100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Chapitre 41

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Chapitre 41 : La lettre qui scelle leur destin

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Chapitre 41 : La lettre qui scelle leur destin

Partie 1

***Point de vue de Seryanna***

Dès qu’Alkelios avait mentionné la possibilité d’un complot, je m’étais précipitée hors de l’auberge et étais retournée au palais. Il n’y avait pas temps à perdre, et je devais rencontrer Son Altesse, la troisième Princesse, maintenant plutôt que tard.

Actuellement, l’armée de Brekkar était l’atout dans la manche de Son Altesse, mais avec leur général dans un état critique présumé depuis plus de 30 ans, il y avait de fortes chances que Sa Majesté, le roi, essaierait de la restaurer.

Quand nous étions à Tomeron, grand-père avait dit à Alkelios qu’il avait été général pendant 50 ans. Ce n’était pas faux, mais ce n’était pas non plus correct. Ayant atteint l’éveil supérieur à l’âge de 234 ans, il était rapidement devenu l’un des combattants les plus estimés du Roi. À l’âge de 300 ans, il était déjà considéré comme la main droite de Sa Majesté. Pendant plus de 100 ans, mon grand-père fut le général le plus puissant de notre royaume, jusqu’à la naissance de la troisième princesse. À ce moment-là, le Premier ministre avait suggéré que grand-père fasse partie du camp de la troisième Princesse et proclama ses réalisations en son nom.

D’un point de vue militaire, cela n’avait rien changé. Tout cela était un jeu politique pour garder la troisième Princesse à l’abri des éventuels nobles corrompus qui auraient fait n’importe quoi pour rentrer dans la famille royale ou utiliser leur pouvoir pour leur propre profit. Grand-père était devenu l’outil parfait pour cela, mais alors… cet événement avait eu lieu… Grand-père avait été estropié, et le pouvoir soutenant la princesse avait diminué d’année en année.

Il y a trente ans, elle avait plus de vingt chevaliers… maintenant, elle n’avait plus que moi. Si elle devait perdre à la fois l’armée de Brekkar et moi-même, alors la troisième Princesse finirait par jouer le rôle d’une pièce politique. Son libre arbitre sera enchaîné et sa liberté sera prise.

Je ne peux laisser ça arriver… Je ne peux pas la laisser finir comme ça... En tant que Chevalière royale, c’est mon devoir de la protéger… Peu importe le coût, m’étais-je dit en entrant dans le palais et me précipitant dans ses appartements.

Dès que j’avais atteint le couloir, j’avais remarqué qu’il n’y avait même plus de gardes qui la protégeaient.

En déglutissant, j’avais frappé à la porte.

« Princesse Elleyzabelle ? C’est moi, Sire Seryanna. Je suis revenue selon votre demande, » déclarai-je.

« Entrez. » La voix calme que je connaissais avait répondu de l’autre côté du mur.

En me tenant bien droite, j’avais ouvert la porte et étais entrée dans sa chambre.

Là, devant la fenêtre, j’avais vu la dragonne que j’avais décidé de servir dans cette vie.

Debout et faisant une tête de moins que moi, elle portait une belle robe blanche d’un design simple, mais élégant. Des fleurs étaient cousues au bas de l’ourlet, tandis que des feuilles d’or étaient brodées sur la partie supérieure. Le corsage était simple et faisait ressortir sa poitrine, mais cela la cachait derrière les fioritures de son décolleté. Elle avait des manches longues qui s’étendaient plus grandes que son bras, mais ne touchait pas le sol.

En ce qui concerne ses traits de dragonne éveillée, sa queue était totalement blanche et dépourvue de pointes, mais elle était longue et simple à contrôler. Ses ailes étaient grandes, plus que celles de Kataryna, mais bien qu’apparaissant blanc, il y avait une ligne d’écailles dorées au-dessus de l’os, et je savais que cette ligne d’écailles continuait sous ses vêtements et le long de son dos, se terminant au commencement de la queue. Ses yeux dorés étaient fendus comme ceux d’un dragon en forme de bête, et une paire de cornes blanches droites avait commencé juste derrière ses oreilles pointues. Sur la gauche et la droite de mâchoire inférieure, trois écailles étaient alignées et pointaient vers son menton. Une seule écaille dorée s’était formée sur chacune de ses pommettes.

« Je suis contente de voir arrivée en bonne santé. Comment s’est passé votre voyage ? » demanda-t-elle.

Son sourire était doux comme toujours, apaisant le cœur et l’âme.

« Le voyage s’est bien passé et j’ai rencontré des personnes intéressantes, » répondis-je après m’être agenouillée devant elle comme un chevalier devant son maître.

« Relève-toi, » déclara-t-elle, puis elle se retourna pour regarder par la fenêtre.

« Oui, Votre Altesse. » Répondis-je respectueusement, puis me redressai.

J’avais attendu patiemment que la princesse soit la première à parler, donc je ne serai pas considérée comme impolie ou irrespectueuse envers elle. Lorsque vous parliez avec quelqu’un de la royauté, peu importe si vous étiez un ami ou non, il fallait respecter le code et les règles déclarées depuis les temps anciens étaient une pratique courante, sinon, nos gestes et nos paroles auraient pu facilement être interprétés comme un acte de trahison envers le royaume lui-même.

En tant que telle, je me sentais un peu méfiante à l’idée de laisser Alkelios rencontrer Son Altesse. Il était important de lui enseigner les manières de la cour et l’étiquette, malheureusement, je ne pouvais pas le faire tout au long de notre voyage. Je pensais aussi en premier lieu que je n’étais pas la plus apte à le faire.

« T’es-tu fait de nouveaux amis ? Lady Gorrashy a demandé à propos de toi la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, » demanda-t-elle d’un ton calme.

« Merci, Votre Altesse, de me l’avoir fait savoir. Je veillerai à la rencontrer dès que j’en aurai le temps. Eh oui, je me suis fait deux nouveaux amis. Une dragonne qui a atteint l’éveil supérieur, qui s’appelle Kataryna Georg, et un héros humain qui s’appelle Alkelios Yatagai, » j’avais répondu honnêtement d’une voix respectueuse et calme.

Mentir ou se faufiler face à mon maître serait une sorte de trahison. Ses ordres pour moi étaient absolus tout comme ceux de Sa Majesté le roi. En tant que chevalière, j’étais obligée de répondre et de suivre les ordres de ces deux personnes. Le Premier ministre ne pouvait tout au plus agir que comme un simple messager en cas de simples instructions.

« Un humain et une éveillée supérieure dont je n’ai pas entendu parler jusqu’à présent ? » elle se retourna. Puis elle me regarda avec une expression sérieuse.

« Oui, » avais-je répondu en baissant la tête.

J’étais restée dans cette position, car j’avais compris que cette affaire n’était pas à prendre à la légère.

« Cet humain… tu as dit qu’il était un héros humain, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que cela implique ? » demanda-t-elle.

« Oui. Alkelios m’a dit qu’il y a quelque mois, lors de notre rencontre, qu’une entité semblable à Dieu a amené 10 millions d’humains de son monde à nous, lui inclus, et leur a donné des pouvoirs et des capacités uniques. D’après ce que j’ai compris, ils ont été dispersés dans notre monde et se sont mêlés à toutes les civilisations, » avais-je répondu.

« Alors, sont-ils des alliés des royaumes humains ? » me demanda-t-elle. Et je pouvais sentir un peu d’inquiétude dans sa voix.

« Non. J’ai confirmé par le comportement et les paroles d’Alkelios qu’au moment de leur arrivée, aucun de ces 10 millions ne peut être considéré comme les alliés du règne humain, » répondis-je.

« Pourquoi est-ce ainsi ? » demanda-t-elle.

« Alkelios est un humain qui ne fait pas de différence entre roturier et noble. Ils se comportent tous de la même manière. J’irais même jusqu’à dire que son comportement ressemble beaucoup à celui d’un éveillé supérieur. C’est parce que dans son monde, ils ont un système politique différent n’ayant pas de telles classes et tout le monde est considéré comme plus ou moins égal, » répondis-je.

« C’est absurde ! Comment quelque chose comme ça pourrait-il être vrai ? Sans une autorité comme un roi, un pays tomberait dans le chaos ! Pire encore, il succomberait lentement à la corruption et à la cupidité de ceux qui prospèrent dans le monde de la politique ! Sans un roi, un tel ravageur ferait ce qu’il voudrait dans le pays et les roturiers en dessous souffriraient beaucoup ! » La princesse parla d’une voix rude, montrant son mécontentement et sa désapprobation face à un tel système.

« Pourtant, c’est ce qu’il prétend, et je peux constater que jusqu’ici, il n’a pas dit de mensonges. Même mon grand-père l’a approuvé, » avais-je ajouté.

« Quoi ? Même Sire Brekkar… C’est… inattendu, » la princesse semblait être choquée par cette information.

C’était une information énorme, surtout quand on regardait tout ce qui s’était passé au cours des 100 dernières années et plus précisément pendant la guerre il y a 38 ans. Normalement, je ne devrais pas regarder Alkelios comme un amoureux… mais avec un regard de haine.

Heureusement, mon grand-père pensait mieux, et c’était lui qui avait déclaré que tous les humains qu’il rencontrait n’étaient pas mauvais. Certains avaient été forcés par leur société à agir comme ils l’avaient fait, tandis que d’autres avaient été menacés. En réalité, il y avait beaucoup d’humains désapprouvant cette guerre autant que les dragons, mais la différence entre les opinions des roturiers et celles de la famille royale était aussi différente que celle entre le soleil et les lunes. C’était une vérité absolue.

« Alkelios Yatagai est aussi l’homme que j’aime, » déclarai-je.

« Quoi ? Mais c’est un humain ? Surtout après ce que son genre a fait à ta famille, tu… pourquoi ? » demanda-t-elle, mais j’avais compris par son ton qu’elle n’était pas seulement confuse, mais aussi inquiète pour mon bien-être.

« Je crois fermement qu’il n’est pas comme ceux ayant causé du tort à nos deux familles… je ne pense pas non plus que ses paroles soient des mensonges et que ses sentiments soient faux, » ai-je répondu d’une voix calme.

« Si c’est ce que tu crois, alors je vais avoir foi en toi. » Elle laissa échapper un soupir.

« Merci, Votre Altesse. »

« Malheureusement, je ne crois pas que mon père et les autres nobles du palais seront d’accord avec cela, en particulier Draejan Andrakaryus Doesya, » elle laissa échapper un autre soupir.

« C’est peut-être le cas, mais si vous ou le roi m’ordonnez de rompre tout lien avec lui, alors… avec un cœur lourd, je le ferai, » répondis-je.

Je sentais que ces mots avaient du mal à sortir, et mon cœur battait de douleur. Sans m’en rendre compte, même mes paumes détendues s’étaient serrées, montrant mon envie que l’on n’en vienne pas là.

Après un moment de silence, la princesse avait parlé. « Je ne t’ordonnerai jamais une telle chose, mais mon père… l’a déjà fait. »

Ces derniers mots m’avaient frappée comme le poing du monstre le plus fort de la forêt Seculiar. Ils avaient arrêté mon train de pensée et m’avaient amené dans un état où je regardais la princesse avec une expression confuse.

« Soupir… Dans quel état penses-tu que notre groupe est actuellement ? » demanda-t-elle.

« Euh… je m’excuse, mais je suis partie de la capitale depuis un moment, maintenant. Si je me souviens bien, il y avait au moins une douzaine de gardes sous votre commandement, l’armée de Brekkar, moi-même, Dregarya Gorrashy, et environ sept maisons nobles, » avais-je répondu.

« C’était le cas. Maintenant, seules toi et Dregarya Gorrashy êtes encore à mes côtés. Je n’ai plus de gardes à commander et pas de soutien de la part d’une famille noble, sauf la tienne, » elle baissa les yeux.

« Quoi ? Comment cela peut-il être le cas ? » demandai-je, perplexe.

Il n’y avait aucun moyen que le parti de la troisième princesse ait succombé à un tel degré si rapidement.

Tournant son regard vers le bureau à côté du mur, elle m’avait alors dit : « S’il te plaît, lis la lettre. »

J’avais hoché la tête, puis je me dirigeai vers elle.

Je l’avais prise et avais lu les lignes suivantes.

À la troisième Princesse du Royaume dragon Albeyater, Elleyzabelle Sojourn Seyendraugher, je souhaite officiellement vous informer que Sa Majesté, le Roi d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher, déclare que mon engagement avec Seryanna Draketerus était officiel et d’une grande importance pour le royaume d’Albeyater.

Leur estimée Altesse, le prince Charmeill Seyendraugher et le prince Elovius Seyendraugher ont tous deux exprimé leur accord et leurs remarques positives à l’égard de la sage décision de Sa Majesté.

En tant que prochain général de l’armée de Brekkar, je crois que cette union apportera un avenir des plus florissants pour nos deux parties.

De Draejan Andrakaryus Doesya, le fils estimé du duc de Doesya et de la sixième princesse d’Albeyater.

Une seule pensée me traversa l’esprit quand je lisais ces mots : quelle sorte de blague est-ce ? Engagement ? Depuis quand ?

La même chose dont j’avais parlé avec Alkelios il y a peu de temps s’était révélée être une vérité inévitable, tout comme un mouton attendant le moment opportun pour bondir sur un loup. La seule autorité qui pouvait déplacer tout le monde à sa guise, le roi, était celle acceptant et… ayant ordonné cet engagement.

En tant que chevalière, peu importe à quel point j’étais contre, nier cet ordre équivaudrait à trahir tout le pays et, plus important encore, la princesse que je servais. Il ne me restait plus qu’à m’incliner et obéir comme le sujet loyal que j’étais… Je ne pouvais même pas crier et m’enfuir avec la queue entre les jambes.

Avec mes mains figées sur la lettre, mes émotions étaient secouées dans ma poitrine. La rage, la colère, le chagrin et le désespoir… Ils s’entassaient tous et déchiraient mon cœur. Il n’y avait pas d’issue, pas d’échappatoire. Mais il était clair qu’il y avait plus à cette lettre, plus à cette moquerie de mes sentiments.

Puis, comme si elle lisait l’atmosphère qui régnait dans mon cœur, la princesse parla.

« Drôle comment les choses se sont déroulées… comme un château de cartes, tout est tombé à ce moment-là, il y a 38 ans, » la princesse laissa échapper un soupir.

« Votre Altesse..., » j’avais essayé de parler, mais soudain… mes joues étaient mouillées.

Je pleure ? Pourquoi ? pensais-je en état de choc, mais j’avais rapidement essuyé mes larmes, mais elles continuaient à couler.

***

Partie 2

Une main douce fut placée sur mon épaule et une paire d’yeux dorés emplis de culpabilité me regarda. La princesse s’était mordu la lèvre inférieure et avait baissé les yeux.

« Je suis désolée... je n’ai pu vous protéger, ma dernière chevalière, » déclara-t-elle.

Mes genoux étaient devenus faibles, mais j’avais refusé d’abandonner et de tomber. J’avais refusé de le faire, pourtant... il n’y avait rien que je puisse faire.

« Je... pourquoi ? » Était tout ce que je pouvais demander alors qu’un gémissement s’échappait de mes lèvres.

« Draejan a frappé deux oiseaux avec une pierre comme ils disent... l’occasion est venue, alors il l’a saisi. » La princesse secoua la tête. « Tu sais, dès que j’ai reçu cette lettre, j’ai appris que les gardes à l’extérieur de ma chambre avaient été convoqués. À ce moment, je n’avais pas le pouvoir de m’en protéger. Malgré tout, je me suis précipitée chez mon père, pour le supplier d’annuler ces fiançailles, mais les gardes ne m’ont pas laissé le voir. Mon frère, le Premier ministre Elovius, est venu me parler au nom de mon père. Il m’a dit qu’il était trop occupé pour faire face à ma “crise de colère” du moment. » Elle serra ses poings délicats et fixa le sol.

Même si elle était comme ça, le ton de sa voix restait calme. Même maintenant, elle se forçait à agir comme une princesse diligente et élégante, comme le veut son statut royal.

Mais à partir de ses mots, j’avais bien compris ce que cela signifiait... le groupe de la Troisième Princesse s’était effondré. J’étais son dernier piédestal... C’était un mouvement presque brillant, mais dévastateur pour tous nos futurs.

« Merci pour vos efforts, Votre Altesse... j’apprécie, » j’avais parlé, mais ma voix sortait à peine.

« Il n’y a rien à me remercier, j’ai échoué. » Elle ferma les yeux et tourna la tête vers la gauche. « Avec Draejan nommé comme général de l’armée de Brekkar, je pensais qu’il ne durerait pas longtemps parce que les soldats ne seraient pas à l’écoute comme ils le seraient pour mon grand-père. Mais ensuite, il est venu avec cette idée de tournoi pour promouvoir les plus forts parmi eux, gagner la faveur de beaucoup dans les rangs de commandement. Le coup final vint lorsqu’il proposa à mon père de le laisser te prendre pour épouse... ainsi, le nouveau général. Le moral des soldats s’élèverait au lieu de baisser. Et avec l’approbation de mes frères, il a pratiquement enlevé mon armée... et ma dernière chevalière. Il a gagné... »

« Il n’y a rien que nous puissions faire ? » avais-je demandé en espérant quelque chose... n’importe quoi.

« C’est une déclaration de mon père... non pas une suggestion, » avait-elle souligné.

En effet, cela ressemblait à un ordre. Si c’était ce dernier cas, j’aurais pu amener Alkelios et peut-être le convaincre de ne pas le faire. Cela aurait pu être ma dernière chance, mon dernier recours, mais malheureusement, cela aussi a été annulé.

« Tu dis que tu aimes cet Alkelios, correct ? » m’avait-elle demandé.

« Oui, c’est le cas, » répondis-je sans le moindre signe d’hésitation.

« Alors... peut-être... Hm, amène-le-moi. Si notre interview se passe bien, il y aura peut-être encore une chance de renverser la situation. Au mieux, annuler les fiançailles ou les retarder en convaincant Père qu’Alkelios est de notre côté et non de celui des humains, » elle me regarda avec un regard déterminé dans les yeux.

« Mais qu’en est-il de vous, Votre Altesse ? » demandai-je.

« Mon destin est déjà scellé comme une simple pièce sur l’échiquier politique à échanger lorsque cela sera nécessaire. De cette façon, je peux au moins essayer de te garder, ma dernière chevalière et aussi amie, loin de la poigne de ce dragon, » elle m’avait fait un sourire.

« Je vous remercie du fond du cœur ! » Je répondis et m’agenouillai devant elle.

Pour penser que même avec cette dernière goutte de sa force, elle essayait toujours de m’aider. Dans mon cœur, je savais que j’avais choisi le bon maître à servir, même si son pouvoir politique était maintenant presque inexistant.

« Mais vous devriez d’abord aller visiter Dregarya Gorrashy. Demande-lui de réparer ton armure, on dirait que tu viens de rentrer d’une bataille féroce, » m’avait-elle dit.

« Oui, Votre Altesse. Pour être plus précis, j’ai affronté Kataryna Georg en combat et ensuite, une armée de morts-vivants dragons engendrés par le donjon près du village Pertiko. Dans les deux cas, je suis très reconnaissante pour la coopération d’Alkelios, car c’est lui qui a réussi à mettre fin aux deux batailles, » j’avais exprimé mon opinion honnête.

« Est-ce vrai ? J’en tiendrai compte quand nous nous rencontrerons pour la première fois, » elle hocha la tête.

« Ensuite, je vais aller voir Dregarya Gorrashy avant d’émettre la convocation officielle à Alkelios Yatagai, Kataryna Georg, et ma sœur Thraherkleyoseya Draketerus, » avais-je dit. Puis j’avais fait un salut respectueux devant ma princesse.

J’avais mentionné leurs noms parce que je pensais qu’ils pourraient aussi être utiles maintenant, quand son groupe manquait à la fois en nombre et en force pour la garder à flot dans le palais. Avec un peu de chance et peut-être un souhait d’Alkelios, je pourrais aussi sauver la princesse.

« S’il te plaît, fais-le, » elle hocha la tête et je quittai sa chambre.

 

☆☆☆

 

***Point de vue de la Princesse Elleyzabelle***

Lorsque ma dernière chevalière, Seryanna Draketerus, avait quitté ma chambre, j’avais poussé un soupir et m’étais allongée sur mon lit. Bien que je ne l’ai jamais mentionné pendant notre conversation, mais cette lettre avait été reçue l’autre jour. C’était écrit d’une telle manière présentant une confiance absolue que je n’avais pas d’issues.

Sans un chevalier à mes côtés, je n’avais littéralement aucune protection, ce qui, en soi, pousserait les nobles à demander de me marier dans une famille étrangère. La plupart de mes jeunes sœurs avaient toutes été mariées dans des familles nobles prospères afin de maintenir leur sécurité et leur style de vie luxueux, tout en maintenant leur loyauté absolue à la couronne. Ma plus jeune sœur, Decessere Jenne Seyendraugher, la cinquième princesse d’Albeyater, avait été mariée au quatrième prince de l’Empire dragon Embryger.

Pendant ce temps, la Première et la Seconde Princesse devaient être mariées à la famille ducale la plus en vue lors du couronnement du Premier Prince, Charmeill. Mon second frère aîné a été forcé dans le rôle du Premier ministre et en cas de la disparition du Premier Prince, il monterait sur le trône.

C’était drôle, d’un point de vue extérieur, on pourrait aller jusqu’à considérer qu’il y avait beaucoup de luttes internes, mais la vérité était loin de là. Nos soutiens et nos pouvoirs politiques déclaraient notre statut social et notre capacité à évoluer dans le royaume. Cette sorte de force était approuvée à la fois par la noblesse et la royauté. L’assassinat et autres étaient détestés. Seul le plus bas des nobles pouvait penser à de telles choses.

En d’autres termes, comme nous étions si nombreux, essayer de nous tuer les uns après les autres aurait été trop difficile et finalement inutile. Cependant, en déplaçant leur faveur et en soutenant ceux avec un bon futur promis, les familles nobles auraient beaucoup plus à gagner.

Cette faveur et ce soutien étaient comptés par le nombre de chevaliers servants sous nos ordres, la force de nos armées individuelles et la force des individus que nous pouvions commander directement. Ainsi, après avoir quelqu’un ayant atteint l’éveil supérieur sous quelqu’un de la famille royale était suffisant pour garantir notre valeur dans le royaume.

La raison en était simple en soi. Les éveillés supérieurs avaient tous une façon de penser très particulière qui différait de la notre, qui étaient simplement éveillés. Ils ne voyaient ni la noblesse ni les gens ordinaires, seulement la valeur de la force. Pour le dire simplement, il était hautement impossible de forcer l’un d’eux à penser comme le souhaitent les nobles pourris. Ainsi, si j’en avais un sous mon commandement comme pour Brekkar par le passé, alors ma valeur sur le plan politique et sur le terrain militaire resterait incontestée.

Il y a 40 ans, mon armée menait la campagne anti-humaine. Pour cette raison, mon pouvoir politique était aussi élevé que celui du prince héritier. Mais maintenant... je n’avais même pas la certitude que je peux demander à l’un des gardes du palais de m’escorter à l’extérieur et que je peux revenir en toute sécurité. S’ils n’avaient rien à faire, peut-être, mais si l’un de mes frères et sœurs leur donnait un autre ordre, ils ne m’écouteraient pas et ne les écouteraient pas.

En prenant une profonde inspiration, je laissais échapper un lourd soupir puis levai les yeux vers le plafond.

« Si cela se passe bien... si je peux convaincre Kataryna Georg de me suivre, je pourrais reprendre mon pouvoir même en ayant perdu l’armée de Brekkar. En fait, je pourrais probablement en construire une autre avec sa force. Quant à Alkelios, s’il est un humain ayant attiré l’attention de ma chevalière, sa valeur est aussi inestimable... si je peux avoir un conseiller militaire humain dans les prochaines guerres, alors les dragons n’auraient rien à craindre lors d’une autre incursion comme celui d’il y a 38 ans... mais me suivra-t-il ? Si je libère Seryanna, il devrait... mais nous trahira-t-il ? C’est ce que j’ai besoin de savoir... S’il est un humain sans valeur, alors je suppose que Seryanna vient de commettre une erreur puérile. Elle doit encore s’éveiller, alors ce n’est pas impossible. Tous les enfants font des erreurs..., » m’étais-je dit en laissant échapper un soupir.

Peut-être que c’était mauvais de penser à mes amis comme des pions dans mon jeu, mais... à ce moment-là, c’était soit cela ou souffrir la vie d’une pièce politique. Ma chasteté et ma liberté seraient échangées comme une sorte d’accord entre les royaumes... ou simplement pour améliorer les relations entre Albeyater et Embryger.

Ce n’était pas comme s’ils ne pouvaient pas utiliser une autre de mes sœurs, mais j’étais la seule parmi elles à avoir la capacité politique et militaire pour finir par être utile à Albeyater, tout en ayant si peu de soutien que personne ne s’opposerait à se que j’épouse un prince étranger.

Chacun d’entre nous avait ses propres jeux en politiques, et le mien avait fini par me faire perdre. Mais quand j’avais pensé à l’arbre généalogique de la famille royale d’Albeyater Seyendraugher et que je l’avais organisé par âge, j’avais eu un mal de tête.

Prince héritier, Charmeill 324 ans.

Second fils, Premier ministre, Prince Elovius 318 ans.

Première princesse, Natalia 302 ans.

Troisième prince, Baluth 280 ans.

Quatrième prince, Navarus 261 ans.

Seconde princesse, Joséphine 250 ans.

Cinquième prince, Dorrian 231 ans.

Sixième prince, Zadangarok 201 ans.

Septième prince, Basphermus 188 ans.

Premier prince adopté, Coshun 180 ans, morts.

Second prince adopté, Kryogan 162 ans.

Troisième prince adopté, Mostrack 160 ans.

Quatrième prince adopté, Pluvius 140 ans.

Troisième princesse, Elleyzabelle Sojourn 110 ans.

Quatrième princesse, Mayelle Kristoff 102 ans.

Cinquième princesse, Decessere Jenne 94 ans.

Sixième princesse, Noyelle Praz 92 ans

Septième princesse, Saluka Fer 86 ans.

Huitième princesse, Constance 80 ans.

Neuvième princesse, Jaquelinne 62 ans.

Dixième princesse, Corsonna 58 ans.

Onzième princesse, Neptuneya 34 ans.

Les jumeaux:

Douzième princesse, Shezelle Eska 12 ans.

Huitième prince, Ashernitz Kos 12 ans.

Mais dans cette liste, je n’avais compté aucun de leurs conjoints et donc des familles élargies, des enfants, etc.

Quand j’y pense, cela ressemble plus à une situation politique gagnant-gagnant pour tout le monde sauf moi et Seryanna. Si j’étais à la place de mon père, je n’hésiterais pas à me marier à l’un des princes célibataires de l’empire pour consolider davantage la relation entre nous. D’ici à une alliance officielle, cela ne prendrait pas trop de temps, et cela résoudrait aussi le problème actuel des campagnes agressives liées aux invasions humaines. Les armées de l’empire Embryger ne sont pas une blague. Pensais-je en regardant dans ma tête la carte politique globale de notre continent.

Notre ennemi principal était situé sur le continent humain, l’empire humain Akutan...

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