Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Commencez à Partir de X

Partie 1

La technologie dans ce monde était partout présente et fort généreuse.

Sur Terre, la technologie s’était déplacée de la manière suivante : de la puissance de l’homme, à la roue à eau puis au moulin à vent, à la machine à vapeur, et pour finir vers le moteur à combustion. Ce fut une série d’avancées se basant sur les précédentes.

Si vous vouliez voler librement dans les cieux, avant de pouvoir construire un avion, vous devriez d’abord découvrir le concept d’ascenseur, et un système de propulsion (le moteur à combustion interne) devrait être créé. Afin de créer ce système de propulsion, vous deviez comprendre le système derrière la façon dont les choses brûlent. Dans l’histoire de la Terre, les nouvelles technologies avaient toujours été construites sur d’autres technologies qui leur avaient donné leur fondation.

Cependant, dans ce monde, il existait des créatures mystérieuses et de la magie. Si vous vouliez voler librement, vous pouviez simplement monter sur le dos d’une wyverne. Ces personnes avaient ainsi sauté au-delà du concept des systèmes de levage et de la propulsion et s’étaient simplement envolées.

Dans un monde où vous pouviez à tout moment, créer du feu, de la glace et d’autres éléments avec de la magie, la différence entre ce qui était possible, et ce qui ne l’était pas n’était plus aussi extrêmes que sur terre.

Dans ce monde, pour par exemple le domaine du transport de marchandises, ils avaient de grandes bêtes apprivoisées qui pouvaient transporter autant qu’un camion.

Il y avait des cuirassés d’acier, uniquement tirés par de grands dragons de la mer, sans autre système de propulsion.

Il n’y avait pas d’électricité, mais les nuits dans ce pays étaient aussi illuminées que sur terre. Les lampadaires contenaient des Éponges à Lumière, qui stockaient pendant la journée, de l’énergie lumineuse et étaient phosphorescents la nuit, éclairant la ville pendant toute la durée de la nuit.

Ils n’avaient pas de gaz, ils utilisaient à la place, du bois de chauffage, des fours et de la magie du feu (ou des objets magiques) pour cuisiner.

Il n’y avait pas d’aqueducs. Cependant, tout autour de la ville, il y avait des puits avec des sorts élémentaires d’eau, gravés sur eux qui tiraient l’eau des profondeurs de la terre... et bien, ce sont que quelques exemples qui sont suffisants pour comprendre la situation.

Dans ce pays, même sans science, beaucoup de choses pouvaient se faire avec de la magie. En y pensant, si vous enleviez leurs créatures mystérieuses et la magie, la civilisation de ce pays ne serait pas aussi avancée. En le comparant à un point de l’histoire de notre propre monde, ceci serait probablement vers à la fin du Moyen Âge ou au mieux, au début de la période moderne. Le système féodal était encore intact, et la révolution industrielle était encore loin.

C’était donc le genre de pays où maintenant, j’étais leur roi.

◇◇◇

« Liscia, les réformes agricoles ne se feront pas du jour au lendemain. » Souma venait de me dire cela avant de rajouter. « Donc, pour le moment, je suppose que nous devons augmenter nos importations en provenance d’autres pays pour compenser nos manques. »

J’étais assise en face de Souma, grignotant mes toasts alors qu’il me parlait. Sur l’étroite table se trouvait un panier de pains, ainsi que des assiettes contenant des œufs brouillés, des saucisses et de la salade pour deux. C’était l’heure du petit-déjeuner.

« Mais n’avez-vous pas dit que les importations coûtent cher et que cela entraîne une baisse des dépenses des consommateurs ? » (Liscia)

« Oui, je l’ai dit. C’est pourquoi, pendant un certain temps, nous allons probablement finir par devoir faire acheter des marchandises directement via le pays, puis les revendre à un prix intérieur. Nous allons faire des pertes sur ces ventes, mais nous devrions pour le moment, être en mesure de le supporter. J’aimerais compenser le manque à gagner avec les exportations, mais tout d’abord nous devons trouver un remplacement pour notre exportation primaire actuelle, le coton. » (Kazuya)

« Ceci parait difficile... Quoi qu’il en soit, mettons cela de côté pendant un moment. » Je voulais lui poser la question qui me dérangeait depuis un petit moment maintenant. « Vous êtes le roi, alors pourquoi entre tous les lieux possibles, mangez-vous ici ? »

Nous étions dans la cafétéria du château. Et pire encore, c’était la cafétéria générale utilisée par les soldats et les servantes. Ce que nous mangions actuellement était un déjeuner complet fourni le matin. Le roi de ce pays était donc assis parmi les gardes, mangeant la même nourriture qu’eux. Il devrait y avoir des limites à la faible dignité qu’un roi devrait avoir.

« Les regards curieux et constants des gardes et des servantes commencent à déranger, le saviez-vous ! » Je protestais en lui disant cela.

« Ne laissez pas cela vous déranger. En ce moment, toutes les dépenses du château sont réduites et donc je ne peux pas me permettre des dépenses inutiles pour mes repas. » (Kazuya)

« N’avez-vous pas dit que les mesures d’austérité avaient une mauvaise influence sur l’économie ? » (Liscia)

« Oui, si simplement, vous accumulez l’argent que vous économisez. » Dit-il avant de rajouter. « Mais si l’argent économisé est utilisé correctement, cela va dynamiser l’économie. »

« Pourtant, ceci ne signifie pas que nous devions manger ici. » (Liscia)

« Eh bien, voudriez-vous dans ce cas, aller manger ces repas à la grande table royale ? Je pense qu’on se sentirait encore plus insatisfait si l’on faisait cela ainsi. » (Kazuya)

« Vous avez peut-être raison, mais quand même... » (Liscia)

Même si l’on se sentait mal de manger avec toutes ces personnes qui nous regardaient. Même si j’étais habituée avec les jours passés à l’académie des officiers, j’étais techniquement la fiancée de Souma, une personne sous une observation minutieuse provenant des masses, et donc à leurs yeux, nous étions en plein rendez-vous. Alors comment pourrais-je rester calme en pensant à ça ?

Je soupirai avant de répliquer : « Si nous réduisons les coûts alimentaires, dois-je parler avec mes parents ? Ils mangent toujours des gâteaux et autres pâtisseries à l’heure du thé. »

« Oh, c’est correct. Ce sont tous des "cadeaux" de toute façon. » (Kazuya)

« Cadeau, dites-vous ? » Demandai-je avec surprise. Notre peuple pouvait-il se permettre de faire cela ?

« Eh bien, ils proviennent de grands magasins ainsi que de magasins appartenant à la noblesse. Même avec un mec comme moi en tant que roi, être un fournisseur de la famille royale est apparemment prestigieux. Donc même avec les pénuries alimentaires, nous recevons toujours beaucoup de ces choses. » (Kazuya)

« S’il vous plaît, ne parlez pas de vous comme cela. Vous êtes maintenant le roi ! » Dis-je.

« Beaucoup de ces aliments sont doux, mais ils n’ont pas une longue durée de conservation. Puisque je n’aime pas beaucoup les gourmandises, je les donne à l’ancien couple royal ou aux servantes et je leur fais rédiger des commentaires. Ensuite, pour ceux qui ont une note élevée, je leur donne un mandat royal pour un rendez-vous. Et cela marche étonnamment bien. » (Kazuya)

« Donc c’était donc pour cela... » Murmurai-je.

Dernièrement, j’avais entendu « Tout n’est pas calme sur le front de la perte de poids. » Provenant de femmes de ménage. Il y avait même eu des rapports selon lesquels certaines servantes se joignaient aux gardes pour s’entraîner.

... Moi-même, je ferais mieux d’être prudente. Pensai-je.

Contrairement à moi, qui m’étais promis quelque chose à moi-même, Souma gardait ses distances.

« Q-Quelque chose d’important s’est-il produit ? » Demandai-je.

« Non, c’est juste que... Si le budget de la nourriture était encore plus serré, nous pourrions subsister avec un régime de gâteaux, trois fois par jour... Hahaha... J’ai presque mis en pratique la phrase "S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche" [1]. » (Kazuya)

« Si les gens ne connaissaient pas les circonstances, il pourrait y avoir une révolution en réponse à ces mots... » Dis-je.

« Vous avez l’air de bien vous amuser ! » (inconnu)

Alors que je tournai la tête dans la direction de la voix soudainement entendue, je vis un jeune homme portant une armure cannelée (sans le casque) de la Garde Royal. Il était grand avec une carrure suffisamment robuste, et derrière ses longs et raides cheveux blonds était visible un beau visage qui le rendait probablement populaire auprès des dames.

« Tiens ! Sir Ludwin ? » Demandai-je.

« Cela fait trop longtemps, ma princesse. Non... Peut-être devrais-je maintenant vous appeler ma reine. » (Ludwin)

« Hum ! Et bien... en fait, je ne suis en ce moment, aucune des deux ! » (Liscia)

En voyant notre échange, Souma affichait un visage qui disait "C’est qui cette personne ?"

« Souma, ce gentilhomme est Sir Ludwin Arc, de la Garde Royale. » Lui annonçai-je, pour ainsi le présenter.

Malgré son jeune âge, moins de trente ans, Sir Ludwin était un génie qui avait été nommé chef de la Garde Royale. En temps de paix, le chef de la Garde Royale était responsable de la sécurité dans la capitale, Parnam, ainsi qu’au Château Parnam, mais en temps de crise, il avait également le pouvoir des forces personnelles du roi, l’Armée Interdite. Cela dit, le réel contrôle militaire du pays était entre les mains des Trois Duchés.

"Les Trois Duchés" faisaient référence aux deux ducs et à une duchesse, qui contrôlaient la terre, la mer et les forces aériennes.

Les titulaires actuels des Trois Duchés étaient les suivants :

Général de l’Armée du Royaume d’Elfrieden, Le Duc Georg Carmine. Un homme-bête à la crinière de lion. Il commandait ses troupes avec l’intensité d’un feu ravageant tout, infligeant la peur dans le cœur de ses ennemis.

Amiral de la marine du Royaume d’Elfrieden, La Duchesse Excel Walter. Un serpent de mer descendant des pirates. C’était une femme incroyable, habile non seulement pour les batailles navales, mais aussi pour la politique.

Général de l’Armée de l’Air d’Elfrieden, Le Duc Castor Vargas. Un homme-dragon. Il était le roi des cieux et le chef des stars de l’armée royale, les Chevaliers Wyverns.

En échange d’une fidélité envers le royaume, leurs familles avaient été autorisées à détenir des territoires (duchés) dans le royaume, où ils avaient reçu une autonomie.

Au moment de la fondation du royaume, il avait été créé par le rassemblement de nombreuses races et donc ce système avait été mis en place pour protéger leurs races contre la friction avec les autres. Cependant, même maintenant, avec toutes ces races vivant en harmonie, le système restait quand même encore en place. En échange de ce territoire, leurs familles mettaient leurs vies en jeu pour défendre le pays qu’ils aimaient. C’était la fierté des Trois Duchés.

Cependant, à l’heure actuelle, les Trois Duchés avaient repris leurs forces militaires et s’étaient repliés sur eux-mêmes en restant dans leur propre territoire. Il semblait que ces trois là, avec leur grand amour et leur respect pour l’ancien roi, n’avaient pas encore reconnu Souma, en tant que leur chef, voyant dans sa monté sur le trône, une usurpation pure et dure. C’était la source des soucis actuels de Souma.

Si vous combiniez les Trois Duchés, ils constitueraient environ un tiers du pays. Sans leurs coopérations, les réformes de Souma seraient difficiles à accomplir.

J’avais moi-même écrit à plusieurs reprises, au Duc Carmine, qui m’aimait comme sa fille, lui demandant de rencontrer directement Souma, mais la réponse était toujours, « Pour l’instant, je ne vois aucune raison de lui faire confiance. »

Il était un homme qui était résolu dans ses convictions, mais je ne l’avais jamais su aussi têtu. Alors pourquoi était-il tellement obstiné cette fois-ci ? Pour ma part, j’espérais que dès que possible, il accepterait Souma.

Sans aucune idée de ce que je ressentais, Souma serrait la main de Sir Ludwin. « Je suis Kazuya Souma. Techniquement, je suis maintenant le roi de ce pays. »

« Je me présente, je me nomme Arcs Ludwin. J’ai entendu auprès des fonctionnaires des rumeurs vis-à-vis de votre travail acharné. » (Ludwin)

« Eh bien, vous direz de ma part à ces fonctionnaires, "Si vous avez le temps de faire des commérages, alors vous devriez travailler avec encore plus de zèle". » (Kazuya)

« Hahaha, je le ferai sans faute. Est-ce que cela vous convient si je me joins à vous pour le petit-déjeuner ? » (Ludwin)

« C’est d’accord ! » (Kazuya)

« Merci beaucoup. » (Ludwin)

Sir Ludwin alla chercher un plateau contenant son petit-déjeuner et vint s’asseoir à côté de moi.

« Alors, comment vont les choses ? Je voulais parler des réformes, Votre Majesté. » (Ludwin)

« ... Elles ne se déroulent pas si bien. » (Kazuya)

Souma se plaignait entre deux morsures de son pain grillé.

« Nous souffrons particulièrement du manque de personnes qualifiées. À l’heure actuelle, j’ai hérité des conseillers du précédent roi. En d’autres termes, les fonctionnaires qui par leurs propres inactions, ont laissé le pays pourrir jusqu’à ce qu’il finisse dans un aussi mauvais état. En mettant de côté le Premier ministre Marx, le reste est inutile. » (Kazuya)

Ce pays était un état autocratique. La volonté du roi s’était fortement reflétée dans sa politique.

Il y avait bien un Congrès du Peuple dans lequel tous les citoyens avaient le droit de voter pour ses représentants, mais c’était simplement un lieu où des « Suggestions » de lois et des politiques étaient discutés, et ces « Suggestions » étaient ensuite suggérées au roi par le Premier ministre. Pour le dire plus simplement, c’était une grosse boîte à idées, et la mise en application de ces idées dépendait entièrement du roi.

Cela dit, si le roi avait agi comme il le voulait, sans tenir compte de l’avis des autres, il aurait perdu l’amour que lui vouait son peuple et se verrait probablement déchu de son trône par les Trois Duchés...

En outre, lorsque le roi souhaitait prospecter du côté d’une politique différente, il pouvait toujours convoquer des conseillers autres que le Premier ministre pour l’aider lors de ses réflexions. Le roi s’entretenait alors avec ses conseillers, décidant ainsi si ses politiques seraient efficaces ou non. Le choix des conseillers était laissé au bon vouloir du roi. Il pouvait engager quiconque dans le royaume et autant qu’il le souhaitait.

En vérité, même avant de monter sur le trône (dans ce royaume, à partir du moment où l’on était un prince), un futur roi commençait à prospecter afin de rassembler des gens qui pourraient devenir de bons conseillers. Mais Souma, étant monté sur le trône si brusquement, n’en avait aucun.

« Des personnes qui peuvent me dire les choses que je veux savoir et qui travailleront durement aux tâches que je leur ai assignées. Voici le personnel dont j’aurais besoin. » Annonça-t-il.

« Je comprends parfaitement. Tous ceux qui se tiennent au-dessus des autres souhaitent avoir des subordonnés compétents. » Répondit Ludwin.

« Est-ce la même situation pour vous dans l’Armée Interdite ? » (Kazuya)

« Oui. La plupart des diplômés de l’Académie des Officiers demandent pour être assignés aux armées des Trois Duchés. Puisque, même si l’on nous appelle l’Armée Interdite, nous sommes uniquement la force de défense de la capitale. Ce n’est pas une affectation très populaire, n’est-ce pas, Princesse ? » (Ludwin)

« Et bien... je suppose que non. La plupart de mes camarades de promotion ont tous voulu aller dans les armées des Trois Ducs. » (Liscia)

J’étais pour ma part dans les forces terrestres, mais c’était uniquement parce que je ne pouvais pas rejoindre l’Armée Interdite, car elle existait pour protéger la famille royale.

« Et maintenant, c’est la situation actuelle. Ces jours-ci, l’Armée Interdite contient beaucoup d’inadéquations et d’excentriques. Nous avons même un scientifique fou qui nous a été transféré de la Direction du Développement des Armes. » (Ludwin)

« Oh, cela ressemble à quelqu’un que je voudrais bien rencontrer ! » Annonça Souma.

En voyant l’enthousiasme de Souma, Sir Ludwin lui répondit : « Alors, je vous le présenterai dans peu de temps. »

Il rigolait ironiquement de cela.

Après cela, nous avons tenu quelques petites conversations pendant un certain temps tout en mangeant, puis finalement, nous quittâmes la compagnie de Sir Ludwin.

Quand je serai de retour dans ma chambre, j’enverrai une autre lettre encourageant le Duc Carmine à rencontrer Souma au plus vite, pensai-je.

◇◇◇

« Nous souffrons vraiment d’un manque de personnes capable ! » Me plaignis-je.

« J-Je présume. » Me répondit Liscia.

J’essayais de persuader Liscia, mais elle avait l’air un peu déconcertée par mes propos.

Parce que j’avais énormément utilisé ma capacité, elle aurait au moins dû monter un peu plus de niveaux. Dernièrement, je pouvais l’utiliser sur quatre objets en même temps (effectivement, je pourrais faire le travail de cinq personnes), mais même avec cela, ce n’était que l’équivalent d’avoir une personne supplémentaire par rapport au départ.

Une personne qui manquait de connaissances ou de compétences que je n’avais pas non plus. Ce dont j’avais besoin, c’était des personnes ayant des connaissances que je n’avais pas.

— Et donc, j’avais décidé de les rassembler.

« Donc, étant donné cette situation, je pense que je vais utiliser le Joyau de Diffusion de la Voix. » (Kazuya)

« Le Joyau de Diffusion de la Voix ? » (Liscia)

Le Joyau de Diffusion de la Voix était un système pour la diffusion de la voix du roi dans toutes les régions du pays. Dans la salle du palais du Joyau, il y avait une gemme flottante qui devait avoir un diamètre d’environ deux mètres. On m’avait dit que la gemme était imprégnée de la magie des esprits de l’air, les sylphes et des esprits d’eau, les ondines. Il transmettait la voix du roi à tout le pays ainsi que dans les villes et si on le configurait spécifiquement, il pouvait même projeter les images d’une personne. Les rois du passé avaient apparemment utilisé le Joyau de Diffusion de la Voix pour dévoiler une nouvelle constitution nationale, ou pour déclarer la guerre à une autre nation, uniquement ce genre de chose.

« Je parie que vous serez le premier à l’utiliser pour rassembler des personnes capables, » Liscia me déclara, apparemment impressionnée.

Était-ce vraiment une idée si bizarre ? « Comment les rassemble-t-on normalement ? » Demandai-je.

« Grâce à des connexions personnelles, ou à la tenue d’examens écrits et à l’embauche de ceux qui passent. »

« Ces méthodes ne sont-elles pas trop biaisées ? Quel est le taux d’alphabétisation dans ce pays ? » (Kazuya)

« La moitié des gens peuvent lire, et trois dixièmes peuvent écrire. » (Liscia)

« Ce n’est pas bon du tout. Seulement trois dixièmes de la population peuvent donc passer les examens. » (Kazuya)

« Juste pour que vous le sachiez, c’est assez dans la moyenne dans ce monde... » Déclara-t-elle.

Hmm... Devinez ce qui se produit lorsque vous n’avez pas d’éducation obligatoire.

Je continuai mon point de vue en lui disant : « On peut apprendre à lire et à écrire. Certes, la qualité d’un candidat ne devrait pas être décidée par sa capacité à se permettre de prendre des leçons. Ce sont quand même sept dixièmes de la population. Combien de diamants peut-on envisager à tailler à partir de leur forme brute ? »

« ... Je ne peux rien dire contre ça, » Liscia déclara cela, semblant un peu honteuse.

Bien sûr, je suppose qu’elle n’est pas celle à qui j’ai besoin de le dire, hein ? Vraiment, ce pays doit être reconstruit à partir de ses fondations.

« Alors, quelles conditions allez-vous utiliser lors de cet appel ? » Demanda-t-elle.

« Je cherche encore la formulation exacte. Bien sûr, j’ai l’intention d’emprunter les mots d’un grand homme que j’admire. » (Kazuya)

« Un grand homme ? » (Liscia)

« Oui. Un héros rusé dans un pays troublé. » (Kazuya)

◇◇◇

« Si vous avez un don, je le mettrai à l’emploi ! » (Kazuya)

Aussi bien dans la capitale, les citées, les villes et les villages, la voix de Souma fit écho.

Dans la capitale, les citées, et même les grandes villes, l’image de Souma avait également été projetée. Les récepteurs se trouvaient toujours au centre de larges places. Ils libéraient un brouillard dans l’air, puis utilisaient la réfraction de la lumière pour recréer la scène qui se déroulait à l’intérieur de la salle du Joyau.

Pour le mettre en termes modernes, ils recevaient un flux vidéo du lieu du tournage et le projetaient en direct sur un écran de brouillard. La qualité était comme granuleuse, mais les gens étaient ravis d’avoir leur premier aperçu de leur nouveau roi.

Certains ont été déconcertés par sa jeunesse, d’autres par son apparence emplie de simplicité. La faute de tout cela venait surtout de Souma, qui avait jugé trop gênant de porter la tenue formelle ou même de porter sa couronne.

En voyant la princesse Liscia debout à ses côtés sans avoir l’air particulièrement tendue, la population fut ainsi rassurée. Bien qu’elle ait entendu dire qu’il n’avait pas obligé le roi à abdiquer et n’avait donc pas usurpé le trône, jusqu’à ce que les habitants du royaume ne le voient pas pour eux-mêmes, ils avaient gardé une certaine incertitude au plus profond de leur cœur. Surtout que, vis-à-vis de la princesse Liscia, dont la beauté si digne en avait fait une idole pour le peuple, certains avaient exprimé leur inquiétude pour son bien-être.

Alors qu’ils vaquaient à leurs occupations, le discours de Souma continua.

« Notre pays est confronté à une crise de proportions jusqu’alors inédites ! Le problème de la crise alimentaire, ainsi que le ralentissement économique qui en découle et l’afflux de réfugiés provenant des terres saisies par le Seigneur-Démon... Déjà, l’un de ces problèmes serait déjà une grave difficulté qui menacerait ce pays. Pourtant, il n’y a pas que cela face à nous ! L’Empire a élargi son influence, et certains de nos voisins nous regardent avec impatience, prêts à bondir ! L’ancien roi, reconnaissant que cette situation était hors sa portée, a confié ce pays à une humble personne telle que moi. » (Kazuya)

Après quelques secondes, Souma poursuivit.

« Reconnaître ce qu’on ne peut pas faire, et donner sa place à celui qui peut le faire. Même quand on sait que ceci est le bon choix, ce n’est jamais un choix facile à faire. En y pensant, en temps de paix, l’ancien roi aurait eu la capacité d’être un grand chef. » (Kazuya)

Pendant un moment, la princesse Liscia pensa : "Cela lui donne beaucoup de crédits..." avec un sourire amer, mais personne ne le remarqua.

« Cependant, nous nous trouvons en une période troublée ! Dans une telle période de turbulences, nous ne cherchons pas que notre dirigeant soit une personne aux saintes vertus. Mais plutôt quelqu’un qui sera prêt à se salir les mains, disposé à faire obstinément ce qu’il faut faire pour survivre. Et non pas, un souverain qui est au-dessus de la moyenne en toutes choses, mais un souverain qui ne renonce pas à sa survie, et sur ce point j’excelle au-delà de tous les autres. Parce qu’en fin de compte, c’est ce qui protégera vos familles et vos moyens de subsistance ! C’est pourquoi l’ancien roi m’a confié ce pays ! Je suis tenace, et sur ce point je suis bien supérieur à l’ancien roi. » (Kazuya)

« À l’heure actuelle, je suis en train de lancer de nombreuses réformes. Cependant, nous sommes confrontés à un manque accablant de personnes capables d’aider à leurs mises en œuvre. Ainsi, je lance un appel aux talentueux se trouvant parmi vous. Je vous le dis à nouveau : si vous avez un don, je le mettrai à l’emploi ! » (Kazuya)

« Dans ces temps de confusions, ceux dont nous avons besoin ne sont pas ceux qui sont moyennement meilleurs que d’autres. Ce sont ceux qui, par leur capacité, se tiennent au sommet de tous les autres. Ce n’est pas la forme que le don prend qui est importante. Et ce n’est pas grave si vous n’avez pas des qualifications au-delà de ce don. S’il y a une chose à propos de laquelle vous avez la fierté de dire, "Je suis meilleur que quiconque à ce sujet," alors, venez devant moi me le présenter ! » (Kazuya)

« Éducation, âge, classe, origine, race, genre. Rien de tout cela ne me concerne. Que vous puissiez ou non lire, faire de l’arithmétique, avoir de l’argent, avoir un corps sain, être beau ou moche, ou avoir une égratignure sur votre tibia, ça n’a pas d’importance ! Si vous pouvez penser, "Je suis meilleur que quiconque à ce sujet, à cette seule chose, où je ne perdrai face à aucune autre personne dans le pays," alors, montrez-vous devant moi ! Si je décide que votre don est quelque chose dont le pays a besoin, vous serez accueillis comme un de mes conseillers personnels ! » (Kazuya)

Le discours passionné du nouveau roi brillait aux yeux de la population.

Comme ils l’avaient tous écouté, ils devaient tous être en train de se tordre les méninges pour trouver quelque chose où ils étaient plus doués que les autres. Mais en même temps, cependant, s’ils trouvaient quelque chose, la plupart d’eux penseraient qu’ils ne seraient pas embauchés si cela n’était pas utile d’une manière ou d’une autre. Quand ce sentiment de résignation serait établi, il deviendrait un barrage bloquant le flot d’enthousiasme qui résultait de son discours passionné.

Le roi cherchait des personnes capables qui pouvaient résoudre les problèmes de ce pays. Tout le monde avait du mal à imaginer que leurs propres dons seraient utiles au pays.

« Je suis sûr que parmi vous, certains sont hésitants à croire que leurs dons peuvent être utiles. » Souma déclara cela, comme s’il était conscient de l’hésitation du peuple.

« Cependant, ce n’est pas quelque chose que vous pouvez décider par vous-même ! Moi, le roi, déciderai si le pays a besoin de votre don ! Je ne me soucie pas si d’autres refusent votre don en disant qu’il est sans valeur ! Je serai le seul juge ! Donc, n’hésitez pas ! Venez et dévoilez votre don devant moi ! » (Kazuya)

Souma s’arrêta pour respirer et pour se calmer.

« Si vous êtes encore hésitant, alors voici ce que nous allons faire. Si votre don est prouvé sans comparaison dans ce pays, alors au nom du Royaume d’Elfrieden, je vous délivrerai un Certificat de Possession d’un Don Hors Pair et vous recevrez un prix en espèces sonnantes et trébuchantes. Alors, comment est-ce avec un peu plus de motivation ? » (Kazuya)

L’image de Souma leva son poing en l’air.

À ce moment-là, une grande émotion fut ressentie à travers tout le pays, dans chaque ville qui valait la peine d’être appelée une ville.

Le barrage dans le cœur des gens venait d’été brisé. C’était aussi la même chose dans la capitale.

« Oh... ! Je peux entendre les acclamations dans la ville du château depuis ici. Heureux que vous soyez tous excités, » Souma annonça cela, en entrant dans un discours un peu plus décontracté.

Debout à ses côtés, Liscia voulait tenir sa tête entre ses mains, mais personne ne semblait être du même avis.

Puis Souma continua : « Vous pouvez vous proposer ou quelqu’un d’autre peut le faire. Si la nomination est faite pour quelqu’un d’autre, les trois dixièmes du prix iront pour le candidat, et le restant ira, à la personne qui l’a amené. S’il y a des gens qui refusent de le faire et qui jouent à l’ermite quand ce pays est en pleine crise, je veux que vous alliez les chercher et que vous le fassiez venir ici. En outre, pour des dons comme "je suis plus fort que d’autres" ou "Je suis meilleur en chant", donc là où il y a une possibilité pour faire une compétition, nous mettrons les candidats en concurrences pour choisir un unique représentant pour ce don. Alors, soyez prêt pour cela. Maintenant... Je pense que j’ai dit tout ce dont j’avais besoin. »

Enfin, Souma coupa sa diffusion du Joyau de Diffusion de la Voix avec les mots suivants : « Maintenant, oh porteurs de don, venez me serrer la main dans la capitale, Parnam. »

Liscia le regarda avec rage après la diffusion. « C’était quoi cette dernière ligne ? » Demanda-t-elle.

« C’était juste une phrase dite dans le feu de l’action. » Déclara Souma avec le sourire.

Elle se demanda :

Maintenant, comment les gens réagiront-ils ? Est-ce qu’ils vont vraiment venir ? J’espère que beaucoup de personnes viendront.

◇◇◇

Notes

  • 1  Référence à une citation française souvent attribué à tort à Marie Antoinette.

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