Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 1 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Création d’un Programme de Diffusion

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Chapitre 3 : Création d’un Programme de Diffusion

Partie 1

À la même époque où l’agitation du rassemblement du personnel de Souma s’était produite, une certaine histoire de fantôme commença à se répandre dans la ville de Parnam.

Selon les récits, il existait un mannequin qui pendant la nuit, parcourait les rues. C’était le type de poupée que vous pouviez voir dans les magasins de vêtements : sans visage, avec des joints en tissu au niveau des bras et des jambes. Maniant une épée dans chacune de ses mains, il parcourait les rues chaque nuit, chassant les animaux et les monstres qu’il rencontrait.

Un aventurier avait à l’époque, déclaré ceci :

« Il y a quelque temps, alors que j’avais pris une quête de la guilde pour escorter un colporteur et alors que je me promenais dans les rues, le soir, nous avons eu la malchance de nous faire encerclé par un certain nombre de créatures d’une sous-espèce de slimes. Bien qu’ils soient faibles individuellement, mais cette fois-ci, nous fûmes attaqués par un grand nombre. Et alors que la bataille allait mal tourner, un mannequin portant une épée dans chacune de ses mains chancela vers nous, provenant de la direction du palais et il attaqua les slimes. C’était un spectacle effrayant qui nous a tout de suite fait fuir, mais... Je me demande ce qui s’est passé avec cette chose. »

Un autre aventurier avait déclaré ceci :

« Il y a une semaine. J’ai pris une mission de la guilde qui nous annonçait : "Un groupe de hobgobelins a traversé la frontière du nord et se dirige maintenant vers le sud. Nous voulons que vous les interceptiez". Nous attendions donc dans une vallée qui était sur leur route pour pouvoir les intercepter, mais malgré tout, ils ne sont jamais apparus. Quelque chose semblait étrange, alors nous sommes allés les chercher plus au nord, et ce que nous avons trouvé était un mannequin, debout au milieu d’un tas de cadavres de hobgobelins brutalement tués. En pensant que c’était un nouveau type de monstre, moi et mon copain guerrier nous l’avons attaqué, mais il para tous nos coups avec les deux épées qu’il portait. Lorsque notre mage essaya de le frapper avec du feu, il se mit à courir avec une vitesse incroyable. Cette chose... C’est probablement une nouvelle arme autonome créée par le Seigneur-Démon, n’êtes-vous pas d’accord avec moi ? »

Il y avait à l’époque, beaucoup d’observations, et bien que beaucoup avaient dit que c’était une histoire de fantôme, il était presque certain qu’il existait. Cependant, lorsque la Guilde des Aventuriers eut reconnu son existence et que des quêtes de capture ou de destruction furent émises, toutes les observations le concernant cessèrent totalement du jour au lendemain.

Après cela, certains s’étaient même demandé si tout ceci n’avait pas été une farce de mauvais goût perpétré par quelqu’un.

◇ ◇ ◇

« ... Alors, il y a, dans la ville du château, des rumeurs comme celle-là. Le saviez-vous ? » Me demanda Liscia.

« Ha bon ! Est-ce qu’il y en a beaucoup ? » Lui demandai-je.

Alors que j’étais couché dans un canapé, ma main qui tenait une aiguille ne s’arrêtait même pas au moment où je lui répondis. Liscia, qui était assise sur son lit, prit un ton légèrement bouleversé.

« ... Quoi ? Des histoires comme celles-là ne vous intéressent-elles pas ? » Me demanda-t-elle.

« Non, ce n’est pas vraiment ça, mais... » (Kazuya)

« Souma, vous êtes le roi, alors les histoires qui causent des troubles dans la ville du château ne devraient-elles pas être importantes pour vous ? » Me dit-elle.

« Vous n’avez pas à vous en préoccuper. Ce mannequin ne reviendra plus jamais. » (Kazuya)

« Savez-vous quelque chose à ce sujet ? » (Liscia)

« Oui, en quelque sorte... » (Kazuya)

Je bourrais le coton tout en lui faisant de vagues réponses à ces questions. Maintenant, je devais juste finir de coudre le dos après avoir fermé les deux côtés et tout sera terminé.

« ... Et, attendez, qu’est-ce que vous faites là, Souma ? » (Liscia)

« Quoi ? Exactement ce à quoi cela ressemble. Je fais de la couture. » (Kazuya)

« Non, mais je demande pourquoi vous venez dans ma chambre pour y coudre ! » (Liscia)

« Et bien, où pourrai-je aller sinon ? Ma chambre est après tout, le bureau des affaires gouvernementales. » (Kazuya)

Récemment, la quantité de travail à accomplir avait légèrement diminué, donc, pendant que mes stylos animés à l’aide de mon Poltergeist Vivant fonctionnaient, mon corps principal pouvait agir indépendamment. Cela dit, le bureau des affaires gouvernementales, où mon lit se trouvait toujours, avait beaucoup trop de fonctionnaires qui entraient et sortaient, il était donc un peu difficile de se la couler douce là-bas.

« En outre, savez-vous comment Aisha a agi récemment... ? » Lui demandai-je.

« Je peux le deviner... » Me répondit-elle.

Récemment, Aisha était devenue si collante qu’elle ne quittait jamais mes côtés de plus de quelques mètres.

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Volume 01 – Chapitre 3, partie 1 Souma qui fait de la couture chez la princesse

Apparemment, quand les elfes sombres juraient leurs fidélités envers quelqu’un, ils se glorifient de rester aux côtés de cette personne et de la protéger jusqu’à leur propre mort. C’était pourquoi Aisha s’était désignée elle-même en tant que mon garde du corps, et qu’il s’agisse du temps de travail, des repas ou même du sommeil, elle essayait de me suivre partout où j’allais, même dans le bain et dans les toilettes. Je pensais que cela pourrait être problématique d’avoir quelqu’un qui n’avait même pas été officiellement engagé, qui soit si proche du roi, mais comme elle était belle, très loyale, et que ses compétences étaient bien connues de tous, Ludwin et la Garde Royale avaient fermé leurs yeux vis-à-vis de cela. Quant à Hakuya, qui avait repris le poste de Premier ministre de Marx, il avait déclaré :.

« N’est-il pas charmant d’être entouré par de telles beautés ? La princesse, Madame Aisha, Madame Juna... Cela m’importe peu que vous les choisissiez toutes, mais dépêchez-vous et donnez-nous rapidement un enfant. Cela apportera ainsi de la stabilité au sein du royaume. »

C’est facile à dire. Mon Dieu !

Alors que j’étais en train de penser à cela, Liscia vint me pousser dans le dos.

« Je parie que vous ne prêtiez attention à rien de ce que je disais, n’est-ce pas ? » (Liscia)

« Laissez-moi tranquille. Juste au moment où j’avais réussi à me reposer... Attendez, hein ? En pensant à ça, où est Tomoe ? » (Kazuya)

« Tomoe a fini dans la chambre de ma mère et mon père. Ma mère fait preuve d’un fort attachement envers elle... » (Liscia)

Il y a quelques jours, Tomoe était venu au château pour y vivre en tant que la sœur adoptive de Liscia. Bien sûr, comme nous l’avions promis, sa famille était aussi venue avec elle.

Par ailleurs, la mère de Tomoe travaillait maintenant à la garderie du palais, garderie que nous avions créée comme expérience pour favoriser l’avancement des femmes dans la société. Elle était ainsi restée avec les nourrices, prenant soin des enfants des autres personnes en même temps que la sienne. Cette garderie fut un énorme succès chez les jeunes filles, qui avaient déclaré à la suite de sa création : « Maintenant, je peux me marier sans problèmes. »

Le congé maternité étant inexistant à l’heure actuelle, les femmes étaient donc souvent renvoyées au moment où elles tombaient enceintes. C’était pourquoi, à moins qu’elles ne deviennent une des maîtresses du roi, la plupart des servantes devaient passer toute leur vie seules.

Mais je divaguais. Fondamentalement, cela signifiait que Tomoe avait deux mères dans le palais. Elle avait d’abord semblé déconcertée, mais maintenant les deux l’adoraient.

Liscia se leva et posa ses mains sur l’arrière du canapé, puis elle regarda par-dessus mon épaule. « Pourtant, lorsque vous avez du temps libre, pourquoi faites-vous de la couture ? Est-ce une poupée ? »

« Oh, cela ? C’est le Petit Musashibo. » (Kazuya)

J’avais enfin fini de coudre le dos de la poupée, puis la présentai à Liscia.

« Petit Musashibo ? » (Liscia)

« Oui. Il provient de mon monde... On peut dire que c’est quelque chose comme une bête rare et exotique ? » (Kazuya)

Le Petit Musashibo était une mascotte super-déformée et mignonne, basée sur Musashibo Benkei qui provenait de la ville où je vivais avant. Un visage de soie blanche. Portant une étole de prêtre bouddhiste et des perles de prière. De grands sourcils épais qui semblaient imposants, mais d’adorables yeux noisette juste en dessous. Les gens avaient toujours aimé cette disparité, donc elle était très bien acceptée.

En passant, la ville où j’avais vécu n’avait absolument aucun lien avec Musashibo Benkei. Alors, pourquoi pas Benkei dans ce cas, vous pourriez vous demander ? Eh bien, "parce que, il y a longtemps, la Préfecture de Saitama était connue sous le nom de Province de Musashi." C’était la seule raison.

Maintenant, vous pourriez demander : "Alors, Musashi Miyamoto ou Musashimaru n’auraient-ils pas fonctionné tout aussi bien ?" ou "Si c’est à cause de la province de Musashi, cela ne couvre-t-il pas tout Saitama ?" Mais le faire serait ennuyant.

Vous ne pensez pas, vous le ressentez. Voilà comment les personnages de mascotte étaient.

« Urkh...Cela me rend folle à quel point elle est étonnamment mignonne, » dit Liscia, en regardant la poupée Petit Musashibo. « Pourtant, pourquoi feriez-vous quelque chose comme ça ? »

« Eh bien, en fait... Mes Poltergeists Vivants fonctionnent très bien avec les poupées. » (Kazuya)

À la suite de ces mots, je me concentrai, et Petit Musashibo commença à se déplacer sous nos yeux. Il utilisa ses petits bras et jambes pour faire du smurf [1]. Et le fait qu’il était bon dans cela l’avait rendu encore plus surréaliste.

Liscia regarda cela, stupéfaite. « Qu’est-ce que... ? »

« Quand je l’utilise sur un stylo, tout ce que je peux faire, c’est de le faire flotter dans les airs. Mais avec une poupée, je peux le déplacer presque comme si j’y étais. De plus, avec les poupées, les portées maximales augmentent considérablement. » (Kazuya)

Jusqu’à maintenant, je n’avais pu manipuler que des objets jusqu’à une portée de cent mètres, mais avec des poupées, je pouvais les envoyer non seulement dans la ville du château, mais bien au-delà des murs.

« C’est certainement impressionnant, mais... qu’allez-vous faire avec cela, devenir un artiste de rue ? » Répondit Liscia. Elle avait l’air exaspérée du Petit Musashibo.

« Haha. C’est une idée possible. Peut-être que je devrais arrêter d’être le roi et de gagner ma vie sur les routes. » (Kazuya)

« Ne dites pas des idioties. Je ne vous laisserai pas abandonner le travail à mi-chemin. » (Liscia)

« ... Je sais déjà cela. Quoi qu’il en soit, voici le point important. » (Kazuya)

Je donnai au Petit Musashibo deux épées courtes. Quand je l’avais fabriqué, en dépit d’être fait de feutre et bourré de coton, le Petit Musashibo avait réussi à tenir deux épées qui auraient été lourdes même dans les mains d’un homme adulte. Le Petit Musashibo se positionna comme l’aurait fait Musashi Miyamoto, avec ses deux épées.

Les yeux de Liscia s’élargirent en grand à cette vue. « Aucune chance... C’est une simple poupée, n’est-ce pas ? »

« Il semble que lorsqu’une poupée tient quelque chose sur elle, ceci est considéré comme un objet optionnel de la poupée. De plus, elles peuvent librement utiliser n’importe quel élément que je leur ai équipé. En tant que test, j’ai donné à une autre poupée des armes et j’ai essayé de l’envoyer pour lutter contre les monstres. Il a finalement très bien réussi à se battre au cours de vrais combats. » (Kazuya)

« Une poupée monstre combattante. Attendez... Le mannequin des rumeurs !!! » (Liscia)

« Oui. J’ai utilisé une poupée que j’avais trouvée, pour faire des expérimentations à l’extérieur du palais. » (Kazuya)

Cependant, je n’aurais jamais imaginé qu’il y aurait finalement des rumeurs à ce sujet. J’avais essayé de faire mes tests la nuit, au moment où il n’y aurait plus personne pour le voir. Mais peut-être que cela n’avait fait qu’accentuer encore plus les choses à propos de cette histoire de fantômes.

« Grâce à cela, j’ai pu découvrir qu’ils peuvent faire face à des monstres. Et pour couronner le tout, plus ils gagnent d’expériences et plus les poupées peuvent se déplacer aisément. » (Kazuya)

Alors que je disais cela, le Petit Musashibo plaça ses bras devant lui. Il tenait encore ses épées courtes. Et ensuite, il les fit tournoyer en cercles assez rapidement que vous vous attendiez presque a entendre un effet sonore. Il avait l’air d’une grosse toupie, mais il était en fait plutôt comme une scie circulaire qui serait tourné de côté. Il était donc beaucoup plus dangereux qu’il n’en avait l’air.

« Est-ce que l’entrainement effectué par les poupées, se reflète-t-il sur votre corps principal ? » Me demanda Liscia.

« Si tel était le cas, alors cela deviendrait une capacité trop puissante. Mais malheureusement non. Peut-être que c’est parce que je n’ai pas la force musculaire pour cela ? Mon corps est trop faible. » (Kazuya)

« Hmm... Alors, pourquoi ne pas le faire ? » (Liscia)

« Je pense que l’utilisation la plus efficace de mon temps consiste en l’amélioration de ma capacité de contrôler des poupées au lieu d’essayer de renforcer mon propre corps. Peu importe combien je travaillerais, je ne deviendrais pas assez fort pour que ce soit mieux que de contrôler trois puissantes poupées qui se battent autour de moi. » (Kazuya)

« Ce n’est pas ainsi qu’un héros combat. » Dis Liscia, exaspérée.

Malheureusement, j’étais totalement d’accord avec cette évaluation.

Dans les œuvres fantastiques de mon ancien monde, ma classe aurait probablement été "Maîtres des Poupées" ou "Marionnettiste". Ce type d’emplois avait tendance à être le genre de classe qui soutient les autres à distance moyenne. Et c’était totalement différent de ce à quoi l’on s’attendait d’un héros se trouvant en première ligne et chargeant bravement ses adversaires. Voilà ce que la population pensait.

« Quand je vous regarde, je peux sentir l’image que je me faisais d’un héros voler en éclat. » Déclara froidement Liscia.

« Hahaha... » Riais-je à ces mots. « Ne vous inquiétez pas. Je ressens la même chose me concernant. »

Cela faisait un mois environ depuis que j’avais été convoqué ici. Et tout ce que j’avais fait jusqu’à présent était de la politique intérieure au pays. Et tout ce que je prévoyais de faire au cours des prochains mois était aussi de la politique intérieure. Alors comment pourrai-je être appelé un héros en vue de mes actes si peu héroïques et si peu glorieux ?

Soudain, un coup fut frappé sur la porte.

« Excusez-moi, » annonça la personne venant de rentrer, avant de saluer en baissant légèrement la tête.

C’était la femme de chambre en chef du palais et l’assistante personnelle de Liscia, Serina. Une beauté intellectuelle qui était cinq ans plus âgée que Liscia, elle était aussi talentueuse qu’elle le paraissait, une femme qui savait faire son travail correctement.

Quand Serina vit mon visage, elle baissa la tête tout en réalisant une révérence.

« Votre Majesté. Monseigneur Hakuya me demande de vous dire cela : "Monsieur Poncho et les autres se sont rassemblés comme vous l’aviez demandé". » (Serina)

« Hein ? Ils sont ici ? Je les ai tant attendus !! » Après avoir déclaré ces mots, je me levai de mon siège avec empressement, prenant Liscia par la main avant de rajouter. « Allons-y, Liscia. »

« Hein ? Quoi !? » (Liscia)

Au moment où j’attrapai soudainement sa main, Liscia se mit à rougir.

« Oh, ma parole, princesse, » dit Serina. « Penser que vous rougiriez juste en vous faisant prendre la main. Avec une telle innocence, comment allez-vous pouvoir faire face à vos devoirs nocturnes avec Sa Majesté ? »

« Serina !? De quoi est-ce que vous parlez !? » (Liscia)

« S’il vous plaît, permettez-moi de bientôt pouvoir tenir entre mes mains votre enfant. Mais vous savez comment les bébés sont faits, n’est-ce pas ? » (Serina)

« Arggg! Vous n’arrêtez pas de me taquiner ! » (Liscia)

... Serina était une femme de ménage très capable, mais elle avait la mauvaise habitude d’être facilement sadique envers les filles mignonnes. Sa maîtresse, Liscia, ne faisait pas exception à la règle. Eh bien, je suppose que cela signifiait que leur lien de confiance entre eux était assez fort pour se l’autoriser. Tant qu’elle ne tournait pas cela en sadisme envers moi, alors elle était une travailleuse très compétente à mes yeux.

« Eh bien, nous partons. » Déclarai-je.

« He ! Attendez un peu, Souma. » S’opposa Liscia.

« Prenez soin de vous ! » Dis Serina. En sortant de la pièce, elle nous fit face avant de faire une révérence.

En cours de route, nous avions récupéré Aisha qui attendait à côté de la porte de la princesse, et au moment où nous arrivâmes à la salle de réunion, tous ceux qui avaient été convoqués étaient déjà rassemblés là.

À cette table ronde installée au centre de la pièce, était assis Hakuya, le Premier ministre, Tomoe, ma belle-sœur, Juna la Lorelei et Poncho Ishizuka Panacotta. Si nous excluons Ludwin, qui était occupé avec une autre affaire, et Marx, qui avait abandonné le titre de Premier ministre à Hakuya et maintenant gérait le palais, tous ceux qui avaient assisté au rassemblement étaient présents ici.

« Votre Majesté, » déclarèrent-ils tous, en cœur.

« S’il vous plaît. Restez assis, » leur demandai-je, tendant la main vers eux. « Je suis après tout celui qui vous a convoqués tous ici. »

Liscia et moi, nous nous assoyions aussi sur nos sièges. Aisha était la seule qui restait debout, se positionnant juste derrière moi afin qu’elle puisse agir immédiatement au cas où quelque chose se passerait. Honnêtement, cela me dérangeait de l’avoir ainsi derrière moi, debout, alors je lui demandai de s’asseoir, mais elle refusa obstinément.

N’êtes-vous pas censé suivre les ordres de votre maître ? pensais-je avec ennui.

Eh bien ! Pour l’instant, nous allons mettre cela de côté.

« À vous tous, ici présente, merci d’être venu. » Déclarai-je. « Je vous remercie sincèrement. »

« P-P-P-P-Pas du tout ! C-C-C-C-Ce n’était rien ! » bégaya Poncho.

« Votre Majesté, n’inclinez pas la tête si facilement, » déclara Hakuya. À côté d’un Poncho agité, Hakuya avait un regard désapprobateur sur le visage. « Si la personne au sommet s’abaisse ainsi, il se peut que les personnes qui viendront devant vous vous considèrent avec mépris. »

« Toute dignité que je ne peux que maintenir en agissant de manière suffisante est une dignité dont je n’ai pas besoin. En outre, je ne considère pas les personnes présentes dans cette salle comme étant des serviteurs ou des citoyens, mais comme des camarades. » (Kazuya)

« Vous êtes trop gentil, Votre Majesté. » Juna fit une petite révérence. Ses petits gestes avaient toujours été conçus pour donner une image si belle.

Tomoe, d’un autre côté, était tellement nerveuse qu’elle était raide. Ses vêtements de la dernière fois avaient été en lambeaux, mais maintenant, elle portait ce qui ressemblait à une tenue de miko avec une minijupe, ce qui était apparemment une tenue traditionnelle pour les loups mystiques. « E-Est-ce que je suis aussi votre camarade, mon roi ? »

« Non, sûrement pas ! Tomoe, vous, vous êtes ma belle-sœur, vous en souvenez-vous ? » (Kazuya)

« Oh, oui c’est vrai. » (Tomoe)

« Oui. Alors ne m’appelle pas ton roi, et appelle-moi "Grand Frère Souma". » (Kazuya)

« Ah, ce n’est pas juste ! Alors, appelle-moi aussi "Grande Sœur" dans ce cas ! » Cria Liscia.

« Um... Grand Frère Souma. Grande Sœur Liscia, » Dit Tomoe avec les yeux tournée vers le haut.

« « Super ! » » Liscia et moi avions tous deux réagi à la suite de la réaction mignonne de Tomoe, en affichant un enthousiasme en hausse.

Splash ! Splash !

Nous avions alors été frappés tous les deux avec un éventail en papier. C’était bien sûr Hakuya qui l’avait fait.

« Vous deux ! Ça va nous prendre une éternité si vous continuez avec ce genre de choses, alors écoutez-les. » (Hakuya)

« « Je suis désolé. » » Nous nous sommes tous deux excusés.

Soit dit en passant, cet éventail de papier était quelque chose que j’avais donné à Hakuya quand il avait reçu le poste de Premier ministre, tout en lui disant : « Si j’agis trop loin de ce que je devrais, alors n’hésitez pas à me frapper la tête avec ça ». C’était une blague que j’avais fait pour alléger un peu le côté trop sérieux d’Hakuya, mais comme on pouvait s’y attendre d’un homme qui était le plus grand génie de l’histoire d’Elfrieden (ou du moins, ce que prétendait Marx), il utilisait l’éventail en papier d’une manière très brillante.

« Alors, ça fait quel effet à la dignité royale si un serviteur du royaume gifle son roi avec un éventail de papier ? » Questionnai-je.

« Cela m’a fait très mal de devoir le faire, Votre Majesté, mais comme c’est un ordre royal alors j’y étais contraint. Le comprenez-vous ? » Répondit Hakuya avec un regard effronté sur son visage. « Cela dit, Votre Majesté, vous devriez expliquer à tous pourquoi ils ont été appelés ici. »

« Oh, oui, c’est vrai... Poncho. » (Kazuya)

« O-Ouiiiiii! » (Poncho)

Alors que la conversation se tourna soudainement vers lui, Poncho se leva si vigoureusement qu’il faillit faire tomber sa chaise. Il était aussi rondelet que jamais, mais il était plus bronzé qu’il ne l’avait été pendant l’audience royale de l’autre jour.

« Avez-vous préparé ce que je vous ai demandé ? » Lui demandai-je.

« O-Oui ! Avec votre coopération, Monseigneur, j’ai pu visiter tous les endroits en deux semaines, alors qu’il m’avait fallu huit ans avant cela. » (Poncho)

« Coopération. Qu’avez-vous fait pour lui venir en aide ? » Me demanda Liscia tout en me regardant d’un air dubitatif...

« Oh, il veut parler de comment j’ai clarifié les choses avec les pays concernés et je l’ai laissé utiliser une des wyvernes royales utilisées exclusivement pour les visites de la famille royale pour qu’il puisse se déplacer. »

Les wyvernes royales étaient utilisées quand le roi voyageait à l’étranger. L’Armée Interdite en avait seulement une poignée. La tâche de Poncho avait nécessité un transport rapide, alors je lui en avais prêté une. La plupart des wyvernes appartenaient à l’armée de l’air, mais avec leur amiral Castor, n’étant pas coopératif, si nous lui avions demandé de nous prêter une wyverne, cela n’aurait probablement pas fonctionné... Tout cela me causait d’importants maux de tête rien qu’à y penser.

« Alors, Poncho, montrez-nous ce que vous avez recueilli, » dis-je.

« O-Oui ! Ici, Monseigneur, j’ai les "ingrédients que personne n’a l’habitude de manger dans ce pays" que vous m’aviez demandé d’aller chercher, n’est-ce pas ? » Avec ces mots, Poncho sortit un gros sac de sous la table.

Quand Liscia le vit, ses yeux s’élargirent avant de crier. « Hee! Mais c’est le Sac du Héros ! »

« Oui. Je trouvais qu’il en ferait un bon usage pour cette situation un peu spéciale, du moins, c’est ainsi que je vois les choses, et en plus de cela, les aliments mis à l’intérieur se détériorent bien plus lentement. Je pensais que ce serait parfait pour la collecte des ingrédients, alors je le lui ai prêté temporairement. » (Kazuya)

« Mais même ainsi, vous ne devriez pas le faire... Oh bon, peu importe ! » Liscia abaissa ses épaules dues à sa résignation vis-à-vis de mes actes avant de poursuivre. « Alors, qu’est-ce que c’était ? Les "ingrédients que personne n’a l’habitude de manger dans ce pays" ? »

« Pour être plus précis, il s’agissait des "ingrédients consommés à l’étranger, et que certaines régions de notre propre pays possèdent aussi, mais dont leurs consommations n’est pas dans les mœurs des citoyens de notre pays". » Lui répondis-je.

Différents endroits possédaient des aliments différents, et différentes personnes avaient des goûts différents. Vous entendiez souvent des choses comme quoi certains mets immangeables dans un tel endroit, étaient appréciés en tant qu’un met raffiné et très prisé dans un autre. Même au Japon, dans certaines régions, vous pouviez trouver des choses qui vous feraient dire : « Hein !? Cela se mange vraiment ? » Au point qu’il y avait eu des programmes télévisés comme "Bizarre Foods" qui avaient mis l’accent sur le sujet.

« À l’heure actuelle, notre pays cultive des choses comme le coton, le thé et le tabac, alors nous les remplacerons en partie avec des cultures vivrières. » Leur expliquai-je alors. « Cependant, nous ne verrons pas leurs effets rapidement, du moins, pas avant l’automne. Donc, pour empêcher les personnes de mourir de faim jusque là, un plan avec des résultats instantanés est nécessaire. »

Afin de résoudre la crise alimentaire, des réformes sérieuses devant durer sur une longue période de temps seraient nécessaires. Cependant, pendant ce temps-là, il y aurait des gens qui auront très faim, et il y avait aussi l’inquiétude que certains puissent même mourir de faim, vu que tout cela prendrait beaucoup de temps avant de voir des résultats concrets. De plus, les premiers à mourir seraient automatiquement les bébés en bas âge, qui, avec leurs constitutions faibles et leurs besoins élevés de nutrition, étaient les plus fragiles et les plus demandeurs d’une source stable de nourriture de qualité.

Les enfants étaient un trésor national. Je ne pouvais donc pas les laisser mourir de faim.

Cela dit, même si je voulais livrer de la nourriture à toutes les personnes affamées du pays, il y avait des limites à la quantité de soutien qui pouvait être offert par le pays. C’est pourquoi, parallèlement aux stratégies à plus long terme, des contre-mesures à court terme avec des effets immédiats seraient nécessaires.

« Et ce sont ces ingrédients que nous n’avons pas coutume de les manger ? » Demanda Liscia.

« Ils sont mangés dans d’autres pays, mais nous n’avons pas l’habitude de les manger ici, » lui répondis-je. « Si nous développons ces habitudes, il sera plus difficile de mourir de faim. Car après tout, ceci augmentera très facilement l’approvisionnement alimentaire dans le pays. »

« Y aura-t-il quelque chose de si utilisable et si pratique que cela, là-dedans ? » Demanda-t-elle, d’un air dubitatif.

« C’est ce que nous devons vérifier... Maintenant, changeons de lieu. » (Kazuya)

« Changer de lieu ? » Bredouilla Liscia, surprise de ma phrase.

En voyant Liscia incliner la tête sur le côté avec curiosité, je lui répondis avec un rire. « Nous allons analyser si nous pouvons utiliser ces ingrédients ou non. Donc évidemment, nous allons voir cela dans la cafétéria. »

« Hey, Souma. Je comprends pourquoi vous souhaitez utiliser la cafétéria, mais... n’avons-nous pas trop de personnes présentes là-bas en ce moment ? » Me demanda Liscia.

Comme elle l’avait souligné, la cafétéria était toujours bruyante, mais d’une manière différente de l’habitude.

Dans cette cafétéria qui était utilisée par les gardes et les servantes (et récemment, même par le roi), il y avait généralement plus d’une trentaine de longues tables mises en place pour accueillir un grand nombre de personnes, qui pouvaient ainsi toutes manger en même temps. Cependant, à l’heure actuelle, toutes les tables longues, sauf une, avaient été emmenées plus loin, pour ainsi créer un large espace ouvert. Malgré cela, la cafétéria était pleine de personnes et d’équipements, et il n’y avait qu’un petit espace libre autour de la longue table restante.

Un joyau massif flottait dans la salle et occupait beaucoup d’espace.

« Encore à vouloir utiliser le Joyau de Diffusion de la Voix ? » Me demanda Liscia.

« C’est un gaspillage horrible qu’une chose si utile ne soit utilisée que pour lire des déclarations de guerre, » lui répondis-je. « Je me dois de trouver un meilleur usage pour cette merveille. »

Ce Joyau de Diffusion de la Voix était tout comme la télévision. Ceci pourrait immédiatement transmettre des informations aux personnes, ainsi que diffuser certains programmes de divertissement qui devrait nous aider à gagner le soutien de la population. J’avais déjà remarqué qu’il y avait quelques défauts. Par exemple le manque de technologie d’enregistrement de l’image et du son qui obligeait à ce que toutes les émissions soient automatiquement en direct ainsi le fait que la vidéo ne soit disponible que dans les plus grandes villes (bien que les émissions diffusées uniquement en sonores soient disponibles même dans les plus petites). C’était juste une chose où je devais attendre que la technologie magique progresse dans ce sens pour pouvoir l’utiliser à son plein potentiel.

J’avais pensé commencer comme premier programme de divertissement avec un équivalent de Nodo Jiman, un concours de chant amateur. À travers le café chantant où Juna travaillait, j’avais pu faire venir les personnes qui étaient venues montrer leur "don pour le chant" lors de mon rassemblement de personnes douées, et nous nous préparions maintenant à faire leurs débuts en tant que chanteurs et idoles.

Le premier diffuseur public d’Elfrieden, Hehe... Pensai-je. Les rêves sont illimités.

« Pourquoi est-ce que vous souriez comme cela ? » me demanda froidement Liscia, alors que j’étais en train d’imaginer les possibilités offertes devant moi. « Vous avez l’air effrayant. »

Je toussai avant de répondre. « Hum ! Pour notre projet actuel, l’objectif est d’introduire l’habitude de manger des aliments qui ne sont pas consommés dans ce pays. Les rendre publiques en même temps aux personnes du royaume serait plus efficace, n’est-ce pas ? »

« En utilisant Juna ? » (Liscia)

« Oui, mais vous aussi, Liscia. Oh ! Et aussi Aisha ainsi que Tomoe. Ils disent que le B.A.-BA [2] pour capter l’auditoire est les animaux, les beautés et les enfants. C’est pourquoi j’ai besoin de vous, Liscia, en tant que la jolie fille plutôt classique, de Juna possédant un charme mature, malgré son jeune âge, d’Aisha avec sa peau sombre et en pleine santé, et de Tomoe, qui possède des oreilles d’animaux, ainsi que la beauté et est aussi une enfant. Avec vous toutes ici, les yeux des personnes seront définitivement collés à l’écran. » (Kazuya)

« M-Moi, aussi... ? » À la suite de mes mots, Liscia rougissait d’un profond rouge écarlate. Quant aux trois autres.

« J’en serais honoré, Monseigneur. » Déclara Juna.

« Oui, Votre Majesté ! Je m’efforcerai de répondre à vos attentes ! » me répondit Aisha, pleine d’enthousiasme.

« Ouais ! J-J-Je ferais de mon mieux ! » Cria Tomoe.

Chacune d’elles m’avait ainsi montré son enthousiasme. Pendant ce temps, Hakuya mit rapidement les choses en ordre pour pouvoir commencer la diffusion, et Poncho vérifiait à la hâte les ingrédients qu’il avait recueillis. Quand je les voyais agir comme ça, j’avais la certitude d’avoir formé un groupe de personnes pouvant travailler ensemble pour surmonter toutes les difficultés auquel ils feront face. Bien sûr, j’en voulais encore plus.

Quand tout fut prêt, je donnai l’ordre à tous. « Tout est prêt, alors que la diffusion commence maintenant. »

◇ ◇ ◇

Notes

  • 1  Smurf : Nom français pour le breakdance.
  • 2  B.A.-BA : Connaissance élémentaire d’une science, d’un domaine intellectuel.

☆☆☆

Partie 2

Ce jour-là, chaque ville méritant ce nom dans le royaume d’Elfrieden était remplie de personnes.

Lorsque la rumeur se répandit comme quoi le jeune roi, qui avait agité le pays avec son rassemblement de l’autre jour, allait utiliser le Joyau de Diffusion de la Voix pour faire encore une nouvelle activité, les habitants se précipitèrent vers les places dans les grosses villes ayant des fontaines de diffusion. (Les systèmes qui permettaient de disperser le brouillard dans l’air pour projeter les images du Joyau de Diffusion de la Voix étaient généralement installés sur la fontaine se trouvant sur la place centrale des villes.)

Les personnes qui vivaient dans des villages qui ne pouvaient recevoir que le son ne tardèrent donc pas à venir dans les villes voisines, de sorte qu’ils pouvaient ainsi voir aussi la vidéo. Finalement, tout ceci fit qu’il y avait encore plus de citoyens que d’habitude qui se rassembla sur ces places.

Dans ce monde, où les seules formes de divertissements étaient de discuter à propos des expositions en cours, de boires, et de jouer à des jeux de hasard, le Joyau de Diffusion de la Voix commença rapidement à être reconnu par les habitants comme étant une nouvelle forme de divertissement.

Et comme toujours, lorsque les gens se rassemblaient, l’argent bougeait. Il existait déjà certaines installations dans les places de chaque ville. Et donc, tout ceci commença à prendre des airs festifs. Tout le monde posa donc des tapis ou des draps devant la fontaine, attendant impatiemment que la diffusion commence.

« He ! Le joyau va-t-il encore recommencer à diffuser quelque chose comme la dernière fois ? » demanda une enfant.

« Oui chérie. Je me demande ce que cela sera cette fois-ci. » Une mère sourit, tout répondant à sa petite fille avec le léger zézaiement.

« Chacun semble s’amuser. L’époque a certainement bien changé. » Déclara une autre présente sur les lieux.

« C’est certainement le cas. Pourquoi, de notre temps, n’avons-nous jamais pensé que le Joyau de Diffusion de la Voix puisse être quelque chose de si agréable. » Rajoute une personne d’âge moyen présente sur le lieu.

Les personnes âgées, qui connaissaient bien le Joyau de Diffusion de la Voix, et qui savaient bien que le Joyau n’avait été utilisé par les générations précédentes des rois que pour des déclarations de guerre et des annonces publiques sur la situation militaire actuelle, avaient fermé les yeux en silence. À cette époque, le pays avait près de deux fois son territoire actuel, mais seulement la moitié de sa population actuelle.

Le Joyau de Diffusion de la Voix avait toujours été pour des choses comme « Nous avons gagné la bataille de X. » ou « Nous devons bravement nous battre contre X, et nous devons continuer jusqu’au bout à lutter ». C’est pourquoi pour toutes les personnes de plus d’un certain âge, le Joyau de Diffusion de la Voix avait toujours eu une connotation de mort.

« C’est sûr que notre nouveau jeune roi soit un homme qui ne ressemble pas à cette image-là — » (vieil homme)

« Wooooooooo ! » (foule)

La voix du vieil homme fut noyée par des acclamations des personnes présentes autour de lui.

Un homme et une femme en uniforme apparurent subitement dans les airs.

« Bonjour, peuple d’Elfrieden, » déclara la femme.

« Bonjour à tous. » Rajouta l’homme.

« Je viens à vous depuis le Château de Parnam avec une toute nouvelle émission. Le Génial Déjeuner du Roi. Je serais votre hôtesse, Juna Doma... » (Juna)

« ... ainsi que moi, P-Poncho Ishizuka Panacotta ici présent. » (Poncho)

« ... monsieur Poncho, vous n’avez pas besoin d’être si tendu. » (Juna)

« E-Et bien, voyez-vous, je n’ai aucune expérience dans ce domaine. Madame Juna, vous êtes tellement confiante à ce sujet. Je vous envie tellement. » (Poncho)

« Eh bien dans mon cas, je chante tout le temps devant les clients du café où je travaille. À ce propos, si vous visitez Parnam, venez voir notre café chantant, la Lorelei. » (Juna)

« S’il vous plaît, ne commencez pas avec de la publicité ! » (Poncho)

« Hahahahaha. » Le contraste entre la beauté ludique et l’homme grassouillet amena beaucoup de rires sur les places de fontaines, aux quatre coins de la nation.

« Maintenant, ce gentleman va vous expliquer le but de notre programme. » (Juna)

« L-Le 14e roi d’Elfrieden. Sa Majesté Kazuya Souma. » (Poncho)

Ohhh ! Des cris s’élevèrent depuis la place.

Le jeune roi qu’ils avaient déjà vu lors du rassemblement du personnel apparu alors sur l’écran. « Je n’ai pas encore été couronné, alors à proprement parler, je ne suis pas encore le roi, mais... oh bonjour. Je suis Kazuya Souma, le gars qui agit actuellement comme votre roi. Maintenant, pour aller droit au but, j’aimerais parler de l’état de ce royaume. »

« Il ne ressemble pas vraiment à un roi. » Dis une personne sur la place. De la manière qu’il agissait, vous ne pouviez pas les culpabiliser d’avoir de tels pensées.

Ne semblant pas se rendre compte de tout cela, Souma se tenait devant une table qui avait été préparée pour l’occasion, expliquant les choses avec des cartes et des schémas. Il était particulièrement minutieux sur les causes de la crise alimentaire.

« ... En réponse à cette augmentation de la demande, cela a donc créé des conditions dans lesquelles vous pouviez vendre autant que vous pouviez produire, de sorte que les agriculteurs sont passés de la culture alimentaire à la culture du coton, et c’est donc l’origine de notre actuelle crise alimentaire. Bien sûr, ce n’est pas seulement la faute des agriculteurs. La responsabilité incombe également aux commerçants qui les ont forcés à le faire pour ainsi pouvoir vendre leurs produits, ainsi qu’aux soldats qui ont bénéficié de ces produits et à la famille royale pour avoir ignoré ces faits jusqu’à ce qu’ils deviennent un réel problème. Pour cela, je m’excuse profondément. » Après avoir déclaré ces mots, Souma baissa la tête.

Pour qu’un roi s’incline devant ses sujets et ses serviteurs, c’était inouï. Surtout que la situation actuelle n’avait même pas été causée sous le règne de Souma.

« À l’heure actuelle, notre royaume fait passer les cultures commerciales aux cultures vivrières. Cependant, je ne m’attends pas à voir les effets de cela avant l’automne ou plus tard. Nous envisageons l’importation de denrées alimentaires provenant d’autres pays, mais la situation n’est pas non plus favorable de leurs côtés. L’une des raisons est que nous n’avons rien pour remplacer notre principale exportation, le coton, et nous ne pouvons donc pas garantir la monnaie étrangère. L’autre raison est que chaque pays se trouve dans une situation similaire à la nôtre. Ils ne peuvent pas nous vendre ce qu’ils n’ont pas. » (Souma)

Les paroles de Souma étaient plus que suffisantes pour déprimer le peuple. Mais ils furent plus que surpris que Souma ait diffusé publiquement ces informations à son peuple. Normalement, ceux qui se tenaient au sommet ne divulguaient pas ces informations à ceux qui se trouvaient sous eux. Parfois, c’était parce que ces informations comprenaient des erreurs qu’ils avaient eux-mêmes faites. Et à de nombreuses reprises, ils croyaient aussi que ceux qui étaient au-dessous ne comprendraient pas même s’ils avaient été informés des questions de politique nationale.

En fait, l’explication du roi avait été assez simple pour qu’un lycéen du Japon puisse la comprendre, et pourtant, seulement environ trois dixièmes de la population de ce pays le pourraient quant à eux. Cependant, ce jeune roi avait quand même divulgué l’information.

Plus une personne était instruite, plus grande fut sa surprise. Pourquoi avait-il exposé à la population, une telle disgrâce nationale, qui pourrait conduire à sa propre perte ?

« Hum. Heu... Est-ce que c’est correct de dire cela à la population du royaume ? » Poncho hésitant lui posa la question que tout le monde était en train de penser. Cependant, l’expression de Souma ne changea pas le moins du monde.

« Plus vous cachez quelque chose, et plus les gens douteront de vous. Il y a des choses que nous devons cacher en ce qui concerne les affaires étrangères, mais pour la politique interne, j’ai l’intention de continuer à divulguer de telles choses. Voyez-vous, je veux que mes compatriotes utilisent aussi leurs têtes. Quelle est la meilleure chose à faire pour ce pays ? Mes politiques sont-elles correctes ? Je veux qu’ils pensent avec moi. » (Souma)

« Je n’ai jamais vu un roi agir comme ça avant aujourd’hui. » Chuchota quelqu’un dans l’assemblée.

Il était inouï pour une personne au pouvoir de demander à son peuple de penser à la politique avec lui. Techniquement, même dans ce pays, il y avait le Congrès du Peuple qui représentait leurs volontés, mais c’était, simplement, « Un lieu pour décider des plaidoyers du peuple qui devait être fait au roi. » Le roi était libre de mettre en œuvre ou non selon ses propres désirs, et le contenu de ce congrès était limité à des demandes de correction de l’inflation des prix pour X ou des demandes de dépenses pour des travaux publics. Il était utile d’avoir une boîte à suggestions, mais ce n’était pas un lieu propice pour débattre des décisions politiques.

Le système féodal était encore puissant dans ce pays. Pour le dire d’une manière la plus simple possible, le système politique dans ce pays était. « Ceux du dessous paient des impôts. Ceux du dessus protègent les vies et les biens de ceux du dessous. » C’était tout ce qu’il y avait à dire sur l’actuel système.

Les gens du peuple payaient des impôts à leurs seigneurs, et les seigneurs garantissaient leurs vies et leurs propriétés en retour. Leurs seigneurs (la noblesse) devaient, quant à eux, payer des impôts au roi en plus de le servir dans son armée en temps de crise, et de son côté, le roi leur garantissait leurs vies et leurs propriétés. C’était une société ayant un système de caste des plus complets.

Mais quand il y avait de la pourriture au sommet d’un tel système, la pourriture risquait de s’étendre jusqu’à la base. Cependant, pour le regarder d’une manière inversée, tant que les personnes au-dessus de vous étaient compétentes, les gens d’en dessous n’avaient pas besoin de réfléchir à la politique nationale. Donc, c’était un système facile à faire fonctionner de cette manière.

Cependant, ce jeune roi avait demandé à la population d’utiliser leur tête. Il leur avait demandé de penser à ses actions politiques avec lui.

Il n’y avait pas encore de cheminement clair concernant cette participation politique que pourrait effectuer le peuple. Et même si on leur donnait ce droit, il était clair que de voir les citoyens non scolarisés qui commenceraient à s’impliquer dans cela n’était pas pensable. Cependant, même ainsi, il avait semé les graines du changement.

« Ce pays va certainement changer... » déclara une personne dans la foule.

« J’envie les jeunes qui vont pouvoir voir ce changement » rajouta un vieil homme juste à côté de lui.

« Nous n’avons pas encore fini de voir ces changements. » Dis une autre personne.

En regardant ce jeune roi, les vieux regardèrent directement ses yeux, et ce fut comme s’ils étaient aveuglés par leurs intenses rayonnements.

Sans aucune façon de savoir ce qui se déroulait un peu partout dans son royaume, Souma continua son explication.

« Comme vous le voyez ici, nous devrons attendre jusqu’à l’automne pour qu’une solution fondamentale au problème soit effective. Il va sans dire que nous avons l’intention de fournir un soutien au maximum de personnes possible, mais il y a des problèmes dus aux volumes impliqués et à la géographie qui nous empêchent d’atteindre toutes les personnes dans le royaume. Après tout, tout le monde ne vit pas dans des plaines. » (Souma)

C’était un pays ayant de nombreuses races vivant ensemble. Des elfes sombres qui vivaient dans la forêt, aux dragonewts qui préféraient vivre à haute altitude comme dans les montagnes, aux nains qui vivaient dans des grottes souterraines, et il y avait ceux qui vivaient dans des endroits où les lignes d’approvisionnement ne traversaient pas. Il en était de même pour ceux qui vivaient dans des villages marginaux en pleine montagne.

« C’est pourquoi je viens à vous, mes compatriotes, avec une demande... Non, un ordre. » À ce moment-là, Souma s’arrêta de parler. Puis, après avoir repris son souffle, il déclara très clairement. « Tout le monde, vous devez survivre jusqu’à l’automne. »

Quand ils entendirent les mots provenant de la bouche du jeune roi, les gens déglutirent. Le sens de ces mots était simple. Cependant, l’intention derrière eux était impénétrable.

« Parce que nous n’avons pas d’atout dans la manche, vous devrez tous survivre par vous-mêmes, » déclara le roi. « Pour la recherche de nourritures, allez dans les montagnes, dans les rivières, dans la mer. Coopérez les uns avec les autres et même, inclinez vos têtes envers les autres si cela vous est nécessaire. Peu importe combien cela peut être humiliant, vous devez le faire ! Parce que je veux que tout le monde survive jusqu’à l’automne. »

Ces mots auraient pu être entendus comme une abdication de ses responsabilités. Après tout, il disait à ceux qui souffraient d’aller travailler dur par eux-mêmes. Cependant, il était vrai que seuls ceux qui travaillaient durement seraient sauvés.

Le jeune roi baissa sincèrement la tête. « S’il vous plaît. Quand je dis tout le monde, je veux parler de tous, jusqu’au dernier d’entre vous. Ne tuez pas les autres parce que vous souffrez. N’abandonnez pas vos enfants parce que vous avez trop de bouches à nourrir. Ne jetez pas les anciens et ceux qui sont frêles. Je veux que vous puissiez tous saluer la générosité de l’automne. Cette émission est donc quelque chose que nous avons mis en place dans l’espoir que ce sera une aide pour vous aider à réaliser cela. »

Souma entra maintenant dans le vif du sujet. Il parlait des objectifs de l’émission en cours de diffusion. Elle devait permettre de gagner du temps jusqu’à ce que la crise alimentaire puisse être résolue. Il voulait introduire de nouveaux ingrédients qui n’étaient généralement pas consommés dans ce pays en montrant des moyens pour les préparer. Ces ingrédients pouvaient être obtenus à un faible coût (ou même gratuitement puisqu’ils poussaient librement dans la nature). De plus, en consommant ces ingrédients au cours de l’émission, ils démontreraient qu’ils étaient comestibles.

Même les citoyens qui avaient été indignés de sa déclaration antérieure, alors qu’il avait semblé abandonner sa propre responsabilité, avaient alors senti leur colère se refroidir alors qu’ils écoutaient l’explication de Souma. Parce que ce roi réfléchissait vraiment pour eux et qu’ils pensaient énormément à eux. Ils pouvaient très clairement sentir cela à ses paroles et à sa présente attitude.

« ... Maintenant, vous savez tout. Donc, je vais redonner la parole à vos hôtes, Poncho et Juna. » Avec son explication complétée, Souma revient sur son siège.

Souma ne pouvait pas savoir cela, mais en ce moment, un tonnerre d’applaudissements avait éclaté à travers toutes les places du pays. Des applaudissements spontanés de ces citoyens qui avaient été profondément impressionnés par les mots de Souma. Sans le savoir, Souma commençait lentement à être vraiment reconnu comme étant leur roi.

La vidéo retourna à nouveau sur Poncho et Juna.

« Bon ! Sans plus attendre, place à l’émission. » Déclara Juna. « Poncho, quel sera le premier ingrédient ? »

« Oui ! Notre premier ingrédient est juste ici ! » Après avoir dit cela, Poncho prit une boîte couverte d’un tissu, puis la plaça sur la table où Souma, Liscia, Aisha et Tomoe étaient assis en tant qu’invités commentateurs.

C’était une boîte assez grande pour contenir un large aquarium.

Après s’être arrêté un moment pour ainsi créer un effet dramatique, Poncho retira le tissu.

◇ ◇ ◇

Nous étions maintenant dans la salle à manger du château de Parnam au cours de la diffusion en direct de l’émission.

« Urkh... » (Aisha)

« Eeeeeeeeek! » (Tomoe)

« Quo — quoi !? » (Liscia)

Quand elles virent ce qui était apparu sur la table, Aisha, Tomoe et Liscia poussèrent toutes à leur façon leurs propres cris causés par le choc de la révélation.

Juna, d’autre part, regardait cela et semblait penser, « Ohhhh, alors donc c’est ça ! »

« C’est une pieuvre. »

« Bien sûr, c’est une pieuvre. »

La chose dans la boîte en face d’eux était la créature à corps souple, à huit pattes, que vous connaissez tous pour être une pieuvre.

Bien que beaucoup de créatures dans ce monde avaient été comme affecté par une touche de fantastique, par exemple pour les vaches et les poules qui possédaient des carapaces blindées, ce n’était dans son cas qu’une simple pieuvre (même si elle était plutôt grande). Eh bien ! Même dans les mondes fantastiques, les pieuvres géantes étaient souvent bien plus grosses que celle-là, alors je supposais que cela devrait quand même aller.

Soit dit en passant, dans ce pays, ils appelaient les pieuvres "ocatos", mais cela était tout simplement déroutant pour moi, alors nous resterons avec le mot "pieuvre". Et de toute manière, avec ma mystérieuse capacité de traduction, le mot me semblait tout comme si c’était bien "pieuvre".

« Hein ? Vous ne mangez pas de pieuvres dans ce pays ? » Demandai-je.

« Bien sûr que non ! Attendez ! Souma, avez-vous vraiment déjà mangé avant cela une de ces choses effrayantes !? » Liscia déclara cela tout en me regardant d’un air incrédule.

Allez, c’est juste une pieuvre, le savez-vous ? J’ai du mal à accepter cette réaction. Pensai-je.

« Eh bien ! Compte tenu de leur apparence, je suis sûr qu’ils ne sont consommés que dans certaines régions côtières. Cependant, ma ville natale est l’une d’entre elles. » Expliqua doucement Juna à l’ensemble de la population.

Eh bien, même sur terre, en Europe (à l’exception de l’Italie et de l’Espagne), ils sont appelés "poisson-diable" et, dans certains pays, les gens refusent même de les manger... Je suppose donc que cette réaction normale ? pensai-je.

« Mais ils sont tellement savoureux... » Dis-je.

« Vraiment ? » Me demanda Liscia.

Une fois qu’elle avait entendu qu’ils étaient délicieux, Aisha était prête à attaquer le repas. Comme elle était mon garde-corps, cela signifiait que nous mangions souvent ensemble, alors je savais déjà, que cette fille était une véritable gloutonne. Elle avait une faiblesse particulière en ce qui concernait les aliments sucrés (comme les collations qui venaient en tant que cadeaux pour le roi et les servantes), et elle les grignotait jusqu’au point où les servantes gémissaient de jalousie, « Comment peut-elle manger autant, tout en arrivant à maintenir une si belle silhouette ? »

« Oui ! Il existe des opinions divergentes sur la façon de les cuisiner qui les rend encore plus délicieux. Mais si vous les frottez avec du sel, que vous lavez le mucus et que vous les faites bouillir, alors c’est déjà très bon. Cuit, frit, servi avec du riz, c’est vraiment un délice comme vous les aimez. » (Souma)

Il y eut un silence en réponse à mes paroles.

« Aisha, vous bavez. » Rajoutai je.

« Oups... Pardonnez-moi. » (Aisha)

« Honnêtement, il est hyper protéiné, faible en calories, donc c’est aussi super bien si vous suivez un régime. »

« Hyper proté ? J-Je ne suis pas très sûr de ce que c’est. Mais mes oreilles ont été attiré par cela quand j’ai entendu le mot "régime"... » Maintenant, Liscia semblait aussi être prête à passer à table.

Honnêtement, je pensais que Liscia pourrait supporter de mettre plus de viande sur ses os. C’est peut-être parce qu’elle était dans l’armée, mais elle était déjà assez mince.

« Je ne pense pas que vous devriez vous inquiéter autant de votre poids, » lui déclarai-je donc, révélant une partie de mes pensées.

« Souma... Une fille cesse d’être une fille au moment où elle arrête de prendre soin de son poids, » Liscia me réprimanda avec ses yeux qui semblaient regarder dans le vide.

Puisque Juna et Tomoe indiquaient également qu’elles étaient d’accord avec cela, je supposais donc que c’était exactement ce que c’était. Aisha était la seule dissidente, avec un visage qui semblait dire, « Oubliez ça, je veux juste manger cela... »

« D’accord, alors... Pour l’instant, ne devrions-nous pas aller dans la cuisine ? » Demandai-je.

Nous passâmes à la cuisine attachée à la cafétéria et commençâmes à préparer la pieuvre. Les cuisiniers qui y travaillaient protestaient. « Si vous nous l’aviez dit, nous l’aurions fait pour vous. » Mais comme j’aimais faire de la cuisine, alors j’avais décidé de le faire moi-même.

Tout d’abord, je plaçai la pieuvre dans un grand bol, puis coupai les organes internes, le sac d’encre et les globes oculaires avec un couteau de cuisine. (Ceci provoqua un. « Uwah... » des filles, mais je les ignorai). Puis je frottai avec le sel la totalité de la surface de la pieuvre, j’attendis que la surface gluante se durcisse, avant de la laver correctement avec de l’eau. J’avais également nettoyé les ventouses, car il pouvait parfois avoir de la boue.

Après cela, j’amenai de l’eau à ébullition, puis lâchai la pieuvre dedans, avec ses tentacules en premier, et pour finir, je laissai cette créature en forme de poulpe bouillir. En attendant jusqu’à ce que sa chair brun-jaunâtre ait tourné en un rouge violet ferme, je la sortis de l’eau, et j’avais maintenant un bel exemple d’une pieuvre bouillante prête à être mangée. Après l’avoir laissé refroidir un peu, je coupai un des tentacules en morceaux de la taille d’une bouchée. C’était déjà délicieux ainsi.

« Eh, c’est correct comme cela. Il est temps de manger. » Dis-je.

« Quoi !? » Liscia et les autres furent choqués de déjà me voir le grignoter sans montrer la moindre hésitation.

Quelques instants plus tôt, alors que j’avais pris une bouchée dans ma bouche, je pus constater que oui, ceci avait certainement le goût d’une pieuvre. Ce goût légèrement salé était génial. Et parce que c’était si génial, je ne pouvais m’empêcher de regretter qu’il n’y ait pas encore de sauce soja dans ce monde !

« ... Est-ce vraiment comestible ? » Murmura Liscia.

« Allez-y, Liscia. Vous savez, vous pourriez essayer et le découvrir par vous-même. » (Souma)

« Heu, non... Je ne suis pas encore émotionnellement préparée pour cela... » (Liscia)

« Vous êtes sûr ? Car c’est délicieux. » (Souma)

Ignorant la Liscia hésitante, Juna plaça une tranche dans sa bouche.

« Ahh ! Ce n’est pas juste, madame Juna ! » Cria Aisha. « Dans ce cas, moi aussi ! »

En voyant cela, Aisha alla largement piocher dans l’assiette et —

Hé, attendez ! Ne mordez pas juste dans la tête ! Jusqu’à quel point cette elfe sombre peut-elle être gloutonne ? pensai-je.

« Oh ! C’est croustillant et délicieux ! » (Aisha)

« ... Vraiment, alors maintenant... » (Souma)

... D’accord, il est temps que je reprenne le contrôle des choses.

Après le premier essai, j’enduisis les morceaux de pieuvre de la taille d’une bouchée dans de la farine de blé, des œufs et de la farine blanche, puis les plaçai sur des brochettes, trois à la fois. Puis, je mis toutes ces brochettes dans un pot d’huile chaude. Je les laissai frire jusqu’à ce que la pâte soit brun clair et croustillante. Après cela, je les sortis du pot, et une fois que j’eus apporté la touche finale avec la sauce Worcester, qu’ils avaient même dans ce monde, et une mayonnaise faite maison avec des œufs, du vinaigre et d’autres choses, mon deuxième plat fut prêt.

« Une 'Brochette de pieuvre frite'. Je suppose que c’est ainsi qu’il faut l’appeler. Continuez, et essayez de les manger. » (Souma)

Liscia et Tomoe les amenèrent timidement jusqu’à leurs bouches. Et au moment où elles les mordirent...

« C’est quoi cela !? C’est exquis ! » (Liscia)

« Grand frère, c’est vrai que c’est... vraiment délicieux ! » (Tomoe)

Leurs yeux indiquaient clairement à quel point tout ceci était vraiment bon.

Super ! Je pensais, en me donnant un petit coup de pouce mental.

« Ceci est vraiment succulent. La pieuvre cachée à l’intérieur de la pâte croustillante est tellement juteuse. » Déclara Juna.

« C’est vraiment le cas ! Même si je ne savais pas que la pieuvre irait si bien avec la sauce Worcester ! » cria Poncho.

« Cette sauce blanche va aussi très bien avec la pieuvre. Vraiment magnifiquement réalisée, Monseigneur. » Rajouta Juna.

« Monsieur, v-vous savez aussi cuisiner ! Ceci m’a beaucoup surpris ! » (Poncho)

Juna et Poncho firent des commentaires tels des critiques alimentaires professionnelles. Puisque les deux avaient déjà mangé des pieuvres, ils pouvaient prendre le temps de bien le savourer. Pendant ce temps, Aisha était en train de manger, manger, et encore manger, produisant un énorme tas de brochettes vides.

... Il n’y avait rien de plus que je puisse dire de plus à propos de ça.

◇ ◇ ◇

« C’est vraiment succulent. » Put être entendu, provenant de l’émission. « Enroulée dans cette pâte croustillante, la pieuvre à l’intérieur est très juteuse. »

« ... Hey Papa ? » demanda un enfant.

« Oui ? Si tu veux des pieuvres, alors beaucoup d’entre eux ont été pris dans nos filets d’aujourd’hui. » Répondit son père.

« Vraiment !? Je veux l’essayer ! » (enfant)

« C’est sûr. Normalement, je les jette, mais pour cette fois, essayons de les manger. » (père)

Il semblerait qu’à ce moment-là, il y avait eu beaucoup de conversations comme celle-ci dans de nombreux villages proches de la mer.

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki_Volume 01_06 Aisha dévorant une pieuvre.

◇ ◇ ◇

« Notre prochain ingrédient est cela. » (Poncho)

Après avoir fini de manger les brochettes de pieuvre qui ont été plutôt bien accueillies, nous retournâmes à nos sièges. Poncho ouvrit alors une nouvelle boîte en face de nous. Lorsque nous vîmes l’ingrédient, cela nous donna l’impression de voir un objet brun et mince recouvert de saletés à l’intérieur de la boîte

« Est-ce que... c’est des racines ? » Demanda Liscia.

« Je pense que ce sont bien des racines... » ajouta Juna.

« Elles ne me semblent pas très bonnes... Sont-elles vraiment comestibles ? » Demanda Tomoe d’un ton hésitant.

Liscia, Juna et Tomoe avaient toutes agi comme si elles avaient un point d’interrogation qui flottait au-dessus de leurs têtes. Aisha et moi, en revanche, n’avions absolument pas été surpris.

« Oh, c’est de la grande bardane, n’est-ce pas ? » Lui demandai-je.

« Oui, c’est bien de la grande bardane. » Me confirma Aisha.

Eh bien, j’avais entendu dire qu’en Occident, la racine de bardanes était perçue comme une chose étrange à manger. Alors je ne trouvais pas étrange qu’elle n’ait pas été mangée ici, mais qu’Aisha, qui ressemblait à une Occidentale, savait cela, et ceci m’étonna.

« Dans la forêt, nous devons manger tout ce que nous pouvons, sinon nous succomberons à la malnutrition en un rien de temps. » Dis Aisha tout en ayant un regard lointain.

Peut-être, que cette situation alimentaire était ce qui avait rendu cette elfe sombre aussi gloutonne qu’elle l’était aujourd’hui.

« Puisqu’elles sont présentées ici, cela signifie qu’elles sont donc mangeables, n’est-ce pas ? » Demanda Liscia, ce à quoi je hochai la tête en réponse.

« Vous pouvez les manger. Mais plutôt que de les apprécier pour leur propre saveur, vous appréciez la saveur du bouillon dans lequel vous les placez, ou alors pour leur texture. Elles sont principalement faites de fibres alimentaires, que vous ne pouvez pas digérer, mais elles ont un effet médical et peuvent vous aider à garder vos mouvements intestinaux réguliers. Elles sont un bon ami pour ceux qui sont souvent constipés. » (Souma)

« ... J’aimerais que vous ne parliez pas des mouvements intestinaux et de la constipation pendant que nous mangeons. » Me déclara Liscia.

« Cela aide à expulser les déchets du corps. Bien sûr, c’est bon pour votre santé et votre beauté. » (Kazuya)

« Urkh. Lorsque vous dites cela ainsi, ceci à l’air tentant, mais... » (Liscia)

Eh bien ! Maintenant que Liscia en a discuté, est-ce que nous devrions manger tout de suite ? pensai-je.

Cette fois, je restais simple quant à ma préparation. Après avoir raclé la saleté à l’aide d’un couteau, je coupai la bardane en de longs et minces copeaux. Puis je les recouvrais d’amidon de pomme de terre et pour finir, je les plaçai dans le pot d’huile que nous avions utilisé plus tôt. Une fois qu’ils avaient été correctement frits, je les sortis du pot, puis les séparai en les plaçant dans deux bols. Dans l’un d’entre eux, je saupoudrai du sel, tandis que l’autre je le saupoudrai avec du sucre. Avec cela, la préparation des chips de bardane (un dans le style des chips et l’autre dans le style biscotte) était complète.

Quant aux réactions de chacun, après les avoir mangées.

« Huh, ils sont croustillants et délicieux. » Dis Liscia.

« Celles-ci... iraient probablement très bien avec la bière. » Dis Poncho.

Liscia et Poncho mangeaient les salés comme une collation.

« L’huile qui sort lorsque vous les mordez, fusionne avec le sucre, et la douceur se répand dans toute votre bouche. » Dis Juna.

« J’aimerais bien que mes deux mamans essayent aussi cela. » Dis Tomoe.

Juna et Tomoe, qui mangeaient celles avec du sucre, firent des commentaires qui méritaient des bons points respectivement en tant, qu’un critique gastronomique et une enfant.

Quant à Aisha...

« Si vous les mangez ensemble, ils sont salés, doux et délicieux ! » Annonça-t-elle, en grignotant des deux en même temps.

Oui, bien sûr, je suppose qu’il est correct de les manger aussi de cette façon.

Les ingrédients comestibles suivants étaient la patte d’ours rouge, le foie du tigre à dent de sabre et de la salamandre géante, mais nous n’avions fait que les présenter.

Il était vrai qu’ils n’étaient pas habituellement mangés dans ce pays, mais à la place, des friandises rares que seul un aventurier pouvait espérer attraper. Et ce n’était pas quelque chose que je voulais que la population essaye par tous les moyens d’en acquérir. Mais si on leur donnait la chance d’y accéder, je voulais juste qu’ils sachent qu’ils pouvaient les manger à la place de les jeter comme cela se faisait avant. D’ailleurs, je ne sais pas moi-même comment préparer de la patte d’ours.

Ah, en passant, au stade de la sélection des ingrédients, j’avais enlevé de la liste, le poisson-globe, les champignons toxiques et autre chose toxique. Je savais qu’ils pouvaient être mangés s’ils étaient préparés correctement, mais si des amateurs affamés devaient essayer de le faire, il était clair que cela ne finirait que très mal.

Attention, même les parties toxiques pourraient être mangées si vous le vouliez vraiment. Dans la Préfecture d’Ishikawa, il y a des "ovaires de poissons-globes marinés dans de la pâte de riz", et dans la Préfecture de Nagano, il y a des régions où ils mangent le célèbre champignon empoisonné amanite tue-mouches.

... L’appétit humain est vraiment quelque chose de spécial, n’est-ce pas ?

Revenons à notre histoire, l’ingrédient suivant nous avait, quant à lui, tous choqués.

« Voici notre prochain ingrédient. » (Poncho)

« «  «  C-C’est... » » »

Cette fois, tous nos yeux s’élargirent à cette vue.

À l’intérieur de la boîte que Poncho avait ouverte, il y avait un objet gélatineux d’un vert bleuâtre.

« C’est... une gelée, n’est-ce pas ? » Lui demandai-je.

C’était l’une des créatures de type slime qui se trouvaient partout dans les champs. Ils ressemblaient et agissait comme l’ennemi qu’on trouvait dans les JDR. Leur caractéristique principale était leur faiblesse. Si vous les coupiez, ils mourraient. Si vous les écrasiez, ils mourraient aussi. Ils se collaient sur des créatures vivantes et mortes et ils aspiraient leurs substances nutritives. Ils n’avaient pas de sexe : ils se multipliaient par division. Ils étaient probablement ce que vous obtiendriez si vous aviez une amibe ou un autre organisme monocellulaire qui grossissait jusqu’à avoir une taille gigantesque.

Hein ? On va manger ça ? Ou plutôt, pouvons-nous vraiment même manger ça ?

Ensuite, je remarquai qu’Aisha avait l’air de pencher sa tête vers le côté dû à la confusion.

« Attendez. Est-ce que cette gelée est morte ? » (Aisha)

« Oui. Cette gelée a déjà été tuée. » Déclara Poncho.

« Ceci n’est pas possible. Je n’ai jamais entendu parler d’un cadavre d’une gelée avant aujourd’hui. » (Aisha)

« Oh ! C’est vrai. Maintenant que vous le mentionnez, c’est étrange. » Avait convenu Liscia, semblant avoir remarqué quelque chose.

En revanche, je ne l’avais pas compris de mon côté. « Liscia, pourriez-vous me dire ce qui se passe là ? »

« C’est quoi ce ton ? Les gelées sont faibles et fragiles. Elles ont une mince membrane, et si vous les coupez, ne serait-ce qu’un peu, cela la vide rapidement de tout son liquide corporel en un jaillissement de liquide. C’est pareil si vous les écrabouillez avec une masse. Tout ce que vous aurez finalement, sera une flaque bleu-verdâtre sur le sol. » (Liscia)

« Vraiment ? » (Souma)

Aisha aussi hocha la tête. « Oui. C’est pourquoi un cadavre si bien conservé semble impossible. »

Je vois... Aisha en tant que guerrière, et Liscia en tant que soldat, ont toutes deux de l’expérience dans la lutte contre les gelées, alors elles ont remarqué quelque chose d’étrange dans la situation.

« Alors, qu’avez-vous à faire pour obtenir une gelée dans cet état ? » demandai-je.

« Eh bien ! Voyez-vous, il y a une petite astuce. C’est une technique que j’ai apprise d’une tribu qui vivait à l’ouest, dans l’Empire. Ils utilisent un petit objet semblable à une perche pour frapper le noyau sans casser la membrane. Si vous faites cela, la gelée gardera sa forme même après sa mort. Dans ce domaine, ils l’ont appelé 'ike-jime pour les gelées' [1]. » (Poncho)

Ike-jime ? Voyons, ce n’est pas vraiment comme de drainer le sang d’un poisson... Mais, quand même, cela a du sens. Il me semble que je n’avais pas tort de penser à eux comme des organismes unicellulaires.

« Les fluides d’une gelée perdent graduellement leurs fluidités et elles durcissent une fois que le noyau est détruit. » Rajouta Poncho.

« Je suppose que c’est comme la rigidité cadavérique. » Dis-je.

« Oui. Si vous le laissez plus longtemps, les liquides s’évaporeront totalement et la gelée se transformera en une coquille sèche, mais environ deux heures après la mort, alors qu’elle s’est quelque peu durcie, sa chair est encore souple, et donc, il est possible de la cuire. C’est l’état dans lequel elle se trouve là. » (Poncho)

Hmm. Je comprends que vous puissiez le cuisiner, mais n’est-ce pas une question distincte de savoir si vous pouvez le manger ? Alors que je pensais cela, Poncho sortit un couteau et commença à couper verticalement la gelée.

« Lorsque la gelée est dans cet état, vous pouvez insérer le couteau verticalement et le couper en morceaux sans que le corps s’effondre. Les fibres du corps de la gelée sont dures dans ce sens, ce qui fait que de les couper dans ce sens donnera la meilleure texture. » (Poncho)

Poncho coupa délicatement la gelée en longues et minces tranches, comme s’il faisait des "ika somen". Il s’agissait de nouilles avec une certaine épaisseur de type Udon. Poncho les ramassa tous et les plaça dans une marmite d’eau bouillante.

« Maintenant, si on les fait bouillir dans un pot d’eau avec un peu de sel, la chair se raffermira davantage. » (Poncho)

Maintenant, ceci commençait sérieusement à se transformer en quelque chose comme du Soba ou de l’Udon. Au fur et à mesure de leur ébouillantage, cette vibrante couleur vert-bleuâtre s’obscurcit progressivement, commençant à ressembler à la couleur du thé vert que le Soba avait aussi. Ensuite, Poncho ajouta des ingrédients comme des champignons séchés et du varech dans le chaudron avec la gelée bouillante.

Est-ce qu’il fait bouillir tout cela ensemble exprès ?

Enfin, après avoir ajouté plus de sel pour ajuster la saveur, il en servit à chacun d’entre nous dans un bol à soupe.

« Voilà, vous pouvez y aller. C’est de la Gelée Udon. » (Poncho)

« Il l’appelle aussi Udon ! » M’exclamai je.

« Q-Quelque chose ne va pas, Votre Majesté. » Me demanda Poncho.

« Hoo, non ! ce n’est rien ! » Lui répondis-je.

J’avais entendu la langue de ce pays comme si c’était du japonais. "Udon" était probablement un autre mot qui avait été traduit sous cette forme. Quelle confusion ? Quoi qu’il en soit, ce qui avait été présenté devant nous ressemblait exactement à l’Udon vert mise dans un bouillon clair, dans le pur style du Kansai.

Renard Rouge et Gelée Verte, n’est-ce pas ? pensai-je. Ouais. Actuellement, ce n’est pas le moment d’échapper à la réalité en me remémorant d’anciens jingles commerciaux pour l’udon instantané.

Quand je regardai autour de moi, tout le monde me regardait comme pour dire. « Allez-y, allez-y ! »

Je n’ai pas levé la main et ai dit « D’accord, je vais manger cela ! ». Pourtant vous avez l’air de penser ainsi.

Eh bien, je suppose que j’ai fait manger à Liscia des choses dont elle n’a pas l’habitude. Ce ne serait pas juste pour moi d’être le seul à refuser de manger des choses nouvelles !

*Slurp*

« !? »

« Eh bien ! Comment est-ce, Souma ? » Me demanda Liscia avec un regard inquiet.

« ... C’est étonnamment bon... » Lui répondis-je.

Ouais. Je me demande bien ce que c’est. Mais ceci est complètement différent de ce que j’avais imaginé.

J’avais imaginé quelque chose comme de l’ika somen, avec une texture gluante et une saveur de poisson, mais ils étaient lisses et moelleux, et pas du tout de saveur de poisson. Plutôt que de l’Udon, c’était comme kuzu-kiri que vous faites cuire dans un chaudron, ou des nouilles Malony. Cependant, lorsque vous l’aviez mordu, il y avait comme une texture unique. Est-ce que c’était dû à la fibre, peut-être ?

Si je devais le décrire comme un tout, alors je dirais. « On dirait du Udon, avec certaines caractéristiques du kuzu-kiri, ainsi que la texture d’un plat régional de Kyushu. »

Ouais, ce n’est pas mal. Pas mal du tout.

« Vous avez raison... C’est étonnamment bon. » Dis Liscia.

« C’est délicieux, c’est comme s’ils avaient absorbé la saveur du bouillon. » Rajouta Juna.

« C’est vraiment une gelée ? Je suis choquée. » Déclara Tomoe.

« SLURRRRRRRPPPPPPPPP!!!! »

Ceci, c’était la réponse d’Aisha.

Il semblait que tout le monde qui en avait mangé après moi avait eu une bonne impression du plat. Bien sûr que c’est normal qu’ils aient eu cet avis, car c’était délicieux. Si vous deviez demander quel goût était mieux entre cela et du Udon normal. Alors je dirais que la question était absurde. Ceci serait comme de demander qui était le plus délicieux entre le Soba et l’Udon. Finalement, c’était juste une question de préférence personnelle.

« Soit dit en passant, quel genre de nutriments est présent dans cette chose ? » Demandai-je.

« Nutriments... Je ne sais pas ce que c’est, mais je soupçonne que c’est similaire à la gélatine que vous pouvez extraire des os. » Me répondit Poncho.

« Hein ? Du collagène donc. » (Souma)

Donc, c’est la protéine que vous trouviez dans les os d’animaux avec de la fibre comme vous trouveriez dans des plantes. C’est vraiment difficile de décider si les gelées sont des plantes ou des animaux.

« Quoi qu’il en soit, il semble qu’il soit très nutritionnel. » Dis-je. « Les gelées sont présentes partout. Si les gens les mangent, alors cela devrait atténuer la crise alimentaire, n’est-ce pas ? »

« Oui, je suppose. En plus, l’élevage des gelées est facile. Si vous leur donnez à manger tous vos restes et autres choses que vous avez, alors elles grandiront et se multiplieront elles-mêmes. » Annonça Poncho.

« Uh, non, je ne veux pas donner des choses bizarres à quelque chose que je vais manger. » Lui répondis-je. « Je ne veux pas manger une gelée qui a absorbé des substances toxiques et que ça me donne une intoxication alimentaire. »

« Je suppose que non. » (Poncho)

« Quoi qu’il en soit, essayons de les élever en tant qu’expérience. Les chasser dans la nature est bien aussi, mais je ne voudrais pas trop réduire leur nombre et avoir ainsi un impact sur l’écosystème local. » (Souma)

« Je pense que ce serait la meilleure façon. » Poncho était d’accord avec moi.

Tout cela mis de côté, nous continuâmes à déguster le reste de la Gelée Udon jusqu’à ce qu’il n’en reste plus du tout.

◇ ◇ ◇

« Sont-ils vraiment comestibles ? » demanda une personne de l’assemblée.

« Eh bien, le roi et les autres semblaient les apprécier, » répondit une autre personne à côté d’elle.

« Je pense que je vais demander pour une quête de capture de gelée à la Guilde des Aventuriers. »

« Oh ! Dans ce cas, moi aussi. »

Il semblerait qu’il y ait eu des conversations du genre dans beaucoup des places de fontaines, partout dans le royaume.

« L’une des spécialités culinaires d’Elfrieden est la gelée. » Qui aurait pu prédire que beaucoup de personnes du continent diraient cela dans un avenir pas si lointain ?

◇ ◇ ◇

« Maintenant, avec notre dernier ingrédient. J’ai déjà préparé et cuisiné quelque chose. » Lorsque nous avions vu ce qui se trouvait à l’intérieur du conteneur que Poncho venait d’ouvrir après avoir dit cela.

« « « Uwah... » » »

... fut notre réponse universelle.

Parce qu’il y avait dedans des "insectes". De plus, ce genre de plat existait dans mon monde. Au Japon aussi ils existaient.

« C’est de l’inago no tsukudani [2], n’est-ce pas ? » Demandai-je.

« Oui. Il s’agit bien de sauterelle géante préparée dans le style "tsukudani". » (Poncho)

« D’accord... C’est certain qu’elles sont vraiment immenses. » (Souma)

Dans le plat classique d’inago no tsukudani dont je me souvenais, chacun avait environ la taille d’un grillon. Avec ceux-ci, chacun était de la taille d’une crevette de Kuruma. [3]

Bien que la couleur suggérait qu’ils avaient en eux cette saveur épicée et sucrée une fois bouillie. Une saveur correctement conservée tout au long de la cuisson. Attendez ? Tsukudani ?

« Si c’est Tsukudani. » Dis-je. « cela signifie que... »

« Hein !? Souma, vous allez vraiment les manger ? » (Liscia)

Alors que j’avais soudainement planté ma fourchette dans l’une des grosses sauterelles, Liscia me regarda maintenant, très choquée. Bon d’accord ! Si j’avais été plus calme, j’aurais peut-être mangé un peu plus doucement. Mais, en ce moment, il y avait quelque chose que j’étais très intéressé à découvrir.

*Croque* *Croque*

« !? »

La texture était comme celle de la crevette avec sa coquille, mais il y avait quelque chose de plus important.

Ce goût. Il n’y a aucun doute.

« Ce tsukudani... est fait avec de la sauce soja ! » (Souma)

« Sauce soja ? » (Liscia)

De la sauce soja

Oui, de la sauce soja.

La saveur préférée de tout Japonais.

Vous ne pouviez pas avoir de sashimi ou de nimono sans lui. C’était la sauce magique qui pouvait transformer ramen, hamburger steak, spaghetti et tout autre plat étranger en un plat "japonais". C’était la saveur que j’avais probablement souhaitée le plus depuis mon arrivée dans ce pays. La sauce mystique qui, en raison de son processus de fermentation, ne pouvait pas être recréée aussi facilement que ma mayonnaise. Mais maintenant, un plat fait avec elle était juste devant mes yeux !

« Que se passe-t-il ? Actuellement, Souma, êtes-vous en train de pleurer ? » s’écria Liscia.

« Comment ne puis-je pas être dans cet état ? Ceci est... le goût de ma patrie d’origine. » (Souma)

« Le goût de votre patrie d’origine... » (Liscia)

« Grand frère, est-ce qu’ils ont aussi de grosses sauterelles tsukudani dans votre patrie ? » (Tomoe)

Quand je la regardai, Tomoe était en train de croquer une grosse sauterelle tsukudani et elle semblait clairement l’apprécier. En y pensant, quand tout le monde avait été en train de reculer à ce spectacle, cette enfant avait été la seule à ne pas être surprise.

« Peut-être, ce plat est... » Dis-je.

« Oui. J’en ai beaucoup mangé dans le village des loups mystiques. » (Tomoe)

« Alors, les loups mystiques font-ils aussi de la sauce soja ? » (Souma)

« Sauce soja... peut-être, voulez-vous parler de l’eau d’Hishio ? » (Tomoe)

« L’eau d’Hishio ? » Demandai-je.

« L’eau d’Hishio est une sauce que les loups mystiques aiment utiliser. » Poncho se joignit à la discussion pour m’expliquer cela. « À l’origine, les loups mystiques recouvraient le soja avec du sel et le laissaient fermenter, créant une sauce appelée "haricot d’Hishio". Et quand ils prenaient le liquide clair qui était créé dans ce processus et le laissaient fermenter, ceci produisait de l’eau d’Hishio. Les deux sont des sauces avec une saveur unique non trouvable dans ce pays. »

« Je vois. » (Souma)

Après cette explication, j’en étais certain. J’avais lu dans un livre que la sauce soja était née du processus de fabrication du miso. Donc, fondamentalement, le haricot d’Hishio était du miso et l’eau d’Hishio était la sauce soja. (La raison pour laquelle je n’avais pas entendu ces mots comme du miso et de la sauce soja était peut-être parce qu’ils étaient semblables, mais avec certaines différences vis-à-vis de la sauce soja moderne.) Peut-être que les loups mystiques avaient des habitudes alimentaires similaires aux Japonais. Attends, attends. Cette saveur qui pénètre dans la sauterelle est...

« Hey, Tomoe. L’alcool est également utilisé pour fabriquer ce plat, n’est-ce pas ? » (Souma)

« Ah oui. C’est un alcool issu de graines provenant d’une plante bien spécifique. » (Tomoe)

« Quel genre de graines ? » (Souma)

« Voyons voir. C’est une plante qui se développe dans les zones marécageuses, il a des épis qui ressemblent comme à la fin d’un balai, et sur elles, il y a beaucoup de petites graines comme du blé. » (Tomoe)

Aucun doute là dessus ! Elle parle du riz ! Mon espoir pour l’avenir !

Pour la transition des cultures de rente aux cultures vivrières, j’avais voulu cultiver du riz, parce que j’avais entendu dire que les rizières ne dégradaient pas la fertilité du sol, contrairement au blé dans des champs secs, mais parce que cette si importante plante de riz n’existait pas dans ce pays, ce plan avait été abandonné.

Maintenant, je comprends mieux. Il se développe donc plus au nord, n’est-ce pas ? Pourtant, ces loups mystiques, entre la sauce soja, le miso et maintenant le riz, leur race avait eu beaucoup de choses que je regrette.

Je pris à ce moment-là une pause avant de déclarer devant tout le monde. « D’accord. C’est décidé ! Je vais donner aux réfugiés loups mystiques, l’un des districts de Parnam. »

« Quoiiiiiiiiiiiiiii !? » S’exclama Tomoe.

Je voulais qu’ils produisent du haricot d’Hishio et de l’eau d’Hishio directement ici. Nous allions avoir beaucoup de soja, puisque nous les avions plantés dans le cadre du processus de restauration des sols.

« Attendez, Souma, êtes-vous sérieux !? » Liscia semblait confuse et agitée, mais j’étais aussi sérieux que je pouvais l’être...

« Avec la sauce soja et le miso. Je veux dire, l’eau d’Hishio et les haricots d’Hishio, je peux recréer la plupart des plats du pays d’où je viens. Il semblerait qu’il y ait aussi du riz ici. Ne voulez-vous pas essayer les aliments savoureux provenant d’un autre monde ? » (Souma)

« C-C’est... » (Liscia)

« Oui ! Je veux vraiment les essayer ! » Aisha leva la main avec enthousiasme.

« Haha... Même si tout le monde n’a pas autant d’enthousiasme qu’Aisha, je suis sûr que nos concitoyens voudraient aussi les essayer. Si je publiais les recettes, ils rassembleront les ingrédients et les cuisineraient par eux-mêmes, ou alors, ils iront dans un restaurant qui leur en servira, j’en suis sûr. Quoi qu’il en soit, cela entraînera beaucoup de mouvement favorable à notre économie. » (Souma)

Une énorme liquidité du marché apporterait la prospérité à ce pays. En cela, j’y croyais fermement. C’était pourquoi je l’avais ainsi déclaré à toutes les personnes qui nous regardaient...

« Ma recherche pour les personnes douées est encore en cours. Si ces personnes ont un don, alors je les utiliserais même s’ils sont des réfugiés. Cette race possède des techniques supérieures au niveau de la production alimentaire, donc je n’ai aucune raison de ne pas les accepter. Oh ! Je sais ! Pour les cinq prochaines années, je vais accorder aux loups mystiques un monopole sur l’eau d’Hishio et les haricots d’Hishio. Nous éliminerons la production illicite de toute autre zone productrice. Cependant, dans cinq ans, j’annulerais ce droit de monopole sur les haricots et l’eau d’Hishio pour créer ainsi un marché libre, alors je recommande aux loups mystiques d’avoir pu créer une base économique solide en prévision de ce moment-là. Je n’ai rien d’autre à ajouter ! » (Souma)

◇ ◇ ◇

Après cette déclaration, un quartier pour les loups mythique fut construit dans la capitale de Parnam, et des haricots d’Hishio ainsi que d’eau d’Hishio y furent rapidement produits avec l’aide du pays.

Dans ce monde, il y avait eu beaucoup de cas où les réfugiés avaient été transférés dans un district et ce district était rapidement devenu un bidonville. C’était parce que les réfugiés avaient été confrontés à des limitations économiques importantes (manque d’emplois, utilisation d’une main-d’œuvre bon marché, voir pire) et qu’ils devaient lutter tous les jours contre la pauvreté.

Cependant, dans le cas des loups mystiques, parce qu’ils avaient eu le monopole accordé par le roi sur les haricots d’Hishio et l’eau d’Hishio, ils avaient pu construire une base économique pour eux-mêmes, et leur quartier ne s’était jamais transformé en un bidonville.

En outre, même après que les haricots d’Hishio et l’eau d’Hishio aient été rebaptisés respectivement "Miso" et "Sauce Soja" et que leur monopole ait pris fin, ils avaient continué à prospérer. Le miso et sauce soja que les loups mystiques produisaient sous la marque Kikkoro, marqué d’un logo hexagonal avec un loup au centre, continuerait d’être aimé longtemps après cela.

◇ ◇ ◇

« Maintenant, il est temps pour cette émission, Le Génial Déjeuner du Roi, d’arriver à sa fin. Poncho, comment allez-vous après avoir servi de présentateur pour ce programme ? » (Juna)

« Oui. Si mes connaissances ont pu aider nos compatriotes ne serait-ce qu’un petit peu, ceci me rendrait très heureux. Pourtant, je pense que faire office de présentateur fut un fardeau trop lourd pour moi. S’il vous plaît, que quelqu’un d’autre prenne ma place pour la prochaine fois. » (Poncho)

« Je me demande s’il y aura une prochaine fois ? Qu’en pensez-vous, Monseigneur ? » me demanda Juna.

« Si les personnes le souhaitent. » (Souma)

« Alors, voilà. J’espère qu’ils vont le demander. À vous la parole, Poncho ! » (Juna)

« Je pense que je préférerais qu’il n’y ait aucune demande. » (Poncho)

« Oh, ne dites pas ça. Faites-le à nouveau avec moi dans quelque temps ! » Juna cria cela en utilisant un ton proche de celui d’un chant.

« Eeek! S’il vous plaît, épargnez-moi cela ! » Cria-t-il.

« Maintenant, merci à tous d’avoir regardé cette émission. Voici vos hôtes, Juna Doma... » (Juna)

« ... et Poncho Ishizuka Panacotta. » (Poncho)

« Et maintenant, à tout le monde, je vous souhaite une bonne journée. » (Juna)

La musique s’arrêta, et la vidéo s’est évanouie dans les airs. Il semblerait que le programme ait pris fin.

Un peu partout sur les places, des soupirs pouvaient être entendus.

« Hein... c’est fini ! »

« C’était plus intéressant que prévu. J’aurais bien aimé pouvoir le regarder un peu plus longtemps. »

« Ouaip ! Il ne faudrait pas que ce soit tous les jours, mais j’espère qu’ils feront des diffusions assez régulièrement. »

« S’il y a de la demande, ils en feront plus, n’est-ce pas ? Et bien ! Pourquoi n’enverrions-nous pas une requête par le biais du Congrès du Peuple ? »

« Oh ! Voilà une idée qui ne me serait jamais venue à l’esprit ! Je vais maintenant aller en parler au maire à ce propos. »

Des conversations comme celle-ci se produisirent dans toutes les villes du royaume.

Les gens avaient été complètement captivés par cette nouvelle forme de divertissement appelée une "émission de variétés". Souma l’avait initialement prévu en tant qu’"émission d’informations" au sujet de la crise alimentaire, mais avec Juna et Poncho jouant respectivement leurs rôles, en plus des aspects de l’émission de cuisine et des jolies filles qui étaient présentes et qui mangeaient des ingrédients bizarres, vous ne pourriez pas les culpabiliser de penser ainsi.

Plus tard, le Congrès du Peuple présenta une "demande pour la tenue régulière de l’émission l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix". Avec l’assentiment de Souma, un temps fut attribué pour une diffusion publique qui aura finalement lieu tous les soirs.

Il y avait ceux qui avaient pris une vue différente de la société en général.

« Quand le nouveau roi est soudainement monté sur le trône, je soupçonnais une usurpation, mais ce jeune roi semble être un homme étonnamment affable. » Déclara un vieil homme.

« C’est vrai. » Lui répondit un autre homme. « Je vois pourquoi le roi Albert a choisi d’abdiquer en sa faveur. »

« La princesse semblait aussi être de bonne humeur. J’avais soupçonné qu’elle ait été contrainte quant à ces fiançailles. »

« Ils agissaient entre eux très naturellement. Ils ne semblaient pas du tout être en mauvais termes. »

« Ho ho ho. Je pense que nous pourrions tout à fait avoir un héritier d’ici l’année prochaine. »

« Un enfant conçu par un roi si sage et si doux ainsi que d’une si digne princesse. He ! La prochaine génération pourrait tout à fait être attendue avec impatience. »

« Oui, elle le sera, sans aucun doute possible. Ho ho ho. »

Les vieillards se mirent à rire tous ensemble.

Un roi sage et doux... C’était ainsi qu’ils avaient évalué Souma. Cependant, environ la moitié de cette évaluation était fausse.

Souma n’était pas un roi si doux comme ils le pensaient.

◇ ◇ ◇

Assis sur ma chaise dans le bureau des affaires gouvernementales du roi, je parlais avec Hakuya, qui se tenait juste devant moi. « Donnez-moi votre rapport sur les pays environnants. »

À l’heure actuelle, Hakuya et moi étions les seuls présents dans la salle. Liscia et les autres étaient ailleurs, ayant probablement prévu de faire la fête pour célébrer le lancement de l’émission diffusée à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix. Même Aisha, qui habituellement restait toujours à mes côtés en tout temps, prétendant que c’était pour me protéger, était très occupée avec la nourriture qui avait été préparée pour l’occasion.

Nous avions quitté la célébration à mi-chemin, venant au bureau des affaires gouvernementales pour une réunion secrète.

Hakuya avait étalé une carte du monde sur mon bureau.

« Je vais maintenant vous faire mon rapport. Tout d’abord, je vais passer en revue les pays environnants. Notre pays, situé au sud-est du continent, partage une frontière avec trois pays. En premier, l’Union des Nations de l’Est se situant au nord. En deuxième, la Principauté d’Amidonia qui est à l’ouest et finalement, la République de Turgis au sud-ouest. En outre, à travers la mer au sud-est, il y a l’Union de l’Archipel de Kuzuryu. De plus, à l’ouest d’Amidonia, il existe la nation mercenaire de Zem qui pourrait également être appelé en tant que l’un de nos pays environnants. Parmi ceux-ci, aucun ne nous est amical. Quatre sont neutres et un est clairement hostile envers nous. » (Hakuya)

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki Carte du Monde

« Ainsi, nous sommes assez isolés. » Déclarai-je.

« Avec tout le respect que je vous dois, étant donné que ce sont des temps troublés par le développement du Domaine du Seigneur-Démon, c’est tout à fait normal. Dans ce genre de jours où chaque nation regarde les autres avec suspicion, les seuls pays ayant des liens amicaux sont ceux étant dans une relation de type suzerain et vassal. » (Hakuya)

« Vous appelez cela une relation amicale ? » (Souma)

« S’il n’y a pas la présence de peur causée par une possible trahison, alors c’est assez amical. » (Hakuya)

Il déclara cette phrase des plus scandaleuses avec un visage impassible. Ce qu’il avait dit signifiait, fondamentalement, qu’il ressentait qu’une relation de contrôle et de subordination qui ne permettait pas la moindre plainte, même si une nation était utilisée comme un outil puis jetée, pouvait être jugée comme étant amicale, n’est-ce pas ?

« Alors, quel est le pays hostile envers nous ? » Demandai-je. « Amidonia ? Zem ? »

« Ce n’est certainement pas Zem. Certes, la question courante a aggravé notre relation avec eux, mais pas au point où ils seraient considérés comme nous étant hostiles. Cela dit, si Amidonia leur demandait des renforts, je doute un peu qu’ils expédient des mercenaires en leur nom. » (Hakuya)

« Hein ? Amidonia... Si je me rappelle, ils nous ont envoyé une "offre d’assistance", n’est-ce pas ? » (Souma)

« Oui. "La stabilité de notre voisin Elfrieden est directement liée à notre propre défense nationale. Si une demande est faite, alors nous allons envoyer des forces pour vous aider à subordonner les Trois Duchés". Voilà ce qu’il nous avait offert. » (Hakuya)

« Hahahaha... C’est dit si simplement. » (Souma)

Il était clair qu’ils voulaient profiter de la discorde entre les Trois Duchés et moi-même pour étendre leur propre territoire.

« C’est cela. Les Trois Duchés ont probablement été informés avec quelque chose de similaire. » (Hakuya)

« "Laissez-nous vous aider à abattre l’usurpateur Souma", n’est-ce pas ? Difficile de rire à ce sujet. » (Souma)

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki_Volume 01_07

Eh bien, je pourrais probablement compter sur les Trois Duchés pour voir le schéma d’actions d’Amidonia. Ils ne laisseraient pas des étrangers mettre la main sur ce pays simplement parce qu’ils ne m’aimaient pas. Bien sûr, Amidonia le savait aussi, donc à la base...

« En faisant des offres d’aide aux deux côtés, ils veulent se donner une raison pour mobiliser leurs troupes. » Dis-je très simplement.

« Tout en saisissant les villes de l’ouest, ils enverront des renforts sur le côté qui "a gagné le duel". » Déclara-t-il, montrant qu’il était d’accord avec mon point de vue. « Ensuite, ils trouveront des raisons d’assumer le contrôle de facto des villes qu’ils occupaient, les intégrant ainsi dans leur pays. Selon moi, c’est une stratégie classique, mais très efficace. » (Hakuya)

Ben ouais. Il y avait eu beaucoup d’exemples dans l’histoire de mon monde. Comme So’un Hojo avec son. "Emprunter un sentier de chasse au cerf, pour aller voler un château". Plus la stratégie était simple, et plus les personnes étaient susceptibles d’être trompées.

Amidonia s’efforçait de nous tromper, Zem s’inclinait vers l’hostilité et le Royaume d’Elfrieden ne parvenait pas à l’unité nationale à cause de mon conflit avec les Trois Duchés. Tout ceci était des problèmes difficiles à résoudre.

« Cependant, cela fait partie du scénario que vous aviez écrit, n’est-ce pas ? » Demandai-je, en regardant vers Hakuya.

Hakuya resta impassible.

« Oui. En ce moment, tous les protagonistes se déplacent comme il se doit. La situation est comme je l’avais prévue. » Déclara-t-il simplement. Cette expression sérieux fit que je me mis à me gratter vigoureusement la tête.

« Vous. Réalisez-vous bien toutes les conséquences ? » Lui demandai-je, en me référant au nombre de personnes qui seraient sacrifiées par le plan de Hakuya.

Le scénario que Hakuya avait mis en place signifierait de grandes pertes pour nos ennemis, et de grands gains pour nos alliés. Il était vrai que j’avais besoin de changement, peu importe ce que cela pouvait être, qui permettrait à ce pays de devenir une nation forte. Cependant, pour le faire fonctionner, ce pays devrait également faire couler une quantité suffisante de sang.

Malgré cela, Hakuya déclara sans manifester de culpabilité. « Oui. Je crois que nous devrions prendre toute opportunité qui nous est ainsi offerte. »

Je restai silencieux.

« Monseigneur. Vous devriez déjà le comprendre. Ces actions sauveront de nombreux compatriotes. » (Hakuya)

« ... Oui, je sais déjà cela. Mais, quand même, je n’accepterai de faire "cela" qu’une fois. » Lui déclarai-je en regardant Hakuya directement dans les yeux. « Un penseur politique de mon monde, Machiavel, a écrit à ce propos dans "Le Prince". Si un dirigeant fait "cela" une seule fois, et règle ainsi la situation, ne le répétant jamais, il sera considéré comme un grand dirigeant. D’autre part, si la fois qu’il utilise "cela" ne devient pas un acte décisif, alors tôt ou tard, il se retrouvera considéré comme un tyran. »

« ... Ce Machiavel avait une vision horriblement réaliste des choses. » Dis Hakuya qui avait été légèrement surpris.

Oui. C’était pourquoi j’appréciais la vision réaliste qu’avait cet homme. J’avais été captivé par le pragmatisme sans fin de Machiavel, et j’avais donc lu le Prince plusieurs fois. Bien que je n’avais jamais espéré que cette connaissance me soit utile comme ça un jour.

« Quoi qu’il en soit, j’ai jugé que votre plan était la situation parfaite pour faire "cela". » Dis-je. « Mais... »

— Si nous devons le faire, alors faisons-le en un seul coup.

Notes

  • 1  Ike-jime : Il s’agit d’une technique originaire du Japon qui permet de paralyser un poisson pour en garder la fraicheur. En gros, on cause une mort cérébrale du poisson pour le garder frais le plus longtemps, car le reste de son corps continu à vivre.
  • 2  Inago no Tsukudani : l’Inago no Tsukudani est un plat japonais de sauterelles bouillies dans de la sauce soja et du sucre. Inago est le mot japonais pour les criquets. Les criquets sont préparés dans le style de cuisine "tsukudani" (bouillis dans de la sauce soja et du sucre). Ce plat est traditionnel dans les régions intérieures et montagneuses du Japon, y compris Nagano et Fukushima, où il servait autrefois de complément nutritionnel important.
  • 3  Crevette Kuruma : aussi appelée crevette impériale ou crevette japonaise. Font environ 19-22 cm.

☆☆☆

Entracte 1 : Serina et la Panique de l’Esprit de la Mort

Château de Parnam dans la capitale du royaume, Parnam.

Vous savez déjà que c’était dans le palais royal que résidait le roi, mais, récemment, une histoire de fantôme se propageait partout dans le château. Voici la manière dont tout cela s’était déroulé :

Tout avait commencé au cours d’une chaude soirée d’été, à l’heure des sorcières, quand même l’herbe et les arbres dorment d’un sommeil profond.

L’une des servantes résidentes du château dormait alors dans sa chambre quand elle fut réveillée en raison de la chaleur de l’été. Elle essaya de retourner dormir, mais elle réalisa bien vite qu’elle ne pourra sans aucun doute jamais réussir.

En acceptant le fait qu’elle allait rester éveillée tout la nuit, elle décida de se faire quelque chose à boire et c’est ainsi qu’elle se dirigea vers la salle à manger utilisée par les gardes et les servantes. L’eau fournie dans les salles à manger du château était récupérée en provenance directe d’une montagne voisine, et les servantes étaient invitées à prendre un verre chaque fois qu’elles le souhaitaient.

Alors cette histoire commença réellement lorsque la femme de chambre entra dans la salle à manger. Elle vit à ce moment-là quelque chose qui ressemblait à une faible lumière près du four de la cuisine. Quand elle plissa les yeux, elle put enfin voir ce qui semblait être les contours d’une personne.

Oh ! L’un des cuisiniers est toujours présent. La femme de ménage fut soulagée de voir une autre personne. Et cela même si nous étions dans le palais royal, ce qui impliquait que la sécurité était très sévère en tout temps. Ce n’était pas le genre d’endroit où un intrus était possible.

C’est pourquoi la femme de chambre pensa que c’était simplement l’un des cuisiniers encore présents dans la cuisine. Quand elle s’approcha de lui, il semblait que la personne mélangeait quelque chose dans un chaudron. La femme de ménage s’apprêtait à l’appeler, mais à l’instant suivant, un froid sembla couler tout le long de sa colonne vertébrale...

« Hehe Haha Hehe... » (inconnu)

La cause en était que la personne devant elle fit à ce moment-là un rire effrayant.

La femme de chambre sentit alors que quelque chose d’anormal était présent dans ce rire et, malgré elle, regarda dans le chaudron que la personne remuait. Dans ce pot, flottant dans une bouillie huileuse semblable à de la boue, elle put discerner la présence d’os, encore des os, et toujours des os...

Voyant cela, la femme de chambre tomba inconsciente.

« ... Donc vous savez tout. Un nécromancien est apparu dans le château, et peut-être, essaye-t-il de convoquer quelque chose en provenance de l’autre-monde. Tout le monde en parle en ce moment ! Qu’en pensez-vous, Madame la Gouvernante en Chef ? » L’un des collègues de la femme de chambre qui s’était effondrée demanda cela à Serina.

Serina la regarda alors, avec son habituel visage ne laissant pas paraître la moindre émotion, avant de demander. « ... je vois. Et qu’est-il arrivé à cette femme de chambre ? »

« Hein ? Que voulez-vous dire ? » (femme de chambre)

« Ne s’est-elle pas transformée en quelque chose comme "Stop !? Vous allez me faire des choses perverses ", n’est-ce pas ? Comme dans les tirages de Shunga [1] !? » (Serina)

« Non !? Au lieu de déchirer ses vêtements, en réalité, il a déposé un manteau sur elle, et les membres du personnel du château l’ont découverte encore endormie, le lendemain matin. » (femme de chambre)

« Eh bien, c’est ennui..., je veux dire, c’est correct alors. » (Serina)

« N’alliez-vous pas dire le mot "ennuyeux" !? » (femme de chambre)

Serina laissa la question de la femme de chambre en suspens en lui répondant avec un vague sourire.

Serina était la servante et l’adjointe personnelle de la princesse de ce pays, Liscia, tout en étant capable d’être chargée, en tant que Gouvernante en Chef, de toutes les servantes du château. Mais tout le monde était d’accord sur un point, aussi bien, les gardes, les servantes et même les nobles. Il y avait quelques problèmes avec sa personnalité. Elle était quelque peu sadique.

De plus, quand il s’agissait de filles mignonnes, elle voulait toujours les “taquiner”. Pas "brutalement", mais elle voulait simplement les "taquiner" pour jouer psychologiquement avec elles. Rien de bien insidieux. Elle aimait par exemple leur faire porter des tenues très osées pour susciter un peu leur sentiment de honte. Et quand on connaissait sa cible numéro un du moment, sa propre maîtresse Liscia, cela la rendait encore plus incroyable.

Tout de même, est-ce que cela pourrait être un nécromancien ? se demanda-t-elle.

À la base, Serina était une femme qui était compétente dans son travail. Si des histoires de fantômes s’étendaient dans un château qui était laissé à sa gestion, elle n’était pas assez irresponsable pour se permettre de les ignorer.

Elle a dit que cela s’était produit à l’heure des sorcières, n’est-ce pas... ? On dit que les couchés tardifs sont l’ennemi naturel de votre peau, mais... tout en pensant à de nombreuses choses qui l’appelaient à sortir une réplique spirituelle, Serina lâcha un soupir.

*

— Enfin, à l’heure des sorcières.

Une lanterne à la main, Serina se dirigea vers la salle à manger. Elle marchait avec un pas tellement audacieux que vous n’imagineriez jamais qu’elle se promenait dans un château au milieu de la nuit. Et bientôt, elle arriva enfin devant la salle à manger du personnel.

Il est un peu tard pour y réfléchir maintenant, mais... Si ce nécromancien n’apparaît pas ce soir, je me demande combien de nuits je vais devoir rester si tard.

Après un petit soupir, Serina entra dans la salle. Heureusement pour le beau visage de Serina, elle repéra rapidement la personne en question.

Près du four dans la cuisine, il y avait bien une lumière allumée, et là-bas, quelqu’un faisait quelque chose. Serina s’approcha silencieusement, puis regarda le chaudron par-dessus l’épaule de cette personne. À l’intérieur, elle vit que le chaudron était rempli d’un liquide bouillonnant huileux et qu’un grand nombre d’os flottaient dans celui-ci.

« Hehe Haha Hehe... Bientôt... Bientôt, cela sera fini... » (inconnu)

La personne remuait le contenu du chaudron, laissant échapper des rires comme il l’avait fait précédemment. C’était un spectacle qui aurait causé l’évanouissement des autres servantes, mais Serina n’était pas ainsi et en plus, elle était capable d’identifier les os pour exactement ce qu’ils étaient.

Ce ne sont pas des os humains. Ils proviennent peut-être d’un sanglier géant ? Je vois également un certain nombre d’oiseaux et de gros poissons. En outre, alors qu’il semble de prime abord peu appétissant, ce liquide boueux possède une odeur très alléchante.

Serina se résolut à bouger, puis frappa légèrement l’épaule de la personne.

« Que faites-vous ici ? » (Serina)

« Quoiiii !? » (inconnu)

Elle devait avoir surpris la personne, car le grand corps rondelet sauta dans les airs. Quand il fut retourné, elle put enfin clairement voir son visage.

« M-Madame Serina !? Que faites-vous ici ? » (Poncho)

« Je devrais être celle qui vous demande cela, monsieur Poncho. » (Serina)

Celui qui brassait le chaudron était l’homme qui avait reçu, l’autre jour, le nom de l’évangéliste culinaire "Ishizuka" de la part du roi Souma et qui avait été nommé ministre royale concernant la crise alimentaire, Poncho Ishizuka Panacotta.

« Répondez-moi. Qu’est-ce que vous faites à la salle à manger à cette heure si tardive ? » Lui demanda-t-elle.

« C-Ceci est... et bien... » Poncho agitait dans tous les sens ses bras dus à l’angoisse. Il avait actuellement l’air très suspect.

Serina était sur le point de le forcer à répondre, quand...

« ... Qu’est-ce que vous faites tous les deux ? » (Souma)

Prise par surprise, elle se retourna, et elle vit que celui qui venait de parler était le roi Souma Kazuya.

« Il y avait des histoires de fantômes à cause de ça ? » dit-il. « Liscia va de nouveau se fâcher après moi... »

Après que Souma ait entendu parler des rumeurs par Serina, il resta là, se grattant la tête.

« Finalement, qu’est-ce que vous faisiez, Monseigneur ? » Demanda-t-elle.

« Oh ! Tant pis... Nous faisions exactement ce que vous voyez là. » Répondit-il. Il y avait trois bols posés sur la table vers laquelle Souma pointait. « Dans le monde, d’où je viens, on l’appelle ramen. » (Souma)

« Ramen... c’est ça ? » (Serina)

Comme Souma l’avait dit, les trois bols étaient remplis de ramens. De plus, c’était le genre huileux, fabriqué avec des fruits de mer et des os de porc. Souma poussa ses baguettes dans un bol et se mit à fouetter bruyamment les nouilles.

« Oui... Cette soupe est presque parfaite. Mais puisque nous utilisons de la Gelée Udon, cela reste un peu fade. » (Souma)

« On ne peut rien y faire à ce propos. Actuellement, le blé est trop précieux. » (Poncho)

« Voilà une raison en plus pour rapidement résoudre la crise alimentaire... » (Souma)

En regardant Souma et Poncho parler, Serina goûta ses propres ramens. Enroulant les nouilles autour de sa fourchette comme des pâtes, elle les amena dans sa bouche.

Après avoir fait cela, la saveur riche et savoureuse des fruits de mer et du bouillon d’os de porc semblèrent comme exploser de partout. C’était épais, avec un goût profond, et il était relevé, mais le goût des légumes avait comme fondu dans le bouillon, ce qui l’empêchait d’être trop riche. Quelle saveur complexe qu’elle savourait là ! C’était gras, mais malgré cela son instinct exigeait une autre bouchée.

Souma et Poncho regardaient Serina en souriant.

« À la base, je me demandais si nous pouvions utiliser, pour faire une soupe, les os et les restes de légumes que nous allions autrement jeter. Le comprenez-vous. » Déclara Souma. « J’ai donc demandé à Poncho d’étudier la question. Et il a commencé à le faire tard dans la nuit comme maintenant, afin que nous ne dérangions pas les cuisiniers. »

« Oh, c’était beaucoup de travail. » Dis Poncho. « Car après tout, c’était un plat que je n’avais jamais mangé moi-même. »

« Je vois... alors, c’était donc cela la vérité derrière le nécromancien. » Déclara Serina. Essuyant sa bouche avec une serviette. « Pourtant, c’est délicieux... monsieur Poncho ? »

« O-Oui. Qu’est-ce qu’il y a ? » (Poncho)

« Est-ce que vous pourriez m’apprendre à faire cette soupe ? » (Serina)

« Bien sûr que je le peux. » (Poncho)

Il semblait que Serina, aussi, avait été charmée par la magie de cette soupe grasse.

Après cela, l’histoire de fantôme s’était répandue en disant qu’il n’y avait finalement pas un, mais deux nécromanciens.

Et au même moment, Serina, dont la peau était étrangement plus lisse qu’avant (un effet du collagène ?), disait : « Monsieur Poncho, à propos des os que vous utilisez dans cette soupe, pourquoi ne pas les brûler, puis les écraser en poudre avant de les mettre dedans ? »

« C-Ceci a du sens ! Je suis impressionné, Serina ! Vous regardez les choses différemment de moi ! » (Poncho)

« Ce soir. Si vous avez l’occasion de l’essayer, laissez-moi en goûter. » (Serina)

« Bien sûr que je le ferais. » (Poncho)

Quand les servantes virent ces deux personnes se parler de manières si intimes, leurs imaginations devinrent sauvages, mais ceci est une histoire pour une autre fois...

Notes

  • 1 Shunga : Gravure érotique japonaise. "Shunga" signifie littéralement "image du printemps", un euphémisme pour faire référence à l’acte sexuel. Très fréquente aux alentours de 1600 à 1868 au cours de l’époque d’Édo. Viens à l’origine de la Chine.

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