Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 5 – Chapitre 5 – Partie 3

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Chapitre 5 : L’évêque qui brise le commandement, Souji Lester

Partie 3

Souji croisa les bras avant de se mettre à réfléchir.

C’est vrai, il n’y a probablement personne qui corresponde mieux que moi à leurs critères. J’entends aussi depuis peu des rumeurs comme quoi le Cardinal Gold va bientôt être expulsé. Si ce cardinal avide n’est plus, je suis sûr que la commission d’enquête utiliserait cette occasion pour me réprimander. Quand cela arrivera, il sera temps de payer les pots cassés. Donc ce n’est pas un mauvais moment pour moi de quitter le pays avant que le vent tourne... Cependant, même dans un tel cas de figure...

Souji avait une préoccupation à l’esprit. « Que se passerait-il si je refuse ? »

« Je trouve cela difficile à dire, mais ce serait imprudent de votre part, » déclara Inugami. « Nous avons déjà communiqué à la Sainte notre désir de nous voir confier votre garde ce qui a été transmis aux échelons supérieurs de l’État Pontifical Orthodoxe. Je suis sûr que les responsables ici n’ont aucun désir de vous voir placé en tant que représentant de l’Orthodoxie Lunaire pour tous ceux qui vivent dans le royaume, donc... »

« ... Donc, je suis actuellement en danger, » Souji soupira face à Inugami. « Eh bien, allez-y. Dès le début, je n’avais jamais eu d’autre choix, n’est-ce pas ? »

« Je suis désolé, » déclara Inugami. « Cependant, si vous acceptez, nous vous escorterons en sécurité jusqu’au royaume, en veillant à ce que vous ne subissiez aucun préjudice. »

« Ce n’est pas le problème..., » Souji se gratta fortement l’arrière de sa tête chauve. Après avoir réfléchi un moment, il regarda Inugami droit dans les yeux comme s’il avait pris une décision, puis lui demanda quelque chose. « Je me souviens vous avoir entendu dire que le roi Souma est fou quand il s’agit de récupérer du personnel talentueux à son service, n’est-ce pas ? »

« Je devrais vous frapper pour le traiter de fou, » lui répliqua Inugami. « N’est-ce pas le devoir naturel de n’importe quel dirigeant de chercher loin afin d’avoir à son service un excellent personnel ? »

« Ohhh ! Désolé si je vous ai offensé, » déclara Souji. « Je ne voulais nullement insulter votre roi. C’était simplement que... je voulais vérifier si le Roi Souma allait vraiment embaucher du personnel d’excellente qualité. Peu importe qui est cette personne, si elle a un don, l’utilisera-t-il à bon escient ? »

Quand Souji lui avait posé cette question avec un sérieux qui semblait différente de lui en raison de leur interaction jusque là, Inugami y avait réfléchi avant de lui répondre.

« Eh bien... ceci est peut-être seulement mon point de vue personnel, mais je crois que Sa Majesté prend ses décisions selon que la personne a ou non un don. Il ne se soucie nullement de la race, l’âge, le sexe, l’histoire ou l’apparence physique, et il cherche à attirer à lui le talent venant d’un large éventail de personnes, » déclara Inugami.

« Vraiment ? Cela serait-il le cas même pour quelqu’un qui a été déclaré comme une “sorcière” par l’Orthodoxie Lunaire ? » demanda Souji.

« Une sorcière ? » Inugami avait répété le mot sinistre avec un regard interrogateur.

La porte s’était soudainement ouverte. Quand Inugami se retourna, il vit une femme avec un tissu aux couleurs vives qui était drapé au niveau de sa tête.

Dans ce pays, le fait de porter des vêtements unis avec un beau tissu drapé sur la tête était la marque d’une prostituée. Cela avait commencé lorsque les prostituées s’étaient mises à se couvrir le visage avec du tissu pour les empêcher d’être vus lorsqu’elles entraient dans la maison d’un homme, mais une fois que la vanité fut ajoutée à ça, elles avaient commencé à porter des vêtements bien plus voyants.

Lorsque la femme qui était entrée remarqua la présence d’Inugami, elle avait dit, « Vous étiez en train de parler, je vois... Je m’excuse pour ma grossièreté. »

Elle baissa la tête, puis elle se prépara à partir quand...

Souji l’arrêta avant qu’elle puisse s’en aller. « Mérula, reste ici. Tu n’as nullement besoin de t’inquiéter pour cette personne. Il est correct. »

La femme s’était arrêtée, puis s’était lentement tournée sur elle-même. « ... Vraiment ? »

« Oui. Au contraire, il est du côté des individus qui luttent contre ce pays, » déclara le prêtre.

La prostituée semblait prise de court. « Souji, tu es supposé être un évêque de ce pays... »

Pourquoi bois-tu avec un homme comme ça ? la femme semblait vouloir dire ça alors qu’elle avait baissé ses épaules. Puis elle se dirigea vers la table et s’assit dans une chaise vide.

Alors qu’Inugami était encore confus, elle avait enlevé le tissu recouvrant sa tête. Après l’avoir fait...

« Quoi !? » s’exclama Inugami.

Sous l’étoffe était apparue une belle femme de vingt-cinq ans, à la peau blanche, pâle, translucide, aux cheveux dorés et aux oreilles pointues.

Ces oreilles pointues étaient la marque de la race des elfes. En plus d’eux, il y avait une autre chose qui ressortait d’elle : ses yeux étaient rouge-rubis.

« Une haute-elfe... Non, ce n’est pas possible ! En est-elle vraiment une ? » demanda Inugami.

Les yeux cramoisis étaient caractéristiques des hauts elfes. Les elfes et les elfes sombres avaient une aversion pour le contact avec d’autres races, mais dans des états multiraciaux comme le Royaume de Friedonia, il y avait des individus qui vivaient mélangés avec les autres races. Certains de ces individus en étaient même arrivés à épouser des membres d’autres races et avaient eu des enfants. Marx, le chambellan de Souma, était un demi-elfe né d’un parent elfe et d’un parent humain.

Cependant, les hauts elfes étaient encore plus extrémistes dans leur haine des contacts avec d’autres races. Pour cette raison, les hauts elfes ne se trouvaient que dans leur propre pays, le Royaume des Esprits de Garlan, qui était situé sur deux îles, une grande et une petite, au nord-ouest du continent, et où toutes les autres races étaient interdites.

Les hauts-elfes s’engageaient aussi dans leur propre forme unique de culte spirituel, ce qui faisait qu’ils étaient ceux qui n’avaient aucune relation cordiale avec une théocratie comme l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria.

C’était tout simplement ce fait qui avait rendu Inugami si choqué. Il ne pouvait pas croire qu’ici, dans un pays qui était le centre d’une foi différente, il voyait une haute elfe habillée en prostituée.

Quand il vit Inugami à court de mots, Souji sourit avec ironie et plaça sa main sur la tête de la haute elfe. « Permettez-moi de vous la présenter. Elle s’appelle Mérula Merlin. Comme vous l’avez déjà remarqué, elle est une haute elfe. Je sais qu’elle ne semble pas l’être, mais c’est une vieille femme qui a vécu deux fois plus longtemps que moi, alors faites attention... »

« Comme c’est grossier ! » déclara une Mérula indignée. « Pour une haute elfe, avoir cent ans c’est comme avoir un peu moins de vingt ans pour un humain. Est-ce que tu t’en rends compte ? Dans le Royaume des Esprits, si je disais aux autres que j’avais cent ans, ils me traiteraient comme une gamine. »

Elle avait alors commencé à converser d’une manière naturelle avec Souji.

« Hmm... Quel genre de relation avez-vous tous les deux ? » un Inugami encore égaré avait réussi à se faufiler dans leur discutions.

Mérula et Souji se regardèrent.

« Que sommes-nous... ? On peut dire qu’il est mon colocataire, non ? » demanda Mérula.

« Non, non, non. Je suis le propriétaire de cette maison, » déclara Souji. « Je suis ton protecteur ici, d’accord ? »

« Attends un peu ! Qui s’occupe de tout ici !? Si je ne nettoie pas après toi, tu laisses les choses traîner partout ! » cria Mérula.

« Tu es bien trop pinailleuse sur ce genre de détails !! » répliqua le prêtre.

Les deux individus s’étaient lancés dans des piques verbales qui ressemblaient étrangement à un combat dans un couple d’âges moyens.

Inugami pressa ses tempes, puis il chercha une explication. « Hm, pourrais-je vous demander de commencer par le début de l’histoire... et m’expliquer ce qu’une haute elfe comme Madame Mérula fait ici ? »

« Hm ? Oh, désolé, désolé ! » Quand Souji avait réussi à se calmer, il avait croisé les bras et avait regardé Mérula. « Cela te dérange-t-il si je lui explique tout ? »

« Hm... S’il te plaît, fais-le, » déclara Mérula.

Et ainsi, avec la permission de Mérula, Souji avait commencé à raconter son histoire.

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5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre et bonne continuation!

  2. Merci pour le chapitre.

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