Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 6 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : La réduction de la distance entre eux deux

Partie 2

... le paysage avait changé. Nous étions avant ça à haute altitude, mais maintenant le sol était sous mes yeux.

La prêtresse-dragonne m’avait déposé, et j’avais enfin pu remettre les pieds sur la terre ferme.

J’avais regardé autour de moi, me demandant où je pourrais être. C’était lumineux, donc je pouvais voir, mais c’était un espace incroyablement vaste dans lequel je me trouvais. Il y avait un mur blanc devant mes yeux, mais quand je m’étais tourné pour regarder derrière moi, le mur de l’autre côté était très loin. Cet endroit pourrait être plus grand qu’un stade sous dôme.

Quand j’avais levé les yeux vers le plafond, en y pensant encore, j’avais dégluti. Ce n’était pas un mur !?

Ce que j’avais vu à ce moment-là, c’était la tête d’un dragon géant. En ce moment, j’étais devant un dragon massif qui était assis comme le sphinx. Cette tête... C’était le même dragon que j’avais vu dans mon rêve.

Est-ce que cela signifiait que ce dragon super grand était la Mère-Dragon ? Je pensais qu’elle était grande quand je l’avais vue dans mes rêves, mais parce que c’était un rêve, sa taille avait été un peu floue. Quand je l’avais vue de près et personnellement comme ça, elle semblait encore plus grande que ce que j’avais imaginé dans mon rêve.

J’avais entendu une voix d’en haut. « Vous avez bien fait. Laissez-nous un peu seuls. »

Le dragon qui m’avait transporté aussi loin avait alors dit : « Compris. »

Elle avait baissé la tête, puis avait disparu d’un coup. Mère-Dragon l’avait probablement téléportée.

Alors que j’étais encore frappé de mutisme, Mère-Dragon s’était adressée à moi d’une voix douce (bien que psychique). « Maintenant, je pense qu’il serait bien trop hautain de ma part de rester sous cette forme devant le maître d’une nation. »

Après avoir dit ça, son corps avait commencé à briller puis à rétrécir. Quand la lumière brillante s’était éteinte, j’avais vu une femme qui avait à peu près la même taille que moi. Son visage était couvert d’un voile, je ne pouvais donc pas dire son âge ou son apparence, mais la femme portait un vêtement en argent brillant et avait une silhouette bien équilibrée. Elle me faisait penser à la Vénus de Milo, et bien que je ne pouvais pas voir son visage j’avais eu l’impression qu’elle était incroyablement belle.

« Est-ce que c’est... votre forme humaine ? » J’étais stupéfait, mais j’avais réussi à faire sortir ces mots.

Elle avait gloussé. « Est-ce ma forme humaine, me demandez-vous ? C’est un bon nom pour ça. » La femme souleva l’ourlet de sa robe et s’inclina. « Je suis heureuse de pouvoir vous rencontrer en personne. Je vous salue, roi Souma d’Elfrieden et Amidonia. Je suis Tiamat, la responsable de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. »

« C’est un honneur de vous rencontrer, Lady Mère-Dragon. » Je lui avais rendu sa révérence. « Je suis le roi Souma de Friedonia. »

La Mère-Dragon avait gloussé. « Ce nom est quelque chose que les autres avaient commencé à utiliser pour me nommer de leur propre gré. Appelez-moi simplement Tiamat. »

« Comme vous voulez, Lady Tiamat. Euh... désolé pour mon apparence, » déclarai-je.

Beaucoup trop tard, j’avais réalisé que j’étais encore dans cette tenue de voyageur de style Kitakaze Kozou. Je me sentais mal dans cet accoutrement, debout devant la figure divine que je voyais devant moi. Après tout, je n’avais pas eu le temps de me changer. Mais quand j’avais dit cela, Tiamat avait secoué la tête.

« Non, vous ressemblez à ça parce que je vous ai appelé si soudainement. Si quelqu’un doit s’excuser, c’est moi. Pour commencer... asseyons-nous, » déclara Tiamat.

Une table en verre et deux chaises assorties étaient soudain apparues entre nous. La téléportation était un moyen pratique. Si j’avais cela, je pourrais trouver instantanément les documents que je cherchais lorsque je travaillais, alors je le voulais vraiment...

Je pensais vraiment comme un esclave du travail.

Une fois que nous nous étions assis, Tiamat avait commencé par largement incliner la tête. « D’abord, permettez-moi de m’excuser de vous avoir amené ici par la force. »

« J’accepte ces excuses », avais-je dit. « Mais pourrais-je vous demander d’expliquer vos raisons ? J’étais déjà en route avec mes compagnons quand vous l’avez fait. »

« Je vais vous le dire, bien sûr. Mais d’abord…, » commença-t-elle.

Soudain, un service à thé était apparu devant mes yeux. La tasse de thé devant moi était déjà remplie d’une chaude portion de thé noir.

« Prenons le thé. Prenez-vous du sucre ou du lait ? » demanda-t-elle.

« Non, c’est très bien ainsi, » répondis-je.

Il était temps pour moi d’arrêter d’être surpris par chaque petite chose. Après tout, elle était vénérée comme un dieu.

J’avais pris une gorgée de thé afin de me calmer les nerfs. Franchement, j’aimais plus le café, mais... il avait un bon parfum. Tiamat avait bu son thé, puis avait respiré profondément avant d’ouvrir la bouche pour parler.

« Quant à ce qui m’a poussé à vous forcer à venir ici, c’est qu’il y a une situation d’urgence qui menace la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon qui viendra très prochainement. Pour le résoudre, j’ai besoin de vos... non, des pouvoirs de vous tous. C’est pourquoi je vous ai convoqué ici, consciente que je pourrais vous offenser, » déclara-t-elle.

Elle avait une sorte de problème sur les bras. Et qu’est-ce qu’elle voulait dire sur nos pouvoirs à tous ? Pour autant que je sache, j’étais le seul ici.

« Quelle est exactement cette situation d’urgence dont vous parlez ? » avais-je demandé.

« Une tempête s’approche de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, » avait répondu Tiamat avec un ton mystérieux dans sa voix.

Une tempête ? Dracul n’était-il pas un plateau à une altitude équivalente au sommet du mont Fuji ? N’entendraient-ils pas le tonnerre venant d’en bas ? Mais en y pensant un peu plus longtemps, je m’étais souvenu que le sommet du mont Fuji pouvait être orageux. Après tout, on disait que les cumulonimbus peuvent aller jusqu’à la stratosphère. Non, mais avant ça...

« Même notre pays ne peut rien faire contre les phénomènes naturels, » avais-je dit.

« Bien sûr, mais ce n’est pas un phénomène naturel, » déclara-t-elle.

« ... Est-ce une sorte de métaphore ? » demandai-je.

« Oui, c’est vrai, » répondit Tiamat. « J’ai exprimé une menace imminente comme une tempête. Pour faire face à cette tempête, nous aurons besoin de votre puissance, Sire Souma, et de celle de l’un et de l’autre. Pour vous lier tous les deux, j’avais besoin que vous veniez à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon tout seul. »

Tiamat parlait d’une voix calme, presque comme si elle composait de la poésie.

« Il ne reste plus beaucoup de temps, » continua-t-elle. « Si nous attendions que vous veniez avec votre entourage, il y avait un risque que la situation devienne incontrôlable. Cependant, même si nous expliquions la situation, il n’y a pas moyen que les vassaux d’un roi lui permettent d’aller seul dans un autre pays. Pour cette raison, nous avons eu recours à des méthodes un peu plus énergiques. Je m’excuse encore une fois. Je suis désolée pour ce qu’on vous a fait subir. »

Tiamat m’avait offert un salut sincère.

J’avais la Mère-Dragon qui était vénérée comme un dieu, inclinant la tête devant moi. Que diraient Liscia et les autres s’ils en entendaient parler ?

Cela mis à part, elle m’avait dit qu’elle m’avait fait partir ainsi parce qu’il y avait « peu de temps », mais elle était terriblement vague quant à la raison.

« Vous vous êtes déjà assez excusée, » avais-je dit. « Pourrais-je vous demander une explication plus concrète sur cette tempête, ou quoi que ce soit d’autre, dont vous me parlez ? »

« La tempête viendra certainement. Je ne peux pas toucher la tempête directement. Cependant, mes enfants ne peuvent pas s’en charger eux-mêmes. Sauf... pour l’une d’elles. La tempête sera une misérable calamité. Nous avons besoin de vous, qui serez la clé pour y faire face, et de cette fille qui vous portera. C’est un miracle que la calamité et les moyens de la résoudre se soient rencontrés dans ce laps de temps, mais si l’on considère l’écoulement éternel du temps dans son ensemble, c’était peut-être une fatalité ».

J’étais silencieux. Je n’avais vraiment pas compris.

Je m’étais alors gratté la nuque. « Je pense que cette façon détournée de parler des choses est digne d’un dieu, mais... »

« Si vous trouvez ça désagréable, je m’en excuse. Cependant, c’est le plus de “conseils” que je puisse vous donner, » déclara-t-elle.

« Conseils…, » avais-je murmuré.

« Je suis un être qui existe pour élever et veiller sur ceux qui vivent sur ce continent de Landia. Je peux offrir des conseils qui orientent les choses dans une meilleure direction, mais on ne m’a pas donné l’autorité d’intervenir directement dans les affaires individuelles, » expliqua Tiamat.

« Si l’on ne vous a pas donné l’autorité, ça veut dire qu’il y a quelqu’un qui existe à un niveau supérieur au vôtre !? » m’étais-je exclamé.

La Mère-Dragon était considérée comme le dieu le plus élevé par les pratiquants du culte de la Mère-Dragon. S’il y avait un être en position de lui donner de l’autorité, cela ne ferait-il pas de lui le dieu le plus élevé ? Si les pratiquants du culte de Mère-Dragon l’entendaient (en mettant de côté la question de savoir s’ils y croiraient ou non), cela pourrait causer un chaos incroyable...

Pendant que je la regardais, stupéfait, Tiamat secoua la tête en silence.

« Il était là une fois. Mais il ne l’est plus, » déclara-t-elle.

« V-Vraiment ? » demandai-je.

C’était comme dire que Dieu est mort ? Je ne pouvais pas prendre une décision sur la base des informations dont je disposais, mais Tiamat m’avait fait un sourire un peu triste.

« Oui. Cependant, les limites que l’on m’impose sont toujours présentes. C’est ainsi que je suis née, et je dois donc continuer à respecter ces limites. Même en sachant que mes propres enfants seront exposés à la tempête, je ne peux rien y faire, » expliqua-t-elle.

« Alors vous m’avez appelé ici à cause de cette tempête ? » avais-je achevé de décrire sa raison.

« C’est exact, » me répondit-elle.

« Je pense qu’en ce qui concerne les humains, je suis l’un des plus faibles de ce monde, » avais-je avoué devant elle.

« Les prouesses martiales n’ont rien à voir avec ça, » déclara-t-elle. « Votre existence même est la clé. »

« Est-ce que ça a quelque chose à voir avec la façon dont j’ai été convoqué en tant que héros ? » demandai-je.

« Oui. Cependant, je ne peux pas vous dire exactement de quelle façon, » répondit-elle.

« Je ne sais pas..., » je m’étais gratté la tête.

En me basant uniquement sur les informations qui m’avaient été fournies, cela ne m’avait pas semblé être quelque chose vis-à-vis de laquelle je pourrais me permettre de prendre une décision facilement. Cependant, vu la sincérité de Tiamat, je pouvais au moins être absolument sûr que la situation était urgente.

Argh. Si j’avais eu Hakuya et ses talents d’orateur ici, j’aurais pu extraire de Tiamat autant d’informations que possible dans ses limites, et si j’avais eu l’une de mes fiancées avec moi, j’aurais pu les consulter sur ce qu’il fallait faire.

En parlant de Liscia et des autres...

« Lady Tiamat », avais-je dit. « J’aimerais que vous répondiez à une seule chose pour moi. »

« Qu’est-ce que ça pourrait être ? J’espère que c’est quelque chose que je suis autorisé à vous dire, » déclara Tiamat.

« C’est une question de oui ou non, » j’avais fini mon thé et je m’étais calmé, puis je m’étais replacé sur ma chaise. J’avais regardé Tiamat droit dans les yeux, et je lui avais demandé : « Est-ce que cette tempête, ou quoi que ce soit donc vous me parlez, est quelque chose qui ferait du mal à moi, ou à ceux qui vont devenir ma famille ? »

Si je ne pouvais pas connaître tous les détails de toute façon, je voulais au moins m’assurer de la seule chose qui était la plus importante pour moi.

Madame Tiamat avait répondu : « Oui. »

Cela avait plus ou moins décidé ma réponse vis-à-vis de cette affaire.

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7 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

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