Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : La réduction de la distance entre eux deux

Partie 3

Naden avait longuement couru à travers la forêt.

Elle avait couru pendant tout ce temps sur les pistes de chasses, essayant de ne pas penser à quoi que ce soit. Elle agissait ainsi, car si elle réfléchissait et qu’elle considérait sa situation, même si c’était qu’un instant, elle avait l’impression qu’elle serait écrasée sous le poids de sa tristesse.

Pendant qu’elle courait, le corps de Naden s’était transformé. Elle était devenue quadrupède, son corps s’était épaissi et s’était allongé. Des bois de cerf étaient apparus. Il en fut de même d’une longue queue et deux moustaches en forme de fouet. Elle avait pris sa forme de dragon.

Elle avait contorsionné son gigantesque corps alors qu’elle se faufilait entre les arbres tel un serpent. Bien sûr, il n’y avait pas d’ailes sur son dos.

Est-ce que le fait d’avoir des ailes vous rend si grand !? Elle s’était posé la même question qu’elle s’était posée tant de fois dans sa vie. Est-ce si mal de ne pas avoir d’ailes ? Bon sang... Je ne sais même plus ! Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je ne peux rien faire !

À un moment donné, des larmes avaient commencé à couler de ses yeux rouges. Elles n’avaient pas voulu s’arrêter.

Assez ! Je m’en fiche maintenant !

Elle avait continué à courir et avait fini par sortir des bois.

Elle était arrivée dans un endroit rocheux. C’était une falaise abrupte, ainsi que le bord extrême de la région que la magie de Tiamat maintenait dans un état de printemps éternel. C’était la limite de Dracul. Le soleil couchant avait teint la mer de nuages qui s’étendaient sous son rouge.

Le paysage ici était vraiment digne d’être appelé époustouflant. Cependant, Naden n’avait pas eu la présence d’esprit de l’observer maintenant.

Naden s’était penchée au-dessus de la falaise, allongeant son long cou et criant aussi fort qu’elle le pouvait dans ses pensées : « Stupide soooolllleiiiiillllll ! »

Elle avait ajouté à voix haute, « Grrrrrrrrrrrrrroooooooooooooohhhhh ! »

Oooooooooooooooooooooooooooohhhh...

Oooooooooooohhhhh...

Oooohhhh.

En criant dans un discours psychique tout en rugissant au même moment, son rugissement faisait écho alors qu’il s’évanouissait quelque part au-delà des nuages.

Naden se tenait là, auréolée par le soleil.

« Ce-Cette ryuu traverse l’adolescence, » une voix qui manquait de nervosité se fit entendre de derrière Naden.

« Quoi !? » s’écria-t-elle.

Quand Naden, surprise, s’était retournée, elle avait vu qu’il y avait un jeune homme vêtu d’une tenue inhabituelle qui se tenait là. Il la regardait comme s’il avait vu quelque chose d’incroyable. Le jeune homme portant un manteau de voyageur par-dessus sa chemise et un chapeau de paille conique alors qu’il se grattait la joue pendant qu’il la regardait sans savoir quoi faire.

 

 

« Je sais par Lady Tiamat et la prêtresse-dragonne qu’il est possible de parler avec vous, mais quand je vois une fille ryuu crier quelque chose comme dans un drame d’adolescente... Je ne sais tout simplement pas comment réagir, » avait-il ajouté.

Les yeux de Naden s’étaient écarquillé. Qu’est-ce qu’un humain fait ici ? Et dans cette étrange tenue... Ce n’est pas un chevalier du Royaume des Chevaliers-Dragons de Nothung, n’est-ce pas ?

Alors qu’elle avait obtenu des informations de l’Empire par l’intermédiaire de son récepteur simple, Naden ne savait presque rien de l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes, alors elle ne savait pas que la tenue du jeune homme venait de là.

Continuant à fixer Naden, le jeune homme avait ouvert la bouche et avait dit : « Pourtant, j’avais entendu dire que la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon était une nation de dragons... Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il y aurait une ryuu ici aussi. J’ai l’impression de comprendre de moins en moins ce monde. »

Une « ryuu »... C’était ainsi que le jeune homme avait appelé Naden. « Ryuuu » était un autre mot pour dragon. Naden avait ouvert grand ses yeux.

« Une ryuu, hein..., » déclara-t-elle froidement, pensant qu’il le pensait peut-être de façon sarcastique. « Comme vous le voyez, je n’ai pas d’ailes. »

Mais le jeune homme avait incliné la tête sur le côté d’une manière interrogative. « Hein ? Mais n’est-ce pas évident ? Les ryuus n’ont jamais d’ailes. »

« Hein ? Qu’est-ce que vous racontez ? Les ryuus sont censés avoir des ailes, n’est-ce pas ? »

« Si vous parlez d’un ryuu avec des ailes, il y a l’ouryuu, aussi appelé le yinglong, mais ne sont-ils pas censés être un cas unique ? »

« Hein ? » demanda Naden.

« Hein ? » demanda aussi le jeune homme.

Il semblait y avoir une certaine incohérence entre eux.

« Attendez un peu, » dit Naden, « Quand vous dites un ryuu... vous voulez parler d’un dragon, n’est-ce pas ? »

« Un dragon ? ... Oh, je vois. Alors c’est bien ça, » répondit le jeune homme.

Le jeune homme frappa des mains, comme si quelque chose lui semblait soudain avoir du sens. Puis, prenant une branche, il avait tracé deux symboles, et , sur le sol.

« Dans le monde d’où je viens, nous avions le dragon oriental, aussi appelé ryuu ou long, et le dragon occidental, deux créatures similaires, mais dissemblables, » répondit le jeune homme.

« Votre monde ? Similaire, mais dissemblable... ? » demanda Naden.

Alors que Naden avait encore un point d’interrogation au-dessus de sa tête, le jeune homme avait dessiné un cercle autour du symbole .

« Dans mon monde, on donnait aux dragons de style occidental ce caractère, qui se lit “ryuu”. Ce sont des créatures qui ressemblent à des lézards à cornes géantes, mais avec des ailes, » déclara le jeune homme.

« Lézards géants, mais avec des ailes... C’est à peu près ça. » Naden pensait que c’était une bonne description.

C’était bon d’entendre les autres dragons, qui l’appelaient toujours un ver, se font appeler de gros lézards. C’était rafraîchissant.

« Hm ? Alors qu’en est-il de cet autre ryuu ? » demanda Naden, pointant du doigt vers le .

« Ce sont des créatures qui auraient la tête d’un chameau, les yeux d’un lapin, les oreilles d’une vache, les bois d’un cerf, le cou d’un serpent, le ventre d’un serpent de mer, les pattes d’un tigre, les griffes d’un aigle et cent sept écailles en forme de koï (un poisson) couvrant leur corps, » répondit le jeune homme.

C’était bien plus bizarre qu’un gros lézard. Quel genre de créature mystérieuse était-ce ?

« D’après ce que vous dites, on dirait des chimères, » déclara Naden.

« Non, non... Je parle de vous, là, » déclara-t-il.

« ... »

Moi !?

C’était logique. Le long corps, couvert d’écailles, les pattes avant et arrière avec des griffes acérées, et les bois de cerf... Si vous essayiez de décrire le corps de Naden à l’aide d’animaux, cela pourrait s’avérer être le cas. Elle ne savait pas quel genre de créature était un chameau, mais ressemblait-elle vraiment à un chameau ?

« Je suis une... ryuu..., » dit-elle lentement.

« Dans mon pays, quand on entend le mot ryuu, l’image qui vient en premier à l’esprit vous ressemble beaucoup, » expliqua-t-il. « C’est probablement l’effet d’un manga et d’un anime célèbres. »

« Manga ? Anime ? » demanda-t-elle.

« Peu importe, c’était juste moi qui me parlais à moi-même. Ne vous inquiétez pas pour ça. Au fait..., » commença le jeune homme.

Soudainement, le jeune homme s’était effondré au sol. Il tenait son estomac pour une raison inconnue.

« Attendez ! Qu’est-ce qui ne va pas !? Avez-vous mal à l’estomac ? » s’exclama Naden.

« Non, euh... J’ai faim... J’ai été traîné jusqu’ici avant le petit-déjeuner, et maintenant que j’y pense, je n’ai pas mangé de toute la journée, » répondit-il.

« Alors vous avez juste faim ! » cria une Naden exaspérée.

Bzzt ! Ce sentiment d’engourdissement était revenu en elle.

Dans sa forme de ryuu, elle pouvait le dire. Ses joues étaient un peu engourdies, mais ce qui avait vraiment réagi, c’étaient ses deux longues moustaches en forme de fouet. Ces moustaches étaient les organes sensoriels les plus sensibles de Naden, et la moindre brise qui les traversait suffisait à lui dire quel temps il ferait la semaine prochaine.

Mes moustaches... Est-ce qu’elles réagissent à lui ?

Naden était alors revenue à sa forme humaine et s’était tenue devant le jeune homme voûté. Son visage était tourné vers le bas, donc elle ne pouvait pas voir son expression. Elle avait tendu la main pour toucher doucement son visage. Sa main était assez proche pour qu’elle ne puisse pas dire si elle le touchait ou non, quand...

« C’est une forme plutôt mignonne dans laquelle vous vous êtes changée, » déclara le jeune homme en levant les yeux et en voyant Naden dans sa forme de jeune fille.

Naden était devenue rouge vif quand il l’avait traitée de mignonne. « Qu-Qu-Qu-Qu-Qu-Qu-Quoi !? M-Moi !? »

« N’êtes-vous pas la seule ici ? » demanda le jeune homme.

« M-Mais je suis si simple... et si petite, » déclara Naden.

« Vraiment ? Je pense que vous avez une bonne base pour vous améliorer. Si vous vous habilliez un peu mieux, je pense que vous pourriez être belle à l’écran, est-ce que vous le savez ? Si vous chantiez aussi très bien, je voudrais presque vous recruter en tant que Lorelei, » déclara le jeune homme en riant un peu.

Bien qu’il y avait des termes inconnus, comme « à l’écran » et « Lorelei », la tête de Naden avait instantanément bouilli lorsqu’elle s’était rendu compte qu’on la complimentait sur son apparence.

Alors que Naden appuyait encore ses mains contre ses joues rouges, le jeune homme avait demandé avec hésitation : « Au fait... »

« Qu-Quoi ? » demanda Naden.

« Avez-vous quelque chose à manger ? » Un faible grognement était venu de l’estomac du jeune homme.

...

« ... Pff. » Naden avait éclaté de rire. « Hahahaha Hahahaha Hahahaha ! Qu’est-ce que... ? Hahahaha ! »

C’était un rire chaleureux. D’où venait toute cette tristesse d’avant ?

Elle avait ri de tout son cœur. « Vous êtes si bizarre. »

Puis Naden s’était transformée en ryuu et elle ramassa le jeune homme par la peau du cou, comme une maman chatte qui portait son chaton.

 

☆☆☆

 

*Bruits de repas* *Bruits de repas* *Bruits de repas*.

« Pourriez-vous essayer de manger un peu plus lentement ? » La fille ryuu avait déclaré ça avec exaspération en me voyant dévorer goulûment sa nourriture.

J’étais dans la grotte où la fille ryuu m’avait amené, me déchaînant sur un morceau de viande. Sa tanière ne ressemblait à rien de plus qu’une grotte de l’extérieur, mais à l’intérieur il y avait un lit, des étagères garnies de romans d’amour et un tapis. On aurait dit une chambre de fille.

Elle m’avait servi une sorte de viande salée et cuite avec des fruits. Normalement, ce gros morceau de viande aurait été intimidant, mais j’étais si affamé que cela ressemblait à un festin pour moi. J’avais l’impression qu’Aisha réagissait ainsi chaque fois qu’il y avait de la nourriture devant elle. J’avais mordu sauvagement mon repas.

« Mmm, » avais-je dit avec reconnaissance. « Je ne sais pas quel genre de viande c’est, mais c’est bon ! »

« Oh, bon sang, ne parlez pas la bouche pleine, » déclara la fille à l’autre bout de la table en posant ses joues sur ses paumes. « Aviez-vous si faim que ça ? »

« Oui. Je vous suis vraiment reconnaissant. Au fait, c’est quoi comme viande ? » demandai-je.

« Ça vient d’un gros cerf que j’ai chassé dans les montagnes, » répondit Naden.

« De la venaison donc ? ... Attendez, vous l’avez chassé ? » demandai-je.

« C’est comme ça que la plupart des dragons obtiennent leur nourriture, ne le saviez-vous pas ? Nous volons dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, chassant des animaux et cueillant des fruits pour manger. C’est ainsi que nous devenons des dragons forts, » répondit Naden.

« Vous vivez une vie beaucoup plus sauvage que votre chambre ne le suggère…, » répondis-je.

Pendant que je mangeais, elle m’avait expliqué que les dragons étaient devenus très attachés à leur famille, une fois mariés à un chevalier, mais dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, chacun vivait seul. Il n’y avait pas de magasins dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, et ils chassaient et se rassemblaient pour se nourrir chaque jour.

De plus, les dragons ne se réunissaient pas en groupe nombreux. Ils se débrouillaient bien s’ils avaient un, peut-être deux amis. Il avait été dit qu’ils avaient adopté cette mentalité parce que la majorité des dragons s’étaient mariés et étaient partis pour le Royaume des Chevaliers Dragons Nothung, alors ils l’avaient fait pour éviter d’avoir des regrets persistants après avoir quitté leur patrie.

En écoutant tout cela, j’avais fini ma viande et mes fruits et j’avais mis mes mains ensemble. « ... Pff. C’était un festin. »

« Mais ce n’était pas tant qu’un festin, » déclara la ryuu.

« C’est juste une chose que vous dites après un repas dans mon pays. Oh, ça me fait me souvenir d’une chose. Vous m’avez offert un repas, mais je n’ai pas encore eu votre nom, n’est-ce pas ? Ça m’a échappé. » Je m’étais assis droit et je m’étais largement incliné devant la fille se tenant en face de moi. « Merci de m’aider. Je suis... Kazuma Souya. »

J’avais hésité un moment, mais j’avais choisi d’utiliser mon faux nom. Si je lui disais que j’étais le roi de Friedonia, le fait de devoir lui expliquer la situation semblerait être un problème. L’explication de Tiamat était trop abstraite, ce qui signifiait que je n’avais pas vraiment une bonne compréhension de la situation, donc c’était suffisant pour l’instant. Je ne voulais pas déranger quelqu’un qui m’avait aidé si je n’avais pas à le faire.

« J’ai été invité par Lady Tiamat et je suis venu du Royaume de Friedonia, » avais-je ajouté.

« Oh, comme c’est poli de votre part. » En accord à mon mouvement de buste, la jeune fille avait aussi fait un mouvement de tête. « Je suis Naden Delal. »

« Euh ? Dendera ? » avais-je dit.

« Naden Delal ! Ne le raccourcissez pas d’une façon bizarre ! » s’écria-t-elle.

« Dendera le ryuu... Denderaryuu…, » murmura-je.

Qu’est-ce que c’était ? Je m’étais soudain rappelé cette chanson pour enfants.

« Denderaryuuba detekurubatten, denderarenken detekonken ? » Avais-je demandé.

« C’est quoi cette étrange incantation envoûtante ? » s’exclama-t-elle.

« Oh, c’est une chanson pour enfants de mon pays, » expliquai-je.

« Denderaryuuba » était une chanson pour enfants du Kyushu rural. Au fait, il n’y avait pas de dragon appelé denderaryuu. « Denderaryuuba » signifiait « si je voulais sortir » dans le dialecte de cette région. Cette ligne de la chanson signifiait : « Si je voulais sortir, je pourrais, mais je ne peux pas sortir, donc je ne le ferai pas. » Du moins, c’était ce que j’avais entendu dire. Était-ce à propos de l’enfermement ?

« En tout cas, ravi de vous rencontrer, Dendera », j’ai dit.

« Na-de-n ! Ne m’appelez pas Dendera ! » Naden s’était énervée sur ce sujet.

Je m’étais dit que c’était une fille mignonne dont l’expression pouvait beaucoup changer.

C’est ainsi que j’étais allé à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon et que j’avais rencontré Dendera... euh, désolé... comment j’avais rencontré Naden Delal.

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6 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

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