Le Monde dans un Jeu Vidéo Otome est difficile pour la Populace – Tome 3

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Prologue

Partie 1

Qu’est-ce que l’amour ?

Moi, « Léon Fou Baltfault », je suis un jeune honnête, un peu réservé, qui a réfléchi à ces questions philosophiques.

Il se trouve que je suis aussi un écolier ordinaire qui s’est réincarné dans « ce » jeu, celui dans lequel j’avais été forcé à jouer contre ma volonté au cours de ma vie antérieure.

Je suis un homme vertueux qui aime la paix, mais dans ce monde de jeu, je ne suis qu’un individu lambda, un membre de la plèbe, un Mob, qui ne se démarque pas tant que ça.

Du moins, c’est ainsi que c’était censé être !

Pour une raison incompréhensible, j’ai été promu vicomte.

Étant du quatrième rang inférieur au sein de la cour royale, je m’étais retrouvé dans une situation tout à fait grandiose.

Alors que j’étais toujours un étudiant, une position très opportune en tant que vicomte du quatrième rang m’attendait.

C’est pour cela que —, je m’inquiétais des questions relatives à l’amour.

Il y a parfois le cliché où l’amour résout tout dans une histoire, et il n’y a aucun doute que tout Jeu Vidéo Otome suive bien ce modèle.

L’amour détermine tout.

Et même plus encore, le boss de fin de partie supposé invaincu aurait été vaincu par l’amour entre la protagoniste et les cibles de capture masculines, ce qui aurait eu pour résultat une fin heureuse.

Tous les problèmes sont résolus par l’amour.

L’amour est une grande réalité dans ce monde.

C’est une force plus puissante que n’importe quelle arme.

Une influence plus puissante que toute action diplomatique.

Les affaires intérieures se résoudront d’elles-mêmes tant que l’amour sera là pour aider.

L’amour, c’est important. L’amour est suprême ! L’amour sauvera le monde !

— Dans ce monde, l’amour est l’arme ultime.

Dans ce cas...

« Pourquoi en est-on arrivé là ? » m’écriai-je.

« C’est à toi de jouer, Maître, » répliqua Luxon.

Je n’avais pas du tout tort, et pourtant mon complice « Luxon » était glacial.

Il se présentait sous la forme d’une sphère métallique avec un œil rouge.

Son corps principal était un vaisseau spatial équipé d’une IA.

La sphère de la taille d’une balle molle en est une extension — un simple terminal d’ordinateur.

Il était censé être plus respectueux envers moi, son maître.

Cependant, cette chose était beaucoup trop rude envers moi.

Pourtant, il est tout à fait capable, alors je le garde à proximité, car c’est une chose effrayante qui va faire des choses vraiment horribles en crachant « Exterminons les nouveaux humains ! » si j’arrête de le regarder une seconde.

Bon sang, il n’y a que des incompétents autour de moi.

Arrêtant ma fuite de la réalité, j’avais jeté un coup d’œil à une pile de lettres qui s’entassaient sur mon bureau.

Le nombre de lettres envoyées à ma chambre de dortoir avait atteint le point où elles avaient fait une montagne.

« C’est une toute nouvelle expérience que d’avoir un tel revirement de situation, » déclarai-je.

Les expéditrices de ces lettres étaient des filles de la classe avancée de l’académie.

Bien que le contenu des lettres soit plutôt condescendant, il y en avait des plus courageuses qui écrivaient quelque chose comme « préparez une cérémonie du thé dans trois jours ».

Les filles qui ignoraient mes invitations aux cérémonies du thé jusqu’à présent avaient fait un revirement complet au moment où j’avais été promu et elles avaient écrit des lettres pour prendre l’initiative.

« — C’est trop, » murmurai-je.

Cette situation était plutôt désagréable.

C’était un peu amusant de penser que les filles qui ne faisaient pas attention à moi jusqu’à présent essayaient soudainement de se rapprocher de moi.

Cependant, le fait est que ce n’était pas l’idéal.

— Reculons un peu. C’est normal de se retirer ici. C’est très gênant.

« Ta promotion a été rendue finale avant les vacances d’hiver, » déclara Luxon.

Au cours du voyage scolaire du second semestre, des troupes de la Principauté de Fanoss avaient attaqué.

J’avais réussi à les repousser d’une façon ou d’une autre, mais les mesures que j’avais prises durant cette situation de crise m’avaient valu une promotion.

C’est pour cette raison que les filles avaient fait un revirement effrayant quand j’étais revenu à l’académie.

C’était particulièrement effrayant maintenant que je passe du deuxième semestre au troisième semestre.

« Elles ne sont pas attirées par moi, mais par mon statut et mes biens. Comme c’est vil, » déclarai-je.

« C’est une simple question de mariage entre nobles, donc dès le départ, c’est tout à fait normal que cela soit ainsi. En fait, jette un coup d’œil à cette lettre, » déclara Luxon.

— Une lettre toute seule avait flotté en l’air.

Je l’avais prise pour regarder son contenu.

Il semblerait que Luxon soit capable de vérifier le contenu d’une lettre sans ouvrir l’enveloppe.

C’était très pratique.

« Y a-t-il quelque chose d’intéressant écrit ici ? Whoa, » m’écriai-je.

Quand j’avais regardé le contenu de la lettre, c’était encore une fois terrible.

À l’intérieur de la lettre se trouvaient écrites les conditions d’un mariage avec cette fille inconnue, y compris la construction d’une résidence majestueuse dans la capitale royale qui pouvait accueillir une dizaine de personnes ainsi que le fait de s’occuper de ses amants gênants.

Les filles qui présentent des conditions si dures étaient-elles saines d’esprit ?

Mais encore une fois, je devais traiter avec les filles de l’académie.

La domination des femmes sur les hommes — c’est la réalité de « ce jeu-là ».

Quand le monde de ce jeu vidéo Otome était devenu réalité, les choses étaient si dures que j’avais ressenti l’étrange envie de rire.

« Toutes les filles sont horribles. À qui est l’enfant qu’elles ont l’intention d’enfanter ? » demanda Luxon.

« Si je devais me marier, je voudrais produire un héritier et vivre une vie libre. Ce n’est pas comme si je demandais quelque chose d’inhabituel. Je veux dire, la femme légale de mon père fait la même chose, » déclarai-je.

Est-ce que ce genre de choses est vraiment permis ?

— Malheureusement, ce monde permettait de telles choses.

C’était vraiment un monde cruel.

« C’est étonnant que les mariages soient aussi bizarres. Étant donné que les hommes sont peu nombreux, il ne serait pas étrange que le mariage soit dominé par les hommes. J’ai remarqué que c’est particulièrement mauvais pour les barons et les vicomtes, » déclara Luxon.

Les rangs supérieurs et inférieurs n’étaient pas dans une situation aussi mauvaise.

En fait, la plupart des mariages dans les familles de comte et au-dessus se déroulaient dans des conditions tout à fait normales.

Mais je ne pouvais pas être assuré qu’ils étaient tous comme ça, car il y avait aussi de mauvais ménages.

« C’est un Jeu Vidéo Otome, n’est-ce pas ? Peu importe à quel point j’y pense, je ne trouverai pas de réponse appropriée, » répondis-je.

Serait-ce cela ? Serait-ce le fait que les filles se pavanaient partout avec des serviteurs exclusifs de sous-race ?

En essayant de mettre en œuvre ce contexte de jeu dans le monde, aurait-il pu créer ce genre de réalité incohérente ?

Ça ne mène nulle part. Le fait d’y penser n’apporterait pas de réponses logiques.

Dans ce cas, je préférerais ne pas y penser.

Après avoir jeté la pile de lettres à la poubelle, Luxon m’avait parlé.

« Oh ? N’invites-tu personne à une cérémonie du thé ? En vue qui tu es, je pensais que tu prendrais le temps de faire des remarques sournoises aux filles qui ont proposé une cérémonie du thé avec toi, » déclara Luxon.

« Pour qui me prends-tu ? Une personne aussi gentille et ordinaire que moi ne ferait jamais une telle chose, » répliquai-je.

« Bien sûr, j’aimerais connaître quelle est ta définition d’une personne ordinaire. Je pense que ce que le grand public croit qu’une personne ordinaire est et ce que tu crois qu’une personne ordinaire est sont différents, » répliqua Luxon.

« Tu deviens bruyant. Peu importe, finissons-en, » déclarai-je.

Certes, j’avais pensé à être harcelant et à faire quelques remarques sournoises, mais en premier lieu, ce serait gênant d’avoir à organiser une cérémonie du thé pour les filles qui avaient fait un changement complet d’attitude.

Malgré ce que je semblais être, j’étais en vérité très occupé.

Je devais faire du thé pour Livia — la protagoniste de ce monde de jeu vidéo Otome, officiellement connue sous le nom de « Oliva. »

Je devais aussi faire la même chose avec Anjie — la fille d’un duc, officiellement connue sous le nom « Anjelica Rafua Redgrave ».

De plus, je m’attendais aussi à devoir faire du thé pour Clarisse, une étudiante de deuxième année, et Deirdre, étudiante de troisième année. Ces deux-là m’avaient aidé avec certaines choses, alors je ne pourrais pas refuser si elles me demandaient du thé.

J’avais aussi acquis des feuilles de thé de grande qualité et un service à thé magnifique, ce qui m’empêchait de refuser de telles demandes venant d’elles.

Hein ? Maintenant que j’y pense, les seules personnes avec qui je prends le thé sont des filles.

— Eh bien, peu importe.

Même si on laissait cela de côté, il y avait un plus gros problème.

Je soupçonnais que « Marie Fou Lafuan » était une fille qui s’était réincarnée ici, tout comme moi — c’est la fille cadette d’une pauvre famille de vicomte, mais elle avait été officiellement reconnue comme une sainte.

Normalement, si on connaissait ce jeu, on ne volerait absolument pas le titre de sainte.

Après tout, pour vaincre le dernier boss du jeu, le pouvoir de Livia était vital.

Il était devenu évident que je devais prendre des mesures contre Marie, qui avait ignoré ces risques et s’était fait passer pour la sainte.

« Franchement, pourquoi les choses se sont-elles passées comme ça ? » demandai-je.

« N’est-ce pas de ta faute, Maître ? » répliqua Luxon.

Cette chose avait-elle l’intention de faire de tout ça ma responsabilité ?

 

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Une fille toute seule était assise sur un banc avec une aura sombre l’entourant.

Ses cheveux longs et bleu marine étaient assez ébouriffés.

Il y avait des taches et des déchirures perceptibles sur son uniforme.

Elle s’appelait « Cara Fou Wein ».

Sa maison était celle d’un semi-baron, étant classée comme une maison de chevalier dans le Royaume de Holfault.

Elle était auparavant sous la tutelle de la famille du comte Olfery, mais la famille Olfery avait été détruite.

Le chef de famille et l’héritier avaient été exécutés pour avoir uni leurs forces à celles des pirates des cieux.

Les autres membres de la famille avaient été privés de leur statut et de leurs biens.

La fille de la famille Olfery, que Cara avait suivie, avait disparu de l’académie.

Les ménages qui étaient étroitement sous leur tutelle avaient également disparu. Pratiquement toutes les personnes apparentées à la famille du comte Olfery avaient disparu de l’académie.

Malgré cela, Cara était restée à l’école.

On pourrait peut-être dire qu’elle avait été laissée pour compte.

Bien que la vérité soit que sa maison n’avait aucun lien avec les pirates des cieux, il y avait d’autres facteurs qui contribuaient à sa situation.

Un groupe de filles était passé à côté de Cara, qui avait baissé sa tête.

« Regardez ça, c’est la traîtresse. »

« Quelle honte pour les nobles ! Elle devrait partir de là et disparaître. »

« Elle était impliquée avec des pirates des cieux, alors pourquoi est-elle toujours dans cette académie ? »

— Sa situation avait servi en quelque sorte d’avertissement pour les autres.

N’ayant pas la possibilité de quitter l’école, Cara avait dû accepter son poste actuel.

« Je — Je... »

Du point de vue de Cara, une partisane comme elle n’avait aucun droit de veto.

Elle connaissait très bien la conduite de la famille Olfery et savait aussi qu’ils se débarrasseraient de quiconque commettrait l’erreur de s’y opposer.

Cependant, maintenant que la famille Olfery avait été démantelée, elle était traitée comme une traîtresse.

« Qu’est-ce que j’étais censé faire ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? » murmura-t-elle.

Elle ne pouvait pas défier la fille de la famille Olfery.

Il était évident qu’elle aurait subi un sort tragique si elle l’avait fait.

Si elle les trahissait, il était fort probable qu’elle serait écrasée et qu’ils se vengeraient davantage sur elle.

Dans de telles circonstances, qu’aurait-elle pu faire ?

Même moi, j’ai dû supporter cette femme. Et pourtant…, pensa-t-elle.

En pleurant et en pensant à ces choses, une petite fille s’approcha du groupe.

Elle était quelqu’un de reconnu par le temple comme une Sainte — Marie.

Elle a beaucoup de partisans, pensa-t-elle.

Marie n’avait jamais eu un seul partisan jusqu’à récemment, mais après que Marie était devenue sainte, les gens s’étaient rassemblés autour d’elle.

En tant que sainte et amoureuse de l’ancien prince héritier, Marie était quelqu’un qu’il fallait côtoyer.

Il était inévitable que des enfants nobles se rapprochent d’elle.

Les filles qui avaient fait la gueule à Marie auparavant la louaient maintenant.

« Mademoiselle Marie, vous êtes toujours aussi belle aujourd’hui. »

« Comme d’habitude, vos vêtements sont magnifiques aujourd’hui. Vous avez bon goût. »

« Lady Marie, un nouveau café a ouvert ses portes. Voulez-vous le visiter ensemble ? »

Les filles de l’académie avaient fait un revirement complet d’attitude envers elle.

De plus, des serviteurs exclusifs et des garçons accompagnaient ces filles, ce qui avait fait qu’il y avait beaucoup de monde autour de Marie.

Dans une telle situation, Marie — .

« Bon sang, n’ai-je pas dit de m’appeler Marie ? » s’écria Marie.

— s’amusait beaucoup.

« Mais appeler Lady Marie comme ça, ce serait trop. »

Pendant que les filles étaient désorientées, Marie avait fait un sourire.

« J’interdis l’utilisation du Lady ou Mademoiselle entre nous. Car franchement, ne sommes-nous pas déjà des amies proches ? » demanda Marie.

« Lady Marie, comme c’est gentil ! »

« Bon sang, j’ai dit d’arrêter ça…, » déclara Marie.

Cara regarda Marie, qui demandait aux filles d’arrêter tout en profitant de son temps, et elle baissa après ça ses yeux.

Elles vont encore m’intimider si elles ne s’en vont pas bientôt, pensa Cara.

Cara, qui avait piégé les amoureux de Marie, Brad et Greg, était restée loin de Marie par crainte de représailles de sa part.

Une fille, voyant Cara, déclara d’une voix forte. « Berk ~, c’est celle qui a été une honte pour nous les nobles. »

Cara, dont les épaules frémissaient, tenta rapidement de fuir, mais fut bloquée par les garçons.

« Es-tu toujours dans cette académie ? »

« Comment quelqu’un comme toi peut-il se dire noble ? »

« C’est vraiment ennuyeux. »

Normalement, les garçons étaient réservés devant les filles, mais on leur permettait de faire ce qui leur plaisait avec Cara, alors ils avaient commencé à prendre l’offensive.

Peu à peu, les gens s’étaient rassemblés et avaient entouré Cara.

Les gens autour d’elle se moquaient d’elle quand elle avait eu peur et s’était mise en boule.

Tandis qu’elle tremblait et gémissait, Marie s’approcha.

Lorsque la main de Marie s’était approchée de Cara, cette dernière avait fermé les yeux et s’était préparée à un coup.

Cependant, peu importe combien de temps elle avait attendu, elle n’avait pas ressenti de gifle et rien ne lui était arrivé.

Alors qu’elle ouvrait nerveusement les yeux, elle avait vu Marie sourire tout en lui tendant la main.

« Hein ? » s’exclama Cara.

« Tu dois être Cara. Il s’était passé beaucoup de choses, mais soyons amies, » déclara Marie.

Les individus toute autour d’elle avait été surpris par ce que Marie avait dit et lui avait déconseillé de le faire.

« Lady Marie, voici la fille qui a mené Sire Brad et Sire Greg dans un piège. En plus, c’est une traîtresse liée aux pirates des cieux. »

Marie secoua la tête vers cela. « Il doit y avoir une raison pour laquelle elle est ici. Il semble qu’elle se soit déjà excusée, donc c’est bon. De plus, ce n’est pas bon pour tout le monde de se liguer contre quelqu’un et de l’intimider. »

Les gens autour d’elle s’étaient tus.

Après avoir parlé, Marie avait pris la main de Cara.

 

 

La petite Marie saisit la main de Cara en faisant preuve de respect.

« Alors, Cara. Toi et moi devrions être amies, » déclara Marie.

Cara était ravie. Elle versa des larmes en hochant la tête vers Marie, qui semblait pétillante.

« D-D’accord, » répondit Cara.

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Partie 2

Comme si quelqu’un pouvait te pardonner, pensa Marie.

Marie avait gardé son sourire devant une Cara qui pleurait.

Alors qu’elle parlait pour la forme, des pensées malveillantes l’emplissaient.

Il semble que Brad et Greg s’en soient chargés, mais j’aime bien la façon dont ce Mob s’est fait prendre dans le piège. Si tu deviens ma partisane, ce Mob sera certainement furieux.

Ce Mob dont elle parlait, c’était Léon, un homme à la langue aiguisée qui s’immisçait toujours dans ses projets et qui ressemblait à son frère aîné.

Marie détestait Léon depuis qu’elle avait posé ses yeux sur lui, car il lui avait rappelé des souvenirs de son frère aîné.

Si cela signifie le voir frustré, je pardonnerais volontiers à Cara. Tout bien considéré, je suis une femme tellement bonne pour pardonner à une mauvaise fille comme elle ! pensa Marie.

Elle avait arraché les cibles de capture du Jeu Vidéo Otome qui était pour la protagoniste, Olivia, également connue sous le nom de Livia.

Elle avait également enlevé le serviteur exclusif Kyle, ainsi que la position et la renommée d’être une Sainte.

C’était tout ce qu’elle avait à faire pour gagner sa vie, mais Léon était un obstacle à tout son plan.

Ce Mob me donne du fil à retordre. Mais, c’est à moi de briller à partir de maintenant. Je ne manquerai pas de me venger, pensa Marie.

Marie n’était pas très sûre des détails, mais dans ce monde —, la sainte était une existence spéciale pour le Royaume de Holfault.

En particulier, si une roturière était choisie comme Sainte, il pourrait épouser le prince héritier.

Il existait des objets que seule la Sainte pouvait utiliser et qui pourraient renforcer le pouvoir de Marie.

J’ai pris le statut de sainte de cette Olivia naïve, mais je résoudrai tout à sa place, donc ça ne devrait pas être un problème, pensa Marie. Maintenant, je me demande comment je devrais tourmenter ce Mob ? Quoi qu’il en soit, maintenant que les gens qui m’ont jadis prise à la légère essaient maintenant de bien se faire voir de moi — ça fait un peu de bien !

Les filles l’avaient auparavant regardée avec hostilité, mais elles essayaient maintenant d’être en bon terme avec elle.

Marie appréciait sa situation actuelle.

C’est bien de savoir que les gens qui me méprisaient, pensant que je ne suis pas à la hauteur de Julian et des autres ou que je ne suis qu’une pauvre noble, cherchent maintenant à gagner mon approbation ! À ce rythme, je monterai au sommet du monde, pensa Marie.

Son but était d’être la femme du prince héritier. Elle s’était demandé comment faire de Julian le prince héritier comme premier point à l’ordre du jour.

Chris était alors apparu. « Chris Fier Arkwright » — un jeune homme aux cheveux bleus, aux yeux bleus, au visage digne et portant des lunettes.

« Marie, tu étais donc ici ? » déclara Chris.

Marie se sentit à l’aise lorsque Chris s’approcha d’elle avec plaisir.

Les disciples environnants, en particulier les filles, rougissaient et se sentaient charmés en regardant Chris.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Marie.

« Je suis ici pour te remettre une lettre, Marie, » répondit Chris.

Marie, après avoir exprimé ses remerciements et pris la lettre, avait élargi les yeux en voyant qui était l’expéditeur.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Marie ? » demanda Chris.

« Eh bien, ce n’est rien. Je me suis soudain souvenue d’une affaire dont je dois m’occuper, alors je m’en vais, » déclara Marie.

N’écoutant pas les tentatives des gens autour d’elle pour l’arrêter, Marie s’était précipitée pour trouver un endroit où elle pourrait être seule.

En se cachant dans un endroit à l’abri des regards, elle ouvrit l’enveloppe avec les mains tremblantes.

« C-Calme-toi. Tout se passera bien. Je suis déjà la Sainte. Je ne sais pas ce que mon ménage va faire, mais je vais protéger tout le monde, » murmura Marie.

La lettre avait été envoyée par ses parents.

Après avoir retiré la lettre et lu son contenu, Marie s’était effondrée.

« Pourquoi est-ce que ça m’arrive !? » demanda Marie.

Tenant la lettre en pleurant, Marie ne pouvait s’empêcher de crier.

Le contenu de la lettre indiquait que ses parents utiliseraient son nom pour rembourser l’énorme dette qu’ils avaient accumulée.

Marie n’avait pas été bénie dans sa seconde vie.

Ses autres frères et sœurs utilisaient aussi le nom de Marie pour faire ce qu’ils voulaient.

Le moral de Marie, qui avait atteint leur apogée tout juste avant, était maintenant tombé à leur plus bas niveau.

« Je déteste les dettes ! » s’écria Marie.

Marie, qui avait un dédain pour les dettes après son expérience dans sa vie antérieure, avait continué à pleurer.

 

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Je me promenais dans le bâtiment de l’académie avec Livia.

Livia, qui avait les cheveux bruns clairs, marchait en tenant ses manuels et ses cahiers.

« C’est gênant d’avoir à changer de classe, » déclarai-je.

La plupart des cours à l’académie étaient pénibles, car nous devions sans arrêt nous déplacer vers chacun d’entre eux.

J’avais espéré que les enseignants seraient ceux qui passeraient d’une classe à l’autre, comme c’était le cas dans ma vie antérieure, mais non.

Livia me regarda avec ses yeux bleus. « Léon, es-tu fatigué ? »

Elle avait regardé mon état de santé, craignant que je ne sois peut-être fatigué.

Au milieu des nombreuses femmes sans cœur de l’académie, cette fille me réconfortait.

De plus, elle était la protagoniste de ce jeu.

C’était Livia qui devait être choisie comme Sainte, pas Marie.

« J’ai soudainement reçu beaucoup d’invitations, donc ça a été pénible de devoir les rejeter toutes, » répondis-je.

Quand j’avais parlé de mes problèmes avec les filles qui avaient changé d’avis à mon sujet, Livia semblait un peu ravie.

« Après tout, tu es un héros, Léon, » déclara Livia.

— J’avais été étiqueté comme un héros qui avait vaincu l’armée de la Principauté de Fanoss.

Grâce à cela, j’avais été promu malgré mes souhaits.

« Mais je ne suis pas fait pour être un héros, » répliquai-je.

« Y a-t-il des femmes qui t’intéressent ? » demanda Livia.

« Aucune. Peut-être l’année prochaine, » répondis-je.

Je déteste les filles qui font un virage de 180 degrés et qui essaient de bien se faire voir après ça, pensai-je.

« J’ai entendu dire que ta réputation s’aggraverait si tu ne tenais pas une cérémonie du thé, Léon, » déclara Livia.

« Ma réputation ? Si ça empire, c’est très bien. C’est étrange d’être traité comme un héros. En plus, avoir une cérémonie du thé avec Anjie et toi est tout ce dont j’ai besoin pour être heureux, » répliquai-je.

Quand j’avais dit qu’elle était suffisante, les joues de Livia étaient devenues légèrement rouges tout en semblant heureuses.

Cependant, cela s’était vite transformé en un regard vide, se souvenant peut-être de quelque chose.

« Mais tu as aussi invité Clarisse et Deirdre à prendre le thé, non ? » demanda Livia.

Quand Livia m’avait dit cela comme pour m’interroger, j’avais détourné mon visage de son regard.

« Hahahaha ! Ça suffit, on va être en retard en cours si on ne se dépêche pas, » déclarai-je.

« Léon, tu esquives ma question, » s’écria Livia.

Livia était étonnée de voir comment j’esquivais la question avec un sourire, mais elle était alors perplexe de voir une foule dans le couloir.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Livia.

Tout le monde se concentrait sur un tableau d’affichage devant eux.

Il y avait beaucoup de choses attachées au tableau, mais c’était étrange qu’une foule se réunisse.

« Curieuse, n’est-ce pas ? Veux-tu jeter un coup d’œil ? » demandai-je.

En regardant le tableau d’affichage à travers les écarts entre les gens, il y avait une affiche sur les études à l’étranger.

Son contenu indiquait qu’ils recrutaient des étudiants pour aller étudier dans la République d’Alzer.

« Il s’agit d’étudier à l’étranger. Ça semble l’être depuis un an, » déclarai-je.

« Un endroit étranger ? Cette académie a vraiment beaucoup d’atouts, » déclara Livia.

Une Livia impressionnée semblait un peu intéressée par ça.

Cependant, je ne pensais pas que les gens se réuniraient autour d’une affiche sur les études à l’étranger.

Alors que j’essayais de partir, je m’étais frayé un chemin à travers la foule jusqu’à ce que je repère mon ami, « Raymond Fou Arkin ». Il avait une expression un peu fatiguée.

« Souhaites-tu également étudier à l’étranger ? » demandai-je.

Quand je l’avais appelé, Raymond avait réajusté ses lunettes et m’avait regardé.

« Léon ? Attends, tu parlais d’étudier à l’étranger ? » demanda Raymond.

J’avais montré du doigt le tableau d’affichage de Raymond, qui ne semblait pas feindre l’ignorance.

« Ne regardais-tu pas l’affiche des études à l’étranger ? » demandai-je.

« Non, non. La foule ici se rassemble en raison d’un recrutement de gardes du corps, » répondit Raymond.

« Des gardes du corps ? » demandai-je.

Les gens se rassemblaient ici à cause d’un recrutement de gardes du corps ?

Mais ce n’était pas comme si l’académie était un endroit pour recruter des gardes du corps pour la royauté.

« Garde du corps de qui ? » demandai-je.

« Eh bien, ne serait-ce pas pour la Sainte ? » répondit Raymond.

Selon Raymond, le palais royal et le temple préparaient les gardes du corps pour cette Marie ennuyeuse.

« Bien qu’ils forment une escouade de gardes du corps pour la sainte, il semble qu’il y ait quelque chose d’unique cette fois-ci, » répondit Raymond.

« Unique ? Quoi ? » demandai-je.

« Tu vois, la sainte, c’est Marie, c’est ça ? Ses amants sont des gens tout à fait spéciaux, au point que non seulement le temple, mais le palais royal est également impliqué dans le processus de formation de l’escouade, » répondit Raymond.

Livia semblait comprendre. « Ça a à voir avec Son Altesse Julian et les autres, n’est-ce pas ? »

Raymond hocha la tête.

« C’est vrai. Bref, les gens font tout un plat du fait que Son Altesse Julian n’a pas fait d’erreur avec la femme qu’il a choisie. Il y a même des rumeurs que Son Altesse redeviendra le prince héritier et que la Sainte deviendra princesse héritière, » déclara Raymond.

— Au cours de la scène finale de ce jeu, la protagoniste était devenue la sainte, avait gagné la reconnaissance des gens autour d’elle, et s’était unie avec les cibles de capture dans le mariage.

Il semble que la même chose se passe malgré le fait que Marie soit la Sainte maintenant.

Quelle fille ennuyeuse !

« Donc les gens qui veulent avoir des relations avec elle essaient d’être ses gardes du corps. Cependant, je ne pensais pas que tu serais intéressé, Raymond, » déclarai-je.

Quand j’avais dit ça, Raymond avait fait un sourire amer.

« Mais c’est pour une raison différente. Je ne dis pas que je n’ai pas d’arrière-pensées, mais j’ai pensé à des mesures spéciales, » répondit Raymond.

Mesures spéciales ? Je suppose que je vais écouter ce qu’il veut dire par là.

« Les gardes du corps de la Sainte sont choisis parmi les chevaliers. Pas les chevaliers du temple, mais des chevaliers formels, » déclara Raymond.

« Donc ils ne le confient pas au temple, » déclarai-je.

« C’est vrai. À cause de cela, si quelqu’un devenait garde du corps, il aurait le titre de chevalier. Ce n’est pas tout ! Il semble qu’ils peuvent même avoir une femme, quelle que soit leur lignée, » déclara Raymond.

« — Raymond, tu veux dire…, » commençai-je.

« Oui, c’est vrai. Tout en étant reconnue comme un chevalier par le palais royal, leur femme n’a pas besoin d’être la fille d’un noble, » annonça Raymond.

Les chevaliers du temple n’étaient pas des chevaliers officiels.

Il y avait quelques nobles, mais ils étaient composés principalement de roturiers.

Certains d’entre eux étaient des nobles fatigués de la recherche du mariage et étaient devenus chevaliers du temple.

Dans bien des cas, ils étaient traités comme des décrocheurs, mais ils étaient traités comme des chevaliers formels.

De plus, puisque les personnes enrôlées comme gardes du corps de Marie étaient considérées comme des chevaliers du temple, il semblerait que peu importe d’où venaient leurs femmes.

En d’autres termes, ils n’étaient pas dépouillés de leur statut dans la société noble tout en pouvant échapper à leur recherche du mariage.

Quand j’avais regardé les garçons se rassembler autour du tableau d’affichage, ils étaient tous sérieux.

« Je postulerais immédiatement si cette fille n’était pas celle que je dois protéger ! » déclarai-je.

Je n’avais pas pu m’empêcher de me sentir frustré.

Raymond me répondit calmement. « En tant que seigneur féodal, tu ne pourrais pas postuler, Léon. Bien que je sois dans le même bateau, les héritiers ne peuvent pas être gardes du corps. »

« — Quoi ? Cette frustration n’a servi à rien, » déclarai-je.

Maintenant que j’y pense, ce serait une situation précaire d’avoir un héritier comme garde du corps de Marie.

Un tel poste ne semblait pas temporaire, donc ce ne serait pas un emploi convenable pour un garçon qui finira par succéder à un ménage.

Raymond semblait également frustré.

« Tout bien considéré, tu sembles détester la sainte, n’est-ce pas Léon ? » demanda Raymond.

« Je détesterais absolument être son garde du corps, » répliquai-je.

Pendant que Raymond était choqué, Livia remarqua qu’une personne s’approchait.

« Léon, » murmura Livia. Sentant une traction sur ma manche, je m’étais retourné pour voir Anjie marcher avec un regard sérieux.

Elle semblait un peu tendue et mal à l’aise à propos de quelque chose.

J’avais un mauvais pressentiment, mais Anjie, tout en haussant les épaules et en me disant que tout irait bien, avait parlé. « C’est ici que tu étais ? Léon — j’ai pris contact avec ma maison il y a quelque temps. »

Raymond s’était vite caché derrière mon dos quand Anjie était arrivée.

Comme Anjie était la fille d’un duc, les gens ne pouvaient s’empêcher de la considérer comme une intouchable.

« Tu as pris contact ? » demanda Livia.

Anjie, voyant une Livia inquiète, lui fit un léger sourire.

Ces deux-là étaient des amies assez proches, mais — d’après ce jeu, Anjie était censée être la méchante, la rivale et l’ennemie de la protagoniste.

Elle avait les cheveux blonds étincelants et les yeux rouges féroces.

Anjie avait une sorte d’aura autour d’elle, quelque chose qui bouleversait les gens proches d’elle.

Cependant, cette aura s’adoucissait toujours quand Livia était avec elle.

« Ne t’inquiète pas. Ce n’est pas si grave, » déclara Anjie.

Malgré cela, Anjie était nerveuse.

« Que s’est-il passé ? » demandai-je.

Anjie m’avait regardé droit dans les yeux.

Ses yeux écarlates semblaient pouvoir m’avaler tout entier.

Et aussi, c’était un peu difficile de la voir dans cet état quand sa poitrine ample était dans ma ligne de mire.

— C’est un peu troublant qu’elles aient toutes les deux la poitrine bien en place.

« Léon, c’est sérieux, » déclara Anjie.

En pensant que j’avais peut-être révélé mes pensées, j’avais eu des sueurs froides pendant qu’Anjie parlait.

« Tu as été provisoirement placé comme garde du corps de la Sainte, » déclara Anjie.

« — Quoi ? » J’avais répondu avec confusion.

♥♥♥

Chapitre 1 : Village Elfique

Partie 1

 Cela se déroulait dans une salle de conférence présente dans le palais royal.

Un certain nombre de nobles de hauts rangs et d’autres fonctionnaires impliqués s’y étaient réunis afin de pouvoir discuter de l’affaire des gardes du corps de la Sainte.

Mais là, ces individus avaient unanimement exprimé leurs plaintes au sujet du Temple.

« Les prêtres s’emportent. »

« Ont-ils l’intention de prélever le budget pour les gardes du corps de la Sainte sur les fonds du palais royal ? »

« Il y a aussi le cas de Son Altesse Julian et de son groupe. Si nous faisons l’erreur de rejeter le plan, nous ne savons pas comment ils vont réagir. »

Ils voyaient le fait que Marie devenait la Sainte comme un problème.

Selon eux, c’était la femme la plus gênante qui était devenue la Sainte.

C’était bien Marie qui avait pu s’emparer de l’ancien prince héritier et, un à un, prendre au piège les héritiers d’autres familles nobles et prestigieuses.

Il semblait que le Temple soutenait Julien, qui était tombé amoureux de la Sainte, et envisageait de le faire redevenir prince héritier.

Il était évident qu’ils essayaient de prendre le pouvoir.

Vince, le père d’Anjie, était également présent sur le lieu de la réunion.

Vince était un duc, mais comme Julian avait perdu son rang, sa faction s’était effilochée. Il avait beau être venu dans cette réunion, il n’avait finalement que peu d’influence.

Il ne faisait que surveiller la réunion et son déroulement.

Un noble de la cour royale, Bernard Fier Atlee, chuchota alors à Vince. « Est-ce que c’est vraiment correct tout ça ? »

Bernard, qui était grassouillet et avait une petite moustache caractéristique, avait ainsi demandé si Vince était d’accord avec cette situation.

« Même si je m’y opposais, ça ne changerait pas la décision. Vous le savez déjà, Monsieur le Ministre, » répliqua Vince.

Bernard était un ministre du royaume.

Il s’agissait d’un comte qui se distanciait de la faction montante, une faction centrée autour du marquis nommé Malcom Fou Frampton.

De plus, il s’agissait du père de Clarisse.

« Personnellement, je me sens un peu mal à l’aise à ce sujet puisque je lui suis redevable, mais c’est un fait qu’il est le seul individu approprié. Je ne peux m’empêcher de lui donner mon approbation, » déclara Bernard.

« Il n’est ni sous ma tutelle, ni mon élève. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, » répondit Vince en murmurant.

Pendant qu’ils parlaient, Frampton avait commencé à parler.

En réponse, les nobles avaient tous arrêté de parler.

Frampton, un marquis, était grand et mince avec de profondes rides qui marquaient son visage.

Son nez était long et sa barbe descendait jusqu’à sa poitrine.

Ses traits faciaux étaient marqués et ses yeux étaient grands, comme s’ils allaient sortir de leur orbite.

Pour le dire franchement, il avait vraiment l’air malade. Il avait dû se passer beaucoup de choses pour qu’il soit ainsi.

Bien qu’il ait essayé de cacher une partie de sa fatigue avec du maquillage, Vince pouvait percevoir son état.

« Il semble que toutes les opinions aient été exprimées. Maintenant, je voudrais faire de l’avis de ce lieu l’avis du palais royal, mais y a-t-il des objections ? » demanda Frampton.

Après que Frampton ait jeté un coup d’œil sur la salle, personne ne s’était opposé à sa décision.

Vince était dans le même cas de figure.

– Quelle farce, pensa Vince.

Il savait déjà que tout cela s’était transformé en réunion au sein de la faction et non pas en relation avec le palais royal.

Puis, Frampton regarda Vince, rétrécit les yeux et fit un sourire.

Il faisait le visage d’une personne convaincue de sa victoire.

« Il y a quelque chose que j’aimerais dire sur la maison du duc Redgrave, mais nous sommes ici pour parler du royaume. Je veux que vous le compreniez tous, » déclara Frampton.

« Vous dites ça même quand je n’ai pas exprimé d’opposition ? » demanda Vince.

Après la réponse de Vince, un jeune noble de la faction de Frampton s’était levé et avait annoncé la décision. « Eh bien, le vicomte Léon Fou Baltfault sera nommé commandant des gardes du corps de la Sainte. »

Les gens dans la pièce s’étaient alors plaints, et bien sûr, c’était totalement à l’égard de Léon.

« Ce type a-t-il été promu garde du corps de la Sainte ? »

« Au moins, on peut le localiser en sachant où sont les gardes du corps. »

« Le problème, c’est l’Artefact Perdu de ce type. Ne devrait-on pas s’en emparer avant que le Temple nous trahisse ? »

« Vous voulez dire mettre la main sur un trésor qu’il a obtenu au cours d’une aventure ? Cela va à l’encontre de la politique nationale. »

« Peut-être qu’il y renonçait de son plein gré. »

« Mais est-ce que cela se passerait vraiment bien si on faisait ça ? »

Ceux qui étaient sur leur garde au sujet de Marie avaient exprimé des inquiétudes au sujet des dispositions de Léon.

En peu de temps, de prestigieux nobles s’étaient fait piéger successivement par elle.

Selon eux, Léon serait peut-être celui qui se ferait piéger par la suite.

Si cela devait arriver, alors peut-être qu’il pencherait du côté du Temple.

Un jeune noble avait répondu avec audace à de telles voix d’inquiétude. « Je comprends ce que vous ressentez tous. Cependant, pendant les vacances d’été, il a réussi à battre en duel Son Altesse Julian et les autres, les provoquant au point de laisser le public sans voix alors qu’il s’agissait de leur deuxième duel. Puisqu’il a une telle relation avec eux, il ne se laissera pas influencer par la Sainte. »

Le noble grossier avait alors souri. « La Sainte mangeuse d’hommes n’aime pas non plus ce type. »

Tandis que d’autres comprenaient et faisaient des sourires en réponse à ces mots, Frampton leva légèrement la main.

Tout le monde se concentrait sur lui pendant qu’il parlait. « Hmm, les inquiétudes de tout le monde au sujet du Vicomte Baltfault sont cependant valables. Que diriez-vous de considérer cette affaire comme un test, un moyen de voir ses qualifications dans la gestion de la Relique Disparue ? »

Vince s’y était opposé en réponse à ces mots. « Vous parlez du fait d’agir comme des vautours et voler un trésor dans le royaume ? Marquis Frampton, ça ne restera pas impuni. »

« Duc Redgrave — non, Vince. Nous enquêtons seulement pour savoir s’il est approprié qu’il détienne une ancienne relique aussi puissante. Je ne dis pas que nous prendrons quoi que ce soit. Tout dépend de ses qualités. »

Les nobles proches de lui commencèrent à dire ce qu’ils pensaient. « En effet, laisser ce type sans surveillance serait dangereux. »

« Si on ne prend rien tout de suite, ça ne devrait pas être un problème. »

« C’est vrai. Cependant, ce pouvoir est trop grand pour un seul homme. »

« On ne peut pas dire qu’il n’a pas de mauvaises intentions. »

Le lieu de la réunion était envahi par les opinions de la faction de Frampton.

« Pas de plaintes — Vince ? Ou peut-être aviez-vous l’intention de monopoliser la puissance de cet Artefact Disparu pour vous-même ? Votre fille est très proche du vicomte Baltfault, n’est-ce pas ? » Frampton avait regardé fixement Vince.

« — Faites ce que vous voulez, » déclara Vince.

Avaient-ils l’intention de prendre l’Artefact Disparu dès le début ? Se demanda Vince.

« Je suis content qu’on ait pu s’entendre, » déclara Frampton.

Les gens qui l’entouraient considéraient Vince non pas comme le chef de l’ancienne plus grande faction, mais comme une chose démodée.

Maintenant, comment les choses vont-elles se passer ? Vince réfléchissait tranquillement à l’avenir.

 

♥♥♥

 

J’étais sur le pont de mon dirigeable nommé Partenaire.

En ce moment, je regardais Marie et ses partisans.

« — C’est vraiment la pire des situations, » murmurai-je.

Luxon flottait à côté de moi, me répondant en regardant dans la même direction. « N’est-elle pas douée pour profiter de sa vie ? En laissant cela de côté, pourquoi était-il nécessaire d’utiliser Partenaire pour ça ? »

Partenaire était mon vaisseau, modelé d’après le vaisseau spatial qui était le corps principal de Luxon.

Pour être plus précis, il avait été conçu pour imiter le corps principal de Luxon et agissait comme un déguisement.

Luxon, qui avait créé de toute pièce Partenaire, le chérissait comme s’il était son propre enfant.

Mais aujourd’hui, il était devenu nécessaire d’utiliser ce navire après la proposition de Marie de partir à l’aventure.

En raison de sa proposition, la toute première personne à qui l’on avait demandé de faire préparer un navire — n’était autre que moi.

« Je n’avais pas l’intention d’utiliser le vaisseau et de le prêter à qui que ce soit. C’est vraiment la pire situation possible. Je suis dégoûté d’avoir à suivre ces ordres, » déclarai-je.

Le simple fait de regarder Marie me faisait me remémorer des souvenirs de ma sœur cadette issue de ma vie antérieure.

Mes sœurs aînées et plus jeunes dans ma vie actuelle étaient vraiment sans cœur, mais Marie était encore bien pire.

« En tout cas, n’es-tu pas le commandant des gardes du corps de Marie, Maître ? » demanda Luxon.

« Ne parle pas de ça ! Je ne voulais pas du tout accepter un tel poste, » déclarai-je.

Dire qu’ils ont pensé à faire de moi l’un des gardes du corps de Marie.

Ces fonctionnaires du palais royal sont-ils des idiots ?

Marie, choyée par ses disciples, était vraiment heureuse et cela se faisait entendre alors qu’elle fit un grand éclat de rire.

La présence de Cara avait également attiré mon attention, mais ce qui m’avait le plus intéressé, c’était le serviteur exclusif de Marie.

Il s’agissait d’un joli garçon qui s’appelle « Kyle », un gars excentrique avec de courts cheveux blonds et de longues oreilles. Il avait l’air d’un collégien.

Il était censé être le serviteur exclusif de la protagoniste, Livia, mais il avait été récupéré par Marie.

Il avait l’air un peu insolent et semblait relativement calme pour son âge.

En ce moment, il s’était séparé de la foule, se tenant à une main courante, et regardant vers le ciel.

« Qu’est-ce qu’il y a, les disciples ont volé ta maîtresse ? » demandai-je.

Quand je lui avais parlé, Kyle s’était retourné et avait répondu. « — Pourrais-tu ne pas me parler ? Je ne t’aime pas beaucoup. » Kyle, irrité, parla sans ménagement.

Je ne tolère pas les mauvais comportements des autres, pensai-je.

Le fait d’être pris à la légère m’avait vraiment énervé.

« Ne sois pas comme ça sinon je vais te jeter par-dessus bord, » répliquai-je.

Il s’agissait d’un monde où le sol flottait dans le ciel — donc être jeté signifiait finir dans le ciel plutôt que dans la mer.

Malgré cela, Kyle avait ri avec mépris. « Que gagnerais-tu à faire une telle chose ? Tu es le genre d’homme qui se rétracte si le fait de s’en prendre à quelqu’un dans sa colère lui fait risquer une punition. »

J’avais vraiment été contrarié de voir à quel point il était précis.

En fait, je n’avais pas l’intention de le jeter par-dessus bord.

Et en plus, si je faisais ça, je deviendrais le méchant.

Tout bien considéré, je le voyais comme un gosse insolent dans le jeu, mais — maintenant que c’était le monde réel, il était vraiment très impertinent.

« Je me vengerais pour ça, » déclarai-je.

Quand j’avais laissé une remarque d’adieu, il m’avait répondu. « Ce sont les paroles d’un méchant qui s’enfuit après avoir perdu. »

Alors que j’étais sur le point de perdre mon calme, Luxon m’avait informé de quelque chose. « Maître, Olivia et Anjelica sont là. »

Après m’être retourné, j’avais pu voir une Livia ravie et une Anjelica un peu excitée qui s’approchaient de moi.

« Léon, je vois l’île flottante vers laquelle nous nous dirigeons ! » déclara Livia.

« Nous allons bientôt y atterrir. Préparons un camp près des ruines historiques ! C’est nous qui trouverons le trésor en premier ! » déclara Anjie.

Livia, aux yeux pétillants, attendait avec impatience de voir une véritable ruine historique.

Cependant, Anjie — avait comme prévu agi comme une descendante d’aventuriers.

Après avoir entendu les mots aventure et ruines historiques, il semblait que son esprit se soit totalement focalisé sur la découverte d’un trésor.

« Anjie, n’es-tu pas assez riche pour ne pas avoir besoin de trésor ? » demandai-je.

« C’est vrai. Cependant, trouver un trésor a un sens bien plus profond. J’étais si nerveuse que je n’ai pas pu dormir la nuit dernière, » répondit Anjie.

Il était assez rare qu’Anjie, habituellement mûre, se comporte comme une enfant.

« De mon côté, plutôt que de trouver un trésor, je suis plus excitée d’enquêter sur une ruine historique. Je m’intéresse à la façon dont vivaient les anciens humains, » déclara Livia.

Livia était vraiment curieuse de ce que nous allions découvrir.

La seule grâce salvatrice dans cette situation était le plaisir que ces deux-là me procuraient.

« Vous avez toutes les deux l’air bien vivantes. Il semble que la décision d’utiliser Partenaire ait été une bonne décision, » déclarai-je.

« Léon, je t’en remercie. Il y a un donjon dans la capitale royale, mais je considère qu’être un aventurier, cela signifie aussi parcourir des sites inconnus, » déclara Anjie.

– J’avais accepté la proposition de Marie parce que ces deux-là avaient également montré de l’intérêt à le faire.

Dans le cas contraire, j’aurais refusé si Marie était la seule chose que j’avais prise en considération.

Pendant que les deux filles se parlaient, Marie s’avança avec une attitude suffisante.

Elle m’avait donné un ordre en tenant ses cheveux qui se balançaient sous l’effet du vent. « Hey, l’île est en vue, alors assure-toi que tu puisses faire atterrir cette chose. Je veux bientôt pouvoir trouver un trésor. »

Au moment où j’avais regardé Marie, j’avais répondu. « Qu’est-ce que tu viens de dire ? » De l’autre côté, Marie avait eu peur et elle détourna son regard de moi.

Elle ressemblait à ma petite sœur dans les moindres détails, ce qui m’avait mis en colère.

« E-Euh, j’aimerais que vous prépariez l’atterrissage, c’est tout, » déclara Marie, plus poliment.

Aucun des partisans de Marie n’était autour d’elle alors elle était devenue nerveuse.

C’était normal. Puisqu’Anjie était là, les partisans de Marie avaient pris leurs distances.

Les yeux d’Anjie changèrent un peu quand elle regarda Marie. « — Léon est le propriétaire de Partenaire. Avez-vous une plainte au sujet de la conduite de Léon, la Sainte ? »

Alors qu’Anjie avait réduit la distance entre elles, Marie s’était rapidement repliée.

Mais à ce moment-là, Jilk Fier Memoria s’était interposé entre Marie et Anjie.

Il avait les cheveux verts et une douce aura, mais en réalité, c’était un homme au cœur noir.

Actuellement, lui et Greg Fou Seberg accompagnaient Marie en tant qu’escorte.

Les trois autres étaient occupés à faire d’autres choses ailleurs.

« Anjelica, que comptes-tu faire à Marie ? » demanda Jilk.

Jilk était le frère adoptif de Julian. De plus, il s’agissait du commandant des gardes du corps de Julian.

Mais depuis que Julian avait perdu sa position, alors que Jilk et les autres idiots étaient déshérités, leur position n’était pas très claire.

« Quoi ? Je m’informais juste pour être sûre que tout allait bien, » répliqua Anjie.

J’étais vraiment soulagé de voir qu’Anjie se retirait en douceur de la situation.

« Ne parlez pas trop fort, » répliquai-je à Jilk et à Marie. « Nous nous assurerons d’atterrir correctement et nous sommes également en train de prendre d’autres dispositions. »

« Je-Je vois, » déclara Marie.

Bien que Marie m’ait indiqué à contrecœur qu’elle m’avait compris, je pouvais comprendre, d’une certaine façon, par son expression, qu’elle ressentait le contraire.

C’est vraiment désagréable de voir que je peux comprendre ses émotions aussi facilement, pensai-je.

Au milieu de toute cette clameur, une fille aux longs cheveux noirs arriva sur le pont.

Il s’agissait d’une fille mince avec une peau pâle et des yeux rouges caractéristiques — Hertrude Sera Fanoss.

« Oh, il semble que tout le monde se rassemblait ici. Je vous cherchais tous, » déclara Hertrude.

Anjie murmura quelque chose comme si elle était ennuyée par cette vue. « Je ne pensais pas que vous viendriez. »

Hertrude était la princesse de la Principauté de Fanoss, bien qu’elle soit actuellement à moitié forcée d’étudier à l’étranger.

Luxon s’approcha de mon oreille et me parla. « Il semble qu’elle ait fouillé le vaisseau. »

« À quoi pense le royaume en allant jusqu’à me forcer à l’emmener ? » demandai-je.

La Princesse Hertrude — euh, Hertrude n’était pas exactement la personne la plus amicale et souriante au monde, surtout envers moi.

Il semblerait que cela n’avait pas été une bonne idée de taquiner l’armée en fuite de la Principauté de Fanoss pendant ce voyage scolaire en disant des choses comme « Hé, qu’est-ce que ça fait ? Qu’est-ce que ça fait pour un adulte de perdre contre un enfant ? Qu’est-ce que ça fait de perdre des chevaliers et des soldats face à des étudiants ? »

J’en avais profité pour kidnapper cette personne, faisant d’elle une prisonnière de guerre.

À cause de ça, son sourire m’avait fait ressentir une sensation qui me paralysa.

« Votre dirigeable est assez grand, vicomte Baltfault. Je me suis perdue à cause de ça, » déclara Hertrude.

« Toutes mes excuses. Bref, où est allé votre surveillant ? Vous ne devriez pas vous promener seule, » répondis-je.

« On s’est perdus de vue. Ce n’est nullement ma faute, » déclara Hertrude.

Il devait y avoir un surveillant, ou plutôt un étudiant qui la surveille, à ses côtés.

Cependant, peut-être à cause de la dispersion des élèves, elle marchait toute seule.

Luxon parla d’un ton calme. « La personne qui veille sur elle a intentionnellement laissé Hertrude seule. »

Y a-t-il une sorte de plan dans tout ça ? Ne savent-ils pas quand abandonner ? Me demandai-je.

Au moment où j’avais regardé Hertrude, elle s’était détournée de moi en me parlant. « Ne me regardez pas avec ces yeux indécents. »

J’avais peut-être donné l’impression de la regarder avec un regard indécent, mais sa silhouette élancée ne me plaisait pas du tout.

C’est aussi dommage que sa poitrine stérile soit au même niveau que Marie, pensai-je.

« – Désolé, » déclarai-je.

« P-Pourquoi maintenant, me regardez-vous avec pitié ? Pourquoi faites-vous cela ? » demanda Hertrude.

Anjie s’était interposée entre nous pour me bloquer la vue, faisant une grimace tout en exprimant son opposition. « Restons-en à cela. Nous devrions nous préparer pour bientôt quitter le vaisseau. »

Pendant que nous parlions, Partenaire était arrivé à une île flottante où vivaient des elfes.

Il était peu probable que le port puisse accueillir un navire aussi gros que Partenaire, et une fois sur place, Luxon avait commencé les préparatifs pour le débarquement.

 

♥♥♥

 

Lors de l’atterrissage sur l’île elfique, les filles avaient donné des instructions pendant que les garçons portaient leurs bagages. Pendant ce temps, leurs serviteurs exclusifs se tenaient à leurs côtés.

« Hé, ne traite pas mes bagages avec autant d’insouciance. »

« D-Désolé. »

Personne n’aurait jamais pensé à faire porter la cargaison par les esclaves.

La raison était simple. Pour ces filles, leurs serviteurs exclusifs étaient des esclaves, mais en même temps leurs amants.

Les garçons savaient qu’ils auraient des problèmes s’ils essayaient de donner des ordres aux serviteurs exclusifs. Ainsi, ils n’avaient pas tenté leur chance en le faisant.

Alors que les garçons étaient occupés à déplacer le matériel, je m’étais retrouvé empêtré avec un individu problématique.

« Commandant, veux-tu que je te porte ces bagages ? »

Greg, celui qui m’avait parlé, semblait plus proche qu’avant, ou plutôt — il agissait comme si nous étions amis.

« Ne m’appelle pas commandant. Je n’étais pas d’accord avec une telle chose, » répliquai-je.

« N’es-tu pas le commandant des gardes du corps ? Dans ce cas, tu es notre commandant. Je t’en remercie, commandant, » déclara Greg.

C’est triste. Dois-je vraiment être le commandant de ces gars ? Me demandai-je.

Hertrude me regarda tandis que la personne qui la surveillait se tenait à côté d’elle.

« Le royaume est assez cruel, » Hertrude avait déclaré ces brèves paroles après avoir vu les autres filles agir ainsi.

« Est-ce différent en Principauté ? » demandai-je.

« Il est impossible que les résidents de la principauté aient un comportement aussi grossier, » répliqua Hertrude

Si ce que Hertrude a dit est vrai, alors je veux tout de suite demander l’asile à la principauté, pensai-je. Mais je ne peux pas faire ça.

« La principauté était à l’origine un territoire du royaume, n’est-ce pas ? Alors pourquoi est-ce différent ? » demandai-je.

La principauté appartenait à l’origine au royaume, mais elle était devenue indépendante, ce qui avait conduit à la relation présente entre eux.

« J’ai de la peine pour vous. Surtout vous, Vicomte Baltfault, » déclara Hertrude. « Votre future épouse s’entourera ouvertement d’amants de sous-race. De telles femmes vulgaires n’existent pas dans la principauté. Si vous émigrez de notre côté, je peux vous assurer que vous serez traité en héros. »

Greg, l’entendant parler, avait endurci son regard.

Ne me demandez pas de fuir dans un autre pays pendant que les gens regardent. — Mais j’en ai un peu envie, pensai-je.

Marie s’approcha alors que Hertrude était au milieu de ses moqueries.

« Qu’est-il arrivé à la chasse au trésor ? Dépêchons-nous d’y aller, » déclara Marie.

Hertrude s’étonnait de l’agaçante Marie et de sa fixation sur les trésors.

« Vous êtes la Sainte, n’est-ce pas ? Je commence à me demander si vous n’êtes pas trop attachée à l’argent, » déclara Hertrude.

En entendant les paroles d’Hertrude, Marie — .

« Qu’est-ce que vous en savez !? De mon côté — mes parents m’ont endettée à mon insu et maintenant je dois tout rembourser ! En plus, c’est vraiment douloureux de ne pas avoir d’argent ! » s’écria Marie.

Je détestais Marie, mais je ressentais un peu de sympathie à l’égard de sa situation.

Greg avait alors réconforté Marie. « Marie, tout ira bien. Julian et les autres travaillent, alors on va régler ta dette. »

Trois des cinq idiots n’étaient pas là puisqu’ils s’activaient pour le bien de Marie.

La misérable maison de Marie avait acquis des dettes à son nom après être devenue la Sainte.

De plus, ils avaient forcé Marie à rembourser leur dette antérieure.

Après avoir entendu parler de sa situation — c’était tellement pitoyable que j’avais même pensé qu’il serait bon de l’aider un peu.

Marie était à bout de nerfs pendant qu’elle parlait. « C’est douloureux de ne pas avoir d’argent. Mes chaussettes ont des trous et je ne peux pas les remplacer, je ne peux même pas acheter le nécessaire. Je ne sais pas où je pourrais réduire davantage mes dépenses. »

En voyant l’expression lugubre de Marie alors qu’elle se plaignait, j’avais pensé de mon côté. Peut-être que cette fille est maudite.

C’est assez. Même Hertrude ne savait pas comment réagir.

Hertrude avait alors dit. « Eh bien, je suis désolée pour vous » à Marie quand elle parlait des trous dans ses chaussettes.

J’avais alors réfléchi à quelque chose en regardant les garçons autour de moi qui étaient au travail.

« Nous devrions d’abord parler aux habitants de cette île. Mais où devrions-nous aller pour ça ? » demandai-je.

Alors que je réfléchissais à la façon de traverser une île inconnue où vivaient des elfes, Kyle avait levé la main.

« Je vous guiderai. C’est ma patrie, » déclara Kyle.

♥♥♥

Partie 2

Nous avions traversé une forêt pendant que Kyle nous guidait.

Marie avait vraiment été surprise d’apprendre que cette île flottante était aussi la patrie de Kyle.

— Il semblerait donc qu’elle ne le savait pas non plus.

« Kyle, si c’était ton lieu d’origine, tu aurais dû me le dire. J’aurais préparé un cadeau, » déclara Marie.

Il semblerait qu’elle avait l’intention de veiller sur son serviteur exclusif pendant qu’il visitera sa maison, mais ne serait-ce pas une situation risquée pour Kyle ?

Il avait été acheté comme esclave et il retournait maintenant dans sa ville natale avec sa maîtresse.

Va-t-il la présenter à sa famille en disant « Ceci est ma maîtresse ! » ?

— Je détesterais devoir faire ça.

Kyle marchait devant, mais il agissait de la même manière que quand je l’avais vu sur le pont de Partenaire.

Même si c’était son pays natal, il n’avait pas du tout l’air d’y prendre plaisir.

« Aucun cadeau n’est nécessaire, » déclara Kyle, froidement.

Il avait l’air un peu sombre alors qu’il marchait devant nous.

S’inquiétant pour Kyle, Livia m’avait consulté. « Léon, quelque chose ne semble-t-il pas étrange chez Kyle ? Il rentre chez lui, alors pourquoi est-il si déprimé ? »

Contrairement à l’insouciante Marie, Livia regardait de près l’état mental de Kyle.

« Peut-être qu’il ne veut pas venir à la maison pour une raison inconnue, non ? » demandai-je en réponse.

Contrairement à Marie, Livia était vraiment gentille.

Quant à Anjie — .

« Est-ce une forêt où vivent les elfes ? Je ne savais pas qu’il y avait un donjon ici, mais je suis un peu excitée, » déclara Anjie.

— Elle était vraiment tendue et excitée par ce qui l’attendait.

Pendant ce temps, Marie était sérieuse. « Tout se passera bien. Si je peux gagner gros ici, je pourrais me débarrasser de mes dettes. N’est-ce pas plutôt opportun ? Ensuite, je pourrais acheter des bonbons sur les étals populaires et manger des desserts pour mon dîner pendant la soirée. Je dois aussi m’acheter de nouveaux vêtements. Les autres sont déjà miteux et usés. »

C’était vraiment triste d’entendre le monologue de Marie alors que nous avancions là.

J’étais en colère contre Marie, qui avait triché pour devenir la Sainte, mais pourquoi était-elle si malheureuse ?

Quelles mauvaises choses avait-elle faites dans sa vie antérieure pour mériter d’être endettée tout en ayant besoin de payer ses frais de subsistance en tant que Sainte ?

Jilk et Greg marchaient derrière elle tandis qu’un groupe de filles marchait entre eux.

Hertrude, qui semblait troublée, marchait seule un peu plus loin.

« Tu aurais pu nous attendre sur le navire, » déclarai-je.

« Je peux faire ce que je veux. En plus, maintenant que nous avons fait tout ce chemin, je veux regarder les ruines historiques, » répliqua Hertrude.

La haute direction du royaume ne devrait-elle pas se méfier du fait que cette fille ait eu carte blanche ?

Nous avions continué par un chemin rectiligne dans cette forêt.

Luxon, flottant près de mon épaule, regarda la route. « Maître, que sont exactement — les elfes ? »

« Une race fantastique. T’intéressent-ils ? » lui demandai-je en réponse.

« Les elfes n’existaient pas dans mes données. Alors que j’étais en attente, une créature est soudain apparue, se révélant être un elfe. N’y a-t-il pas de quoi être curieux ? » demanda Luxon en réponse.

Je n’en étais pas vraiment conscient, donc je n’étais pas particulièrement intéressé par ça.

« De plus, il convient également de noter qu’elles ne peuvent pas se reproduire avec des femelles humaines. Cependant, dans le cas des hommes —, » pendant que Luxon parlait, Kyle montrait un village qui était maintenant visible.

« C’est la ville où je suis né et où j’ai grandi, » annonça Kyle.

Marie était devenue tout excitée. « Wôw ~ ~, comme c’est beau ! »

À première vue, le village était calme, mais il semblait aussi assez développé.

Les bâtiments étaient pour la plupart des maisons en rondins et le village présentait un sentiment d’unité.

Tous les villageois que nous avions vus étaient beaux et avaient de belles silhouettes et de beaux visages.

Plusieurs villageois elfes portaient des vêtements qui s’accrochaient étroitement à leur corps.

Jilk plaça sa main sur son menton et commença à se vanter de ses connaissances.

« Les elfes sont fondamentalement bien-aimés, mais ne semblent pas juger la beauté par les apparences comme le font les humains, » déclara Jilk.

Marie et Greg avaient tous les deux fait des visages choqués.

— Il semblerait qu’ils ne le savaient pas. Je n’étais pas non plus au courant.

« Oh, vraiment ? » demanda Marie.

« C’est vrai. Ils jugent en se basant sur le pouvoir magique que l’on détient. De ce fait, ils n’ont pratiquement aucune préférence en termes d’apparence, » déclara Kyle.

Bien que tout le monde s’intéressait aux elfes qui jugeaient les autres en fonction de leur pouvoir magique, Kyle n’avait rien dit de plus.

Comme il s’agissait d’elfes dont nous parlions, une explication un peu plus détaillée aurait été le bienvenu.

J’avais essayé de l’appeler pour en savoir plus sur son état. « Quelque chose ne va pas ? »

« Ne me parle pas. Si tu essaies de satisfaire ton sentiment d’autosatisfaction en faisant semblant de t’inquiéter pour moi, alors arrête. Je déteste les gars comme toi qui ont tendance à se faire des idées, » répliqua Kyle avec mépris.

J’avais senti mon visage bouillir face à cette réponse.

« Et je déteste les petits morveux comme toi. Pourquoi ne vas-tu pas trouver ta maman et lui présenter Marie, tu peux même lui dire “Ceci est ma maîtresse”, » répliquai-je.

Après ça, Kyle soupira et parla comme s’il me regardait de haut. « Il semble que tu ne le saches pas. Mais pour les elfes, être esclave est synonyme de travail loin de chez soi. Bien qu’esclaves, nous sommes traités décemment, bien mieux que vous autres à l’académie. »

C’était vraiment comme il l’avait dit, mais l’entendre dire ça m’avait rendu furieux.

Luxon semblait étrangement convaincu.

« C’est intrigant. Donc les elfes voient ça comme un travail loin de chez eux ? Je comprends, » déclara Luxon.

Jilk avait ajouté un commentaire à cette explication. « Les elfes semblent avoir une durée de vie plus longue que les humains. Quelques décennies ne sont pas grand-chose pour eux. »

Travailler loin de chez vous pendant quelques décennies ? En laissant ça de côté, il y a quelque chose à propos du discours de Kyle qui m’intriguait.

C’était les sentiments de quelqu’un qui entendrait comme quoi l’esclavage serait perçu ainsi par les autres.

En entendant le mot esclave, on pourrait supposer que le traitement serait horrible, mais en tant que serviteurs exclusifs, ils étaient traités d’une manière vraiment bonne.

— En effet, les garçons seraient jaloux d’obtenir un tel traitement.

En nous voyant approcher du village, l’un des elfes du village s’était dirigé vers nous.

Nous avions vu un peu après qu’il s’agissait d’une belle jeune femme aux cheveux verts et aux yeux jaunes.

Avait-elle le même âge que nous ? En tout cas, c’était une petite femme.

De plus, tous les regards s’étaient tournés vers son buste, qui était grand par rapport à son corps.

« Kyle ! » La femme avait agité la main et s’était précipitée vers nous, semblant connaître Kyle.

Alors que la femme s’approchait, Kyle avait ajusté sa posture et s’était dirigé vers Marie alors qu’elle parlait avec Jilk.

« Marie, cette femme est ma mère. Elle s’appelle Yumeria, » déclara Kyle.

— Quoi ? Sa mère !?

Les elfes possédaient une apparence beaucoup plus jeune que leur âge réel. Se pourrait-il que Kyle soit aussi un vieil homme à l’intérieur ? Dans ce cas, il pourrait être dans le même cas que moi.

« Euh, oh ! E-Enchantée de vous rencontrer ! » déclara Marie.

Lorsque Marie, confuse, lui parla, la mère de Kyle, Yumeria, devint elle aussi confuse et inclina la tête.

C’était très apaisant de voir les deux s’incliner l’une vers l’autre.

Kyle avait expliqué la situation à Yumeria tout en semblant désintéressé. « Tout le monde veut entrer dans les ruines historiques de ce village. Nous avons besoin de l’autorisation du chef du village, alors nous nous dirigeons vers vous pour vous saluer. Sur ce, veuillez nous excuser. »

« Dis-moi, Kyle. Tu es parti longtemps, mais tu n’as pas besoin de parler comme si nous étions des étrangers —, » déclara Yumeria.

« Je ne peux pas faire ça, je suis en plein travail. »

L’attitude de Kyle était peut-être appropriée en tant que serviteur, mais il était un peu froid envers sa mère.

L’expression de Yumeria s’était assombrie.

« Tu n’as pas besoin d’être si froid. C’est la ville d’où tu es parti depuis si longtemps, n’est-ce pas ? » déclarai-je.

Kyle ricana en réponse à mes paroles.

« Quelque chose te tracasse ? » demandai-je.

« Ne te familiarise pas trop avec moi. Je suis le serviteur exclusif de Marie, et je ne vais pas m’entendre avec des gens comme toi, » déclara Kyle.

Greg était un peu irrité par l’étrangement sévère Kyle.

« Hé, tu vas trop loin. Baltfault est notre commandant. »

Marie semblait aussi prêter attention à l’attitude étrange de son propre serviteur exclusif.

« Kyle, ne cherche pas la bagarre. Tu as été bizarre aujourd’hui pour une raison inconnue, » déclara Marie.

« Je suis le même que d’habitude. La maison du chef du village est ici, » déclara Kyle.

Kyle avait marché devant, sans même jeter un coup d’œil à Yumeria.

Livia avait parlé à Yumeria avec inquiétude. « Kyle est bizarre depuis notre arrivée sur cette île. Euh, peut-être qu’il se sent mal. »

Cependant, Yumeria avait fait un sourire triste avant de parler. « C’est correct. C’est de ma faute. Je suis après tout une inadaptée inconvenante, une mélangée, » déclara Yumeria.

Ces mots m’avaient traversé l’esprit pour une raison bizarre.

 

♥♥♥

 

La résidence du chef du village était grande.

Après avoir posé des questions sur ça, nous avions entendu qu’il y a plusieurs décennies, à son retour au village après avoir terminé son travail de serviteur exclusif, le chef du village avait reçu une rémunération importante et avait construit sa résidence.

Il s’agissait d’un elfe qui ressemblait à un jeune homme avec une barbe et il semblait encore être dans la vingtaine.

« Voulez-vous visiter des ruines de ce village ? » demanda-t-il.

J’avais parlé seul avec le chef du village, en tant que représentant du groupe.

Tous les autres attendaient dans une salle de réception.

« C’est vrai. Est-ce possible ? » demandai-je en réponse.

« Les ruines sont un lieu sacré pour le village, donc ce serait difficile. Vous ne pourrez pas obtenir la permission aussi facilement. Je ne pense pas que les autres chefs de village le permettraient, » répondit-il.

Des villages elfes étaient éparpillés dans toute l’île flottante. Il semblerait que ce genre de décision était prise collectivement.

« De plus, la chef du collectif est assez têtue. Il ne fait aucun doute que vous devrez faire face à l’opposition pour entrer dans les ruines, » déclara le chef de ce village.

« La chef du collectif ? » demandai-je.

« Il s’agit d’une vieille femme dont le point fort est la divination. J’ai entendu dire que dans le passé, il y avait beaucoup d’invités qui visitaient la chef du collectif, mais son pouvoir s’est affaibli et il y a souvent des moments où ses divinations ne sont pas exactes, » répondit-il.

Je me fiche de cette histoire de voyance, mais c’est un problème si on ne peut pas entrer dans les ruines historiques, pensai-je.

« Je suis désolé, mais vous devrez peut-être abandonner. Cependant, nous visitons fréquemment les ruines et nous n’y avons trouvé aucun trésor. Toute recherche serait infructueuse, » déclara le chef.

« Hein ? » demandai-je, surpris.

« Nous les elfes, nous sommes libres d’y entrer et d’en sortir comme bon nous semble, et il y a même beaucoup d’individus qui y vont sur un coup de tête. Nous nous sommes épuisés à y chercher, mais contrairement aux espoirs de chacun, il n’y a pas de trésor là-bas, » répondit le chef.

— Est-ce que ça pourrait être différent du jeu ? Me demandai-je.

Pendant que j’y réfléchissais, un bruit furieux se fit entendre de la porte.

Une femme elfe fit irruption sans attendre de réponse.

« Chef du village, c’est la chef du collectif ! »

Le chef du village avait pris un bibelot présent sur sa table, et il l’avait jeté à la femme.

« Argh ! »

Voyant l’objet s’écraser sur la femme et tomber, j’avais jeté un coup d’œil vers le chef du village.

Cependant, le chef du village m’avait ignoré et avait commencé à se disputer avec la femme.

« Quelle insolence ! Vous vous précipitez ainsi, et vous entrez de cette manière ici ! Combien de fois dois-je vous le répéter ? Excusez-vous auprès de l’invité ! » s’écria le chef du village.

Le chef du village s’était alors dirigé vers la femme et avait commencé à lui donner des coups de pied.

En voyant cela, je m’étais empressé d’intervenir. « Qu’est-ce que vous faites !? »

Le chef du village avait balayé ma main sur le côté et s’était détourné avec un regard méprisant.

Ces yeux qu’il avait étaient les mêmes que ceux des serviteurs exclusifs lorsqu’ils faisaient face aux garçons de l’académie.

« Ne soyez pas une nuisance. C’est une étiquette importante pour les elfes. Si nous ne faisons pas attention, les enfants apprendront les mauvaises manières et cela signifia que leur valeur en tant qu’esclave diminuera, » annonça le chef du village.

— Il semble que je ne comprenne pas tout à fait la situation des elfes, mais c’est trop dur.

Le fait de voir cette scène m’avait vraiment mis mal à l’aise.

« C’est un spectacle révoltant devant un invité, » déclara le chef du village.

J’avais fait de mon mieux pour être courageux.

« Je suis désolé pour ça. Alors, c’est quoi le problème ? » demanda le chef du village.

La femme avait versé des larmes en nous informant que la chef du collectif susmentionné était venue dans le village.

 

♥♥♥

 

Nous nous trouvions en ce moment au centre d’une place du village.

Les elfes rassemblés étaient tous de beaux hommes et femmes.

Parmi eux, une petite elfe bien plus vieille portait une grande canne pour se soutenir.

Son dos était courbé et il était difficile de dire si ses yeux étaient ouverts ou fermés.

La vieille femme aux cheveux gris murmura quelque chose à une femme portant la même tenue autochtone.

La femme elle, qui la soutenait, avait alors transmis son message.

« Je vais vous transmettre les paroles de la chef du collectif. N’entrez plus dans les ruines. Si vous faites ça, vous encourez la colère du vieux Seigneur-Démon, » déclara la jeune femme.

Le chef du village était complètement perdu.

Je suppose que la chef du collectif est dans une position supérieure, et sa façon de parler est différente de celle de la femme, pensai-je.

« Chef du collectif, qu’entendez-vous par Seigneur-Démon ? Tout d’abord, les gens d’autres villages n’entrent-ils pas aussi dans les ruines ? » demanda le chef du village.

La chef du collectif avait murmuré quelque chose.

En écoutant ses paroles, l’elfe avait repris la parole. « Pensez-vous que la chef du collectif ne sait rien ? Elle sait que vous êtes tous très impliqués dans les ruines. La chef du collectif laisse un message. N’entrez pas en contact avec ce qui est tabou. N’entrez pas dans la terre sacrée des elfes. »

Les elfes environnants avaient été choqués, mais la chef du collectif et la femme étaient sérieuses.

Luxon, qui flottait près de mon épaule, semblait également choqué. « Une divination, c’est ça ? »

« Quoi ? Ne crois-tu pas en ce genre de choses ? » demandai-je.

« Serait-ce possible ? Il y a certainement des individus avec des pouvoirs étranges. Tu es l’une de ces personnes, Maître, » répondit Luxon.

Du point de vue de Luxon, je serais en effet un phénomène non scientifique puisque je garde des souvenirs de ma vie antérieure.

Il semblerait y avoir une certaine divergence entre ce que le chef de village avait dit et ce que la chef du collectif avait dit.

Peut-être que les elfes ne sont pas libres d’entrer et de sortir comme bon leur semble ? Me demandai-je.

D’après ce qu’avait dit la chef du collectif, personne ne pouvait s’approcher des ruines.

En outre — .

« Au fait, sais-tu quelque chose sur un Seigneur-Démon ? » demandai-je.

« Pose-toi la question, Maître ? Est-ce qu’un Seigneur-Démon apparaît dans le Jeu vidéo Otome ? » me demanda Luxon en retour.

« Il n’y a pas de Seigneur-Démon dans ce jeu. C’est bien pourquoi je suis vraiment inquiet, » répondis-je.

Se pourrait-il que la chef du collectif devienne sénile ? Me demandai-je.

Elle était peut-être une devineresse compétente dans le passé, mais il y avait de plus en plus d’elfes qui étaient soit suspicieux, soit vraiment négatifs face à sa divination, plutôt que ceux qui étaient à moitié persuadés.

Le regard froid de la chef du collectif passa des elfes à Marie.

« Hé ! Cette agitation est agaçante ! Quoi qu’il en soit, que quelqu’un m’emmène aux ruines historiques ! Je dois absolument trouver —, » commença Marie.

Les yeux de la chef du collectif s’écarquillèrent alors que Marie, effrayée par ses dettes, s’avança.

Elle avait parlé à la femme à côté d’elle, puis cette femme nous avait transmis le message.

Elle semblait surprise et choquée.

« Êtes-vous une Sainte ? » demanda la femme elfe.

« Oh, ça se voit ? Oui, je suis une Sainte. Si vous comprenez cela, alors —, » répondit Marie.

Avant que Marie n’ait pu terminer, la femme avait parlé.

« Vous avez le droit d’entrer dans les ruines. La Sainte va emmener le vieux Seigneur-Démon. C’est l’avenir que la chef du collectif a prévu ces derniers mois, » déclara la femme.

Marie inclina la tête dans la confusion alors que les elfes qui l’entouraient devenaient agités.

« Seigneur-Démon ? Je ne connais aucun Seigneur-Démon, » murmura Marie.

Selon moi, c’est toi qui es comme un dernier Boss du jeu. Je pense que tu serais bien appropriée pour être le Seigneur-Démon, pensai-je.

Ou plutôt, il semblerait que la chef du collectif soit devenu sénile et ait perdu son contact avec les divinations.

Marie n’était pas une vraie Sainte, car c’était Livia qui l’était.

— Le Seigneur-Démon doit aussi être un malentendu, pensai-je.

Je m’étais tourné vers Luxon qui exprimait sa propre opinion. « Serait-ce à propos de Julian ? Il est de la royauté et les descendants des nouveaux humains utilisent la magie. Si le fait d’être un membre de la royauté signifie être capable d’opérer les rouages de la magie, il est possible qu’il puisse adopter le titre de Seigneur-Démon. »

« Je comprends ce que tu dis, mais Julian n’est pas là, tu sais ? » répliquai-je.

« Je suis aussi perplexe. En supposant que la divination de la chef du collectif soit vraie, il y a une possibilité qu’elle soit liée à Julian, » continua Luxon.

Mais ce type n’est pas encore roi. À ce rythme, il redeviendra prince-héritier grâce au travail de Marie, et sera probablement roi à l’avenir, mais — ce type serait un seigneur-démon ? Ce serait un misérable Seigneur-Démon que même moi je pourrais battre.

La femme avait parlé aux gens autour d’elle au nom de la chef du collectif. « Le temps du jugement est venu. Cette île coulera-t-elle ou restera-t-elle ? Toutes les autres personnes n’auront pas le droit d’intervenir. La chef du collectif ordonne à tout le monde de ne pas bouger et d’attendre l’heure prévue. »

Après ça, la chef du collectif et l’autre elfe quittèrent le village.

En regardant leurs silhouettes de dos, j’avais parlé à Luxon. « Cela signifie-t-il que nous avons la permission d’entrer dans les ruines ? »

« Ça évite bien des ennuis. Il semble que nous n’aurons pas à forcer l’entrée ou à envahir la zone, » répondit Luxon.

« Ne pensais-tu pas à des choses si dangereuses ? » demandai-je.

« En effet. Et alors ? » répliqua Luxon.

C’était comme si Luxon me demandait « Ça te pose un problème ? »

♥♥♥

Partie 3

Maintenant que nous avions la permission, nous avions décidé d’aller dans les ruines historiques.

Cependant, je me sentais découragé alors que je regardais dans les ruines se trouvant maintenant tout autour de moi.

« — Il n’y a rien, » murmurai-je.

Il y avait une zone avec des racines d’arbres et du lierre rampant le long des murs et du sol. Cela me semblait être un bâtiment moderne qui avait vieilli, mais pour Livia, c’était un site ancien empli d’aventures à vivre.

Pour le dire franchement, Livia était la seule à être ravie.

« Incroyable ! Regarde Léon, des objets de cette forme ont été trouvés dans d’autres ruines anciennes. La forme est un peu différente, mais cette chose près de la porte est caractéristique des sites anciens ! » déclara Livia.

« — Je… Je vois, » répondis-je en la regardant.

L’objet auquel elle fait référence était un lecteur de cartes.

La machine, qui lisait les cartes d’accès, était déjà cassée et n’était là que comme décoration.

Luxon regarda la joyeuse Livia et me posa une question. « Il vaut mieux ne pas lui dire la vérité, n’est-ce pas ? »

Livia avait l’air heureuse en se demandant ce que cet objet pouvait bien servir.

Il semblait que Luxon s’inquiétait de savoir s’il devait dire à Livia qu’il s’agissait d’un appareil de lecture de cartes.

« Cela pourrait lui faire plaisir si tu lui disais, » déclarai-je.

« Il y a aussi du plaisir à la faire découvrir par elle-même. Tu ne comprends vraiment rien, Maître, » déclara Luxon.

« Tu es vraiment une chose terrible, n’est-ce pas ? » répliquai-je.

« Pas autant que toi, Maître, » répliqua Luxon.

Luxon tourna alors sa ligne de mire vers Anjie et les autres.

« N’y a-t-il vraiment pas de trésors ? Eh bien, voir des ruines historiques est en soi digne d’être mentionné, mais — n’y a-t-il vraiment pas de trésors ? » demanda Anjie.

Elle semblait déprimée non seulement parce qu’il n’y avait pas de trésors, mais aussi parce que le lieu avait déjà fait l’objet d’un examen approfondi par d’autres individus.

Jilk était dans le même état d’esprit. « J’avais de l’espoir lorsque j’ai appris qu’il y avait des ruines historiques appartenant à des elfes, mais il n’y a rien ici. »

Greg semblait avoir renoncé à la possibilité d’obtenir un trésor. « Vous pensiez vraiment qu’on trouverait des ruines avec un trésor si facilement ? C’est amusant en raison des chances de ne rien trouver. Mais c’est aussi assez nouveau pour nous d’aller aussi loin et de ne rien trouver. »

Étonnamment, Hertrude semblait aussi déçue. — Avait-elle vraiment hâte d’en trouver ?

« Oh ? As-tu vraiment mis de l’espoir dans ça ? » demandai-je.

« C’est ce que j’ai fait. Quelque chose ne va pas avec ça ? » demanda Hertrude.

Comme elle m’avait répondu, j’avais continué à converser avec elle. « Non pas que ce soit mauvais, mais je trouve ça surprenant. »

« La principauté est un ancien territoire du royaume. Comme vous, nous admirons aussi les aventuriers, » déclara Hertrude.

Alors, pourquoi diable la situation était-elle si différente en ce qui concerne la recherche sur le mariage dans ce pays ?

« Quand tu as entendu parler des ruines, n’aurais-tu pas voulu t’y aventurer ? » demandai-je.

« Malgré ce que les choses peuvent paraître, j’ai de telles opinions. Après tout, de telles opportunités sont rares, » répondit Hertrude.

N’est-ce pas mignon ?

Hertrude, qui détournait son regard tout en semblant embarrassée, ressemblait à une fille de son âge.

« Tout ce que tu avais à faire, c’était de le dire honnêtement, » déclarai-je.

« — comme c’est détestable ! » s’exclama Hertrude.

J’avais vu partir Hertrude et je m’étais tourné vers la personne la plus déprimée des environs, Marie. Elle était si déprimée que c’était pitoyable.

« Je ne veux plus faire ça. Ça ne peut pas se passer comme ça, » cria Marie.

Jilk réconforta Marie alors qu’elle était dans un tel état. « Tout va bien se passer. Nous pouvons chercher un autre ensemble de ruines et partir à l’aventure avec Son Altesse et les autres. »

— Il y a eu un petit malentendu.

Marie ne voulait pas partir à l’aventure, elle voulait juste un trésor.

Évidemment, elle avait fait une tête compliquée après avoir entendu les paroles de Jilk. « C-C’est vrai. »

Peut-être en laissant Livia, absorbée par les ruines historiques, dans ses désirs, Anjie s’était mise à mes côtés.

« Léon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Devrions-nous nous retirer si cela continue ? Il semble que le chef du village qui est ici avec nous soit aussi dérangé, » demanda Anjie.

En regardant autour de moi, j’avais vu la silhouette du chef du village qui veillait sur nous depuis l’entrée des ruines.

Il m’avait jeté un regard particulièrement froid.

« Il me regarde de haut. C’est un type assez ennuyeux ! » déclarai-je.

Je voulais le faire tomber de son piédestal tout de suite.

Je ne savais pas si le Seigneur-Démon était parti depuis longtemps, mais j’aimerais bien qu’il frappe avec le marteau du jugement sur ce type.

Mais ce n’est peut-être pas possible puisque le Seigneur-Démon n’existait pas.

Le chef du village nous avait appelés. « En avez-vous assez ? Il n’y a rien à voir dans ces ruines. »

— Tout bien considéré, il y avait un problème.

Dans mes souvenirs flous du jeu, ces ruines historiques devraient certainement avoir — .

« Nous ne pouvons pas abandonner ! Ma dette augmente en ce moment même ! Je n’abandonnerai pas du tout ! Je déteste les dettes ! » Marie avait couru avec imprudence vers les profondeurs des ruines, seule.

Anjie semblait en colère contre Marie, qui avait dépassé les bornes. « Se déplacer seule comme bon lui semble — quelle personne gênante ! »

Avec Luxon à mes côtés, j’avais préparé mon fusil et j’étais allé plus loin afin de ramener Marie.

« Luxon, suis-moi. Anjie, reste ici avec tout le monde. Je reviens dans un instant, » déclarai-je.

« C’est dur d’être commandant, n’est-ce pas ? » demanda Anjie. « Tu es toujours étudiant. Ne te pousse pas trop. »

« Je reviendrai bientôt, » répondis-je.

Livia s’inquiétait pour moi, mais… « Léon, s’il te plaît, ne fait rien d’imprudent. E-Euh — . »

Pensait-elle que j’allais faire quelque chose avec Marie ? Elle avait raison.

Après avoir dit à Jilk et Greg de ne pas bouger malgré leur désir de venir, j’avais couru après Marie.

— Une occasion s’était présentée. Maintenant, j’allais être seul avec Marie.

— Nous pourrons enfin avoir une discussion entre collègues réincarnés.

 

♥♥♥

 

Les profondeurs des ruines étaient sombres.

Avec sa lanterne posée sur le sol, Marie cherchait quelque chose.

« Pas ici. Pas ici. Pas ici ! Il n’y a pas d’entrée vers les profondeurs ! » s’écria Marie.

L’œil de Luxon, servant de lumière, brilla alors sur Marie, la surprenant. Marie se retourna et se tint dos au mur comme si elle était une criminelle coincée.

J’avais préparé mon fusil en parlant à Marie. « Tu es enfin seule. Même sur le dirigeable, je n’ai pas eu l’occasion de te parler, et cela m’a causé des ennuis. Avec ça, on peut discuter tranquillement. »

Tandis que Marie tremblait, elle avait essayé de prendre une arme de poing qu’elle avait apportée pour se défendre.

« Ne bouge plus. Si tu bouges, j’appuie sur la détente, » déclarai-je.

« Moi, si tu me tues, tu deviendras un grand criminel ! Je suis une Sainte ! » répliqua Marie.

« Tu n’es qu’une impostrice qui a pris la position de la Sainte à Livia. Et si on entendait ce que tu as à dire pour ta défense ? Que comptes-tu faire à partir de maintenant ? » demandai-je.

Je voulais savoir quelle raison elle avait pour avoir commis l’acte risqué de voler la position de sainte de Livia.

« Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Dis-moi ce que tu veux entendre dire de ma part, » demanda Marie.

Cependant, Marie avait fait preuve d’audace, même dans cette situation.

Je veux vraiment la tuer. Je me demande si un seul coup de feu suffirait.

« Dans ce cas, je vais te poser quelques questions une par une, et tu devrais t’assurer de me répondre. Es-tu une personne réincarnée ? » demandai-je.

« Oui. C’est ce que je suis. Si tu me demandes si j’ai des souvenirs de ma vie antérieure, c’est exact. On dirait que tu en es aussi un, » répliqua Marie.

« Es-tu au courant que ce monde est le même que celui du jeu vidéo Otome ? » demandai-je.

« Et alors ? » Elle ne le nia pas. Marie savait en effet que ce monde était le même qu’un jeu vidéo Otome, et plus exactement, ce jeu vidéo Otome.

« Si c’est le cas, alors pourquoi as-tu pris la position de Livia en tant que sainte ? Quand il y aura une guerre avec la principauté —, » commençai-je.

Marie avait ri et avait répondu avant que je puisse terminer ma question.

« N’es-tu pas un idiot ? Tu crois que je ne peux pas faire ce que cette fille peut faire ? Je peux utiliser la magie de guérison. J’ai bien assez de talent pour être une sainte. D’ailleurs, le temple et les objets saints me reconnaissent tous. »

C’est bizarre. En laissant le Temple de côté, je ne pensais pas que les objets saints reconnaîtraient Marie.

« Donc c’est bon de te dénoncer si tu t’avères être une fausse, » déclarai-je.

« Essaye-le si tu l’oses. Peu importe le tapage que tu feras, ça ne changera pas le fait que je suis la Sainte. Dommage pour toi, » déclara Marie.

— En effet, même si j’en faisais tout un plat, personne ne m’écouterait. Quelle personne irritante !

Luxon m’avait suggéré quelque chose. « Il y a une différence en comparant cela à tes informations, Maître. Il est conseillé de partager les informations. »

Marie était un peu perplexe.

« Quoi ? Qu’est-ce que tu essaies de dire ? Laisse-moi te dire ceci. J’ai joué à ce jeu vidéo Otome —, » commença Marie.

Avant que Marie ne puisse finir de parler, nous avions senti un grondement lorsque le sol s’était écroulé.

« Quoi !? »

« Aaaaaaah ! »

 

♥♥♥

 

Anjie, qui se tenait à l’entrée des ruines, regarda un Jilk et un Greg agités.

« Vous deux, calmez-vous. Laissons ça à Léon, » ordonna Anjie.

Au fond, Anjie ne supportait pas que Léon doive s’occuper de Marie.

Même sur le dirigeable, Marie semblait être dans l’esprit de Léon, mais — pourrait-il l’être ? Se demanda Anjie.

Le regard de Jilk s’était durci. « C’est pour ça que je m’inquiète. Il est seul avec Marie. Pouvez-vous dire avec certitude qu’il n’y aura pas d’accident ? »

Tout en regardant les ruines, Greg avait aussi parlé. « Ne prennent-ils pas un peu trop de temps ? Allons les trouver. Je m’inquiète de savoir si Baltfault fera quelque chose d’étrange. Puisqu’il pourrait avoir l’intuition que Marie est une femme bonne, et comme elle est si mignonne — . »

En entendant parler de l’intérêt de Léon pour Marie, Anjie s’était énervée d’une manière différente de la normale. « N-Ne dites pas de telles bêtises ! Léon est différent de vous ! »

« En quoi sommes-nous différents ? Il est comme nous, un homme. De plus, Marie est une femme merveilleuse. C’est impossible qu’il n’y ait pas d’accident, » répliqua Jilk.

« Ce ne serait pas étrange pour un garçon dans cette situation de faire un geste. Non, attendez, c’était peut-être son but !? » s’écria Greg.

En réponse aux opinions des deux, Anjie se sentait plus énervée que d’habitude. « Ne mettez pas Léon dans le même panier que des gens comme vous ! »

« Je ne veux pas non plus être comparé à lui ! De plus, le vicomte Baltfault essayait d’approcher Marie sur le dirigeable. Je le sais comme j’étais à ses côtés en tant qu’escorte ! » déclara Jilk.

Le visage d’Anjie était devenu rouge en réponse à l’objection de Jilk.

« Léon déteste Marie. Vous devriez tous le savoir ! Livia, dis quelque chose. Léon ne poserait pas la main sur Marie, » déclara Anjie.

Cependant, contrairement à une Anjie agitée, Livia avait un peu pâli.

« Je ne l’ai remarqué que maintenant, mais pourquoi Léon portait-il un fusil ? Ce n’est pas nécessaire puisque les monstres n’apparaîtront pas dans ces ruines, n’est-ce pas ? » demanda Livia.

Les yeux d’Anjie, de Jilk et de Greg s’étaient écarquillés.

Léon, qui se tenait habituellement à distance de Marie, essayait maintenant de l’approcher.

De plus, Léon avait refusé de laisser d’autres personnes venir avec lui alors qu’il cherchait Marie en portant le fusil dont il n’avait pas besoin.

Les trois autres étaient devenus pâles lorsqu’ils avaient imaginé la scène où Léon aurait tué Marie par balle.

« Ma belle Marie ! » s’écria Jilk.

« Marie ! » cria Greg.

Jilk et Greg s’étaient précipités dans les ruines.

Anjie et Livia les poursuivaient.

« A-Attendez ! Même lui n’irait pas si loin ! » s’écria Anjie.

« C’est vrai ! Au maximum, il ne l’utiliserait que pour menacer quelqu’un ! » déclara Livia.

Les quatre individus avaient quitté les environs, laissant Hertrude, Kyle et le chef du village.

 

♥♥♥

 

Marie avait fait un rêve.

C’était un rêve à propos de sa vie passée dont elle se souvenait affectueusement.

Le soleil d’été était fort et humide.

Au cours de la soirée, son environnement avait été teinté en orange, ce qui en faisait une scène à la fois nostalgique et triste.

Marie se souvint de la chaleur de ce jour-là.

C’est vrai. Il s’était aussi passé quelque chose.

Une fille avait trébuché avant de pleurer en raison de ses genoux éraflés.

« Mon frère, porte-moi sur ton dos, » celui à qui elle avait demandé de l’aide était son frère aîné.

Bien qu’elle se rappelait que son frère l’avait souvent énervée, elle ne se souvenait étrangement pas de son visage.

Même si les deux individus étaient devant elle, leur visage était flou.

« Si la blessure est si petite que ça, alors tu peux marcher toute seule. Te porter me réchauffera le dos, donc non merci. En plus, tu es lourde, » répliqua son frère.

Je ne suis pas lourde ! Ce type m’exaspère vraiment ! J’ai une silhouette très fine ! pensa-t-elle pendant son rêve.

Même à cette époque —, elle était mignonne dans sa vie antérieure.

Elle le savait aussi dans cette vie-là. C’est pourquoi elle avait levé les yeux avec confusion devant la réponse de son frère.

En raison de sa surprise, elle avait arrêté ses fausses larmes.

« Hein ? » s’exclama Marie.

« Tu vois, tu faisais semblant de pleurer. Je déteste la façon dont tu simules ce genre de choses. Tu ne me tromperas pas, » répliqua son frère.

Dans la rue vide, son être présent s’était étouffé.

À ce moment-là, elle savait qu’elle était plus mignonne que les filles autour d’elle.

En comprenant que les gens autour d’elle feraient tout ce qu’elle demandait, elle avait essayé d’ordonner au garçon, son frère aîné, d’agir pour elle.

« J-J’ai mal aux genoux, » déclara la Marie de son rêve.

« La douleur est la preuve que tu es encore en vie. C’est bien, » répliqua son frère.

« Je, je veux que tu me portes. Je ne peux pas rentrer à la maison, » répliqua Marie.

« Oh vraiment ? Alors reste ici. Et si tu n’aimes pas ça, alors marche, imbécile de sœur, » répliqua son frère.

« — Stupide frère ! » s’écria Marie.

« Je suis d’accord pour être stupide ! Je préfère choisir d’être stupide que de faire ce que tu me dis de faire ! » répliqua son frère.

En voyant son frère aîné dire ça avec le sourire, Marie avait pensé à quelque chose. Ce type est vraiment le pire individu. Quand je pense à lui, c’est bien le numéro un — non, le numéro trois des gars les plus sans cœur.

La première place appartenait à l’homme qui les avait abandonnés, elle et son enfant.

Le numéro deux appartenait à une sangsue qui s’était associée à elle.

Après ces gens, c’était le frère aîné de Marie.

Marie avait ensuite essayé de se rappeler ce qui s’était passé après cet incident.

Hein ? Que m’est-il arrivé après ça ? Se demanda Marie.

 

♥♥♥

 

Elle reprit lentement ses esprits.

Son environnement était poussiéreux et elle avait alors entendu le bruit d’un coup de feu.

Des projectiles avaient frappé le sol et il y avait eu un bruit métallique.

Tandis qu’elle levait la tête, Léon se tenait debout, le dos tourné vers elle.

Sa voix semblait présenter un air de tension, peut-être en raison d’un sentiment d’urgence.

« Suivant ! » s’écria Léon.

« Une créature non identifiée rampant le long du plafond s’approche. Maître, sois prudent avec tes balles restantes. En plus, ce ne sont pas des monstres, » déclara Luxon.

« Ça craint qu’ils ne disparaissent pas quand je les tue, » répliqua Léon.

Léon rechargea le fusil et appuya sur la détente après l’avoir pointé sur la cible, créant le bruit d’un coup de feu alors qu’une balle transperça la tête d’une mystérieuse créature apparaissant dans l’obscurité.

La créature était tombée du plafond et avait été projetée sur le sol.

Marie avait sursauté et avait essayé de se lever, mais — .

« Aah ! Oh, aïe ! » s’écria Marie.

Elle ne pouvait pas se lever, peut-être à cause d’une blessure à la cheville.

Léon maintenait la même position, et seule sa voix atteignait Marie.

Il était prudent quant à l’approcher des ennemis et donc, il ne pouvait pas tourner la tête.

« Tu es réveillée ? Luxon t’informera de la situation, » déclara Léon.

« Hein ? Quoi ? » s’exclama Marie.

« Le sol des ruines s’est effondré et nous sommes tombés sous terre. Pendant que tu étais inconsciente, le Maître a tué des créatures non identifiées qui sortaient du passage, » annonça Luxon.

« Qu’entendais-tu par créatures non identifiées ? » demanda Marie.

Marie, qui se demandait s’il s’agissait d’êtres différents des monstres, regarda la créature à l’instant.

Ses membres étaient différents de ceux des humains, mais son torse et sa tête y rassemblaient.

En voyant ce qui semblait être un reptile prenant une forme humaine, Marie cria. « Aaaaaah! »

Cependant, du côté de Léon et Luxon — .

« Tu me distrais, alors tais-toi. Bon sang, c’est sans espoir si je n’ai pas ce charme inutile pour faire quelque chose ? Si c’était Livia ou Anjie, j’aurais été déterminé et sérieux quant à les défendre, » déclara Léon.

« Crier ne changera pas la situation. Ne bouge pas, » déclara Luxon.

« Hein ? Mais, ma jambe —, » déclara Marie.

« En tant que sainte, ta spécialité est la magie de guérison, n’est-ce pas ? Guéris-toi toi-même. Ah, Maître, le prochain arrive, » déclara Luxon.

— Tous les deux avaient adopté une attitude très froide.

Marie s’était dit. Ces gars sont comme mon frère aîné, n’est-ce pas !? Maintenant je suis vraiment énervée !

♥♥♥

Chapitre 2 : Le secret des ruines

Partie 1

« Que s’est-il passé ? » s’exclama Anjie.

En entrant dans les profondeurs des ruines, Anjie et les autres avaient trouvé un trou qui n’était pas là auparavant.

Ils avaient essayé de l’éclairer avec une lanterne, mais n’avaient rien vu à l’intérieur.

On aurait dit que le sol s’était effondré.

« Se pourrait-il qu’ils soient tombés d’ici ? » demanda Anjie.

En entendant les bruits de coups de feu provenant de l’intérieur du trou, Anjie s’était sentie mal à l’aise.

Jilk avait immédiatement commencé à se préparer à descendre.

« Je vais aller installer une corde dès que possible, » déclara Jilk.

Greg plaça sa lance sur son épaule et se prépara à descendre en disant : « J’irai là-bas tout seul. Il est probable que Marie et Baltfault sont là-dedans. Nous devons nous dépêcher de les aider. »

Livia avait de son côté exprimé ses intentions. « J-J’y vais aussi ! »

« Tu restes ici, » déclara Anjie.

« J’y vais aussi ! » s’exclama Livia.

Quand Anjie était sur le point de descendre, le chef du village est arrivé en courant en criant.

« Qu’est-ce que vous faites !? » s’écria le chef du village.

Anjie avait maintenu son attitude ferme envers le chef de village en colère. « Il y a un trou dans le sol. Il y a peut-être deux personnes à l’intérieur. Nous allons les rejoindre. »

« E-Euh… Je comprends. J’irai sous peu là-bas, alors attendez dehors, s’il vous plaît, » annonça le chef du village.

Comme il était inquiet pour Marie, Greg rejeta la suggestion du chef du village. « Il y a des combats en bas ! Que feriez-vous si quelque chose arrivait à Marie ? »

« Dans ce cas, vous devriez immédiatement retourner au village et en parler à une personne expérimentée, » déclara le chef.

Le chef du village tenait un fusil à la main alors qu’il descendait dans le trou.

Anjie se sentait mal à l’aise lors qu’elle le vit agir ainsi.

Comment se fait-il que ce chef de village ne soit pas du tout confus ? Se demanda Anjie.

Ils ne savaient même pas ce qui les attendait en bas.

Le chef du village s’était dirigé vers la zone où ils pouvaient entendre des coups de feu.

 

♥♥♥

 

Nous étions dans les couches souterraines des ruines.

Pendant que Luxon illuminait notre environnement, Marie et moi marchions le long d’un passage étroit.

« Je m’en souviens maintenant ! Il y avait des structures souterraines et le sous-sol de ces ruines était un endroit explorable, » déclarai-je.

Certains endroits du passage avaient été brisés au fil du temps, provoquant l’entrée de terre et de roches qui avaient bloqué un certain nombre de passages, transformant l’endroit en un véritable labyrinthe.

J’avais tourné ma tête et j’avais regardé dans la direction de Marie.

« As-tu utilisé la magie de guérison sur toi ? Tu marches trop lentement, » je m’étais plaint auprès d’une Marie boiteuse, alors que je devais réduire mon rythme de marche pour qu’il corresponde au sien.

Bien qu’irritée, Marie ne semblait pas s’en rendre compte.

« Ça fait un peu mal même après la guérison ! Marche plus lentement, » me demanda-t-elle en réponse.

« Livia pourrait aussi faire disparaître la douleur. C’est ce qui fait de toi une impostrice, » déclarai-je.

« Qu’est-ce que c’était que ça !? Tu as l’air stupide d’être si obsédé par elle juste parce qu’elle est un peu mignonne. Personne ne sera avec un Mob comme toi, » répliqua Marie.

« Malheureusement pour toi, j’ai fini par devenir très populaire auprès des filles malgré la tournure que ça prend. J’ai reçu une montagne d’invitations, » répliquai-je.

Les lettres n’étaient pas très agréables, mais Marie semblait vraiment frustrée par ma réaction lors de mon bluff.

J’avais encore une fois abordé un certain sujet.

« — pourquoi as-tu pensé à faire un harem inversé ? » lui demandai-je.

« As-tu une plainte à formuler ? Il serait humain que quelqu’un cherche un bonheur qu’il pourrait atteindre, » répondit Marie.

Le bonheur ? Est-ce pour ça que cette fille a tout pris à Livia ? Me demandai-je.

« Tu dis que ça fait du bien de frapper les autres pour ton propre bonheur ? Excuse-toi auprès de Livia, » déclarai-je.

Marie déplaça ses yeux vers le bas tout en grommelant dans le passage sombre. « Qu’est-ce que t’en sais ? Je n’ai pas eu la chance d’avoir une fortune dans ma vie antérieure. Qu’y a-t-il de mal à vivre ma seconde vie comme je l’entends ? Il s’agit de moi ! Je veux juste être heureuse. »

Ses méthodes étaient si impitoyables que je ne pouvais même pas rire.

Elle avait cinq idiots qui s’accrochaient à elle, et pour empirer les choses, elle avait fait une erreur irréversible.

« Tu gênes Livia et tu fais du mal à Anjie. Tu es la pire, » déclarai-je.

Juste après ça, un Luxon rougeoyant se mit à parler. « On pourrait dire la même chose de toi, Maître. En un sens, tu m’as cherché et tu m’as volé à Olivia, Maître. De plus, tu as dit quelque chose du genre : “Ça fait du bien de frapper ces cinq-là devant le public !” »

En entendant cela, Marie m’avait critiqué cette fois-ci. « Tu es le pire. Tu n’as pas le droit de critiquer les gens. »

« Je ne veux pas entendre ça de ta bouche ! C’est toi qui m’as causé des ennuis ! Qu’est-ce que tu comptes faire pour la bataille finale ? Si tu foires, le royaume perdra, » déclarai-je.

Dans ce jeu, Hertrude devait utiliser un objet appelé « flûte magique » pour invoquer le dernier boss.

Actuellement, Hertrude et la flûte magique étaient sous le contrôle du royaume, donc il était peu probable que le dernier boss apparaisse, mais — j’étais quand même inquiet.

« Je peux trouver une solution en utilisant mon pouvoir de Sainte, » répliqua Marie.

« Hein ? Avec seulement le pouvoir de la Sainte ? Que vas-tu faire pour le pouvoir de Livia ? » demandai-je.

« Qu’est-ce que tu racontes ? Le pouvoir de cette fille est le pouvoir de la Sainte, non ? » demanda Marie.

« Non, c’est…, » commençai-je.

Mais Luxon avait interrompu notre conversation. « Maître, l’une de mes suspicions vient d’obtenir une réponse. »

Quand Luxon m’avait dit ça, toute la zone était soudain devenue lumineuse, m’obligeant à plisser les yeux.

Il s’était avéré que notre environnement était éclairé par des appareils d’éclairage. En regardant autour de nous, il semblait que nous étions dans une grande pièce.

« Franchement, lâchez-moi un peu ! » m’exclamai-je.

« Ack! »

— J’étais mécontent pendant que Marie était choquée.

Dans la grande pièce se trouvaient des capsules cylindriques remplies de liquide et, à l’intérieur, il y avait des silhouettes ressemblant à des humains.

Il y avait des elfes qui nous attendaient, pointant des fusils et des armes de poing sur nous.

Je me tenais à l’avant pour couvrir Marie tout en pointant mon propre fusil.

Il y avait une montagne de choses que j’avais besoin d’entendre de cette fille, donc ce ne serait pas bien qu’elle meure ici.

L’un des elfes pointant une arme sur nous, leur représentant, nous avait fait un sourire étrange.

« Vous êtes arrivés au commencement de la terre de l’humanité. C’est très agréable d’avoir un homme et une femme humains, et pendant que j’y suis, c’est étrange d’être ici, n’est-ce pas ? Vous êtes des échantillons de laboratoire parfaits, » déclara l’un d’eux.

Des échantillons de laboratoire ? En regardant les elfes, il y en avait qui portaient aussi des robes blanches.

Ce comportement et cette façon de parler étaient semblables à ceux d’un savant fou.

« Est-ce vous qui avez fait ces monstres ? » demandai-je.

S’il s’agissait de véritables monstres, ils auraient disparu lorsqu’ils avaient été tués, mais les créatures du sous-sol n’avaient pas fait la même chose.

En d’autres termes, ce que j’avais tué jusqu’à présent n’était pas des monstres.

L’elfe mâle, semblable à un représentant, avait répondu en pointant son arme sur moi. « Vous êtes certainement rapide à saisir la situation. Je ne pensais pas que vous seriez capables de faire cette supposition. »

Le mâle avait doucement touché une capsule avec sa main.

À l’intérieur il y avait une grande fleur — et au centre de la fleur il y avait un visage humain.

C’est troublant. C’est plus effrayant qu’un monstre, pensai-je.

« Vous avez mis les pieds dans ces ruines, le domaine d’un dieu où la vie est créée. Vous, les humains, ne le comprenez probablement pas, mais il y a longtemps, il y avait une civilisation plus avancée que ce que vous voyez aujourd’hui. Ce n’était pas des humains sauvages, mais des elfes. Ces ruines en sont la preuve. »

Les ruines, où la vie avait été créée, résidaient dans l’île où ils vivaient. Et à partir de là, ils disent que les elfes avaient créé les humains ici.

L’elfe s’était mis à rire alors que je n’avais pas répondu.

« Ne comprenez-vous pas ? C’est tout ce que vous, les humains, valez. Nos ancêtres ont créé de nombreuses formes de vie ici. Parmi eux, il y avait les humains, une race inférieure, » déclara l’elfe.

En réponse à la déclaration de l’elfe…

« Impossible ! Ce genre de scénario n’existait pas, » s’exclama Marie.

— Marie était étonnée. Ou plutôt, elle ne l’avait pas cru.

En laissant cela de côté, l’idée que des elfes aient créé des monstres ici il y a longtemps me donna des frissons.

Quand je m’étais tourné vers Luxon, il avait bougé son œil dans le déni.

Il semblerait que cela dépassait aussi les informations qu’avait Luxon.

L’elfe n’arrêtait pas de parler. « Nous reprendrons le monde qui a été volé par les humains. Ensuite, les elfes emmèneront toutes les races, les guideront, et le monde retrouvera sa forme légitime. Pour cela, vous deviendrez tous notre précieux sacrifice. Quel genre d’expériences devrions-nous mener en premier ? Oh d’accord — . »

Luxon interrompit l’elfe, qui était si imbu de lui-même. « C’est incorrect. Cette installation était dirigée par des humains, et ceux qu’ils ont créés —, c’était vous, les elfes. »

J’avais incliné la tête avec confusion quand Luxon avait soudainement affirmé cela.

Jusqu’à il y a peu, cette chose avait beaucoup de questions sur les elfes, alors pourquoi ce changement d’attitude ?

Marie avait attrapé mes vêtements et avait tiré plusieurs fois, en levant les yeux vers Luxon.

« Hé, quel genre de familier est-ce ? » demanda Marie.

« C’est Luxon, un objet de triche. Tu devrais savoir ce que c’est, non ? » demandai-je.

« Je n’en étais pas si sûre. Ou plutôt, les articles de triche sont injustes. Laisse-moi m’en servir, » déclara Marie.

« Tu es vraiment tout un numéro toi, tu sais ça ? » demandai-je.

Les expressions des elfes se déformaient.

« Qu’est-ce que vous en savez ? Les humains nous créent ? Même pour une blague, je ne peux pas rire de ça, » répliqua le chef du groupe.

« J’ai accédé à l’IA dormant dans cette pièce. Grâce à un échange d’informations, j’ai découvert que cette île était impliquée dans un tabou — un site expérimental, » déclara Luxon.

En réponse à ce que Luxon avait déclaré, un grand bruit électronique avait retenti dans la pièce.

C’était une voix différente de celle de Luxon, une voix plus proche de celle d’une femme. « C’est exact. Les elfes sur cette île sont ceux qui sont devenus sauvages après avoir été créés ici. »

« Il y a d’autres IA que toi, Luxon ? » demandai-je.

Bien que j’aie regardé autour de moi, je n’avais pas trouvé la silhouette de cette IA.

« En effet. Je suis en mode hibernation depuis longtemps. Tout bien considéré, c’est une chance de rencontrer quelqu’un comme vous qui avez les gènes des anciens humains. C’est la preuve que notre combat n’a pas été inutile, » répliqua l’autre IA.

L’elfe jeta un coup d’œil autour de lui, paniqué par la voix électronique.

« Q-Qui est là !? Qui dirait de tels mensonges ! Nous, les elfes, nous sommes des êtres qui surpassons les humains. Nous avons des durées de vie plus longues et sommes bien plus capables d’utiliser la magie ! » s’écria l’elfe.

L’IA avait très clairement annoncé la vérité. « La longévité est juste présente pour pouvoir se battre plus longtemps. Ce serait gênant de les voir mourir trop rapidement. La maîtrise de la magie est encore une fois un choix de design. Cependant, il semble qu’il y ait eu une baisse de qualité par rapport aux premiers elfes qui ont été produits. »

Pendant que les elfes étaient confus, le mâle devant nous était en colère, alors que son visage devenait d’un rouge foncé.

Il tremblait en tournant les yeux partout, se demandant peut-être où pointer son arme.

« Ne plaisante pas avec moi ! Il n’y a rien de vrai là-dedans. Nous sommes —, » s’écria l’homme.

Sentant une présence par-derrière, je m’étais retourné pour y trouver le chef du village.

Cependant, il semblait étrange.

« Qu’est-ce que vous foutez ? » Le chef du village, qui criait, avait pointé une arme sur nous.

« Oh, chef du village, hein ? » s’exclama Marie.

Le chef du village avait pointé son fusil sur Marie, qui pensait qu’il était venu ici pour nous sauver.

Luxon semblait comprendre quelque chose. « Je vois. Donc le chef du village était aussi impliqué dans ces ruines. »

Le chef du village avait alors donné l’ordre aux elfes paniqués. « Débarrassez-vous de ces individus ici. Faites croire aux autres qu’ils ont été tués par des formes de vie artificielles. »

Les elfes commencèrent à se resaisir en réponse aux paroles du chef du village.

Après avoir touché un panneau de commande, le fluide à l’intérieur des capsules avait été drainé, ce qui avait permis la libération des formes de vie artificielles.

« Dois-je les féliciter d’être capables de faire fonctionner l’équipement ? » demanda Luxon.

J’avais tenu fermement mon fusil, prêt à tirer, à côté d’un Luxon calme.

« Allez-vous donc nous tuer pour détruire des preuves ? Il semble que les elfes aient aussi des cœurs extrêmement vils, » déclarai-je.

Le chef du village me regarda et sourit. « Un humain ne devrait pas être arrogant. Les êtres inférieurs comme vous devraient s’incliner devant nous ! »

L’IA s’était plainte. « Quelle bêtise — cela a été jugé comme un état d’urgence ! Cela sera donc traité. »

Immédiatement après avoir annoncé ça, des armes étaient apparues des murs, visant les formes de vie artificielles. Elles avaient été instantanément tuées.

Les elfes avaient été effrayés par l’événement soudain — et sans laisser passer l’occasion, j’avais tiré dans l’épaule du chef du village avec mon fusil.

« Argh ! » s’écria le chef du village.

De son côté, le chef du village avait lâché son fusil, alors j’avais réduit la distance entre nous et je l’avais frappé au visage avec la crosse de mon arme.

Les elfes s’étaient tournés vers moi et avaient crié. « Oh, ouvrez le feu ! »

Alors que des balles et de la magie étaient envoyées vers nous, Marie était devenue à bout de nerfs. « Je n’en peux plus ! »

En pensant à quel point elle était ennuyeuse, j’avais donné un ordre à Luxon. « Fais-le. »

« Vous ne serez pas capable de blesser le Maître, » répliqua Luxon.

Toutes les balles et la magie avaient été repoussées par un mur de lumière qui était apparue autour de nous.

En pointant mon fusil vers le chef du village, j’avais regardé les elfes.

Réalisant que leurs fusils et leur magie n’avaient aucun effet, les elfes avaient arrêté leur attaque et s’étaient figés.

« Voulez-vous toujours essayer ? De tels elfes sages et de grandes classes s’intéressent-ils à l’esthétique de la destruction ? » demandai-je.

Sachant qu’ils ne pouvaient pas gagner, les elfes avaient jeté leurs armes et levé les mains.

« Maîtrisez tout le monde. Toi aussi, donne un coup de main, » ordonnai-je.

« Hé ! Malgré ce qu’il paraît, je suis toujours une sainte. Je suis ta supérieure ! » répliqua Marie.

« Et si je t’explosais la cervelle ? Cela serait-il de la destruction de preuves, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Je n’avais pas l’intention d’aller jusqu’au bout, mais en menaçant Marie, elle avait froncé les sourires.

« Pas la peine d’être si en colère. Je ferai ce que tu dis, alors ne tire pas, » répliqua Marie.

— Elle aurait pu dire ça depuis le début.

♥♥♥

Partie 2

Et ainsi, nous en avions presque fini avec les elfes.

La nouvelle IA nous avait parlé à Luxon et à moi. « J’ai cru comprendre que nous avions perdu à la fin. Dans ce cas, cette installation devra s’autodétruire. »

« Vous, les IA, vous aimez vraiment l’autodestruction. N’est-ce pas la même réaction que Luxon ? » demandai-je.

Après cela, l’AI avait commencé à parler du rôle des ruines historiques et de cette institution de recherche. « Cette installation de recherche a été créée à l’origine pour s’opposer à la nouvelle race d’humains. Cependant, maintenant que ce devoir ne peut plus être accompli, laisser la zone intacte est un risque. »

C’était tout à fait logique. Il y avait probablement des individus qui utiliseraient l’équipement à mauvais escient, tout comme les elfes qui avaient produit des formes de vie artificielles pendant des années.

En effet, laisser cette installation derrière soi n’était certainement pas une décision sûre.

« Es-tu d’accord avec ça ? Ne viens-tu pas de te réveiller ? » demandai-je.

Ainsi, l’IA, qui gérait cet endroit depuis longtemps, devait s’autodétruire juste après s’être réveillé d’un long sommeil.

Comme c’est triste.

« Ce n’est pas un problème. Je transférerai toutes mes données à Luxon. S’il y a un objet dont vous avez besoin, emmenez-le hors de la zone. De plus —, prenez ceci. Ce sera un objet nécessaire pour vous, celui avec le vaisseau, » déclara l’IA.

Un objet bizarre avec d’innombrables cubes attachés à lui était apparu en provenance du sol.

Il flottait et avait l’air brillant.

« Accepte-le. Avec ça, je pourrais accomplir plus de travail que jamais, » déclara Luxon.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demandai-je.

« C’est un objet de grande valeur, » répondit Luxon.

Marie s’était levée en entendant ça. « Trésor ! »

« Exact. C’est un objet précieux pour nous, mais ceux de ce monde ne sauront pas comment l’utiliser, alors ils ne le verront que comme un ornement brillant, » répondit Luxon.

« — C’est vraiment inutile. S’il n’y a pas de trésor, c’est peut-être vraiment différent du jeu ? Je pensais que c’était de la fantasy, mais je n’ai jamais entendu dire que c’était de la science-fiction, » déclara Marie.

Ceux qui avaient conçu les elfes étaient des humains.

Les elfes avaient été créés pour s’opposer aux nouveaux humains. Quand on pense aux autres sous-groupes créés dans le même but — c’était en effet un monde étrange.

Il semblerait que ce n’était pas un simple monde fantastique d’épées et de magie.

Qu’était-il advenu du décor « fade » de ce jeu ?

« N’y a-t-il pas d’autre trésor ? » Marie, manifestement déprimée, avait tenté de vérifier cette information auprès de l’IA.

« Attendre un trésor à l’intérieur d’une institution de recherche ne servira pas à grand-chose, » répliqua l’IA.

Marie essuya ses larmes avec une manche et elle grogna. « Nous y retournons. »

C’était vraiment pitoyable de se donner tant de mal pour ne rien avoir.

« Cependant, si vous le prenez, cela pourrait vous aider. Il pourrait être précieux dans ce monde, » déclara l’IA.

« Quoi ? Alors tu as quelque chose ! Donne-le-moi ! » En voyant la vivacité soudaine de Marie, j’avais pensé à quel point elle ressemblait à ma sœur dans ma vie antérieure.

J’avais des soupçons qu’elle pourrait être ma sœur, mais je ne voulais pas penser à devoir m’impliquer à nouveau avec elle dans ma seconde vie.

 

♥♥♥

 

Nous étions loin des ruines.

À notre emplacement actuel — .

« ◁‡w☤drftgy✚⊕☼!! »

— Nous luttions pour calmer un Luxon furieux.

« Pour commencer, calme-toi, » m’écriai-je.

« Je suis calme. Je vais calmement détruire cet objet, le pulvériser, le transformer en cendres, et le désintégrer jusqu’à ce qu’il ne reste même plus un grain de poussière — gaaah ! » répliqua Luxon.

— Luxon flanchait après ça.

Marie s’allongea sur le sol avec une expression emplie de désespoir.

« Recevoir ce genre de choses ne me rend pas heureuse, » murmura Marie.

Jilk et Greg, qui la réconfortaient, avaient l’air vraiment soulagés.

« C’est bien que tu sois en sécurité, » déclara Jilk.

« Tout va bien, Marie. On peut juste chercher un trésor à nouveau, » déclara Greg.

Devant nous se trouvait l’objet que l’IA nous avait remis lors de nos derniers instants dans les ruines.

Ça ressemblait à une pièce pour une sorte d’armure électronique, mais je ne savais pas quelle pièce c’était.

Le Luxon fou n’avait pas pu s’empêcher de faire des histoires devant cet objet pointu.

De plus, Marie avait été affligée par le fait que cette partie pourrie ne rapporterait pas d’argent.

Livia était devant Luxon, déconcertée. « Calme-toi, Luc ! Respire à fond, respire à fond ! »

« Je n’ai pas besoin de respirer, » répliqua Luxon.

« Euh, euh, c’est vrai. D-Désolée, enfin bon…, » répondit Livia.

C’était mignon de voir Livia confuse devant la réponse calme qu’elle avait eue.

Anjie avait confirmé la situation alors qu’elle était à mes côtés. « Léon, pourquoi n’enlèves-tu pas les menottes du chef du village malgré ses blessures ? Et où étaient ces elfes dans les ruines ? Se pourrait-il que tu les aies capturés ? »

Elle regardait les elfes restreints avec suspicion.

Je ne savais pas quoi faire de ces elfes.

Comme je ne devais pas parler de la question des ruines aussi hâtivement, j’étais perplexe quant à ce que je devais dire à leur sujet.

« Oh, ces gars sont, euh… Humm, » murmurai-je.

En sentant le sol trembler, j’avais soutenu une Anjie surprise en regardant vers les ruines.

Il semble que cela soit une autodestruction sans accroc.

Je ne pouvais pas dire que c’était sûr, mais avec ça, ces ruines ne créeront plus de formes de vie artificielles.

C’était une bonne chose. En y pensant, un dirigeable géant était apparu dans le ciel.

— C’était l’unité principale de Luxon.

Il s’intégrait dans son environnement alors qu’il utilisait une forme de camouflage optique, mais je pouvais voir le phénomène contre nature à l’aide de mes yeux.

Je pouvais à peine discerner l’apparence du corps de Luxon dans le ciel.

« Hé ! » m’écriai-je.

Quand j’avais regardé Luxon, il avait parlé avec indifférence. « Voici les représailles pour m’avoir trompé. Dire que tu m’as forcé à prendre cet objet ! »

Un Luxon enragé utilisa son unité principale pour frapper avec une colonne de lumière en plein dans les ruines.

Le chef du village trembla de peur en voyant la lumière.

« Ne me dites pas que c’est ce dont parlait le chef du collectif. Le Seigneur-Démon. Le Seigneur-Démon est en colère contre nous ! » s’écria le chef du village.

Désolé, c’est l’œuvre de mon complice, pensai-je. Ce n’est pas un Seigneur-Démon.

Les autres elfes avaient l’air de voir la fin du monde.

Alors que tout le monde était captivé par la colonne de lumière, Hertrude était la seule qui regardait le morceau d’armure.

Tout bien considéré, j’avais l’impression d’avoir vu cette forme quelque part.

J’avais vu cette partie noire et tranchante quelque part, mais je ne m’en souviens pas.

« Cela vous dérangerait-il ? » demanda Hertrude.

« Hmm ? » demandai-je

Hertrude avait continué à me parler. « Voulez-vous bien me le remettre ? Si c’est de l’argent que vous voulez, je peux vous en donner beaucoup. »

En voyant l’expression sérieuse d’Hertrude, j’avais eu des soupçons qu’elle complotait quelque chose.

« Je refuse, » répliquai-je.

« Si vous le faites, j’accorderai tout ce que vous voudrez. En plus, pourquoi n’essayez-vous pas d’émigrer en Principauté ? Je vous promets qu’on vous accordera un poste convenable. Vous n’avez aucune raison de rester avec le royaume, n’est-ce pas ? » demanda Hertrude.

« J’ai dit non, » répliquai-je.

Bien qu’un peu hésitant, j’avais rejeté la proposition de Hertrude.

Hertrude semblait avoir affiché de la frustration. « Il semble que vous soyez plutôt obsédé par le royaume. Le royaume n’est-il pas une autorité cruelle pour vous, seigneurs féodaux de la campagne ? Ou peut-être ne remarquez-vous pas que vous êtes apprivoisé et opprimé ? »

Je ne pouvais m’empêcher d’être d’accord avec ce que disait Hertrude.

Cependant, s’enfuir dans un autre pays n’était pas si facile. Il n’y avait aucune garantie que Hertrude tiendra sa promesse.

Sans parler du fait que j’entrerais dans une nation ennemie — la principauté m’en voulait clairement.

Il était probable que je subisse une attaque surprise, que je sois arrêté et exécuté à mon arrivée là-bas.

Merde, j’aurais préféré ne pas agiter la principauté plus que nécessaire.

« Je ne suis pas intéressé, » déclarai-je.

« Je vois, quelle honte ! Vraiment, quelle honte, » déclara Hertrude.

 

♥♥♥

 

De retour au village des elfes, nous avions constaté que la chef du collectif nous attendait.

J’avais aussi vu beaucoup d’elfes sortir de chez eux, s’agenouiller par terre et supplier le ciel de leur pardonner.

« Seigneur-Démon, pardonne-nous. »

« S’il vous plaît, ne faites rien à notre île. »

« J’étais contre ! C’est le chef du village et les autres qui ont envahi les ruines ! »

Kyle, voyant la situation au village, avait souri comme s’il les regardait avec dédain.

Il était vite revenu à son regard sans émotion, alors j’avais fait semblant de ne pas l’avoir vu.

Il semblerait qu’il soit dans une certaine situation.

Greg et Jilk regardèrent autour d’eux tout en portant la pièce d’armure.

« L’ambiance semble un peu différente, » déclara Greg.

« Je pensais qu’ils nous en voudraient pour les ruines qui ont été détruites, mais on dirait qu’on est en sécurité, » déclara Jilk.

Au moment où nous étions arrivés, la chef du collectif s’était approchée de nous.

Elle avait regardé les elfes que nous avions attrapés et avait murmuré quelque chose.

La femme elfe à côté d’elle avait alors parlé en son nom. « Nous aimerions parler du traitement de ces personnes. Dans la mesure du possible, la chef du collectif aimerait que des représentants se rendent à sa résidence. »

J’avais décidé d’avoir une discussion avec les elfes pour pouvoir m’expliquer.

La chef du collectif avait regardé Marie.

« Est-ce mieux de l’inviter aussi ? » demanda l’elfe.

« Oui. De plus, cette femme aux cheveux noirs et ces deux-là aussi, » répondis-je.

Convoqués par moi après ça, Greg et Jilk avaient baissé leurs bagages, ce qui leur avait permis de faire une pause.

« Vous pouvez aller parler. Nous allons porter ce truc, » déclara Greg.

« C’est un travail difficile de l’amener jusqu’au dirigeable, » déclara Jilk.

En entendant les deux parler, Luxon fit entendre une voix de dégoût. « Allez-vous transporter ce déchet sur mon Partenaire ? »

« Abandonne tout de suite. Bon, allons-y, » déclarai-je.

Cette chose avait étiqueté la vieille pièce de l’armure comme un déchet.

♥♥♥

Partie 3

Et c’est ainsi que nous nous étions retrouvés dans la résidence de la chef du collectif.

Alors que nous étions assis, la chef du collectif en face de nous nous avait remerciés pour ce que nous avions fait.

« La chef du collectif vous exprime toute sa gratitude, » déclara la Voix de la chef.

Marie avait agi timidement. « Votre gratitude est appréciée, enfin, je suppose. Si vous pouviez préparer un trésor ou quelque chose de valeur, j’en serais ravie. »

Anjie fixa Marie sans rien lui dire à elle. « Nous n’avons rien fait. Au contraire, vous avez perdu les ruines historiques. Vous ne devriez pas nous être reconnaissant. »

La chef du collectif secoua la tête.

La voix parla. « La chef du collectif est soulagée que nous ayons eu la chance que la colère du vieux Seigneur-Démon ne soit pas plus élevée que ça. »

— Encore une fois, elle parlait du Seigneur-Démon.

Livia avait alors parlé à la chef du collectif. « E-Excuse-moi ! C’est hors sujet, mais qu’est-ce qu’un sujet mixte ? Yumeria s’appelait ainsi, et Kyle semble agir bizarrement à ce sujet, alors que cela signifie-t-il ? »

Marie fit ouvertement un visage mécontent envers Livia, qui semblait inquiète pour Kyle. « Je préférerais que vous ne vous mêliez pas des affaires d’un serviteur exclusif. »

« M-Mais, nous ne pouvons pas ignorer cette affaire. L’attitude de Kyle n’est pas normale, » déclara Livia.

Ouais, il n’est vraiment pas normal, pensai-je.

Quand j’avais regardé la porte-parole de la chef du collectif, elle avait baissé les yeux en répondant. « Vous devez déjà savoir que pour les elfes, la beauté est jugée par magie, non ? »

Jilk s’enorgueillissait fièrement d’être au courant.

Tandis que je hochais la tête, elle continuait à m’expliquer.

« Le pouvoir magique est unique à chaque individu. C’est difficile à expliquer aux autres, mais c’est jugé comme une couleur. Cependant, il y a de rares cas où certains naissent avec un pouvoir magique aux multiples couleurs mélangées, » continua-t-elle.

Ce n’était pas quelque chose que nous avions vraiment compris, mais il semblerait que c’était ce que les elfes considéraient comme laid.

« La magie que ces gens utilisent est forte et unique. Cependant, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être dégoûtés. Ces personnes sont appelées individus mixtes au sein du collectif, » déclara la porte-parole.

Cela signifie-t-il qu’ils pouvaient utiliser une magie différente de la magie normale ?

Si les elfes dans leur ensemble se sentaient dégoûtés par les elfes mixtes — alors on ne peut rien y faire.

C’était probablement une répulsion instinctive ou quelque chose comme ça.

« De plus, la mère de Kyle, Yumeria, a quitté le collectif pendant un certain temps et a utilisé la magie pour se comporter comme une artiste itinérante. Pendant cette période, elle a eu un enfant avec un humain, » continua la porte-parole.

Les yeux d’Anjie s’écarquillèrent en raison de la surprise.

« J’ai entendu des rumeurs à ce sujet. Un demi-elfe, c’est ça ? Ils existent donc, » déclara Anjie.

La femme elfe hocha la tête. « La situation avec les demi-elfes est compliquée. Le fait qu’un demi-elfe naisse est un problème indéniable pour les hommes qui travaillent loin de chez eux. »

Les esclaves elfes étaient achetés à des prix élevés pour servir de serviteurs exclusifs.

L’une des raisons pour lesquelles ils étaient bien accueillis était qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants avec des humains.

Les femmes hésiteraient à acheter un esclave autrement, même si la probabilité qu’une telle chose se produise était faible.

Ou le feraient-elles ?

Je pense que certaines femmes n’hésiteraient pas.

Au contraire, elles les achèteraient pour ce frisson précis.

Quel monde cruel, en effet !

« C-C’est pour ça qu’il a dit qu’il était à moitié-elfe, » murmura Marie.

Ignorant Marie, qui avait des sueurs froides pour une raison quelconque, j’avais mis un terme à la conversation. « Vous dites donc que la mère et l’enfant sont considérés comme des fardeaux dans la collectivité. Restons-en à cela. »

« Léon, ne clôture pas la conversation comme ça ! » Livia m’avait critiqué, mais on ne peut pas faire grand-chose.

« Fourrer notre nez dans les affaires des autres cultures ne va rien arranger. On sait maintenant pourquoi Kyle déteste cette île, alors c’est bon, n’est-ce pas ? Dire aux elfes “arrêtez d’être dégoûté par eux” ne résoudra pas le problème de Yumeria, nous n’avons donc pas d’autre choix que de laisser cette affaire tranquille, » répondis-je.

En réponse à mes paroles, la porte-parole avait baissé la tête comme si elle allait pleurer. « Je suppose que c’est vrai. C’est quelque chose que vous ne seriez pas capable de résoudre. »

La chef du collectif avait parlé à la porte-parole.

« La chef du collectif parlera à chacun de votre futur. Elle dit que c’est un gage de sa gratitude, » déclara la porte-parole.

La résidence était plus simple que celle du chef du village, et il y avait peu d’objets. Il ne semblait pas que son résident vivait dans le luxe.

La gratitude du chef collectif, n’est-ce pas ? Je l’accepterai.

« D’abord, il y a la sainte, » déclara la porte-parole.

« Le futur ? Je t’écoute. Dis-moi quelque chose de bien, » déclara Marie.

Cette fille avait vraiment une grande attitude.

En voyant son intérêt pour la divination, j’avais pensé à ma petite sœur, qui vérifiait son horoscope tous les matins.

« Il semble que vous subissiez un destin curieux. De plus, vous êtes passée devant votre partenaire condamné, » déclara la porte-parole.

« Qui est mon partenaire condamné ? » demanda Marie.

« C’est inconnu, mais il semble que vous ayez déjà rencontré cette personne. On dit que si vous rompez vos relations avec cette personne, vous ne serez plus jamais ensemble. De plus —, » déclara la femme.

« Quoi ? » demanda Marie.

« Vous ne pouvez pas fuir le fardeau que vous portez. Une vie dure vous attend. Il semble que vous n’avez que deux voies, soit pour tout gagner, soit pour tout perdre, » déclara la femme elfe.

Marie avait eu sa bouche grande ouverte pendant un court moment, mais elle arrêta, en se mettant peu à peu en colère.

« Recommencez ! J’ai besoin que vous recommenciez à zéro ! » s’écria Marie.

« Maintenant, la prochaine est celle avec les cheveux noirs —, » déclara l’elfe. « Écoutez-moi bien ! »

La silencieuse Hertrude écoutait sa fortune tout en semblant désintéressée.

« La chef du collectif dit qu’à un moment donné, le tournant de votre vie sera accompagné de grandes difficultés, » déclara l’elfe.

« Oh, vraiment ? » demanda Hertrude.

« De plus, vous rencontrerez votre partenaire au cours de cette épreuve. Si vous pouvez marcher avec cette personne, une lumière brillera sur votre chemin difficile et vous trouverez un soutien fiable, » déclara l’elfe.

« Je-Je vois. Eh bien, je m’en souviendrai, » déclara Hertrude.

La fille semblait juste un peu ravie.

Je suppose qu’elle était contente d’entendre parler d’un partenaire dans son infortune.

Je suis envieux que de telles choses puissent la ravir, pensai-je.

« Le suivant, c’est vous, » déclara la femme.

« Moi ? » Anjie, qui avait l’air un peu impatiente, semblait différente d’habitude, ce qui était mignon.

— Je suppose qu’il est bon de dire la bonne aventure de temps en temps.

La porte-parole semblait un peu perplexe après avoir entendu les paroles de la chef du collectif.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Dites-moi. Je commence à me sentir mal à l’aise, » déclara Anjie.

La porte-parole avait parlé sur Anjie en l’exhortant. « Il semble que vous et celle d’en face soyez protégées par un héros, accompagné par le vieux Seigneur-Démon. Nous ne savons pas si vous les avez déjà rencontrés ou si vous les rencontrerez à l’avenir. »

« — Héros ? » Anjie pencha la tête sur le côté tandis que Livia semblait un peu confuse.

« De telles personnes apparaissent dans les contes racontés aux jeunes garçons. Cependant, je n’ai pas encore rencontré quelqu’un d’aussi grandiose, » déclara Livia.

« Pareil pour moi. Je veux dire, qui est le seigneur-démon ? » demanda Anjie.

« Si tu ne le sais pas, moi non plus, Anjie, » déclara Livia.

Les deux filles se parlaient, mais il semblait qu’elles ne connaissaient personne qui pourrait être ce héros.

J’avais eu à ce moment-là un mauvais pressentiment.

Encore une fois, il y avait ce Seigneur-Démon. N’était-ce pas elle qui parlait de la colère du vieux Seigneur-Démon, non ?

Serait-ce cela ? La chef du collectif avait-il déjà utilisé toutes ses forces ? Le chef du village avait dit que la précision de sa divination avait diminué, non ?

En fait, s’il y a un héros, qu’il se montre.

Viens tout de suite dans ce monde de ce Jeu Vidéo Otome.

Tant qu’on y est, sauve-moi aussi. Je suis sérieux, que quelqu’un m’aide.

« Si la chef du collectif est fatiguée, pourquoi ne pas s’arrêter là ? » demandai-je.

La porte-parole m’avait arrêté.

« Je…, c’est très bien. Euh, nous allons procéder avec ces deux-là ensemble, » déclara la porte-parole.

Peut-être que cette personne pense aussi qu’il y a quelque chose d’étrange.

Dans cette atmosphère étrange, nous avions écouté.

« Vous avez toutes les deux des destins entrelacés d’une manière complexe, des destins qui s’écartent de loin de ce qu’ils devraient normalement être. De plus, vous portez un fardeau qui devrait normalement appartenir à quelqu’un d’autre, » déclara la porte-parole.

Livia était perplexe.

« Je suppose que j’ai reçu de l’aide quand j’en avais besoin, » déclara Livia.

« En effet. Vous avez toutes les deux quelque chose sur quoi compter, » déclara la porte-parole.

Anjie s’était tournée vers moi. « E-Eh bien, c’est vrai que j’ai reçu de l’aide à plusieurs reprises. »

La porte-parole était troublée. « Il semble que c’est trop compliqué pour que même la chef du collectif puisse y voir clair. Cependant, il semble qu’elle puisse voir que vous deux êtes sous la protection d’un héros, ou proche de l’être. »

Anjie et Livia m’avaient regardé.

« Héros, vous dites ? » demanda Anjie.

« Se pourrait-il que le héros —, » murmura Livia.

Remarquant leurs regards, j’avais naturellement nié leurs soupçons. « Non, ce n’est pas moi. »

Marie et Hertrude étaient toutes les deux irritées et en colère.

« Évidemment que non. Vous n’êtes qu’un Mob, » s’écria Marie.

« Comme c’est prétentieux ! » s’écria Hertrude.

Le fait de le dire sans ménagement m’avait rendu furieux.

Tout en réfléchissant à de telles choses, Livia avait demandé à la chef du collectif une requête d’une voix plus forte que d’habitude. « Dites aussi la bonne aventure à Léon, s’il vous plaît ! »

Anjie avait fait la même chose. « S-S’il vous plaît. Ne se sentirait-il pas exclu si vous ne regardiez pas aussi son avenir ? Ce n’est pas comme si ça m’intéressait, mais c’est une chose à laquelle tout le monde devrait participer ! »

La chef du collectif m’avait regardé.

« Chef du collectif, si vous êtes fatiguée, vous pouvez vous reposer. Même si vous regardez ma bonne aventure, ce ne sera pas intéressant, » déclarai-je.

La chef du collectif s’était redressée devant moi.

Elle m’avait parlé d’une voix calme.

Bien que sa voix soit rauque, elle semblait ravie.

— Ne vous forcez pas trop, vieille dame. Ça ne donne pas l’impression que je fais quelque chose de mal ?

« Merci d’avoir sauvé le “Fan Collectif”. Vous avez l’air d’être très aimable, » déclara-t-elle directement.

Les yeux de Marie et d’Hertrude s’élargissent de surprise vers les paroles de la chef du collectif.

— Ont-elles une plainte ou quelque chose comme ça ? Je ne veux pas me vanter, mais je suis un homme très gentil.

En laissant cela de côté, c’était la première fois que j’entends le nom de Fan Collectif.

« Mes divinations ne peuvent pas voir dans votre avenir. Cependant, un jour, vous perdrez quelque chose d’important —, de dur, — le, » déclara-t-elle.

Ce qu’elle m’avait dit était la pire chose à entendre.

J’avais chuchoté d’une voix feutrée. « C-Chef du Collectif ? E-Euh, j’aimerais un autre essai sur cet avenir… »

Quand j’avais sincèrement demandé une autre divination, la chef du collectif était restée silencieuse.

« Hein ? Chef du collectif ? » La porte-parole toucha la chef du collectif. « On dirait qu’elle est fatiguée. Elle s’est endormie. »

Je m’étais levé et j’avais attrapé les épaules de la chef du collectif.

« Attendez ! Je vous en supplie, ouvrez les yeux ! S’il vous plaît, dites-le-moi ! Ne dites pas un truc aussi sinistre avant de vous endormir ! » m’écriai-je.

Anjie et Livia m’avaient éloigné de la chef du collectif.

« Léon, et si on en finissait ? » demanda Anjie.

« Traiter une personne âgée avec un manque de respect est un grand “non” ! » déclara Livia.

Je le sais, mais je ne veux pas accepter ce que j’ai entendu.

Je ne l’accepterai pas !

Marie et Hertrude me regardèrent et elles ricanèrent de joie.

« Ça t’apprendra, » déclara Marie.

« En effet. Comme c’est pitoyable, » répliqua Hertrude.

Marie et Hertrude avaient souri en me traitant de pathétique.

Je savais déjà depuis le début que Marie était comme ça, mais il semblerait que Hertrude avait aussi une nature méchante.

« Je ne veux pas de ça ! J’exige une nouvelle divination ! » m’exclamai-je.

Luxon, qui avait écouté silencieusement, murmura quelque chose d’insatisfait. « Tu sembles assez insatisfait bien que tu aies dit que tu ne croyais pas à la voyance. »

« Tu deviens bruyant ! Personne ne voudrait ce genre de divination ! » m’écriai-je.

Ce n’est pas une simple question de savoir si mon avenir semble cool ou pas.

Pour vivre ma vie dans l’aisance, je n’accepterai pas cet avenir !

N’avait-elle pas dit que je vais perdre quelque chose d’important ? Comme quoi !?

♥♥♥

Chapitre 3 : Destin

Partie 1

Partenaire était ainsi parti de l’île elfique.

À l’intérieur du dirigeable, je parlais en ce moment avec Luxon tout en regardant l’île devenir de plus en plus petite.

« Qu’est-il arrivé au fait de ne pas s’occuper des affaires des autres ménages ? » demanda Luxon.

Sur le pont, Yumeria regardait son pays natal.

Elle affichait une expression indescriptible alors qu’elle avait un vieux sac de voyage en cuir à côté d’elle.

Peut-être qu’il y avait de la tristesse dans cette expression, ou peut-être un peu de bonheur — cela semblait assez complexe.

« Je ne pouvais pas fermer les yeux sur ça. Qu’est-ce que je suis censé faire, dire aux elfes d’arrêter de ressentir leur répulsion instinctive ? C’est impossible. C’est le mieux que je puisse faire vu la situation, » répondis-je.

« Néanmoins, il y avait beaucoup d’elfes qui sont venus voir Yumeria. Fait intéressant, les elfes femelles semblaient toutes très contentes alors que les elfes mâles semblaient un peu déçus de son départ, » déclara Luxon.

« Je ne pouvais même pas rire quand ils disaient qu’ils ne voulaient pas qu’elle parte, car cela diminuerait sa valeur en tant qu’esclave, » déclarai-je.

« Le travail des esclaves est une importante source de revenus pour les elfes, donc on ne peut rien y faire. » répliqua Luxon,

« — Comme c’est désagréable. De plus, cela sert bien ces crétins d’elfes, » répondis-je à mon tour.

« Si c’est ce que tu ressentes, tu peux montrer à ces elfes ce que cela signifie de voir leur valeur en tant qu’esclaves grandement réduite, » répliqua Luxon,

« J’ai trouvé un bon atout. Je m’assurerai de l’utiliser à bon escient, » déclarai-je.

Les elfes de l’île ne voulaient pas se séparer de Yumeria, qui avait donné naissance à un demi-elfe.

Depuis que j’avais annoncé que je la faisais quitté l’île, ils s’y étaient naturellement opposés.

Finalement, j’avais réussi à l’emmener, mais j’avais dû être un peu insistant.

La chef du collectif et son assistante m’avaient beaucoup aidé, mais tous les elfes s’étaient pliés à mes ordres dès que j’avais invoqué le Seigneur-Démon. Il semblerait que la destruction des ruines les ait beaucoup affectés.

Je suppose que les choses s’étaient terminées sans trop de problèmes.

En un rien de temps, une Yumeria anxieuse avait saisi son sac et s’était approchée de nous.

« Qu’est-ce qui va m’arriver ? » demanda Yumeria.

Afin de la rassurer, je lui avais répondu honnêtement avec un ton plus doux. « Je cherche une domestique pour rester chez moi, alors je vous laisserai y travailler. »

« M-Mais, je suis…, » balbutia Yumeria.

Yumeria, avec sa faible estime de soi, était découragée à propos de tout, ou plutôt elle était une personne repliée sur elle-même.

Elle s’était très bien débrouillée en tant qu’animatrice itinérante, compte tenu de sa personnalité.

« Les humains se fichent de ce que les elfes considèrent comme beau. Vous le savez, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« — dans le collectif, ils m’ont traitée d’abrutie ou d’imbécile. Je me demande si je peux être utile, » déclara Yumeria.

J’avais déjà entendu dire que la manière dont les autres dans le collectif dont traitait Yumeria étaient terribles.

C’était triste de penser que même les elfes avaient en eux un côté cruel.

Bien que, je suppose que n’importe qui le réaliserait après avoir vu comment les elfes agissaient dans l’académie.

« Ne vous inquiétez pas. D’ailleurs, il y a plusieurs raisons pour —, » commençai-je.

Kyle, au visage visiblement furieux, interrompit la conversation.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » s’écria Kyle.

Kyle, qui s’était plaint de moi, était violent et furieux.

« De quoi ? » demandai-je.

« Je parle du fait d’avoir emmené ma mère hors du village. Comprenez-vous ce que cela signifie ? » cria Kyle.

Yumeria avait attrapé le bras de Kyle.

« Attends. Kyle, cette personne s’inquiète pour moi et —, » répliqua Yumeria.

« Ferme-la ! Tu es toujours trompée comme ça, n’est-ce pas !? Sais-tu qui est ce type !? C’est le pire tas d’ordures de toute l’académie ! » s’écria Kyle.

Les cris de Kyle attirèrent les regards de ceux qui étaient sur le pont.

« C’est très cruel de ta part de m’appeler comme ça, » déclarai-je.

Quelle impolitesse de sa part de me traiter d’ordure. Il va trop loin. Je ne pense pas que je suis le pire qui soit.

Le pire tas d’ordures serait — Marie, enfin, je crois ? Pas moi.

« C’est la vérité. Si vous n’êtes pas un tas d’ordures pour avoir tabassé Son Altesse devant le public, alors qui l’est !? » demanda Kyle.

« Dans cette affaire, j’ai été évalué comme un bon chevalier qui a donné une leçon à Son Altesse Julian. Hélas, ça ne fait pas de moi un tas d’ordures, » déclarai-je.

« C’est le cas ! » s’écria Kyle.

« Kyle, euh… euh… euh… euh, » Yumeria était déconcertée par l’attitude menaçante de Kyle.

Kyle semblait irrité contre Yumeria. « Tu perds toujours ton jugement et tu te fais arnaquer. C’était la même chose au collectif. Tu ne sais rien et tu te conduis sans réfléchir, laissant tout le monde te faire travailler jusqu’à l’os pendant que tu restes sans le sou ! »

L’explosion de plaintes de Kyle avait tourmenté Yumeria, sa mère.

« Ils t’appellent une mélangée, ils te méprisent et te bousculent parce que tu es une idiote. Tu es une cause désespérée quand tu souris et que tu l’acceptes ! » s’écria Kyle.

Yumeria avait baissé la tête et avait pleuré.

Incapable de regarder cela plus loin, j’étais sur le point de les arrêter jusqu’à ce que…

« C’est quoi cette attitude ? » Livia était intervenue.

« Q-Quoi ? Cela ne vous concerne pas. Reculez ! » s’écria Kyle.

« Non, je ne veux plus de ça. Pourquoi parlez-vous si brutalement à votre mère ? Excusez-vous ! » déclara Livia.

Contrairement à ce qu’elle avait l’habitude d’être, sa voix était forte, ce qui la rendait assez effrayante.

Kyle avait tressailli devant Livia.

« Vous ne savez même rien du tout. Je suis brisé à cause de cette personne. Savez-vous pourquoi je travaille comme esclave à cet âge ? Savez-vous comment j’ai été traité au collectif ? Vous avez l’air si égocentrique, mais vous ne savez rien du tout ! » Alors qu’il criait, Kyle avait quitté en trombe le pont.

Il n’avait pas son attitude fougueuse habituelle, et c’était un peu effrayant de se demander si c’était vraiment lui.

Il était censé jouer le rôle d’un personnage mignon et un peu effronté.

Quand Livia allait le poursuivre, Yumeria l’avait arrêtée. « A-Attendez, s’il vous plaît. C’est de ma faute. C’est comme le dit cet enfant, c’est mon incompétence qui l’amène à souffrir. »

Puisque les gens autour de nous nous regardaient, je les avais conduits tous les deux à l’intérieur du vaisseau.

 

♥♥♥

 

Une fois que nous étions tous arrivés dans une pièce vide, Yumeria avait commencé à parler.

Sa position et son traitement au sein du collectif étaient aussi mauvais que je l’imaginais.

« Les mixtes comme moi ne peuvent pas utiliser la magie ordinaire. À cause de cela, je ne pouvais pas travailler dans le village à un poste qui exigeait de la magie, » déclara Yumeria.

« La chef du collectif a dit que vous pouviez faire une sorte de magie spéciale, » déclara Livia.

Quand Livia avait dit cela, Yumeria avait acquiescé. « Je ne peux pas faire grand-chose, mais j’ai au moins quelques caractéristiques qui me permettent de me racheter. »

Apparemment heureuse, elle avait récupéré un petit pot de fleurs de son sac de voyage.

Elle avait ça là-dedans ?

Elle avait ensuite sorti une pochette, récupéré une graine et l’avait plantée.

Tandis qu’elle levait la main, la graine avait germé et elle était peu à peu devenue une fleur en bonne santé.

« — Incroyable, » après que j’ai dit ça, Luxon avait aussi été d’accord avec moi.

« Étant donné ce qu’elle peut faire, je n’arrive pas à croire que le collectif elfique la placerait dans une position défavorable. Dans des circonstances normales, cette capacité serait considérée comme essentielle et ils ne la laisseraient pas quitter le collectif. Il semble qu’ils aient donné la priorité à leur réaction psychologique face à cette capacité utile, n’est-ce pas ? » déclara Luxon.

Luxon avait exprimé son incrédulité à l’égard des elfes et les avait également critiqués.

Peut-être ravie de l’éloge, Yumeria s’était mise à rougir jusqu’aux oreilles. « C-Ce n’est pas si génial. Il a ses limites. En plus d’être une mixte, je pense que la raison de mon traitement dans le collectif est aussi liée au fait que j’ai donné naissance à Kyle, un demi-elfe, » continua Yumeria.

Il semblerait que Livia n’était pas au courant de ce qui se passait avec les demi-elfes. « Pourquoi est-ce si mauvais ? »

Yumeria avait répondu de manière sereine, bien qu’un peu hésitante. « Les mixtes sont détestés, mais ils peuvent vivre dans le collectif avec leur pouvoir. Cependant, je suis partie en voyage pour connaître le monde extérieur. Peu de temps après, j’ai été prise au piège dans une résidence d’un noble et j’y ai beaucoup souffert. »

Il semblait que Livia avait aussi une idée de ce qui aurait pu s’y passer.

Je voulais lui dire quelque chose de gentil, mais je m’étais tout de suite réfréné.

« Quand j’ai eu un enfant, j’ai été chassée de la résidence du noble. Lorsque je suis retournée dans le collectif, on m’a dit que si je donnais naissance à un demi-elfe, la valeur de l’enfant en tant qu’esclave diminuerait, et j’ai rencontré une forte opposition à l’accouchement. Cependant, mon ventre avait déjà grandi et je voulais voir naître mon enfant, » déclara Yumeria.

C’était douloureux de voir Yumeria verser des larmes.

« C’est donc de cela qu’il s’agit, » déclara Livia.

Livia avait fait une grimace d’incrédulité tandis que Luxon semblait convaincu de quelque chose.

« Les elfes qui risquent d’être enceintes seraient certainement considérées comme des servantes exclusives défectueuses. C’est tout à fait normal de leur point de vue si une telle chose diminue leur valeur. Cependant, personne ne devrait le savoir si on gardait le silence, » déclara Luxon.

Yumeria secoua la tête.

« Alors que les demi-elfes ressemblent aux elfes, il y a des différences majeures. — La vitesse de croissance de cet enfant est la même que celle des humains, » déclara Yumeria.

Sauraient-ils donc si quelqu’un est à moitié-elfe en regardant son taux de croissance ?

Il y avait quelque chose qui m’intriguait.

« Dans ce cas, pourquoi a-t-il été vendu comme esclave ? » demandai-je.

Quand j’avais posé cette question, Yumeria s’était couvert le visage et avait pleuré.

« Il y avait un marchand d’esclaves qui aimait bien Kyle. Le chef du village ne pouvait pas refuser la demande de cette personne, » répondit Yumeria.

En entendant les détails, Luxon l’avait reformulé d’une manière que Livia et moi pouvions facilement saisir.

« La demande de cette connaissance ne pouvait donc pas être refusée. Ce marchand d’esclaves connaissait-il les circonstances derrière ce demi-elfe ? » demanda Luxon.

Yumeria hocha la tête. « En effet. Cette personne connaissait les circonstances des elfes. Cependant, il a dit qu’il ne révélerait pas le secret, car cela diminuerait sa valeur et causerait des problèmes. Il a dit que s’il se taisait, personne ne s’en rendrait compte. De plus, il se passait beaucoup de choses à l’époque, et il semblait que nous ne pourrions pas passer l’hiver — alors Kyle s’est vendu sans rien me dire, a laissé l’argent et a quitté la maison. »

— Peut-être prenait-il soin de sa mère à sa façon ?

Quand j’avais à peu près son âge, j’errais sans souci.

Ce monde est vraiment cruel.

« Je pense que si cet enfant est dur avec moi, c’est parce qu’il est irrité par beaucoup de choses. Cependant, c’est un bon garçon. Je ne reçois pas beaucoup d’argent pour mon travail, mais il m’envoie de l’argent à la maison, » déclara Yumeria.

Après avoir écouté, Livia avait baissé la tête et avait eu honte d’elle-même. « Léon, je ne savais rien et pourtant j’ai dit des choses si cruelles à Kyle. »

Je suppose que je ne déteste pas cette partie de Livia.

« Tu n’avais pas tort, donc il n’y a pas de problème. — Je vais lui parler, » déclarai-je.

« Oh, tu comptes t’en mêler à nouveau ? » demanda Luxon.

« En tant qu’employeur de Yumeria, il faut agir, non ? » répliquai-je.

« Tu es doué pour te trouver des excuses, Maître, » déclara Luxon.

« — Tu deviens bruyant, » répliquai-je.

Pourquoi est-ce moi qui dois m’occuper de Kyle ?

Pour commencer, cela ne devrait-il pas être le travail de Marie ?

Mais pour le dire franchement, je ne pense pas qu’elle serait capable de résoudre ce genre de problème.

Rien de bon n’arrivera si je n’agis pas.

En plus —, elle ne serait pas douée avec ces trucs parents-enfants.

Je devais résoudre ce problème rapidement, car sinon, je ne pourrai pas me moquer de Kyle.

 

♥♥♥

 

J’étais tombé sur une impasse dans un passage étroit à l’intérieur du vaisseau.

Quand j’avais trouvé Kyle assis là, caché, je l’avais appelé. « Hé, morveux. »

 

 

« Qu’est-ce que vous voulez, Chevalier sans valeur ? » répliqua-t-il.

Ce petit morveux n’était pas du tout mignon.

« Je suis ici pour parler de ta mère, » déclarai-je.

Avec le tic-tac de ses oreilles pointues, Kyle écoutait silencieusement.

« Ma famille a récemment reconstruit leur maison. Elle a pris de l’ampleur, et donc, nous avons besoin de plus d’employés. Nous prendrons les dispositions nécessaires pour que les domestiques qui y vivent soient logés de façon adéquate, » déclarai-je.

« Et pourquoi devrais-je vous croire sur parole ? » demanda Kyle. « Il semble que vous ayez pris goût à l’apparence de ma mère et maintenant vous essayez de la draguer. Vous croyez vraiment que je peux faire confiance à votre maison ? »

L’apparence de Yumeria était certainement un cran au-dessus du reste, donc je suppose qu’il ne pouvait s’empêcher de s’en inquiéter.

Malgré son apparence jeune, elle avait la grosse poitrine.

« La pomme ne tombe pas loin de l’arbre. Mon père, baron, peut paraître un peu barbare, mais il a un cœur pur. Il chérit ma mère et ne commettra aucun adultère. — Probablement, » déclarai-je.

Quand j’avais dit « probablement », Kyle avait levé le visage et m’avait regardé fixement, ce qui était un peu effrayant.

« Je ne peux pas vous faire confiance, » déclara Kyle.

« Je suis un homme qui tient parole. En plus, j’ai une raison de garder cette personne à portée de main. — Un atout contre les elfes. S’ils me font quoi que ce soit, ils risquent de révéler leur secret. Ça vaudra le coup d’être avec moi. Je ne ferai rien de négatif à une personne aussi précieuse et talentueuse, » déclarai-je.

En toute honnêteté, d’après ma crédibilité, il y aura peu d’individus qui me croiraient si je révélais le secret des elfes.

Luxon avait également dit que personne ne me croirait et qu’ils penseraient probablement que c’était un mensonge.

Cependant, il suffisait que les elfes sachent que je suis conscient de leur faiblesse.

Personnellement, j’étais ravi d’avoir trouvé un moyen d’intimider les fiers elfes.

Kyle était resté silencieux.

« Si tu veux aller la voir dans le futur, passe me voir. S’il n’y a que toi, je peux t’accorder l’entrée sur notre territoire. Cependant, tu ne peux pas amener Marie, » déclarai-je.

Je déteste cette fille. De plus, si elle venait chez ma famille, elle causerait probablement des méfaits.

Kyle avait essuyé ses larmes avec une manche. « — cette personne —, ma mère, a une bonne nature et est facile à tromper. »

« C’est vrai, » répondis-je.

« Elle est timide et a une faible estime de soi — mais je ne peux pas trouver en moi le courage de la haïr pour sa gentillesse. Quel parent horrible ! » déclara Kyle.

Il semblerait que Kyle ne détestait pas vraiment Yumeria.

Kyle se leva, se redressa et s’inclina silencieusement.

Il n’avait pas son attitude insolente habituelle.

« Vicomte, prenez bien soin de ma mère, » déclara Kyle.

Il semblerait qu’il s’inquiète pour sa mère, Yumeria, à sa façon.

J’avais hoché la tête et rassuré Kyle.

J’avais alors demandé quelque chose que je voulais savoir.

Cette information avait été établie dans le jeu et c’était aussi dans le pool d’information de Luxon, mais Kyle avait changé de maître plusieurs fois.

« Il y a une chose que j’aimerais te demander. J’ai entendu dire qu’avant, tu avais rapidement changé de maître. Se pourrait-il que —, » commençai-je.

Ne voulant peut-être pas montrer ses larmes, Kyle répondit en cachant ses yeux. « J’ai décidé de chercher un maître digne de confiance. Même si j’ai pu trouver une femme qui a captivé Son Altesse le prince héritier, tout est tombé à l’eau à cause de vous. »

« Oups, » quand je m’étais excusé sans conviction, Kyle m’avait regardé d’un air exaspéré, mais il avait vite soupiré.

« Vous êtes vraiment un sale type, n’est-ce pas ? Et là, je pensais que mon gagne-pain se ferait en douceur, » déclara Kyle.

Se pourrait-il que ce type soit très calculateur ?

« Alors, pourquoi n’abandonnes-tu pas Marie ? » demandai-je.

« J’en ai marre de trouver de nouveaux maîtres. De plus, puisqu’elle est la Sainte maintenant, il y aura beaucoup d’avantages à être avec elle. — Cette fille peut sembler mauvaise, mais elle est forte, » déclara Kyle.

Mais cette soi-disant grosse pointure de Marie n’est-elle pas endettée en ce moment ?

Ce n’est pas comme si Kyle n’était pas au courant, alors se pourrait-il qu’il ait pris goût à Marie ?

Kyle m’avait donné quelques conseils. « Vous devriez faire attention à la princesse de cette principauté. Il semble qu’elle complote quelque chose. »

« Hertrude ? » demandai-je.

Elle ne semblait pas renoncer à se venger du royaume, alors j’avais déjà soupçonné qu’elle planifiait quelque chose.

« J’ai entendu beaucoup de choses. J’ai aussi parlé avec le chef du village, et j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de dangereux chez elle. Eh bien, en vous connaissant, vous serez capable de vous débrouiller d’une façon ou d’une autre. Vous ferez ce qu’il faut pour faire quelque chose d’injuste, » déclara Kyle.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demandai-je.

« Exactement ce que ça veut dire, » répliqua Kyle.

Hertrude avait-elle parlé à Kyle quand on était dans les ruines ?

♥♥♥

Partie 2

C’était le soir.

En arrivant sur le pont, je portais un sac lourd contenant la partie pointue et noire de l’armure.

« Allons-nous vraiment faire ça ? » demandai-je.

L’œil rouge de Luxon brillait de mauvais augure, ce qui était un peu étrange.

« Bien sûr. Les préparatifs sont déjà terminés. Cette impulsion destructrice est profondément ancrée dans mon programme. Chez les humains, on pourrait appeler cela de l’instinct. Je dois m’en débarrasser dans la minute qui suit, ou même dans la seconde qui suit, » déclara Luxon.

— Est-ce que c’est le cas ? Tout bien considéré, c’est effrayant d’avoir une IA qui parle d’impulsions destructrices.

« Cela semble avoir été préservé dans les ruines en tant qu’objet de recherche, mais il n’a plus aucune valeur aujourd’hui. Maintenant, dépêche-toi ! » déclara Luxon.

J’avais sorti la pièce noire du sac pour la jeter, et quand je l’avais touchée avec ma main, la pièce noire avait pulsé.

« Ugh, dégoûtant ! » m’écriai-je.

Il y avait un trou dans la pièce qui s’était ouvert pour révéler un œil géant, me faisant lâcher prise.

Le globe oculaire vif ressemblait à celui d’un humain, mais il était certainement plus grand.

Des tentacules torsadés venant de la pièce s’étaient allongés vers moi.

« Attention. Ce truc est toujours vivant, » s’écria Luxon.

Puis la pièce d’armure poussa un affreux cri.

Luxon avait émis un laser de son œil pour signaler aux robots d’attaquer la pièce.

Les tentacules avaient été brûlés et le globe oculaire de la pièce avait continué à être frappé.

Les robots rassemblés avaient alors transporté la pièce et l’avaient projetée dans le ciel — puis l’unité principale de Luxon, qui avait été caché, avait attaqué la pièce d’armure avec un coup direct.

« Es-tu sûr qu’on l’a brûlé sans laisser un grain de poussière ? » demandai-je.

Luxon répondit d’une voix robotique qui semblait satisfaite. « Bien sûr. Cette chose est une arme qui ne doit pas exister. Aucune relique des nouveaux humains n’a de valeur dans ce monde. Quoi qu’il en soit —, est-ce que c’est ce qu’ils appellent “un sentiment de bien-être” ? »

Eh bien, il semble que son humeur s’est améliorée, ce qui est bien, pensai-je.

Cependant, était-ce une relique des nouveaux humains ? Comme c’est révoltant !

Après avoir disposé de la pièce d’armure sur le pont vide, nous étions retournés à l’intérieur du navire.

À ce moment-là, de l’autre côté du pont, Hertrude apparut. « Donc vous étiez là. »

« Qu’est-ce que vous faites ? En fait, qu’est-il arrivé à votre escorte ? » demandai-je.

Hertrude n’avait pas répondu à ma question.

« Je voulais vous parler seul à seul. Je l’ai déjà dit au collectif, mais pourriez-vous me vendre l’objet que vous avez trouvé ? À vrai dire, c’est un objet de valeur. Je paierai un montant approprié pour cela, » déclara Hertrude.

— Hmm ? Cette chose en valait la peine ?

« Ce truc a-t-il vraiment de la valeur ? N’est-ce pas juste de la camelote ? » demandai-je.

En premier lieu, en quoi ce truc est-il censé être utile ?

« Vous ne connaissez pas sa valeur. Alors, vendez-moi ça. Ce n’est même pas grave si vous voulez que je l’offre au royaume. Je négocierai avec un représentant du gouvernement cette fois-ci, » déclara Hertrude.

Le silence n’était peut-être pas la meilleure option.

Luxon avait dit quelque chose « Oh mon Dieu ! » comme si cela n’avait rien à voir avec lui.

Est-ce que tu vas juste jouer la comédie que tu n’es pas impliqué ?

« — Désolé. Je l’ai fait tomber, » déclarai-je.

Quand j’avais dit ça, la bouche de Hertrude s’était ouverte en grand pendant plusieurs secondes.

« Ê-Êtes-vous un idiot !? » s’écria Hertrude.

— Elle était furieuse.

« Non, vous voyez, je ressentais de mauvaises vibrations de ça ! » déclarai-je.

« Ce n’est pas le problème ! Imbécile ! Abruti total ! Je n’arrive pas à y croire. Vous avez laissé tomber un trésor important ? Abaissez le vaisseau et récupérez-le immédiatement ! » s’écria Hertrude.

« Non. » Répliqua Luxon.

Hertrude avait tremblé lorsque Luxon avait immédiatement refusé.

« C-Cette affaire sera rapportée à la haute direction du royaume ! » s’écria Hertrude.

« Et qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Le trésor a été trouvé par le Maître et lui appartient. Vous ne ferez qu’accabler la haute direction en vous plaignant auprès d’eux, » déclara Luxon.

Il n’en reste plus rien, donc je ne peux pas le récupérer de toute façon, pensai-je.

« Si vous ne pouvez pas manipuler un trésor aussi précieux avec soin, vous n’avez aucune qualification pour être un aventurier ! Qu’avez-vous appris à l’académie ? » s’écria Hertrude.

« Désolé. L’académie est juste un endroit pour trouver le mariage, » répondis-je.

« Dommage, » déclara Luxon.

Luxon était assez froid envers Hertrude.

Hertrude se retourna, faisant balancer ses cheveux, et retourna à l’intérieur du navire.

« R-Rappellez-vous de ce moment ! » s’écria Hertrude.

En la voyant partir, cette remarque d’adieu m’avait laissé avec une pensée.

« — Quelle personne intéressante ! Je pensais qu’elle n’était qu’une beauté calme, mais étonnamment, elle possède une pléthore d’émotions, » déclarai-je.

« Elle t’intéresse ? Elle s’écarte beaucoup de tes goûts, Maître. Les stats sur sa poitrine sont trop basses, » déclara Luxon.

« Me vois-tu comme un type qui ne juge les gens qu’à leur poitrine ? » demandai-je.

« Je le pense, » la réponse immédiate de Luxon m’avait irrité.

 

♥♥♥

 

De retour à l’académie, je m’étais précipité pour me préparer pour le palais royal.

Luxon m’avait regardé fixement pendant que je changeais de tenue.

« Un rapport dès que tu reviens ? C’est dur ! » déclara Luxon.

« Je me demande pourquoi je dois faire tout ça alors que je suis encore étudiant. »

Quand je m’étais plaint, Luxon m’avait répondu. « Qu’est-il arrivé au fait d’être un homme adulte à l’intérieur ? »

« Mon cœur est toujours celui d’un enfant qui n’oublie jamais comment s’amuser, » répliquai-je.

Comme je devais me diriger immédiatement vers le palais royal, je n’avais pas eu le temps de me reposer.

« Ne t’es-tu pas déjà traité d’adulte ? » demanda Luxon.

« Est-ce que j’ai dit ça ? » demandai-je en retour.

« Tu l’as fait. Je n’ai pas oublié, » répliqua Luxon.

« Tu insistes vraiment. Écoute, le fait d’oublier ce qui est gênant est aussi la façon de faire d’un adulte, » déclarai-je.

« C’est ce qu’on appelle la fuite de la réalité. Je te suggère de t’améliorer, » répliqua Luxon.

« Je refuse. Bon, on s’en va, » déclarai-je.

« D’accord, » répondit Luxon.

Nous avions tous deux quitté la pièce après ça.

 

♥♥♥

 

J’étais dans un couloir du palais royal.

J’étais mort de fatigue après avoir eu à rapporter les dernières nouvelles.

Il faisait noir dehors.

« Il fait déjà nuit, » murmurai-je.

« Cette visite avait plus à voir avec une réception pour le thé des femmes qu’avec le rapport, » déclara Luxon.

Ce qui m’avait attendu, c’était un thé avec des femmes diplômées de l’académie.

Les filles de nobles influents et de nobles récemment arrivés au pouvoir étaient là.

Le goûter avait duré plusieurs heures bien que le rapport ait été fait en une dizaine de minutes.

« Je n’ai pas du tout apprécié ça, » déclarai-je.

« Cela semble à peu près exact, » répliqua Luxon.

Les filles allant de foyers de baron jusqu’à celle de comte étaient présentes au goûter.

Cependant, elles avaient toutes des serviteurs exclusifs avec elles.

Elles n’arrêtèrent pas de parler d’argent, me demandant quel genre de revenu je gagnerais à l’avenir.

J’avais l’impression qu’on me posait des questions sur mon revenu annuel pendant toute la soirée. — Ça m’avait donné mal à la tête.

En me promenant dans le couloir presque vide du palais royal, j’avais croisé la reine Milaine, qui portait une robe différente de celle que j’avais vue la dernière fois.

Ses cheveux blond platine semblaient étincelants.

Ses yeux doux m’apaisèrent et son visage souriant m’obligea aussi à me réjouir.

« Oh, il semble que le vicomte soit fatigué, » déclara Milaine.

Le préposé qui se tenait derrière elle se tenait debout sans aucune expression.

Je m’étais ressaisi et j’avais arrangé ma tenue.

« Toutes mes excuses pour l’apparence. Quant à ce que votre Majesté, la reine —, » commençai-je.

« Vicomte, puis-je avoir un peu de votre temps ? » demanda Milaine.

— Je me sentais heureux après que Milaine m’ait appelé.

« Ce serait avec plaisir ! » déclarai-je.

Luxon murmura en me regardant alors que j’accompagnais une Milaine souriante. « Quelle personne facile à lire ! »

Luxon s’était caché quand Milaine était arrivée.

 

♥♥♥

 

J’étais dans une pièce du palais royal.

J’étais assis en face de Milaine, buvant du thé noir qui avait été apporté pour nous.

C’était clairement mieux que le thé que je prenais.

Ce n’était pas seulement les feuilles de thé, mais aussi la technique qui s’y rapportait.

Tout en ressentant un léger sentiment de défaite, j’avais écouté ce que Milaine avait à dire.

Luxon restait silencieux et se cachait près de moi.

« Vous entendez-vous bien avec Son Altesse Hertrude ? J’ai été un peu surprise d’apprendre que Son Altesse avait été emmenée dans une aventure, » déclara Milaine.

« Elle a été forcée de venir. Il semblerait qu’on lui ait donné la permission de le faire, » répliquai-je.

L’expression de Milaine devint sombre. Il semble qu’elle ne voulait pas le permettre.

« Il y a des individus dans le palais royal qui ont des opinions différentes à ce sujet. Quant à moi, je ne pense pas que cette question relève des études à l’étranger, » déclara Milaine.

Il semblerait que malgré les objections de Milaine, quelqu’un avait donné la permission.

Je suppose que n’importe qui serait inquiet si la princesse d’un pays qui avait déclaré la guerre était dans la même académie que fréquentait leur fils.

Nous devions veiller à la sécurité de Hertrude, alors si possible, je préférerais qu’elle reste immobile.

J’étais pleinement d’accord avec cette opinion.

Si une personne folle apparaissait et que Hertrude était blessée, ce serait un problème international.

Quand elle était à l’académie, elle était escortée par des chevalières envoyées du palais royal et des étudiants qui avaient reçu des instructions détaillées.

Malgré tout, il y avait toujours un certain malaise.

« J’ai aussi parlé à Son Altesse. Elle ne l’a pas dit explicitement, mais elle en veut au royaume, » déclara Milaine.

Je ne l’avais pas vu par moi-même, mais j’avais entendu parler de ce qu’avait fait le royaume.

L’écouter m’avait fait plisser les sourcils.

Cependant, je ne pouvais pas répondre à Milaine en disant à la légère « Le royaume est cruel, n’est-ce pas ~ ? »

Je n’avais rien dit à propos de cette question risquée. Est-ce lâche ? Oui, c’est sûr que ça l’est. Je suis un lâche.

Tandis que je gardais le silence, Milaine continua. « Vicomte — non, Léon. Je ne pense pas que la principauté abandonnera. »

« C’est aussi ce que je pense, » déclarai-je.

Ce n’était pas si facile d’effacer une montagne de rancunes.

« Même l’affaire des gardes du corps cause des ennuis. Avez-vous entendu parler du foyer Lafuan ? » demanda Milaine.

Quand j’avais secoué la tête, Milaine avait placé une main sur sa joue et m’avait raconté ce qui s’était passé avec une expression troublée.

« Julian travaillait 24 heures sur 24 pour résoudre la dette de la Sainte, mais le ménage de Lafuan l’a encore augmentée. J’ai pensé à révoquer cette famille, mais comme on pouvait s’y attendre, il y avait beaucoup d’opposition contre la destruction de la maison de la Sainte, » déclara Milaine.

Marie est-elle vraiment maudite, n’est-ce pas ?

Je me demande si Marie s’évanouira après avoir appris que sa dette avait augmenté alors qu’elle aurait dû être réglée.

Mais je voudrais bien rire si je la voyais désespérée.

« Ce serait bien si le palais royal et le temple pouvaient aider à rembourser la dette en son nom. Cependant, il y a beaucoup de choses à budgétiser pour l’année prochaine, » déclara Milaine.

Après en avoir entendu parler, pour rembourser la dette de Marie — eh bien, cela nécessiterait une importante réduction des fonds flexibles, ou en d’autres termes une importante réduction budgétaire.

La dette était donc si importante.

Rien que d’en entendre parler rendit ce thé savoureux.

Ces gâteaux de thé sont vraiment bons !

J’avais l’impression que je dormirai bien ce soir.

« Passons maintenant au sujet principal. Le commandant des gardes du corps de la Sainte, c’est — vous, n’est-ce pas ? Il s’agit maintenant de savoir où se situe la responsabilité, » déclara Milaine.

« — Hein ? » m’exclamai-je.

« Même en considérant l’heure de votre rendez-vous et d’autres questions, le palais royal et le temple demanderont que quelqu’un soit puni, » déclara Milaine.

Ça n’a pas l’air bon.

Quel genre de responsabilités ai-je ?

« A-Attendez un peu. Mon travail est d’être son garde du corps, donc je ne comprends pas pourquoi je suis aussi impliqué dans ses dettes, » déclarai-je.

« Je le sais bien. Même ainsi — c’est un monde où les individus chercheront quelqu’un à blâmer, » déclara Milaine.

Ce monde est le même que le précédent.

La société est pourrie.

« Il y a aussi des gens qui sont jaloux de votre soudaine ascension. Quant à moi, je ne supporte pas de voir les chevaliers, qui ont soutenu la promotion, être accusés. Je vais devoir arranger les choses autant que possible, » déclara Milaine.

« Merci beaucoup — hein ? Soutenu ? » demandai-je.

« C’est vrai. Vous voyez, c’était pendant la répression des pirates des cieux. Brad et Greg m’ont rendu visite et m’ont parlé de vos réalisations. Il y avait aussi la question de la principauté, alors je l’ai appuyée, » déclara Milaine.

Milaine m’avait fait un sourire éblouissant — non attendu, quelque chose ne va pas ici !

Je ne voulais pas être promu.

« D-Disons, plutôt que d’être promu —, » déclarai-je.

« Plutôt que d’être promu ? » demanda Milaine

Milaine, qui inclinait la tête sur le côté, avait l’air sublime.

Elle est si charmante malgré son âge ! Je suis peut-être plus vieux à l’intérieur, mais je me sens un peu nerveux tout d’un coup.

Serait-il acceptable de blesser cette personne en disant que je ne voulais pas être promu ?

Peut-être qu’elle regretterait de m’avoir promu.

— Je ne peux pas la laisser se sentir triste.

J’avais ouvert la bouche pour changer de cap rapidement.

« — Je vous veux, vous, » continuai-je.

« A-Attendez ! O-O-O-On ne peut pas. Je veux dire, la différence d’âge entre vous et moi est semblable à celle d’un parent et d’un enfant, » déclara Milaine.

Nous sommes à moins de vingt ans d’intervalle — nous ne pouvons pas ? Je veux dire, elle est plus splendide que les filles de l’académie. Elle est parfaite !

J’avais serré la main de Milaine.

« Quand même, je…, » commençai-je.

« Hmm ! » J’avais alors entendu une toux forcée.

Je ne savais pas qui l’avait fait, mais c’était l’un des accompagnateurs de Milaine.

Oups. — Je me suis laissé emporter et je l’ai encore draguée. J’avais oublié que c’était le palais royal.

Milaine rougissait.

Quelle belle réaction ! Ça me donne envie de la taquiner.

« Encore ces taquineries. C’est une mauvaise habitude, Léon, » déclara Milaine.

Si seulement elle n’était pas la reine, je m’en prendrais vraiment à elle.

Changeant de sujet, Milaine avait parlé une fois de plus de Hertrude. « Au fait, il y a quelque chose de curieux chez Son Altesse Hertrude. »

♥♥♥

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Un commentaire

  1. Je l'attendais depuis longtemps. La confrontation entre Léon et Marie va (je l'espère) se produire dans ce tome. Merci pour l'usage.

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