Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 6 – Chapitre 6

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Chapitre 6 : Les plaines du chagrin

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Chapitre 6 : Les plaines du chagrin

Partie 1

Dans le nord-ouest du Royaume de Friedonia se trouvait ce que l’on appellera plus tard les Plaines du chagrin.

Il avait été dit que le nom provenait d’une belle fille qui, pleurant pour son amant qui ne reviendrait jamais, avait créé un étang avec ses larmes. En fait, il y avait bien un étang dans les plaines du Grief, et les fermiers locaux l’utilisaient comme source d’eau à des fins agricoles. On disait que cette légende dramatique concernant l’amour tragique avait fait battre le cœur de nombreuses jeunes filles qui avaient visité cette terre.

Cependant, ceux qui connaissaient la vérité derrière la légende ne pouvaient que sourire avec ironie.

◇ ◇ ◇

« Wôw, » s’exclama Liscia, admirant la vue à l’extérieur de la fenêtre de la gondole.

En ce moment, nous étions dans les airs. Je pourrais monter sur le dos de Naden, mais si Liscia m’y rejoignait, la protection du ryuu ne la couvrirait pas, et elle serait exposée au vent et au froid. Pour cette raison, Liscia et moi étions montés dans une gondole conçue pour être portée par des wyvernes, et nous avions demandé à Naden de la porter sous sa forme de ryuu.

Naden avait alors traversé le ciel comme si elle nageait, et elle avançait bien plus vite qu’une wyverne ne pourrait le faire. En regardant la vitesse de défilement du paysage lors de ce trajet, Liscia avait déclaré avec enthousiasme : « Regarde, Souma. Elle est bien plus rapide qu’une wyverne. »

« Gwah ! » m’étais-je exclamé.

« Attends ! Qu’est-ce qui ne va pas !? Pourquoi saisis-tu soudainement ta poitrine ? » demanda Liscia.

« Non... Je ne le connais qu’en tant que réplique d’un vieux JDR, mais l’entendre sortir de ta bouche a été un choc…, » répondis-je.

« Mais de quoi tu parles !? » s’exclama Liscia.

Eh oui, elle n’allait jamais comprendre pourquoi je me sentais si peiné de l’entendre, et elle n’avait pas besoin de le comprendre. J’avais serré Liscia dans mes bras alors qu’elle me regardait d’un air perplexe.

« S’il te plaît, reste avec moi, » lui avais-je alors dit.

« Je ne sais pas ce qui t’inquiète tant, mais... bien sûr que je vais le faire, » Liscia avait posé sa tête sur mon épaule. « Nous deux... nous serons ensemble pour toujours. »

« Liscia..., » murmurai-je.

« Heyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy ! » Alors que nous avions commencé à avoir une bonne ambiance, un grondement de colère s’était fait entendre venant de là-haut. « Vous m’obligez à vous porter, puis vous commencez à flirter !? »

« Oh, désolé », avais-je dit. « Je n’ai pas pu m’en empêcher... »

« Comment ça ? Tu n’as pas pu t’en empêcher !? Pour commencer, tu pourrais monter sur mon dos ! » déclara Naden.

« Mais nous ne pourrons pas parler tous les trois si je faisais ça, » répondis-je.

Dans sa forme de ryuu, Naden parlait en utilisant quelque chose comme la télépathie, de sorte qu’elle pouvait parler sans se soucier du bruit des paroles dans la gondole, ou du bruit du vent qui sifflait, mais si j’allais sur le dos de Naden, je ne pouvais pas parler à Liscia dans la gondole.

Liscia s’était penchée et m’avait chuchoté à l’oreille, « Tu fais ça exprès parce que la réaction de Naden est si mignonne, non ? »

« Non, » répondis-je en chuchotant. « Enfin, peut-être un peu. »

« Tu as développé une vilaine tendance, tu sais ça ? » demanda Liscia.

« Eh bien ! Avec le fait d’être entouré d’un groupe de filles si difficiles, j’ai eu beaucoup d’entraînements, » répondis-je.

« ... Est-ce que tu m’inclues là-dedans ? » demanda Liscia.

« Franchement, je t’ai dit de ne pas me laisser en dehors du... hein... ? » Naden s’était arrêtée à mi-chemin. Alors que je me demandais pourquoi, Naden ajouta soudain : « Hé, pourriez-vous regarder le sol un instant ? »

J’avais ouvert la fenêtre, et Liscia et moi avions regardé le sol en bas tout en faisant face au vent qui s’était précipité dans la gondole.

« « Quoi !? » »

Dans les champs se trouvant sous nos pieds, il y avait un certain nombre de grands trous. Des cratères, grands et petits, s’y étaient formés. On aurait dit que la région avait été frappée par une frappe localisée de météorites.

« C’est comme si la zone avait été bombardée par une unité de Wyvernes..., » chuchota Liscia.

« Bombardée !? Je n’en ai jamais entendu parler par Hakuya ! » m’étais-je lamenté.

« Attends, Souma ! C’est juste à côté du village où Aisha et les autres attendaient, n’est-ce pas ? » demanda Liscia.

« Ah ! Dépêchons-nous. Naden, je compte sur toi ! » dis-je.

« Bien reçu ! » répondit Naden.

Naden avait soudainement fait une plongée jusqu’au village où Aisha et les autres l’attendaient.

Nous avions demandé à Naden de nous déposer près du village et de prendre une forme humaine, puis nous nous étions avancés en franchissant l’entrée du village où Aisha et les autres nous attendaient. Contrairement aux champs troués, le village n’était pas différent de ce qu’il était la dernière fois que j’étais ici.

Alors, c’est quoi ces gros trous ? Pendant que je me demandais ça...

*Bruit de pas* *Bruit de pas* *Bruit de pas* *Bruit de pas*. J’avais entendu le bruit de pas lourds, et puis d’un coup. « Votre Majesté ! »

J’avais vu Aisha courir vers nous avec une vitesse incroyable.

Avec la quantité de mouvement qu’elle avait acquis lors de ce déplacement, elle était presque comme un cheval en fuite ou un rhinocéros en fureur, et à mesure qu’elle se rapprochait, j’entendais des sonneries d’alarme dans ma tête. C’était mauvais. J’avais tenté de me tourner et de courir dans l’autre sens, mais...

« Votre Majesté ! Je vous ai enfin attrapééééééééé ! » cria Aisha.

« Gwah ! »

« « Souma !? » »

Sans même que j’eus le temps de tourner complètement sur moi-même, elle s’était rapidement rapprochée de moi, et j’avais été attrapé dans une étreinte volante. L’impact était identique à celui d'être écrasé par une petite voiture.

... Est-ce que cela va s’arranger ? Ne vient-elle pas de me casser deux côtes ?

Cependant, mon enfer ne faisait que commencer.

« Pourquoi avez-vous soudainement disparu !? C’était si méchant de votre part, de m’avoir abandonnée comme ça ! Laissez-moi rester avec vous pour toujours ! » Aisha m’avait serré dans ses bras alors qu’elle était en larmes.

Les paroles qu’elle disait étaient mignonnes, et elle ressemblait à une jeune fille qui essayait de me faire plaisir, mais c’était Aisha, la guerrière la plus puissante de tout notre pays. Avec sa force, quand elle m’avait serré si fort, je pouvais parfaitement entendre mes os craquer et ce n’était pas au second degré.

« Aisha ! Ce n’est plus un simple câlin ! C’est un câlin d’ours ! » avais-je gémi.

« Ohhhhhhh, Siiiiiiirrrrrrrrrrreeeeeeeeeeee ! » avait-elle crié, me serrant encore plus fort.

« Je me rends ! Je me rends ! Je me rends ! » J’avais essayé de tapoter le sol pour me rendre, mais Aisha n’était pas sur le point de s’arrêter.

Ne pouvant plus nous regarder ainsi plus longtemps, Liscia déclara à Naden tout en soupirant, « ... Naden, veux-tu bien le faire ? »

« Puis-je le faire dans leur situation ? Je finirai aussi par frapper Souma, tu sais ? » répondit Naden.

« Je dirais que c’est en partie de sa faute. Tu as ma permission, » répondit Liscia.

« ... J’ai compris, » répondit Naden.

Sur ce, Naden nous avait pointé tous deux du doigt. Euh !? Qu’est-ce qu’elle avait l’intention de faire ?

« Pas d’inquiétude à avoir, je peux ajuster le niveau de puissance, » annonça Naden.

« Non, non, non, ce n’est pas le problème…, » criai-je.

« Prenez ça ! » *Bzzap !*

« Gyahhh ! » criai-je.

Après avoir été frappés par l’attaque électrique de Naden, Aisha et moi avions fini par nous étalés sur le dos.

Bien que j’aie finalement été libéré de ce câlin d’ours, j’aurais aimé qu’elle puisse me sauver d’une manière plus paisible. Franchement... Je m’étais fait plaquer, serrer, écraser et finalement électrocuter. Ces quelques minutes m’avaient complètement épuisé.

Quand nous étions arrivés à l’auberge où Aisha et les autres étaient hébergés, Tomoe m’avait accueilli avec un sourire qui était comme une fleur qui s’épanouissait.

« Grand Frère ! Dieu merci, tu vas bien ! » déclara Tomoe.

Je lui avais fait une petite tape sur la tête. « Désolé de t’avoir inquiétée. Où sont les autres ? »

Tomoe avait alors dit : « À propos de ça... » en jetant un coup d’œil derrière elle.

En suivant sa ligne de mire, j’avais vu Hal, Kaede et Carla qui étaient effondrés à une seule table. Tous les trois avaient des regards qui semblaient dire : « Je suis brûlé, comme des cendres », avec toute l’énergie et la vitalité qui avaient disparu de leurs visages. Leurs vêtements avaient aussi l’air un peu abîmés.

« Que s’est-il passé... ? » demandai-je.

« Tous les trois... Ils ont fait de leur mieux, » répondit Tomoe.

Tomoe avait fait un regard au lointain tout en racontant ce qui s’était passé pendant mon absence.

◇ ◇ ◇

L’histoire remontait à quelques jours plus tôt...

« Sire... Sirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrre ! »

Halbert avait évité de justesse la grande épée de l’Aisha qu’elle balançait en pleurant. « Wôw ! C’était dangereux ! »

N’ayant coupé que de l’air, l’épée d’Aisha avait continué son trajet dans le sol, laissant une entaille d’environ cinq mètres de diamètre. Voyant cette puissance, les joues de Halbert avaient tremblé.

« C’est entrer dans le territoire de la mort en un seul coup. N’était-ce pas censé être une formation ? » demanda Halbert.

« Restez sur vos gardes, » déclara Carla, en tenant son épée prête. Elle se tenait à côté de Halbert. « C’est maintenant un vrai combat où vous pourriez mourir. »

Tenant sa lance courte préférée dans les deux mains, « Oh, zut ! Comment en est-on arrivé là... ? » demanda Halbert en soupirant. « Franchement... Je t’en veux pour cela, Souma. »

« Ce n’est pas la faute du Maître, mais... Je ne peux pas dire que je ne comprends pas ce sentiment, » avait convenu Carla.

« Pourriez-vous le répéter, » avait ajouté Kaede. Elle était derrière les deux autres combattants avec ses deux mains sur le sol. « Je pense que je vais demander à Sa Majesté Souma une prime de risque... vous savez ! »

*Crack !* *Crunch*.

Lorsque Kaede avait appuyé avec ses deux mains, le sol autour d’Aisha s’était gonflé, formant des murs pour l’entourer. Ils pensaient que ce serait suffisant pour la bloquer, mais...

« Pourquoi, Sire... Pourquoi... ? » Les larmes aux yeux, Aisha avait frappé sur les murs qui l’enfermaient encore et encore.

Quelques secondes plus tard, les murs de terre s’étaient écroulés, s’effondrant comme un tas de blocs de bois assemblés sans soin. En y regardant de plus près, la terre avait été coupée en morceaux de la taille d’une brique. Les roches dures et la terre molle avaient été coupées avec exactement la même forme. Cela n’aurait pas été possible sans un bord tranchant et une force effrayante.

Quand ils avaient vu ce spectacle, tous les trois avaient senti leurs joues trembler.

« J’aime penser que je suis moi-même assez fort, mais... » Halbert avait commencé.

« Je peux sentir ma fierté en tant que femme militaire s’effondrer, » avoua Carla. « Eh bien, je me rends compte que je suis maintenant une femme de ménage. »

« J’envisage sérieusement une stratégie où nous jetons Lady Aisha au milieu d’une armée ennemie afin de la laisser s’en charger seule, » avait dit Kaede.

Sans se soucier de ses trois compagnons clairement mal à l’aise, Aisha avait gémi, « Sirrrrrrrrrrrrre ! Pourquoi m’avez-vous quittée pour aller de l’avant tout seul ? »

« « « Elle donne l’impression que Souma/Maître/Sa Majesté est mort(e) ! » » » s’exclamèrent ses trois compagnons.

« Que dois-je faire, maintenant que vous m’avez laissée toute seule ?? » cria Aisha.

« « « Non, Souma/Maître/Sa Majesté n’est pas mort(e), d’accord !? » » » répondirent les trois autres.

Ils n’arrêtaient pas de lui souligner ce fait, mais Aisha n’écoutait rien.

Quant à la question de savoir pourquoi Aisha et les trois autres se battaient. Eh bien, tout avait commencé avant-hier, quand Souma avait fini par se rendre seul dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Même si les individus de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon avaient eu des circonstances qui avaient rendu cette situation inévitable, le fait était que Souma avait soudainement été enlevé, et Aisha, qui, en plus d’être la candidate pour devenir la deuxième reine primaire, était aussi la garde du corps de Souma, était désemparée.

Lorsque l’une des prêtresses-dragonnes au service de Mère-Dragon Tiamat avait été envoyée pour les voir, Aisha avait essayé d’attraper l’envoyée tout en affichant un regard focalisé sur un but. Heureusement, Halbert et Carla avaient réussi à la retenir, de sorte que cela ne s’était pas transformé en incident majeur.

Comme la faute était clairement du côté de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, dans un tel cas, la prêtresse-dragonne s’était excusée, mais c’était une situation qui aurait pu facilement se transformer en véritable incident diplomatique.

Même après avoir reçu une explication, Aisha avait été encore plus déçue. Elle s’inquiétait tellement pour Souma que son esprit semblait toujours ailleurs.

Lorsque Tomoe s’était inquiétée pour elle, elle avait consulté Carla au sujet de ce qu’elle devait faire, et ils avaient décidé que l’entraînement l’aiderait à se changer les idées.

Oui, cela avait commencé comme un entraînement.

« Wahhhhhh... Sirrrrrrrre... »

Cependant, une fois qu’ils avaient commencé, cela s’était transformé en Aisha qui se défoulait.

Aisha avait toujours été connue pour ses prouesses martiales, mais il s’était avéré qu’elle se retenait toujours. Mais maintenant, avec ses sentiments lâchés, et son limiteur qui maintenait sa vraie puissance en échec ne fonctionnant pas, le sol était plein de trous en raison de ses prouesses débridées, et ses partenaires d’entraînement Halbert, Kaede et Carla étaient battus et épuisés.

En regardant Aisha pleurer comme une enfant, Carla avait sèchement souri. « Si elle tient tant à lui, le Maître est un homme chanceux. »

« C’est un amour intense, » dit Halbert en tournant les épaules en rond pour détendre son corps. « C’est une sorte de “je t’écrase dans un seul coup”. Attendez, ne devrions-nous pas avoir des renforts ? Vous avez envoyé un messager kui au château, n’est-ce pas ? »

« Il semble que le mieux qu’ils puissent faire, c’est de mettre en place un cordon de sécurité et d’éloigner la population de toute cette zone, » avait répondu Kaede. « Ils doivent compter sur nous pour trouver quelque chose sur place. Ils ne peuvent pas laisser des personnes qui ne connaissent pas la situation dans une zone où la future deuxième reine primaire pourrait faire quelque chose qui pourrait la mettre dans l’embarras. »

Les épaules de Halbert s’étaient affaissées. « Tu fais en sorte que tout semble si facile. Ils ne connaissent pas la souffrance que nous endurons sur le terrain. »

« Les pleurnicheries ne nous mèneront nulle part, » déclara Carla. « Sire Halbert, concentrez-vous sur l’affaire en cours, » bien qu’elle ait été aussi fatiguée que lui, Carla semblait pleine de vie pour une raison inconnue.

« Hé... Pourquoi êtes-vous si énergique ? » demanda Halbert.

« Je peux sentir le sang du guerrier à l’intérieur de moi bouillir pour la première fois depuis longtemps. Je n’ai fait que du travail de femme de chambre dernièrement, alors j’ai presque oublié que j’étais une femme de troupe. Oh, ne vous inquiétez pas. Comparé à l’humiliation d’être forcée de porter ce costume sexy (conçu par la sadique Serina) et de jouer Miss Dran (la méchante commandante qui est apparue dans l’émission tokusatsu et qui est maintenant diffusé dans tout le Royaume de Friedonia) devant un Joyau de Diffusion de la Voix, ce n’est rien ! » déclara Carla.

« ... Vous aussi, vous avez la vie dure, hein, » répliqua Halbert.

Pour Halbert qui, jusqu’à tout récemment, avait été forcé de s’entraîner au parachutage dans le cadre de l’unité de dratrooper que Souma avait proposé, il ne pouvait s’empêcher de sympathiser avec une autre personne surmenée par ses supérieurs.

En les regardant tous les deux, Kaede haussa les épaules avec consternation. « Je pense que c’est assez de cette conversation idiote, tu sais. »

« Ne dis pas que c’est idiot ! C’est important pour nous, d’accord ? » répliqua Halbert.

« Je vous le dis, ce n’est pas le moment ! Si l’un de vous deux baisse sa garde... vous finirez mort, vous savez, » répliqua Kaede.

« Arg, bon sang ! » Après avoir été averti, Halbert avait regardé Aisha, qui avait sa grande épée à portée de main. « Peu importe ! Allons-y ! »

Halbert et Carla avaient poussé avec force leurs pieds contre le sol, en chargeant vers Aisha.

La bataille de Halbert et Carla ne faisait que commencer.

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Partie 2

« Et c’est ainsi que nous en sommes arrivés là où nous en sommes aujourd’hui, » déclara Tomoe.

« Dans quelle mesure a-t-elle laissé Hal et les autres dans cet état ? » avais-je demandé.

« Ils ont essayé d’éviter de troubler les villageois, au moins en la conduisant dans les champs près du village et en se battant là-bas, mais c’était quand même effrayant, avec des explosions comme s’il y avait une guerre en cours, » répondit Tomoe.

« Quoi ? Est-ce toi qui as laissé tous ces trous dans le sol ? » avais-je dit en plaisantant, en regardant Aisha, alors que je pensais qu’elle n’en avait pas l’intention au départ. Mais Aisha détournait délibérément les yeux et faisait semblant de ne pas m’entendre.

Quand Aisha se lâchait, provoquait-elle des changements dans la topographie de la région ? Je la considérais auparavant comme un chien loyal, mais après qu’elle soit allée aussi loin, elle ressemblait plus à une arme de destruction massive.

Je vais contacter le château et leur demander de remplir les trous, pensai-je.

Pour l’instant, nous avions attendu que Hal et les autres se rétablissent, puis nous étions montés dans la chambre de quatre personnes où ils étaient hébergés, et j’avais présenté Naden à tout le monde.

« Voici Naden Delal, une ryuu de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon avec qui je vais former un contrat. Le contrat est basé sur notre mariage, donc elle a prévu d’être ma deuxième reine secondaire. Naden, cette guerrière elfe sombre est ma future deuxième reine primaire, Aisha. La petite fille louve-mystique est ma petite sœur adoptive, Tomoe. Les trois autres sont mes vassaux, Halbert, Kaede et Carla. »

Carla était en fait mon esclave, mais expliquer tous les détails derrière cela prendrait trop de temps, alors l’appeler simplement mon vassal était suffisant.

Naden se tourna vers tout le monde et inclina légèrement la tête. « Je suis Naden. Enchantée de tous vous rencontrer. »

« Ohh, Madame Naden, c’est ça ? En tant que reines, travaillons ensemble pour renforcer Sa Majesté. » Aisha avait serré la main de Naden d’une manière amicale.

... Hein ?

« J’étais presque sûr que tu allais t’y opposer... ? », avais-je demandé.

« Hm ? Pourquoi aurais-je fait ça ? » demanda Aisha.

« Non, c’est juste que tu as presque essayé de tuer l’envoyée de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« C’est parce qu’ils sont venus et vous ont emmené ! » expliqua Aisha en grognant. « J’étais en colère contre la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon parce qu’ils m’ont pris mon Seigneur. Mais Madame Naden m’a rapporté mon Seigneur. J’ai toutes les raisons d’être reconnaissante envers elle, et aucune raison d’être en colère. »

« Je ne comprends pas vraiment la base de ce raisonnement..., » répliquai-je.

« Les individus qui prennent votre nourriture sont de mauvaises personnes, » répondit Aisha. « Les individus qui vous apportent à manger sont de bonnes personnes. »

« C’est aussi simple que ça !? Et, attends ! Suis-je maintenant comme de la nourriture !? » demandai-je,

Eh bien, vu à quel point Aisha était dévouée au fait de manger, je ne me sentais pas mal de savoir qu’elle m’aimait autant. J’avais un peu peur que ma deuxième reine primaire devienne de plus en plus comme un chiot.

« Alors... alors, ne veux-tu pas monopoliser toute la nourriture pour toi-même ? » demanda Liscia à Aisha.

C’était quoi cette question !?

Aisha lui avait fait un regard sans émotion et avait incliné sa tête sur le côté d’une façon interrogative. « Hm ? Plutôt que d’accaparer la nourriture pour moi, n’est-ce pas meilleur si nous mangeons tous ensemble en famille ? »

Liscia avait ri. « Hahaha ! Je suis contente que tu sois ce genre de personne, Aisha ! »

« ?? »

Liscia avait souri pendant qu’un tas de points d’interrogation flottait au-dessus de la tête d’Aisha.

Je me sentais mal de dire cela alors qu’elles avaient un accord si harmonieux, mais c’était un peu effrayant d’être traité comme la nourriture de tout le monde.

... Eh bien, c’était mieux que d’avoir des couteaux pointés l’un vers l’autre.

Pendant que je pensais cela, Tomoe s’était présentée à Naden. « Je suis la petite sœur adoptive de Grand Frère et Grande Sœur, Tomoe. C’est un plaisir de te rencontrer, Naden. »

« Je suis également ravie de te rencontrer. Tu as l’air d’une jolie fille avec une bonne tête sur les épaules, comme Liscia me le disait. »

« Heehee ! Le suis-je vraiment ? » demanda Tomoe.

« Oui. C’est un vrai avantage d’avoir une jolie petite sœur comme toi ! » déclara Naden.

« Eh ! Ça chatouille ! » s’écria Tomoe.

Naden avait pris Tomoe dans ses bras. Naden était petite, mais toujours beaucoup plus grande que Tomoe, onze ans, de sorte que la plus jeune fille s’était retrouvée plaquée contre sa poitrine.

Maintenant, avec les présentations de tout le monde effectué, j’avais expliqué les événements jusqu’à présent à tous ceux qui avaient été laissés ici. Je leur avais parlé de la raison pour laquelle Lady Tiamat m’avait appelé, et de la tempête dont elle s’inquiétait. Ça, et à propos du fait que Naden était une sorte de ryuu.

« C’est bien mon Seigneur, il renifle toujours des personnes talentueuses partout où il va ! » déclara Aisha.

Elle avait choisi un truc bizarre pour être impressionnée. Qu’est-ce que j’étais ? Un cochon renifleur de truffes... ?

Quoi qu’il en soit, une fois qu’ils avaient entendu tout ce que j’avais à dire, Carla avait été la première à lever la main.

« Je comprends que Liscia puisse venir avec nous maintenant, mais la limite sur l’entourage que vous apportez avec vous à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon était de cinq personnes, n’est-ce pas ? Ça ne nous laisse pas un de trop ? » demanda Carla.

« Oui... À ce propos, je pensais laisser Tomoe ici au village, » déclarai-je.

« Quoi... ? » Tomoe avait été stupéfaite d’apprendre qu’elle serait laissée ici.

Je me sentais coupable de voir son visage, comme celui d’une enfant dont l’excursion vient d’être annulée à cause de la pluie, mais sa sécurité devait vraiment passer en premier.

« Maintenant que nous avons l’élément inconnu de la » tempête « dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, je ne peux plus emmener Tomoe jusque là-bas, » expliquai-je. « Aussi pathétique qu’il soit, je suis dans une position où je dois me faire protéger par les autres. Il pourrait y avoir une situation où ils ne pourront pas nous protéger tous les deux. Rien ne peut m’arriver, mais s’il arrivait quelque chose à Tomoe, je ne serais pas capable de garder la tête froide. »

« ... Je comprends, » déclara Tomoe, étant la fille raisonnable qu’elle était, mais la façon dont ses oreilles et sa queue s’affaissaient communiquait trop clairement sa déception. « J’attendrai ici que vous tous, vous reveniez. »

J’avais caressé la tête de Tomoe. « Mais lorsque cette affaire avec la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon sera réglée, j’ai l’intention de continuer à voyager jusqu’à ce que le nombre de demandes en mariage que je reçois au château diminue. Je veux aussi essayer de visiter d’autres pays, et je t’emmènerai certainement, alors j’aimerais que tu sois patiente pour l’instant. C’est une promesse. »

« D’accord... Grand Frère, » répondit Tomoe.

Quand j’avais enroulé mon petit doigt autour du sien pour sceller notre promesse, les oreilles et la queue de Tomoe s’étaient un peu redressées.

Une fois que tout le monde avait été soulagé de voir Tomoe prenant un peu mieux la nouvelle, Liscia avait demandé : « Je comprends ce que tu dis, mais est-ce qu’on va laisser Tomoe seule dans le village comme ça ? Je suis un peu inquiète. »

« C’est bon, » lui avais-je dit. « Bien qu’ils ne se soient pas montrés, les membres des Chats Noirs ont été déployés dans ce village pour qu’elle ne soit pas seule. »

« Vraiment ? » demanda Liscia.

« Oui... Inugami, » dis-je avec un peu plus de force.

La porte de la chambre de quatre personnes s’était ouverte, et un homme portant un masque de chien noir était entré. C’était Inugami, un membre de l’unité d’opérations clandestines appelées les Chats Noirs, et le commandant en second du chef Kagetora.

Inugami était venu et s’était placé devant moi, puis s’était mis à genoux. « Je suis venu à votre demande. »

« En effet, » dis-je. « Pendant que nous serons dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, je veux que les Chats Noirs s’occupent de Tomoe. »

« Il en sera fait selon votre volonté, » répondit-il.

« Et aussi, Inugami, quant à vous personnellement, au lieu de la regarder de l’ombre, je veux que vous restiez à côté de Tomoe et que vous lui soyez son partenaire de discussion. Votre visage n’est pas très connu des personnes ordinaires. Vous avez donc le droit de retirer ce masque pendant que vous êtes dans ce village, » ordonnai-je.

« ... Compris, » répondit-il.

Après cela, Inugami avait enlevé le masque de chien noir qu’il portait, révélant le visage d’un homme-bête mâle ayant un visage d’un loup.

Quand il avait vu ce visage, Hal avait bondi de sa chaise. « V-Vous ! vous êtes Beo — !! »

« Attention à ce que vous dites, officier Halbert, » déclara-t-il brusquement. « Je ne suis qu’Inugami. »

« ... » Hal m’avait regardé.

Non, il pouvait regarder tout ce qu’il voulait, mais je n’allais pas lui donner d’explications. Après tout, les seuls à connaître Beowulf étaient Liscia et Hal qui avaient été dans l’armée.

En regardant Inugami, Tomoe avait incliné la tête sur le côté. « Êtes-vous aussi un loup mystique, Monsieur Inugami ? »

« Non, mon peuple s’appelle la race du loup gris. Parce qu’après tout nos visages ne sont pas humains, » répondit Inugami.

« Mais nous sommes tous les deux des loups, n’est-ce pas ? Soyons amis, s’il vous plaît, » déclara Tomoe.

« Vous êtes trop gentille, Petite Sœur, » Inugami avait incliné la tête devant Tomoe.

Il s’agissait d’un loup gris et d’une louve mystique, deux races aux apparences similaires, et leurs âges étaient séparés de vingt ans, de sorte que quiconque les verrait comme un père et une fille. Malgré cela, ils se trouvaient dans une position bizarre où le père s’inclinait devant sa fille. On aurait dit qu’ils s’entendraient bien, alors tout irait bien.

Une fois tout cela réglé, je m’étais tourné vers les autres. « Naden nous emmènera à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Si nous partions maintenant, nous arriverions au milieu de la nuit, alors nous partirons demain matin à la première heure. Planifiez tout en conséquence. »

« Alors, restons-nous dans ce village ce soir ? » demanda Kaede, et j’avais hoché la tête.

J’avais répondu. « C’est ce que ça veut dire, oui. Voyons comment on va diviser les chambres... »

« Prenons une chambre pour deux et deux chambres pour quatre, » avait dit Liscia avant que je ne puisse aller plus loin. « Halbert, Kaede, Carla et Inugami prendront une chambre. Naden, Tomoe et moi en prendrons un autre. Souma et Aisha, vous prenez la chambre à deux personnes. »

« On peut !? » En entendant qu’elle partagerait une chambre avec moi, Aisha avait eu le sourire aux lèvres.

Je ne pouvais pas discuter face à ce visage, alors j’avais chuchoté à Liscia, « Euh... Es-tu d’accord avec ça ? »

« Tu l’as rendue malade d’inquiétude, alors au moins, sois gentil avec elle pour aujourd’hui, » me répondit-elle.

« ... D’accord, » répondis-je.

Je ne savais pas quoi dire. Liscia était en train de se transformer en une femme charmante, adaptée à son rôle de première reine primaire.

Je suppose, ce n’était pas seulement Liscia. Juna, Roroa et même Aisha avaient grandi tous les jours depuis que je les avais rencontrées, et elles devenaient toutes plus attrayantes. J’étais sûr que Naden évoluerait probablement de la même manière...

J’ai aussi besoin de grandir, pour être sûr qu’elles ne m’abandonnent pas.

Cette nuit-là, Aisha et moi avions fini par dormir dans la même pièce.

« Tu l’as rendue malade d’inquiétude, alors au moins, sois gentil avec elle pour aujourd’hui, » je m’étais souvenu de ce que Liscia m’avait chuchoté.

... Elle a raison, pensai-je. Je lui ai causé beaucoup d’inquiétude cette fois-ci, alors aujourd’hui je vais être très gentil avec Aisha. Je ferai tout ce que je peux pour elle, tout ce qu’elle veut.

J’étais prêt à le faire, mais...

Aisha avait fait une demande surprenante.

« C’est tout ce que vous voulez ? Êtes-vous sûre ? » avais-je demandé.

« Oui ! C’est la meilleure des choses, Sire, » répondit Aisha.

Actuellement, j’étais assis sur le lit, pendant qu’Aisha s’était allongée latéralement avec sa tête reposant sur mes genoux. En d’autres termes, il s’agissait d’un oreiller à genoux. Ce qu’Aisha avait demandé, c’était un oreiller à genoux et des caresses sur la tête. Même en lui caressant la tête comme elle l’avait demandé, et en passant mes doigts dans ses cheveux, c’était suffisant pour faire fondre le visage d’Aisha. C’était plutôt mignon.

Avec un regard envoûté présent sur son visage, Aisha m’avait fait un sourire satisfait. « Quand je vous ai donné un oreiller dans le chariot, j’ai pensé : “J’aimerais que Sa Majesté fasse aussi ça pour moi.” Je suis très satisfaite que vous le fassiez maintenant. »

« ... Je m’en tire à bon compte, hein ? » Je ne pouvais m’empêcher de sourire avec ironie, me demandant si quelque chose d’aussi simple était assez bien. « Mais j’étais prêt à faire n’importe quoi pour vous. Liscia m’a dit d’être gentil avec vous aujourd’hui, donc si vous voulez, Aisha, nous pourrions faire quelque chose de plus... excitant... »

Oh, bon sang ! C’était embarrassant de le dire !

Mais étant donné que Liscia nous avait mis dans la même pièce... c’était probablement son intention.

Si Aisha avait accouché avant Liscia, cela pourrait entraîner une crise de succession, mais Aisha était d’une race à longue durée de vie, donc ce ne serait pas si facile pour elle de concevoir. Même si nous le faisions ici, il était pratiquement garanti qu’elle ne concevrait pas avant Liscia.

« Après tout, c’est probablement pour cela que Liscia nous a réunis tous les deux, » dis-je timidement.

Aisha avait gloussé. « Hehe. C’est bien du genre de Lady Liscia. Non seulement elle pense à vous deux, mais elle me considère aussi, Lady Juna, Lady Roroa, et... était-ce Lady Naden ? C’est étrange pour moi de le dire, mais je pense que c’est une femme charmante. »

« ... Elle l’est, » avais-je dit.

« C’est pourquoi je veux être aussi belle pour elle. Bien sûr, j’aimerais que vous me fassiez l’amour, mais si je me laissais aller au désir ici, je ne ferais que profiter de la gentillesse de Lady Liscia. Je ne veux pas ça, » Aisha avait reniflé. « C’est pourquoi j’attendrai que vous et Lady Liscia ayez eu un enfant. Dans n’importe quelle compétition, peu importe qui est mon adversaire, et même si c’est une bataille pour l’amour, je veux gagner directement dans un combat équitable, » déclara Aisha.

Se battre équitablement dans une bataille pour l’amour, hein. C’était tellement dans le genre d’Aisha.

« Je pense que vous êtes très belle, vous aussi, Aisha, » avais-je dit.

« Hehe... Vous me mettez mal à l’aise, » déclara Aisha.

Puis Aisha s’était assise et s’était retournée, me regardant les yeux tournés vers le haut en disant : « Mais, Sire, je pense, toujours comment je veux que vous me fassiez l’amour, vous savez ? Quand vous avez soudainement disparu, je me sentais si seule. »

« D-D’accord…, » avais-je dit, car je ne pouvais pas dire grand-chose d’autre.

« Alors, s’il vous plaît, dépêchez-vous et faites un bébé tous les deux. Et cela, aussi vite que possible, » déclara Aisha.

« … Je ferai de mon mieux, » répondis-je.

Aisha avait rapproché son visage, puis elle avait pressé ses lèvres contre les miennes.

Maintenant que j’y pense... c’était mon premier baiser avec Aisha.

Alors que mes yeux étaient encore écarquillés en raison de la surprise, Aisha avait souri et avait dit : « Permettez-moi au moins ceci. Et... quand vous aurez fait ce bébé, soyez sûr de me faire l’amour, d’accord ? Chéri, »

Il va sans dire que ce geste mignon m’avait laissé aussi rouge qu’une pieuvre bouillie.

 

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Le jour suivant...

« Maintenant, Votre Majesté ! Allons à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon ! »

Le visage d’Aisha était rayonnant lorsqu’elle avait déclaré cela, pleine d’énergie. Ainsi, Liscia et Naden m’avaient regardé en toute connaissance de cause.

En me souvenant de notre conversation de la veille, je m’étais senti embarrassé.

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