une sorte de science-fiction, mais j’avais l’impression que c’était possible avec la surscience, qui allait au-delà du domaine de la compréhension humaine.

J’avais eu une idée pour quelque chose qu’on pourrait essayer.

« Naden, pourrais-tu le frapper avec une attaque électrique ? » avais-je demandé.

« D’accord, mais... es-tu sûr que tu veux que j’aille à pleine puissance ? » demanda Naden.

« Tout à fait. Donne tout ce que tu as, » répondis-je.

« D’accord, alors… HHHaaaaa ! »

*Zap, un crépitement se fit entendre !*

La crinière de Naden était toute droite alors qu’elle déchaînait une attaque électrique en plein sur le cube.

L’éclair pourpre avait déchiré l’air, et juste au moment où il était sur le point de percuter le cube, un autre son indescriptible, beaucoup plus fort que celui d’avant, avait résonné dans toute la zone. C’était comme si quelqu’un amplifiait le son des ongles sur un tableau noir, puis le faisait passer à travers un filtre. C’était un bruit qui agressait les oreilles quand on l’entendait.

Cependant, même si le bruit était assez fort pour être douloureux, il n’y avait pas de changement dans le cube. Était-ce si résistant que ça... ?

Je m’étais gratté la tête. « Attaques physiques, magie et électricité, tous inefficaces, hein ? Il dit qu’il veut être détruit, mais c’est trop solide. »

« N’est-ce pas pour cela qu’il veut que Lady Tiamat le détruise ? » demanda Naden.

« Oui, c’est probablement ça..., » répondis-je.

Alors que je me creusais la tête pour savoir quoi faire, j’avais encore entendu cette voix.

« Je détruirai. Pour que vous me détruisiez. »

Je l’avais entendu clairement. La voix était trop aiguë pour être masculine, ce qui donnait l’impression d’être féminine, mais il y avait quelque chose de bizarre. Maintenant que je l’avais entendu si clairement, quelque chose avait attiré mon attention.

Cette voix...

Je l’avais déjà entendu quelque part. Pour une raison ou une autre, c’était ce que j’avais ressenti. Mais où ?

J’avais essayé de chercher dans mes souvenirs, mais le cube n’allait pas me donner le temps.

Tiamat... si ce n’est pas assez pour que vous me détruisiez...

Il y avait un son au fond du cube.

« Naden, baisse ta tête ! » avais-je crié.

« Compris ! » répondit-elle.

Nous nous étions déplacés vers le bas, et la face inférieure s’était ouverte comme une boîte. Quelque chose en forme de téléobjectif était sorti tout droit des profondeurs du cube.

Ce truc qui ressemblait à un objectif de téléobjectif... J’avais un mauvais pressentiment.

« Je vais vraiment détruire tout ce qui vous appartient. »

La lentille qui sortait de sous le cube commençait à émettre de la lumière. C’était une lumière pâle au début, mais elle s’était peu à peu intensifiée.

Cette scène... J’avais vu quelque chose comme ça dans un vieux film de science-fiction. Le fond de la soucoupe massive de l’espace s’était ouvert, puis elle s’était peu à peu remplie de plus en plus de lumière... et puis, la lumière avait inondé la zone et avait dévasté les bâtiments et la ville en dessous.

Attends, Liscia et les autres sont sous ce truc !

« Aisha, Naden, attaquez cette zone du bas ! » avais-je crié.

« D’accord ! »

« Bien reçu ! Hahhhhhhhh ! »

Aisha avait envoyé une frappe du vent avec son épée, et Naden avait lancé une attaque électrique. Cependant, malgré les sons violents que cela avait générés, la lentille n’avait pas été affectée, et elle avait continué à s’illuminer.

À ce stade, je ne pouvais qu’imaginer un avenir sur là où cette lumière allait toucher le sol.

« Arrêttttttttteeeeeeeezzzzzzzz ! » avais-je crié, malgré moi, avec toute la force que j’avais en moi.

« Sire ? » demanda Aisha.

« Souma ? » avait demandé Naden, hésitante.

Je n’arrêtais pas de crier sur le cube. « Si vous voulez vous faire détruire, alors allez vous écraser quelque part sans personne, ou allez vous couler dans l’océan, et brisez-vous tout seul ! Mais ne prenez pas d’autres personnes... ne prenez pas ma famille dans vos pulsions autodestructrices, idiooooooooooooottttttttttteeeeeeeeeeeee ! »

« Lang... supp... détectée... sactivations… fonctions »

Après avoir déclaré ça, la lumière avait soudainement cessé de s’accumuler, et la chose ressemblant à un téléobjectif qui sortait du fond avait graduellement perdu de son éclat. Cela avait fini par disparaître complètement, et le cube avait replacé cette lentille à l’intérieur de lui-même. Avait-il... arrêté ?

En le regardant attentivement, le cube avait aussi cessé de laisser tomber ces objets.

« Croyez-vous que ça s’est arrêté ? » demanda Aisha.

« Est-ce que ce que Souma lui a dit d’arrêter ? » demanda Naden.

Aisha et Naden étaient perplexes. Comme Naden le disait, le moment où cela s’était produit suggérait qu’il m’a écouté crier. Peut-être que mes paroles avaient été comprises ? Maintenant que j’y pense...

« Lang... supp... détectée... sactivations… fonctions »

C’était bien ce que le cube avait dit. Il y avait eu du bruit qui l’avait interrompu, donc je ne pouvais pas capter tout ce qu’il disait, mais cela avait-il été des « désactivations des fonctions » qu’il disait ?

Si c’était le cas, la première moitié, « Lang... supp, détectée », m’avait également intéressé. « Détectée » semblait assez simple, mais « Lang... supp » signifiait... Euh !?

Ce cube s’était arrêté parce que j’avais crié. Si ce cube avait détecté mes mots, et avait désactivé ses fonctions en conséquence, alors ce « Lang... supp » était en référence à ce que j’ai dit.

En d’autres termes...

« Langue supportée... »

« Langue supportée détectée. Désactivation des fonctions. »

Est-ce que c’était ce que le cube avait dit ?

Une langue supportée... la langue que je parlais... était le Japonais !?

Ce cube s’était-il désactivé parce que j’utilisais le japonais ?

Le japonais était-il la clé... ? Non, il avait dit « langue supportée », donc il pourrait aussi supporter d’autres langues que le japonais. Et pour le dire plus largement, le cube s’était-il arrêté parce que j’avais utilisé l’une des langues de la Terre, ou parce que j’avais utilisé une langue d’un autre monde ?

Quand j’en étais arrivé à cette conclusion, les fragments de divers souvenirs à l’intérieur de moi avaient commencé à s’interconnecter.

Je parlais de la raison pour laquelle Lady Tiamat m’avait appelé la clé et m’avait invité à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Ce n’était nullement parce que j’étais un héros, mais parce que j’étais japonais, ou parce que je venais de la Terre, ou parce que je venais d’un autre monde ?

La langue que j’avais utilisée... Je ne savais pas si c’était parce que c’était du japonais, parce que c’était une langue de la Terre, ou parce que c’était une langue d’un autre monde, mais Lady Tiamat devait savoir que ce serait la clé pour arrêter ce cube.

« Il se peut que Lady Tiamat connaisse votre monde jusqu’à un certain point », avait dit Hakuya. « Si Lady Tiamat était certaine que vous connaissiez le ryuu, cela signifie qu’elle devait savoir que le monde d’où vous venez avait une idée de ce qu’est un ryuu. »

« Lady Tiamat... connaissait donc bien le monde d’où je viens ? » avais-je murmuré.

J’avais eu cette conversation avec Hakuya à ce sujet il y a quelques jours.

Nous avions déduit que Lady Tiamat pourrait savoir quelque chose sur mon monde. Je commençais à en être convaincu. Lady Tiamat, le cube, et le monde d’où je viens.

S’il y avait un lien entre eux, est-ce que cela signifiait que mon monde et ce monde étaient reliés d’une manière ou d’une autre ? En d’autres termes...

Ce monde, que je croyais être un autre monde, n’est peut-être pas un autre monde.

Oh, bon sang... Je ne sais plus, c’est tout.

J’avais beaucoup d’hypothèses différentes dans ma tête, mais aucune d’entre elles n’était plus que de la spéculation.

Même si je voulais porter un jugement, je n’avais pas l’information pour le faire.

Il y avait juste une chose que je savais de ce monde, et c’était que je n’en savais toujours rien. Alors que mon esprit avait atteint un état de confusion extrême...

« Je vois... C’est pourquoi Tiamat..., » commençai-je à parler.

Le cube avait recommencé à dire quelque chose.

« Les... per... fam... ne sont toujours... pas... perdus... »

Sa voix s’était coupée. Il était difficile de discerner ce qu’il disait ainsi, mais il ne semblait pas en colère ou triste. Cela semblait se sentir seul, mais presque comme s’il priait pour quelque chose.

« ... ilière... J’ai... demande... »

« La per… familière ? Oh, la personne familière ? Mais quelle est cette demande ? » avais-je demandé au cube.

Peut-être parce qu’il m’avait compris, le cube avait commencé à expliquer.

« S’il vous plaît... familier... avant que votre li... à sa fin... vous supplie... aider... donnez la paix à mes enfants... jours... »

Merde ! Nous avions enfin une conversation, mais il y avait trop de choses qui étaient coupées dans ses paroles. Il semblait que le cube parlait couramment, mais les parasitages étaient si importants que je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il disait.

« Je ne vous entends pas quand vous parlez trop longtemps ! » avais-je crié. « Dites-moi ce que vous voulez, aussi brièvement que possible ! »

Le cube répondait d’un seul souffle.

« Allez vers le nord. »

Aller au nord, hein ?

Après avoir dit cela, le cube avait disparu.

« Il a disparu…, » avais-je murmuré.

Il ne s’était pas envolé, ou quelque chose du même genre. Il venait tout simplement de disparaître en un instant. Il était très probable qu’il avait utilisé une technique de téléportation, comme Lady Tiamat.

Après que le cube eut disparu, la tempête qui faisait rage avec tant de force s’était transformée en une simple masse de nuages, et finalement cela s’était dispersé avant de se dissipés totalement. Avant que je m’en rende compte, nous avions été laissés sous un ciel avec le soleil couchant au loin. L’air clair et le rouge du soleil couchant scintillaient presque aveuglément.

« J’ai l’impression que nous avons rêvé de tout cela, » déclara Aisha en état de choc. C’était le genre de changement brusque qui vous ferait avoir ce genre de pensée.

« Mais ce n’était pas un rêve, n’est-ce pas, Souma ? » demanda Naden. « Qu’est-ce que ce cube a dit à la fin ? »

Je lui avais répondu, aussi choqué qu’Aisha. « ... Allez vers le nord. C’est ce à quoi ça ressemblait. »

« Nord ? Par nord, ça veut dire…, » demanda Naden.

« Je suppose que c’est le Domaine du Seigneur-Démon, non... ? » déclarai-je.

J’avais l’impression d’avoir obtenu beaucoup d’informations sur cet incident. Cependant, cela avait créé plus de questions qu’il n’en avait résolu. Sur mon monde, sur moi, sur le lien entre le monde d’où je venais et celui-là...

La seule chose que je pouvais dire clairement, c’était qu’aucune des réponses ne serait bientôt disponible.

« Quoi qu’il en soit, la tempête est passée..., » avais-je dit. « Retournons vers les autres. »

Naden hocha la tête. « D’accord. Je me sens vraiment épuisée. »

La situation était plus ou moins résolue, mais nous n’étions pas pleinement satisfaits lorsque nous étions retournés vers le sol.

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