Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 5 – Épilogue

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Épilogue : Vers son premier voyage à l’étranger

☆☆☆

Épilogue : Vers son premier voyage à l’étranger

Partie 1

— Premier jour du 4e mois de l’année 1547 du Calendrier Continental —

Il s’agissait du lendemain de la tenue du Festival de l’Annonce du Printemps de l’Orthodoxie Lunaire.

Le Festival de l’Annonce du Printemps avait été assez animé hier, donc la ville du château serait fort occupée après ça à tout nettoyer aujourd’hui. Je passais la journée au bureau des affaires gouvernementales, fixant un unique morceau de papier.

Liscia, qui venait d’entrer dans la pièce, me regarda d’un air soupçonneux et demanda : « Souma, est-ce que quelque chose vient de se produire ? »

« Hmm ? Oh, je regardais ça, » dis-je en tendant à Liscia la feuille que je regardais avant ça.

Le morceau de papier avait trois caractères, ou des symboles alignés dessus. C’était quelque chose que je ne pouvais pas comprendre. En partant de la gauche, il y avait « un triangle en forme de flèche pointant vers la gauche, combinée avec un carré », puis « deux lignes verticales et quelque chose faite avec une ligne verticale avec cinq lignes horizontales le traversant » et « un symbole en forme de parapluie. »

Liscia regarda le bout de papier que je lui avais donné. « Qu’est-ce que c’est ? »

Je lui avais alors répondu. « C’est apparemment une portion de l’oracle de Lunalith que Mérula a vu. »

***

Mérula Merlin était venue avec Souji Lester, l’évêque que nous avions invité comme une contre-mesure pour faire face à l’Orthodoxie Lunaire. Ses recherches se concentraient principalement sur le spirituel et la magie, et ses longues années de recherche avaient produit une incroyable richesse de connaissances, alors je l’avais accueillie à bras ouverts.

Dès qu’elle était arrivée, Mérula avait été invitée à travailler dans le laboratoire de Genia, la Surscientifique, vu qu’il y avait toutes sortes d’équipements disponibles là-bas et que la sécurité y était maximale. Il semblait que le minerai maudit, qui absorbait la magie, était un sujet de recherche très intéressant pour Mérula. Et ainsi, Genia et elle passaient toutes leurs journées ensemble, absorbées dans leurs recherches.

Quel genre de réaction chimique serait produite par la réunion d’une chercheuse excentrique en surscience et d’une chercheuse excentrique en magie, et quel effet cela aurait-il sur ce pays ? J’étais plutôt impatient d’y être, et en même temps, j’étais un peu inquiet.

Quelque chose était arrivé la première fois que j’avais rencontré Mérula.

Nous avions parlé de l’oracle qu’elle avait vu apparaître sur le Lunalith, et quand je lui avais demandé des détails, Mérula avait secoué la tête en semblant déçue.

« Ils l’appellent un oracle, donc je pense que ce qui est apparu était du texte, mais ce n’était pas dans un système d’écriture d’un pays de ce monde, donc je ne pouvais pas comprendre ce qu’il disait. Si j’avais eu un peu plus de temps devant moi, j’aurais peut-être au moins pu savoir s’il s’agissait de phonographes ou d’idéogrammes, mais... »

Il semblerait qu’elle n’avait pas eu le temps de le mémoriser correctement. Sa vie était en danger, alors je pouvais difficilement la blâmer pour ça.

Quand je lui avais demandé s’il y avait quelque chose dont elle se souvenait, aussi minime soit-elle, elle avait dit : « Il s’agit juste d’une petite fraction du texte, mais je m’en souviens... c’était quelque chose comme ça... »

Et puis elle avait écrit ces trois caractères ou symboles incompréhensibles sur un morceau de papier. Les souvenirs de Mérula étaient vagues, donc c’était probablement exactement comme elle les avait vus.

En fin de compte, la seule chose que nous savions était que ces sortes de caractères ou de symboles incompréhensibles étaient apparus en tant qu’oracle.

Liscia sembla réaliser quelque chose, car elle déclara : « Ah... ! Si l’écriture ne vient pas de ce monde, est-ce que cela pourrait venir du tien ? »

« Oui, » dis-je. « C’était quelque chose que je soupçonnais aussi, mais je n’ai absolument aucune idée de ce que c’est... »

Je ne pouvais évidemment pas prétendre me familiariser avec tous les systèmes d’écriture sur Terre, mais je pouvais au moins dire qu’en plus d’une décennie de vie au Japon, je n’avais aucun souvenir d’avoir vu ce genre d’écriture avant. Celui au milieu pourrait ressembler un peu au kanji pour « prier » ou « samouraï » si vous le regardiez de la bonne façon, mais quant à ce qui ressemblait à une flèche qui le précédait, et le parapluie qui était venu après, c’était... je n’en avais aucune idée.

J’avais abandonné et avais mis le morceau de papier à l’intérieur de mon bureau. « Eh bien, même si je ne pouvais en lire que trois caractères, ça ne m’avancerait pas vraiment. Et après tout, je ne peux pas négliger mes devoirs justes parce que je suis curieux quant à ça. Oublions ça pour l’instant. »

Et ainsi, Liscia et moi avions commencé la paperasse pour la journée, mais... j’avais affecté l’une de mes consciences que j’avais séparées pour y réfléchir pendant ce temps.

Des événements avaient parfois eu lieu en dehors du Royaume de Friedonia. Si quelque chose me dérangeait, quand c’était une affaire intérieure, je pouvais faire venir de nouvelles personnes, affecter du personnel sur l’affaire, et assigner un budget pour que cela fasse l’objet d’une enquête. Après tout, j’étais roi.

Cependant, quand cela se déroulait dans un autre pays, je ne pouvais pas enquêter.

Si c’était quelque chose que le pays concerné avait déjà étudié, il était possible que je puisse acquérir l’information par la diplomatie ou l’espionnage. Cependant, s’ils n’avaient pas encore enquêté, je n’avais aucun moyen d’acquérir des informations sur ça. Et parce qu’il s’agissait d’un autre pays, je ne pouvais pas envoyer une équipe pour enquêter sur l’affaire.

Et si ce pays ne pouvait pas mettre la main sur l’information décisive qui pourrait se trouver dans un tel événement, n’y avait-il pas des chances que cela puisse décider du destin de notre propre nation ? Et si nous l’apprenions trop tard ? Chaque fois que je pensais à ça, je me sentais incapable de rester assis.

Le monde n’était pas composé uniquement d’un seul pays. Et surtout, si je restais à l’intérieur du château, il était naturel qu’il y ait des choses que je ne pouvais pas trouver de cette façon. J’avais encore... tellement de choses à apprendre sur ce monde.

Je dois en apprendre plus. Oui, beaucoup plus, à propos de nombreux pays différents. Alors que j’étais submergé par le travail du gouvernement, c’était ce que je pensais.

☆☆☆

Partie 2

Il s’agissait d’une place mystérieuse.

C’était comme si j’étais dans un abîme dans lequel aucune lumière ne pouvait l’atteindre, ou peut-être j’avais été jeté dans l’espace profond, dans un endroit où j’étais incapable de discerner ce qui était le haut du bas.

Je flottais au milieu de cet espace.

Je pouvais respirer correctement, mais mes pensées étaient étrangement brumeuses.

Oh... il s’agit probablement d’un rêve. Je suis dans un monde imaginaire. Parfois lorsque je rêvais, je réalisais que c’était un rêve.

Quand je m’assoupissais proche de mon kotatsu, où il était difficile de s’endormir complètement, je réalisais que c’était un rêve et je pensais que j’avais besoin de me réveiller rapidement, et là, je rêvais que je me réveillais avant de réaliser que je rêvais à nouveau, et ainsi de suite en boucle pendant longtemps. C’était proche de ce que je ressentais maintenant.

Alors que je dérivais dans cet état de somnolence, une lumière était soudainement apparue devant moi.

La lumière avait progressivement augmenté, atteignant finalement plusieurs dizaines de fois ma propre taille. La lumière qui avait grandi jusqu’à cette énorme ampleur avait finalement commencé à prendre la forme de quelque chose bien spécifique. Après avoir pris forme, la forte lumière s’était progressivement estompée et alors...

Ce qui était apparu devant mes yeux était un énorme dragon d’argent.

L’aura qui émanait de lui était véritablement écrasante. Il avait des cornes enroulées sur elles-mêmes comme vous pourriez le voir sur une chèvre. Il possédait des griffes et des crocs qui semblaient être capables de déchirer de l’acier comme si cela n’avait été que du beurre. De puissantes ailes se répartissaient des deux côtés de son corps massif. Son corps était recouvert d’une fourrure lisse et argentée, et ses yeux bleus semblaient en quelque sorte emplis de douceur. Il s’agissait d’un dragon qui était masculin et pourtant, il émanait de lui une sensation maternelle.

Auparavant, on m’avait dit que les wyvernes et les dragons étaient complètement différents, mais... maintenant, je pouvais comprendre ce dont ils parlaient. Cette créature était si divinement éblouissante qu’il semblerait absurde de la comparer à une wyverne.

« Se pourrait-il que vous soyez... la Mère-Dragon ? » demandai-je.

Il s’agissait de l’intuition que j’avais eue quand je l’avais vu. J’avais entendu parler de ça avant. On m’avait dit qu’il y avait des dragons sensibles vivant dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, et qu’ils étaient gouvernés par un magnifique dragon blanc extrêmement massif. Le dragon devant mes yeux était si beau que je l’aurais décrit comme un dragon d’argent, et non pas un dragon blanc, mais cela correspondait parfaitement à l’image de la Mère-Dragon.

La Mère-Dragon n’avait ni confirmé ni nié, mais ses yeux indéfectibles qui fixaient les miens me disaient que la réponse était « oui ».

Puis la Mère-Dragon avait étiré son long cou. Même sa tête était incroyablement massive, et si elle en avait eu envie, elle aurait facilement pu m’avaler entièrement là-dedans. J’avais un peu paniqué, mais mon corps n’avait pas pu bouger, comme s’il était cousu en place.

Heureusement, la tête de Mère-Dragon n’avait pas ouvert sa bouche lors de cette approche, et son grand nez s’était rapproché de moi. Puis elle avait doucement inhalé à travers ses narines. Nous étions restés comme ça pendant un petit moment, puis la Mère-Dragon avait lentement fait reculer sa tête loin de moi.

« Vous qui avez une odeur familière, » parla-t-elle.

Hein !? pensai-je, choqué.

J’avais entendu sa voix. Elle avait le ton d’une douce femme âgée. Était-ce la voix de la Mère-Dragon ? Je pensais que c’était possible, mais elle n’avait pas ouvert la bouche.

« Vous qui avez une odeur familière. »

Je l’avais à nouveau entendu. J’avais vraiment l’impression que cela venait de la direction de la Mère-Dragon.

« Cette... voix semble être directement reçue dans mon cerveau, est-ce la vôtre ? » demandai-je.

La Mère-Dragon avait l’air d’avoir hoché la tête. « Il s’agit de la seule façon dont nous pouvons parler quand nous sommes sous forme de dragon, » répondit-elle mentalement.

« Comme c’est intéressant..., » dis-je.

Quelle capacité mystérieuse c’était ! Je ne savais pas si c’était la magie de communication ou peut-être de la télépathie, mais, eh bien, c’était un rêve, donc je suppose que tout pouvait fonctionner. Mais quand même... le fait d’avoir une conversation avec la Mère-Dragon dans mon rêve était comme quelque chose qu’on trouverait dans un film médiéval fantastique.

« ... Serait-ce que vous me montrez ce rêve ? » demandai-je.

« Non, » répondit-elle. « C’est un rêve, mais en même temps, ce n’est pas un rêve. En synchronisant nos consciences, j’ai donné naissance à un pseudo-rêve, et j’ai ainsi pu créer un espace pour que nous puissions converser. »

La Mère-Dragon m’avait expliqué tout cela comme si tout cela était très naturel pour elle.

Synchronisation de consciences, pseudo-rêves... Le décor ressemblait à quelque chose que vous pourriez trouver dans un film fantastique, mais le vocabulaire utilisé était terriblement systématique. C’était presque comme si elle était familière avec la science-fiction.

J’avais entendu dire qu’il y avait des dragons sensibles dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, et j’avais supposé que leur intelligence était juste suffisante pour qu’ils puissent parler comme des humains, mais peut-être que leur intelligence dépassait de loin celle des races de l’humanité. Si c’était le cas, c’était vraiment un pays insondable qu’ils avaient.

« ... Alors, Madame la Mère-Dragon, pourquoi avez-vous arrangé cela pour nous rencontrer de cette façon ? » Je lui avais parlé comme si elle était une reine d’une autre nation, tout en faisant de mon mieux pour feindre le sang-froid.

Même si j’avais simplement demandé cela pour voir ce qu’elle dirait, j’avais déjà une idée de la raison qui avait fait qu’elle avait pris contact avec moi...

Ce devait être par rapport au Mechadra, la chose que Genia avait réalisée avec les os que nous avions excavés. Si la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon s’était mise en colère contre nous, en disant : Ne jouez pas avec les restes de notre espèce, notre pays n’aurait d’autre choix que d’offrir de sincères excuses. En rencontrant pour la première fois un véritable dragon, j’avais été capable de réaffirmer une chose en moi-même : nous devions être sûrs de ne jamais nous en faire des ennemis.

On m’avait dit que le monstre qui était créé quand les os d’un dragon se transformaient en un dragon squelettique était capable de détruire toute une nation. Cela signifiait probablement que dès le départ, les dragons avaient autant de potentiel destructif. Cela m’avait aidé à comprendre pourquoi, même au plus fort de leur puissance, l’Empire n’avait pas été capable de poser une main ou un pied sur la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon malgré leur suprématie sur les autres nations. Ou plutôt, c’était tellement imprudent qu’ils n’avaient jamais décidé de se battre contre des êtres comme ceux-ci.

Alors que je sentais une sueur froide couler dans mon dos, la Mère-Dragon semblait légèrement sourire.

« Je n’ai rien à dire à ce sujet, » déclara-t-elle.

« Hein !? » Est-elle capable de lire mes pensées !?

« Je vous l’ai déjà dit, il s’agit d’un lieu créé par la synchronisation de votre esprit et du mien. Même sans parler, vous devriez être capable d’entendre ma voix, » m’expliqua-t-elle.

« ... »... Donc on peut communiquer uniquement par la pensée, est-ce bien ça ?

Quand j’avais choisi de penser ce que je voulais dire lui dire, mais sans le mettre en mots, et la Mère-Dragon hocha la tête.

Bon sang ! Nous n’avions pas seulement une discussion à cœur ouvert, mais ce qui était dans nos têtes était ouvert à l’autre partie.

Il ne pouvait y avoir d’endroit plus approprié pour négocier, mais cela signifiait aussi que je ne pouvais pas lui mentir. Mais ce n’est pas sûr. Vu qu’elle est quand même la Mère-Dragon, alors peut-être qu’elle est assez puissante pour pouvoir dire des mensonges dans son propre cœur ? Alors que j’étais en train de réfléchir à ça, la Mère-Dragon m’avait parlé dans ma tête.

« Même moi je ne peux pas faire ça. Aucune créature ne peut mentir dans son cœur. »

« Vraiment ? » demandai-je.

« Tout à fait. De plus, vous n’avez pas besoin de dire les choses à haute voix. Est-ce que vous vous en rendez compte ? » demanda-t-elle.

« Eh bien... je trouve ça un peu troublant de ne pas le faire, alors s’il vous plaît, laissez-moi parler à haute voix, » dis-je.

Il s’agissait d’un espace où rien ne pouvait être dissimulé.

J’avais donc décidé de lui poser des questions sur cette situation. « Donc, à propos du Mechadra... vous disiez que vous n’aviez rien à nous reprocher à ce sujet ? »

« Tout à fait, » répondit-elle. « Je n’ai pas l’intention de vous dire ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire avec une dépouille quand l’âme est déjà partie depuis longtemps, et, que sur le plan physique, l’os a été remplacé par de la pierre. »

« ... Même si cela reste les os de l’un de vos semblables ? » demandai-je afin de le confirmer.

« Votre peuple montre également les restes fossilisés de vos ancêtres, » avait-elle répondu. « Je ne peux pas dire que je n’ai aucune réserve à ce sujet, mais cela reste quelque chose d’inévitable. Tous les êtres vivants finissent par mourir, puis pourrir. Animaux, plantes, humains et dragons, nous retournons tout à la fin à la terre. Dans ce cas, devons-nous nous lamenter sur le fait que lorsque nous foulons la terre, nous écrasons ceux qui étaient autrefois nos frères ? »

J’étais surpris par cette réponse. Même si elle était un objet de culte, la Mère-Dragon avait parlé en des termes pragmatiques. Et aussi, si sa mention de retour à la terre était une référence à être décomposée par des microbes, je ne pouvais vraiment pas me permettre de sous-estimer les connaissances des dragons.

« S’il ne s’agit pas de problèmes avec le Mechadra, pourquoi avez-vous organisé cette réunion ? » demandai-je.

La Mère-Dragon avait un peu plissé ses yeux. « Vous qui avez une odeur familière, Roi d’Elfrieden et d’Amidonia, Sire Souma Kazuya, je voudrais que vous veniez visiter la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. »

« La Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon ? » demandai-je.

La Mère-Dragon acquiesça calmement. « Dans un proche avenir, nous organiserons une cérémonie pour les jeunes dragons de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon pour former des “contrats de jumelage” avec les chevaliers du Royaume des Chevaliers-Dragons de Nothung. Je voudrais que vous participiez à cette cérémonie. »

« Hein !? » m’exclamai-je.

Allais-je participer à la cérémonie des Chevaliers-Dragons ? ... Attendez, la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon n’avait-elle pas aucune relation diplomatique avec qui que ce soit en dehors du Royaume des Chevaliers-Dragons de Nothung ? Quand j’avais essayé de demander plus de détails, le corps de Mère-Dragon avait commencé à briller comme quand elle était apparue. C’était si brillant, que j’avais dû plisser les yeux.

Juste avant que sa forme ne disparaisse, Mère-Dragon m’avait laissé avec ces mots : « Il y a quelque chose que je souhaite vous confier. »

☆☆☆

Partie 3

Quand j’avais ouvert mes yeux, j’étais sur un lit dans une pièce sombre.

J’avais regardé autour de moi avec mon esprit encore brumeux. Il faisait probablement encore nuit. Il faisait sombre, mais la lumière de la lune qui coulait à travers la fenêtre m’avait permis de distinguer l’intérieur de cette pièce propre et ordonnée de style occidental.

C’est... Ah oui, c’est vrai. Je suis dans la chambre de Liscia, réalisai-je rapidement.

Hier soir... ou plutôt, tous les soirs, à moins que je ne sois particulièrement occupé par du travail... Je m’étais endormi et je m’étais réveillé dans la chambre de Liscia. Bien sûr... eh bien... c’était pour que nous puissions faire beaucoup d’activités nocturnes.

Comme prévu, quand j’avais regardé à côté de moi, j’avais trouvé le visage endormi de Liscia. C’était très agité le lendemain matin si nous le faisions dans le bureau des affaires gouvernementales. Quand j’avais pensé à le faire dans ma chambre, j’avais réalisé qu’une moitié était mon atelier de fabrication de poupées, et que l’autre moitié était où nous passions du temps en famille, ce qui rendait la situation difficile. Comme je ne voulais pas gêner quelqu’un quand nous étions ensemble chez moi, j’avais décidé que nous utiliserions la chambre de Liscia tous les soirs.

« Nngh..., » Liscia, qui était allongée sur le dos à côté de moi, était endormie et nue. Elle semblait alors lever la tête, mais elle avait à la place roulé sur le côté, vers moi. Puis, ouvrant lentement les yeux, elle les frotta pour dissiper son sommeil avant de me parler. « Hmm... Souma ? »

« Désolé. T’ai-je réveillée ? » demandai-je.

« ... Non. C’est bon. Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle.

« Oh... C’est juste que j’ai eu une sorte de rêve vraiment incroyable, » répondis-je.

« Un rêve ? » demanda-t-elle.

C’était à ce moment-là que c’était arrivé.

Ohhhhhhhhhhhhhh...

Soudain, il y avait un son comme ça. Il s’agissait d’un son mystérieux, presque comme une sirène, ou peut-être le hurlement de quelque créature. Comme nous pouvions l’entendre depuis une distance considérable, il devait avoir été fait avec un volume sonore très élevé, mais cela ne nous avait pas fait résonner les oreilles. Il était probable que cela n’allait pas réveiller ceux qui étaient endormis. Je ne l’avais jamais entendu moi-même auparavant, mais j’imaginais que c’était comme le chant des baleines.

J’avais mis ma chemise puis enfilé un pantalon, et après ça, je m’étais levé avant d’aller me poster près de la fenêtre. Après l’avoir fait, j’avais vu une grande ombre dans le ciel s’envoler vers le nord-ouest.

« Comme c’est inhabituel, » déclara Liscia. « Il s’agit de la Mère-Dragon lors de l’un de ses vols touristiques. »

Liscia se tenait à côté de moi, nue à l’exception de la couverture enroulée autour d’elle.

« Vols touristiques ? » demandai-je.

« Il s’agit de la première fois que je le vois moi-même, » répondit Liscia. « En de très rares occasions, il y a des moments où la Mère-Dragon fait un voyage sur le continent. Elle ne fait rien en particulier, mais les Adorateurs de la Mère-Dragon disent que la bonne fortune vient à ceux qui la voient lors de ses vols touristiques. »

« La bonne fortune..., hehe, » déclarai-je.

Liscia avait semblé penser que c’était une coïncidence, mais quand j’avais considéré de mon côté le rêve que j’avais juste eu.

C’est un rêve, et pourtant, ce n’est pas un rêve. Vraiment ?

J’avais à nouveau eu une prémonition que quelque chose allait se produire, et j’avais laissé échapper un petit soupir.

☆☆☆

Partie 4

Le jour suivant...

Alors que j’étais encore préoccupé par les événements d’hier soir, je travaillais comme d’habitude au bureau des affaires gouvernementales quand mon Premier ministre, Hakuya, était arrivé dans la pièce. Il semblait au bout du rouleau.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demandai-je. « Vous avez l’air horriblement fatigué. »

Hakuya s’approcha de moi et me déclara alors avec un regard tourmenté. « Votre Majesté... Puis-je vous demander de quitter le château pendant un moment ? »

« ... Encore une fois ? » demandai-je.

Dois m’éloigner du château ? Me dit-il de quitter le château ? Je suis quand même le roi ici, vous en rendez-vous compte ?

« Voulez-vous me renverser ? » demandai-je. « Franchement, Hakuya, si vous voulez le trône, c’est d’accord. Cela ne me dérange pas de vous laisser l’avoir. »

« Ne dites pas de bêtises. Je ne veux pas de cette chose, » répliqua-t-il.

« “Cette chose” ? Bon, je vais vous écouter..., » dis-je.

« Parfait. Vous n’avez qu’à m’écouter. Tout récemment, vous avez annoncé la date de votre cérémonie de mariage, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Après qu’il ait demandé ça, j’avais acquiescé.

L’autre jour, j’avais annoncé que moi, qui n’étais encore que le régent (provisoire) qui n’était pas encore officiellement monté sur le trône, effectuerais la cérémonie du couronnement qui ferait de moi le quatorzième roi, en même temps que se tiendrait ma cérémonie de mariage avec Liscia et mes autres fiancées. Tout cela était prévu pour se dérouler à la fin de cette année. J’avais décidé de le faire de cette façon, car gérer ces grands événements tout à la fois serait plus doux pour le trésor national.

Cependant, Hakuya avait dit que cela causait un problème. « Sire, le château est maintenant inondé de propositions de nobles, ainsi que des Rois des États de taille moyenne et petite présents dans l’Union des Nations de l’Est, qui veulent tous former des liens matrimoniaux avec vous. Ils espèrent se glisser maintenant dans la place, avant la cérémonie de mariage. »

« Alors, c’est ce qu’on pourrait appeler une ruée de dernière minute des prétendantes, non ? » demandai-je. « Ne pourriez-vous pas toutes les refuser ? »

« Nous pourrions, mais... elles proviennent toutes de maisons dont la position fait qu’il est difficile de refuser quand elles disent : “Même si vous refusez, nous aimerions vous rencontrer au moins une fois avant de le faire”, » déclara-t-il. « Récemment, le nombre de demandes de mariage présentées au château a augmenté et la section qui en est responsable est sur le point d’exploser. »

« ... Y a-t-il beaucoup de personnes qui m’envoient des propositions de mariage ? » avais-je demandé avec trépidation.

« Non, elles ne sont pas juste pour vous, Sire, » répondit-il. « Chacun des hommes célibataires qui se tiennent à vos côtés et qui sont perçus comme ayant un avenir prometteur a aussi reçu un assez grand nombre de propositions de mariage, » répondit-il.

Donc, s’ils ne pouvaient pas se marier dans la famille royale, ils voulaient au moins épouser l’un de mes proches avec un avenir prometteur. Après tout, c’était probablement un défi plus facile à surmonter pour eux que de devenir membre de la famille royale. Franchement... si vous vous disiez que tous les nobles l’avaient fait, ce serait normal, mais... quand même, c’était impressionnant qu’ils puissent continuer à faire ça.

« Dans tous les cas, le plus populaire de vos serviteurs est Sire Poncho, » déclara Hakuya.

Poncho ? Maintenant, il y avait un fait surprenant qui venait de m’être annoncé.

« N’est-ce pas Ludwin, le beau capitaine de la Garde Royale ? » demandai-je.

« C’est vrai que Sire Ludwin est incroyablement populaire, mais la Maison des Arcs est une grande maison, et les seules personnes qui peuvent le lui proposer sont de la noblesse et ceux ayant un rang de chevalier, » déclara Hakuya. « Sur ce point, Sire Poncho est de basse naissance, et même les familles marchandes qui font partie des roturiers lui envoient des propositions de mariage. En outre, alors que Sire Ludwin leur paraît hors de portée, beaucoup de femmes semblent penser qu’elles pourraient facilement séduire Sire Poncho. »

« ... Il est pris à la légère, hehe, » riais-je.

Si les propositions de mariage s’accumulaient aussi pour Poncho, cela signifiait qu’il était populaire. Bien qu’il fut grassouillet, il était aussi un jeune homme doux et attentionné. Et par-dessus tout, sa nourriture était délicieuse. En plus, il avait conduit le pays jusqu’à une résolution de la crise alimentaire, et si vous considériez la façon dont il était presque vénéré comme un dieu de la nourriture dans la région d’Amidonia, il devait y avoir beaucoup de femmes qui voudraient se marier avec lui.

Poncho était connu pour céder facilement du terrain lorsqu’il était poussé en raison de ce que le monde avait vu lors de ses apparitions sur les programmes diffusés. Pour n’importe quelle femme, même faiblement confiante dans son apparence, il pourrait ne pas avoir été déraisonnable qu’elles pensent qu’elles pourraient facilement le pousser à baisser sa garde face à elles. Et il était tout à fait vrai que Poncho n’était pas très bon quand il s’agissait de repousser ces sortes d’avance.

Hmm... J’étais heureux d’entendre qu’un bon serviteur comme Poncho ait un succès auprès des dames, mais j’espérais qu’il continuerait à faire du bon travail pour moi à l’avenir, alors je ne voulais pas que quelqu’un d’aussi bizarre se place ainsi à ses côtés.

« Avez-vous pris toutes les contre-mesures nécessaires ? » demandai-je.

« Tout à fait, » répondit-il. « J’ai déjà demandé à Madame Serina d’agir comme aide-permanente de Sire Poncho. Elle assiste à des réunions de mariage arrangées avec lui, et chasse les femmes qui l’approchent purement par ambition personnelle. »

Oh... Dans ce cas, je n’ai aucun souci à me faire... Si Serina est là en tant qu’assistante de Poncho, tout se passera sans problème pour nous, pensai-je.

Il y avait quelques problèmes avec la personnalité de Serina, mais elle était extrêmement gracieuse et belle. Si elle était à ses côtés, alors les femmes qui avaient peu confiance en leur apparence, et qui pensaient pouvoir le séduire reculeraient automatiquement.

Je lui avais souvent demandé de servir comme assistante de Poncho avant cela, mais Serina disait toujours des choses comme. « Quand je fais de tels efforts pour le compte d’un gentilhomme, j’espère qu’il agira correctement avec moi en retour. Je travaille très dur, alors s’il vous plaît, traitez-moi correctement en me donnant à nouveau des repas. »

Bien qu’elle se plaignait, et il était évident qu’elle ne faisait ça que parce qu’elle voulait sa nourriture, et elle semblait être proactive à l’égard de Poncho. Poncho aimait à la fois manger et cuisiner, et Serina était accro à la malbouffe de la Terre que lui et moi développions ensemble.

Serina ne semblait pas elle-même le savoir parce qu’elle avait laissé sa tendance sadique à intimider les filles mignonnes trop souvent ressurgir, mais nous avions tous l’impression que Poncho l'avait complètement apprivoisée avec de la nourriture. Il était un homme timide que vous ne pouviez pas laisser seul, et elle était une femme forte qui avait tendance à se mêler de tout, alors ils s’entendaient bien et...

Attendez, hein ?

« Serina assiste aux réunions pour les demandes de mariage de Poncho, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Oui. J’ai entendu dire que beaucoup de femmes annulent les réunions quand elles voient la femme qui se tient à côté de lui, » répondit-il.

« N’est-ce pas comme... si Serina a inconsciemment “couvé” Poncho ? » demandai-je.

« ... »

Nous nous étions regardés avec des regards maladroits sur les visages comme si nous étions en état de siège.

... Eh oui, il était préférable que nous ne nous impliquions pas dans cette affaire. Il serait grossier pour nous d’y aller et de demander la moindre chose. Pour le moment, j’avais décidé de changer de sujet.

« Hmm... Quoi qu’il en soit, je parie que ce n’est pas seulement Ludwin et Poncho qui sont visés, n’est-ce pas ? Vous devez aussi recevoir un nombre important de propositions, non ? » demandai-je.

Hakuya était beau, et il était le plus proche de tous les hommes se tenant autour de moi. Je ne pouvais pas imaginer les dames et les nobles du monde le laisseraient s’échapper ainsi. Au moment où j’avais soulevé la question, Hakuya avait eu un regard clairement visible de déplaisir comme s’il avait mordu quelque chose de désagréable.

« Je... n’ai pour le moment aucune intention de prendre une épouse, » répondit-il.

« Ce n’est pas que vous ne vous intéressez pas aux femmes, n’est-ce pas ? Êtes-vous de ceux qui pensent que le mariage est trop compliqué ? » demandai-je.

« Non, » répondit Hakuya. « J’ai l’intention d’avoir un jour une femme et des enfants, mais je veux trouver et choisir moi-même une partenaire. Je ne voudrais pas que quelqu’un d’autre me force à me marier. »

« ... Vous me dites ça, à moi ? » demandai-je.

Pour Liscia et moi, nos fiançailles nous avaient été totalement imposées. Même avec Aisha et Juna, elles m’avaient d’abord approché avec d’autres motivations à cause de leurs positions, et quant à Roroa, elle avait apporté tout son pays en même temps. Elle était venue auprès de moi afin de me pousser à protéger les habitants de la principauté en m’épousant. Je n’en avais pas rencontré une seule d’une manière ordinaire.

Quand je lui avais fait cette remarque, Hakuya baissa la tête, plus troublé que je ne l’aurais cru de sa part. « Sire, je m’excuse pour mes paroles. Je ne voulais pas dire du mal de vos fiançailles... »

« C’est bon. Je sais parfaitement que dans mon monde, la majorité des gens pense comme vous, » déclarai-je.

Au Japon, les mariages étaient généralement faits par amour et avec le consentement des deux parties.

Dans ce monde qui n’avait pas réussi à se débarrasser du système féodal, plus leur position dans la société était élevée, moins les individus avaient de libertés à cet égard. En particulier, en ce qui concerne les mariages des chevaliers et des nobles, leur signification en tant que lien entre les maisons était très importante. Comme avec Ludwin et Genia, ou Hal et Kaede, il y avait des cas où les maisons étaient déjà associées les unes aux autres, mais ces exceptions étaient rares. Dans la plupart des cas, plus on montait sur l’échelle sociale, plus les attentes de la maison déterminaient les choix de mariage.

Cela dit, si quelqu’un avait assez d’autorité comme je l’avais, c’était une situation qui pourrait être traitée. Quand l’affaire vis-à-vis de mes fiançailles avec Juna était arrivée, si nous avions fait en sorte qu’elle soit adoptée dans une famille noble, il aurait été possible si nous l’avions voulu d’ajuster la différence de statut entre nous.

Dans le cas de Hakuya, il était le Premier ministre de ce pays, donc il pouvait faire quelque chose comme ça. Donc, dans ce cas, c’était un problème vis-à-vis du point de vue de Hakuya concernant le mariage.

Eh bien, s’il y avait une chose que je pourrais dire, c’était que peu importe comment une relation avait pu commencer, l’amour restait de l’amour. Mon lien avec Liscia et les autres était si profond maintenant que je ne pouvais pas imaginer me séparer d’elles.

« Vous savez, certaines amours ont commencé dans une relation qui leur avait été imposée ? » avais-je dit, parlant affectueusement de mon cas personnel.

Hakuya sembla surpris, puis sourit un peu. « ... Je suppose que vous avez raison. Sire, quand je vous vois, vous et votre famille, je commence à penser que peut-être tout irait bien. »

« Mais pour l’instant, vous n’avez toujours pas l’intention d’épouser quelqu’un, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« J’en suis désolé, » répondit-il.

Hmm... Eh bien, s’il voulait attendre que la femme idéale apparaisse, j’avais supposé que c’était une option valable. Mais peut-être aussi qu’il avait déjà trouvé chaussure à son pied et qu’il était engagé dans un amour unilatéral en ce moment.

« Mais en tant que votre roi, laissez-moi vous dire cela. Vous feriez mieux de commencer à former votre successeur au cas où le pire se produirait, » avais-je dit. « Je suis sûr que vous aimeriez être capable de vous installer dans une retraite confortable, tôt ou tard, non ? »

« C’est bien vrai. Je pense que je vais chercher un bon moment pour prendre un apprenti, » répondit-il.

« Oh, je suppose qu’avoir un apprenti est aussi une option valable. En y réfléchissant, vous vous occupez personnellement de l’enseignement de Tomoe, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Tomoe était ma petite sœur par adoption, et je l’aimais tendrement. Récemment, elle apprenait la lecture, l’écriture et l’arithmétique avec Hakuya, et il lui enseignait apparemment aussi l’histoire de ce pays. J’avais entendu dire qu’elle était une étudiante enthousiaste, et Hakuya lui répondait en devenant un instructeur enthousiaste.

Quand j’avais soulevé ce point, Hakuya avait souri avec ironie. « J’ai cédé pour la petite sœur afin de répondre à la demande de sa grande soeur. Bien qu’elle ne soit pas spécialement intelligente, elle a de la passion, alors je crois qu’elle peut devenir une personne accomplie avec du temps. Mais même ainsi, je n’ai aucun désir de placer mon lourd fardeau sur les épaules de votre petite sœur. »

« Ne vous êtes-vous pas déjà transformé en un enseignant bien trop aimant ? » demandai-je.

« Mon opinion n’est basée que sur une évaluation calme de la situation, » répondit-il d’un ton neutre.

Hmm... Eh bien, si Hakuya pensait à ce genre de choses à sa manière, je suppose que c’était assez bien.

☆☆☆

Partie 5

« Hé, attendez ! Comment sommes-nous arrivés sur un tel sujet ? » demandai-je.

« Sire, nous avons parlé de la façon dont nous sommes inondés de propositions de mariage vous concernant, » déclara Hakuya. « Et sur cette note, je voudrais que vous quittiez du château pendant un moment. Si vous n’êtes pas présent dans le château, il est facile pour nous de refuser les nobles qui insistent pour “que vous les rencontriez juste une fois”. »

Oh, c’est vrai. Si je n’étais pas présent, je ne pourrais pas les rencontrer même si je le voulais. Son plan était sans aucun doute d’être évasif et d’éviter de donner des réponses directes pendant que nous attendions que cette vague se calme.

« Mais qu’en est-il de mon travail gouvernemental en attendant ? » demandai-je.

« Heureusement, il n’y a pas de préoccupations pressantes, et le pays est stable en ce moment. Pour votre travail gouvernemental ordinaire, vous pouvez utiliser votre machine “Bras Mécanique” effrayante et cela devrais très bien fonctionner, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Ne l’appelez pas effrayant, » avais-je dit. « Eh bien... je suppose que vous avez raison. »

Il parlait de l’appareil de manipulation à bras humain que Genia avait développé : le Bras Mécanique no.1. En attachant le Bras Mécanique no.1, qui pourrait se déplacer comme un bras humain réel, à un mannequin, j’avais pu effectuer mon travail gouvernemental à distance. C’était effrayant à regarder, donc ce n’était pas apprécié par ceux qui devaient visiter la pièce, comme les bureaucrates ou le chambellan, mais c’était une chose très pratique à avoir.

Il était vrai que, tant que je l’avais, je n’avais pas besoin de rester au château.

« Alors, une fois sorti du château, qu’attendez-vous de moi ? » demandai-je.

« Eh bien, afin de créer un environnement où il est facile d’exclure les nobles qui veulent vous rencontrer, tout en étant fermé et facile à sécuriser, j’avais considéré l’idée de vous inscrire pour une courte durée à l’Académie Royale ou à l’Académie Royale des Officiers, mais..., » Hakuya avait sorti une lettre. « Maintenant que quelque chose comme ça est arrivé, je crois que je vais vous envoyer à l’étranger. »

« À l’étranger ? » avais-je demandé tout en regardant la lettre. Il y avait le symbole d’un dragon sur le sceau de cire.

Hakuya baissa la tête. « J’ai pris la liberté de l’ouvrir et de lire le contenu. Il s’agit d’une lettre d’invitation à la Cérémonie du Contrat dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. »

« Madame la Mère-Dragon fonctionne très rapidement, hehe, » m’exclamai-je.

« Hein !? Que voulez-vous dire par là ? » demanda Hakuya.

Hakuya m’avait regardé d’un air interrogateur, alors je lui avais expliqué ce qui s’était passé hier soir. Quand Hakuya avait entendu que j’avais parlé à Mère-Dragon en personne dans mes rêves, il avait affiché un regard excité que je ne voyais pas souvent sur lui.

« Quel honneur cela a dû être ! » s’exclama-t-il.

« Vous semblez terriblement nerveux. Hakuya, êtes-vous l’un de ces Adorateurs de la Mère-Dragon ? » demandai-je.

« Oh, non... C’est vrai que les membres de ma famille sont des Adorateurs de la Mère-Dragon, mais je ne suis pas moi-même aussi pieux qu’eux, » répondit-il.

« OK, alors qu’avez-vous à être si excité ? » demandai-je.

Hakuya haussa les épaules avec exaspération. « La seule nation avec laquelle la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon a noué des relations diplomatiques est le Royaume des Chevaliers-Dragons de Nothung, mais il y a de rares occasions où Mère-Dragon fera une exception et invitera une personne spécifique à lui faire former un contrat de jumelage avec un dragon. D’après ce que j’ai entendu dire, le premier roi de ce pays a également été invité à conclure un contrat avec un dragon. »

Oh, le premier roi, qui avait lui aussi été appelé d’un autre monde.

Il avait beaucoup plus agi tel un héros que je ne l’avais jamais fait, en rassemblant les différentes races, puis en fondant le Royaume d’Elfrieden et en formant un contrat avec un dragon ainsi que beaucoup d’autres actions dont j’avais entendu parler et que je serais incapable de réaliser. Excel connaissait probablement tous ces détails, alors peut-être serait-il bon de lui parler de ses réalisations au fil du temps.

« Eh bien, si inhabituel soit-il, est-ce vraiment quelque chose que nous devrions être si pressés d’aller faire ? » demandai-je.

« Sire, il y a quelque chose en commun entre vous et le premier roi, » répondit Hakuya. « Vous avez été tous deux convoqués d’un autre monde. C’est pourquoi, pour certains, vous leur rappelez le premier roi. Si vous parvenez à former un contrat avec un dragon comme le premier roi l’a fait, alors le nombre d’individus qui vous verraient, vous et le premier roi, sous le même angle augmenterait automatiquement. Si les habitants vous respectent plus, le pays deviendra encore plus stable et sera moins sujet aux interférences extérieures ou intérieures. »

« Dans ce cas, c’est comme si j’emprunterais l’autorité du premier roi, » songeai-je. « Cela me fait penser que cela va conduire à des attentes encore plus grandes, et je n’aime pas l’idée. »

« S’il vous plaît, soyez prêt à supporter cela, » déclara Hakuya. « Vous faites votre travail en tant que “roi”, mais votre titre de “héros” est en train d’être laissé à l’abandon. Afin d’éviter de perdre face à l’Empire ou à l’État Pontifical Orthodoxe en matière de dignité, considérant le fait que les deux pays ont des Saints, je pensais que nous avions besoin de quelque chose de prestigieux. »

« Je comprends ce que vous voulez dire par là, mais... n’ayez pas des attentes trop hautes à mon égard, d’accord ? » j’avais dit ça afin de me couvrir. « Ce n’est pas garanti que je vais vraiment former un contrat avec un dragon. Je veux dire par là que je pourrais seulement avoir été appelé là-bas comme un invité d’honneur et rien de plus. »

Ayant averti Hakuya, j’avais reposé mes joues sur mes paumes et j’y avais réfléchi. Pour commencer, si je devais considérer que c’était déjà décidé, j’irais à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon... alors la prochaine chose à décider était de savoir qui je prendrais avec moi.

☆☆☆

Partie 6

« ... Alors, voilà. Il a été décidé que j’effectuerais un voyage jusqu’à la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, » déclarai-je.

Cela s’était écoulé quelques heures plus tard. J’avais rassemblé les personnes familières avec moi dans la salle de conférence pour l’annonce.

Étaient présentes mes quatre fiancées, Liscia, Aisha, Juna et Roroa, ainsi que le Premier ministre Hakuya, le Capitaine de la Garde Royale Ludwin, le ministre des Finances Colbert, ma petite sœur honorifique Tomoe et les servantes Serina et Carla, pour un total de onze personnes en m’incluant.

« Vous allez sortir du pays, non ? Est-ce que ça va aller ? » Demanda Liscia, semblant inquiète.

J’avais acquiescé afin de la réconforter. « Je vais faire en sorte que les Chats Noirs m’observent depuis les ombres au cours du trajet. Mais rappelez-vous que je ne peux vraiment pas les faire entrer sur le territoire de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon avec moi. Pourtant, une fois que nous serons dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, il n’y a probablement personne qui essayera de nous causer du tort. De plus, j’ai reçu la permission d’amener avec moi quelques compagnons. Hakuya, la limite était fixée à combien ? »

« La lettre indique que vous pouvez avoir cinq personnes en plus de vous, » répondit-il.

Après avoir hoché la tête face à la réponse de Hakuya, je me tournai pour faire face au reste des personnes. « Dans tous les cas, je veux amener cinq personnes. Nous allons y aller incognito, donc je ne veux pas me démarquer. Mais comme il s’agit d’un voyage à l’extérieur du pays, nous ne savons pas ce qui pourrait arriver ! Voilà pourquoi, autant que possible, je veux des personnes qui soient des guerriers accomplis. Aisha, je veux que vous soyez à mes côtés. »

« D’accord, Sire. Je vous protégerai sur ma vie, Votre Majesté, » répliqua Aisha.

« Ce n’est pas bon, » dis-je. « Vous êtes déjà reconnue par tout le monde comme étant une candidate pour devenir ma future deuxième reine primaire. Je sais que c’est bizarre de dire ça quand je suis celui qui a besoin de protection, mais ne dites pas que vous allez donner votre vie pour moi. Assurez-vous aussi de vous protéger correctement. »

« O-Oui ! C’est compris ! » Aisha avait hoché sa tête de haut en bas.

Après ça, j’avais regardé Liscia. « D’un autre côté, la seule personne que je ne peux pas emmener est toi, Liscia, » déclarai-je.

« ... Peux-tu me donner une raison ? » Liscia avait demandé ça avec un regard de mécontentement. Elle était clairement insatisfaite, mais elle était prête à m’écouter.

« Si je suis l’autorité supérieure dans ce pays, tu es la numéro deux, » avais-je expliqué « Nous estimons que le voyage à l’étranger durera environ un mois. Nous ne pouvons pas avoir l’autorité supérieure et son numéro deux qui sont tous deux loin pendant une si longue durée. Je suis sûr qu’il n’y a aucun risque pour nos vies, mais pense à ce qui se passerait si quelque chose retardait notre retour. Dans le cas où cela se produirait, j’ai besoin de laisser derrière moi quelqu’un de confiance qui peut diriger le pays pour moi. »

« ... Tu as raison. C’est malheureux, mais... Je ne peux que l’accepter, » dit Liscia avec un soupir.

Je l’avais aussi regretté de mon côté. Elle était une fille fiable, et je voulais vraiment l’amener.

Liscia porta une main à sa poitrine, comme si elle essayait de changer son état d’esprit. « Je vais maintenir le fort pendant que tu seras parti. En échange, peux-tu essayer de ne pas être trop imprudent ? »

« D’accord. Je compte sur toi, » dis-je.

Après que Liscia ait accepté la situation, je m’étais tourné vers Juna.

« Quant à Juna, qui peut gérer à la fois le combat et la collecte de renseignements, j’aimerais vraiment vous avoir avec moi, mais nous ne pouvons pas vous retirer du programme éducatif trop longtemps, n’est-ce pas ? » annonçai-je.

« ... Vous avez tout à fait raison. Comme c’est dommage, » répondit Juna.

« Oh, oh ! Moi ! Moi ! Je veux y aller ! » Roroa leva la main et se mit à sauter de haut en bas pour essayer d’attirer mon attention.

Colbert avait immédiatement attrapé ses bras avant de les placer derrière son dos. « V-Vous ne pouvez pas, Princesse ! Nous avons étendu votre main mise sur tant d’entreprises différentes, alors j’ai besoin de vous ici pour m’aider à tous les gérer ! D’ailleurs, vous devez apparaître avec Juna sur le programme éducatif, n’est-ce pas ? »

Les épaules de Roroa affaissèrent. « Ahhhh... mais je voulais aussi prendre des vacances avec mon Chéri, »

« Il s’agit d’un voyage à l’étranger, d’accord ? » dis-je. « Après ça, dès que nous aurons un créneau libre, nous allons tous partir ensemble en vacances en famille, je vous le promets. »

« Y a plutôt intérêt, Chéri, » répliqua Roroa.

Parmi les membres restants, j’avais regardé Carla. « Carla, je voudrais que vous soyez aussi à mes côtés en tant que garde du corps. »

« M-Moi !? » s’écria Carla.

« De toutes les personnes présentes ici, je cherche quelqu’un avec des capacités martiales et que rien d'important retient ici, donc vous êtes le candidat le plus approprié, » expliquai-je.

« C-Compris, Maître ! » cria Carla.

Liscia se dirigea vers elle et lui prit doucement la main. « Carla, prends soin de Souma pour moi, d’accord ? »

Carla lâcha prise, fit un pas en arrière et la salua. « Liscia, laisse-moi me charger de ça. Je jure que mon maître reviendra indemne ! »

En regardant cet échange entre deux amies du coin de l’œil, je m’étais adressé au groupe. « Pour les deux suivants, ils ne sont pas là, mais je pense que je vais prendre Hal et Kaede. Les prouesses martiales de Hal sont garanties, et je le connais bien. Et après tout, Kaede est également une puissante mage de terre. Pour l’instant, je pense que je vais prendre ces quatre personnes comme compagnons. Que tout le monde travaille sur cette hypothèse et... »

« Hm-Euh ! Grand frère ! » Une Tomoe hésitante, mais qui utilisait une voix clairement audible, me parla tout en levant la main.

« Tomoe ? Qu’est-ce qu’il y a ? » demandai-je.

« P-Prends moi avec toi, s’il te plaît ! » déclara-t-elle avec plus de force.

« « « Quoi !? » » » tout le monde s’écria de surprise.

La timide Tomoe, qui avait tout fait pour rester à l’écart des adultes du château, avait soudainement agi d’une manière agressive. Peut-être que le seul qui n’avait pas été surpris était son professeur, Hakuya.

« Hm... tu sais, il s’agit d’un voyage à l’extérieur du pays, » dis-je. « Cela pourrait s’avérer dangereux... »

« Je-je veux pouvoir voir plus du monde extérieur et non pas seulement le château ! Je veux voir beaucoup de choses, et je veux éventuellement être quelqu’un qui peut aider mon grand frère et ma grande soeur ! » Tomoe serra les poings alors qu’elle faisait sa demande.

Nous avions protégé Tomoe jusqu’à maintenant, mais elle avait dit qu’elle voulait être en mesure de nous soutenir. Tomoe avait onze ans maintenant. Si elle avait été un garçon, ce serait une période dans sa vie où elle ferait encore des choses stupides, et en tant que fille, elle était sur le point de toucher une période sensible. J’étais heureux de voir ce changement en elle en tant que membre de sa famille, mais j’étais également préoccupé.

« Sire... » déclara Hakuya. « Si possible, je voudrais que vous emmeniez votre petite sœur. »

J’étais toujours à court de mots face à sa proposition.

« J’ai jugé qu’au cours de cette période, le fait d’élargir ses horizons l’aidera à progresser, » avait-il poursuivi.

« Bien sûr, même dans mon monde, il y avait un dicton : “Si tu aimes ton enfant, laisse-le partir en voyage”, mais quand même, » j’avais croisé les bras et j’avais réfléchi à ce qu’il fallait faire.

« S’il te plaît, Grand Frère..., » Tomoe avait plaidé avec des yeux larmoyants.

Quand elle m’avait demandé ça avec ses yeux de chiot mignon qui m’avait fait me rappeler de cette vieille publicité avec un chihuahua, j’avais vraiment eu du mal à trouver ma réponse.

Nous étions couverts sur le plan des capacités martiales. Avec Aisha et Halbert, nous pouvions répondre à presque toutes les situations.

Mais quand même... cela pourrait être dangereux...

J’étais en conflit entre mon inquiétude en tant que grand frère et mon désir d’accorder son souhait en tant que grand frère. Après près de deux minutes d’agonie... à la fin, j’avais cédé face au regard sérieux présent dans les yeux de Tomoe et je m’étais avoué vaincu.

« D’accord... je vais te le permettre. Mais cela ne se fera qu’après que tu aies obtenu la permission de Tomoko, » elle était la mère de Tomoe. « Si tu ne peux pas obtenir sa permission, je ne peux pas t’emmener pour ce voyage. De plus, aucun de nous ne lui parlera de cette affaire. Tu dois convaincre ta mère par toi-même. Est-ce que cela te convient ? »

« Oui ! » répondit Tomoe en acquiesçant énergétiquement

Je ne savais pas ce qui s’était passé après ça entre Tomoe et Tomoko. Cependant, à la fin, Tomoe avait réussi à la convaincre.

Plus tard, quand Tomoko était apparue aux côtés de Tomoe, elle devait s’inquiéter profondément. « Votre Majesté, s’il vous plaît, prenez soin de ma fille. » Elle m’avait dit ça et elle avait baissé la tête.

Il semblerait que la pomme ne tombait pas loin de l’arbre. Bien sûr, je voulais le dire dans le bon sens.

Eh bien, mes compagnons pour le voyage avaient ainsi été décidés.

Nous voilà donc partis...

En route vers le pays des dragons, la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

Laisser un commentaire