100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Chapitre 40

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Chapitre 40 : Drakaria

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Chapitre 40 : Drakaria

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Deux jours après avoir quitté l’auberge au bord du Grand Gouffre, nous pouvions finalement voir les murs géants de Drakaria.

Ce moment m’avait fortement rappelé un film de Fantasy où le héros arrivait au sommet de la colline dans de lointaines contrées, ils avaient vu la ville éblouissante qui marquait la fin de son long voyage. Quelques rayons de soleil traversaient le ciel nuageux, offrant une belle touche, tandis que le vent froid bruissait sur nos vêtements. Un seul hennissement avait échappé d’un Khosinni, et Kataryna s’était étirée.

« Wôw ! » déclarai-je en regardant la scène à couper le souffle.

« Pour voir Drakaria comme ça pour la première fois, tu es en effet chanceux, Alkelios, » fit remarquer Kléo tout en laissant échapper un soupir.

J’avais cligné des yeux de surprise et j’avais regardé en arrière.

« Ne t’occupe pas d’elle. La première fois qu’elle est arrivée ici, il faisait très chaud et elle était à bout, » déclara Seryanna avec un petit rire.

« Et toi ? » lui demandai-je.

« Hm, c’était pendant l’hiver, juste avant une grosse tempête, alors… n’est-ce pas la même chose que lorsqu’on la regarde pendant une journée normale en automne ? » Elle pencha la tête.

Sur le continent des dragons, la météo du royaume d’Albeyater était essentiellement tempérée, mais les températures étaient plus basses au nord et plus au sud, il fallait parcourir une très longue distance pour remarquer un changement. En ce qui concerne la durée de chaque saison, il semblerait que le printemps, l’été et l’automne duraient chacun deux à trois mois, la saison hivernale était la seule période s’étendant sur trois mois. Ils n’avaient pas de jour marquant le changement de saison, ils utilisaient le changement de climat en lui-même.

Ainsi, quand la première neige tombait, l’hiver commençait, et quand les fleurs montraient le bout de leurs têtes, elle était finie. L’été était marqué par l’apparition du fruit de Dios, qui ressemblait aux cerises, mais poussait dans des arbustes. L’automne commençait avec le début des chutes de feuilles. Dans l’ensemble, il y avait environ 10 mois. Du moins, de la manière dont les dragons comptaient.

Les humains comptaient apparemment en 12 mois, alors que les nains en avaient 6, un pour chaque fois que les deux lunes dans le ciel s’alignaient, avec la plus grande se tenant derrière la plus petite. Pour être juste, ce n’est que récemment que j’avais remarqué que ce monde avait deux lunes… jusqu’à présent, je croyais franchement qu’il n’y en avait qu’une. Pour une raison ou une autre, j’avais simplement pensé que cela allait ressembler à la terre, donc je n’avais jamais pris la peine de… vérifier.

Similaires aux nains, les elfes ne mesuraient pas les mois en jour, mais en saison. Ainsi, leurs années ne comportaient que 4 mois, alors que les Relliars en avaient deux : l’accouplement, le non-accouplement.

Quant à la fois dont j’étais tombé sur cette information, et bien, je pensais juste que je devrais le demander… car après tout, tant de semaines s’étaient déjà écoulées.

La fin de l’année en cours et le début de la nouvelle était quelque chose que toutes les espèces intelligentes étaient d’accord parce que c’était quelque chose qui leur avait été donné apparemment par les Dieux. Ce jour coïncidait avec la fin du 6e mois chez les nains, donc l’alignement des deux lunes était toujours un bon marqueur pour cela.

Bien, laissant cette chose compliquée de côté, nous approchions maintenant de la porte de la ville à un rythme modéré. La route principale sur laquelle nous étions reliée à d’autres qui venaient du nord, de ce côté du Grand Gouffre.

Drakaria était une ville entourée de hauts murs blancs, atteignant jusqu’à près de 30 mètres de haut, voire plus. La ville semblait fortement fortifiée et plus centrée sur les attaques aériennes plutôt que les attaques au sol. Considérant la capacité du genre dragon à passer d’une forme à l’autre, il était naturel de penser à construire la capitale de cette façon.

Le palais était situé sur un terrain plus élevé que le premier mur, avec un autre mur qui le séparait du reste de la ville. De l’extérieur, ou plutôt du sommet de la colline où nous étions, je remarquai que malgré la beauté de son exécution et la beauté de son design, le palais était fortement protégé par quatre grandes tours placées aux quatre coins.

Du nord, une rivière coulait vers la ville, se divisant en deux dès qu’elle atteignait les murs extérieurs. L’un des cours d’eau autour du mur extérieur agissant comme un fossé et se terminant avec un petit lac tandis que l’autre cours d’eau se dirigeait vers le sud, suivant une ligne parallèle au Grand Gouffre.

Malheureusement, je ne pouvais voir plus de détails que cela, mais j’avais le sentiment qu’il était divisé en parties similaires à la façon dont les anciennes villes d’Europe étaient, ce qui signifiait en une zone noble, une zone marchande et une zone commune. Au moins, c’était ce dont je présumais. Une fois à l’intérieur, j’allais demander à Seryanna plus de détails à ce sujet, pour l’instant, nous devrions juste passer par les portes.

« Eijeer Nayus Nerver Il, » déclara Seryanna et une lumière jaune brillante se forma autour d’elle, émanant de son armure.

Cela m’avait pris par surprise, surtout comme j’étais derrière elle. Un petit avertissement aurait été bien, mais une fois que c’était fini, quelque chose avait changé.

« Qu’est-ce qui vient de se passer ? » demandai-je, surpris.

« J’ai annulé le sort d’illusion qui cachait les emblèmes sur mon armure. Ils représentent mon rang, mon statut, ainsi que mon affiliation à la troisième princesse que je sers, » avait-elle répondu.

En me reculant un peu, je pouvais voir plus clairement.

C’était un bouclier gris avec une fleur de lys blanc. Quatre feuilles vertes à sa base, et une épée pointée vers le haut étaient derrière le bouclier, laissant seulement la pointe et la poignée visible. Un design plutôt intéressant, mais très difficile à dessiner à mon avis.

« Pourquoi l’épée est-elle cachée ? » demandai-je.

« Pour représenter ce que représente la princesse. C’est-à-dire la défense avant l’attaque, » expliqua la dragonne.

Je n’en demandais pas davantage pour le moment, mais je devinais qu’en révélant cet emblème, elle déclarait maintenant au monde qu’elle était de retour en service actif. Les gardes à la porte ne nous causeraient probablement pas de problèmes pour nous laisser passer. Avec un peu de chance, ils ne questionneraient même pas mon espèce.

À ma grande surprise, dès qu’ils nous avaient vus, ils avaient salué et nous avaient laissé passer sans même poser une seule question. Ainsi, nous avions traversé les énormes portes destinées à éloigner tous les méchants et indésirables.

Au moment où nous étions entrés dans la ville, une mer de dragon apparut devant nous. Des gens normaux qui vivaient leur quotidien, beaucoup portaient des armures, d’autres des vêtements décontractés. Il n’y avait pas de tension dans l’air comme celle à Toros. Les gens ne nous avaient pas jeté un regard méchant ou plutôt... ils nous évitaient. Les gardes saluèrent en passant et les enfants relevèrent la tête de curiosité. La puissance de l’emblème était certainement forte, mais je m’étais demandé pourquoi elle ne l’avait pas montré jusqu’à maintenant. Il aurait été beaucoup plus simple de traverser les précédentes villes.

« Est-ce que c’est bon ? » demandai-je après quelques instants, plissant les sourcils.

« Que veux-tu dire ? » demanda Seryanna.

« Par rapport à ce qui s’est passé là-bas. N’étaient-ils pas supposés nous demander une pièce d’identité ou exiger un droit d’entrée ? » Je pointais du doigt par dessus mon épaule.

« Non. Dès que mon emblème est visible, il est clair que je suis d’un rang plus élevé que les gardes. En tant que chevalière au service de la royauté, je suis exempte de taxes d’état et peux donner des ordres à des gardes de la ville comme je le désire, mais seulement dans une certaine mesure. Cependant, je n’ai aucune autorité sur les gardes du palais, seuls les gardes royaux l’ont, » avait-elle expliqué.

« Plus beaucoup d’autres choses, non ? » demandai-je.

« En effet, » elle hocha la tête.

« Habituellement, le prix d’entrée à Drakaria est de 5 pièces de cuivre pour une nuit, une pièce d’argent pour un laissez-passer annuel et une pièce d’or pour une résidence permanente. Sauf si tu es un noble, alors c’est la moitié. Si tu travailles au palais, alors c’est gratuit, » avait expliqué Kléo.

« Alors, pourquoi sommes-nous passés gratuitement ? » demandai-je.

« Parce que tu es avec moi. Le chevalier et leur compagnie peuvent passer gratuitement, » avait dit Seryanna, puis elle avait tiré les rênes du Khosinni, nous conduisant à une rue sur la droite.

« Où allons-nous, au fait ? » demandai-je.

« À une bonne auberge que je connais dans le quartier des aventuriers, » m’avait-elle dit.

« Quartier des aventuriers ? » avais-je demandé.

Aujourd’hui, j’étais plein de questions sans réponses ou presque.

« La ville de Drakaria est séparée au nord dans le quartier des aventuriers et des marchands. Si nous allons sur l’autre route qui menait à gauche, nous serions arrivés dans la zone commerciale. La zone de l’atelier, la zone du marché et la zone de vie des commerçants forment le quartier des marchands. Au sud d’ici, nous pouvons atteindre une porte qui nous mènera à la zone extérieure du quartier commercial, les bidonvilles, et la zone de vie des travailleurs, » avait-elle calmement expliqué.

« Le palais royal est entouré par la zone noble, où vivent la plupart des classes supérieures de la noblesse, comme les ducs et les vicomtes, » Kléo avait ajouté cette explication.

« Je pense que j’ai compris la base, » avais-je hoché la tête.

« L’auberge était située dans le quartier des aventuriers, juste à côté du Hall de la Guilde. Ils ont une bonne gestion, » Seryanna hocha la tête.

« Pourquoi allons-nous là et non au palais ? » demandai-je.

C’était une question normale de mon point de vue. Franchement, je ne voyais pas de raison pour lesquelles nous ne pourrions pas.

« Parce que je peux vous faire entrer en ville, mais je ne peux vous faire entrer au palais sans une convocation d’un des nobles ou des membres de la famille royale qui y travaillent. À moins que la princesse ne vous appelle spécifiquement, vous ne pouvez rentrer, » expliqua calmement Seryanna.

« Oh... »

Je suppose que je suis hors propos ici ? m’étais-je demandé.

Pour moi, il n’y avait pas de grandes différences entre les nobles et les roturiers, mais ceux qui m’entouraient ne le voyaient certainement pas de cette façon.

« Ne t’inquiète pas. Reste à l’écart des ennuis et attends mon retour après la fin de ma rencontre avec la princesse, » me déclara-t-elle avec un petit sourire.

J’avais hoché la tête en réponse.

« Au fait, doit-on toujours rester dans une auberge quand on est convoqué par la princesse ? » demandai-je.

« Non, » elle secoua la tête. « Parce que je suis sa chevalière, j’ai une chambre appropriée dans le palais, » répondit-elle.

« Déception… je suppose que nous ne dormirons pas ensemble ce soir ? » demandai-je en posant mon menton sur son épaule.

« Je m’excuse, » elle baissa les yeux.

« Ne t’inquiète pas pour ça ! Va faire ton travail sans t’en préoccuper ! » Je lui avais fait un baiser sur la joue et lui ai fait un sourire.

Elle hocha la tête en réponse.

Pas si longtemps après notre petite conversation, nous étions finalement arrivés à l’auberge. Elle était remplie d’aventuriers, et ils avaient même une écurie. En parlant de cela, ces locations de Khosinni n’avaient pas forcément besoin d’être ramenées à l’endroit de location. Apparemment, peu importe où nous nous étions arrêtés, aussi longtemps que nous spécifions l’endroit d’où venaient les khosinnis et signé le formulaire de retour, nous pouvions en louer un autre. Puisque l’attaque contre des bandits et la rencontre de monstres dangereux était une chose prévisible, nous paierons une amende de plusieurs pièces d’argent en cas de perte ou de mort du Khosinni.

En échange de tous ces frais, nous pourrions louer et rendre la bête à n’importe quelle écurie officielle du royaume. Par conséquent, nous ne pouvions pas en acheter un à moins d’être un fournisseur autorisé, et nous devions toujours détenir le contrat de propriété ou, au moment où nous entrions dans une écurie, il serait confisqué.

Nous avions d’abord apporté le Khosinni à l’écurie, et après que nous ayons signé le formulaire de retour, nous étions entrés dans l’auberge. Les dragons à l’intérieur, tous éveillés par leur apparence, nous regardaient rapidement et retournaient ensuite à leurs conversations. Ils n’étaient pas tous des aventuriers. Parmi eux, j’avais repéré un groupe de quatre soldats et même quelques personnes qui ressemblaient à des colporteurs ambulants.

***

Partie 2

L’établissement lui-même était assez grand, capable de contenir plus de 100 dragons à ses tables. Avec deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, le nombre de chambres était également suffisant. Là encore, c’était placé à côté du Hall de la Guilde, il était donc naturel pour eux d’avoir plus de clients que d’autres. Plus de dragons signifiaient plus d’argent, et plus d’argent était le but de chaque entreprise prospère là-bas.

En ce qui concerne l’architecture, il était fait d’un bois brun foncé. C’était solide et avec un parfum de nourriture et d’alcool déjà infusé. Comparé à la dernière auberge où nous étions entrés, celle en dehors de Toros, celle-ci n’était pas très bien décorée. Plusieurs statues en bois sculpté pourraient être vues dans la pièce, mais elles n’étaient pas toutes en bon état. L’une avait une coupure à l’avant, une autre était tachée de sang, tandis qu’une autre avait la tête noircie par le feu. Le fait que le propriétaire ne les change pas ne pouvait que signifier qu’il y avait une histoire derrière elles et peut-être qu’il attendait de le dire aux personnes intéressées.

Comme d’habitude, le barman et l’aubergiste utilisaient le même comptoir. Il y avait un dragon qui avait un tas de verres et de bouteilles à sa gauche, tandis que l’autre avait un tableau entier rempli de clés pour les chambres disponibles. Avoir un bureau de réception semblait être une perte de temps pour ces dragons.

Après Seryanna, nous nous étions approchés d’eux.

« Bonjour, Bayuk, Collentra, » la dragonne rousse les avait salués.

« Sire Seryanna ! Un plaisir comme toujours ! » répondit le dragon Bayuk avec un grand sourire.

« Oh ! Sire Seryanna, bon retour ! Comment s’est passé ton voyage à Tomeron ? » demanda l’aubergiste avec un sourire.

Ouaip, c’était une femme. Elle avait aussi une queue, mais pas d’ailes. La couleur de ses écailles était vert pâle.

« C’était agréable, » Seryanna hocha la tête.

« Et qui sont-ils ? » demanda Collentra tout en regardant par-dessus son épaule, directement vers nous.

« Des aventuriers et amis avec qui j’ai fait ce voyage. Celle-ci en revanche est ma jeune sœur. Te souviens-tu de Kléo ? » leur demanda-t-elle.

« Kléo ? Tu veux parler de cette fille espiègle ? » Demanda Bayuk.

« Acha~ ! » La dragonne en question se cacha derrière Kataryna.

« Hahaha ! Tu dois encore payer pour la farce que tu m’as faite quand tu avais cinq ans ! » lui dit Bayuk.

« Je vais… payer pour ça., » répondit Kléo.

« Pas besoin, chérie. Cette vieille queue de lézard avait peut-être un ton dur à l’époque, mais cela ne le dérangeait pas énormément, » déclara l’aubergiste dragonne en secouant la tête.

« Je comprends..., » Kléo hocha la tête.

Le fait qu’elles aient des écailles noires ne semblait pas les gêner, et les dragons ne nous avaient pas fixés jusqu’à présent.

« J’ai quelques chambres de libres, comme tu peux le voir, » Collentra pointa du doigt le mur à côté d’elle.

« Les soldats n’ont-ils pas posé de problèmes ? » demanda Seryanna en fronçant les sourcils.

« Non, » elle avait répondu en secouant la tête.

« Grâce à Son Altesse, la troisième princesse, ils n’ont aucune autorité sur cet endroit. Nous avons précisé que nous acceptons toutes personnes disposées à payer, mais les aventuriers et ceux étant affiliés à elle sont toujours les premiers à faire la queue. Cet emblème que tu nous as fait accrocher au mur là-bas est pratique de plusieurs manières, » Bayuk sourit et désigna quelque chose derrière nous.

Quand je m’étais retourné, j’avais vu une sculpture en bois ayant le même emblème que celui qui était maintenant sur l’armure de Seryanna.

« Ces camarades semblent être proches de vous deux, » avait souligné Kataryna.

« Ils étaient de bons amis de nos parents, » répondit Seryanna.

« C’est pourquoi nous gardons toujours une chambre de libre juste au cas où sa famille passerait, » avait souligné Collentra.

« J’apprécie votre gentillesse, mais il n’est pas nécessaire de nous offrir des privilèges spéciaux, » déclara Seryanna en secouant la tête.

« Non-sens ! C’est mon affaire. Et si je dis que je garderai toujours une pièce libre pour les enfants de mon bon ami, je le ferai ! » déclara Collentra en pointant un doigt griffu vers le plafond.

La dragonne avait déjà pris sa décision, et je doutais fort que nous puissions la changer.

« Notre affaire..., » la corrigea Bayuk.

« Oui, oui, ma chérie. » Il hocha la tête et tapota la dragonne sur l’épaule.

« De toute façon… combien de nuits, Sire Seryanna ? » Bayuk ignora sa femme.

« Je comprends. Utiliseras-tu ta chambre ? » demanda Collentra.

« Kléo l’utilisera. Je dois faire mon rapport au palais, alors il nous faudra trois chambres, » répondit la dragonne rousse.

Eh bien, elle avait sa chambre au palais, alors elle n’avait pas besoin d’être ici. Pas comme si elle ne pouvait pas dormir dans ma chambre ou celle de Kléo si jamais ce n’était pas le cas.

« Bien. Voici. Ce sera trois pièces d’argent. Les repas ne sont pas inclus, » Collentra avait déclaré ça en nous donnant les clés.

« Cela semble bon marché, » avais-je dit.

« Les aventuriers ont une réduction spéciale. En plus de cela, vous êtes avec Sire Seryanna. C’est tout naturel que j’ajoute une autre réduction ! » répondit joyeusement la dragonne.

« Nous obtenons ZÉRO bénéfice à cela, mais ce n’est pas comme si nous n’avions pas de chambres libres, » Bayuk souligna et regarda ensuite le mur où les clés étaient conservées.

« Effectivement. Pour nous, c’est comme si ce n’était rien, » Collentra sourit.

« En parlant de ça, pourquoi as-tu posé des questions sur les soldats, Seryanna ? » demandai-je à la dragonne en me souvenant de la conversation précédente.

« À en juger par la situation à Toros, j’avais présumé que ce nouveau général de la rumeur allait remplir les auberges de la ville avec ses troupes. Parfois, ça arrive, » avait-elle expliqué.

« Veux-tu parler de Sire Draejan Andrakaryus Doesya ? » Demanda Bayuk.

« Oui, c’est lui. » Seryanna hocha la tête.

« C’est bien le cas. L’un de ses hommes de main est venu il y a quelques jours et nous a ordonné de vider les chambres pour certains de ses commandants. J’ai haussé les épaules, et j'ai montré l’emblème sur le mur et lui ai dit avoir reçu des ordres de Son Altesse, la troisième Princesse, de ne pas écouter de telles demandes. Ils sont restés silencieux un moment, puis sont partis, mais l’un d’entre eux a dit quelque chose... » Bayuk baissa les yeux, et je pouvais y voir un signe d’inquiétude.

« Qu’est-ce qu’il a dit ? » Demanda Seryanna.

« Il a dit… “pas pour longtemps”. Je ne peux m’empêcher de me demander si quelque chose se passe au palais, » répondit Bayuk en se grattant la barbe.

Seryanna regarda l’emblème accroché au mur et plissa les yeux. Je pouvais dire que quelque chose n’allait pas, et je n’étais pas le seul.

« Quelque chose ne va pas, grande sœur ? » Demanda Kléo.

« Je ne sais pas… mais quelque chose ne va pas dans ce nouveau général. Je suis tout à fait certaine que grand-père a informé Sa Majesté de son état actuel, alors pourquoi ce général prend-il le dessus ? » se demanda-t-elle.

« Peut-être que quelqu’un est en train de comploter quelque chose dans le dos du roi ou l’a forcé à prendre cette décision ? » j’avais exprimé mon opinion, même si je ne savais pas comment la politique fonctionnait dans ce pays.

« Hm... » L’expression de Seryanna devint grave.

« Euh..., » j’ai cligné des yeux, surpris.

« Je m’excuse, mais je pars maintenant pour le palais. Êtes-vous d’accord ? » demanda-t-elle alors qu’elle me regardait, puis les deux autres dragonnes.

« Ne t’inquiète pas, grande sœur ! Nous avons même une éveillée supérieure ! » Souris Kléo.

« Une éveillée supérieure ? » Collentra cligna des yeux de surprise en regardant Kataryna.

La dragonne en question avait simplement haussé les épaules comme si ce n’était rien d’important.

« Oui, nous irons bien. Tu peux aller prendre soin de ce que tu dois faire. Quand tu voudras nous rejoindre, fais juste passer le mot, » lui avais-je fait un sourire.

Elle hocha la tête puis nous avons partagé un rapide baiser.

« Prends soin de toi, » me déclara-t-elle avec un sourire attentionné.

Après son départ, je m’étais retourné et avais vu que l’aubergiste et le barman me regardaient avec la bouche béate. En fait, il y avait quelques dragons ici nous regardant de la même manière.

« Quoi ? » avais-je demandé en étant un peu confus.

« Toi… et Sire Seryanna… COMMENT ? » Bayuk était celui ayant demandé.

« C’est arrivé comme ça, » avais-je haussé les épaules comme si de rien n’était.

« Oh, mon Dieu, quels invités intéressants nous avons cette fois ! » rigola Collentra.

J’avais penché la tête vers la gauche, mais après un moment de réflexion, j’avais réalisé qu’être dans un groupe avec une éveillée supérieure et une chevalière comme Seryanna n’était pas quelque chose de commun. C’était juste que nous nous y étions habitués et que ça ne nous dérangeait pas trop. Pour les dragons normaux, nous étions un groupe assez spécial.

Quant à moi… j’avais probablement l’air le plus normal du groupe. D’ailleurs, j’étais aussi un humain, ce qui soulevait encore plus de questions.

☆☆☆

***Point de vue de Draejan Andrakaryus Doesya***

J’avais regardé par la fenêtre de mes chambres au palais et avais vu Sire Seryanna passer les portes.

« Alors le pion est enfin arrivé, » avais-je souri.

Ce n’était pas par hasard qu’elle était ici à un moment si important. Le soi-disant tournoi n’était qu’un moyen pour moi de réorganiser mes troupes, et un spectacle agréable aux yeux du public. Les dragons respectaient la force, et j’avais l’intention d'enfoncer de force ce fait dans leur tête. Ceux qui voulaient gravir les échelons de la société devaient avoir la force de le faire.

Bien sûr, à l’insu des autres, c’était aussi un moyen d’affaiblir la faction de ma tante, la troisième princesse d’Albeyater. Je n’avais aucun désaccord officiel avec elle, mais la façon dont elle faisait les choses était indigne d’un dragon. Même son emblème était honteux pour notre espèce.

Néanmoins, elle était de sang royal, et ma propre tante, mais cela en soi m’avait permis de prendre possession de l’un de ses atouts les plus précieux… l’armée de Brekkar.

Depuis que le vieil homme était tombé malade, j’avais toujours veillé à tirer toutes les ficelles possibles pour acquérir le poste de général. Si j’échouais maintenant, alors ma prochaine chance serait dans plusieurs centaines d’années ou quand un de nos généraux tomberait au combat.

Je ne voulais pas attendre aussi longtemps, mais je n’étais pas assez stupide pour lancer une attaque sur l’un des atouts les plus précieux du royaume. Affaiblir notre armée équivaudrait à m’affaiblir.

« Sire… je crois que j’ai des nouvelles intéressantes... »

Celui ayant parlé était à l’entrée. Non, pour être plus précis, il venait de se téléporter ici. Il n’y avait qu’un seul individu pouvant le faire.

En me retournant, j’avais regardé mon esclave, un héros humain avec une capacité de téléportation.

« Parle, Kronius ! »

« Oui, maître. » Il s’inclina. « Celui qui accompagne Sire Seryanna est un héros humain comme moi. Je crois qu’il détient une capacité de renforcement. Quand nous nous sommes battus, j’ai pu le couper avec mon épée, mais quand je l’ai frappé, j’ai failli me casser le poing. »

« Jusque là, tu n’as rien dit d’intéressant. » J’ai plissé les yeux vers lui.

« Cet... humain a embrassé Sire Seryanna. » Il sourit.

Ma main tenant mon épée s’était resserrée, et j’avais laissé échapper une aura exerçant une forte pression tout autour de moi.

« Un humain a fait quoi ? » demandai-je avec colère.

***

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