Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 13 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Cause inconnue

Partie 1

Le lendemain, après avoir pris la décision de reprendre les pourparlers avec Shabon, le même groupe de personnes que la veille s’était réuni dans la salle d’audience. S’il y avait une différence, c’était que Liscia était assise sur le trône de la reine à côté du mien. J’avais choisi de ne pas la faire participer la dernière fois parce que nous ne savions pas quelles étaient les intentions de nos invités, mais maintenant que nous étions sûrs que Shabon et Kishun n’avaient aucune intention hostile, je voulais qu’elle soit présente. Carla surveillait les enfants.

La présence de Liscia semble avoir découragé Shabon encore plus qu’auparavant. C’était probablement à cause de ce qu’elle avait dit sur le fait que je l’utiliserais comme outil et que si je voulais la couronne du Roi Dragon à neuf têtes, elle m’épouserait. Ces déclarations risquaient de bouleverser Liscia, et si elle offensait la première reine primaire qui gérait le ménage, il n’était pas difficile d’imaginer la vie compliquée qui l’attendait ici, même si je l’épousais.

Liscia avait souri à Shabon. Il s’agissait probablement de sa façon d’essayer de dire, « Vous n’avez pas à avoir si peur », mais Shabon semblait encore plus effrayée quand elle l’avait vu… Quel mal de tête !

Quoi qu’il en soit, avec toutes les personnes présentes, la réunion commença par un salut de Shabon qui s’était excusée.

« Kishun m’a relayé les paroles du Premier ministre, et j’ai appris à quel point ce que j’ai dit était inapproprié, et pourquoi cela a déplu à Sa Majesté Souma. Une telle ignorance me fait honte. Je suis terriblement désolée. »

« Non, j’ai laissé ma colère prendre le dessus et j’ai été trop dur, Madame Shabon. Je m’excuse aussi, » je m’étais excusé de mon manque de contrôle. Cela étant réglé, nous avions décidé de poursuivre la discussion qui avait été interrompue la veille.

« Maintenant… Madame Shabon, vous avez dit que vous étiez prête à être mon outil. Est-ce toujours le cas ? »

« Oui. C’est pour cela que je suis venue. »

Pas de changement d’avis, hein ? Ce n’était pas le genre de chose où elle pouvait juste dire. « Ouais, mais non, oublions que j’ai dit ça… » et les deux individus devaient être très déterminés à faire tout ce chemin, donc cela aurait probablement dû être évident.

Donc… il restait le problème de savoir comment la gérer.

« J’ai entendu parler de votre offre par Souma… Je veux dire Sa Majesté, mais êtes-vous sûre que vous êtes d’accord avec ça ? » demanda Liscia, en regardant Shabon avec inquiétude.

La question soudaine avait fait un peu sursauter Shabon, mais elle avait quand même regardé Liscia d’en bas de l’escalier et elle avait timidement hoché la tête. « … Oui. Parce que c’est le seul moyen qu’il me reste pour sauver mon peuple. »

« Je peux comprendre, en tant que membre de la famille royale, comment vous avez pu faire passer votre peuple avant vos propres sentiments. Ce qui m’a d’abord intéressé chez Sa Majesté… mon mari était qu’il avait un plus grand potentiel en tant que souverain que moi ou mon père, et je pensais qu’il serait positif pour le pays. Ensuite, comme nous nous soutenions mutuellement dans les moments difficiles, nous avons été attirés l’un par l’autre. Cela a commencé comme un engagement politique, mais je pense que mon mariage avec Souma est un mariage d’amour. Je suis sûre que les autres reines ressentent la même chose. »

Liscia regarda Aisha qui fit un grand signe de tête… C’est un peu gênant de les entendre me flatter comme ça.

Shabon avait l’air un peu désorientée. « Est-ce… que c’était vraiment ainsi ? »

« Oui. Mais d’après le regard que je vois sur votre visage, je ne peux pas vous imaginer capable de construire une relation comme la nôtre. »

« Hein !? »

Le rejet de Liscia avait fait écarquiller les yeux de tout le monde dans la salle, y compris les miens.

Ignorant notre surprise, Liscia poursuivit. « Les mariages politiques sont une réalité pour les membres de la royauté. Cependant, Madame Shabon, le sentiment de malheur dans votre expression est palpable. Je comprends que vous devez vous sentir tendue par la situation actuelle, mais si vous venez nous voir en tant que mariée comme cela, vous ne ferez que mettre mal à l’aise les gens du Royaume ainsi que les vôtres. Même s’il s’agit d’un mariage politique, en mettant de côté toute idée de romance, les personnes concernées doivent être souriantes — pour que tout le monde sache que c’est un mariage heureux. »

Shabon baissa les yeux, incapable de trouver les mots pour répondre.

« Je peux sentir votre malheur même si vous portez ce faux sourire sur votre visage. Qui, selon vous, serait heureux d’épouser quelqu’un avec une telle expression ? … Il n’y a pas de bonheur à avoir là, juste de la tristesse pour toutes les personnes concernées. Ni pour Sa Majesté, ni pour les enfants nés d’un couple sans amour, ni pour les habitants de nos deux pays… et, surtout, pas pour vous-même. »

« … Mais ! » Shabon serra ses mains devant elle en criant. « Pourtant, c’est la seule façon que j’ai ! Je suis le seul paiement que je peux vous offrir en échange du fait de sauver les habitants de l’archipel ! Je sais que je suis la fille du Roi Dragon à neuf têtes, mais quand j’agis au mépris de mon père, tout ce que j’ai, c’est… mon propre corps… »

Elle s’était battue pour faire sortir ces derniers mots. J’étais sûr qu’elle se sentait acculée, et c’était une décision qu’elle avait prise après avoir beaucoup lutté. Mais comme l’avait dit Liscia, ses méthodes allaient laisser trop de gens malheureux.

« Hé, Madame Shabon ? » demandai-je.

« … Oui ? »

« Votre histoire n’est-elle pas incomplète ? Je trouve qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec vos paroles, » demandai-je.

Les épaules de Shabon frémirent à l’annonce de ma remarque.

« Lors de notre réunion d’hier, vous l’avez dit à plusieurs reprises : ce qui cause la souffrance des habitants de l’archipel du Dragon à Neuf Têtes, c’est “les mauvaises prises et l’incapacité à envoyer les bateaux”. Cela donne l’impression que ce sont les mauvaises prises qui les empêchent d’envoyer les bateaux, mais… ce n’est pas possible. »

Dans le monde d’où je viens, il y avait des pêcheurs qui ne pouvaient pas faire sortir leur bateau parce que revenir les mains vides signifiait qu’ils ne pouvaient pas se permettre de payer l’essence. Mais dans ce monde, les pêcheurs utilisaient des créatures marines pour tirer leurs bateaux, ou ils ramaient à la main. En d’autres termes, les mauvaises prises ne pouvaient pas conduire à une situation où ils ne pouvaient pas sortir les bateaux. On pourrait penser que, qu’il y ait quelque chose à pêcher ou non, ils devraient pouvoir sortir les bateaux quand ils le veulent.

Lorsque nous parlons de mauvaises prises, nous parlons du fait de ne pas pouvoir attraper grand-chose pendant la pêche. Si les bateaux ne pouvaient pas du tout sortir, ils ne pouvaient pas pêcher, donc il n’y avait pas de prise en soi. Maintenant, est-ce que c’est juste Shabon qui parle mal… ? Probablement pas.

« Si ce que vous m’avez dit est vrai, voici ce que cela signifie : il y a de mauvaises prises, et vous êtes incapable de faire sortir les bateaux, et ces deux choses se produisent en même temps. »

« … »

« Hakuya, montre-moi le compte-rendu des discussions d’hier, » déclarai-je.

« Oui, sire. » Hakuya s’était incliné, puis il m’avait présenté une feuille de papier. Sur celle-ci figurait ma conversation d’hier avec Shabon. Bien qu’il s’agisse d’une rencontre non officielle, nous avions tout de même gardé des traces. J’avais accepté la feuille de papier et je l’avais examinée.

« Voici ce que vous avez dit. Les pauvres prises et l’incapacité à envoyer les bateaux, la façon dont le Roi Dragon à neuf têtes a levé les impôts, l’ombre d’une guerre imminente avec le Royaume… Toutes ces choses ont plongé le peuple dans la dépression. Vous pourriez interpréter ces mots comme un appel à mon aide pour mettre fin à la tyrannie du Roi Dragon à Neuf Têtes. Cependant, il est difficile d’imaginer qu’il est responsable de tout ce que vous dites. Les mauvaises prises sont un phénomène naturel, et une telle chose ne pourrait certainement pas empêcher les gens de tout l’archipel de pouvoir sortir leurs bateaux. »

Je m’étais arrêté un instant pour casser le rythme.

« Si, comme vous le dites, les habitants de l’archipel du Dragon à Neuf Têtes ne font qu’un avec la mer et détestent en être séparés, ils résisteraient si quelqu’un essayait de les empêcher de sortir leurs bateaux. Pour commencer, chacune des îles a beaucoup d’indépendance, il n’y a donc aucune chance que les chefs des îles obéissent. En plus de cela, il y a aussi la situation des bateaux qui entrent dans les eaux du Royaume. Ils semblent venir avec des escortes militaires. » J’avais pris une grande respiration et puis, en posant mon menton sur ma paume, j’avais déclaré à Shabon ma conclusion. « Si je considère tout cela, il doit y avoir quelque chose qui se passe dans l’archipel qui fait que les gens ordinaires ne peuvent pas sortir leurs bateaux… Ou est-ce que je me trompe ? »

Shabon inclina profondément la tête. « Votre perspicacité est très impressionnante. C’est exactement comme vous le dites, Sire Souma. »

Elle avait l’air impressionnée. Perspicacité, hein ? Elle me félicitait pour cela, mais ce n’était pas vrai. J’avais agi comme si je l’avais déduit de ce qu’elle avait dit, mais je connaissais déjà la situation. Cependant, si je lui disais cela, il était possible qu’ils recherchent la source de mes informations, et cela risquait d’affecter mes projets, alors j’avais agi comme si je venais de comprendre. J’avais également déjà prévenu les autres personnes de notre côté.

En prenant soin de ne pas laisser ces pensées se refléter sur mon visage, j’avais dit. « Madame Shabon, n’est-il pas temps que vous me le disiez, ce que vous me demandez vraiment de faire ? »

« … Très bien. » Shabon leva son visage et elle me regarda droit dans les yeux. « Il y a bien quelque chose que nous ne vous avons pas encore dit, Sire Souma, mais nous ne voulions pas le cacher. Je voulais vous le dire que si vous m’acceptiez… Mais avant d’en parler, j’avais besoin de savoir dans quelle mesure ce pays était prêt à entrer en guerre contre l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes. Si vous changiez vos plans en fonction de ce que je vais vous dire… tout serait vain. »

« … Je vous écoute. »

Je connaissais plus ou moins la situation de l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes. Donc, je savais que ce qu’elle disait était exact.

« Merci, » Shabon s’était inclinée, puis elle avait prononcé un nom dans le silence de la salle. « Ooyamizuchi. »

À ce moment, il y avait une hostilité évidente dans les yeux de Shabon.

« Bien que ce soit simplement le nom que nous lui avons donné, c’est la cause des troubles de l’Archipel du Dragon à Neuf Têtes. »

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