Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 5 – Chapitre 4 – Partie 1

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Chapitre 4 : La venue de la Sainte

Partie 1

— Au milieu du troisième mois de l’année 1547 du Calendrier Continental — dans la Capitale Royale, Parnam.

Alors que le soleil se couchait et que le rideau de la nuit tombait, trois sombres silhouettes traversaient la capitale royale. Les ombres semblaient éviter la lumière, descendant les rues non éclairées par des lampadaires. On pouvait les voir se retourner et regarder encore et encore, comme s’ils étaient poursuivis par quelque chose. Et alors...

« Guh ! »

« « Arg ! » »

L’une des ombres avait trébuché et était tombée. Il y avait un kukri (un poignard avec une lame incurvée) qui sortait de son dos.

Nos poursuivants sont presque sur nous ! Réalisant instantanément qu’il était dangereux de rester ensemble, les deux autres ombres se séparèrent à gauche et à droite, dans des directions différentes.

Les présences qui les suivaient tous allèrent après celle qui s’était enfuie à gauche. Bien que celui qui allait à droit se sentit désolé pour son camarade, cela le soulagea qu’il soit probablement capable de s’enfuir. Toutefois...

« ... !? »

L’ombre s’était arrêtée. Il y avait un grand homme qui dégageait une aura imposante bloquant son chemin.

L’apparence de l’homme était étrange et troublante. Il portait une armure peinte en noir sur son grand corps musclé, et un masque basé sur un smilodon (tigre à dents de sabre) placé sur son visage. Il ressemblait vraiment à une sorte de monstre.

« Le Tigre Noir de Parnam..., » l’ombre murmura malgré elle. Dernièrement, il avait fait l’objet de rumeurs chez les informateurs. Les réseaux d’espionnage disaient qu’il y avait un Tigre Noir dans le Royaume de Friedonia, et aucun membre de ces réseaux d’espionnage qui l’avait vu n’était revenu vivant. Maintenant, vous pourriez vous demander comment quelqu’un savait qu’une telle personne existait si ceux qui le voyaient ne revenaient jamais, mais le tigre avait facilement coupé un espion sans poser la main sur un certain marchand qui l’avait vu le faire. En se basant sur les vagues déclarations de ce marchand combiné avec un espion disparaissant exactement au moment et qui aurait dû se trouver au même endroit, des rumeurs s’étaient répandues sur le fait qu’il y avait un tel être dans la capitale royale.

Ils avaient aussi dit ceci :

Si un espion devait rencontrer le Tigre Noir de Parnam, il devrait tout laisser tomber et fuir. Il n’était pas un ennemi qui pouvait être battu lors d’un combat. Ces rumeurs s’étaient également toujours terminées avec, « ... Eh bien ! Si vous pouvez vous en sortir, c’est bien ! »

Lorsque l’ombre avait rencontré le Tigre Noir des rumeurs, elle était devenue certaine que ces rumeurs étaient la vérité. Il se tenait juste là, mais l’ombre ne pouvait trouver aucune ouverture pour pouvoir le frapper. Il avait une posture presque comme celle d’un guerrier-vétéran qui avait défendu les lignes de front pendant des décennies.

« Rendez-vous, » déclara le Tigre Noir. « Mon maître est miséricordieux. Si vous ne résistez pas, je vous garantis que vous ne serez pas blessé. »

Peut-être à cause de son masque, le Tigre Noir avait parlé avec une voix étouffée. Il n’avait pas dit cela par considération pour son ennemi. Il s’agissait d’une pure formalité, il livrait un ultimatum.

Cependant, l’ombre qu’il poursuivait avait souri.

« Je vous maudis, vous ********, » déclara l’ombre. « Nous ne supplions pas pour nos vies. »

Cela dit, l’ombre avait dégainé les deux épées courtes se trouvant à ses hanches et se jeta sur le Tigre Noir.

Les deux épées s’étaient rapidement rapprochées du Tigre Noir. Cependant, le Tigre Noir avait tranquillement dégainé l’odachi [1] suspendu à sa hanche, et avait divisé l’homme en deux avec une frappe en diagonale. Après l’avoir fait...

« !? »

À l’instant d’après, le corps de l’homme coupé en deux avait été enveloppé de flammes. Il devait avoir l’intention dès le début de mourir afin de ne rien dire, et d’incinérer son corps afin d’éliminer les preuves.

Dégoûté, le Tigre Noir secoua le sang de son odachi et le replaça dans son fourreau en acier. Il fut un temps où le Tigre Noir aurait pensé que c’était un magnifique étalage de loyauté. Cependant, maintenant il ne pouvait plus le voir de cette façon. S’il devait y avoir un sens à mourir pour la loyauté, cela devait venir d’un maître qui déplore votre mort. Mourir pour un maître qui avait utilisé et ensuite mit de côté ses disciples comme ceci était en vain.

Quand il était sorti de ses pensées, le Tigre Noir... Kagetora était entouré d’hommes aux masques noirs. Il s’agissait des troupes d’élite qui servaient directement sous Souma, protégeant Friedonia depuis l’ombre : l’unité des opérations clandestines, les Chats Noirs.

« Maître Kagetora, » déclara un chat noir.

« ... Qu’en est-il du reste ? » demanda-t-il.

« La même chose que celle-ci, » répondit le chat noir.

« Je vois..., » répondit le Tigre Noir.

Kagetora avait réfléchi un instant, puis il donna un ordre à ses Chats Noirs. « Occupez-vous d’effacer toutes traces de ça. Je vais aller faire un rapport à Sa Majesté. »

« « « Oui, Sire ! » » »

Une fois que Kagetora avait regardé les Chats Noirs se disperser, il se souvint des paroles que l’ombre avait prononcées.

« Je vous maudis, vous l’infidèle !! »

L’ombre avait prononcé son dernier mot et Kagetora avait à peine pu l’entendre.

Infidèle, Hmm. Cela... pourrait être un problème, pensa Kagetora en se fondant dans l’obscurité.

 

☆☆☆

 

Une demi-heure plus tard — Dans le bureau des affaires gouvernementales du Château de Parnam.

Il s’agissait d’une nuit en mars, quand la météo avait commencé à se réchauffer considérablement.

Aujourd’hui, comme la plupart des jours, Liscia m’avait aidé en faisant mes paperasses. Quelque chose était arrivé au moment où nous disions qu’il était proche de l’heure du dîner, alors nous devrions bientôt y aller.

La porte vitrée de la terrasse s’était alors ouverte. Alors que j’avais été surpris, j’avais vu qu’il y avait Kagetora avec son armure métallique noire tachée de sang. C’était une bonne chose que nous soyons les seuls dans la pièce à ce moment-là. Si l’une des servantes qui venaient à l’occasion avait vu ça, elle se serait probablement évanouie. Il avait sans aucun doute visé un moment où personne d’autre ne serait ici.

« Du Sang !? » Liscia essaya d’essuyer le sang avec un chiffon qu’elle avait à portée de main, mais Kagetora leva une main pour qu’elle s’arrête.

« Ce n’est pas le mien. Vous n’avez nullement besoin de vous en inquiéter, ma Princesse, » déclara le Tigre Noir.

« Oh... je vois, » déclara Liscia.

« Et aussi... l’odachi que Votre Majesté m’a présenté possède un tranchant vraiment incroyable, » Kagetora posa une main sur l’odachi qu’il portait à sa hanche, puis baissa la tête vers moi.

Eh oui. J’avais donné à Kagetora l’odachi que nous avions développé en faisant des recherches sur le katana du Dragon à Neuf Têtes, n’est-ce pas ? Je l’avais créé afin d’améliorer le tranchant et la portée des attaques, mais sa longueur avait fini par l’empêcher. Sauf si une personne était grande, elle aurait du mal à bien l’utiliser. (Entre autres questions, il était difficile de le dégainé de son fourreau). Pour quelqu’un d’aussi grand que Kagetora, j’avais pensé que ce ne serait pas un problème, alors je le lui avais donné. C’était bon d’entendre que ça le servait bien.

« Eh bien, tant que cela vous convient bien alors cela me suffit, » déclarai-je à moitié exaspéré.

J’avais entendu un léger rire sous son masque.

« ... Quoi ? Ai-je dit quelque chose d’étrange ? » demandai-je.

Il avait à nouveau ri. « Je pensais juste que j’ai été béni d’avoir un aussi bon maître. »

« Hm ? Êtes-vous sarcastique avec moi ? » demandai-je.

« Non, je le pense sincèrement, » répondit-il.

Peut-être que cela avait en rapport quelque chose à quoi il pensait, parce que Kagetora avait l’air content quand il avait dit ça. Je n’étais pas entièrement satisfait, mais... eh bien, ce n’était pas important en ce moment. Il n’y avait aucune chance que le chef de l’unité des opérations clandestines d’élite, les Chats Noirs, soit ici pour m’engager dans des plaisanteries oisives.

« Alors, avez-vous quelque chose à signaler ? » demandai-je.

« Oui, Sire. Les autres sont devenus plus actifs depuis peu, » déclara-t-il.

Les autres... les espions, Hmm. En d’autres termes, il y avait des espions d’une autre nation opérant dans la ville du château.

« Est-ce l’Empire Gran Chaos ? » demandai-je.

« Si c’était l’Empire, nous n’aurions pas de problèmes avec eux. Nous avons des “liens” avec eux, et nous nous entendrions avant de nous tuer les uns et les autres, » répondit-il.

« Les liens... ? Vous faites des affaires avec eux ? » demandai-je.

« Nous échangeons fréquemment des renseignements sur d’autres pays, » répondit le Tigre Noir.

« Je suppose que l’obscurité a ses propres règles..., » dis-je.

C’était un domaine où je préférais garder ma bouche fermée et lui laisser faire son truc.

« Alors, ces espions que nous avons autour de nous, de quel pays viennent-ils ? » demandai-je.

« Ils ont détruit les preuves, donc nous n’avons aucune preuve, mais... le plus probable, l’État Pontifical Orthodoxe, » déclara le Tigre Noir.

« ... L’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria, hein, » murmurai-je.

L’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria. Il s’agissait d’une théocratie gouvernée par le Pape Lunaire Orthodoxe. La dernière chose que j’avais entendue à leur sujet était qu’ils avaient incité leurs croyants à se révolter, puis tenté d’intervenir.

« Mais nous ne sommes pas ouvertement hostiles vis-à-vis de l’État Pontifical Orthodoxe, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Les espions n’existent pas uniquement pour être envoyés dans des pays hostiles, » répondit-il. « Même si c’est un pays avec lequel vous voulez établir des relations amicales, des espions pourraient être envoyés pour recueillir des renseignements et poser les bases de négociations. »

« Hm... Eh bien ! S’ils deviennent plus actifs, cela signifie..., » commençai-je.

« Qu’il est probable qu’ils puissent bouger dans un proche avenir, » il acheva ma phrase.

« C’est problématique..., » dis-je.

Je m’étais souvenu de certaines choses que Roroa avait dites quand je l’avais rencontrée.

Voici ce qu’elle m’avait dit le jour de notre rencontre.

« Parce que ce pays déteste la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon et l’Empire du Grand Chaos. Voilà pourquoi. »

« ..., mais dans l’Orthodoxie Lunaire, le pape est le seul qui peut reconnaître quelqu’un comme un saint. En fait, il y a une femme dans l’Orthodoxie Lunaire qui se fait appeler la Sainte. C’est pourquoi l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria voit Madame Maria comme un méchant impardonnable qui trompe le monde tout autour d’elle. »

« ... C’est pourquoi, maintenant qu’Elfrieden est devenu plus grand en absorbant Amidonia, l’État Pontifical Orthodoxe ne vous laissera pas tranquille. Quelque part, d’une certaine façon, ils vont essayer de prendre contact avec vous. Peut-être qu’ils vous offriront un titre inventé comme le “Roi Sacré” et essayeront de vous entraîner dans leur conflit avec l’Empire. »

Si c’était comme disait Roroa, cela allait être un autre conflit.

Et quelques jours plus tard, une demande d’audience était venue de la sainte de l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria.

 

☆☆☆

 

« ... Et c’est comme ça que j’ai fini par accepter de tenir une audience avec la sainte de l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria, » avais-je terminé.

« Je vois... »

J’étais dans la salle du Joyau dans le Château de Parnam. Pour certaines raisons, le visage de la Sainte Marie Euphorie de l’Empire Gran Chaos qui était projeté dans le récepteur simple là-bas affichait un regard d’anxiété. Bien que l’Empire fût la plus puissante de toutes les nations de l’humanité, les manœuvres de l’État Pontifical Orthodoxe de Lunaria devaient l’intéresser et l’inquiéter.

C’était une semaine plus tôt que j’avais reçu la demande d’audience, et hier, j’avais reçu l’information que la sainte de l’État Pontifical Orthodoxe était entré dans le pays. Demain, je devais tenir une audience avec elle.

Lorsque cette situation s’était produite, j’avais immédiatement utilisé Hakuya et sa jeune sœur Jeanne comme intermédiaires pour organiser des discussions urgentes avec Maria. Il n’y avait aucune chance que la sainte Orthodoxe Lunaire vienne juste pour un bavardage oisif.

Je ne savais pas encore quelles étaient les intentions de l’État Pontifical, mais que ce soit bon ou mauvais pour mon propre pays, ce ne serait certainement pas bon pour l’Empire, avec qui l’État Pontifical Orthodoxe était hostile. C’est pourquoi j’avais voulu prévenir Maria, pour renforcer la coopération entre nous dans notre alliance secrète. Je ne voudrais pas qu’elle découvre plus tard que j’avais rencontré la sainte, et que je devienne ainsi indûment suspect.

J’avais demandé à Maria : « Est-ce que même la Grande Sainte de l’Empire a des problèmes avec l’autre sainte ? »

« ... S’il vous plaît, ne m’appelez pas une Sainte, Grand Roi de Friedonia, » répliqua-t-elle.

« Arg..., » avais-je gémi.

Elle m’avait répliqué avec la réponse parfaite. Eh oui, être considéré comme une sorte de parangon quand ce n’était pas quelque chose que j’avais rêvé d’être n’était rien de plus qu’une nuisance. Je veux dire par là que je n’étais pas un calamar, et je n’étais pas Dadidou.

Pendant que j’y pensais, Maria laissa échapper un soupir séduisant. « Je n’ai jamais rencontré la Sainte de l’État Pontifical Orthodoxe, donc je ne peux pas en dire beaucoup à son sujet, mais... Quand les habitants de mon pays ont commencé à m’appeler ainsi par eux-mêmes, il me semble injuste de m’en plaindre. »

« L’État Pontifical Orthodoxe n’a-t-il pas essayé de savoir ce que vous en pensiez ? » demandai-je. « Si j’étais avec l’État Pontifical Orthodoxe, et que vous étiez devenue célèbre en tant que sainte, ne serait-il pas plus rapide de vous nommer comme un saint officiel plutôt que d’essayer de pousser ma propre candidate ? »

« Oh... Maintenant que vous en parlez, ils parlaient peut-être de faire ça. Cependant, j’ai refusé, » Maria m’avait dit ça avec indifférence.

« Vous avez refusé ? » avais-je dit, tout en étant surpris.

« Permettez-moi de répondre à cette question avec une question de mon côté. Auriez-vous accepté ? » demanda Maria.

« Eh bien, j’aurais automatiquement refusé, » répondis-je.

« N’est-ce pas ? » Maria avait doucement souri, mais avec une légère tristesse. « Que me feraient-ils faire en tant que Sainte ? À qui pourrais-je donner des ordres, et à propos de quoi ? L’État Pontifical Orthodoxe trouve toujours une cause juste, et ensuite ils envoient des individus à la guerre en disant qu’il défend les faibles. Je ne veux pas porter une bannière pour des personnes comme ça. »

Dans ces mots, je pouvais sentir la détermination d’une femme qui portait le poids d’une superpuissance sur ses épaules.

« Je suis peut-être une impératrice, mais je suis tout de même un être humain, » avait alors déclaré Maria. « Au lieu d’être vénérée comme un saint, je veux rester une personne et être aimée en tant que personne. »

Rester une personne et être aimée en tant que personne... Hmm, alors qu’elle me le disait, je m’étais dit que j’étais d’accord avec elle, et j’avais profondément gravé ces mots dans mon cœur.

Notes

  • 1 Odachi : Un ōdachi (大太刀, « longue/fine épée ») est une épée longue du Japon médiéval. Plus longue que le Katana.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre.

  3. Merci pour le chapitre.

  4. Bulle papale déclenchant une Croisade contre l'étranger d'outre Monde ?

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