Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 5

☆☆☆

Prologue : Le Début de l’Illumination

Partie 1

— 1er jour, 1er mois de l’année 1547 du Calendrier Continental

Il s’agissait de la première fois que le Nouvel An était arrivé depuis que le Royaume d’Elfrieden avait absorbé la Principauté d’Amidonia et était devenu le Royaume-Uni d’Elfrieden et d’Amidonia, ou le Royaume de Friedonia.

Dans la capitale royale, Parnam, et l’ancienne capitale de la Principauté, Van, ainsi que toute autre ville qui avait un récepteur pour le Joyau de Diffusion de la Voix qui avait été installé dans leur place centrale, il y avait encore un grand nombre de personnes rassemblées. Après tout, aujourd’hui le jeune roi utiliserait le Joyau de Diffusion de la Voix pour adresser un salut au peuple. Les gens s’étaient rassemblés afin de l’entendre.

Ce n’était pas que Souma faisait quelque chose pour forcer les gens à écouter. Mais chaque fois qu’il utilisait le Joyau de Diffusion de la Voix, il avait lancé un événement pour rassembler du personnel, ou leur avait enseigné de nouveaux aliments pour contrer la crise alimentaire, ou lancé un programme de musique... Tout était tellement surprenant et différent, et les habitants souhaitaient donc voir s’il pourrait avoir quelque chose de divertissant à nouveau prévu. De plus, quand les personnes se rassemblaient comme ça, les stands des commerçants apparaissaient afin de faire un profit, et quand les étals étaient dehors, plus de personnes se rassemblaient pour voir ce que tout le monde faisait... Cette boucle de rétroaction avait commencé, et c’était la raison pour laquelle, même si Souma avait seulement annoncé qu’il allait faire une nouvelle allocution, il y avait tant de gens réunis.

Une mère et son enfant parlaient pendant qu’ils attendaient la diffusion.

« Sa Majesté va-t-elle faire quelque chose de nouveau ? » demanda l’enfant.

« Oui mon chou. Je me demande bien ce que cela sera, » répondit la mère.

Le récepteur monté sur la fontaine avait alors commencé à projeter l’image de Souma.

Derrière lui se trouvaient deux de ses fiancées, la Princesse Liscia et la Princesse Roroa. Cette dernière étant l’ancienne Princesse souveraine d’Amidonia, dont les fiançailles avec Souma avaient été annoncées en même temps que l’annexion de son pays.

Liscia et Roroa affichaient des sourires impeccables, agitant leurs mains afin de saluer le peuple. Les princesses de deux nations qui avaient été autrefois des ennemis étaient maintenant sur le même écran. Elles étaient toutes deux souriantes. Cela avait rassuré les habitants d’Elfrieden et d’Amidonia quant à la solidité de leur nouveau royaume uni.

Finalement, l’image de Souma avait commencé à parler. « À vous tous, mes bien-aimés citoyens des deux royaumes unis d’Elfrieden et d’Amidonia, je vous souhaite une bonne année. »

Souma, Liscia et Roroa avaient baissé la tête à l’unisson.

Il y avait eu quelques murmures sur la façon dont le roi venait de baisser la tête au début de la nouvelle année, mais quand son visage se leva une fois de plus, Souma arborait un sourire taquin.

Il se remit alors à parler. « Il s’agit là d’une salutation traditionnelle du Nouvel An dans le monde d’où je viens. “Vous avez beaucoup fait pour m’aider l’année dernière. J’espère pouvoir compter sur vous encore dans la prochaine.” C’est le genre de sentiment que cette tradition est censée exprimer. »

Alors que les gens du royaume étaient encore surpris, Souma était passé sur le sujet principal.

« Maintenant, j’ai entendu dire que dans la région d’Amidonia, il était de coutume que votre dirigeant annonce la politique nationale pour l’année à venir. Roroa a suggéré que je fasse la même chose, donc... Et puis zut ! Je vais essayer. Pour l’instant, l’objectif de la nation pour cette année sera... »

Dans la région d’Amidonia, une vague de tension avait traversé la foule en écoutant l’émission.

Les habitants de la Principauté d’Amidonia se souvenaient tous du visage de Gaius VIII quand il avait fait ses proclamations chaque nouvelle année. Avec une expression sévère, il jurait de se venger d’Elfrieden, puis fixait des objectifs comme la réclamation de leurs terres volées.

Pour les Amidoniens, l’annonce des politiques le premier jour de la nouvelle année avait toujours été faite afin d’augmenter leurs esprits combatifs. Ils pouvaient difficilement être blâmés pour la tension dans l’anticipation qu’il pourrait y avoir encore une guerre avec un autre pays.

Où se dirigeait ce pays ? Allaient-ils envahir un autre endroit ? Allons-nous abattre l’Empire et revendiquer l’hégémonie sur le continent ? Ou pour frapper le Domaine du Seigneur-Démon, et ainsi libérer les terres du Nord... ?

Les auditeurs déglutirent en raison de l’anticipation, et enfin Souma parla. « Je pense que je vais aller avec, “Pour faire un meilleur pays”. »

Un silence était tombé sur la foule.

C’est trop vague ! Tout le monde dans le public avait cette même pensée.

Il semblait que Souma s’y attendait, parce qu’il riait. « Je pense que c’est peut-être un peu trop vague, mais c’est très important. Tout d’abord, il y a la question de savoir comment définir un “bon pays”. Il peut être plus facile de commencer par penser à ce qu’est un “mauvais pays”. ».

Souma avait serré son poing de l’une de ses mains, puis leva ses doigts les uns après les autres alors qu’il expliquait.

« Premièrement, un pays où ses habitants ont faim. Deuxièmement, un pays où les gens gèlent. Vous pourriez peut-être reformuler ces deux points comme un pays où les gens souffrent de la pauvreté. Les gens meurent de faim ou de froid parce qu’ils ne peuvent pas acheter de la nourriture et qu’ils ne peuvent pas se procurer un endroit où habiter ou des vêtements à porter. Je pense qu’il va sans dire qu’un pays où l’un ou l’autre est autorisé à se produire est mauvais. Dans un pays où les gens meurent de faim ou de froid, il n’y a aucun moyen de lier le cœur entre les membres de son peuple. »

Il s’agissait de paroles dont les habitants d’Elfrieden et d’Amidonia pourraient être d’accord avec. Tous les deux avaient acquis cette expérience avec les pénuries alimentaires. Les gens du côté amidonien l’avaient particulièrement ressentie. Ils avaient détourné les yeux du problème à cause de leur haine pour Elfrieden, mais maintenant qu’ils s’étaient rétablis grâce au soutien qu’ils avaient reçu du royaume, ils ressentaient un fort désir de ne plus jamais revenir à la façon dont les choses avaient été l’année d’avant.

« Troisièmement, un pays avec un mauvais ordre public » avait poursuivi Souma. « Par exemple, même si un pays ne manque pas de nourriture et de chaleur, s’il y a des voleurs, des bandits et des pirates qui sévissent, ce n’est probablement pas un endroit où vous voudriez vivre. Cela dit, ces sortes de vermines sont généralement nées en raison de la même cause que j’ai mentionné plus tôt : la pauvreté. Dans le monde d’où je viens, il y avait un dicton. “C’est seulement une fois que nous sommes vêtus et nourris que nous pouvons nous permettre d’être polis.” Quand il faut tout ce que vous avez juste pour rester en vie, vous perdez l’espace dans votre cœur qu’il faut pour prendre soin des autres. »

Après quelques instants, Souma continua à parler.

« Quatrièmement, un pays qui passe tout son temps en guerre. Même s’ils gagnent toutes les batailles, une guerre est un fardeau pour le trésor national, et les gens y meurent. C’est encore pire quand vous perdez. Si vous gagnez l’hostilité d’un autre pays, il y aura du terrorisme, et cela conduira à une détérioration de l’ordre public. Il vous prive de toutes les choses qui vous importent le plus. »

Souma prit une pause pour que tout le monde puisse bien assimiler ce qu’il disait.

« Cinquièmement, un pays qui, contrairement à celui de mon quatrième exemple, ne peut pas se protéger. Si le pays néglige sa capacité à se défendre parce que ses habitants ne veulent pas se battre, d’autres pays en profiteront. Le résultat sera le même que pour le quatrième cas. Ce serait encore pire à notre époque, puisque le Domaine du Seigneur-Démon représente une menace imprévisible. »

Pendant qu’il disait cela, Souma tendit sa main maintenant ouverte vers le peuple.

« Même avec cette ébauche, je pense que vous pouvez tous voir que ces cinq pays sont mauvais. Qu’est-ce que c’est donc qu’un bon pays ? Est-ce le contraire de ces mauvais pays ? »

Souma retourna sa main pour que le dos de celle-ci soit face à eux, puis il baissa les doigts en parlant.

« Un pays indépendant où ses habitants ne meurent pas de faim, où ils ne frissonnent pas du froid, où l’ordre public est maintenu, où il n’y a pas d’invasions excessives d’autres pays, et où tout ira bien même si un autre pays ou le Domaine du Seigneur-Démon vient à nous attaquer. Je pense que cela serait probablement un “bon pays”, et c’est un objectif que ce pays devrait viser. »

Une fois de plus, Souma tenait sa main serrée en un poing, pour que tout le monde puisse le voir.

« Même si ces choses, prises individuellement, semblent toutes évidentes, il est assez difficile de les accomplir toutes en même temps. Surtout de nos jours, avec l’apparition du Domaine du Seigneur-Démon qui a jeté le monde dans le chaos. Ce sont des moments difficiles pour faire les choses qui devraient être faites. Il faudrait plusieurs fois plus de puissance afin d’accomplir cela si nous étions dans un temps de paix. En fait, il faudra tellement de puissance que j’ai l’impression que la conquête de tout le continent serait relativement simple en comparaison. »

À ce moment-là, Souma avait fait une pause, prenant une grande respiration.

« ... Mais, cela étant dit, il y a quelque chose que j’aimerais beaucoup que vous, le peuple de ce pays, fassiez... »

La foule avait encore dégluti en entendant ces mots.

Pour gagner le pouvoir dont il avait parlé, que voulait-il qu’ils fassent ?

La première chose qui leur venait à l’esprit était l’augmentation des taxes. Si la fiscalité était plus lourde, les revenus du pays augmenteraient, et ils pourraient dépenser plus sur l’armée. Selon la situation, cela n’était peut-être pas un mauvais choix, mais cela rendrait la vie plus difficile pour les habitants.

La deuxième chose qui leur venait à l’esprit était la conscription. Ce pays avait déjà des soldats professionnels, mais les habitants craignaient que même les civils aient à subir une formation de base pour les conscrits.

Ils pensaient que la « puissance » dont avait parlé Souma était la « puissance militaire ». Cependant, c’était une erreur.

Souma avait alors déclaré : « Mon peuple, je vous invite à étudier ! »

☆☆☆

Partie 2

« Mon peuple, je vous invite à étudier ! » J’avais crié cela à l’intérieur de la Salle du Joyau de Diffusion de la Voix du château. « Laissez-moi vous présenter cela avec une métaphore. Imaginez que deux personnes sont sur le point de se battre avec des épées. Dans la plupart des cas, le plus fort est celui qui va gagner, ou celui qui possède la meilleure épée. Maintenant, quand deux individus tout aussi forts se battent avec des épées tout aussi bonnes, le résultat est-il simplement dû à la chance ? »

Il continua après ça à parler. « Non, je vous le dis. Celui qui connaît le mieux l’épée gagnera. Même si leurs niveaux de force étaient les mêmes, et leurs armes identiques, si un cuisinier et un forgeron se battaient avec des épées, je suis à peu près sûr que le forgeron gagnerait. Un forgeron voit des épées chaque jour dans le cadre de son travail, et serait bien familiarisé avec leur longueur et leur portée. »

J’avais tapé avec un doigt sur ma tempe. « Si vous en savez plus que les autres, cela peut, en soi, être une arme. Un grand général peut combattre lors d’une centaine de batailles et toutes les gagner parce qu’il connaît la guerre, connaît ses propres forces, et qu’il connaît même les forces de ses adversaires. Il évite les batailles impossibles à gagner, choisissant seulement de combattre lors de celles qu’il peut gagner. La raison pour laquelle un général médiocre va perdre au moment critique est qu’il ne connaît pas la guerre, et qu’il ne connaît pas ses propres forces ou celles de son ennemi. Il se bat inutilement lors de victoires et de pertes répétées, incapable de se concentrer uniquement sur les choses les plus importantes. »

« Il y avait un stratège dans le monde d’où je venais et qui disait : “Connais-toi toi-même, connais ton ennemi, et tu n’as pas à craindre le résultat des cent prochaines batailles”, mais, c’est quelque chose qui s’applique aussi en dehors du domaine de la guerre. »

« S’ils traitent tous les deux des mêmes biens, mais que le Marchand A prospère alors que le Marchand B ne le fait pas, cela est dû au fait que le Marchand A en sait plus sur la façon de faire des affaires. »

« Bien qu’ils puissent utiliser les mêmes matériaux de base, la raison pour laquelle les travaux d’un grand artisan sont de plusieurs niveaux au-dessus de ceux d’un artisan moyen est qu’il possède une connaissance approfondie des propriétés de ces matériaux. »

« Même si vous cultivez tous les deux la même chose, si les produits qui sortent du champ de votre voisin ont meilleur goût que ceux qui proviennent de chez vous alors c’est parce que le fermier d’à côté a un savoir-faire sur la bonne façon de les cultiver. »

« Bien que vous cuisinez tous deux la même chose, la raison pour laquelle le plat d’un chef a meilleur goût que le vôtre, c’est qu’un chef connaît les bons et les mauvais attributs de chaque ingrédient, et possède une connaissance approfondie des façons de les préparer. »

« La raison pour laquelle le chasseur supérieur revient avec un nombre supérieur de proies chaque fois qu’il sort est parce qu’il a une connaissance approfondie du terrain, ainsi que des informations concernant les animaux qu’il chasse. »

« Dans le monde du divertissement, un acteur célèbre est capable d’inspirer des émotions chez son public dans chacune de ses performances parce qu’il a une connaissance profonde du cœur de son public. »

« C’est aussi la même chose pour les rois et les nobles. Les rois qui ont été appelés de grand roi étaient ceux qui avaient une connaissance approfondie de la façon de bien gouverner un pays sans rencontrer de résistance de leur peuple. Moi-même, j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, mais je vais travailler dur pour apprendre. »

J’avais alors fait une pause.

Yukichi Fukuzawa avait dit dans son livre. « An Encouragement of Learning (un encouragement à l’apprentissage) », « Les cieux ne créent pas d’hommes qui sont au-dessus des autres hommes, ni ne créent d’hommes qui sont sous d’autres hommes. » Alors pourquoi est-ce que, dans le monde réel, il y avait un tel fossé entre les riches et les pauvres ?

Il avait suggéré qu’il s’agissait d’une question d’érudition. Ceux qui ne savaient pas ne pouvaient faire que du travail manuel, donc leur position dans la société était abaissée. Ceux qui avaient de l’érudition pourraient faire des tâches plus difficiles, donc ils deviendraient plus importants.

Je pensais que c’était un argument un peu extrême, mais quand je l’avais lu, j’avais trouvé qu’il y avait des parties pour lesquelles je pourrais être d’accord.

J’avais alors continué.

« La façon d’acquérir une connaissance approfondie des choses est d’apprendre ce qu’il faut à leur sujet. Apprendre de ceux qui ont des connaissances et des compétences supérieures. Si vous avez des connaissances et des compétences supérieures à celles des autres, alors vous devriez être celui qui leur enseigne ces mêmes connaissances ou compétences. Ceux qui demandent pour apprendre doivent rendre hommage à ceux qui enseignent, et ceux qui enseignent doivent montrer de la compassion à ceux qui cherchent à apprendre d’eux. En apprenant les uns des autres comme ça, nous pouvons donner naissance à des compétences encore plus grandes. Je suis sûr que, peu importe votre profession, cela vous permettra de mener une vie plus prospère qu’elle ne l’est maintenant. »

Silencieusement, j’avais répété dans ma tête : ceux qui demandent pour apprendre doivent rendre hommage à ceux qui enseignent, et ceux qui enseignent doivent faire preuve de compassion envers ceux qui cherchent à apprendre d’eux... J’avais inséré cette ligne pour traiter des droits des deux parties. En tant qu’homme d’État, je devais être prudent que ceux faisant l’enseignement ne fassent pas cela d’une manière qui leur apportera une perte de leur côté. Pourtant, même si j’essayais d’expliquer ça aux gens en ce moment, ils ne comprendraient pas, alors je n’avais aucun désir d’approfondir à ce sujet.

« Je veux élever le niveau de vie moyen des habitants qui vivent dans ce pays, » dis-je. « C’est ainsi que cela augmentera la “puissance” de ce pays. Si vous devenez tous plus riches, les recettes fiscales augmenteront. Avec des recettes fiscales plus élevées, je devrais être en mesure d’attribuer plus des fonds pour les équipements militaires et le développement de nouvelles industries. Le pays entier deviendra ainsi plus prospère et plus fort. »

« À cette fin, je veux que vous, mes sujets, vous étudiiez. Je voudrais que vous commenciez par lire et écrire. Si ce que vous pouvez faire c’est lire et écrire, cela vous permettra de communiquer à distance avec d’autres personnes. Après cela, je veux que vous appreniez l’arithmétique. Si vous pouvez le faire, cela élargira considérablement la gamme de sujets que vous pourrez apprendre. »

J’avais fait un signe, et Liscia était sortie de derrière moi et avait brandi un morceau de papier avec le kanji pour « Écriture » écrit dessus.

J’avais désigné ce symbole et j’avais continué.

« Je veux que chaque adulte de ce pays soit capable de lire, d’écrire et de faire de l’arithmétique. Nous travaillons actuellement à ouvrir des centres d’éducation appelés centres de formation dans chaque grande ville, ainsi que des écoles plus petites dans chaque ville. Ce symbole “Écriture” indiquera où sont les installations d’entraînement et quelles écoles ont été approuvées par l’État. Pendant la journée, ils ne proposeront que des cours pour les enfants, mais le soir, les adultes pourront aussi y apprendre. Si vous avez la force d’y participer après le travail, j’aimerais que vous veniez et appreniez, même si cela ne se fait que petit à petit. En passant, ce symbole “Écriture” indique que vous pouvez apprendre à lire, écrire et faire de l’arithmétique gratuitement aux endroits qui l’affichent. Nous n’avons pas l’intention d’empêcher quiconque de créer sa propre école privée, alors gardez cela à l’esprit. »

J’avais fait une pause pendant un moment afin de pouvoir reprendre mon souffle. Parce que je n’avais pas fait les cent pas comme j'avais essayé d’expliquer les choses, je commençais à avoir des crampes. Mais je ne pouvais pas tout de suite arrêter tout ça. Je ne leur avais pas tout dit.

« ... Aussi, je voudrais m’adresser à tous ceux qui savent déjà lire, écrire et faire de l’arithmétique. S’il vous plaît, ne soyez pas satisfait avec ça. Parce que nous ne savons toujours rien. »

Après avoir fait le signal, cette fois, c’était Roroa qui s’était avancée, ouvrant une carte de ce monde.

J’avais pointé du doigt la carte.

« Comme vous le savez déjà, le Domaine du Seigneur-Démon est apparu dans le nord de ce continent. Cependant, je dois noter, nous ne savons rien sur le Domaine du Seigneur-Démon. Il y a apparemment un Seigneur-Démon... du moins, c’est ce que tout le monde dit, mais personne ne l’a jamais vu. Dans tous les cas, qu’est-ce que le Domaine du Seigneur-Démon ? Il y a des monstres dans le Domaine du Seigneur-Démon, mais il y a aussi des monstres dans les donjons. Quelle est la différence entre les deux ? Est-ce qu'il en y a une ? Comment le Seigneur-Démon, les démons et les monstres du domaine sont-ils connectés ? Est-ce une relation hiérarchique ? Ou sont-ils hostiles les uns envers les autres ? ... Nous ne savons rien. »

« Une fois dans le passé, le fait d’avoir lancé une invasion sans cette connaissance a causé une grande tragédie. Si les personnes avaient compris la différence de puissance, elles n’auraient pas déclenché une guerre imprudente et provoqué la mort de tant d’individus. J’en suis sûr. »

J’avais fait signe à Liscia et Roroa afin de revenir derrière moi, puis j’avais continué.

« Ce n’est pas seulement vrai pour le Domaine du Seigneur-Démon. Il y a beaucoup trop de choses sur ce monde que nous ne connaissons pas. La magie est un bon exemple. Cela fait partie de notre vie quotidienne, mais nous n’en savons rien. Pour commencer, qu’est-ce que la magie ? Pourquoi tout le monde peut-il apparemment l’utiliser naturellement ? Il n’y avait pas de magie dans le monde d’où je venais, alors c’est un mystère pour moi. Comment pouvez-vous produire du feu comme par magie ? Parce qu’il y a du magicium ? Eh bien, alors, qu’est-ce que le magicium ? Est-ce un gaz, un liquide, un solide ? La race à trois yeux peut voir des bactéries et des micro-organismes que les autres races ne peuvent pas voir sans un microscope, mais même elles ne peuvent pas voir ce que l’on appelle le magicium. Comment pouvons-nous prouver qu’il existe ? »

J’avais mis une certaine force dans mes mots.

« Comme vous pouvez le voir, ce monde est plein de mystères. N’arrêtez pas simplement de penser parce que ces mystères ont toujours été là ! Ne croyez pas les choses simplement parce que les histoires traditionnelles le disent ! Ne vous laissez pas égarer par ceux qui ont beaucoup d’influence ! Ne vous enfuyez pas en disant que c’est l’œuvre de Dieu, au-delà de la compréhension humaine ! Ne dites pas que cela doit être la faute des démons ! Doutez de tout, étudiez, laissez votre opinion entrer en collision avec celle des autres et trouvez la vérité ! Parce qu’un cœur qui cherche la vérité est la marque d’un être sensible ! »

Enfin, j’avais conclu mon discours.

« C’est ce que j’ai défini pour être notre politique nationale. Merci de m’avoir écouté jusque là. »

Avec cette phrase en tant que conclusion, la première diffusion du Joyau de Diffusion de la Voix de la nouvelle année avait pris fin.

Une fois que j’étais certain que nous ne diffusions plus, je m’étais effondré sur place. « Ouf, c’était épuisant... »

« Bon travail, » déclara Liscia. « Je pense que tu t’es plutôt bien débrouillé, tu sais ? »

« Je suis d’accord, » Roroa était également d’accord. « Tu agissais comme un vrai roi. Je suis encore une fois en train de tomber amoureuse de toi, Chéri ! »

Elles avaient beau dire ça, j’étais à bout de nerfs. Je m’étais habitué à être l’hôte pour diverses émissions télévisées, mais le fait de prononcer un discours royal devant la population me rendait encore très tendu. En temps de crise, je n’avais pas le luxe d’y penser, alors je pouvais faire des discours, mais c’était épuisant d’avoir à agir selon mon rôle en temps de paix.

« Arg, je ne me sens vraiment pas bien, je suis tout en sueur, » dis-je. « Désolé, pourriez-vous m’apporter un verre d’eau ? »

« Pas de problème, » répondit Liscia en hochant la tête. « Roroa, pourriez-vous vous en occuper ? »

« D’accord, d’accord, » Roroa salua et alla chercher le plateau avec un pot à eau et des tasses laissées dans le coin de la pièce. Avoir que j’eus pris une tasse du plateau, Liscia avait versé de l’eau pour moi.

Une fois que j’avais fini de boire toute la tasse, je m’étais finalement senti un peu plus détendu. « Ouf ! J’ai l’impression de revenir à la vie ! »

« Hehe, » Liscia se mit alors à rire. « Penses-tu que les habitants comprendront maintenant l’importance de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, peut-être ? » Elle tenait toujours la cruche d’eau.

« Ha ha, ce ne sera pas si simple, » dis-je. « Car après tout, l’étude peut être ennuyeuse et fastidieuse. Un peu d’encouragement comme ça ne va pas les garder longtemps sur le droit chemin. »

« Veux-tu dire que faire des discours à ce sujet ne va pas beaucoup aider ? » demanda Liscia.

« Si tout ce que je fais, c’est leur parler, alors oui, » acquiesçai-je. « Mais il y a d’autres moyens possibles. »

« Moyens ? » demanda Liscia en répétant l’un de mes mots.

« Il y a des façons de s’amuser en apprenant naturellement, » dis-je.

Un coup soudain était venu de la porte. Après que j’eus dit « Entrez », Juna et Aisha, qui portait une sorte de grande boîte, entrèrent.

« Nous sommes venus à la suite de votre demande, Votre Majesté, » avait déclaré Juna en parlant d’une manière formelle. « De plus, le département de production des diffusions nous a demandé de vous apporter tout cela, Votre Majesté. »

Quand Aisha avait posé la boîte qui semblait aussi grande qu’elle sur le sol, il y avait eu un cliquetis provenant de l’intérieur.

Roroa regarda la boîte avec curiosité. « Hé ! Chéri, qu’est-ce qu’il y a dans la boîte ? »

« Oh, c’est probablement “l’équipement” que je leur ai demandé, » répondis-je.

« L’équipement ? Vas-tu le porter, Souma ? » demanda Liscia, un point d’interrogation flottant sur sa tête.

Je n’étais pas allé sur les champs de bataille, à la fois pour des raisons pratiques et à cause de ma position. Alors quand elles avaient entendu le mot « équipement » sortir de ma bouche, tout le monde, et non pas seulement Liscia m’avaient regardé avec un fort doute en elles.

Je leur avais souri en retour. « Eh bien, vous avez juste à attendre et à regarder... »

« ... Quand tu as ce regard, Souma, je sais déjà que tu es sur le point de faire quelque chose de fou, » Liscia me regarda avec exaspération, et mes autres fiancées acquiescèrent.

« ... Tu n’as aucune confiance en moi, hein ? » demandai-je.

« Je ne peux pas avoir confiance en toi, mais j’ai foi en toi, » répondit Liscia.

« Hein !? C’est quoi la différence ? » demandai-je.

« D’après mon expérience acquise, je sais que tu vas nous faire tous courir comme des folles, alors je ne te fais pas confiance quant au fait qu’on sera tranquille. Mais on peut dire que tout cela finira à un moment donné, bien sûr, après avoir eu de nombreux maux de tête, mais qu’en final, tout finira bien alors j’ai foi en toi, » répondit Liscia.

« « « Je suis d’accord avec elle ! » » » Les autres avaient toutes hoché la tête et elles affichaient clairement qu’elles étaient d’accord avec Liscia.

Ha ha ha, elles me comprennent toutes si bien. *Soupir*...

☆☆☆

Chapitre 1 : Faisons un programme éducatif (Le début de Silvan)

Partie 1

— Le 10e jour du 1er mois de l’année 1547 du Calendrier Continental, Capitale Royale, Parnam.

Il s’agissait d’un jour où l’ambiance festive de la nouvelle année commençait à diminuer.

La place de la fontaine à Parnam où le Joyau de Diffusion de la Voix pouvait être regardé était encore pleine de monde. Ce nouveau roi allait apparemment diffuser une autre nouvelle émission, alors la population s’était empressée de se rassembler pour la voir. Déjà maintenant, il s’agissait d’un spectacle familier dans presque toutes les villes où le Joyau de Diffusion de la Voix pouvait être regardé. Les gens se rassemblaient comme ça chaque fois qu’un nouveau programme était planifié, les marchands venaient avec leurs chariots, et ça se transformait en une atmosphère de festival.

Dece, Juno, et leur groupe d’aventuriers étaient là dans cette place de la fontaine festive.

« Waouh, c’est aussi bondé que jamais, » commenta Juno. « Après tout, c’est la capitale. »

Telle était l’opinion de la mince jeune femme au visage de bébé, qui se laissait glisser au milieu de tous les passants. En raison de la quête de protection qu’ils avaient prise à la guilde, le groupe avait décidé de venir voir l’émission du Joyau de Diffusion de la Voix, puisque de toute façon, ils étaient déjà dans la région.

Le bagarreur musclé Augus traînait l’affable jeune prêtre Febral de stalle à stalle, ainsi, les personnes seules présentes ici étaient Juno, l’épéiste au sang chaud et bel homme Dece, et la calme magicienne aux courbes avantageuses, Julia.

« Après tout, ces programmes de diffusion sont déjà devenus l’une des caractéristiques célèbres de ce pays, » lui avait alors dit Dece. « Vous savez, les programmes de musique sont les meilleurs des choses possibles. Les Loreleis sont mignonnes, et quand je considère la possibilité de ne plus entendre leurs voix, même si je suis un aventurier, je me sens comme si je ne voulais surtout pas aller dans d’autres pays. »

Dece avait tourné autour du sujet, mais Julia lui pinça alors le bras avec un sourire.

Voyant que son chef ne comprenait tout simplement pas le cœur des femmes, Juno haussa les épaules avec consternation. Elle avait commencé à penser que peut-être elle devrait être plus attentionnée et disparaître quelque part pour leur bien... mais c’est à ce moment-là que c’était arrivé.

L’émission semblait avoir commencé, et les gens regardaient tous vers la fontaine, mais ce qui était affiché était... une sorte de créature grassouillette ? Tous les habitants du royaume avaient été surpris par cela, mais Juno avait eu la plus forte réaction de tous.

« Hein ?! Que fait Monsieur Musashibo là-bas ? » s’exclama Juno.

Eh oui. Qu’y avait-il à cacher ? Celui qui apparaissait à l’écran n’était pas un bonhomme de neige, ou un kagami mochi, il s’agissait du Petit Musashibo. Le Petit Musashibo se tourna vers l’écran et agita ses bras.

« Salut tout le monde. Je suis le Petit Musashibo. Ravi de vous rencontrer. »

« « « A-t-il parlé ?! » » »

En entendant la voix adorable et enfantine du Petit Musashibo, Juno, Dece et Julia avaient tous crié en même temps de surprise. Le Petit Musashibo, qui n’avait jamais dit un mot et cela, peu importe la difficulté qu’il avait traversée lors des quêtes, était maintenant à l’écran et parlait. Vous ne pouviez pas les blâmer pour leur surprise.

« Cette voix... ça ressemble à celle d’un enfant, ou d’une femme. La personne à l’intérieur de lui était-elle féminine ? » Dece avait crié sous le choc, mais Juno avait immédiatement nié.

« Non, j’ai déjà vu sa main auparavant, et tu sais, il s’agissait d’un homme tout à fait normal ? » Fut sa réponse.

« Mais c’est une voix de fille, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Il s’agit d’un costume kigurumi, alors pourquoi est-ce que ça ne peut pas être une personne différente à l’intérieur ? » Julia avait suggéré ça d’un ton détendu.

Dece et Juno déglutirent, voyant la logique derrière le commentaire. « « ... O-Ouais, bien sûr c’était donc ça ! » » fut leur réponse.

Ils avaient oublié ce fait à cause de ses gestes humains, mais la personne en question était un costume kigurumi. Il était possible que le costume eût été emprunté par le château.

Sans aucune idée de la confusion que cela causait pour Juno et les autres, le Petit Musashibo de l’émission avait déclaré à haute voix, « D’accord, alors, l’émission “Ensemble avec Grande Sœur” va maintenant commencée. »

☆☆☆

Partie 2

Au même moment, dans la Grande Salle du Château de Parnam...

À l’heure actuelle, le Petit Musashibo dansait au rythme d’une mélodie décontractée juste devant nos yeux. Liscia, qui se tenait à côté de moi et regardait ça depuis un endroit qui ne serait pas visible dans l’émission, se tenait là, la bouche ouverte, une expression vide présente sur son visage. Il y avait en ce moment un silence gênant entre nous.

« Hmm... Pourrais-tu peut-être me dire quelque chose ? » demandai-je avec hésitation.

« Je ne sais même pas par où commencer... Non, je veux dire par là. Qu’est-ce que c’est censé être ? » demanda en retour Liscia.

« C’est le Petit Musashibo, » répondis-je.

« Oui ! Ça, je le sais déjà. Mais ce que je ne sais pas, c’est : comment peut-il parler en ce moment ? » demanda Liscia.

« Et bien, c’est facile à dire, » répondis-je. « Il y a tout simplement une personne à l’intérieur. La voix est celle de Pamille Carol. »

« Pamille se trouve-t-elle vraiment à l’intérieur de cette chose ? » demanda Liscia.

Et oui, par la force des choses, elle était bien dedans. Nous n’avions pas d’équipement pour l’enregistrement, donc nous ne pouvions pas ajouter la voix en post-traitement, ce qui voulait dire que la voix devait venir de l’intérieur du Petit Musashibo. Je contrôlais ses mouvements, donc ce n’était pas trop complexe pour Pamille de se charger du reste, mais elle s’était quand même plainte qu’il faisait chaud et étouffant à l’intérieur du Petit Musashibo.

« N’as-tu pas inscrit ce costume kigurumi en tant qu’aventurier ? » demanda Liscia. « Est-ce que c’est bon de le faire apparaître ainsi dans une émission diffusée par le Joyau de Diffusion de la Voix ? Ne serait-ce pas une mauvaise chose si les personnes découvraient qu’il était en réalité lié à la famille royale ? »

Ohhh, eh oui, si Juno et les autres regardaient cette émission, ça pourrait devenir un certain mal à la tête pour moi dans le futur.

« Eh bien, c’est après tout qu’un costume kigurumi, » dis-je. « “Nous avons vu ce kigurumi en ville et nous avons trouvé qu’il était mignon, donc le château a demandé une copie de ce costume, et maintenant nous l’utilisons comme personnage dans notre programme.”... Une histoire comme celle-là ne fonctionnerait-elle pas ? »

« Même si c’est le cas..., » murmura-t-elle. « Et attends ! De quoi cette émission est-elle censée parler ? »

« Me demandes-tu sur quoi est cette émission ? Ne te l’ai-je pas déjà dite ? Il s’agit là d’un programme éducatif, » répondis-je.

« Éducatif ? » demanda Liscia alors qu’elle était surprise de ma réponse.

« Oh, regarde et tu comprendras. La partie principale est sur le point de commencer, » lui ai-je dit tout en pointant du doigt ce qui se déroulait devant nous.

☆☆☆

Partie 3

La chanson décontractée avait pris fin, et un nouveau décor fut placé sur la scène.

Sur la scène, il y avait maintenant une toile de fond représentant des arbres, de l’herbe et des souches. Le tout était afin de simuler qu’il s’agissait d’une forêt. Au milieu de cette forêt clairsemée, le Petit Musashibo traçait quelque chose sur le sol avec une craie. En regardant de plus près, il s’agissait apparemment de chiffres.

« Hmm... 1 + 1 font 2, 2 + 2 font 4... Hohoho, faire des calculs arithmétiques est vraiment difficile, » le Petit Musashibo penchant exagérément la tête afin de montrer sa confusion. Le geste était vraiment très enfantin et mignon.

Une fille un peu plus âgée avec des cheveux bleus portant une tenue de garçon y compris un chapeau et une salopette arriva sur la scène. Quand la fille aux cheveux bleus remarqua le Petit Musashibo, elle l’interpella d’une voix enjouée.

« Salut Petit Musashibo, qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi fais-tu ce regard si troublé (sans expression) ? » demanda-t-elle.

Le Petit Musashibo leva les yeux, puis il se dirigea vers la jeune fille avec de petits pas, mais avec lenteur. « Bonjour Grande Sœur Juna. »

À ce moment, les téléspectateurs adultes avaient remarqué qui était celle qui se trouvait sur la scène. Le personnage de la grande sœur était joué par la fameuse Prima Lorelei, Juna Doma.

Parce que Juna était surtout connue pour être si belle que même les filles voudraient être avec elle, ils n’avaient pas fait le lien avec elle dans cette tenue de garçon. Son ton présent dans sa voix était plus direct, en accord avec la tenue. Bien que cette version de Juna ait perdu le sex-appeal mature qui la faisait paraître plus âgée qu’elle ne l’était en réalité, cela avait fait ressortir une allure très mignonne qui ressemblait plus à ce que l’on attend d’une fille de son âge.

Le Petit Musashibo s’était tourné vers sa « Grande Sœur Juna » afin d’obtenir de l’aide. « Grande Sœur Juna, l’arithmétique est bien trop difficile et je ne sais pas quoi faire face à ça. J’ai beau regarder dans des livres, mais comme il y a tout simplement que des chiffres et des symboles dedans, et ce n’est pas du tout intéressant et j’abandonne bien vite. »

Il y avait un grand nombre de téléspectateurs qui avaient acquiescé.

Neuf jours plus tôt, Souma avait encouragé les gens à apprendre à lire, à écrire et à faire de l’arithmétique, mais ceux qui vivaient dans un style de vie où ils n’avaient pas besoin de faire des calculs avaient apparemment pensé : « D’accord, le fait de lire et écrire, c’est peut-être utile. Mais à quoi bon apprendre à faire des calculs pour toute personne qui n’est pas un marchand ? »

Cependant, Juna s’était mise à rire avant de faire un clin d’œil espiègle au Petit Musashibo qui exprimait l’opinion qu’avaient les téléspectateurs vis-à-vis de ça. « Oh mon Dieu ! Ne sais-tu pas que les mathématiques peuvent être amusantes ? »

« Quoi !? Vraiment !? » Le Petit Musashibo demanda ça en montrant bien qu’il doutait de ça.

« C’est la vérité, » répondit-elle avec un ton qui indiquait sa grande confiance.

Une mélodie amusante et gaie avait commencé à être jouée sans qu’on sache vraiment d’où elle provenait. Juna avait alors commencé à chanter en accord avec elle.

La chanson s’appelait : « L’Arithmétique Amusante ». Elle provenant de Minna no Uta, ou les Chansons Pour Tout Le Monde, qui provenait directement du monde de Souma. Cette chanson, chantée par Seiji Tanaka, présentait l’addition, la soustraction, le fait que lorsque vous aviez un groupe de dix, il se déplace jusqu’à un nouveau chiffre, et le fait qu’un nombre, aussi grand soit-il, disparaît lorsqu’il est multiplié par zéro.

Juna et le Petit Musashibo avaient chanté cette chanson, dansant joyeusement ensemble en faisant un cercle sur la scène.

Quand ils finirent la chanson, le Petit Musashibo avait frappé ses mains avec enthousiasme. « Je sens que l’arithmétique vient de bien m’amuser. Si j’étudie plus, cela sera-t-il encore plus amusant ? »

« Bien sûr, » lui assura Juna. « Si tu étudies durement, tu seras capable de faire encore plus de choses incroyables et amusantes. »

Puis Juna s’était mise à chanter une chanson pour le Petit Musashibo sur toutes les choses qu’il serait capable de faire s’il étudiait son arithmétique. Il y avait une mélodie amusante et des paroles ludiques, mais si vous écoutiez de près, cela exprimait un certain nombre de phénomènes mathématiques. C’était exactement le genre de chanson qui appartenait à un programme éducatif.

Les enfants qui regardaient l’émission avaient innocemment imité Juna et le Petit Musashibo, chantant les paroles et dansant sur la mélodie. D’un autre côté, les adultes considéraient la signification des paroles, hochant la tête avec intérêt, comme s’ils avaient compris le sens de la chanson.

Parmi eux, il y avait juste une personne, Juno, qui pensait à quelque chose de complètement différent des autres.

Est-ce qu’il leur a tout simplement prêté son costume kigurumi ? Non... Ça ne peut pas être ça. Juno surveillait de près les mouvements du Petit Musashibo. La façon dont il bouge, c’est également la même manière que Monsieur Petit Musashibo. Mais la voix que j’ai entendue était la voix mignonne d’une fille. La main que j’ai vue était celle d’un homme. Il y a une personne différente à l’intérieur, mais il bouge de la même manière. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Alors qu’elle avait réfléchi à un grand nombre de possibilités, quelque chose avait surgi dans la tête de Juno.

Maintenant que j’y pense, n’était-ce pas déjà le cas, la dernière fois que j’ai vu quand Monsieur Petit Musashibo délivrant une lettre à la guilde ? Après que la réceptionniste l’a vu, elle nous a dit qu’un banquet avait lieu au château. En d’autres termes, cette lettre provenait du château. D’après ce que j’entends dire, cette émission est mise en place par le château. Peut-être, Monsieur Petit Musashibo est-il lié d’une manière ou d’une autre au château ?

Juno regarda fixement dans la direction de Château de Parnam, d’où venait l’émission.

... Je suis curieuse. Je veux tellement regarder dedans, mais... Je ne peux pas vraiment me faufiler dans le château. S’ils m’attrapaient, je suis sûre que je serais punie pour ça. Hmm, n’y a-t-il pas moyen de me pencher sur le sujet ?

Alors que Juno pensait à tout cela, l’émission avait continué. Lorsque la scène avec le Petit Musashibo et Juna avait pris fin, le décor diffusé changea. Cela provenait maintenant d’un tout autre endroit.

Cette fois, ce n’était pas un décor comme la dernière fois, car cela ressemblait à un grand hall d’un manoir. Il y avait environ dix enfants entre trois à cinq ans présents. En raison de leur jeune âge, ils n’étaient pas du tout coordonnés, ils s’asseyaient, couraient, se couchaient et se déplaçaient plus ou moins librement. Il s’agissait bien entendu des enfants des différentes personnes travaillant dans le château qui avaient été laissés à la garderie pendant que leurs parents travaillaient.

Souma avait pensé que le public d’un programme éducatif devrait être composé d’enfants, donc, avec la permission de leurs parents (bien que, avec le roi leur demandant une faveur, ils pourraient difficilement refuser), il avait arrangé tout ce qu’il fallait pour les faire apparaître dans l’émission. En outre, au milieu de ces enfants, il y avait une jeune fille qui semblait avoir environ seize ans.

« Hé, n’est-ce pas la princesse Roroa ? » un spectateur astucieux avait souligné ce fait.

Cette fille était en effet Roroa, l’ancienne princesse d’Amidonia. Roroa portait une tenue de garçon comme celle de Juna, et elle avait déclaré d’une voix enjouée. « Tout le monnnnnnde, regardez par ici. Votre grande sœur chantante va bientôt arriver et va jouuuerr avec vous. Un, deux ettttttt... ! »

« « « Grande Sœur Juna ! » » » crièrent en cœur tous les enfants.

Alors que Roroa leur donnait le signal, les enfants avaient tous appelé son nom en même temps. Et c’est alors que...

« Coucouuuuu, » Juna était à nouveau apparue, agitant ses mains. Elle se plaça à côté de Roroa et déclara : « Maintenant, tout le monde, il est temps pour une chanson. »

Puis elle commença à frapper en cadence dans ses mains.

☆☆☆

Partie 4

Pendant ce temps, là où nous filmions dans le château, Liscia criait de surprise. « Roroa !? Que fait donc cette fille ? »

« Quand j’ai dit à Roroa que nous allions faire un programme éducatif, elle a dit : “Cela semble fascinant ! Chéri, je veux aussi être dedans !” » dis-je. « Elle m’a forcé à lui laisser le rôle. Je n’avais pas d’autres options, alors j’ai décidé de la laisser participer au spectacle en tant qu’assistante de Juna. »

« Peux-tu vraiment décider des rôles sur un coup de tête comme ça ? » demanda Liscia avec scepticisme.

« ... Tu sais, j’ai un point faible face aux enfants qui pleurent ou quand les sponsors sont concernés, » répondis-je. « En outre, ce programme est sponsorisé par Le Cerf d’Argent, dont Sebastian est après tout le visage public, mais Roroa contrôle tout dans les coulisses. »

À l’heure actuelle, notre pays fournissait des fonds pour plusieurs entreprises et pour la recherche sur divers sujets. Nous étions fortement concentrés sur les produits alimentaires, les médicaments et les militaires parce que c’étaient des choses qui auraient un effet sur la vie des habitants. À cause de cela, le Trésor national était toujours sur le point de s’effondrer.

Finalement, au fur et à mesure que la population augmenterait, l’augmentation des taxes ferait revenir notre argent que nous avions investi, mais nous ne pouvions pas compter immédiatement sur cela.

C’était dans cet état d’esprit que le ministre des Finances, Colbert, avait contrôlé les cordons de la bourse du pays et qu’il n’allait pas allouer de fonds à un nouveau programme sans avoir obtenu quelques succès avant ça. C’est pourquoi j’avais demandé à la compagnie de Roroa de le financer. À cause de cela, je n’avais plus d’autre choix que d’écouter Roroa, l’investisseuse, lorsqu’elle m’avait demandé un service.

Quand Liscia avait entendu les détails, elle avait soupiré. « C’est toujours une question d’argent, hein. Que la vie est difficile. »

« Tu l’as bien dit, » répondis-je.

Bien que je sois sûre que Roroa a créé sa propre entreprise avec ce genre de situation en tête, pensai-je.

La vérité était que, si Roroa n’avait pas investi, je n’aurais pas pu faire cette émission. D’ailleurs, si je ne la laissais pas avoir un peu de ce qu’elle voulait, j’allais probablement être frappé un jour par un châtiment divin.

J’avais regardé vers la salle où Juna et Roroa chantaient « Musunde Hiraite [1] » avec les enfants.

Les enfants avaient regardé les mouvements exagérés de Roroa et l’avaient ensuite imitée. Quand je les avais vus rebondir, bouger les bras et les jambes, cela m’avait fait sourire.

Alors que mon cœur était réchauffé par leur comportement angélique, Liscia m’avait posé une question. « Je comprends pourquoi tu veux faire un programme éducatif, mais pourquoi y a-t-il autant de chansons ? »

« N’as-tu pas des chansons de ton enfance qui te sont restées étrangement longtemps dans ta tête ? » demandai-je en retour.

« Comme des berceuses ? » demanda-t-elle.

« Oui, tout à fait, » répondis-je. « Les chansons et les mélodies se coincent dans ta tête, et il est facile pour les gens de finir par les chanter ou les fredonner par eux-mêmes et sans raison. C’est pourquoi c’est plus mémorisable si tu utilises des chansons dans l’éducation que si tu vas juste enseigner le sujet d’une manière normale, et cela va aussi se propager plus loin de manière automatique. »

Par exemple, avant de nous enseigner l’« Irohanihoheto » à l’école, je l’avais déjà appris de « Iroha Matsuri » de Minna no Uta. Et aussi, j’avais l’impression que l’une des plus importantes raisons pour lesquelles je me souvenais de l’ordre du zodiaque chinois sans les confondre était parce que j’avais appris une chanson intitulée « Eto wa Merry-go-Round ». Si je me souvenais encore de ces chansons mêmes maintenant que j’étais adulte, cela démontrait que Minna no Uta était vraiment incroyable.

Liscia avait dit : « Je vois, » avec un grognement d’admiration. « Franchement, je pense que c’était vraiment bien pensé. »

« Hm... Eh bien, penser est après tout mon travail, » dis-je.

« Ce n’est pas aussi facile que ça. Je parle de penser au peuple et élaborer des politiques pour leur venir en aide, » Liscia me regardait d’un air approbateur... J’avais détourné mes yeux. « Attends, pourquoi as-tu regardé ailleurs ? »

« Eh bien... Si tu devais demander si c’est vraiment pour le peuple, je dois admettre que mon propre intérêt a aussi été mélangé là dedans, » répondis-je.

« Vraiment !? Comment ça ? » Liscia me regardait fixement.

... Eh bien, je ne peux pas y faire grand-chose, pensai-je. Je suppose que je vais devoir me confesser.

« Nous organisons la cérémonie de mariage qui sera également là où j’hériterais officiellement le trône, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« E-Exacte... Du moins, je suppose que c’est bien ça, » répondit-elle.

Les joues de Liscia avaient rougi quand j’avais dit le mot mariage.

C’était adorable quand elle avait réagi ainsi, mais... passons à travers le sujet. Cela s’était passé l’autre soir, le jour de l’an, où je l’avais proposé à Liscia et elle avait accepté, et c’était toujours un peu embarrassant d’y penser.

« Ainsi, au cours de ce mariage, je veux dévoiler toutes mes reines, sans discrimination entre qui est primaire et secondaire, » déclarai-je.

Parce que les reines secondaires, dont les enfants n’auraient pas le droit de succession, avaient été à l’origine les concubines des rois, elles étaient considérées comme inférieures aux reines primaires. En conséquence, même maintenant qu’elles étaient traitées comme des reines, il y avait beaucoup de cas où elles ne recevraient pas une grande cérémonie de mariage devant le peuple. Il y avait même eu des cas où les reines secondaires s’étaient senties inférieures aux primaires, et avaient donc refusé d’y assister pour ces raisons. Elles avaient dû craindre que ce ne soit le germe de futurs problèmes.

Je voulais changer cette coutume.

« Roroa a dit qu’elle était d’accord d’être une reine secondaire, mais puisque nous allons régner sur la région d’Amidonia, je veux faire d’elle ma troisième reine primaire, » dis-je. « Cela ferait de Juna la seule qui ne pourrait pas participer à la cérémonie, n’est-ce pas ? Je pensais que si c’était possible, je voudrais que tout le monde soit là ce jour-là. »

« Tu as raison. Je pense que ce serait pour le mieux ainsi, » Liscia acquiesça et accepta sans hésitation. « Aisha et Juna étaient avec nous pendant les temps difficiles, et nous les avons traversés ensemble. Elles sont pour moi des camarades de guerre. Oh, je ne veux pas mettre Roroa de côté. Je pense qu’elle peut parfois être une nuisance, mais la façon dont elle agit avec moi comme une petite sœur est vraiment mignonne. C’est juste qu’Aisha et Juna sont spéciales. Peu importe qui est une reine primaire et qui est reine secondaire, je ne veux pas que quelqu’un se sente négligé. »

« Je vois... je suis soulagé, » dis-je.

C’était une bonne chose que la première reine primaire, Liscia, soit si tolérante. Liscia et les autres filles s’entendaient bien, donc je n’avais pas été inquiet, mais... même ainsi, c’était un soulagement d’entendre Liscia elle-même dire tout cela. Honnêtement, ces merveilleuses filles étaient toutes bien trop bien que ce que je mériterais en réalité.

Liscia pencha la tête sur le côté. « Mais est-ce que ça a quoi que ce soit à voir avec cette émission ? »

« Tout à fait, » dis-je. « Pour l’instant, mes fiançailles avec Juna sont secrètes, mais cela va devenir intenable à l’approche de la cérémonie, n’est-ce pas ? »

« Eh bien, c’est sûr. Le mariage sera diffusé à l’échelle nationale, » répondit Liscia.

« Tout à fait, » dis-je. « Donc, il doit y avoir une annonce faite à un moment donné... Je pensais que quand cela se produira, entre la Lorelei Juna et la Juna qui chante des chansons avec des enfants, ce qui fera que les habitants soient moins en colère c’est... tu sais... »

Liscia plissa les yeux et me lança un regard dur. « Ne me dis pas que tu as planifié ce programme juste pour ça. As-tu fait ça ? »

« Oh non, pas du tout, » dis-je. « Le plan lui-même était destiné dès le début à aider à éduquer les habitants, » avais-je dit, en essayant de ne pas avoir de contact visuel avec Liscia. « C’est juste que... eh bien... Je laisse également mes propres intérêts égoïstes s’impliquer un peu dans tout ça... alors, tu pourrais dire que... »

Liscia laissa échapper un soupir. « Tu es un cas désespéré... As-tu vraiment à te soucier autant de la façon dont les personnes te voient ? »

« Eh bien ! Possible, car tu sais, c’est un problème assez important. Est-ce que tu t’en rends compte ? » demandai-je.

Après tout, Juna était devenue une telle idole nationale ce qui avait été clairement démontré depuis que nous avions reçu des pétitions du Congrès du Peuple nous disant : « L’avoir plus souvent dans les émissions produites par le Joyau de Diffusion de la Voix ». Si je venais à annoncer nos fiançailles dans la situation en cours, il pourrait sérieusement y avoir des émeutes. C’est pourquoi, afin de les garder sous contrôle, j’avais l’intention de déplacer progressivement Juna du travail d’idole aux chansons pour enfants.

Quand j’avais dit cela à Juna, alors même que cela me faisait mal, elle m’avait répondu : « Si je peux chanter à vos côtés, Sire, peu importe la position dans laquelle je me trouve, cela me convient, » et elle m’avait ensuite souri.

À en juger par le fait qu’elle avait alors immédiatement recommandé une nouvelle Lorelei, Komari Corda, qui pourrait continuer sur son style actuel, Juna était enthousiaste à cette idée.

Et, alors que nous en discutions, la partie où elles devaient chanter avec les enfants s’était terminée.

« Très bien, tout le monde, bien joué, » déclara Juna.

« Est-ce que tout le monde qui nous regardait depuis là-bas, chante-t-il également avec nous ? » demanda Roroa.

Juna et Roroa avaient ainsi clos cette partie de l’émission.

« Qu’est-ce qui est prévu après ça ? » demanda rapidement Liscia.

« La prochaine étape est une petite période pour des exercices. Il s’agit d’un petit programme afin de faire bouger toutes les parties du corps des spectateurs, » répondis-je.

« Exercices ? » demanda Liscia qui était surprise. « Comme tu utilises que des membres de notre famille... est-ce que c’est Aisha qui s’occupe de cette partie ? »

« Nullement. J’ai amené un expert approprié pour la partie exercice, » dis-je.

« Un expert ? » Liscia inclinait la tête sur le côté en pleine confusion.

Dans le hall, Roroa avait repris la direction de l’émission. « Bon, il est temps de faire un peu d’exercice. Nous allons tous ensemble appeler le monsieur exercice. Allez ! Un, deux etttttt... ! »

« « « Monsieur exerciccccccee ! » » » les enfants avaient tous crié ensemble à la suite de l’incitation de Roroa.

« Hahhhh ! » Un homme avait sauté depuis le balcon du deuxième étage.

L’homme avait atterri avec élégance devant les enfants, affichant ses dents blanches et brillantes, puis se tourna vers l’écran et leva le pouce face aux téléspectateurs.

Le jeune homme était grand, il faisait environ 185 centimètres. Il avait un physique musclé qui était apparent même avec tous ses vêtements. Son visage, pris dans son ensemble, aurait été considéré comme beau. Mais ses sourcils épais et relevés, ses yeux perçants et ses dents blanches et brillantes... Chacune des parties individuelles de son visage avait beaucoup de « caractères ».

Le jeune homme posa une main sur sa hanche, puis se tourna vers les enfants avant de déclarer. « Les enfants, je suis désolé pour l’attente ! Maintenant, déplacez avec moi votre corps ! »

Il s’agissait d’un jeune homme qui parlait avec des mots passionnés et un sourire tout aussi passionné.

Liscia regarda le jeune homme, bouche bée, puis elle chuchota. « Qui est-ce ? »

Notes

  • 1 Musunde Hiraite : Il s’agit d’une chanson enfantine japonaise. Les différentes chansons dont parle le chapitre sont toutes dans le même genre.
 

☆☆☆

Partie 5

— Plus tôt, au milieu du douzième mois de l’année 1546 du Calendrier Continental

Sur ce jour-là, il faisait particulièrement froid...

« Nous avons changé la façon dont nous produisons du grain sur notre territoire. Cela a considérablement augmenté notre taux d’autosuffisance alimentaire, » un homme me disait ça. « Grâce à votre réseau de transport, Sire, mon domaine est plus prospère que jamais. »

« Oh, ho, » dis-je. « Je vois... »

Je me tenais à côté d’un homme costaud, d’âge moyen et souriant tout en nous promenant indéfiniment. Le nom de l’homme était Moltov Juniro. Il était à la tête de l’une des dix maisons nobles les plus influentes du pays, la Maison Juniro. Aujourd’hui, j’avais été invité à un banquet qu’ils organisaient.

Ces jours-ci, j’étais invité à un banquet tenu par un noble influent tous les jours. Il semblait que dans ce pays, au milieu et vers la fin du douzième mois, les nobles invitaient des personnes proches et organisaient un banquet. Là, ils les remercient pour leurs interactions tout au long de l’année, et exprimaient leur espoir de rester tout aussi proche lors de la prochaine année.

En fait, il s’agissait des fêtes de fin d’année dans ce monde.

En outre, il semblait que le nombre et le rang des invités qu’ils pouvaient attirer servaient de baromètre du pouvoir et de l’influence du noble. C’est pourquoi, à cette époque de l’année, les nobles invitaient autant de monde qu’ils le pouvaient, surtout ceux de haute stature.

Maintenant, si vous demandiez qui était la personne de la plus haute stature dans ce pays, tous diraient que c’était moi, le gars qui se tenait actuellement sur le trône. Naturellement, même s’ils le voulaient, aucun noble ordinaire ne pouvait inviter le roi sans avoir de lien particulier avec lui. Et après tout, je n’étais pas trop friand de ces banquets, alors normalement, même si j’avais reçu une invitation, je l’avais refusée parce que j’étais trop occupé.

Donc, si je devais quand même assister au banquet de quelqu’un, cela signifiait qu’ils n’étaient pas de nobles ordinaires. Bien qu’ils ne soient peut-être pas au niveau d’Excel, il y avait encore de puissants nobles dans ce pays. Il était difficile de refuser les invitations de ce genre de personnes. C’était le devoir d’un supérieur de socialiser avec ceux qui servent sous leurs ordres.

Parce que j’en avais refusé beaucoup, Hakuya m’avait dit : « S’il vous plaît, assistez au moins aux banquets de fin d’année ». À cause de cela, depuis quelques jours, j’étais obligé d’assister aux banquets de ces puissants nobles.

Tout en étant habillé comme d’habitude pour les banquets (c’était une tenue royale. Même mes manches avaient des fioritures.), j’avais grogné, « Argg ! Quelle douleur ! » ou « Je ne veux pas y aller » ou « C’est trop compliqué ! » et Liscia, qui m’aidait à me changer, me l’avait reproché.

« Il s’agit là de ton devoir de roi, » déclara-t-elle. « En tant que fiancées, nous serons là également. Alors, prends-toi en main, veux-tu bien le faire ? »

Comme elle l’avait dit, Liscia et mes autres partenaires étaient également présentes. Même ainsi, elles n’étaient pas dans une situation aussi mauvaise que la mienne. Mes fiancées, Juna exclue, se relayaient et m’accompagnaient, mais c’était seulement une à la fois qui venait avec moi. Moi, d’autre part, j’étais obligé d’assister à chaque banquet.

« Comme vous pouvez le voir, mon domaine est en excellente forme, » Moltov était en train de monologuer.

« ... »

Si vous me demandiez ce que je n’avais pas aimé dans ces banquets, c’était de jouer avec « l’hospitalité » de mon hôte qui consistait à parler longuement sur ceci ou cela. Même si la nourriture avait l’air luxueuse, je n’avais pas le temps de manger ou de boire. De plus, les nobles avaient tous tendance à parler des mêmes choses.

En premier, ils se vantaient de la façon dont ils avaient géré leur domaine. C’était sans doute en grande partie parce que j’avais ajouté la gestion de leurs domaines dans leurs évaluations de performances. La plupart des nobles avaient essayé de montrer qu’il n’y avait pas de problèmes dans leur gouvernance, et les plus capables avaient eu l’occasion d’exprimer à quel point leurs compétences de gestions étaient merveilleuses.

Les évaluations avaient été effectuées par des inspecteurs envoyés à cette fin, et ils recevraient une estimation appropriée en provenance des personnes vivantes dans le domaine. Cela avait fait qu’ils essayaient de me convaincre lors d’un banquet vide de sens, mais c’était la nature humaine de vouloir mettre la chances de leurs côtés. S’ils pensaient que le roi les surveillait de près et que cela améliorait la vie de leur peuple, c’était une bonne chose. Pourtant, j’en avais eu rapidement marre d’avoir à entendre des récits semblables à chaque banquet.

« Sire, permettez-moi d’aller prendre un verre pour vous, » Aisha, ma partenaire pour la journée, m’avait parlé avec une petite voix. La robe d’argent qu’elle avait était celle qu’elle avait également portée pour l’émission de musique quand elle m’avait aidé à servir d’hôte à Amidonia. Elle lui allait également bien maintenant. Elle avait dû sentir mon épuisement et essayait d’être prévenante.

Je venais juste de me sentir un peu assoiffé, alors je lui avais demandé de le faire, et Aisha était partie en silence me chercher un verre.

Au moment où Aisha était partie, il y avait un changement soudain dans le comportement bavard de Moltov. Il m’avait alors dit. « ... En passant, Sire. »

Ses yeux étaient vifs, comme un serpent qui avait trouvé sa proie.

En cet instant, j’avais réalisé que j’avais commis une erreur. J’avais traversé cette situation plusieurs fois auparavant. Quand la partenaire du roi avait quitté ses côtés, ils avaient souvent vu cela comme le moment parfait pour agir d’une manière très opportuniste.

« Cela vous dérangerait-il si nous parlions ailleurs pendant un petit moment ? » demanda Moltov.

« ... Vous rendez-vous compte qu’Aisha n’est pas encore revenue ? » dis-je.

« Cela ne prendra pas beaucoup de temps. Je suis sûr que vous serez en mesure de vous revoir en un rien de temps, » répondit Moltov.

Ayant dit cela, Moltov m’avait pris la main et m’avait à moitié tiré vers un autre lieu.

Ouais... C’était à coup sûr ce genre d’événements...

Je n’aime pas ça... Moltov peut penser que c’est sa grande chance, mais j’ai l’impression d’être sur des charbons ardents ici...

Alors que je pensais cela, comme je l’avais prévu, il y avait une seule jeune femme qui m’attendait quand nous étions arrivés à notre destination. Elle devait avoir environ seize ans. Elle était clairement une charmante jeune femme de bonne éducation.

« Permettez-moi de vous présenter, Sire. Il s’agit de ma fille, Siena, » déclara Moltov.

« Toutes mes salutations, Votre Majesté. Je m’appelle Siena Juniro, » déclara-t-elle tout en faisant une révérence.

... Je le savais. Il avait vu cela comme une occasion rêvée de me présenter à la jeune fille qui était liée à leur famille.

À chaque époque, les liens du sang avec la maison royale avaient été une source de fierté pour la noblesse. Si elle devenait ma reine, leur maison serait en sécurité, et elle pourrait même donner naissance à un héritier. En plus de cela, parce que mes fiançailles avec Juna n’avaient pas encore été annoncées, en ce qui me concerne, je n’avais que trois fiancées. Ce nombre était, à l’exception des cas spéciaux comme mon prédécesseur, le Roi Albert (il s’était marié dans la famille de la reine), considéré comme faible. À cause de cela, chaque noble cherchait désespérément à me vendre ses filles.

En l’espace d’une demi-année depuis que le trône m’avait été confié, j’avais annexé Amidonia et avais eu beaucoup d’autres grandes réalisations, si bien que les gens avaient placé de grands espoirs en moi. Il y avait toujours un grand nombre d’offres de mariage qui arrivaient au château, et mon chambellan, Marx, était toujours occupé à les traiter.

« Cela me peine de toujours les refuser, alors pourriez-vous au moins en rencontrer quelques-unes ? » Marx m’avait demandé cela avec des yeux suppliants, mais cela avait l’air d’être très problématique pour moi, alors j’avais tout refusé.

Mais même ainsi, j’avais fini par avoir affaire à des nobles qui m’avaient approché pour ces mêmes raisons, avec l’intention de ne pas manquer leur chance.

Bien sûr, les nobles n’étaient pas assez audacieux pour amener ce genre de discussions quand l’une de mes fiancées était là, mais que ce soit Liscia, Roroa ou Aisha qui était avec moi, ils s’étaient toujours assurés de créer une ouverture pour le faire. Mon opinion sur les compétences des nobles à cet égard dépassait l’exaspération et entrait dans le domaine de l’admiration.

N’ayant pas beaucoup d’autre choix, j’avais salué la fille. « C’est un plaisir de vous rencontrer, Mademoiselle Siena. Je suis Souma Kazuya. »

« J’ai déjà entendu votre grand nom, Sire, » dit-elle. « J’ai entendu dire que vous étiez un grand souverain béni à la fois pour sa bravoure et sa sagesse, mais je suis soulagée de constater en vous rencontrant que vous semblez également être une personne aimable. »

« Les rumeurs à propos de moi n’ont pas seulement été exagérées, elles se sont vu pousser des membres et ont même pris vie, » répondis-je.

« Mon Dieu ! Vous les faites paraître adorable, » Siena affichait un sourire réservé. Elle semblait être une fille simple. Ces types de filles étaient toujours les plus difficiles à gérer.

Il était facile de se débarrasser de quelqu’un qui essayait manifestement d’épouser pour l’argent et le statut, mais je ne pouvais pas être aussi cruel envers une fille innocente et pure. Je veux dire par là qu’il était difficile de dire si elle savait même que c’était une tentative d’entremise qui se déroulait en ce moment. Eh bien ! Peu importe comment elle se sentait à ce sujet, son père essayait définitivement de la faire épousée pour de l’argent et du statut.

Moltov m’avait fait venir à une certaine distance de Siena et avait parlé. « Que pensez-vous de ma Siena ? »

« ... Elle a l’air d’être une jeune fille très pure et simple, » dis-je. « Et très mignonne. »

« Oh, je vois ! Si elle vous plaît, envisageriez-vous de la prendre pour épouse ? » demanda Moltov.

« Non, j’ai déjà trois (quatre, en fait) fiancées..., » dis-je.

« Que dites-vous ? Vous êtes encore jeune, Sire, » insista Moltov. « Pour le bien de la maison royale, vous devriez augmenter le nombre de femmes que vous avez. Si vous êtes réticent à l’égard de la Princesse Liscia, alors ça ne me dérangerait pas qu’elle soit une reine secondaire... »

Tout en parlant aussi vite qu’une mitraillette, Moltov avait essayé de faire avancer les choses. Et alors, quand je pensais, Arg ! Franchement, quelle plaie ! Aisha, pouvez-vous vous dépêcher et rapidement revenir ? C’était arrivé.

« Hahh, ha, ha, ha ! Hahh, ha, ha, ha ! » Ce rire passionné avait soudainement fait écho dans le hall.

« Ivan ?! Cet idiot ! » Moltov, qui avait seulement un instant le visage d’un vieil homme aimable qui m’offrait sa fille, avait maintenant un regard aigre présent sur son visage alors qu’il regardait à travers l’espace ouvert du deuxième étage de la salle de banquet.

J’avais suivi son regard pour trouver quelqu’un qui se tenait sur la balustrade du balcon.

Il s’agissait d’un homme dans la mi-vingtaine, grand et musclé. Avec ses épais sourcils, ses yeux perçants et ses dents blanches et brillantes, il avait un visage étrangement distinctif. Il était un jeune homme passionné, qui ne quitterait pas rapidement les souvenirs de quiconque l’aurait vu.

... Eh bien ! Franchement, qui est ce type ?

L’homme avait crié et avait sauté du balcon. Au moment où il avait fait...

Badaboum !

Il y avait une grosse explosion juste derrière le jeune homme. Des flammes avaient surgi, et il y avait une explosion rugissante qui avait secoué mes tripes. Pendant un moment, j’avais pensé qu’il était un terroriste et qu’il était sur le point de provoquer une panique, mais pour une raison inconnue, les autres invités autour de lui avaient simplement regardé le jeune homme avec des sourires désabusés.

Hein !? Quoi ? Que suis-je censé faire de cela ?

« Votre Majesté ! » Aisha m’avait finalement trouvé et s’était précipitée à mes côtés. « Sire, cela pourrait être une attaque ! S’il vous plaît, restez derrière moi ! »

« ... Non, il y a quelque chose de bizarre dans tout cela, » dis-je.

« Hein !? Qu’entendez vous par “Quelque chose de bizarre” ? » demanda-t-elle.

J’avais regardé autour de moi, mais personne ne semblait être paniqué vis-à-vis de ce qui venait de se produire. La plupart d’entre eux regardaient simplement le jeune homme avec des sourires ironiques ou moqueurs. En y regardant de plus près, malgré l’étendue du feu, la zone où l’explosion s’était produite derrière le jeune homme n’était même pas légèrement roussie.

« Oh mon Dieu, mon idiot de frère, » déclara une voix féminine.

Quand je m’étais retourné pour voir qui venait de parler, Siena regardait l’homme avec un air troublé.

« Frère ? » répétai-je.

« C’est bien ça, Sire. Il s’agit de mon frère aîné, Ivan Juniro, » répondit Siena.

« Hmm... À mon avis, on dirait qu’il y a eu une explosion, » dis-je.

« Il s’agit de la capacité de mon frère, » répondit-elle. « Elle lui permet de faire apparaître des effets criards de feu et de bruit, mais c’est plus quelque chose comme une simple illusion. Il n’y a pas de véritable force derrière ces effets. Hee hee. N’est-il pas sympa ? »

« Euh... Hmm, bien sûr..., » dis-je.

Si elle était capable de décrire cela comme étant juste « sympa »... à certains égards, cette fille pourrait être assez impressionnante.

Je vois, pensai-je. Les personnes invitées ici étaient celles qui avaient des relations régulières avec la Maison Juniro. Naturellement, ils devaient être conscients de l’étrange fils de la famille. C’est pourquoi, même quand il y avait eu une explosion, ils avaient seulement réagi avec des sourires désabusés.

Moltov avait crié de colère. « Ivan ! Comment peux-tu agir si grossièrement devant Sa Majesté ? »

« Mon vieux, ferme-là ! » Ivan avait fait une pose, et cette fois il y avait eu un éclair derrière lui. « Vieillard avide, essayant de profiter de l’innocence de Siena pour la pousser vers un mariage ! Même si les cieux le permettent, moi, son frère, je ne le ferai pas ! »

Quand il avait déclaré cela, il y avait eu une flamme présente dans les yeux d’Ivan. On pouvait dire littéralement que des flammes sortaient de ses yeux.

... Je ne savais pas quoi dire. Je commençais à un peu m’amuser devant ce spectacle. Moltov, d’autre part, était furieux.

« Épouser le roi est le plus grand honneur qu’une femme née dans une maison noble peut espérer réaliser pour elle-même ! » déclara Moltov. « Quel est le problème avec un père qui veut que sa fille trouve le bonheur !? »

« Siena peut décider par elle-même de son propre bonheur ! Ce n’est pas quelque chose que tu dois décider pour elle ! » cria Ivan.

« Tais-toi ! Tu n'es qu’un bouffon, tout comme ta capacité ! » s’écria Moltov.

« Tu as la même capacité, mon vieux ! C’est dans notre sang ! » cria Ivan.

Leurs yeux s’étaient rencontrés et les étincelles avaient volé. Des nuages ​​noirs s’étaient formés entre eux et la foudre avait frappé juste au centre. Je ne parlais pas en métaphore, ces choses s’étaient réellement déroulées devant nous. Et pourtant, il n’y avait pas eu de dégâts. C’était amusant à regarder, tant que vous n’étiez pas impliqué par tout ça.

Je m’étais tourné vers Siena et lui avais demandé. « Euh, hmm... Ne devrions-nous pas les arrêter ? »

« Ils le font tout le temps, » avait-elle répondu avec un large sourire.

« Oh, bon alors..., » commençai-je à dire.

Même pendant notre petit échange, les deux hommes avaient continué à se lâcher des répliques.

« Aujourd’hui, c’est le jour où je vais finalement réussir à faire rentrer un peu de bon sens en toi, » cria Moltov.

« C’est ma phrase ça ! Amène-toi, le vioc ! » cria Ivan.

« Chowahhhhhhhhhhhhh! »

« Dahhhhhhhhhhhhhhhh! »

Alors que les deux hommes s’étaient approchés, un groupe de bras et de jambes étaient apparus entre eux, effectuant des coups de poing et coups de pied ainsi que des blocages. C’était comme si quelqu’un avait fait une adaptation en réel de Dragon Ball, et cela m’avait vraiment excité. Pendant un moment, je les avais regardés avec enthousiasme, en pensant, ouais, encore un peu plus d’actions ! Mais alors...

« Presque tous ces membres sont des illusions, » déclara Aisha. « Ce sont juste leurs vrais corps au milieu qui se battent vraiment l’un contre l’autre. »

J’étais resté silencieux. Quand Aisha, qui avait vu à travers ça avec sa vision cinétique de guerrière, m’avait dit ça, cela avait tué mon amusement.

Cinq minutes plus tard, Moltov et Ivan s’étaient effondrés, tous deux étaient tombés sur le dos, presque au même moment.

« Arg... Pas mauvais, le chnoque ! »

« Hmpfff. Je ne suis pas vieux au point où je t’aurais laissé me vaincre, » répondit Moltov.

OK, c’était très voyant. Mais tout ce qu’ils avaient fait, c’était se battre l’un contre l’autre, donc s’ils venaient vers moi en tant que « rivaux qui ont communiqué par leurs poings », je ne savais pas trop comment réagir. Eh bien, ce n’était pas comme si cela importait vraiment.

Quoi qu’il en soit, je m’étais dirigé vers Moltov, qui s’était effondré sur le sol. « Moltov. »

« Qu-Quoi, Sire !? Nous avons fait une démonstration misérable de nous-mêmes ! Je vous demande pardon ! » Moltov se leva précipitamment et s’excusa humblement, mais j’agitai une main et lui dis de ne pas m’inquiéter à ce sujet.

« Ça ne me dérangeait pas. Cela a créé un spectacle assez divertissant. Sur cette note, il y a quelque chose dont je voudrais vous parler..., » dis-je.

« Qu-Qu’est-ce que cela pourrait-il être ? » demanda Moltov.

« Ce n’est pas à propos de Siena. Seriez-vous prêt à m’offrir les services d’Ivan pour le bien du pays ? » demandai-je.

« « ... Pardon... ? » » Moltov et Ivan avaient tous les deux cligné les yeux en raison de la surprise induite par ma demande.

☆☆☆

Partie 6

« ... Et, bien, c’est comme ça que j’ai embauché notre homme pour les exercices, Ivan Juniro, » avais-je ainsi terminé mon explication.

« Je vois, tu as encore ramassé un autre cinglé, » répliqua une Liscia qui m’avait regardé avec exaspération.

Eh oui, c’était sa réponse habituelle.

Dans le hall, Ivan Juniro, l’homme pour les exercices, avait levé les pouces en montrant ses dents blanches nacrées. « Un esprit sain réside dans un corps sain. Venez ici, les enfants ! Entraînez-vous avec moi, pour que vous grandissiez en étant fort, gentil et solide ! »

Bien qu’Ivan ait dit cela, les enfants avaient effectué des réponses contradictoires. Il y avait des enfants qui étaient tout à fait enthousiastes à ce sujet, d’autres enfants qui étaient intimidés par sa passion excessive et poussés aux larmes, des enfants qui avaient peur et se cramponnaient à Juna... et, d’une manière écrasante, la réponse la plus commune, il y avait des enfants dont les petits cerveaux ne pouvaient pas comprendre les agissements de l’homme qui venait d’apparaître devant eux et qui se tenaient immobile, tout en le regardant fixement.

Quand elle vit l’état des lieux dans le hall, Liscia me demanda, inquiète, « Attends, Souma, est-ce que ça va aller ? »

« Hmm... Il est un peu guindé, je suppose ? Peut-être qu’Ivan est un peu trop tendu ? » demandai-je.

« C’est supposé être du temps d’exercice, n’est-ce pas ? » demanda Liscia. « Peuvent-ils le faire comme ça ? »

Certes, il ne semblait pas que les enfants s’exerceraient devant nous. Dans la partie exercice des spectacles éducatifs pour enfants sur lesquels je me basais, il y avait des enfants qui couraient et roulaient, effectuait le type d’exercice demandé et d’autres qui faisaient généralement ce qu’ils voulaient. Mais, « je pense que ça ira », avais-je finalement dit. « Il y a, après tout, une astuce. »

« Une astuce ? » demanda Liscia.

« Heheheh... Hahaha... Bwahahaha! » Et ainsi la voix d’une femme se fit entendre. Il s’agissait d’un rire en trois étapes qui résonna dans la pièce.

« Qui est-ce !? » demanda Ivan qui regardait autour de lui.

À ce moment-là, des enfants crièrent, « Là-bas ! » « En haut ! » tout en pointant du doigt vers le haut. Il y avait quelqu’un qui se tenait au deuxième étage où Ivan avait été un peu plus tôt.

« Rendre les enfants forts, gentils et robustes, dites-vous ? » déclara la femme. « Comme c’est risible ! Nous, les membres du Groupe Noir qui somment déterminé à dominer le monde ne le permettront jamais ! »

Ces phrases qui empestaient le dialogue déclaratif étaient prononcées par une femme portant un masque qui couvrait la moitié supérieure de son visage, avec en plus une tenue semblable à un maillot de bain avec une cape qui était ouverte au centre afin de largement exposer son décolleté, et des épaulettes à pointes du style de la fin du siècle dernier. Elle avait deux cornes qui sortaient de ses tempes, des ailes de dragon sur son dos et une queue semblable à un fouet qui poussait hors de son dos.

Ivan se tourna vers la femme et cria : « Qui êtes-vous ? »

« Je suis la méchante femme commandante du Groupe Noir, Mademoiselle Dran, » annonça la femme.

Liscia, qui regardait à mes côtés cette scène, regarda fixement pendant un moment, mais elle revint bientôt à elle, se tourna vers moi et demanda, « Est-ce... Carla, n’est-ce pas ? »

« Non. Elle est la méchante commandante, Mademoiselle Dran, » répondis-je.

« Hein... !? » s’exclama Liscia.

« C’est la méchante commandante, Mademoiselle Dran, as-tu compris ? » demandai-je.

« Oh, c’est donc ça... Eh bien, tu sais que je ne vais pas l’accepter comme ça ! » Même si Liscia m’avait pressé pour avoir la vérité, l’histoire se déplaçait sur scène.

Mademoiselle Dran avait déployé ses ailes afin d’intimider Ivan. « Si vous rendez les enfants plus fort, alors cela pourrait empêcher le Groupe Noir de conquérir le monde. Mais je vais vous arrêter avant que cela n’arrive, Ivan Juniro ! »

Avec cette tenue très révélatrice, elle était probablement si embarrassée que le désespoir avait pris le dessus. Il y avait une véritable passion exubérante dans la performance de Mademoiselle Dran.

Chaque fois que Mademoiselle Dran avait fait l’une de ses actions citées plus haut, certaines parties d’elle s’étaient amplement trémoussées. La qualité de la vidéo diffusée par le Joyau de Diffusion de la Voix n’était pas très bonne, alors je ne pensais pas que les téléspectateurs remarqueraient ça, mais... honnêtement, je ne savais pas où regarder. Surtout en tenant compte que Liscia était là à me fusiller du regard.

« Ne penses-tu pas que le costume de Mademoiselle Dran est un peu trop osé ? » demanda-t-elle.

« Serina avait un contrôle total quant à la conception, » me défendis-je. « Je devrais le mentionner, car je lui ai dit de se retenir parce que c’est censé être un spectacle pour enfants, mais... parce que je lui avais demandé de l’aider pour faire le costume, il était donc difficile de rejeter ses propositions. »

« Je vois ça..., » Liscia soupira. « Serina n’aurait-elle pas faite une meilleure commandante ? »

« Pourrais-tu le lui dire en pleine face ? » demandai-je.

« Non, aucune chance ! » répondit Liscia.

« Je le savais, » dis-je.

Pendant que nous parlions de cela, Ivan pointa un doigt dans la direction générale de Mademoiselle Dran. « La domination du monde !? Je ne vous laisserai jamais faire cela ! »

« Hmm ! Vous êtes bien fougueux, mais que pouvez-vous vraiment faire face à moi ? Mes acolytes, chargez-vous de lui ! »

Quand Mademoiselle Dran lâcha cet ordre, un groupe d’hommes habillés tout en noir était apparu et avait entouré Ivan. Le point clé était de les garder à distance des enfants, afin de ne pas les rendre trop dangereux.

Ivan s’était placé dans une position de combat tout en criant : « Allez-y ! Montrez-moi ce que vous avez dans le ventre ! »

Avec cela comme repère temporel, les hommes en noir s’étaient relayés pour attaquer Ivan. Ivan les avait tous combattus, l’un après l’autre.

Bing Bang Bong !

Il y avait un effet sonore exagéré chaque fois qu’il avait frappé l’un des acolytes. Quand ils étaient touchés, les acolytes étaient projetés dans les airs avant de s’écraser sur le sol et d’y rester un moment. Cela avait semblé impressionnant, mais les sons venaient de la capacité d’Ivan, et le fait d’être ainsi projeté était une cascade, donc il n’y avait pas de blessures.

Incidemment, les enfants étaient divisés moitié-moitié en ceux qui avaient peur, et ceux dont les yeux brillaient d’excitation en regardant Ivan se battre. Les sons étaient après tout assez bruyants. Il y avait quelque chose qui avait été fait pour ne pas rendre les effets trop voyants et effrayants.

Les enfants qui avaient été effrayés s’étaient naturellement blottis contre Juna et Roroa, qui leur avait dit, « Ne vous inquiétez pas. Cela va aller, » et « Cet homme va les battre, alors vous n’avez pas à vous inquiéter, » afin de les calmer.

Finalement, Ivan avait vaincu tous les hommes de main de Mademoiselle Dran.

Cependant, Mademoiselle Dran avait gardé son sourire plein d’assurance. « Hehe hehe hehe. Pas mauvais, Ivan Juniro. Eh bien, que ferez-vous alors face à ça ? Viens ici, Monstre de la boîte en carton, Danbox ! »

« Danbooooox ! ... C’est moi, » avec ces mots, un monstre qui ressemblait à une personne faite de boîtes en carton était apparu sur scène.

Alors qu’il avait des yeux bridés en papier présent sur son visage... dans l’ensemble, il semblait plutôt claudicant. La silhouette donnait l’impression qu’il avait été conçu avec des blocs de Lego et chaque fois qu’il bougeait, cela produisait un important son.

Liscia regarda froidement le Danbox. « Ce monstre n’est-il pas un peu grotesque par rapport au reste ? »

« Nous avions de la passion, » dis-je. « Mais nous avons manqué de temps et de budget. »

« C’est vraiment un monde dur, hein, » répliqua Liscia.

Je ne pouvais pas faire un costume kigurumi grandeur nature par moi-même. Si je devais le commander quelque part, cela prendrait du temps. Voilà pourquoi, pour cette fois-ci, j’avais fini par accepter ce monstre totalement bâclé. C’était un rappel de la dureté des choses pour les personnes qui avaient fait les monstres dans les premiers spectacles de tokusatsu.

Pourtant, alors qu’il aurait pu paraître un peu faiblard, Danbox était fort. Quand il avait attaqué Ivan, il avait soulevé l’homme de 180 centimètres, 90 kilogrammes aussi facilement qu’un surfeur ramassant sa planche de surf. Puis, comme un lutteur montrant sa force, Danbox tourna en place, en maintenant sa pose tout en effectuant son tour sur lui-même.

Cette force ridicule qui avait défié son apparence avait abasourdi Liscia. « C’est une incroyable force que possède ce monstre. Oh ! Ce pourrait-il que la personne à l’intérieur du costume... »

« Tout à fait. C’est Aisha, » répondis-je.

« Que fais-tu faire à ta future seconde reine primaire... ? » grogna Liscia.

« Il est un peu tard pour dire cela quand Juna et Roroa sont déjà dans l’émission. Veux-tu aussi y participer, Liscia ? Si tu agis maintenant, le rôle de l’acolyte d’Ivan est toujours libre. »

« Non, aucune chance, » répondit-elle.

À ce moment, Ivan avait commencé à lutter. « Bon sang ! Lâchez-moi ! »

« Je suis Danboooox. »

« Gwah! » Peut-être que les paroles d’Ivan avaient été entendues par le monstre, parce que Danbox hocha la tête et le jeta violemment vers un mur qui avait été préparé à cet effet. Quand il avait percuté le mur, Ivan était passé à travers.

En passant, il avait été fait de matériaux légers pour le rendre facile à traverser, donc il n’était que légèrement blessé par ça. Cependant, Ivan avait agi comme s’il était gravement blessé, gémissant de douleur. « Urgh, quel monstre puissant... »

« Daaaan, bo, bo, box! C’est moi ! » Danbox se mit à rire triomphalement.

Ivan sortit du mur, trébuchant, puis se retourna pour faire face aux enfants et cria. « Si cela continue ainsi, nous allons perdre. Vous tous, les bons enfants, prêtez-moi votre pouvoir ! »

Roroa et Juna avaient alors expliqué aux enfants ce qu’il voulait dire par là.

« Très bien, tout le monde, » déclara Roroa. « Faites tourner les bâtons lumineux que nous vous avons donnés tout en criant “Tu peux le faire !” »

« Envoyons tous notre pouvoir à notre Grand Frère Ivan, » déclara Juna. « Un, deux... »

« « « Tu peux le faire ! » » »

Face à l’incitation des deux femmes, les enfants avaient commencé à utiliser les bâtons lumineux qui étaient de la taille d’un morceau de craie afin de tracer des cercles dans l’air.

Nous avions distribué ces bâtons avant le début de l’émission. Ils brillaient faiblement parce que la mousse lumineuse, qui était utilisée dans les réverbères de la ville, car elle absorbait la lumière et la relâchait dans l’obscurité, avait été placée en eux.

Ivan avait continué à agir comme s’il souffrait en se tournant vers les enfants et en criant, « Ce n’est pas assez ! Pas encore assez ! Faites plus de bruit, je compte sur vous ! »

Les enfants étaient toujours excités quand un adulte disait qu’il comptait sur eux.

Cette fois, après qu’il les ait encouragés, ils avaient agi avec plus de force et plus sérieux que la dernière fois.

« « « Tu peux le faireeeeee ! » » »

« Encore plus ! Plus fort ! » cria Evan.

« « « Tu peux le faireeeeeeeeee !!!!! » » »

Les enfants avaient crié jusqu’à ce que leur gorge soit presque asséchée, et à l’instant suivant...

« C’est assez ! Je reçois assez de puissance venant des enfants ! »

Le corps d’Ivan était enveloppé d’une aura de lumière blanche. Puis, la voix d’Ivan résonna de l’intérieur de cette vive lumière. « Transformation ! »

☆☆☆

Partie 7

Après avoir fait ça, une armure en métal, avec des brassards, et un casque modifié avec une visière couvrant pleinement son visage avaient volé de nulle part. Ivan se tenait immobile avec ses bras et ses jambes écartées au fur et à mesure que les pièces se mettaient « automatiquement » en place sur lui. Cette scène de transformation cool avait remonté le moral des enfants.

Pendant ce temps, j’étais derrière la réalisation de cette scène en utilisant ma capacité de Poltergeists Vivants afin de manipuler l’équipement métallique. Eh oui, j’avais contrôlé l’équipement d’Ivan avec ma capacité afin de faire croire qu’il s’en était automatiquement équipé. Il ne faut pas oublier qu’à cette distance, je pouvais le faire même s’ils n’étaient pas des poupées.

Liscia me regardait avec dans ses yeux la plus grande exaspération que je n’avais vue jusqu’à aujourd’hui. « C’est un horrible usage de ta capacité. »

« Hé, un tour est un tour, même si c’est juste un tour pour une fête, » dis-je. « Maintenant, il est temps d’y aller. »

« Hé, attends, Souma !? »

Une fois que j’avais confirmé que l’équipement d’Ivan était entièrement équipé, je m’étais déplacé près du Joyau de Diffusion de la Voix, m’assurant que je n’étais pas visible dans l’émission alors que je l’avais fait. Pendant ce temps, dans le hall, l’aura de lumière s’était apaisée, et le héros habillé dans une armure métallique était apparu. Ivan avait achevé sa pose de transformation avant de crier « Charge ! Silvan ! »

Une fois qu’il avait déclaré son nom, j’avais parlé dans le joyau pour que seule ma voix apparaisse dans l’émission. « Permettez-moi de vous l’expliquer. Quand Ivan Juniro l’Homme des Exercices reçoit de l’énergie des enfants, il se transforme en Silvan, le héros de métal. » J’avais serré mon poing alors que j’avais expliqué tout cela avec brio.

C’était une norme de faire ce genre d’explication narrative après la transformation du héros. Bien que je n’allais pas faire la chose où la scène reviendrait en arrière et où on pourrait à nouveau voir le processus de transformation une fois expliqué.

Avec mon rôle terminé, j’étais retourné aux côtés de Liscia. Elle avait l’air horriblement épuisée. « Je ne sais pas quoi dire, mais je commence à trouver stupide de dire quoi que ce soit... »

« Tokusatsu est une sorte de spectacle qui demande de “Ne pense pas, mais ressens ça”, ce genre de chose, » expliquai-je. « Si tu n’y penses pas trop profondément, il suffit de se laisser entraîner par le mouvement, et alors, il n’y a rien de plus amusant à regarder. »

« ... Je ferai ça, » répondit-elle.

Maintenant, retournons à l’histoire se déroulant sur la scène. Le nouveau Silvan transformé était devenu fort.

Danbox s’était joué de lui plus tôt, mais maintenant, Silvan avait écrasé le monstre avec une rafale de coups de poing et de pied, le gardant tout le temps sur la défensive.

Fort. Silvan est vraiment fort, tout le monde pensait ça. Les enfants étaient aussi tous agités.

« Da-Dan... box..., » finalement, Danbox avait trébuché et était tombé à genou.

Maintenant, c’était sa chance de finir !

« Mange ça, Danbox ! Le Coup de Pied Ultime Éclair ! » Quand Silvan avait déchaîné un coup de pied volant, des éclairs avaient couru le long de son pied. Cette foudre avait parcouru le corps de Danbox.

Je savais déjà que j’allais me répéter, mais la foudre était produite par sa capacité. C’était, en effet, juste un coup de pied volant, donc cela n’avait pas du tout blessé Aisha, la personne se trouvant à l’intérieur de Danbox.

Cependant, Danbox avait trébuché vers l’arrière, faisant quelques pas tout en lâchant un cri. « Dan... Danbooooooox ! C’est moi ! » avant d’exploser dans toutes les directions.

Bien sûr, tout ce qui s’était vraiment passé, c’était qu’il s’était caché alors que la capacité d’Ivan avait généré l’effet d’explosion.

Avec la défaite de Danbox, Mademoiselle Dran, la méchante femme commandante qui n’avait pas eu grand-chose à faire pendant qu’elle les regardait se battre, trépignait d’indignation comme si elle venait de se souvenir de ce qu’elle était censée faire.

« Silvan, je vous maudis ! Je vais vous laisser partir pour cette fois ! Quand je reviendrais, vous feriez mieux d’être prêt ! » rugit-elle.

Avec ces mots d’adieu, elle se retourna et courut à un endroit où les spectateurs ne pouvaient pas la voir.

Une fois qu’il l’avait regardée partir, Silvan avait enlevé son casque intégral et avait lancé son poing dans la direction de Mademoiselle Dran. « Vous et votre organisation maléfique qui complotez pour conquérir le monde, le Groupe Noir ! Si vous continuez à agir ainsi, alors venez me voir ! J’écraserais encore et encore vos ambitions ! »

Ivan avait déclaré sa résolution et s’était ensuite retourné pour faire face aux enfants. Puis, avec un sourire qui semblait empli d’une passion suffocante, il avait crié, « D’accord tout le monde ! Entraînons-nous avec l’Exercice Énergisant de Silvan afin que nous ne perdions pas face aux méchants ! Tenez-vous un peu à l’écart les uns des autres afin de ne pas tomber sur vos amis ! »

Quelques instants plus tard, un air joyeux avait commencé à être joué sur scène, et Juna et Roroa étaient venues au bon moment pour séparer les enfants. Puis Juna avait commencé à chanter en harmonie avec la musique.

Si vous voulez grandir en étant fort, alors faites vos Exercices Énergisants de Silvan ♪.

« Maintenant, commençons par exercer le haut de nos corps, » déclara Silvan. « Que tout le monde imite un shoujou ! »

Eek, eek, eek, ook. Eek, eek, eek, ook.

Nous sommes des shoujous. Eek, eek, eek, ook.

Quand Ivan avait bougé au rythme de la musique, les enfants l’avaient imité.

Cette routine d’exercices consistait à imiter les différents animaux de ce monde pendant que Juna chantait des paroles comiques. Leurs paroles s’adressaient aux enfants, mais les exercices eux-mêmes étaient basés sur la gymnastique radiophonique que la plupart des Japonais connaîtraient (l’imitation shoujou était un exercice de flexion latérale), donc c’était une séance d’entraînement tout à fait logique.

« Tu fais beaucoup de choses ridicules... mais là, c’est la cerise sur le gâteau, » Liscia marmonna soudainement en regardant les exercices. « Ceci est un programme éducatif, non ? Quelle est la signification derrière la courte scène dramatique qui s’est effectuée plus tôt et cet exercice ? »

Il y a peu, je parie qu’elle aurait demandé à la place : « Y a-t-il un sens ? » Mais maintenant, Liscia demandait « Quel est le sens ? » C’était une différence de seulement quelques mots, mais il y avait une subtile différence de nuance.

Dans la première version, il y avait une supposition qu’il n’y avait probablement aucun sens à cela. Dans le dernier cas, il y avait une confiance qu’il devait y avoir un sens et qu’elle voulait savoir ce que c’était. Je pouvais sentir sa confiance dans ce changement subtil, et cela m’avait rendu un peu plus heureux.

« Bien sûr qu’il y a un sens, » dis-je. « Si nous attirons leur attention avec cette courte scène dramatique, plus de gens regarderont. Les exercices sont bons pour la santé et le développement des enfants. J’essaie activement de diffuser tout cela. Mais, plus que tout, ce que je veux répandre, c’est le mot “Héros” ! »

« Le mot “Héros” ? » demanda Liscia.

C’était à ce moment-là que sur scène, la partie interlude des Exercices Énergisants de Silvan avait commencé.

Ivan se tourna vers les enfants et leur parla. « Vous allez tous bien ! Maintenant, il y a quelque chose que je voulais vous dire. Pour devenir une personne vraiment forte, vous avez besoin de plus que tout simplement de la puissance. Être fort ne suffit pas. Si vous oubliez d’être gentil, alors vous allez juste être une brute ! »

Puis il se tourna vers le Joyau de Diffusion de la Voix, c’est-à-dire vers les téléspectateurs, et parla. « La vérité est que je voudrais aussi être ami avec le Groupe Noir. Si nous pouvions parler des choses importantes, alors nous n’aurions pas besoin de recourir à nos poings. C’est pourquoi, peu importe qui est contre vous, n’abandonnez jamais le fait d’essayer de les comprendre. Que faites-vous s’ils sont encore déraisonnables et violents, vous demandez-vous cela ? C’est tout à fait raisonnable de penser à ça et de continuer à tenter de leur parler ! Pour vous assurer que vous pouvez protéger vos proches tout en faisant ça, faites vos Exercices Énergisants de Silvan ! »

L’interlude s’était terminé au moment parfait, et Ivan avait recommencé à faire des exercices au rythme de la chanson.

Quand elle entendit les paroles d’Ivan, après avoir fermé les yeux pendant un moment, Liscia déclara, « “Être fort ne suffit pas. N’oubliez pas d’être aussi gentil. N’abandonnez jamais le fait d’essayer de vous comprendre.”... C’est donc ce que tu voulais faire passer. »

Elle murmura de nouveau les mots, comme si elle réfléchissait à leur sens.

J’avais hoché la tête sans rien dire, puis j’avais parlé après quelques secondes. « Quand tu es petit, les mots que les adultes te disent ont une étrange façon de s’infiltrer en toi, n’est-ce pas ? Et cela, c’était d’autant plus vrai quand elles viennent d’un héros, ces mots resteront dans un coin de ton cœur, même quand tu grandiras. En prime, lorsque nous disons ces choses aux enfants, nous pouvons compter sur ceux qui s’en occupent qui les entendront aussi. »

Puis j’avais laissé tomber mon attitude enjouée, et j’avais adopté un ton des plus sérieux.

« Il y a une accalmie en ce moment, mais finalement tous les pays devront affronter le Domaine du Seigneur-Démon, » dis-je. « Ces mots sont quelque chose que je pose maintenant pour éviter que cela ne se transforme en un bourbier absolu qui ne s’arrêtera pas avant qu’un côté ou l’autre ne soit exterminé. Entre la capacité de Tomoe et les informations que nous avons échangées avec l’Empire, nous avons appris que nous ne pouvons pas mettre tout le monde dans le Domaine du Seigneur-Démon au même niveau. Si possible, avant qu’il y ait des combats, j’aimerais discuter avec ceux qui nous semblent accessibles, comme les kobolds qui ont épargné les loups mystiques. »

« C’est vrai..., » murmura Liscia.

« J’ai l’impression que, lorsque viendra cet instant, le nombre d’adultes forts, gentils et désireux de ne pas renoncer à la compréhension de l’autre côté décidera du sort de ce pays, » dis-je. « Si la plupart d’entre eux ne peuvent que penser à “Exterminer les démons”, alors nous nous dirigeons tout droit vers une guerre totale. Plus il y a de gens qui pensent : “Il doit y avoir des démons qui peuvent nous comprendre”, alors nous verrons d’autres chemins surgirent devant nous. »

Après avoir dit ça, Liscia avait un peu ri, puis elle m’avait poussée l’épaule. « Je suis satisfaite de l’explication, mais... n’est-ce pas un peu idéaliste de ta part de penser ça ? »

« C’est un spectacle pour enfants, d’accord ? » répondis-je. « Je veux que les enfants aient des idéaux. N’est-ce pas quelque chose de bien ? Je veux dire par là que quand les enfants sont étrangement réalistes à propos de certaines choses, c’est tout simplement insoutenable à voir. »

« ... Je pense que tu as raison, » répondit Liscia.

« De plus, c’est le travail d’un adulte de regarder la réalité pour que les enfants puissent continuer à parler d’idéaux, » continuai-je.

C’était aussi le travail d’un roi. Alors que je cherchais un avenir meilleur, je devais aussi me préparer à la possibilité que vienne un avenir sombre. Pour rester bon, la force était une nécessité absolue. J’avais besoin d’augmenter la force de la nation, d’élargir notre arsenal, et de mettre en place des choses afin que nous puissions endurer une guerre totale s’il en était ainsi. Je devais créer une nation qui était comme un grand arbre avec ses racines fermement ancrées dans le sol, celui qui ne tremblerait pas même quand la tempête était venue.

Pendant que j’y pensais, on aurait dit que les exercices avaient fini. Ivan avait alors déclaré « Bien joué ! » et il avait tapoté sur la tête des enfants qui était proche de lui. L’hôtesse, Juna, avait pris le relais à partir de là.

« Comment avez-vous aimé l’émission que nous venons de vous présenter, Chantons avec votre Grande Sœur ? » annonça Juna. « Cette fois-ci, nous tournons à l’intérieur du château, mais nous envisageons à l’avenir de faire des émissions en direct à partir des théâtres un peu partout dans le pays. Quand nous le ferons, nous chercherons des enfants pour chanter et faire des exercices avec nous, alors vous tous, mamans et papas, amenez vos enfants afin qu’ils viennent jouer avec nous ! Maintenant, et jusqu’à la prochaine fois, que tous le monde vienne ici... »

Quand Juna avait fait ce signal, les enfants, Roroa, Ivan et le Petit Musashibo, qui étaient revenus pour cette fin, firent tous face à la caméra et saluèrent ensemble.

« « « Au revoir ! » » »

Et ainsi, avec ces dernières paroles, la première émission éducative de ce monde prit fin.

« C’est tellement chaud... Laissez-moi mourir..., » se plaignit Pamille.

« Bon travail là-bas, Pamille, » lui déclara Juna.

Pamille, qui avait été à l’intérieur du Petit Musashibo, était maintenant groggy par la chaleur. Il devait faire très chaud à l’intérieur du costume kigurumi. Juna était là en train de la complimenter.

À côté de Pamille se tenait Carla, tenant ses genoux et sanglotant en position fœtale. « J’ai été vue dans un tel accoutrement... Je suis tellement embarrassée que je veux juste mourir. »

Il semblait que cette émission avec la super mignonne Mademoiselle Dran l’avait laissée dans un état de choc.

... Eh oui, je pourrais sympathiser avec elle, car Serina pourrait être une telle sadique quand elle se lâchait.

« À qui est la faute ? » rugit-elle. « C’est la vôtre, Maître ? »

« Pourquoi me dites-vous cela ? » demandai-je. « Le choix du costume est uniquement la décision de Serina, compris ? »

« Ahahaha... » elle avait ri d’une voix étrange. « Eh bien ! Vous savez, on dit qu’un supérieur est responsable des décisions prises par leurs subordonnés, n’est-ce pas ? »

Carla avait des yeux comme une sorte de personnage de type Yandere. J’étais inquiet de me faire sous peu écrasé ou griffé ou encore pire, un coup de poignard dans le dos ou dans le cœur !

« Calmez-vous, Carla ! » criai-je. « Si vous me tuez, vous mourrez également ! »

« Je suis tellement gênée que je pourrais tout simplement mourir... Alors je vais vous emporter avec moi... » répondit-elle.

Oh merde..., pensai-je. Ce regard présent dans ses yeux, elle est un peu trop sérieuse quant à ce qu’elle déclare...

« Aisha, à l’aide ! » criai-je.

« Madame Carla ! Nous sommes dans le château, dans le château ! » cria Aisha.

« Ne m’arrêtez pas, Madame Aisha ! » cria Carla. « Si je ne le tue pas, je ne pourrais pas moi-même mourir ! »

Pendant qu’Aisha la bloquait, j’avais fait une retraite hâtive.

Pourquoi devais-je subir pour toutes les tendances sadiques de Serina ? Eh bien, c’était sans aucun doute juste parce que Carla évacuait son embarras en une énorme colère.

... Probablement.

Maintenant, pour aller droit au but, Chantons avec votre Grande Sœur avait été un succès. Et c’était surtout le cas auprès des adultes.

Je savais que je l’avais fait avec les enfants comme public cible, mais pour une raison inconnue, leurs parents, et même les adultes sans enfants étaient encore plus passionnés à ce sujet.

Pour les femmes, c’était lié à l’adorable Petit Musashibo et l’attrait d’Ivan, un peu trop passionné.

Pour les hommes, c’était l’attitude décontractée du premier héros tokusatsu qu’ils avaient jamais vu, jumelé avec la méchante sexy jouée par Carla.

Eh bien ! Même au Japon, il y avait parfois des mères qui étaient encore plus accrochées à une émission que leurs enfants parce qu’elles regardaient les acteurs excitants. C’était probablement quelque chose comme ça.

Cela étant dit, dans le Royaume de Friedonia, les jours où Chantons avec votre Grande Sœur étaient au programme, plutôt que de voir les enfants qui imploraient leurs parents d’aller le voir, vous pourriez souvent voir des parents mendier auprès de leurs enfants pour y aller ensemble.

Eh bien, de toute façon, les enfants voyaient l’émission, donc tout allait bien, mais j’avais eu droit à un regard froid de Liscia quand elle avait découvert la situation.

« “C’est le travail d’un adulte de regarder la réalité,” dit-il... », déclara-t-elle froidement.

« E-Eh bien, euh, qu’est-ce qui ne va pas avec les adultes ayant des rêves ? » répondis-je.

Liscia me regarda froidement tout en restant silencieuse.

« ... Franchement, pourquoi tout cela a viré ainsi ? » murmurai-je.

J’avais l’impression que le niveau de bizarrerie de Friedonia avait monté d’un cran avec ça.

☆☆☆

Entracte 1 : La Robe Noire et la Petite Sœur Générale, maintenant en train de négocier

— Un jour au cours du deuxième mois de l’année 1547 du Calendrier Continental

Ce jour-là, la fierté du Royaume de Friedonia, le Premier ministre à la Robe Noire, Hakuya Kwonmin, avait tenu une réunion avec la Petite Sœur et Princesse de l’Empire du Gran Chaos et la commandante de la plus grande des armées, Jeanne Euphoria, à l’aide du Joyau de Diffusion et de simples récepteurs. Dans les négociations entre le Royaume et l’Empire, toutes les questions jugées insuffisamment importantes pour que le Roi Souma et l’Impératrice Maria tiennent des réunions directes étaient généralement traitées par ces deux personnes.

Aujourd’hui, la réunion avait commencé par des excuses de la part de Jeanne.

« Sire Hakuya, pour commencer. Permettez-moi de m’excuser pour le retard quand au choix de l’ambassadeur de l’Empire à Friedonia, » elle avait continué. « Voyez-vous, il n’y avait personne qui me semblait particulièrement apte pour ce poste. Nous cherchons quelqu’un de suffisamment digne de confiance pour que nous puissions lui révéler notre pacte secret, tout en étant capables de voir le Royaume comme un partenaire égal dans l’alliance, cela n’a donc pas été des plus facile... »

« L’opinion générale est que notre pays n’est pas digne d’être appelé votre égal, dites-vous ? » demanda Hakuya.

« Si je vous ai offensée, je m’en excuse, » déclara Jeanne.

« Pas du tout. C’est après tout un fait qu’il y a une nette différence de force entre notre pays et l’Empire, » répondit Hakuya.

« Il va sans dire que ma sœur et moi dépendons du Royaume, de Sire Souma, et de vous-même, » répondit Jeanne en souriant.

Hakuya avait alors fait un rire forcé. « Je pense que vous surestimez clairement le problème. »

« Vraiment ? Quand il s’agit de nos vassaux... Je pense qu’ils ont de forts préjugés en venant d’un pays qui a grandi jusqu’à devenir bien trop grand. Beaucoup trop d’entre eux confondent désormais la quantité de terres avec le pouvoir et la dignité d’un pays. »

« Avez-vous considéré qu’ils pourraient ne pas avoir entièrement tort ? » demanda Hakuya.

Plus un pays possède de terres, plus sa population était importante. L’augmentation des terres et de la population pourrait être directement liée aux gains de capacité de production. La capacité de production du pays était directement liée avec ses prouesses militaires.

Mais Jeanne secoua la tête. « C’est loin d’être vrai. Pensez-vous que Sire Souma dirait une telle chose ? »

« ... Il ne le ferait pas, non. Ce que Sa Majesté cherche le plus, ce sont les “individus”. » Avec un regard légèrement pensif, Hakuya continua. « Avant, quand je demandais à Sa Majesté : “Qu’est-ce qui vous a amené à faire du rassemblement de personnel votre toute première priorité ?”, il me répondait cela. “Les gens sont votre château, vos murs de pierre et vos douves. [1]”. »

« “Les gens sont votre château, vos murs de pierre et vos douves”... Je vois. C’est un bon dicton. » Jeanne avait fait un grognement approbateur.

Hakuya avait alors dit. « Eh bien ! Ce n’est pas quelque chose que Sa Majesté est venue par lui-même à dire. Il s’agit apparemment des paroles d’un stratège militaire dans le monde d’où il venait, » il avait craché le morceau, mais dans son cœur il pouvait comprendre pourquoi Jeanne avait grogné comme elle l’avait fait.

Souma avait aussi dit ceci : « Cela a été dit par quelqu’un qui existait réellement dans mon monde, un daimyo... Il s’agit d’un mot qui signifie quelqu’un qui était un stratège militaire capable et un seigneur féodal, juste pour que vous le sachiez. À cette époque, le penseur politique Machiavel disait le même genre de chose dans un pays très lointain. Il disait qu’en temps de paix, il vaut mieux abattre les murs. »

« Les murs ne sont utiles qu’en temps de guerre  quand les gens se lèvent contre vous. Si vous comptez sur les murs et régnez avec cruauté, les gens se tourneront contre vous, et ils inviteront des puissances étrangères dans votre pays. Donc, un prince est apparemment plus sûr en ne construisant pas des murs, mais en gagnant les gens à sa cause. Il est intéressant de voir qu’il y avait des gens dans l’Occident et dans l’Orient qui disaient à peu près la même chose en même temps dans l’histoire. »

Souma avait ri, mais ses mots avaient laissé une forte impression sur Hakuya. C’était vraiment le genre de chose que Souma, qui avait pris en compte les leçons de l’histoire afin de former ses politiques, ferait et penserait de lui-même. Parce que Souma avait appris les paroles des anciens, il avait rassemblé un groupe diversifié avec beaucoup de « dons », et cela incluait Hakuya.

Jeanne acquiesça. « Ma sœur a aussi dit quelque chose de similaire. “Le peuple représente les fondements du pays”. »

« Il semble que nous servons tous les deux de bons maîtres, » répliqua Hakuya.

« Bien que, dans mon cas, elle soit aussi une parente... bien que je pense quand même qu’elle est un bon maître. Même si elle peut parfois être un peu non-fiable, » répondit Jeanne.

Quand il vit le sourire ironique sur le visage de Jeanne, Hakuya se souvint de son propre maître qui, normalement, se concentrait sur l’efficacité, ne rejetait jamais sa compassion envers ses proches. Il pensait parfois que c’était inefficace, et il pouvait parfois être frustrant de s’en occuper, mais il ne se sentait pas étrange de ne pas vouloir lui faire abandonner cette compassion.

« Je ressens plus ou moins la même chose..., » déclara Hakuya. « C’est notre travail de les soutenir quand cela arrive. »

« Vous avez raison à propos de ça. Maintenant, passons aux choses sérieuses, » déclara Jeanne.

Les négociations avaient alors commencé.

Jeanne avait commencé à parler. « Maintenant... Je crois que nous devions discuter de la vente de notre blé pour vos assaisonnements : la sauce soja, le miso, et d’autres usages... Nous n’avons aucun problème avec ça. Ma sœur est très friande de cet assaisonnement que vous appelez “sauce soja”. Il va vraiment bien avec des plats contenant du poisson. »

« Ça va aussi bien avec les plats de viande, » déclara Hakuya. « Laissez-moi vous apprendre quelques recettes simples. »

« Je serais reconnaissante pour ça. Maintenant, vous voulez du blé en échange, mais j’ai été amené à croire que votre crise alimentaire avait été résolue, n’est-ce pas ? » demanda Jeanne.

« C’est exact, mais nous avons encore des incertitudes sur notre surplus. Nous voulons importer de la nourriture si la récolte de cette année est mauvaise, » répondit-il.

« Je comprends... D’ailleurs, nous aimerions pouvoir faire nous-même ces assaisonnements par la suite. Puis-je vous demander d’envoyer des gens de métier chez nous ? » demanda Jeanne.

« Les loups mystiques ont toujours le monopole des ventes dans le pays, donc... cela dépendra de la compensation que vous nous offrez, » annonça Hakuya.

« Je peux comprendre cela. Que diriez-vous de la méthode pour produire un compost spécial qui augmente la productivité des cultures ? » demanda Jeanne.

« Je crois que ça ferait un bon échange. Je pense que je vais courir avec ça auprès de Sa Majesté et obtenir sa permission, » déclara-t-il.

« Le point suivant... Suivant l’exemple des programmes diffusés à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix du Royaume, nous avons essayé de produire des programmes ici même dans l’Empire..., » annonça Jeanne.

« Hmm... Comment cela s’est-il passé ? » demanda Hakuya.

« Les émissions de chant ont été plutôt bien reçues, mais je n’aurais jamais imaginé que le plus populaire serait un programme qui suivrait ce que ma sœur a fait pendant sa journée, » répondit Jeanne. « Je n’ai aucune idée de ce qui est censé être intéressant dans tout cela... »

« Eh bien ! Après tout, ils l’appellent comme étant une sainte, » déclara Hakuya. « Je suis sûr que Madame Maria doit être aimée autant que la Prima Lorelei dans notre nation. »

« Pour autant que sa vie personnelle soit un gâchis, elle a au moins un joli visage, » concéda Jeanne. « Je vais donner ça à ma sœur. »

« Je ne sais pas si c’est seulement son visage... mais Madame Jeanne, votre sœur est après tout très belle, » répondit Hakuya.

« ... Je n’aurais jamais pensé qu’une telle flatterie sortirait de votre bouche, Sire Hakuya, » répliqua Jeanne.

« Hm ? Je ne flatte pas les personnes à la table des négociations, vous savez, » déclara Hakuya.

« Ohh... »

« Hm ? »

... Dix minutes plus tard.

« Hm, à propos de Sire Souma. Peut-être développe-t-il déjà une technologie intéressante du genre que nous n’imaginerions jamais ? » demanda Jeanne.

« ... Actuellement, je me pose également des questions à ce sujet, » déclara Hakuya.

« Hehe. Nous pouvons payer une somme considérable, alors pourriez-vous nous communiquer une petite partie des détails ? » demanda Jeanne.

« Eh bien... si vous nous révéliez comment la force principale de l’Empire, les escadrons de griffons, élèvent et entraînent leurs montures, ainsi que nous donner un certain nombre de couples reproducteurs, je pourrais considérer la question d’un point de vue favorable, » répliqua Hakuya.

« Ohh, cela n’arrive jamais, » dit Jeanne avec un large sourire.

« Dans ce cas, s’il vous plaît, abandonnez dès maintenant ce sujet, » répondit Hakuya avec un sourire.

« « Hee hee hee. » »

À partir de là, les négociations s’étaient bien déroulées, gardant cette atmosphère détendue.

Normalement, les négociations avaient été menées avec des marchandages entêtés, chaque camp cherchant à obtenir l’accord le plus avantageux pour son pays. Cependant, Hakuya et Jeanne étaient tous deux affûtés, et ils savaient tous deux dès le début où se situait le point de compromis, donc c’était juste une question d’échange d’idées jusqu’à ce qu’ils arrivent à ce juste milieu. Pour cette raison, trente minutes après le début des négociations, la grande majorité des affaires étaient déjà réglées.

Et ainsi, avec les négociations terminées...

« Wôw ! » Jeanne laissa échapper un soupir. « Quand je négocie avec vous, les choses vont toujours si bien. Bien que cela signifie que je ne peux pas baisser ma garde pendant ce temps... Je souhaite que les personnes têtues ici puissent apprendre une chose ou deux de votre exemple. »

« Je suis d’accord, mais... c’est vraiment en fonction d’avec qui je parle. Si vous n’aviez pas la capacité de repérer des points de compromis, et que vous n’étiez pas une partenaire fiable et digne de confiance, cela ne fonctionnerait pas comme ça, » répondit Hakuya.

« C’est très vrai... Eh bien, allons-nous prendre un peu de thé ? » demanda Jeanne.

« Cela m’a l’air d’un bon plan, » répondit Hakuya.

Ils se levèrent chacun, commençant à préparer du thé pour eux-mêmes.

Pour ces deux personnes très occupées, leurs réunions devaient durer une heure et pas plus. Cependant, parce que leurs négociations s’étaient si bien déroulées, ils n’avaient presque jamais épuisé tout le temps alloué. Ainsi, à un moment donné, il était devenu coutume de prendre le thé ensemble, de parler des événements récents et de se plaindre de leurs maîtres respectifs.

Bien que cela se fasse à travers un simple récepteur, les deux avaient beaucoup apprécié ce moment ensemble.

Jeanne prit une gorgée de thé et prit un moment pour se détendre. « Wôw... À propos du poste d’ambassadeur, j’aurais aimé moi-même le prendre. Si je l’avais fait, j’aurais pu vous voir en personne sans l’écran entre nous, et nous aurions pu avoir du vin au lieu du thé. »

« Je ne tiens pas bien l’alcool, » Hakuya y avait répondu avec un sourire ironique. « Bien que ce ne soit pas comme si je ne pouvais pas du tout boire... »

« Oh, maintenant c’est une surprise, » répondit Jeanne.

« L’alcool me monte rapidement à la tête, » expliqua-t-il. « Une fois que j’ai pris deux verres, je m’endors en un rien de temps. »

« Hehe. Si je devais le faire, je pourrais toujours prendre soin de vous quand vous seriez dans un tel état, n’est-ce pas ? » demanda Jeanne.

« Je me sentirais pathétique, en tant qu’homme, alors je préférerais ne pas avoir à faire ça, » répondit-il.

« Ahaha... Haha... » Le sourire de Jeanne se rétrécissait progressivement. « Eh bien... Je dis ça, mais ce n’est pas comme si je pouvais quitter l’Empire. J’ai mes devoirs, et d’ailleurs, sans moi ici, ma sœur serait vraiment toute seule. »

« ... Comment peut-elle être seule ? » demanda Hakuya. « Il y a sûrement plus de gens capables dans l’Empire que d’étoiles dans le ciel. »

« Ce n’est pas comme ça que je le pensais. Il y a une différence entre des serviteurs et la famille, » répondit Jeanne.

Jeanne baissa les yeux, la discussion la peinant clairement.

« Ma sœur travaille d’arrache-pied pour porter l’Empire que notre père lui a laissé. Elle a beaucoup de fidèles qui lui ont juré de leur loyauté. Cependant, ils ne peuvent offrir à ma sœur aucun confort. Normalement, ce serait le devoir de nous, sa famille, mais je suis occupée avec mes devoirs, et notre plus jeune sœur est une excentrique... Eh bien, disons que je ne peux pas compter sur elle pour faire beaucoup de choses à cet égard. Je pense que je devrais lui trouver un mari qui se mariera dans notre famille, mais le trône laisse planer une grande ombre sur le sujet, et seuls des hommes d’ambition l’approcheront. Même si un homme sans ambition essayait d’approcher ma sœur, les ambitieux se mettraient simplement en travers de son chemin, j’en suis sûre. »

Hakuya était resté silencieux.

La solitude de l’impératrice. Quand il avait entendu cela, Hakuya avait alors pensé à son propre maître. Il pensait à Souma, qui, quand il n’était pas préoccupé par la politique, passait son temps entouré de ses quatre fiancées et de sa petite sœur honoraire, sans se préoccuper de garder une apparence digne.

Quand Hakuya l’avait vu agir si peu comme un roi, il s’en était plaint à plusieurs reprises, « Vos vassaux vous regardent. Je sais que c’est votre temps libre, mais s’il vous plaît, reprenez-vous un peu, », mais peut-être était-il important pour Souma d’avoir ces temps-là afin de ne pas tomber dans la solitude.

Quand cette idée lui vint à l’esprit, Hakuya avait un peu souri.

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a, Sire Hakuya ? » demanda Jeanne.

Quand Jeanne lui avait demandé cela avec méfiance, Hakuya avait fait un grand mouvement avec sa tête et lui avait répondu. « Rien d’important... Je pensais juste qu’étonnamment, cela pouvait vous prendre juste un sentiment pour remplir cette solitude. »

Après cela, leur moment agréable ensemble avait continué pendant un petit moment.

Notes

  • 1 Phrase historique attribuée à Takeda Shingen qui était l’un des principaux daimyos ayant combattu pour le contrôle du Japon durant l’époque Sengoku. La phrase complète était : les gens sont votre château, vos murs de pierre, et vos douves. Protégez-les, et ils vous protégeront.

☆☆☆

Chapitre 2 : L’Arme Secrète du Royaume

Partie 1

— Au milieu du deuxième mois de l’année 1547 du Calendrier Continental

« Ohh ! Votre Majesté, bienvenue et merci de nous honorer de votre présence, » quand j’avais franchi la porte du studio d’enregistrement du Joyau de Diffusion de la Voix que nous avions installé dans le château, un gentilhomme d’âge mûr bien bâti m’avait accueilli avec exubérance.

Il s’agissait de Moltov Juniro, le père d’Ivan Juniro, qui jouait Silvan, le premier héros tokusatsu du Royaume de Friedonia.

« Bonjour Moltov, » dis-je. « Comment vont les choses quant aux émissions et à leur planification ? »

« Sire, nous avons fait de notre mieux pour suivre l’exemple que vous nous avez donné, » répondit-il.

La vérité était que l’autre jour, en partie parce que le personnage de Silvan que son fils interprétait était devenu si populaire, j’avais décidé d’aller jusqu’au bout et de nommer Moltov en tant que directeur de la production des programmes de diffusion. Je l’avais fait parce que je voulais être capable de garder les émissions en production même quand j’étais occupé ailleurs.

Moltov, tout comme son fils Ivan avait une capacité qui faisait qu’il n’y avait pas besoin d’effets spéciaux, donc j’avais décidé que ça ferait de lui un bon choix pour le poste.

Moltov caressa sa barbe avant de déclarer cela. « Eh bien, cette tâche de création d’émissions est plus complexe que vous ne le pensez. Il y a des choses que les gens veulent voir, des choses qu’ils ne veulent pas voir, des choses que nous voulons qu’ils voient, des choses que nous ne voulons pas qu’ils voient... Il est assez difficile de trouver un bon équilibre. »

Moltov avait gémi de consternation après avoir pensé à ça.

J’étais soulagé de le voir prendre son travail si au sérieux. « Voulez-vous déjà abandonner ? »

« Non, pas du tout ! J’apprécie beaucoup ce challenge ! » Moltov m’avait répondu avec un sourire animé.

D’une manière ou d’une autre, je sentais que c’était mieux pour lui que quand il essayait de pousser sa fille Siena vers moi.

À ce sujet, Siena, qui apparaissait maintenant aux côtés de son frère Ivan comme un soutien au héros, avait dit avec un doux sourire : « Je crois que mon père a trouvé son but dans la vie. Il y a un nombre limité de façons de monter en statut en tant que noble. Vous pouvez vous distinguer dans l’armée ou l’administration, ou vous pouvez devenir un parent lié avec la Maison Royale. Ceux-ci ont toujours été les seuls moyens, alors il les a poursuivis sans réserve. Cependant, Votre Majesté, vous avez enseigné quelque chose à mon père : la joie de créer une émission pour le joyau afin de divertir les gens. Merci beaucoup. »

Soupir... Elle était une si bonne fille, j’étais presque arrivé à en douter qu’elle fût en réalité une parente de ce père et ce fils si bruyant.

Quoi qu’il en soit, revenons sur le sujet.

Tout comme Siena l’avait dit, Moltov travaillait avec enthousiasme à la création des émissions.

Je lui tendis la main. « Moltov, j’ai de grandes attentes quant à tout cela. Si vous continuez à développer votre métier, je suis sûr que je vous laisserais vous occuper entièrement de l’un de ses Joyaux de Diffusion. »

« Ma parole ! Et vous me donneriez également un Joyau ? » s’écria Moltov.

« Tout à fait, » répondis-je. « Je voudrais que vous ne l’utilisiez pas pour des émissions publiques, mais pour ouvrir votre propre station de radiodiffusion. »

En d’autres termes, en faisant de lui un diffuseur privé. Si tout ce que nous avions était un radiodiffuseur public, il y avait après tout des limites au nombre d’émissions qui pourraient être produites. Pour que cela se produise, il faudrait d’autres avancées technologiques et il faudrait mettre en place les lois appropriées, de sorte que cela ne pourrait pas se produire tout de suite. Ainsi, il était préférable de commencer à se préparer pour quand cela arrivera dans cinq ou dix ans à partir de maintenant.

Moltov avait alors fait un rire empli de joie. « Vous allez me donner ma propre station indépendante, hehe ! Les rêves sont sans fin ! »

« Oui. Alors, travaillez durement pour cela, » déclarai-je.

« Laissez-moi me charger de ça ! » Moltov tapa fièrement sa poitrine. « À ce propos, Sire, que faisiez-vous ici aujourd’hui ? »

« Ah oui, c’est vrai. Je pense que Juna était censée être quelque part dans le coin..., » dis-je.

« Si vous voulez parler de Mademoiselle Juna Doma, elle tourne actuellement l’émission éducative, » répondit Moltov en pointant du doigt le studio d’enregistrement.

Juna se trouvait actuellement au milieu d’une émission en direct pour le programme éducatif. La chanson qu’elle interprétait et dansait était une chanson pour enfants de l’autre monde avec un style légèrement asiatique. La façon dont Juna avait l’air de danser avec des cordes enroulées autour de ses manches flottantes lui donnait des airs de jeune fille céleste. Cela m’avait donné envie de prier, « Fermez le sentier à travers les cieux. »

Finalement, l’émission avait pris fin. Juna m’avait remarqué et s’était précipitée vers moi, toujours dans sa tenue de scène. « Que se passe-t-il, Votre Majesté ? Je ne pensais pas que vous aviez l’intention de venir ici aujourd’hui, non ? »

« Eh bien, non, je ne l’avais pas prévu, mais... j’ai une faveur que je voulais vous demander, » déclarai-je.

« À moi ? » demanda Juna.

J’avais hoché la tête. « Pendant environ trois jours, à partir de demain, je serai loin du château afin de rencontrer quelqu’un. J’aimerais que vous m’escortiez. »

« Cela ne me dérange pas, mais... vous quittez la capitale sans surveillance pendant trois jours ? » Juna pencha la tête sur le côté, l’air un peu perplexe. « Avec tout le respect que je vous dois, le travail du gouvernement ne sera-t-il pas entravé par votre absence ? »

« Oh, ça devrait aller. Cette chose que j’avais demandé à Genia de développer est maintenant terminée, » dis-je.

« Quoi... que suis-je censé dire... ? » Juna était à court de mots.

J’avais attendu que Juna se soit changée, puis nous étions allés dans mon bureau. Maintenant, elle regardait la chose dont j’avais parlé.

Eh oui... je pouvais comprendre sa réaction.

J’avais donné un ordre à la fiancée de Ludwin et à l’autoproclamée « Surscientifique », Genia Maxwell, pour qu’elle développe une certaine chose pour moi.

Ma capacité, le Poltergeist Vivant, pouvait imprégner des objets avec une partie de ma conscience, pouvait les faire flotter, et pouvait me permettre de les voir d’une vue aérienne, mais elle était seulement efficace dans une portée de cent mètres ou plus. Si j’avais un stylo au bureau des affaires gouvernementales, je devais rester dans un rayon de cent mètres en tout temps. À cause de cela, pendant le temps qui avait suivi la rétrocession du trône, quand les choses avaient été très occupées, je n’avais jamais quitté la capitale plus d’une journée sauf s’il y avait une crise.

Et aussi, comme vous le saviez déjà, la portée effective de cette capacité pourrait être ignorée si la cible était une poupée, mais, malheureusement, les poupées n’étaient pas capables de très bien écrire. Il était facile d’écrire quand je contrôlais directement le stylo, mais pour une raison inconnue, il était inhabituellement difficile de le faire quand j’avais une poupée tenant le stylo. C’était comme utiliser une télécommande pour faire fonctionner le bras d’un robot qui tenait un stylo. Il avait fallu beaucoup de concentration, et ce que j’avais écrit avait fini par ressembler à des pattes de mouches.

Je ne pouvais pas avoir d’écriture désordonnée sur des documents importants. Il y avait beaucoup de documents où cela pouvait causer des problèmes majeurs s’ils étaient mal interprétés.

En fin de compte, même si les poupées avaient annulé la limitation de portée de ma capacité, cela n’avait pas changé la situation qui m’empêchait de quitter le château pendant une longue période de temps. Je savais que si j’avais une machine capable d’écrire des lettres, je pourrais faire mon travail à distance, ce qui me permettrait de quitter le château sans soucis.

C’était à l’époque où j’avais découvert la géniale Genia.

Elle avait utilisé des ossements de dragon comme structure de base, les combinant avec diverses pièces mécaniques et organiques pour créer le dragon mécanique, Mechadrag. J’avais pensé, peut-être qu’elle pourrait créer une poupée qui se déplace comme une main humaine.

Avec cette idée en tête, je lui avais commandé cela, et l’autre jour, le Bras Mécanisé modèle 1 (nommé par moi) avait été complété.

Du côté, on aurait dit qu’un bras avait étrangement germé d’une plateforme en forme de L. En termes simples, c’était comme un bras prothétique ou un bras manipulateur. Cependant, il était étrangement réaliste et humain d’une manière que cela était effrayant et rebutant. Il s’agissait d’une évidence en vue de la réaction de Juna quand elle avait vu la chose.

Oh, Genia, pourquoi avez-vous dû le rendre si réaliste ?

Eh bien, j’avais expérimenté avec les Poltergeists Vivants si je pouvais contrôler le Bras Mécanisé modèle 1. Le bras artificiel se déplaçait doucement, saisissant le stylo et écrivant des lettres sur un morceau de papier.

... C’était deux fois plus effrayant en mouvement. Donc, c’était la « vallée de l’étrange », hein ?

« Quand les bureaucrates voient cette chose fonctionner, ils sont toujours effrayés, » dis-je. « Oh, et quand les servantes apportent du thé, elles crient très souvent et s’évanouissent. »

« Je comprends complètement ce qu’ils ressentent, » même le sourire de Juna tremblait un peu alors qu’elle le disait. Après tout, cela ressemblait à quelque chose sorti tout droit d’une histoire d’horreur.

« En tout état de cause, maintenant que je peux faire travailler le Bras Mécanisé modèle 1, je suis capable de voyager en dehors de la capitale, » dis-je. « J’en ai déjà fait un certain nombre d’exemplaires. »

« Avoir tout un tas d’entre eux en mouvement... Je ne veux même pas imaginer à quoi ça ressemble, » dit Juna d’un ton plein d’excuses, mais j’étais d’accord avec elle.

Les bras de poupée installés dans une pièce vide qui écrivaient sans fin. Le simple fait d’imaginer ça détruisait en lambeaux ma santé mentale.

Juna secoua la tête, essayant de se débarrasser de l’image pour qu’elle puisse remettre les choses sur les rails. « Mais, Sire, pourquoi voulez-vous m’avoir avec vous comme partenaire ? La princesse, Aisha ou Roroa ne feraient-elles pas aussi une possibilité ? »

« Hmm... Considérant à qui je fais face cette fois-ci, je veux que vous me prêtiez votre force, » dis-je. « Je pense que les autres... ne seront pas de tailles face à elle. »

« Elle ? De qui parlez-vous ? » demanda Juna.

« La Commandante de la Force de Défense Nationale, Excel Walter, » répondis-je.

« ... Je vois. Ma grand-mère. Hmm ? Il s’agit donc de la raison pour laquelle vous me voulez à vos côtés, » déclara Juna.

Juna semblait satisfaite de cette explication. Cependant, elle avait rapidement penché la tête sur le côté de façon interrogative.

« Mais, Sire, grand-mère a toujours été votre alliée, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle. « Quand vous dites qu’elles ne seraient pas à sa hauteur, y a-t-il une raison pour que vous preniez position contre elle ? »

Quand j’avais vu le regard inquiet sur le visage de Juna, j’avais alors dit, « Oh, ce n’est pas ça, » et j’avais hoché la tête. « La raison pour laquelle nous quittons la capitale pendant trois jours est d’examiner les progrès d’un projet sur lequel Excel a travaillé, mais à part ça... J’ai entendu dire que Marx avait récemment pris contact avec Excel. »

« Le chambellan ? Mais franchement, pourquoi ferait-il cela... ? Était-ce pour quelque chose d’important ? » demanda-t-elle.

« Oh non ! Ce n’est rien d’important. Il ne semblait pas en faire le moindre secret. Il recevait juste des conseils sur certaines choses, mais... c’est sur quoi il recevait des conseils qui m’inquiètent..., » répondis-je.

« ... Et à propos de quoi pensez-vous qu’il recevait des conseils ? » demanda Juna.

« Il semblerait... que cela avait quelque chose à voir avec une “éducatrice sexuelle” pour moi, » répondis-je.

Au moment où j’avais dit ça, Juna avait un peu grimacé.

Les éducatrices sexuelles étaient une coutume des classes supérieures dans ce pays (les chevaliers, la noblesse, et plus haut). Quand un homme avait atteint sa majorité, une « femme expérimentée » lui était envoyée. Pour s’assurer qu’il ne serait pas embarrassé quand il prendrait une épouse, elle lui apprendrait correctement... la « bienséance dans la chambre à coucher », et bien d’autres choses du genre.

Il était courant que ces leçons fussent enseignées dans une simple pièce comme un cours de santé et d’éducation physique, mais certaines parties comprenaient « un apprentissage pratique ».

Je m’étais maladroitement frotté la tête. « Je vais avoir vingt ans cette année, et j’ai des beautés comme Liscia, Aisha et vous à mes côtés. Je suppose qu’il pensait que, en tant que jeune homme en bonne santé, s’il nous laissait tranquilles, je finirais par poser la main sur au moins l’une d’entre vous, mais cela ne s’est jamais produit. Donc parce que j’ai pris si longtemps, Marx s’est impatienté, et il a dit que peut-être une éducation était nécessaire. Il semble que Hakuya soit d’accord avec lui. »

« Je vois... Voilà donc ce que c’était, » Juna hocha la tête alors que son expression tremblait encore.

La Maison Royale de ce pays était au bord de l’extinction en raison de la crise de succession qui avait éclaté à la mort de l’avant-dernier roi. Ainsi Marx me harcelait toujours pour « me dépêcher et produire un héritier ». Alors que le mariage n’avait pas encore eu lieu, j’étais déjà fiancé à Liscia et aux autres filles, donc cela ne semblait pas être considéré comme des relations sexuelles prénuptiales dans son esprit. Voilà à quel point la pénurie de membres de la royauté était présente dans ce pays.

« Et ainsi, ils se sont tous deux tournés vers Excel, qui a cinq cents ans et qui a beaucoup d’expérience quand il s’agit de choses romantiques, » avais-je continué. « “Nous n’avons pas une femme parfaite pour le boulot,” ont-ils dit. Quand ils l’ont fait... »

« ... J’ai un mauvais pressentiment à propos de ça, » déclara Juna.

« ... Excel a alors levé la main et elle s’est portée volontaire, » dis-je.

« Franchement !! » Juna avait crié, c’était quelque chose qu’elle avait rarement fait.

Il semblait que, quand elle imaginait son fiancé (même si c’était encore un secret) ayant peut-être des relations avec sa grand-mère, elle ne pouvait pas maintenir son sang-froid. Elle avait montré un mélange de panique et de colère.

Elle peut donc aussi faire des expressions comme ça. C’est quelque peu rafraîchissant, pensai-je.

Incidemment, quand Marx était venu lui demander conseil, Excel avait dit, « Oh, Mon Dieu. Dans ce cas, pourquoi ne lui enseignerais-je pas pour vous ce genre de choses ? J’ai après tout une bonne expérience dans ce domaine. Si vous le souhaitez, je peux même gérer personnellement les leçons pratiques, vous savez ? Je viens d’une race ayant une longue durée de vie, donc ce n’est pas si probable que je devienne enceinte après ça. Hehehe, » avec un rire qui rendait difficile de dire à quel point elle était sérieuse.

Selon Marx, tout en utilisant la tromperie produite par son apparence de la mi-vingtaine, ses yeux avaient eu le reflet d’un serpent qui avait trouvé sa proie.

... Je suppose qu’elle n’était pas de la race de serpent de mer pour rien.

Quand je l’avais dit à Juna, elle avait pressé un doigt sur sa tempe, l’air inquiet. « J’en ai entendu parler de tante Accela. » C’était la fille d’Excel et la mère de Carla. « Quand elle était encore une jeune fille, ma grand-mère tentait de séduire les hommes qui étaient tombés amoureux de ma tante et les taquinait. »

« Wôw... C’est assez horrible, » dis-je.

« Non, elle ne l’a fait qu’avec ceux que ma tante n’aimait pas. C’était pour leur faire abandonner une relation illicite avec sa fille, mais... ma mère me l’a dit une fois, avec un regard fatigué, “Je n’ai jamais voulu avoir des camarades de classe qui avaient été courtisés par ma mère et qui étaient tombés entre ses griffes”. »

Eh bien, non, je ne pense pas qu’elle aurait aimé ça. En y pensant, Castor avait d’abord approché Excel, n’est-ce pas ? Avait-elle eu un froid entre eux parce qu’il l’avait courtisé en premier ? C’était certainement vrai qu’elle était une beauté à couper le souffle. Si je n’avais acquis une grande résistance à cela en étant entouré de Liscia et des autres, j’aurais peut-être risqué de tomber amoureux d’elle.

« Alors, maintenant que vous savez ce qui se passe, je voudrais vous demander de m’accompagner, » dis-je. « Puis-je compter sur vous pour ça ? »

« ... Je comprends. Je ferai de mon mieux pour vous protéger, Sire, » Juna m’avait salué avec son visage rempli de résolution.

Me protéger de quoi ? ... Eh oui, la réponse à cela était claire comme de l’eau de roche.

Juna me regarda comme si elle voulait dire quelque chose, mais elle avait du mal à dire ce qu’elle voulait et elle détourna les yeux. Je me demandais ce que ça pouvait être, alors j’attendais qu’elle le dise. Juna sembla se résoudre, puis elle ouvrit la bouche et déclara. « Hmm... à propos du problème que vous avez, eh bien... Ne serait-ce pas résolu si vous posiez simplement vos mains sur l’une d’entre nous ? Ce pourrait être la princesse, ou Aisha, ou Roroa, ou même... hmm... moi. »

Quand elle avait dit ça, avec son visage baissé et ses yeux qui se levaient vers moi, ça m’avait durement affecté, mais j’avais alors dégluti et je m’étais retenu d’agir. Si Marx avait son mot à dire, cela pourrait être exactement le problème.

« Je suis... euh... je ne suis pas encore prêt pour être père, » dis-je. « Écoutez, je vous aime toutes, et bien sûr, je souhaite vraiment faire ce genre de choses avec vous, mais... quand ils me disent que je dois absolument faire un bébé, je deviens d’un coup hésitant. Avec moi comme je suis maintenant, avec ce pays tel qu’il est maintenant, je me demande si je peux faire que vous toutes, ainsi que les enfants qui naîtront, serez tous heureux. »

« Je vois..., » Juna avait l’air un peu déçue, mais elle recouvrit rapidement cette expression d’un doux sourire. « C’est quelque chose qui est vraiment votre genre, Sire. Je peux sentir à quel point vous vous souciez de nous toutes. »

« Bien sûr que oui ! » répondis-je.

« Dans ce cas, j’attendrai avec impatience que vous soyez prêt, » déclara Juna.

Le sourire de Juna était si merveilleux que je l’avais serrée dans mes bras. Elle avait paru surprise, mais elle n’avait pas résisté. Elle était douce et sentait bon.

Je n’étais pas encore prêt, mais... Je pourrais faire ça dans peu de temps. C’était ce que je m’étais dit.

☆☆☆

Partie 2

Quelques jours plus tard — Dans la Cité Lagune...

La Cité Lagune se trouvait au centre du Duché Walter.

Elle était située au nord-est de Friedonia, et comme son nom l’indiquait, il s’agissait d’une cité qui était construite dans un lagon. En raison de la forte chaleur et de l’humidité présente dans la région, elle avait été construite selon un modèle de ville semblable à Venise en Italie, et il y avait des canaux qui parcouraient l’intégralité de la ville.

Quand j’avais regardé pour la première fois cette ville, cela m’avait fait me souvenir d’un certain manga iyashikei [1] que j’avais lu il y a longtemps, mais malheureusement, il n’y avait pas dans ce monde, de jolies filles jouant le rôle de gondolières. À la place, je pouvais voir partout des hommes costauds charger et décharger des cargaisons depuis de petits bateaux présents un peu partout dans la zone.

Nous étions maintenant en hiver, donc ces hommes étaient habillés, mais si nous avions été en été, alors ils auraient probablement été tous nus en ce moment. (Dans le sens où ils n’auraient porté que des pagnes). Même cette pensée était étouffante.

J’étais là, à regarder le paysage de la Cité Lagune depuis l’intérieur d’un carrosse que je partageais avec Juna.

« Êtes-vous née ici, Juna ? » demandai-je.

« Non, je suis née un peu plus au nord-ouest, dans une petite ville portuaire près de la frontière avec l’Union des États de l’Est, » répondit Juna. « Ce n’est pas aussi animé qu’ici, mais nous y attrapions beaucoup de délicieux poissons, le saviez-vous ? »

« Ah oui ? J’aimerais bien y aller un jour, » déclarai-je.

« D’accord, j’espère que vous pourrez le faire un jour, » répondit Juna.

Pendant que nous bavardions, le carrosse était arrivé devant la porte extérieure du domaine du manoir d’Excel.

Dans la Cité Lagune, la forteresse de la Marine, il y avait une base navale, mais il n’y avait pas de château à proprement parler. Cela avait été fait ainsi parce qu’ils ne prévoyaient pas que la ville puisse être assiégée par une force terrestre. Cela reflétait le fait que la Marine était capable de montrer toute sa puissance en mer, et si ces terres étaient envahies par un ennemi étranger, elle embarquerait simplement sur leurs navires et éliminerait l’ennemi, la ville et tout ce qui était dans la région à l’aide d’un bombardement soutenu des côtes.

La race du serpent de mer aimait cette terre plus que quiconque, et s’ils ne pouvaient pas l’avoir, alors personne ne le pourrait. Ils étaient du genre yandere [2] quand cela concernant la moindre chose liée à cette terre.

Quand nous avions avancé en montant sur les hauteurs où se trouvait le manoir dans notre carrosse, j’avais pu voir qu’Excel se tenait devant le manoir, tout en attendant notre arrivée. Ses cheveux bleus brillaient au soleil, et son beau visage scrutait les environs.

Comme toujours, Excel était si belle et l’on pouvait même le dire à cette distance. Vous pourriez vraiment dire qu’elle était la grand-mère de Juna. (Bien qu’il y ait peu de personnes à qui le terme de « grand-mère » aurait le moins convenu.) La tenue bleue qu’elle portait était comme un kimono mélangé avec une robe et elle lui convenait parfaitement.

Quand je l’avais regardée, Juna avait alors affiché un regard lugubre. Je lui avais alors demandé. « Juna ? Est-ce que quelque chose ne va pas ? »

« Ce kimono..., » répondit-elle.

« Le kimono ? » demandai-je.

« Il s’agit du kimono favori de ma grand-mère. Il semble en effet... que la prudence soit peut-être justifiée, » répondit Juna.

« Hm... Techniquement, le seul but de ma venue ici est de surveiller une installation militaire..., » déclarai-je, un peu alarmé de ce que j’avais appris plus tôt.

Après que j’eus dit ça, Juna enroula son bras autour du mien, le serrant fermement, puis me regarda avec une expression sérieuse. « Sire, quand vous êtes devant un serpent de mer, il ne faut jamais lui montrer la moindre occasion de frapper. Si vous ne faites pas ça... »

« Si je ne fais pas ça ? » demandai-je.

« ... Vous serez englouti par lui, » répondit Juna.

« ..., » j’étais sans voix face à cette réponse.

... Je ne savais pas exactement ce que c’était censé vouloir dire, mais j’avais pris note que je devais être prudent en tout temps.

☆☆☆

Après que nous fûmes sortis du carrosse, Excel nous avait accueillis avec un sourire.

« Votre Majesté, cela fait trop longtemps. Bienvenue à la Cité Lagune, » déclara Excel.

Je savais ce que Juna m’avait dit juste avant, mais pour le moment, elle ne semblait pas différente des autres fois où je l’avais rencontrée.

J’avais alors essayé de ne pas rendre ma méfiance envers elle évidente alors que je répondis dans un ton amical. « Nous ne nous sommes pas vus depuis que je vous ai nommée Commandante Suprême de la Force Nationale de Défense, n’est-ce pas ? Je suis content de voir que vous êtes en bonne santé. »

« Hehe ! Oh, Sire, vous aimez pousser des devoirs d’importances sur une vieille dame telle que moi, » répondit-elle. (Elle semblait contente alors qu’elle disait ça.) « Mais merci. J’espère que tu vas bien, Juna. »

« C’est bon de vous revoir, Princesse des Mers, » à côté de moi, Juna avait fait une gracieuse révérence tout en disant ça.

Excel avait toujours été appelée en tant que « Princesse des Mers » dans l’ancienne Marine. C’était probablement similaire pour eux au fait de l’aborder en lui disant « madame ».

Mais Excel avait hoché négativement la tête. « Juna, tu as été libérée de tes devoirs envers la Marine. Tu vas épouser Sa Majesté, même si cela ne sera qu’en tant que reine secondaire. Les seules relations que nous avons l’une envers l’autre sont celles que nous avons en tant que membre de la même famille. »

« Princ... Non, j’ai compris. Grand-mère, » déclara-t-elle finalement.

Oui. Ce fut une bonne scène que nous avons eue là, celle qui montre clairement leurs liens familiaux... ou alors, pensai-je.

« Hehehe. Donc, Juna, cela signifie que toi et moi sommes maintenant égales, » déclara Excel.

... C’était quoi ça ? Avais-je imaginé qu’elle avait souligné le mot « égal » là ?

En outre, quand elle avait entendu le mot « égal », j’avais cru avoir remarqué qu’une veine se gonflait sur les tempes de Juna.

« ... Hehehe. Qu’entendez-vous par là, grand-mère ? » demanda Juna.

« Tu vois, la clé pour ne pas se lasser d’une vie qui dure trop longtemps est de toujours s’intéresser à quelqu’un ou à quelque chose, » répondit Excel.

« Est-ce maintenant le cas  ? » demanda Juna. « En passant, avez-vous un intérêt envers Sa Majesté ? »

« Après tout, il est le premier héros que nous avons eu depuis le premier roi, alors disons-le franchement, je trouve ça fascinant, » répondit Excel. Elle avait souri tout en disant ça, mais j’avais senti une étrange pression présente derrière ce sourire.

Juna avait répondu en ayant un sourire similaire.

... C’est quoi ce genre d’ambiance ? Je veux vraiment partir de là le plus tôt possible, pensai-je.

« D-Dans tous les cas, cela vous dérange-t-il si nous allions à l’intérieur ? » suggérais-je. « Il n’y a sûrement pas de nécessité de rester ici plus longtemps. »

« Hehe ! Je suis désolée de vous avoir fait rester ici si longtemps, » déclara Excel. « S’il vous plaît, venez avec moi. »

En tout cas, après en avoir fini avec les formalités, nous avions été conduits à l’intérieur de la bâtisse.

L’intérieur serait totalement approprié à un manoir chic de style occidental. Le mobilier exposé n’était pas excessivement criard, et à la place, cela donnait une ambiance plutôt détendue. Même moi, qui n’étais pas du tout un artiste, pouvais apprécier le sens esthétique de bon goût d’Excel.

Finalement, nous avions été conduits dans une pièce ayant une plaque sur la porte qui l’avait identifiée comme étant un salon.

Il y avait déjà une personne dans le salon qui se tenait debout au garde-à-vous.

Cet homme de grande taille, qui portait l’uniforme d’un sous-officier de la Force Navale de Défense Nationale de Friedonia, avait des ailes de chauve-souris et une queue semblable à un lézard. L’homme m’avait salué, puis il avait commencé à préparer le thé.

Même une fois que nous nous étions assis et qu’il avait fini de distribuer du thé à tout le monde, cet homme avait continué à se tenir derrière Excel, attendant ses ordres.

J’avais massé mes tempes. « S’il compte rester là pendant tout ce temps, cela va certainement trop me déranger pour ne pas y penser en tout temps. »

« Je lui ai dit qu’il pouvait simplement agir comme d’habitude, » déclara Excel avec un sourire ironique.

L’homme qui se tenait derrière elle était bien entendu Castor. Il avait été autrefois l’un des trois ducs et le général de l’Armée de l’Air. Il était également le père de Carla.

Après qu’il avait été tenu responsable d’avoir défié son roi ce qui l’avait obligé à démissionner de son poste, il avait été forcé de prendre sa retraite et de laisser la gestion familiale à son jeune fils, Carl, alors qu’il avait lui-même été placé sous la garde d’Excel.

En outre, celui qui servait comme aide de Carl était, à la demande de cet homme, l’ancien intendant de la maison des Vargas et actuellement un général dans la Force Aérienne de Défense Nationale, Tolman.

En tout cas, d’après ce qu’Excel m’avait dit, elle faisait travailler durement Castor en tant que soldat de base de la Force Navale de Défense Nationale.

Peut-être que le fait de devenir un général vaincu l’avait dépouillé de sa fierté le rendant tellement obstiné que cela l’avait rendu plus doux. Ou peut-être qu’il faisait simplement semblant d’agir seulement comme un soldat de base de la Force Nationale de Défense Navale par entêtement.

S’il les rencontrait dans les rues, il s’inclinerait même devant ceux qui avaient été d’un rang inférieur à lui jusqu’à tout récemment, et quand il s’agissait du jour de son service de nettoyage, il nettoyait toutes les toilettes du navire sans dire un mot.

Je pensais la même chose en ce qui concernait Carla, mais les membres de sa lignée avaient tendance à être beaucoup trop fidèles aux positions qu’ils occupaient.

« ... Il s’agit d’un ordre, » dis-je. « Castor, asseyez-vous ! »

« Oui Sire ! Pardonnez-moi, Sire ! » Castor s’était finalement pris un siège de libre.

Bon sang !

« De plus, comme cela me donne la chair de poule, laissez tomber ces formalités si excessives, » rajoutais-je. « À moins que nous ne soyons en public ou qu’il y ait d’autres subalternes, je veux que vous parliez normalement quand il s’agit de quelque chose à titre personnel. Ceci est également un ordre. »

« Oui, Sire... Mais..., » commença Castor.

« Castor, un sous-officier défie-t-il les ordres de son roi ? » demanda Excel.

« ... J’ai compris, » Castor avait acquiescé à contrecœur.

Wôw... Maintenant, nous pouvons enfin avoir une conversation détendue, pensai-je.

« Dans tous les cas, cela fait longtemps, Castor, » dis-je. « Comment est la vie dans la Marine ? »

« Assez bien, Sire. J’y suis maintenant habitué..., » répondit Castor. « Je me suis habitué à l’odeur de la mer. Et aussi, hmm... »

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a ? » demandai-je.

« Comment va Carla ? » Il semblait inquiet pour sa fille qui était maintenant mon esclave. Eh bien, il était après tout son père, alors c’était normal.

« Détendez-vous ! Carla est... hmm, elle s’en sort plutôt bien ! » répondis-je.

« Pour quelle raison avez-vous fait une pause ? Et c’est quoi ce “Hmm” qu'avez-vous fait !? » demanda Castor.

« Eh bien, je suis sûre qu’elle va bien et tout, c’est juste que..., » répondis-je.

Si je me souviens bien, en ce moment, dans le château, Carla serait...

☆☆☆

Pendant ce temps, dans le studio dans le Château de Parnam...

« Bwahahahaha! Silvan, aujourd’hui, j’en ai fini avec vous ! Viens ici, Monstre à Roues, Dialgon ! » cria Carla, alias Mademoiselle Dan.

« Dialgoooon, c’est moi ! » (Moltov avait pris la relève en jouant les monstres à la place d’Aisha.)

« Je vous maudis, Mademoiselle Dan et vous, Dialgon ! Je vais tout faire pour protéger la paix de ce pays ! » répliqua Silvan.

☆☆☆

« ... Oui, elle va (probablement) bien. Physiquement, elle est l’image même de la santé, » dis-je. « Je sais qu’elle est une esclave appartenant à la Maison Royale, mais je n’ai pas posé la main sur elle ou quelque chose comme ça. »

Maintenant, quant à savoir si elle va mentalement bien, je n’étais pas si sûr de ça, pensai-je. Je voulais dire par là que Serina jouait toujours avec elle dès qu’elle en avait l’occasion.

« Vous ne lui avez donc rien fait... quand j’entends ça, je suis encore plus inquiet, » répondit Castor.

« Hm ? Pourquoi cela vous fait-il être si déprimé ? » demandai-je.

« Parce que si vous l’aviez fait à ma fille, je penserais que ça rendrait Carla plus en sécurité, » Castor laissa échapper un petit soupir à ce moment-là. « J’ai entendu parler de vous de la Duchesse Excel. Vous êtes le genre d’homme qui valorise sa famille, et vous feriez n’importe quoi afin de les protéger. Depuis que je suis ici, j’ai entendu beaucoup de rumeurs sur ce que vous faites, et... j’en suis arrivé à la même conclusion. C’est pourquoi je me dis que si Carla tombait enceinte et que vous la considériez comme un membre de votre famille, alors rien ne pourrait la rendre plus en sécurité. »

Ce n’était nullement qu’il voulait devenir une personne liée à la Maison Royale, mais c’était uniquement dans le but que sa fille soit désormais en sécurité. Cela m’a fait penser à la façon dont les sentiments d’un père étaient complexes.

Mais...

« Je n’ai nullement l’intention de prendre Carla en tant que reine, » dis-je.

Il était resté silencieux après ça.

« Pourtant, Liscia serait contrariée si quelque chose arrivait à Carla, » dis-je. « Je préférerais ne pas avoir à voir Liscia triste, alors je peux vous garantir que je ferai tout pour que rien de mal n’arrive à votre fille. »

« Vous ne voulez pas... ? Je suis soulagé d’entendre ça. S’il vous plaît, je vous demande de prendre bien soin de ma fille, » Castor baissa amplement la tête alors qu’il disait ça.

J’étais sûr qu’il avait pris ce ton plus formel à la toute fin parce qu’il s’agissait d’une demande sincère et sérieuse. Avec la façon dont Excel le traitait, peut-être que cela l’avait aidé à grandir quelque peu en tant qu’être humain. (Eh bien, en tant que dragonewt, en vérité.)

J’avais alors regardé dans la direction d’Excel. « Alors, Excel, pensez-vous que nous pouvons utiliser cet homme ? »

« Hehe ! Je l’ai bien préparé. Comme on peut s’y attendre d’un homme qui menait autrefois des armées, il apprend vite, » répondit Excel. « Et avec la façon dont les choses vont... Je dirais que c’est tout à fait possible. »

« Je vois... Eh bien, allons-y dans ce cas, » dis-je.

Après avoir terminé cet échange verbal que nous n’étions que les deux seuls à comprendre, nous nous étions levés. Quand ils nous avaient vus soudainement nous lever, les yeux de Juna et Castor s’étaient écarquillés en raison de la surprise.

« Euh, Sire ? Où allons-nous ? » Juna m’avait demandé avec un visage dénué d’expression.

J’avais souri avec ironie avant de lui répondre. « L’avez-vous déjà oubliée ? Notre plan pour la journée est d’arpenter une installation militaire, vous en souvenez-vous maintenant ? »

« Ah oui. Maintenant que vous me le dites... c’est exact, » les joues de Juna rougirent alors en raison de son embarras.

Son esprit devait avoir été trop préoccupé quant au fait de ne pas baisser sa garde vis-à-vis d’Excel. Quand elle était embarrassée, elle agissait en réalité comme une personne de son âge. C’était vraiment mignon. J’aurais aimé pouvoir la regarder ainsi pour toujours, mais j’avais des choses à faire.

« Maintenant, passons à la première chose à l’ordre du jour..., » dis-je en me tournant vers Castor, qui semblait n’avoir aucune idée de ce qui se passait. « Pour l’instant, mettons un bandeau sur les yeux de Castor. »

Notes

  • 1 Iyashikei : (癒し系) veux dire en japonais « guérir ». Il s’agit d’un terme utilisé pour les animés et les mangas qui ont été créés dans le but spécifique d’avoir un effet curatif ou apaisant sur le public. Les œuvres de ce genre impliquent souvent des réalités alternatives avec peu ou pas de conflit, mettant l’accent sur la nature et les petits plaisirs de la vie.
  • 2 Yandere : (ヤンデレ?) est un terme japonais utilisé pour définir une personnalité qui est au premier abord affectueuse et tendre, mais qui à un moment devient dérangée voire psychotique. Yandere est une combinaison de yanderu (病んでる?), qui signifie malade, et deredere (デレデレ?), qui signifie amoureux ou ramolli. Yanderekko est le nom dérivé, et qualifie une fille possédant une personnalité yandere, comme pour meganekko avec les filles qui portent des lunettes (megane).

☆☆☆

Partie 3

Après que Castor avait eu les yeux bandés, nous étions montés dans la gondole à wyverne, puis avions voyagé pendant une heure ou deux, en prenant en compte le temps de transfert dans un navire à mi-chemin.

Quand nous avions finalement atteint notre destination, j’avais alors dit à Castor. « C’est bon. Vous pouvez enlever votre bandeau de sur vos yeux. »

« ... Pourquoi parlez-vous d’une manière si hautaine ? » grogna Castor.

Même s’il rouspétait à ce sujet, Castor avait enlevé son bandeau. Après l’avoir fait, il constata qu’il était au milieu de bois.

Les seules personnes présentes là étaient Juna, Castor, Excel et moi, et la seule chose en vue était un bouquet d’arbres devant nous.

« Que faisons-nous dans un endroit comme celui-ci ? » Castor semblait empli de doutes, mais il semblait soudain réaliser quelque chose et il avait froncé les sourcils. Il m’avait alors demandé. « Est-ce... une île ou quelque chose du genre ? »

« Oh... ? Pourquoi pensez-vous ça ? » demandai-je.

« Car je peux sentir l’eau salée dans toutes les directions, » répondit-il. « Nous sommes près de la mer, non ? Après tout, nous sommes montés sur un bateau au milieu du trajet. »

« ... Perspicace, » dis-je.

Même s’il avait eu les yeux bandés pendant tout ce temps, il avait immédiatement réussi à comprendre que nous étions entourés par la mer. C’était impressionnant ! Je pouvais voir qu’Excel l’avait bien entraîné.

C’est alors que j’avais remarqué que Juna était abasourdie par ce qu’elle voyait.

« Juna, quel est le problème ? » demandai-je.

« Oh, eh bien... c’est juste que, sur le chemin, j’ai vu beaucoup de choses incroyables..., » répondit Juna en étant un peu embarrassée, réalisant que je l’avais attrapée alors qu’elle avait baissé la garde.

Ohh... En y repensant, je n’avais jamais parlé de cet endroit à Juna, n’est-ce pas ? Après tout, je l’avais laissé totalement entre les mains d’Excel.

Voyant que Juna agissait ainsi, Castor avait l’air encore plus méfiant. « À ce propos, qu’est-ce que cet endroit est censé être ? »

« Hm ? Eh bien, pour le dire dans les termes les plus simples que je peux... peut-être que je peux dire qu’il s’agit de notre arme secrète, ainsi qu’un terrain d’essai pour certains types de troupes ? » déclarai-je.

« Arme secrète ? » demanda Castor.

« Il sera plus rapide de vous la montrer. Venez par ici, » j’avais commencé à marcher et j’avais ainsi montré le chemin pour les autres.

Après avoir un peu marché, nous étions arrivés dans une clairière. Il s’agissait d’une prairie couverte d’herbe courte.

Il n’y avait rien en haut, donc le ciel bleu s’étalait au-dessus de nos têtes. Quand j’avais levé les yeux vers le ciel, je vis qu’il y avait des chevaliers-wyvernes qui volaient en formation.

J’avais alors pointé du doigt les chevaliers-wyvernes. « Castor, que pensez-vous quand vous voyez ça ? »

« Ils sont très... très rapides, hein..., » répondit Castor tout en plissant les yeux comme si c’était brillant. « Dans tous les cas, ils sont bien trop rapides. Ce n’est pas une vitesse qui peut être atteinte par une wyverne. Ont-elles utilisé de la magie ou une autre astuce pour pouvoir obtenir une telle vitesse ? »

« Eh bien, quand on parle de la magie... alors on pourrait dire que dans une certaine mesure, ils l’utilisent, oui, » répondis-je. « Mais, s’ils utilisaient la magie afin de créer un vent derrière eux, pensez-vous qu’ils pourraient encore voler en formation comme ça ? »

« ... Non, cela ne serait pas possible. Car s’ils accéléraient eux-mêmes avec de la magie, ils seraient bien moins en formation, » répondit Castor.

Comme Castor le disait, les personnes avaient des niveaux de compétence différents quand il s’agissait d’utiliser la magie. Même s’ils utilisaient la magie du même type, avec la puissance, alors la portée d’efficacités et le coût dépendraient de la personne. C’est pourquoi, même si nous rassemblions un groupe de personnes ayant la même capacité à manipuler le vent, ils ne seraient probablement pas capables de voler dans de telles formations en accélérant à l’aide de la magie. Donc, cette vitesse ne venait pas de la magie, mais de la technologie.

« Je veux que vous regardiez à l’arrière de leurs selles, » dis-je.

« Ils ont quelque chose d’attaché là-bas, » indiqua Castor, regardant où je lui avais dit de faire. « Est-ce ces anneaux qui font ça ? »

Si vous regardiez de près, oui, à l’arrière des selles des chevaliers-wyvernes, il y avait deux anneaux, un à gauche et un à droite.

Je lui avais répondu tout en regardant le ciel. « Ce que vous voyez à l’arrière de leurs selles est une version miniaturisée et plus légère du Petit Susumu Mark V. » (Le Dispositif de Propulsion Maxwellian.) « Lorsqu’ils en sont équipés, les wyvernes peuvent voler plus vite et avec une plage de déplacements plus grande qu’auparavant. »

***

C’était arrivé le jour où Ludwin m’avait emmené voir le laboratoire se trouvant dans le donjon de Genia.

Ils m’avaient montré les inventions de Genia comme le Petit Susumu Mark V et le Mechadra, et même si j’avais encore quelques soucis à propos de ça (surtout ce que j’allais faire avec le Mechadra) sur le chemin du retour, j’avais été convaincu que j’avais trouvé la clé pour amener une révolution dans ce pays. C’était arrivé quand une certaine idée m’était soudainement venue.

« ... À ce propos, Genia. Ce Petit Susumu Mark V, peut-il être produit en série ? Et aussi, pourriez-vous le rendre plus petit et plus léger ? » demandai-je.

« Hm..., » Genia avait répondu après avoir réfléchi pendant un petit moment. « Tout est question de savoir si je peux obtenir une source pour un certain métal spécial, mais si cela peut être fait, alors la production de masse est possible. Maintenant, en ce qui concerne la miniaturisation et le fait de le rendre plus léger, réalisez-vous que la poussée produite diminuera en conséquence ? »

Métal, hein ? C’était avant que nous ayons absorbé Amidonia, donc l’obtention de ce métal aurait été difficile en raison de la pauvreté des ressources minérales trouvable dans le royaume...

Genia inclina la tête sur le côté d’un air interrogateur et demanda. « Quel usage avez-vous imaginé pour eux ? »

« Eh bien, ils aspirent l’air et le font aller vers l’arrière, n’est-ce pas ? Dans ce cas, je pensais que nous pouvions les fixer aux ventres des wyvernes, ou peut-être à l’arrière de leurs selles, » répondis-je.

« Oh !? Je comprends ! Je n’avais pas pensé à l’utiliser comme ça ! » déclara Genia.

Dans ce monde, il y avait trois types de créatures utilisées de la même manière que les avions sur Terre. Les wyvernes, qui étaient les plus utilisées, les griffons, que seul l’Empire avait réussi à élever, et les dragons de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. Si je devais leur attribuer une note de S, A, B ou C pour leur vitesse de vol, leur virage et leur autonomie, cela ressemblerait à ceci :

[Wyverne] Vitesse de Vol : B, Capacité à effectuer des virages : C, Autonomie : A

[Griffon] Vitesse de Vol : A, Capacité à effectuer des virages : S, Autonomie : C

[Dragon] Vitesse de Vol : S, Capacité à effectuer des virages : A, Autonomie : S

... Eh bien, c’était plus ou moins ça.

Si vous regardiez ces statistiques, vous pouviez voir que les wyvernes étaient comme des bombardiers, capables de voler sur de longues distances, mais pas très puissance dans un combat aérien, et les griffons étaient comme des chasseurs, incapables de voler de longues distances, mais forts dans ces combats. Les dragons étaient forts dans toutes les catégories, mais ils étaient beaucoup moins nombreux que les deux autres, et ils étaient sensibles, donc ils ne pouvaient pas vraiment être contrôlés. Il y avait apparemment un pays au nord qui avait un accord avec les dragons, mais ils étaient une exception parmi les exceptions.

En d’autres termes, bien que je voulais éviter cela à tout prix, si nous devions faire une guerre contre l’Empire, notre cavalerie-wyverne ne serait pas de taille face à la cavalerie-griffon de l’Empire.

Cependant, si nous pouvions faire une version miniaturisée et légère du dispositif de propulsion de Genia et l’attacher sur eux, alors, que se passerait-il ? Cela ne ferait-il pas augmenter tout cela sauf leur capacité de se mouvoir avec agilité dans les airs ?

Si nous pouvions le faire, alors cela donnerait quelque chose comme :

[Wyverne (avec propulseur auxiliaire)] Vitesse de Vol : B→S, Capacité à effectuer des virages : C→C-, Autonomie : A→S+

Alors, même si elles ne pouvaient pas combattre la cavalerie-griffon dans un combat rapproché, elles pourraient être en mesure de rivaliser en utilisant un style de combat de type escarmouche qui était approprié pour leurs statistiques. C’était ce que je pensais.

Cela dit, je n’avais pas réussi à trouver une source de ce métal spécial, donc l’idée avait dû être mise en attente pendant un certain temps. Cependant, avec Roroa qui m’avait aidé plus tard avec Amidonia, alors les choses avaient changé dans le bon sens.

Bien que le taux d’autosuffisance alimentaire d’Amidonia soit faible, la principauté avait une richesse au niveau des ressources minérales précieuses en dehors du simple fer. Et heureusement, cela incluait également le métal spécial dont j’avais besoin depuis longtemps.

Ainsi, avec une source stable du métal dont j’avais besoin, j’avais une fois de plus demandé à Genia de développer une version miniaturisée du Petit Susumu Mark V que les wyvernes pourraient équiper.

☆☆☆

Partie 4

« Et ainsi, elle a développé le Petit Susumu Mark V version allégée, » avais-je conclu mon explication.

L’énorme Petit Susumu Mark V avait été rendu plus petit, plus léger permettant ainsi d’être installé à l’arrière de la selle d’une wyverne. La raison pour laquelle il y avait deux anneaux était que, avec un seul, il allait attirer le cavalier qui était placé devant. Pour éviter cela, les anneaux étaient positionnés à gauche et à droite. À ce propos, quand ils n’étaient pas utilisés (quand le cavalier voulait se concentrer sur des virages serrés, ou lorsque la wyverne battait elle-même ses ailes), ils pouvaient être fermés comme les coquilles d’une palourde. En revanche, lorsque l’appareil était utilisé (pour les vols à grande vitesse et à longue distance), la wyverne pouvait garder ses ailes bloquées en position ouverte, en se concentrant uniquement sur la direction à prendre.

Avec l’invention du Petit Susumu Mark V Allégé, les wyvernes de notre pays étaient, comme je l’espérais, capables de surpasser les escadrons de griffons de l’Empire sur tout sauf la vitesse de rotation.

Après avoir entendu cette explication, l’ancien général de l’Armée de l’Air, Castor, avait été profondément impressionné. « Il s’agit là d’une invention incroyable, oui, mais... n’auriez-vous pas pu faire quelque chose à propos de ce nom ? »

Il s’agissait de la seule chose qui l’avait déçu. Je pouvais parfaitement le comprendre.

« Je l’ai au moins enregistré sous le nom de Dispositif de Propulsion Maxwellian Allégé, » dis-je.

« Oui, je pense que c’est bien mieux ainsi, » répondit-il.

C’est alors que j’avais remarqué que Juna avait un regard lugubre clairement visible sur son visage.

« Hé, qu’est-ce qui ne va pas, Juna ? » demandai-je.

« Euh... avez-vous prévu ça afin de combattre l’Empire, Sire ? » demanda une Juna inquiète.

Oh... Ayant entendu mon explication, peut-être qu’elle penserait ça. Il était vrai que j’utilisais l’Empire comme ennemi imaginaire quand j’avais pensé au développement de ses armes. Après tout, vous devriez toujours vous préparer à affronter un ennemi plus fort que vous. Cependant...

« Tant que l’Impératrice Maria de l’Empire du Gran Chaos restera fidèle à ses idéaux et tiendra bon, je ne pense pas que nous aurons de problèmes, » répondis-je. « Je n’ai pas l’intention de lutter contre l’Empire tel qu’il existe maintenant. »

« ... Vous ne voulez pas ? » demanda-t-elle.

« Tout à fait. Mais... je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, » répondis-je. « Il n’y a aucune garantie que l’Empire s’en tiendra à ses politiques actuelles, et il est possible qu’une autre puissance majeure autre que l’Empire apparaisse un jour pour nous faire face. Je ne veux pas avoir une vision naïve des choses, et ensuite me laisser bousculer quand ce moment viendra. Voilà pourquoi, en tout temps, je dois supposer le pire scénario possible. »

Pour cela, faire des choses qui était comme démolir un pont de pierre et le remplacer en utilisant les techniques les plus récentes était à peu près correct. Après tout, Machiavel avait déclaré qu’un prince devait toujours être prêt pour des changements de fortune.

« Vous prenez toujours en compte le pire scénario possible... je comprends, » déclara Juna, puis elle n’avait plus rien dit sur le sujet.

J’étais sûr qu’elle se sentait toujours mal à l’aise, mais à la fin, elle m’avait fait confiance. Liscia et Aisha allaient la plupart du temps agir de la même manière. Roroa était la seule qui ne se sentirait pas mal à l’aise et qui m’aiderait dès le départ.

Franchement... elles étaient toutes trop bonnes pour moi.

Castor avait alors demandé. « Plus tôt, vous avez dit qu’il s’agissait d’un terrain d’essai pour les armes secrètes et les types de troupes, n’est-ce pas ? Je comprends maintenant pour la partie arme, mais qu’est-ce que c’est à propos d’un type secret de troupe ? »

« Si vous voulez le savoir, alors nous allons devoir marcher un peu plus loin, » répondis-je.

J’avais commencé à marcher, menant le groupe jusqu’à notre prochain arrêt. Alors que nous progressions à travers un terrain dégagé, l’herbe s’était soudainement arrêtée, et le sol nu avait été exposé. L’endroit où de l’argile rouge avait été posée ressemblait à un terrain de sport. Cependant, il n’y avait aucune base pour le baseball, ou de buts pour le football. Les seules choses qu’il y avait étaient deux tentes afin de se protéger de la lumière du soleil, et un lanceur de carreaux à répétition antiaérienne.

À l’intérieur de la tente, Kaede Foxia, la mage aux oreilles de renards, qui était maintenant la commandante en second de Ludwin, était en pleine conversation avec un groupe de personnes qui ressemblaient à des chercheurs et à des ingénieurs.

Alors que nous nous étions approchés, Kaede nous avait aussi remarqués.

« Tiens ! Votre Majesté, et aussi la Duchesse Excel ! Bienvenue, » déclara Kaede et elle nous avait accueillis avec un sourire.

« Cela fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, » répondis-je. « Allez-vous bien ? »

« Tout à fait, » répondit Kaede. « Hal et moi allons bien tous les deux, vous savez. Oh ? La princesse n’est-elle pas avec vous aujourd’hui ? »

« Oui... Cette dame-là est ma partenaire pour aujourd’hui, » je lui avais dit cela dans un murmure, mettant ma main sur le bas du dos de Juna, lui donnant une petite poussée.

Juna fit un pas en avant, puis elle fit un léger signe de tête à Kaede. « Je suis également ravie de vous rencontrer. Je suis Juna Doma, anciennement de la Marine. »

« Oh mon Dieu ! Vous êtes le Prima Lorelei, n’est-ce pas !? Je suis l’une de vos fans, vous savez ! S’il vous plaît, laissez-moi vous serrer la main ! » Kaede tenait la main de Juna avec les siennes et la secouait de haut en bas. « Je n’aurais jamais su que vous étiez dans la marine... Hein !? Sa Majesté n’a-t-elle pas dit que vous étiez sa partenaire... ? »

Kaede cligna rapidement des yeux, puis me regarda.

J’avais dit qu’elle était ma partenaire, en pensant que cela serait correct que Kaede sache que nous étions fiancés, mais c’était un peu embarrassant de devoir l’expliquer avec mes propres mots. Quand je l’avais regardée, j’avais vu que Juna était devenue également un peu rouge.

« Hm... euh, eh bien... c’est comme ça, » avais-je finalement dit.

« ... J’ai compris, » déclara Kaede. « Alors c’est comme ça, hein ? »

En regardant, nos deux visages, Kaede, intelligente comme toujours, avait rapidement assemblé les différentes informations qu’elle avait et avait rapidement compris la situation.

Baissant un peu la voix, elle demanda. « Comme cela n’a pas encore été annoncé, je suppose que c’est toujours un secret, n’est-ce pas ? »

« Je suis content que vous compreniez ces choses rapidement, » murmurai-je. « Après tout, Juna est incroyablement populaire. »

« Eh bien, c’est vrai. Je pense que des émeutes pourraient éclater si vous l’aviez annoncé maintenant, vous savez, » Kaede était totalement sérieuse alors qu’elle disait ça.

Eh bien, je le savais, et c’est pourquoi j’essayais de faire passer la popularité de Juna de celle d’idole à celle de chanteuse pour les enfants.

« Mis à part cela, j’aimerais montrer à Excel et aux autres le nouveau type de troupes, » dis-je.

« Je vois. Dans ce cas, nous étions sur le point d’effectuer un essai, vous savez, » répondit-elle.

Après avoir dit ça, Kaede avait commencé à donner des ordres aux ingénieurs proches d’elle. Elle leur avait fait tracer un double cercle au milieu du champ d’argile en utilisant de la craie. Kaede avait ensuite utilisé sa magie de type Terre (la manipulation de la gravité) afin de déplacer le lanceur de carreaux à répétition antiaérienne au centre de ce cercle. Après que Kaede ait fini de mettre en place l’arme, elle était revenue à l’endroit où nous étions.

« Wôw ! Tout est mis en place et prêt à commencer, vous savez, » déclara-t-elle.

« ... À ce propos, qu’est-ce que vous êtes sur le point de commencer ici ? » demanda Castor. En réponse, j’avais pointé du doigt le ciel.

« Si vous levez les yeux, je pense que cela deviendra rapidement clair, » expliquais-je.

« En haut ? » demanda-t-il.

Dans le ciel que nous avions observé, il y avait une autre formation de wyvernes qui volait dans notre direction. Jusqu’à ce point de la description, il s’agissait de la même chose que ce qu’il avait vu auparavant, mais cette fois, les wyvernes avaient quelque chose dans leurs pattes de derrière. (Les wyvernes, contrairement aux dragons, et comme les oiseaux, avaient des ailes au lieu de pattes avant.) Quand la formation des wyvernes passa au-dessus de nos têtes, toutes les wyvernes laissèrent tomber ces choses à l’unisson.

Ces innombrables choses qui avaient été lâchées tombaient vers nous en ligne droite.

Plus elles s’approchaient du sol, plus leur forme devenait progressivement apparente.

Il s’agissait de personnes. D’innombrables personnes tombaient du ciel. De plus, on pouvait dire qu’elles portaient toutes des armes.

Puis, assez rapidement, nous avions pu entendre leurs cris.

« Wahhhhhhhhhh! »

Halbert était là, mélangé avec les personnes qui criaient et qui tombaient.

« H-Hé ! Ils ont lâché un tas de personnes !! » Castor avait crié, semblant paniqué.

Si vous ne saviez pas ce qui se passait, je suppose que c’était la réponse normale.

« C’est bon, » dis-je. « Regardez ce qui va suivre. »

À peu près au moment précis où je l’avais dit, des parachutes ronds germaient sur le dos de toutes les personnes qui chutaient. Soudain, leur vitesse de descente avait été réduite. Les parachutes s’épanouissaient dans le ciel comme des fleurs blanches, presque comme si nous regardions des feux d’artifice de loin. Cependant, s’ils disparaissaient comme des feux d’artifice, Hal et les autres seraient quelque peu dans une situation dramatique.

Castor regarda l’équipe de parachutistes en étant abasourdi. « C’est quoi exactement... tout cela ? »

« Demandez-vous pour leur équipement ? Ou bien parlez-vous du type de troupe ? » demandai-je.

« Les deux, » répondit-il.

« Cet équipement s’appelle un parachute, » expliquai-je. « En cas de libération, il réduit leur vitesse de descente, permettant un atterrissage en toute sécurité. Je suis allé voir l’équipe de développement et je leur ai dit, “Hey, c’est une chose qui existe,” et je leur ai fait faire cet équipement pour moi. Maintenant, en ce qui concerne le type de troupe... Il s’agit d’une troupe de wyvernes-parachutistes. Je les appelle dratroopers. »

« Dratroopers ? » demanda Castor.

« C’est un type de troupe qui tombe du ciel comme ça afin de surprendre l’ennemi, de pousser la ligne arrière de l’ennemi dans le chaos et de prendre des positions ennemies mal défendues, » expliquai-je. « Normalement, il s’agit d’un type de troupes pour lequel vous auriez besoin d’avions afin de les créer, mais nous avons après tout dans ce monde des wyvernes qui peuvent les remplacer. Comme j’avais les bases qui avaient déjà été posées afin de les développer, j’ai donc organisé tout ce qu’il fallait pour les avoir. »

Quand j’avais réfléchi à la possibilité de recréer ici les types de troupes qui existaient dans mon ancien monde, les parachutistes avaient été les premiers à me venir à l’esprit. En Allemagne, ils s’appelaient les Fallschirmjäger et ils étaient utilisés depuis la Seconde Guerre mondiale. Comme je l’avais expliqué, leurs principales missions étaient les embuscades, provoquant le chaos et la prise de positions faiblement défendues. Beaucoup d’entre eux étaient des mecs féroces et machos, et la 1re Brigade Aéroportée du Japon possédait des histoires à leur sujet qui vous faisaient penser qu’ils étaient sortis d’un manga. (Exemple : déchirer un fil de deux millimètres d’épaisseur à mains nues.)

Les premiers parachutistes de mon ancien monde avaient leur équipement largué dans des conteneurs séparés, donc s’ils arrivaient à un endroit différent du conteneur, ils devraient se battre avec uniquement des armes de poing.

Mais nous étions dans un monde d’épée et de sorcellerie, donc si les nôtres pouvaient transporter une seule arme spécialisée avec eux, ils pourraient quand même se battre correctement. Pour Hal, s’il n’avait qu’une lance, il causerait probablement à lui seul un important chaos dans le camp ennemi. De ce point de vue, ils étaient très appropriés pour ce monde.

Castor m’avait regardé avec curiosité. « Ils sont des dratroopers, et cela même s’ils sautent de wyvernes ? »

« H-Hé, quel est le problème ? D’ailleurs, dratroopers sonne de toute façon bien mieux que wyvetroopers, » déclarai-je.

« ... Je suppose que c’est le cas, » répondit-il.

Eh oui, avoir un nom cool était important. Ils n’allaient pas nécessairement sauter depuis des dragons.

☆☆☆

Partie 5

« Cela mit à part... J’ai eu un autre objectif en organisant une unité de dratroopers, » avais-je ajouté.

« Hm ? Il y a encore quelque chose de plus ? » demanda-t-il.

« Regardez et vous comprendrez. OK, Kaede, faites-le, » déclarai-je.

« Oui, Sire, » déclara Kaede.

Après que j’eus donné le signal, Kaede avait levé la main droite. Puis. « Maintenant... Feu ! Vous savez. »

Quand Kaede avait baissé la main, la baliste antiaérienne au centre du double cercle avait tiré tous ses carreaux à la fois. Les carreaux, avec leur portée et leur précision améliorées par la magie, se dirigeaient vers Hal et les autres membres de la troupe. Pour l’anecdote, les bouts des carreaux étaient faits avec des matériaux qui ne les blesseraient pas même si elles les frappaient, mais quand elles volaient aussi vite, elles allaient faire du mal.

« Allez vous faire foutreeeee ! » Hal laissa échapper un cri de guerre presque incompréhensible alors qu’il neutralisait les carreaux avec la lance qu’il tenait. Les autres les coupaient avec des épées, les bloquaient avec des pavois surdimensionnés, les renvoyaient avec des boucliers ou trouvaient d’autres moyens de se défendre contre la pluie de projectiles.

Finalement, alors qu’il s’approchait du sol, Hal avait brandi sa lance en feu... non, une simple lance. Il l’avait simplement lancée droit sur la baliste à répétition antiaérienne.

*Bam !*

La lance s’était plantée à quelques centimètres de la baliste. Si Hal avait entouré sa lance avec des flammes, il aurait percé la baliste à répétition antiaérienne et l’aurait mise en feu, la réduisant au silence. En d’autres termes, le largage avait été un succès.

« Cessez le feu ! Vous savez ! » cria Kaede.

Au signal de Kaede, la baliste antiaérienne s’était arrêtée. Hal et ses collègues dratroopers avaient tous atterri dans le double cercle les uns après les autres.

En les regardant du coin de l’œil, j’avais expliqué pour Castor. « Ceci est l’autre usage pour eux. Ce sont des destructeurs de balistes à répétition antiaérienne. »

La baliste à répétition antiaérienne avait été développée pour contrer la puissance aérienne considérable fournie par la cavalerie-wyverne, les escadrons de griffons et les chevaliers-dragons. Elle avait une portée et une capacité de poursuite considérablement augmentées par la magie, ce qui en faisait l’ennemi naturel des unités volantes comme les chevaliers-wyvernes. À cause de cela, les attaquants ne pouvaient pas utiliser leur puissance aérienne afin de bombarder soudainement une ville. S’ils voulaient bombarder la ville avec leur puissance aérienne, ils devaient d’abord détruire ces armes antiaériennes qui seraient présentes à coup sûr sur les murs du château.

À cause de cela, ils devaient lancer un siège en utilisant une force terrestre en tant qu’armée. Ce n’est qu’une fois que l’armée avait pris les murs ou détruit les balistes à répétition antiaérienne en utilisant des armes de siège, que leurs forces aériennes pouvaient mener des opérations de bombardement sur la ville.

Cela dit, si la ville avait été ainsi bombardée, les défenseurs avaient déjà perdu. C’était apparemment logique pour eux de se rendre au moment où le bombardement aérien devenait possible. C’est pourquoi, dans les batailles de siège, le travail de l’Armée de l’Air était vraiment de détruire les forces aériennes de l’autre côté afin qu’ils ne puissent pas attaquer l’Armée de Terre.

Cela m’avait amené à réfléchir à la situation. S’il y avait une façon plus simple d’attaquer les balistes à répétition antiaérienne, l’Armée de l’Air pourrait être déployée plus tôt, ce qui pourrait permettre une résolution rapide de la bataille.

« Donc, c’est ce que j’ai formulé comme réponse appropriée face à ces armes. Et c’est les dratroopers, » expliquai-je. « Parce que, comme vous l’avez vu en regardant Hal, les soldats élites peuvent apparemment couper les flèches qui viennent voler vers eux. Les dratroopers sont une unité spéciale qui se fraye un chemin à travers un déluge de carreaux afin d’atterrir là où se trouvent les lanceurs de carreaux à répétition antiaérienne et les neutralise. »

« Hahh... Hahh... A-Avec vous ça a l'air si facile, » Hal était venu et il nous avait rejoints, haletant et en ayant l’air épuisé.

Ça avait dû être une séance d’entraînement difficile. Même s’il n’était encore que le deuxième mois de l’année, il était trempé de sueur. Il avait déjà retiré son parachute, et peut-être qu’il avait chaud, parce qu’il ne portait rien d’autre qu’un débardeur sur le haut de son corps.

Hal avait pris la gourde d’eau de Kaede alors qu’il se plaignait. « Honnêtement, vous me laissez tomber à nouveau du ciel, et encore, et encore. »

« Je vais juste vous le rappeler, mais il y a des précautions quant à votre sécurité qui ont été mises en place, » dis-je. « Si vous allez dans la zone de danger sans votre parachute, les chevaliers-wyvernes sont censés vous récupérer. »

« Ce n’est pas le problème, » déclara Hal. « C’est sacrément effrayant d’être largué depuis haut dans le ciel. Le vent rugit alors qu’il siffle devant vos oreilles. Je ne sais pas combien de fois j’ai cru que j’allais mourir. »

« Ohh. Ah bon... Je ne veux jamais moi-même l’entendre, » dis-je.

« Je ne le fais pas non plus parce que je le veux ! » cria-t-il.

Alors que je bavardais avec Hal, Castor avait soulevé une question qu’il avait eue. « Pour larguer des dratroopers, ne faut-il pas d’abord briser la puissance aérienne de l’ennemi ? Si la cavalerie-wyverne porte des dratroopers, elle ne peut pas bien se battre, n’est-ce pas ? »

Hmm... C’était bel et bien l’ancien général de l’Armée de l’Air pas pour rien. Il avait soulevé un bon point.

« C’est pourquoi nous avons renforcé les capacités des wyvernes avec le Petit Susumu Mark V Allegé, » dis-je. « C’est une innovation qui affecte en même temps à la fois les dratroopers, qui appartiennent à l’Armée de Terre, et la cavalerie-wyverne, qui appartiennent à l’Armée de l’Air. Nous n’avons pas encore de système de production en série, nous devons donc établir l’ordre de priorité de leur déploiement. »

« Je vois... C’est une mise à niveau que vous pouvez effectuer précisément parce que vous avez unifié tout le monde sous la Force de Défense Nationale, » Castor avait dit avec un gémissement d’admiration. Il leva les yeux dans le ciel où la cavalerie-wyverne volait en formation, et marmonna tristement. « Des wyvernes qui volent plus vite que les griffons et plus loin que les dragons, hein. Je voudrais pouvoir monter sur l’une d’elles. Je ne me suis jamais senti plus frustré d’avoir été transféré à la Marine qu’en ce moment. »

« ... Castor ? » demandai-je.

« Haha... C’est juste les lamentations d’un chien battu. N’y faites pas attention, » déclara Castor.

« ... Vraiment ? » demandai-je.

Un chien battu... hein ?

C’est vrai, j’avais gagné et Castor avait perdu. Maintenant, nous étions debout l’un à côté de l’autre regardant fixement le ciel. C’était un sentiment étrange.

Excel avait regardé notre échange avec un sourire ironique.

« Maintenant, regardons la suite, » dis-je.

Après avoir quitté Hal et Kaede, nous étions retournés dans la zone dégagée que nous avions traversée plus tôt. J’avais pointé du doigt vers une petite montagne qui était assez grande pour être vue d’où nous étions.

« Cette montagne là-bas est probablement la plus proche. Allons-y, » dis-je.

J’avais mené le petit groupe. Quand nous avons atteint le pied de cette montagne, les cavaliers-wyvernes avaient atterri après avoir terminé leur entraînement. Dans les contreforts de cette montagne, il y avait l’ouverture d’une caverne assez grande pour qu’un rhinocéros puisse facilement passer à travers. Les wyvernes allaient toutes à l’intérieur.

Voyant cela, Castor m’avait demandé, « Est-ce là où sont les écuries à wyvernes ? »

« Oh oui. Vous l’avez bien compris, » répondis-je.

« Normalement, les wyvernes construisent leurs nids dans des grottes rocheuses comme celle-ci, » expliqua-t-il. « Nous avons construit des installations semblables à la Cité du Dragon Rouge. Par rapport aux écuries ordinaires, les wyvernes peuvent se détendre plus facilement dans un endroit comme celui-ci. »

Ah, c’était logique. Il était après tout un expert sur le sujet.

« C’est vrai, » dis-je. « Cette grotte est connectée à un étage présent sous celle-là. Dans ce niveau, il y a environ une centaine de petites pièces qui bifurquent sur le côté de la grotte principale. Nous avons les wyvernes qui y vivent. Mais il y en a qu’une vingtaine en ce moment sur la centaine de places à disposition. »

« Cent ? » cria-t-il. « C’est le dixième de toutes les wyvernes que j’avais sous mon commandement quand j’étais général ! Avez-vous besoin de tant en déployer ici sur cette île ? Est-ce une base de première ligne ou quelque chose du genre ? »

« Eh bien, il y a beaucoup de choses qui entrent dans mon raisonnement quant à ce choix, » dis-je.

Pendant que je rassurais Castor, nous étions entrés dans la grotte. Cela sentait à l’intérieur comme une ferme. (Ou plutôt comme un zoo.) Nous faisions de notre mieux pour ventiler l’endroit, mais on ne pouvait pas y faire grand-chose de plus.

« Alors... l’endroit en dessous de celui-ci que vous voulez me montrer, est-ce les dortoirs des wyvernes ? » demanda Castor en fronçant les sourcils. Peut-être que tous ces secrets commençaient à l’énerver.

« Non, c’est encore plus bas, » lui avais-je dit. « Venez, c’est par ici. »

En face de nous, il y avait une porte artificielle qui était clairement hors de propos dans cette grotte. Il y avait des manivelles de chaque côté, et il y avait un garde au garde-à-vous à côté de chaque manivelle. Au-delà de la porte, il y avait une petite pièce carrée.

« Hm, Sire... Cela ressemble à une pièce terriblement petite ? » m’avait demandé Juna, avec un point d’interrogation flottant sur sa tête.

Oh, c’est vrai. C’était aussi une première pour Juna. Cela allait être amusant de voir sa réaction.

« Okay, tout le monde, » dis-je. « Allez, tout le monde à bord. »

« À bord ? Est-ce une sorte de véhicule ? » demanda Juna.

« Ne vous en faites pas pour ça, » déclarais-je avant de me tourner vers les soldats qui étaient de chaque côté. « Bon, je voudrais aller au plus bas niveau, s’il vous plaît. »

Ils me saluèrent en disant. « « Compris Sire ! À vos ordres, Sire. » »

Quand tout le monde était dans la petite pièce, les soldats avaient parlé dans un tube de communication. « Déplacement du niveau moyen au niveau inférieur. » Après ça, il y eut des réponses. « Niveau supérieur, Roger ! » et « Niveau Inférieur, Roger ! » et ainsi, ils avaient commencé à tourner les manivelles à côté de la porte. Après l’avoir fait, la petite pièce avait commencé à lentement descendre.

« Ahh ! » s’écria Juna.

La descente était lente, mais c’était venu soudainement, et Juna avait perdu son équilibre. Je l’avais appuyée contre ma poitrine afin de la soutenir. Quand je l’avais attrapée, j’avais senti la proximité de son corps moelleux, et l’odeur de ses cheveux avait chatouillé mon nez. C’était plutôt agréable pour moi.

« J-Je suis désolée, Sire, » murmura Juna, rougissant.

« Hé ! Je ne m’en suis pas plaint, » dis-je. « Allez-vous bien ? »

« O-Oui... Est-ce que cette petite pièce est en train de descendre ? » demanda-t-elle.

« Tout à fait, » dis-je. « Vous avez vu les manivelles près de la porte, non ? En les tournant, elles sont capables d’élever ou d’abaisser cette pièce. »

C’est vrai. Cette pièce en forme de boîte était un ascenseur manuel extrêmement simple. Celle qui l’avait conçu était Genia Maxwell.

Je (n’étant pas si bon en sciences) ne comprenais pas bien le système moi-même, mais il y avait une poulie avec un contrepoids sur le côté opposé de l’ascenseur, et d’une manière ou d’une autre, cela permettait de monter et de descendre l’ascenseur sans avoir besoin de plus de puissance que de simplement pédaler sur un vélo.

La vérité était qu’il avait été conçu à l’origine pour être installé dans le laboratoire de donjon de Genia. Quand elle y avait pensé, même si les tracas de monter et de descendre les escaliers étaient supprimés, Genia n’allait pas vouloir sortir plus souvent, donc le plan avait été abandonné.

L’équipe que j’avais envoyée pour organiser les schémas de Genia (ils avaient été stockés de façon désordonnée, donc j’avais bien sûr envoyé une équipe de nettoyage dirigée par Ludwin) avait trouvé les plans, nous avions essayé d’en installer un ici. Il était manœuvré à la main, et n'était pas très rapide, et nécessitait une assistance en troupe renouvelée souvent pour être disponible en tout temps, mais s’ils travaillaient en équipes d’une heure, ce n’était pas si fatigant pour eux.

Il n’y avait actuellement que trois arrêts, « Entrée de la grotte », « Niveau le plus bas », et « Niveau supérieur », de sorte que ce seul ascenseur avait obligé à avoir six soldats pour le faire fonctionner.

Honnêtement, il fallait seulement une personne pour l’utiliser (deux, s’ils travaillaient en équipes), mais les soldats avaient dit que, lorsqu’il y avait des demandes de plusieurs niveaux, cela causait de la confusion, alors nous avions fini avec un système de six personnes dans lequel les soldats annonçaient ce qu’ils faisaient avant de tourner les manivelles.

Il y avait un certain nombre d’ascenseurs installés ici. (Bien que celui-ci ici dans la caverne était le seul avec trois niveaux.) J’avais aussi l’intention de les faire installer au château dans un proche avenir. Le palais était une grande bâtisse, et il y avait après tout beaucoup de tâches qui nécessitaient de monter et descendre les escaliers tout le temps.

Quand je lui avais fait cette explication, Juna avait laissé échapper un soupir sexy pour une raison inconnue avant de dire. « Je sens que je peux comprendre pourquoi la princesse a parfois un regard épuisé. »

« Pourquoi citez-vous Liscia maintenant ? » lui demandai-je.

« Je comprends que c’est une machine merveilleuse, mais quand vous faites apparaître des choses qui me dépassent largement les unes après les autres, il est difficile de suivre, » répondit-elle.

« Avez-vous vraiment besoin d’y penser si fortement ? » demandai-je. « Je suis sûr que les personnes présentes ici pensent seulement, “Hey, quelle nouvelle chose pratique que nous avons là !”. »

« Ça ne marche pas ainsi, » Juna était toujours appuyée contre ma poitrine, et elle m’avait fait un doux sourire. « Même si c’est épuisant. Nous voulons vous comprendre. »

« ... C’est plutôt embarrassant, » avais-je admis.

☆☆☆

Partie 6

Pendant que nous parlions, nous étions arrivés au niveau le plus bas. Les portes de l’ascenseur s’ouvraient sur un large espace dégagé avec un haut plafond.

Il y avait un grand nombre de machines, d’appareils bizarres d’expérimentation et de « quelque chose » qui semblait être en construction. C’était comme la scène dont j’avais été témoin dans le laboratoire dans le donjon de Genia.

S’il y avait une différence, c’était dans le nombre de personnes présentes en ces lieux. Ici et là, il y avait des gens qui portaient des blouses blanches ce qui les faisait ressembler à des chercheurs, ainsi que des travailleurs de la construction qui se déplaçaient.

J’avais expliqué cet endroit aux trois visiteurs venus avec moi. « C’est ici que le département de recherche et développement militaire est installé. Cette pièce d’équipement utilisé pour le vol des wyvernes, le Petit Susumu Mark V Allégé, est également en cours de développement ici. »

« Les faites-vous sur une île ? Je pense que ce serait un endroit malcommode pour mettre en place un atelier..., » Castor avait présenté le problème qu’il voyait. Il avait raison, bien sûr, mais il y avait une raison à cela.

« Quand il s’agit de technologie militaire, nous devons nous inquiéter des fuites d’informations vers d’autres pays, » expliquais-je. « Dans un endroit comme celui-ci, entouré par la mer, nous sommes en mesure de limiter les entrées et les sorties. C’est pratique. Eh bien, on est devenu à l’étroit ici, donc je pense que nous allons finalement déménager dans un endroit plus grand. »

Après avoir marché un peu plus loin, une petite pièce de verre était apparue. À l’intérieur, les chercheurs procédaient à un test de fonctionnement du Petit Susumu Mark V Allégé.

Techniquement, le verre était en verre renforcé (pas sur le plan des matériaux utilisés... c’était du verre qui avait été renforcé avec de la magie), donc, si quelque chose de terrible se produisait, si l’équipement devait exploser ou si un chercheur devait être aspiré et soufflé, cela n’aurait aucun effet sur quoi que ce soit à l’extérieur de la pièce. Pourtant, cela n’allait pas prévenir les dommages et les pertes à l’intérieur de la pièce, alors j’espérais que les chercheurs feraient attention quant à leur travail.

« C’est à la fois un arsenal et un institut de recherche, » dis-je. « Cela dit, la plupart des tâches qu’ils font maintenant sont de tester les inventions de Genia Maxwell. »

La Surscientifique et l’inventrice, Genia, était un génie stéréotypé. Une fois qu’elle avait fini de construire l’une de ses créations, c’était suffisant pour la satisfaire. Apparemment, elle n’avait pas fait beaucoup de recherche sur le sujet ni ne les avait affinées après ça. Elle préférerait consacrer son temps et son énergie à faire autre chose qu’elle voulait créer.

« C’est... un terrible gâchis, » dit Excel, inclinant la tête sur le côté.

Oui, j’avais ressenti la même chose. Nous avions après tout réussi à utiliser son Petit Susumu Mark V pour créer la version allégée. Mais...

« Je pense que c’est le moyen le plus efficace pour Genia de travailler. Il est naturel que les personnes aient leurs propres forces et faiblesses, » dis-je. « Il y a le genre de génie comme Genia qui a des idées folles et qui sortent les unes après les autres, mais il y a aussi des types d’artisans comme ces chercheurs qui se concentrent sur l’étude d’une chose et obtiennent des résultats de cette façon. Je veux faire l’éloge des deux types. »

« Hehe, » riait Excel. « Je pense que c’est une façon admirable de voir les choses, Sire. »

Quand j’avais reçu un tel compliment sans réserve de la part d’une vassale importante qui, contrairement à son apparence de la vingtaine, avait soutenu ce pays pendant près de cinq cents ans, cela m’avait un peu chatouillée mon orgueil.

« Eh bien, ce n’est pas comme si nous allions voir des résultats valables de tout cela, » admis-je.

« Hmm ? Pourquoi dites-vous cela ? » demanda-t-elle.

« Eh bien... Euh, est-ce déjà fini ici en termes d’installations, peut-être ? » demandai-je.

« Pourquoi avez-vous l’air si incertain ? » demanda-t-elle.

« J’ai vu les plans pour cet endroit, mais c’est aussi la première fois que je viens ici, » dis-je. « C’était facile de voir clairement tout ce qui trouvait au niveau supérieur, alors c’était déjà complexe, mais le niveau intérieur est une sorte de désordre compliqué. »

D’après mes vagues souvenirs des plans, nous étions rapidement arrivés à destination. C’était un champ de tir entouré de murs et de filets. Il y avait des arcs appuyés contre le mur, et pour une raison inconnue, il y avait deux armures de cuir en tant que cibles. La distance était seulement d’environ dix mètres.

« Avez-vous même un champ de tir ? » demanda Castor. « Mais avec les cibles si proches, ça ne servira pas à grand-chose pour s’entraîner, » il ramassa l’un des arcs qui étaient appuyés contre le mur.

« Voyez-vous, c’est ainsi parce que ce n’est pas pour la formation, » dis-je. « S’ils veulent s’entraîner, ils peuvent le faire sur le terrain au niveau supérieur. »

« Je suppose que cela a du sens..., » dit-il.

« Au contraire, cet endroit est pour tester les arcs et les flèches, ou tester la résistance de l’armure, » expliquant cela, j’avais tendu une flèche à Castor. « Castor. Comment êtes-vous avec un arc ? »

« Ne vous moquez pas de moi, » répondit Castor. « Je n’en suis peut-être plus un, mais un général doit être familier avec toutes les compétences martiales. »

« C’est très bien alors, » dis-je. « Essayez juste de faire un tir ordinaire sur l’armure qui se trouve à votre droite. »

« Je dois juste la frapper, non ? Bien, » répondit-il.

Castor prépara son arc, tira la corde... et libéra la flèche. Avec un twang, la flèche avait volé directement vers l’armure, se plantant dans l’armure de cuir. Cependant, seule la tête de la flèche s’était plantée, et elle n’avait pas transpercé l’armure.

Castor inclina la tête sur le côté. « Cette armure de cuir... Ont-ils fait quelque chose avec ? »

« Tout à fait, » répondis-je. « Il y a une mince plaque de fer derrière. D’accord. La suite. Cette fois, tirez comme vous le feriez au combat, en insufflant la flèche avec de la magie. »

« ... D’accord, » répondit Castor.

Puis il tira à nouveau sur la cible. Il n’y avait aucune différence visuelle dans ce qu’il avait fait, mais cette fois, la flèche avait percé l’armure de cuir de part en part. C’était grâce à la magie qu’il y avait mise, sans aucun doute. Ceci avait démontré que, si elle était enchantée par un élément, une flèche pourrait passer à travers une armure avec du métal dedans.

« D’accord. La suite. Tirez sur l’armure à gauche en utilisant une autre flèche magique, » dis-je.

« Roger ! » déclara Castor.

Castor avait encore tiré une flèche. Au moment où il l’avait fait, il y avait eu un clang et la flèche avait rebondi. L’armure de cuir n’était même pas égratignée.

« C’est une protection du genre de l’armure de l’Unité des Armures Magiques de l’Empire... ou une pâle imitation, » dis-je.

« Pâle imitation ? » demanda-t-il.

« J’entends par là que nous n’avons pas la technologie pour le reproduire complètement. Mais cette armure est renforcée par de la magie défensive. Vous l’avez vu neutraliser la magie, et la flèche a été repoussée, n’est-ce pas ? Eh bien, ces flèches-là étaient l’une de nos tentatives ratées de trouver un moyen de neutraliser une armure comme celle-ci, » j’avais remis à Castor une flèche avec une tête noire.

« Quelle est cette flèche ? » demanda-t-il

« Je l’appelle une flèche anti-magie. La pointe est faite avec du minerai maudit, » expliquai-je.

« Du minerai maudit !? » Castor regarda de près la pointe de la flèche.

Le minerai maudit était un minerai qui absorbait l’énergie magique. Vous vous souvenez peut-être que Genia avait utilisé ce minerai comme source d’énergie pour son Petit Susumu Mark V. Parce que vous ne pouviez pas utiliser la magie quand il était proche (ou plutôt, l’énergie de la magie était absorbée), et que la magie était considérée comme la bénédiction des dieux ou des esprits dans ce monde, il était appelé un minerai maudit.

« Nous avons appris que le minerai maudit ne neutralise pas la magie, il ne fonctionne que pour absorber son énergie, » expliquai-je. « Dans ce cas, j’ai pensé que peut-être il pourrait absorber le pouvoir magique placé dans une pièce d’équipement en utilisant la magie d’enchantement. Donc, nous l’avons testé, et... J’avais raison. »

« C’est incroyable, n’est-ce pas ? » s’exclama un Castor excité. « Si c’est vrai, nous n’avons rien à craindre de l’Unité des Armures Magiques ! »

Mais j’avais secoué négativement la tête. « Ne vous l’ai-je pas déjà dit ? C’était une tentative échouée. Le minerai maudit absorbe plus que la magie de l’ennemi. Nous ne pouvons pas enchanter les choses avec la magie élémentaire ni renforcer nos flèches. »

« Ah ! Donc ça signifie..., » commença-t-il.

« Essayez-le et voyez, » dis-je.

« Hm, bien sûr, » Castor envoya l’une des flèches anti-magiques avec son arc.

Après l’avoir fait, la flèche anti-magie avait un peu gratté la surface de l’armure magiquement enchantée, mais la pointe de la flèche s’était brisée en petits morceaux quand elle avait frappé sa cible.

Pendant que Castor et les autres étaient encore surpris, j’avais haussé les épaules. « C’est comme si nous étions de retour à la situation où nous avions commencé, en frappant une armure ordinaire avec une flèche ordinaire. Le minerai de malédiction est plutôt cassant, donc ce n’est pas utile en tant que pointe de flèche. Et si nous le fondons et le mettons à l’intérieur d’une pointe de flèche de fer, la quantité réduite de minerai de malédiction affaiblit l’effet. Pendant ce temps, si nous augmentons le montant, la pointe de la flèche devient trop grande, et elle n’est plus fonctionnelle comme une flèche. Pour être francs, nous sommes tombés dans une impasse. »

« ... Voilà pourquoi c’est un échec, n’est-ce pas ? » demanda Castor.

« C’est bien ça, » dis-je.

Pourtant, même si nous n’y avions presque rien gagné de cette tentative, ce n’était pas un échec complet. Nous avions mis un léger coup dans cette armure enchantée. Cette armure qui était couverte de fragments de minerai de malédiction avait perdu son enchantement. Si elle était frappée avec une balle, ou quelque chose d’autre qui avait un niveau élevé de force pénétrante même sans magie, il serait possible de pénétrer cette armure.

Oui, en développant la flèche anti-magie, j’avais pensé à introduire le pistolet, qui n’avait pas été développé dans ce monde parce qu’il ne fournissait pas beaucoup d’avantages.

Quand j’avais appris l’existence de minerai maudit, j’avais pensé qu’il serait possible de tirer à travers l’Unité des Armures Magiques. Cependant, le résultat avait été comme je l’avais montré.

Une balle ordinaire serait déviée par l’enchantement. Si nous essayions d’utiliser du minerai maudit dans la balle, elle deviendrait trop fragile pour être utilisable. En outre, bien qu’il était courant de tomber sur du minerai maudit dans le royaume, il avait de nombreux usages, comme le Petit Susumu, donc nous n’avions pas un tel surplus que nous pouvions nous permettre de le gaspiller.

En outre, lorsqu’il était utilisé dans une balle, le minerai maudit pourrait causer des problèmes plus tard. Si la terre était jonchée de balles qui avaient manqué leur cible, il serait impossible d’utiliser la magie pendant un certain temps. Dans ce monde où la magie faisait partie de la vie quotidienne des gens, cela rendrait la terre invivable.

Même si ce n’était pas aussi mortel, en termes d’effet d’après-guerre, cela avait un impact négatif sur la vie des civils, le minerai maudit était aussi mauvais que les bombes à sous-munitions ou les balles d’uranium appauvri. C’est pourquoi il était nécessaire de faire preuve de prudence dans la façon dont nous allions l’utiliser, et de poursuivre la recherche.

« ... Donc, comme ça, ils passent leurs journées ici avec des succès et des échecs répétés, » concluais-je. « Et même si c’est d’une seule étape à la fois, ils nous emmènent vers une nouvelle ère. »

« ... Vous couvrez un assez large éventail de choses ici, hein, » Castor fit la remarque, l’air à moitié impressionné et à moitié exaspéré.

« Eh bien ! Même si certaines de nos recherches seront vaines, je dois prendre toutes les mesures possibles en tant que roi, » dis-je.

« En tant que roi... Oui, c’est vrai. Vous êtes vraiment devenu un roi maintenant, » murmura Castor.

« Eh oui. Maintenant, allons-nous en haut ? » demandai-je.

« Il y a encore plus de choses ? » demanda Castor.

Ayant tant vu, Castor en avait un peu marre, alors je lui avais dit. « Le prochain est l’événement principal pour aujourd’hui. »

« En haut, dites-vous ? Quoi, allons-nous devoir escalader la montagne maintenant ? » demanda-t-il.

J’avais remué un doigt face à Castor. « Encore plus loin que ça. »

En revenant à la surface, nous étions montés à bord d’une gondole à wyverne.

☆☆☆

Partie 7

La gondole s’éleva dans les airs, laissant la surface de plus en plus derrière elle.

N’ayant pas cette fois les yeux bandés, Castor me lança un regard soupçonneux, comme pour dire : « Que me montrez-vous maintenant ? » Mais une fois que nous avions augmenté en altitude et qu’il était ainsi capable de voir ce qui était en dessous de nous, il avait crié en raison du choc. « Que !? Qu’est-ce que c’est !? »

Au-dessous de nous, il y avait un seul et énorme bateau naviguant au milieu de la mer. La surface du bateau était pleine de terre, et il y avait une montagne, une forêt, une plaine herbeuse, un champ d’argile rouge et plus encore... D’en haut, cela ne ressemblait à rien d’autre qu’un îlot solitaire dans les mers lointaines. Mais sous la terre, il s’agissait d’un morceau de métal. En regardant de plus près, la montagne se trouvait où le pont du navire serait présent.

C’était vrai. Jusqu’à présent, nous n’étions jamais allés sur une « île ». Nous étions sur ce bateau.

« Les wyvernes craignent la mer, » avais-je dit à Castor, qui semblait à court de mots face à l’incroyable vue. « C’est parce que les wyvernes, manquant de la portée de vols des dragons, ne peuvent pas traverser la mer, non ? Pour être plus précis, les wyvernes détestent être si loin en mer qu’ils ne peuvent plus voir la terre. C’est pourquoi il est logique que vous ne puissiez pas employer des wyvernes dans les batailles navales, non ? »

« C-C’est bien ça..., » déclara Castor en hochant la tête.

Parce que les dragons pouvaient voler continuellement afin de parcourir des distances incroyables, ils pouvaient traverser la mer en un seul vol, ce qui signifiait qu’ils n’avaient aucune raison d’en avoir peur. Cependant, les wyvernes, avec leur distance moindre de vol, manqueraient de force à mi-chemin s’ils essayaient de traverser la mer. À cause de cela, elles craignaient de sortir assez loin qu’elles en perdent de vue la terre. Cela était également vrai pour les escadrons de griffons de l’Empire, qui avaient une portée de vols encore plus réduite que celle des wyvernes. (En fait, ils avaient même peur des rivières s’ils ne pouvaient pas voir l’autre côté, donc c’était encore pire.)

« Hein ?! » s’écria Castor. « Maintenant que vous le mentionnez, les wyvernes volaient en formation plus tôt, n’est-ce pas ? Non, même la wyverne transportant cette gondole semble parfaitement bien ici au milieu de la mer ! »

Finalement, Castor commençait à saisir la situation. Cependant, plus il s’en apercevait, plus ses yeux s’ouvraient dans la surprise. Ses lèvres tremblaient.

« Vous... Pourquoi avez-vous créé tout cela ici... ? » demanda-t-il.

« Il s’agit tout simplement d’un navire qui transporte une puissance de feu aérienne à travers la mer, et agit également comme une base avancée pour cela, » dis-je. « Dans mon monde, un navire comme celui-ci a été appelé un porte-avions. »

C’est vrai. Ce navire en forme d’île était analogue à un porte-avions, avec des chevaliers wyvernes comme une équivalence aux avions de combat. Quand j’avais vu ce monde avec des wyvernes et des navires en acier, je m’étais demandé si je pouvais peut-être combiner les deux pour créer un porte-avions. Quand j’avais commencé à le planifier, le premier problème qui m’avait été signalé était la peur de la mer des wyvernes.

« C’est alors que j’ai eu une idée, » expliquai-je. « Afin d’essayer de tromper les wyvernes vis-à-vis de leur peur de la mer. »

J’avais reçu l’indice dont j’avais besoin du premier des Trente-Six Stratagèmes de mon monde : « Traverser la mer sans que le ciel le sache. » Il s’agit de faire en sorte que votre stratégie ne ressemble à rien d’inhabituel, puis d’agir pendant que la surveillance de votre ennemi n’est plus présente. Le stratagème avait été basé sur un événement où, afin de placer l’empereur de Tang, qui craignait la mer, à bord d’un bateau, ses serviteurs avaient empilé de la terre dessus pour lui donner l’apparence d’une plaine. Je pensais que je pourrais peut-être utiliser le même stratagème sur les wyvernes.

D’abord, j’avais créé un bateau géant, puis j’avais mis de la terre dessus. Bien qu’une partie ait été laissée comme de la terre meuble, la plupart étaient couvertes d’herbe ou d’arbres pour créer des plaines et des forêts. Le pont avait été recouvert de béton romain et peint pour le déguiser en une montagne. Ensuite, afin de réduire le niveau de stress des wyvernes, leurs écuries et tout ce qui se trouvait sous le pont ressemblaient à l’intérieur d’une grotte.

Fondamentalement, j’essayais de faire reconnaître aux wyvernes que ce porte-avions était une « île ».

La question était de savoir comment j’allais trouver la propulsion pour déplacer mon porte-avions de type insulaire, mais cela avait été résolu grâce à Petit Susumu Mark V de Genia. Ils n’étaient pas visibles depuis les airs, mais il y avait quatre Petit Susumu Mark V attachés aux côtés de ce porte-avions de type île sous la ligne de flottaison. La raison pour laquelle la distribution du modèle Allégé avait été plus longue était parce que j’avais priorisé la production de ces plus grands modèles.

Maintenant, quant à ce porte-avions de type insulaire que nous avions construit, il était encore incomplet. Il avait fallu beaucoup de temps pour que les wyvernes soient utilisables par le navire. Nos premières des priorités avaient été de lui donner les caractéristiques minimales exigées pour un navire, tout en lui donnant depuis l’extérieur l’apparence d’une île et de se concentrer sur sa mise en état de navigabilité. En matière de propulsion, les plans prévoyaient de faire doubler le nombre de Petit Susumu Mark V. (avec le nombre actuel, il pourrait seulement aller à la vitesse d’un nageur.) Et la zone actuellement utilisée comme un laboratoire de recherche et de développement militaire allait finalement être utilisée pour le stockage de l’équipement et les quartiers de l’équipage. (Ils campaient actuellement dans des tentes sur le pont.)

Castor, qui regardait fixement le porte-avions à moitié achevé, se tourna vers moi, les yeux pleins d’incrédulité. « Mais cette chose est massive... Depuis combien de temps avez-vous commencé à le construire ? »

« Hm ? Si vous voulez dire quand j’ai commencé à rassembler des fonds et du matériel, je l’ai fait juste après avoir pris le trône, vous savez, » répondis-je.

« Quoi !? Avant que vous me combattiez ainsi qu’Amidonia ? » s’exclama-t-il.

« Cela faisait partie de mon plan pour enrichir le pays et renforcer l’armée, » répondis-je. « Ainsi qu’un atout pour faire face à l’Empire. »

Avec mes bras croisés, je m’étais penché dans le canapé de la gondole.

« Après tout, je ne savais pas ce que l’Empire pensait à l’époque, » continuai-je. « Je travaillais sur un plan qui me donnerait un atout pour quand nous devrions nous opposer à eux. Face à l’Empire plus puissant et plus peuplé, nous n’aurions aucune chance dans une course aux armements terrestres. Je pensais que le chemin de la survie pourrait se situer dans l’expansion de notre puissance aérienne ou maritime, où la technologie joue un rôle beaucoup plus important. Eh bien ! À ce stade, j’allouais juste les fonds et les matériaux à ce projet. La construction n’a commencé sérieusement qu’après la fin de la guerre avec Amidonia. »

En outre, parce que j’avais dû en même temps aller de l’avant avec le nouveau projet de la ville, je n’avais pas été en mesure de rassembler assez de fonds ou de ressources pour le projet. Si Roroa et Colbert ne s’étaient pas joints à nous, me donnant une source de financement, et si je n’avais pas pu trouver une source de ressources en annexant Amidonia, la construction aurait pu commencer encore plus tard.

Pourtant, une fois la construction commencée, la construction navale dans ce monde s’était accélérée. En fait, je l’avais ressenti de cette façon en déployant le réseau de transport et en construisant la nouvelle ville, mais la construction dans ce monde était allée anormalement vite.

Parce qu’ils avaient de la magie ici, il n’y avait pas besoin de grosses pièces d’équipement de construction. Par exemple, si vous essayez de construire quelque chose de grand sur Terre, vous deviez d’abord construire les grues et celles qui seront utilisées pour le construire. Au pire, il y avait même des moments où vous pourriez avoir besoin d’équipement pour construire l’équipement dont vous aviez besoin pour construire l’équipement... etc.

Cependant, parce qu’il y avait des mages de terre qui pouvaient manipuler la gravité dans ce monde, cet équipement n’était pas nécessaire ici. En outre, un mage de feu expérimenté pourrait manipuler le métal en le moulant et en soudant en un rien de temps. Dans ce monde avec son étrange équilibre de choses qui pourrait et ne pouvait pas être fait, il avait semblé que cela prenait plus de temps pour sécuriser les fonds et le matériel qu’autre chose.

Je m’étais levé et je m’étais tenu devant Castor, qui était encore surpris par tout ce qu’il avait entendu et vu.

« Eh bien, c’est ce que j’ai fait en tant que roi, Castor, » avais-je dit, en le regardant droit dans les yeux. « Vous vous êtes rebellé contre moi parce que vous pensiez que j’étais un usurpateur. Il semble que vos doutes aient déjà été éclaircis par les tentatives de Liscia et d’Excel pour vous dissuader de le faire, mais à la fin, vous avez quand même choisi de vous opposer à moi, prêt à devenir un martyr en raison de votre amitié avec Georg Carmine. Ensuite, vous avez perdu et avez été placés sous la garde d’Excel. »

Castor baissa les yeux. « Vous n’avez pas besoin de me le répéter maintenant. J’ai perdu... C’est tout ce qu’on peut en dire. »

« Ce n’est pas ce que j’essaie de vous dire, » dis-je. « En ce moment, je vous montre mon pouvoir en tant que roi de ce pays. »

« Vous voulez dire ce porte-avions ? » demanda Castor.

Mais j’avais secoué négativement la tête. « Non. Le porte-avions lui-même n’est pas mon pouvoir. S’il y a une chose dont je peux être fier en tant que roi, c’est de rassembler des camarades doués, de préparer une place pour que leurs talents brillent, et de créer un pays qui pourrait construire ce porte-avions. Quand vous voyez de quoi je suis capable, ne semble-t-il pas approprié que vous serviez sous mes ordres ? »

Castor secoua la tête avec un sourire ironique. « Vous m’avez complètement battu. Je peux maintenant voir clairement... pourquoi le roi Albert vous a laissé entre les mains le destin de ce pays. Mais je ne suis pas digne de vous servir. »

« Puis-je considérer cela comme signifiant que vous me reconnaissez comme le roi de ce pays ? » demandai-je.

« Hm ? Oui, je vous reconnais en tant que tel. Vous êtes un sacré roi, » répondit Castor.

Il m’avait reconnu comme roi. Maintenant que j’avais fait sortir ces mots de Castor, j’en étais enfin certain. Je ne sentais pas l’arrogance que Castor avait eue avant. Dans sa défaite, et avec un peu de polissage effectué par Excel, il avait mûri en tant que personne. Étant donné cela... Je pourrais lui faire confiance quand à la suite.

J’avais alors posé une main sur l’épaule de Castor, le regardant droit dans les yeux alors que je l’avais dit. « Castor, ce porte-avions est une arme vraiment unique. Bien qu’il s’agisse d’un navire attaché à la marine, il porte en lui les troupes de l’Armée de l’Air. Pour le faire fonctionner efficacement, il faut non seulement savoir comment manœuvrer un navire et se battre en mer, mais aussi acquérir les connaissances et l’expérience nécessaires pour commander l’Armée de l’Air. Je veux laisser ce navire sous le commandement de quelqu’un avec ces compétences. »

Castor écarquilla les yeux. « Hein !? Non... Vous ne pouvez pas vouloir dire... »

On aurait dit qu’il avait compris ce que je sous-entendais là. Il était un homme qui avait été l’ancien général de l’Armée de l’Air, mais maintenant il s’était entraîné sous les ordres d’Excel pour apprendre à contrôler une force navale.

J’avais souri alors que je lui avais demandé. « Je suis sûr que vous avez continué à étudier, même maintenant que vous êtes dans la Marine, n’est-ce pas ? »

« ... Oui, Sire ! Excel m'a inculqué beaucoup de savoir. » répondit Castor.

Castor se leva de son siège, s’agenouilla, posa ses mains devant lui et inclina la tête. J’avais placé le chapeau du capitaine que j’avais apporté sur la tête baissée de Castor. Parce que Castor avait des cornes, il avait été spécialement fait avec des trous pour elles.

« Bien, » approuvai-je. « Maintenant... Castor qui n’a pas de nom de famille ! Je vous nomme le premier commandant de ce porte-avions ! »

« À vos ordres, Sire ! J’accepte humblement, Monseigneur ! » déclara-t-il de vive voix.

Monseigneur, hehe, c’était un peu embarrassant d’être appelé ainsi, mais c’était un signe que Castor m’avait vraiment accepté comme son seigneur, alors j’étais plus qu’heureux de l’entendre.

Pendant que j’y pensais, Excel, qui avait tranquillement surveillé les débats jusqu’à ce moment-là, avait pris la parole. « Hehe. Je suis heureuse. C’est un fardeau de moins sur mes épaules, » dit-elle en souriant.

Je lui avais déjà dit que je voulais faire de Castor le capitaine de ce porte-avions avant qu’elle ne commence à lui enseigner les ficelles du métier.

« En passant, Sire, » continua Excel. « Je pense que le porte-avions est un navire merveilleux, mais il ne serait pas simple de continuer à l’appeler “le porte-avions” pour toujours. Pourquoi ne lui donneriez-vous pas un nom maintenant ? »

« Hm !? Oh... vous marquez un point, » dis-je. « Quel serait un bon nom pour cela ? »

« Laissez-moi voir... Je pense que le nom d’un lieu, ou du roi qui l’a construit, serait les options les plus courantes. Qu’en pensez-vous de Porte-Avions Souma ? Quand vous en construisez plus d’exemplaires, ils appartiendront à la classe Souma. »

« Je suis totalement contre, » dis-je.

Je ne voulais pas ça. Si je mettais mon propre nom sur le navire qui serait le point central de notre marine, cela me semblerait prétentieux, et je ne voulais pas ça. D’ailleurs, s’il y avait mon nom, ils allaient dire des choses comme. « Souma, en avant ! » et « Souma, retirez-vous de la ligne de front ! » et « Le Souma a été coulé ! », n’est-ce pas ?

... Il n’y avait aucune chance que je puisse vouloir ça. J’avais besoin de proposer un autre nom.

« Oh, je sais, » dis-je. « Pourquoi ne pas lui donner le nom d’un porte-avions de mon monde ? »

« Du monde de Votre Majesté ? » demanda Excel.

J’avais hoché la tête. Si je devais lui donner un nom, pourquoi ne pas en utiliser un qui existait dans mon monde ? Que ce soit celui qui ne s’était jamais plié face à l’adversité, et qui n’avait jamais abandonné le combat. Il allait porter des wyvernes, donc c’était le nom parfait.

J’avais baissé les yeux vers le porte-avions de type insulaire qui se trouvait sous nous et déclarai : « Je nomme par la présente ce porte-avions le Hiryuu ! »

Ayant fini de nommer Castor en tant que capitaine du Hiryuu, mon travail fut terminé et nous retournâmes à la Cité Lagune dans le Duché des Walter. Parce que le soleil se couchait déjà à notre arrivée, nous avions décidé de passer la nuit au manoir d’Excel.

☆☆☆

Partie 8

Au moins en partie parce que c’était une ville côtière, nous avions eu un repas qui avait fait largement usage de fruits de mer. Après ça, Juna, Excel, Castor et moi-même avions bavardé en buvant du thé dans le salon.

Au milieu de cette atmosphère détendue, Excel posa soudainement sa tasse de thé et demanda. « Maintenant que j’y pense, Sire, vous n’avez aucun plan après cela, n’est-ce pas ? »

C’était si soudain, Juna pencha la tête sur le côté et la regarda d’un air interrogateur. « Grand-mère ? »

J’étais aussi perplexe. Que pourrait-elle vouloir, tout d’un coup ?

« Tout à fait..., » répondis-je. « Quand je serai de retour au château, je suis sûr qu’il y aura du travail pour moi, mais je n’ai rien apporté. »

« Je vois. Vous avez alors du temps après ça ? » Au moment où elle avait dit cela, il y avait une lueur inquiétante dans les yeux d’Excel.

J’avais frémi, sentant une sueur froide couler le long de ma colonne vertébrale. J’avais la chair de poule, mon instinct me prévenait d’un danger imminent. Pourquoi ce danger ? J’avais presque sauté hors du canapé malgré moi, quand...

*Boom !*

« Juna ?! » m’écriai-je.

Juna, qui était assise à côté de moi, était tombée sur le côté. Elle était affalée sur l’accoudoir du canapé, déjà endormie.

Même endormie, elle est vraiment charmante... Attends, je n’ai pas eu le temps de penser ça ! J’avais regardé Excel, qui souriait, avec une petite bouteille à la main.

« Pas besoin de s’inquiéter. Je lui ai fait faire une petite sieste, » déclara Excel.

« Une drogue pour l’endormir !? Avez-vous drogué votre propre petite-fille ? » demandai-je.

« Effectivement, car après tout, il semblait qu’elle se mettrait en travers de mon chemin si elle était réveillée, » Excel posa une main sur sa propre joue et laissa échapper un soupir.

Non, non, non, non ! Elle me sort ça avec une apparence qui semblait indiquer « Oh, mon dieu, elle est tellement difficile à gérer ». Mais ce qu’elle venait de faire à Juna était plutôt désagréable !

« Je ne pouvais pas faire autrement, » répondit Excel. « J’ai reçu une demande du chambellan pour vous donner quelques leçons. »

« De la part de Marx !? Vous ne voulez quand même pas parler de..., » commençai-je.

« Exact ! C’est ce que vous pourriez appeler de “l’éducation sexuelle”, » répondit-elle avec le sourire. « En tant que femme plus âgée, il voulait que je vous apprenne des choses, Sire. »

« Vous êtes plus que juste un peu plus “vieille” ! » m’exclamai-je.

« Oh, mon Dieu ! Comme c’est rude ce que vous dites ! Mon corps est encore plein de jeunesse, vous savez, » répondit Excel.

« Cependant, pas votre cœur ! » avais-je crié.

Excel se leva de son siège, se rapprochant lentement de moi. « Créer un héritier est une affaire sérieuse pour le pays. Surtout compte tenu de la pénurie de membres de la famille royale. Même si vos fiançailles sont essentiellement déjà considérées comme un mariage, et même si ceux qui vous entourent vous encouragent à vous dépêcher et à produire un héritier, vous n’avez encore rien fait avec la princesse, ou Juna, ou Aisha. Il n’est pas étonnant que le chambellan soit si inquiet. »

« N-Non... J’espérais attendre jusqu’à ce que je sois un peu plus prêt... vous savez, » dis-je.

« Cela nous fait nous inquiéter, » déclara Excel. « Cela pourrait être pardonné comme une imprudence juvénile maintenant, mais une fois que vous êtes formellement homme et femme, si vous êtes maladroit et inepte quand vous vous mettez à faire la “chose”, alors cela pourrait avoir un effet sur votre relation. Ce genre de discorde dans un couple royal peut mener à de futures querelles au sein de la maison. »

Excel s’était assise à l’arrière du canapé, enroulant son bras autour de mon cou. Qu’est-ce que c’était ? J’étais comme un cerf pris dans les phares, incapable de bouger !

« Voilà pourquoi le chambellan a demandé à une femme expérimentée comme moi de vous donner une leçon. Maintenant, Sire, passons à la chambre à coucher. Jusqu’à l’aube, je vais vous donner des leçons complètes sur la façon de gérer une femme. Tout d’abord, commençons par quelques lectures. »

Lectures ?! J’allais suivre des cours de santé et d’éducation physique à mon âge ? J’étais déjà diplômé du lycée. Attendez, je suppose qu’ils n’étaient pas allés dans beaucoup de détails dans les cours de santé et d’éducation physique.

« Attendez ! N’avez-vous pas dit “Pour commencer”, n’est-ce pas ? » criai-je.

« Hehe ! Dans n’importe quel domaine d’étude, mieux vaut apprendre par l’expérience, n’est-ce pas ? » déclara-t-elle. « Si vous voulez, ça ne me dérangerait pas de garder ce secret vis-à-vis de Juna et des autres, vous savez ? Nous pouvons considérer cela comme une infidélité d’une nuit, et je vais vous donner une formation pratique. »

Je ne le veux pas, d’accord !? criai-je dans ma tête.

Excel sourit, mettant ses mains sur mes épaules et se penchant pour regarder mon visage. Oui, elle s’amusait vraiment à voir ma réaction.

Je m’étais tourné vers Castor, qui était assis là à boire du thé comme si rien ne se passait, afin d’obtenir son aide. « Castor ! Vous m’avez reconnu comme votre seigneur, n’est-ce pas ? Votre seigneur est dans une situation difficile ! Aidez-moi, voulez-vous bien ! »

« ... En effet, je vous ai juré de ma loyauté, Monseigneur, » Castor posa son thé et déclara avec un air trop sérieux présent sur son visage. « Cependant, je ne voudrais rien de plus que de voir le seigneur envers qui je me suis dévoué pouvoir laisser derrière lui des descendants qui prospéreront. Je ne peux pas le faire à la manière de la Duchesse Excel. Je ne peux que retenir mes larmes alors que je dois ignorer la demande d’aide de mon seigneur. »

« Vous dites cela, mais vous ne voulez pas vous laisser prendre à ça ! » criai-je.

Il avait joliment détourné ses yeux.

J’ai frappé dans le mile, n’est-ce pas ?

« Maintenant, Sire, allons-nous commencer ? » Excel me prit fermement la nuque, puis commença à me traîner vers la porte du salon.

Je me préparais à courir, mais je ne pouvais même pas offrir la moindre résistance. Même en tenant compte de ma propre faiblesse, sa force était incroyable. Où ce corps mince avait-il ce genre de force ?

« Non, attends, s’il vous plaît, Excel, allez, » suppliai-je.

« Oui, oui. Vous pouvez juste laisser tout à cette grande fille ici. Je vais vous apprendre à être vraiment bien, » déclara Excel.

« Non je veux dire... Bon, d’accord. Je vais suivre vos leçons ! Mais cela ne sera qu’une seule fois. Mais rien de pratique dans ce cas, d’accord ? » avais-je crié.

« ... Mon Dieu, je suppose qu’on ne peut pas y faire grand-chose. Mais si vous voulez poursuivre physiquement avec moi, alors dites-le, d’accord ? » demanda Excel.

« Comme si je le ferais ! » m’exclamai-je.

À la fin, j’avais été soumis à de longues conférences de la part d’Excel.

Devoir suivre des cours de santé et d’éducation physique avec Excel, qui ressemblait tellement à Juna, était si embarrassant que je pensais pouvoir mourir.

☆☆☆

Entracte 2 : Exploration sur un certain domaine de recherche

L’institut de recherche était présent dans les anciens bidonvilles de Parnam, la capitale royale du Royaume de Friedonia.

Le centre de formation de Ginger avait maintenant beaucoup de sujets qui pouvaient être étudiés. Il avait été ouvert avec le parrainage du roi Souma comme un moyen de sécuriser du personnel talentueux et de faire en sorte que l’esclavage devienne une chose qui existait que de noms.

Après que plus de terrains aient été donnés à l’installation, il avait fini par être appelé l’École Professionnel Ginger. Tout en conservant l’école primaire, ils avaient également créé des écoles dédiées à divers sujets spécialisés. Si un domaine d’étude obtenait des résultats ici, il y aurait des écoles qui lui seraient consacrées dans d’autres villes.

Il y avait déjà un certain nombre de domaines d’étude qui étaient devenus indépendants, et des écoles spécialisées étaient construites pour eux dans d’autres villes, mais les écoles d’agriculture et de médecine étaient toujours là. C’était parce que les enseignants appropriés étaient présents : le ministre de l’Agriculture et des Forêts, Poncho Panacotta, ainsi que des médecins comme Hilde Norg et Brad Joker. Cela avait également été fait ainsi, car Souma savait qu’historiquement, la production de nourriture et la connaissance de la médecine étaient directement liées au maintien et à la croissance de la population, et donc, il accordait une grande importance à ces domaines.

Maintenant, il y avait deux paires homme-femme face à face sur le seuil de la porte principale de l’École Professionnel Ginger. La première paire était composée d’un homme rond qui avait presque trente ans et d’une beauté intellectuelle qui était élégante dans tout, y compris son apparence. L’autre paire était composée d’un jeune homme dont le visage était si doux qu’il pouvait être confondu avec une fille, et d’une belle fille raton laveur qui avait un regard inflexible dans ses yeux qui laissaient une impression durable. La chose étrange était, la femme dans chacune de ces paires portait un uniforme de femme de chambre classique avec une longue jupe.

Les deux personnes qui étaient sur le point d’entrer dans la cour de l’école étaient le ministre des Forêts et de l’Agriculture Poncho Panacotta, et Serina, la femme de chambre en chef du Château de Parnam qui était également l’assistante personnelle de la princesse Liscia.

Les deux qui les accueillaient au seuil étaient Ginger Camille, le directeur de l’École Professionnelle Ginger, et Sandria, qui lui servait de secrétaire et de servante.

Poncho et Ginger avaient souri et ils s’étaient serré la main.

« Bienvenue, et merci d’être venu, Sire Poncho, » déclara Ginger.

« S-Sire Ginger, ça fait du bien de voir que vous êtes en bonne santé, » répondit Poncho.

« Hm... Il n’y a pas besoin d’être aussi formel, vous savez ? Vous êtes plus âgé que moi et également un ministre, » déclara Ginger.

Poncho bégaya, « C-C’est une habitude que j’ai. Je n’arrive tout simplement pas à m’en défaire. »

« Il est un homme timide, vous voyez. S’il vous plaît, n’y prêtez pas attention, » Serina intervint alors que Poncho essayait maladroitement de s’expliquer. « Honnêtement... Considérant qu’il a sauvé tant d’habitants de ce pays avec ses connaissances, j’aurais aimé qu’il ait acquis au moins un peu plus de confiance en soi. »

« Hm, et vous êtes ? » demanda Ginger.

« Pardonnez le retard quant à ma présentation. Je suis Serina, la femme de chambre en chef du château royal, » dit-elle avant de faire une élégante révérence.

« M-Merci beaucoup pour ça. Je suis Ginger, le directeur de cette école, » répondit Ginger.

Quand Serina baissa la tête, Ginger paniqua.

Voyant sa réaction, Serina se mit alors à dire. « Maintenant, Seigneur Ginger, vous n’avez pas besoin d’être aussi formel quand vous vous adressez à une simple servante comme moi. »

« Ce-Ce n’est pas..., » balbutia Ginger.

« Vous voyez, mon maître a un faible pour les dames attrayantes plus âgées que lui, » lâcha Sandria.

Ginger était stupéfait par ce qu'il venait d'entendre. « San !? Que dis-tu si soudainement !? »

« Rien qui ne soit pas un fait, je te l’assure. Quand tu es en présence de Madame Hilde, tu es toujours si tendue... Oh, pardonnez-moi, je ne me suis pas encore présentée, » Sandria souleva l’ourlet de sa robe de tablier et fit une révérence. « Enchantée. Je suis la secrétaire, la servante et l’esclave de compagnie du Seigneur Ginger, Sandria. »

« Hé, ce que tu dis là me semble vraiment mauvais ! Je t’ai seulement demandé d’être ma secrétaire, et tu as commencé à faire le travail de ménage par toi-même ! Et aussi, que veux-tu dire par esclave de compagnie !? » Ginger protesta, mais Sandria fit semblant de ne pas l’entendre, saluant profondément Poncho.

« Vous devez être le Seigneur Poncho, » déclara Sandria. « J’entends parler de vous de temps en temps. C’est grâce à vous que mes compagnons ne sont pas morts de faim quand les choses étaient dans une situation catastrophique. Au nom de tout le monde, je voudrais vous remercier. »

« N-Nullement ! Vous n’avez pas besoin de dire ça ! » Poncho avait paniqué quand Sandria lui avait fait un tel salut.

Serina le regarda avec un regard un peu froid. « Sire Poncho. Même si elle est l’une de ces “filles mineures” que vous aimez tellement, s’il vous plaît, ne perdez pas la tête à la suite d’un petit éloge. »

« Je-je voudrais que vous n’alliez pas mettre des étiquettes bizarres sur moi ! » s’exclama Poncho.

« Oh ? Cependant, n’est-ce pas la vérité ? Je connais ces choses, le réalisez-vous ? » Serina souriait, mais ses yeux ne souriaient pas. « Plus tôt, il y avait ce plat que vous avez développé avec Sa Majesté, le “sandwich grillé”. Vous n’avez servi le plat qu’à Mademoiselle Tomoe, n’est-ce pas ? Et cela, sans prendre la peine de m’inviter. »

« Est-ce pour ça que vous avez semblé si contrariée dernièrement !? » s’exclama Poncho.

Si l’on demandait qui était le plus grand glouton du Château de Parnam, ce serait bien sûr Aisha, mais Serina devrait être la deuxième. Mais il y avait une légère différence dans la nature de leur gourmandise.

Contrairement à Aisha, qui mangerait n’importe quoi (en particulier des bonbons), plus il y en avait, mieux c’était... Serina n’avait pas exigé la quantité, mais elle avait développé un goût pour la nourriture de type malbouffe et la cuisine de catégorie B que Souma et Poncho avaient créée.

Souma et Poncho avaient produit ensemble beaucoup de plats différents. Pour être précis, ils recréaient des plats qui avaient existé dans l’ancien monde de Souma. De ces plats, il y avait des choses comme des petits pains de spaghetti et du yakisoba, le genre de choses que vous ne verriez pas dans un restaurant chic, qui avait capturé le cœur de Serina.

La chose était que Serina venait d’une famille distinguée qui avait produit beaucoup de femmes de chambres et majordomes qui avaient continué à servir la famille royale. Pour cette raison, ils avaient travaillé pour lui inculquer des goûts cultivés dès son plus jeune âge, pour s’assurer qu’elle serait présentable et ne s’embarrasserait pas devant les membres de la royauté. Ils avaient prêté une attention particulière à son régime alimentaire, et elle avait toujours été censée manger de la bonne nourriture, et d’utiliser l’étiquette appropriée pour ce faire. Bien sûr, cela signifiait qu’elle n’avait jamais été autorisée à sortir et à acheter de la nourriture dans un étal de rue. Pour Serina, ayant grandie dans une maison comme celle-là, les plats de Souma et Poncho avaient eu un impact sur elle.

Il y a un aliment de base au-dessus d’un autre aliment de base !

Lorsque Serina était entrée en contact avec un petit pain de spaghetti, cette première bouchée avait détruit toutes les notions qu’elle avait sur la nourriture. Comment un plat aussi vulgaire pouvait-il être si délicieux ?

Depuis, Serina avait pris l’habitude de suivre Poncho. C’était parce que si elle était à ses côtés, elle avait souvent été récompensée par de délicieux échantillons. Les plats préparés par Poncho étaient une chose différente des jolies filles qui avaient attiré l’attention de Serina jusqu’à maintenant. Ce qui faisait que quand elle était incapable de les essayer, elle ressentait de la rancune.

Sentant son mécontentement, Poncho avait essayé à la hâte de s’expliquer. « C-C’était encore juste un plat expérimental, donc il n’y en avait pas assez... »

« Sachant que vous n’êtes pas habitué à sortir devant les personnes, sous les ordres de Sa Majesté et de la princesse, j’ai travaillé avec diligence et sincérité afin de vous aider, » déclara Serina froidement. « Pourtant, vous ne m’avez pas permis de tester ce plat. Serait-ce parce que je suis déjà une femme adulte ? »

« Quand nous reviendrons ! Quand nous reviendrons, je promets que j’en ferai un pour vous ! » Poncho déclara cela précipitamment.

L’expression un peu triste avait disparu du visage de Serina.

« C’est une promesse, » répondit-elle, affichant un air comme si tout allait bien.

Tout cela avait apparemment été une petite comédie pour le faire accepter. Les épaules de Poncho affaissèrent en voyant ça.

Ginger ne savait pas comment réagir en regardant cet échange, mais Sandria hochait la tête.

« Je peux voir que votre relation a beaucoup en commun avec la nôtre, » déclara Sandria

« Oh ? Mais mon maître est la princesse Liscia, » avait alors déclaré Serina.

« Je ne le pensais pas de cette façon..., » répondit Sandria

Quand Serina inclina la tête sur le côté, ne sachant pas trop quoi dire, Sandria avait souri. Cet échange avait laissé des points d’interrogation flottant sur la tête des deux hommes.

Avec les formalités achevées, Ginger emmena Sandria, Poncho et Serina à l’extérieur de l’École Professionnelle Ginger. Il y avait un bâtiment pour étudier les techniques agricoles dans l’école, et ils se concentraient principalement sur l’étude des cultures, du compost et de l’élevage sélectif. Cependant, il n’y avait pas de champs sur les terrains de l’école afin de démontrer leurs résultats. Les anciens bidonvilles étaient près des murs de la ville, de sorte que les champs avaient été plantés sur le côté opposé. Le bâtiment de recherche et les champs étaient séparés par le mur de la ville, mais en termes de distance, ils étaient proches, et il était facile de passer de l’un à l’autre.

Une fois qu’ils eurent franchi la porte, Ginger avait conduit Poncho et compagnie aux champs appartenant à son école professionnelle. Après avoir fini de saluer les gardes qui surveillaient les champs, les quatre individus étaient arrivés devant deux champs particuliers. Aucun des champs n’avait rien de planté dedans, mais l’un ressemblait à un sol noir ordinaire, tandis que l’autre était sec et craquelé.

Avec ces champs, Ginger avait annoncé. « Vous êtes venu ici aujourd’hui en ce qui concerne cette recherche, n’est-ce pas, Sire Poncho ? »

« Tout à fait, » répondit Poncho en hochant la tête. « Après tout, Sa Majesté et moi-même avons de grands espoirs quant à ce domaine de recherche. »

Ginger secoua la tête en s’excusant. « ... Laissez-moi vous le dire à l’avance. Nous avons été incapables d’atteindre le genre de résultats que vous espériez. »

Le domaine de recherche pour lequel Souma et Poncho avaient de grands espoirs était lié à l’une des « expériences ratées » de la Surscientifique, Genia Maxwell.

À l’époque où l’ancien roi avait gouverné le pays, Genia avait développé des pointes de flèches avec des graines à l’intérieur avec l’espoir que les sites des batailles seraient couverts de verdure. Avec l’effet de la magie de lumière dont les flèches avaient été imprégnées, les graines avaient grandi à une vitesse alarmante, et ce fut un échec massif qui avait fait que la moitié de son bâtiment de recherche avait été englouti par les plantes. Le résultat avait été que Genia avait été transférée dans l’Armée Interdite, et sa recherche avait été suspendue.

Cependant, après que le trône ait changé de mains, Souma avait vu une utilisation pratique pour ses recherches et avait ordonné à Genia de les reprendre. Il n’était pas tellement intéressé par l’idée de la pointe de flèche, mais avec des plantes qui poussaient si vite qu’elles pouvaient engloutir un bâtiment, il pouvait faire fleurir le désert, et il avait espéré que cela mènerait à une augmentation du taux de production alimentaire. Cependant, Genia le génie avait déjà perdu tout intérêt pour le sujet, alors Souma avait fini par ordonner à l’École de Technologie Agricole de l’École Professionnelle de Ginger de le faire à sa place.

Mais... Ginger avait expliqué qu’ils n’avaient pas été en mesure de produire des résultats.

« Nous avons certainement réussi à faire des plantes à croissance rapide, » expliqua Ginger. « Ces plantes avaient deux qualités particulières : la croissance et la prolifération. Nous étions en mesure d’éliminer seulement la prolifération, ce qui signifiait que la zone ne serait plus engloutie sous la verdure. »

« Étiez-vous en mesure de les contrôler ? Alors n’est-ce pas un succès ? » demanda Poncho, apparemment mystifié : mais Ginger avait secoué sa tête avec un sourire ironique.

« Nous menions cette recherche dans l’espoir d’augmenter la production alimentaire et de faire fleurir des déserts, mais..., » répondit Ginger. « À partir des résultats de notre recherche, nous avons appris que cela ne sera d’aucune aide avec l’une ou l’autre de ces choses. Le sort de Genia accélère seulement la croissance des plantes. Sire Poncho, savez-vous ce qu’il faut pour que les plantes poussent ? »

Poncho avait réfléchi un moment, puis il avait répondu : « De la terre fertile et de l’eau... ainsi que la lumière du soleil. »

Ginger hocha la tête. « Tout à fait. Parmi ceux-ci, le soleil n’est pas un problème. Avec un peu de travail, la question de l’eau peut aussi être gérée assez bien. Le problème était un sol fertile. Bien que nous ayons accéléré la croissance des plantes, la quantité d’eau et de nutriments dont ils ont besoin en provenance du sol n’a pas changé. Madame Genia devait le savoir aussi parce que son sort contenait une fonction pour aspirer l’eau et les nutriments hors du sol. »

Après avoir dit ça, Ginger avait désigné le champ séché et fissuré. « Voilà à quoi ressemble le champ après avoir récolté notre blé à croissance rapide. »

« ... C’est presque comme un désert de sable, » répondit Poncho.

« Peu importe combien nous pouvons accélérer la croissance des plantes, fertiliser le sol prend beaucoup de temps, » déclara Ginger. « En conséquence, les plantes sucent tous les nutriments et l’eau du sol, la laissant sécher et la fissurant ainsi. Rien ne poussera dans un sol qui a fini comme ça. »

« N’y a-t-il aucun moyen de fournir au sol un apport régulier en nutriments  ? » demanda Poncho.

« J’en doute, » répondit Ginger. « L’eau, peut-être. Mais fournir de l’engrais en continu à un rythme qui correspond à leur croissance n’est tout simplement pas réaliste. Je veux dire par là que nous avons de toute façon un approvisionnement limité en engrais. Si nous l’épuisons pour augmenter la vitesse de croissance, nous ne verrons peut-être aucune croissance de la productivité. »

« Eh bien... ce n’est vraiment pas bon, » déclara Poncho.

Si les plantes qui poussaient étaient laissées afin qu’elles pourrissent, elles restitueraient leurs nutriments au sol, mais cela ne pourrait pas le faire avec des cultures qui devaient être mangées. Après tout, ils ne pouvaient pas obliger les personnes à renvoyer tous les déchets de ce qu’ils avaient mangé dans le champ.

« C’est pourquoi nous avons déterminé que c’était une utilisation inappropriée pour la culture de la nourriture, » déclara Ginger. « Maintenant, pour faire fleurir le désert, il n’y a pas d’eau pour commencer, donc c’est impossible. Même si nous devions installer des aqueducs, la vitesse à laquelle les plantes poussent présenterait un autre goulot d’étranglement. Car voyez-vous, elles sont aussi rapide quand il s’agit de pourrir. »

« Donc, nous ne pouvons toujours pas obtenir une utilisation à ce procédé, » Poncho affaissa ses épaules. En raison des grands espoirs qu’il avait eus pour cette recherche, il ne pouvait s’empêcher d’être déçu qu’il n’y ait eu aucune utilisation possible.

Mais Ginger secoua à nouveau la tête. « Non. Ce n’est pas comme si nous n’avions absolument rien à montrer pour tout le travail effectué. Regardez le champ à côté. »

« ... Cependant, je ne vois rien d’autre que de la terre dedans, » déclara Poncho.

« Tout à fait. La seule chose ici est une terre ordinaire. Nous avons fait de la terre ordinaire. » Ginger se pencha et ramassa une partie de la terre molle dans ses mains. « Cette terre a été apportée à partir d’un donjon habité par de nombreux monstres de type morts-vivants. Naturellement, quand nous l’avons amené ici, elle était contaminée par les miasmes que les monstres morts-vivants libèrent. »

« A-Avez-vous dit miasmes ? » Poncho avait malgré lui crié alors que sa voix était instable.

Les monstres morts-vivants existants dans ce monde comme les dragons-crânes et les zombies avaient le pouvoir d’émettre un miasme qui était nocif pour les créatures vivantes. Les miasmes allaient ainsi causer la propagation de maladie et elles provoquaient le pourrissement de toute chose, ce qui empêchait les créatures vivantes de vivre dans cette zone. Qui plus est, ce miasme entrerait dans le sol et resterait là longtemps. À cause de cela, des terres où un dragon-crâne s’était déchaîné ou là où une horde de zombies était apparue deviendraient des terres improductives où les récoltes ne se développeraient pas pendant longtemps.

Cependant, Ginger avait ramassé une poignée de ce sol, qui aurait dû être dangereux, sans aucune hésitation.

Poncho regarda attentivement ce sol. « Est-ce que cette terre est sans danger ? »

« Tout à fait. Le miasme a été totalement détruit maintenant, » répondit Ginger.

« Comment avez-vous fait ça ? » demanda Poncho.

« Ceci est une utilisation fonctionnelle de ces plantes à croissance rapide dont nous parlions plus tôt, » répondit Ginger. « Il y a des fleurs qui fleurissent seulement dans les donjons ayant beaucoup de monstres morts-vivants. »

Après avoir dit cela, Ginger avait demandé à Sandria d’aller chercher une seule fleur. Cette fleur était rouge pourpre avec des taches vert-noir, des couleurs qui criaient que c’était toxique. Ce n’était pas le genre de fleur que vous voudriez recevoir lors d’une célébration, même par accident.

« Les aventuriers qui vont dans les donjons appellent cela des fleurs à miasmes, » expliqua Ginger. « Ils disent que si ces fleurs poussent quelque part, c’est la preuve que des monstres morts-vivants sont actifs là-bas. C’est pourquoi, quand ils trouvent ces fleurs dans un donjon, ils savent qu’il faut prendre des précautions contre les miasmes. »

« Hm, donc il y a des fleurs comme ça, » dit Poncho. « Je ne le savais pas. »

Poncho savait beaucoup de choses sur les plantes comestibles. Il en savait aussi beaucoup sur les plantes semblables à celles comestibles, mais qui n’étaient pas comestibles. C’était parce que la connaissance de Poncho était enracinée dans son appétit.

C’est pourquoi, quand il s’agissait de plantes comme celle-ci, qui étaient et qui paraissaient manifestement immangeable, cela ne l’intéressait pas et il n’était pas si bien informé à leur sujet.

Ginger avait ri. « Ces fleurs à miasmes, comme leur nom pourrait vous le suggérer, sont nourries par les miasmes. C’est pourquoi elles poussent en grappes dans les donjons où il y a des monstres morts-vivants. Si nous utilisons le sort de Genia pour accélérer la croissance des plantes sur ces fleurs à miasmes et que nous les plantons dans un sol contaminé... »

« Oh ?! C’est donc ça ! Elles sucent rapidement tous les miasmes du sol ! » Poncho déclara ça en claquant ses mains ensemble.

Si le sort d’accélération de la croissance était utilisé sur des plantes régulières, elles allaient rapidement aspirer tous les nutriments hors du sol. Cependant, les fleurs à miasmes allaient seulement aspirer les miasmes.

Ginger acquiesça. « Il suffit donc de les récolter quand ils finissent de pousser et de les jeter dans un incinérateur. Elles ont déjà épuisé les miasmes lors de leur croissance, alors quand nous les brûlons, tout ce qui reste est de la cendre. Si nous faisons deux fois cette opération, cela revient à transformer la zone en ce genre de sol ordinaire. »

« Il-Il s’agit là d’une découverte incroyable ! Avec ça, nous pouvons réduire l’effet que les monstres morts-vivants ont sur nos champs et récoltes ! » Poncho avait réagi avec enthousiasme.

Non seulement la recherche pour laquelle il avait eu de si grands espoirs n’était pas vaine, mais il y avait même une application utile pour cela ! Puis une pensée était venue à Poncho.

À bien y penser, il... Quand il m’a recruté, Sa Majesté a dit quelque chose. Que « nous déciderons si quelque chose est utile ou non. » Il a peut-être voulu dire qu’il n’y a pas beaucoup de choses dans ce monde qui sont complètement inutiles... Comme moi même, une personne dont le seul talent est de manger... a été en mesure d’aider un peu ce pays...

Poncho avait maintenant été capable de se sentir un peu plus confiant en lui-même.

Tandis que Poncho et Ginger entretenaient une conversation animée comme celle-là, Serina et Sandria regardaient ça, exaspérées, à une courte distance d’eux. Les deux hommes n’avaient même pas regardé dans leur direction, s’amusant à échanger leurs opinions sur la recherche. Les deux servantes n’avaient aucun doute qu’elles avaient cessé d’exister dans les esprits des hommes.

En regardant son maître, Sandria avait demandé. « ... Pensez-vous que tous les messieurs sont comme ça ? »

« Vous pourriez avoir raison à ce sujet, » répondit Serina. « J’ai souvent vu la princesse regarder Sa Majesté d’une manière anxieuse comme nous le faisons là. Je me sens comme quand Sa Majesté s’applique au travail du gouvernement, elle doit trouver à la fois cela rassurant et frustrant à le regarder agir ainsi. »

« Comment ça va pour vous, Serina ? » demanda Sandria.

« Moi ? » demanda Serina.

« Vous sentez-vous anxieuse et impatiente en ce moment ? » demanda Sandria.

« Hm ? Ma maîtresse est la princesse, » déclara Serina sans sourciller. « C’est vrai que je suis proche de Sire Poncho, mais je ne me sentirais jamais anxieuse et impatiente parce que je le vois parler à quelqu’un. »

Sandria y réfléchit un moment puis demanda. « ... Alors, comment vous sentiriez-vous si le Seigneur Ginger était une femme ? Si c’était une femme avec laquelle Seigneur Poncho s’amusait tellement, ne seriez-vous pas du tout inquiète à ce sujet ? »

Après avoir demandé cela, elle regarda fixement Serina.

En réponse à la question, Serina regarda Poncho et Ginger. Et si, en ce moment, Poncho parlait à une femme à la place... ?

Ayant réfléchi à la question pendant un moment, Serina avait finalement ouvert la bouche pour répondre. « Peu importe, à qui il parlait, je ne pense pas que je penserais quoi que ce soit du genre. »

« ... Êtes-vous sûre ? » demanda Sandria.

Serina avait alors répondu. « Oui... Cependant, si Sire Poncho devait laisser cette personne faire tous ses tests de goût... eh bien... Je ne voudrais pas ça. Même si c’était quelqu’un comme un membre de sa famille, ou sa femme, une personne pour qui s’est parfaitement naturelle pour lui de faire de la cuisine avec... Je pourrais encore être contrariée par cela. Maintenant, c’est étrange. Je me demande bien pourquoi je me sentirais comme ça ? »

À en juger par son expression, il semblait même que Serina ne comprenait pas ses propres sentiments. Sandria était un peu surprise, mais elle n’avait plus rien demandé.

Même Serina elle-même n’était pas sûre que ses paroles venaient tout juste de sortir en raison de sa gourmandise. Elle plaça sa main sur sa poitrine, remplie d’émotions refoulées.

Quand je serai de retour au château, il faudra qu’il me fasse le sandwich grillé qu’il a promis. Cela aidera à dissiper ce sentiment brumeux que j’ai en ce moment. Ainsi étaient les pensées de Serina.

☆☆☆

Chapitre 3: Le cours nuptial des fiancées

Partie 1

Un jour dans le 3e mois, 1 547e année, du Calendrier Continental

Bonjour, je suis la candidate pour devenir la première reine primaire de Souma, Liscia Elfrieden.

En ce jour où la fin de l’hiver s’approchait et où le printemps commençait à se faire sentir, toutes les fiancées de Souma étaient rassemblées dans une certaine pièce du Château de Parnam. Moi, Liscia était l’une d’elles. Les autres étaient : Aisha le Kochiji, Juna la Lorelei, et Roroa, l’ancienne princesse d’Amidonia.

Il n’y avait aucun signe de Souma ici, et même les servantes qui attendaient toujours dans le coin de la pièce avaient été invitées à partir aujourd’hui. En plus de ça... cette pièce était bizarre. Il y avait un tableau noir, des tables, et quatre bureaux et des chaises. Les bureaux étaient alignés en rang, ce qui faisait presque penser à l’une des salles de classe de l’Académie des Officiers.

« Hé, Grande Soeur Cia ? » demanda Roroa. « Pourquoi avons-nous toutes été appelées ici aujourd’hui ? »

« Je ne pourrais pas vous le dire, » dis-je. « Si quelqu’un ici le savait... »

J’avais regardé à Juna. Cependant, Juna baissa les yeux et secoua la tête avant de dire. « Je suis désolée. Dernièrement, je ne suis pas sûre de ce qui passe par la tête de cette femme. »

« Si Madame Juna ne sait pas, alors le reste d’entre nous n’a aucune chance de le découvrir, » Aisha posa les mains sur le dossier d’une chaise, inclinant la tête sur le côté, perplexe.

C’était une évaluation juste. Cette dame était complètement imprévisible. À quoi pensait-elle cette fois-ci ?

Puis la porte de la chambre s’ouvrit, et celui qui nous avait rassemblées ici arriva.

« Je vois que tout le monde est là, » déclara une voix féminine.

Il s’agissait d’une beauté de la race des serpents de mer aux cheveux bleus, Excel Walter.

En plus d’être le commandant en chef de la Force de Défense Nationale, elle était une belle femme qui semblait avoir environ vingt-cinq ans. Avec ses tresses bleues, dont germaient de minuscules cornes, traînant derrière elle une queue pendant qu’elle marchait, elle avait toujours été une beauté pittoresque. Mais cette fois, elle tenait quelque chose dans ses mains : deux paquets aussi épais que des dictionnaires. L’un était enveloppé de blanc, l’autre en noir.

Excel posa les paquets sur le lutrin, puis elle sortit et enfila une paire de lunettes et une casquette académique carrée. « Maintenant, vous allez toutes prendre vos places. »

« Eu-Euh... Grand-mère ? » Juna leva la main avec hésitation et demanda.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Excel.

« Hm... Je pensais que tu avais une bonne vision, non ? » demanda Juna.

« Oh, ces lunettes ? Elles sont juste équipées d’un verre ordinaire, et non de lentilles correctives, » répondit Excel.

« Alors pourquoi les portes-tu ? » demanda Juna.

« C’est pour me mettre dans l’ambiance, » répondit Excel.

L’ambiance !? Était-ce un problème !? Attendez, qu’allait-elle donc faire là !?

En fin de compte, nous avions chacune été conduites dans nos sièges par Excel sans aucune idée de ce qui se passait. Du point de vue d’Excel au lutrin, de gauche à droite, nous étions assises avec Aisha, Roroa, moi et Juna.

Excel avait commencé à écrire quelque chose sur le tableau. Quand je l’avais lu, cela disait : « Première conférence — Cours de formation pour être une mariée ».

Ouais, je ne savais même pas par où commencer.

D’une part, par « Première », voulait-elle dire qu’il allait y avoir plusieurs de ces rassemblements ? Qu’est-ce qu’un cours de formation à la mariée était censé être ? Puis Excel tapotait légèrement sur le lutrin.

« Maintenant, vous allez toutes devenir les femmes de Souma cette année, » déclara Excel.

« « « « ... » » » »

Nous étions toutes très calmes et silencieuses. Bien sûr, nous étions prêtes pour cela, et nous le voulions même maintenant, mais demander à quelqu’un d’autre de nous le signaler était un peu embarrassant.

Excel nous avait alors dit. « Bien que certaines d’entre vous soient des primaires et d’autres des secondaires, la nature fondamentale des choses sera la même pour toutes. Il y a un mari et une femme, ils construisent un ménage, éventuellement des enfants naissent, et ils deviennent une famille. Si la famille est harmonieuse, alors ils seront heureux, sinon, ils deviendront mécontents. Le problème est que s’il y a de la discorde dans la famille royale, cela mène directement à de la discorde au sein du royaume. Princesse Liscia. »

« O-Oui ! » J’avais répondu et je m’étais levée sans le vouloir. C’était comme si j’étais de retour à l’école des officiers.

Excel m’avait lancé un regard sérieux et m’avait demandé : « Princesse Liscia, vous n’avez pas de parents en dehors de votre père et de votre mère, n’est-ce pas ? »

« Hm... Oui. Du moins, c’est ce qu’on m’a dit, » avais-je répondu.

« Pourquoi est-ce ainsi ? » demanda Excel.

« Quand le père de ma mère... c’est-à-dire, le roi avant mon père est mort, il y avait une crise de succession, et presque chaque membre de la famille royale sauf ma mère a été tué, » répondis-je.

« Tout à fait et c’était vraiment une période douloureuse, » Excel avait dit cela avec un regard vraiment peiné clairement visible sur son visage. « Les trois ducs et moi, nous nous étions éloignés de ce conflit. Si nos forces militaires s’étaient impliquées, cela aurait très certainement viré à la guerre civile. Nous étions tous désespérés alors que nous avons dû garder nos forces en attente. À la place d’une telle guerre, c’était devenu des luttes amères au sein de la maison royale qui opposait même les plus proches parents les uns aux autres. »

« Hmm... la raison de ce conflit, était-ce quant à la question de savoir qui allait prendre le trône ? » Aisha leva la main avant de demander ça.

Excel secoua la tête. « Nous pensons que c’était seulement un facteur secondaire. La première et la principale cause était liée à la politique d’expansion rapide de l’ancien roi. »

« L’expansion ? » demanda Aisha.

« Tout à fait, » répondit Excel. « Au temps du roi qui était le grand-père de la princesse Liscia, notre pays a lancé un certain nombre de guerres contre d’autres nations ce qui a considérablement élargi notre territoire. Pendant ce temps, le territoire élargi a semé les graines de la discorde au sein du pays. Cela s’est passé entre l’occupant et l’occupé, les conquérants et les vaincus, les tueurs et les proches des personnes tuées. Tout cela a donné naissance à beaucoup de relations conflictuelles du même genre. Il y a eu des interventions d’autres pays qui avaient également perdu des terres qui se sont produites à la même époque. »

« ... Eh bien, mon vieux père avait une dent contre le royaume, » Roroa, l’ancienne princesse d’Amidonia, avait déclaré ça avec un haussement d’épaules.

C’était un soulagement qu’elle ait dit que ça n’avait rien à voir avec elle. La Principauté d’Amidonia avait utilisé des nobles corrompus pour s’ingérer à plusieurs reprises dans nos affaires intérieures. Ce qu’ils avaient fait m’avait causé beaucoup de problèmes, mais c’était vraiment juste de récolter ce que nous avions semé.

J’étais reconnaissante que Roroa, en tant que princesse amidonienne, prenait la position que cela n’avait pas d’importance pour elle. Si Roroa, qui me considérait comme sa « Grande Sœur », finissait par m’en vouloir à cause d’une dispute entre nos deux pays, cela me rendrait malheureuse.

Excel acquiesça et continua. « Ces graines de discorde devaient être retirées lentement pour ne pas germer et causent de graves troubles, mais l’expansion rapide n’a pas permis de le faire. »

Finalement, le vieux roi était mort, et les germes persistants de la discorde avaient germé dans la crise de succession. Si les personnes qu’ils détestaient soutenaient un membre de la royauté, alors ces mêmes individus soutiendraient un autre cheval adverse dans la course à la succession. Voilà comment le différend sur la succession s’était transformé en une guerre par procuration pour toutes les discordes présentes dans le royaume.

« Voilà pourquoi il s’est transformé en un tel bourbier, » Excel soupira tristement puis nous regarda droit dans les yeux. « Heureusement, le règne de Sa Majesté Souma n’est pas aussi dangereux que celui de son prédécesseur. La raison pour laquelle le pays est inébranlable même après avoir absorbé Amidonia est qu’il a travaillé avec diligence pour créer une base assez solide pour éviter la création de la moindre turbulence. Il n’est pas aussi glamour que le premier roi, mais si on évalue tous ses actes quant à la stabilité de son règne, il est le meilleur roi que ce pays ait jamais eu jusqu’à présent. Voilà pourquoi, même une fois que Sa Majesté Souma ne sera plus sur le trône, il n’y aura pas une guerre de succession laide comme celle-là. »

Voici donc l’évaluation d’Excel du règne de Souma. Eh oui, je suis d’accord avec elle.

Je pourrais penser que la façon dont il avait régné jusqu’à maintenant était parfois trop détournée, mais il avait prudemment et soigneusement fait avancer ce pays. Si vous pensiez qu’il avait été invoqué comme un héros, je ne pensais pas qu’il n’y avait jamais eu un tel héros ordinaire et normal comme lui avant. Malgré tout, Souma m’avait fait me sentir en sécurité. Même s’il était faible, il me donnait l’impression d’être protégée par quelque chose de bien plus grand.

Excel avait alors frappé sur le tableau noir. « Cela dit, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers ! Il ne faut jamais oublier que s’il y a des fissures entre le roi et la reine, ou même entre chacune des reines, il y aura ceux qui tenteront d’en profiter. Pour le bien du pays, vous devez construire une relation harmonieuse entre mari et femme, et un ménage harmonieux. Pour vous aider à réaliser cela, je vous ferai suivre mon cours de formation de la mariée. »

Je pourrais plus ou moins accepter ce qu’elle disait avec force. Mais qu’est-ce que c’était que ce « cours de formation de la mariée » qu’elle avait commencé là ?

« Hmm... Pourquoi êtes-vous celle qui nous parlez de toute façon, Duchesse Walter ? » demandai-je.

Excel avait ri et m’avait affiché un sourire empli de confiance. « On ne peut pas le dire au premier regard, mais je suis en vie depuis cinq cents ans. J’ai partagé ma vie avec de nombreux messieurs au cours de ma longue vie, mais la mort a toujours été la seule chose qui pouvait nous séparer. Je me suis toujours assurée d’avoir au moins un enfant avec chacun d’entre eux. »

C’était... Oh ouais. Ça pourrait être génial. Maintenant qu’elle l’avait mentionné, Excel semblait seulement avoir une vingtaine d’années, mais c’était une femme qui avait déjà eu de nombreux accouchements. Après tout, elle avait même eu des petites-filles comme Juna.

Excel gonfla sa poitrine généreuse avec fierté. « Je vais vous apprendre à toutes, en tant que reines... non, en tant que femmes... comment rester avec l’homme que vous aimez jusqu’à la mort. Cela comprend également des sujets comme : comment vous devez agir en tant que femme ainsi que comment pensent les gentilshommes. Cela comprend aussi tout ce qui va du soutien à votre mari, aux manières d’accomplir vos devoirs nocturnes dans la chambre d’une manière qui facilite vos relations conjugales. »

D-Devoirs nocturnes...

Au moment où nous avions entendu ces mots, nous avions toutes affiché des réactions assez flagrantes. Nous avions toutes dû imaginer que nous serions dans ce genre de situation avec Souma.

Roroa rougissait avec un sourire ironique, tandis que les joues de Juna devenaient roses et elle couvrait sa bouche avec sa main, ses yeux errants. Aisha, pendant ce temps, avait un air niais et joyeux qui éclatait sur son visage, alors c’était évident de savoir à quoi elle pensait.

... Je pouvais aussi sentir mes propres joues brûler.

Quand elle avait vu nos réactions, Excel toussa poliment. « Je crois que je vais vous faire toutes commencer en vous apprenant de telles choses maintenant. Après tout, j’ai déjà donné des leçons individuelles à Sa Majesté Souma. »

Au moment où elle avait dit cela, Juna avait semblé aussi choquée que je l’avais été.

☆☆☆

Partie 2

Il y a quelques semaines, Souma avait pris Juna avec lui et avait quitté la capitale royale. C’était quand Excel avait drogué Juna, et quand elle était seule avec Souma, elle avait... eh bien... elle lui avait donné quelques leçons sur ce que les hommes et les femmes devaient faire la nuit. J’étais la seule à qui Juna avait dit à propos de ça. J’avais gardé le secret envers Aisha et Roroa. C’était parce que si elles le découvraient, elles allaient provoquer une scène.

Juna m’avait demandé, en tant que celle qui avait été le plus longtemps avec Souma, de lui demander subtilement ce qui s’était passé pendant qu’ils étaient ensemble.

« Hmm, princesse..., » Juna se pencha et murmura à mon oreille pour qu’Aisha et Roroa ne puissent entendre. « Alors... qu’a dit Sa Majesté à propos de cette époque ? »

« La chose est, Souma dit qu’il ne s’en souvient pas, » murmurai-je.

« Il ne s’en souvient pas ? » demanda Juna.

« Tout à fait, » répondis-je. « Il se souvient d’avoir subi des conférences sur, hm... c-comment les bébés sont faits, mais tout ce qui suit est un flou... »

Quand je lui avais demandé ce jour-là, Souma avait penché la tête sur le côté et dit : « Je me souviens de tout de la conférence super embarrassante qu’elle m’a donnée, mais... Je ne me souviens plus d’une chose après ça... Non, ce n’est pas tellement que je ne me souviens pas, mais que mon esprit refuse de me le rappeler, peut-être ? ... Honnêtement, qu’est-ce qui s’est alors passé ? Je sais que j’étais gêné par les leçons, et j’avais vraiment très soif... Excel m’a donné un verre et... Ce n’est pas bon, je ne me souviens de rien après ça... Non, je pense que c’est mieux que je ne m’en souvienne pas. »

Souma avait essayé de faire ressortir ce qu’il pouvait en retenir, mais à la fin, il avait semblé arriver sur du vide. Il ne m’avait pas donné l’impression de me cacher quelque chose ou d’essayer d’esquiver le problème. Il semblait avoir vraiment perdu la mémoire, ou l’avait scellé.

Qu’est-ce qui est arrivé à Souma après sa leçon en classe ? Je me demandais vraiment à ce sujet...

« Maintenant, dans le mariage, comme dans la guerre, l’information est la clé, » expliqua Excel. « Une fois que vous savez ce que votre partenaire pense de vous, comment il vous regarde, vous pouvez commencer à avoir une idée sur la manière dont vous devriez agir. Si vous pouvez le prendre au dépourvu, et lui montrer un écart entre son impression de vous et comment vous agissez d’une manière qui ne lui déplaît pas, cela peut aider à empêcher les choses de devenir ennuyeuses. Connaissez votre partenaire, sachez ce qu’il regarde et votre mariage ne sera jamais en danger. »

Aisha leva la main. « Vous avez raison, je me demande ce que Sa Majesté pense de moi. Mais Sa Majesté n’est pas là. Si nous l’appelions, pensez-vous qu’il serait prêt à venir ? »

Excel lui avait affiché un méchant sourire. J’avais... eu un mauvais pressentiment à ce sujet.

« Ne vous inquiétez pas. J’ai ceci ici, » répondit Excel.

Après avoir dit ça, Excel avait déballé le paquet blanc. À l’intérieur, il y avait un certain nombre de cahiers blancs. Excel avait donné un cahier blanc à chacune d’entre nous.

La couverture sur la mienne disait « Top Secret » et « Ne pas sortir à l’extérieur ». C’était plus que suspect...

« Hmm, Duchesse Walter, qu’est-ce que c’est que ces cahiers... ? » demandai-je avec hésitation.

Excel feuilleta son propre cahier tout en disant. « Hehe, hehe. Vous voyez, à propos des carnets blancs que je viens de vous donner... dans ces carnets se trouve tout ce que Sa Majesté Souma pense à propos de chacune de vous. Tout est écrit dedans ! »

« « « « Quoi !? » » » » Tout le monde regarda leurs cahiers à l’unisson.

Dans ce cahier !? Non, mais... comment ?

Excel l’avait expliqué avec un sourire étrangement brillant et étincelant. « Ces cahiers contiennent les choses que j’ai entendues de Sa Majesté pendant sa “leçon privée”. Quand nous avons fini avec la conférence en classe, Sa Majesté a dit qu’il avait soif, alors je lui ai donné du jus mélangé avec une bonne dose de tequeur. Quand je lui ai posé toutes sortes de questions après cela, il était très éloquent. »

C’est donc ça ! Malgré nous, Juna et moi nous nous regardions.

Le tequeur était un alcool très fort. Il avait une saveur légère, et passait complètement inaperçu mélangé avec un verre de jus. Souma devait en avoir beaucoup bu sans s’en rendre compte, puis il avait été interrogé par Excel sur ses sentiments sur chacune de nous. L’embarras de tout cela devait lui avoir fait supprimer les souvenirs de cette nuit-là.

Pendant que j’y pensais, j’avais regardé le cahier se trouvant devant moi. Si Excel disait la vérité, cela signifiait que ce cahier contenait les sentiments secrets que Souma tenait normalement cachés au fond de son cœur.

Oh... Quand j’y pense, mon cœur se met soudainement à battre avec force...

Je voulais savoir, mais peut-être aussi ne pas le savoir... mais après tout, je voulais le savoir. Je veux dire par là que je me souciais assez de Souma que je voudrais savoir ce qu’il pensait de nous.

Pendant que j’y pensais, Excel, indifférente à nos hésitations, ouvrit son livre et continua. « Maintenant, comme je l’ai dit plus tôt, le secret d’une relation conjugale harmonieuse est de connaître votre partenaire et de savoir comment il vous voit. Regardons comment Sa Majesté Souma regarde chacune de vous. Pour commencer... Roroa. »

« Miaouquoi !? » Roroa avait réagi comme un chat effrayé.

« Nous commencerons par son évaluation de Roroa, » continua Excel.

« Pou-Pourquoi moi !? Ne devriez-vous pas commencer par faire la fiancée de tête, Grande Sœur Liscia ? » demanda Roroa.

« Il n’y a aucune raison particulière pour cela, » déclara Excel. « Je pensais simplement que nous commencerions par la personne qui a rencontré Sa Majesté le plus récemment. »

« Eh bien, c’est sûr, je suis la dernière arrivée là, mais... eh bien, je suppose que ça ne durera ainsi pas très longtemps, » Roroa semblait l’avoir acceptée à contrecœur.

... Hein ? Je serais en dernière, alors ? Arg... Cela signifiait que la tension durerait plus longtemps ou moi, et je n’aimais pas ça...

Excel avait poussé ses lunettes, puis avait regardé son carnet. « Maintenant, voici l’évaluation de Roroa par Sa Majesté Souma. »

« Qu-Qu’est-ce que c’est ? Je deviens étrangement tendue, » déclara Roroa.

« Hum... ! Selon Sa Majesté, “J’aime comment Roroa est si brillante et amicale. C’est incroyable comme elle parvient à se rapprocher de la personne avec qui elle parle. Elle peut avoir un peu le cœur de pierre, mais c’est juste l’un de ses charmes. Ça me rend heureux de la voir traiter Liscia comme sa Grande Sœur. En outre, le sens financier de Roroa est hors norme. Pour être tout à fait honnête, l’économie du royaume ne pourrait pas fonctionner comme il est ainsi sans le soutien de Roroa et de Colbert. Je suis reconnaissant de l’avoir avec moi, et de l’avoir comme ma fiancée.” »

« O-Oh..., » Roroa avait posé sa tête sur le bureau. Elle couvrait ses joues rouge vif avec ses mains. « C’est... C’est assez embarrassant, » déclara Roroa en se tordant un peu.

C’est vrai, j’étais un peu gênée de l’entendre. Souma n’était pas du genre à sortir et à nous dire ces choses directement, alors quand il sortait ses sentiments sans fard et qu’il disait des choses comme : « Je t’aime » ou « Je suis reconnaissant de t’avoir à mes côtés », cela avait vraiment eu un impact sur l’autre. Maintenant que cela était arrivé, j’étais soudainement très intéressée par ce qu’il pensait de moi.

Tandis que nous nous torturions sur ce qui allait arriver, Excel continua de lire avec une expression comme si ce n’était pas grave. « De plus, quand j’ai demandé à Sa Majesté : “Avez-vous quelque chose en tête quand il s’agit de Roroa ?”, il m’a répondu cela. “Je sais que c’était une guerre, mais cela me dérange toujours que j’aie tué son père.” »

« Quoi !? » Roroa avait cessé d’être prise dans l’embarras et avait immédiatement repris ses esprits.

Excel avait ensuite continué sa lecture. « “C’était une situation de tuer ou être tué, mais je suis quand même le tueur de son père. Roroa m’a dit qu’ils n’étaient pas proches, mais si ce n’est pas ce qu’elle ressent vraiment, et qu’elle ne veut en vérité pas vraiment m’épouser... Il y a des fois où je m’inquiète à ce sujet,” voilà ce qu’il a dit. »

« E-Est-il stupide !? » s’écria Roroa.

Je me sentais aussi comme si j’avais recu de l’eau glacée sur la tête. Oh, c’est vrai..., je venais de le réaliser. S’il s’agissait vraiment des véritables sentiments de Souma, cela inclurait les insécurités qu’il ne nous montrait pas normalement. Pour penser qu’il avait ressenti ça à propos de Roroa... Je n’aurais jamais remarqué ça.

Roroa se leva et piétina ses pieds dans l’indignation. « Chéri, tu es un idiot ! J’ai déjà considéré tout ça ! Je suis avec toi parce que je voulais l’être, alors, pourquoi penses-tu à ça !? »

« Roroa ! » Je m’étais levée et j’avais fait un câlin à Roroa. Elle avait cessé de piétiner avec ses pieds alors qu’elle avait des larmes dans ses yeux.

Je pouvais aussi comprendre pourquoi Souma se sentirait coupable quand cela concernait Roroa. C’était parce que Roroa était importante pour lui. Pourtant, même avec cela dit, il avait tort de ne pas considérer son affection à sa valeur nominale.

Roroa sanglota et frotta son visage contre ma poitrine. « Ohh... Grande Sœur Ciaaaa. »

« Je sais. Nous devrons en parler à Souma plus tard, » déclarai-je.

Aisha et Juna acquiescèrent. C’était peut-être quelque chose qu’il avait fait inconsciemment, mais il allait devoir payer pour faire pleurer notre « petite sœur ».

Après avoir attendu que Roroa s’installe, Excel lui avait parlé. « La raison pour laquelle Sa Majesté pense à cela, c’est parce qu’il vous aime et que vous êtes importante pour lui. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ? »

« ... Oui, » déclara Roroa. « C’est pourquoi, bien qu’il soit frustrant que mes sentiments ne lui parviennent pas, j’étais un peu heureuse que mon Chéri se soucie tellement de mon ancien moi. »

« Si vous comprenez ça, alors tout ira bien, » déclara Excel à Roroa avec un sourire.

Cela avait été un peu tumultueux, mais maintenant le tour de Roroa était terminé.

Après ça, Excel avait appelé le prénom de sa petite-fille. « Juna. L’évaluation de Sa Majesté est la suivante : “Elle est mignonne, elle est magnifique, et cela résume tout. Je ne parle pas seulement de son apparence ni de sa voix... Je veux aussi parler de ce qu’il y a dans son cœur. De toutes mes compagnes, j’ai l’impression que c’est elle qui prend toujours du recul pour envisager la question sous un angle plus large. Elle est vraiment la femme idéale. Je me demande parfois si je peux vraiment l’avoir comme fiancée, mais je ne voudrais pas laisser quelqu’un d’autre l’avoir. J’essaie de faire de mon mieux pour être un homme assez bon pour être son mari, mais c’est frustrant de ne pas pouvoir y parvenir.” »

« Voilà donc ce que ressent Sa Majesté..., » Juna affichait un léger, mais heureux, sourire. Eh bien, c’était normal pour une fille après avoir entendu « Je ne voudrais pas laisser quelqu’un d’autre l’avoir »... et bien, vous savez ?

Excel continuait à lire. « Quand je lui ai demandé. “Avez-vous quelque chose en tête quand il s’agit de Juna ?”, sa réponse a été. “Juna est trop mature et n’est pas bonne quand il s’agit de laisser les autres être gentille avec elle, alors quand elle me laisse occasionnellement la gâter, en tant que jeune homme, je me sens vraiment spécial.”. »

« ... Excusez-moi, mais j’avais l’impression que Sa Majesté et moi avons le même âge ? » Juna avait fait irruption dans la lecture.

Maintenant qu’elle l’avait mentionné, j’avais entendu dire que Juna était censée avoir vingt ans cette année, tout comme Souma.

« C’est quelque chose que Sa Majesté a réalisé plus tard, mais dans son monde, une année est apparemment de 365 jours, » déclara Excel. « Les années dans notre monde sont de 384 jours, donc avec l’écart entre les deux, vous auriez un an de plus dans le monde de Souma. »

L’écart entre les années des deux mondes était de 19 jours. 365 divisé par 19... Dans environ 19 ans, cela équivaudrait à une différence d’une année entière.

Cela avait provoqué chez Juna une panique rarement vue. « S-Suis-je donc vraiment plus vieille que Sa Majesté Souma ? Excusez-moi, qu’a dit Sa Majesté à ce sujet ? Il n’est pas contre une femme plus âgée, n’est-ce pas ? »

Je ne pensais pas que Souma rejetterait Juna juste parce qu’elle était plus âgée que lui, mais elle ne pouvait probablement pas s’empêcher d’être inquiète. À ce propos, quand elle avait mentionné la possibilité de ne pas vouloir une femme plus âgée, Aisha avait l’air d’avoir été touchée par une balle perdue. Après tout, vous ne pourriez jamais dire quel âge avait quelqu’un des races à longue espérance de vie en se basant sur leur apparence. On ne nous avait pas dit quel âge elle avait en ce moment.

Excel avait affiché un large sourire à Juna. « Ne t’inquiète pas. C’est ce que Sa Majesté Souma a dit : “Dans mon monde, il y avait un proverbe : ‘Trouve une femme d’un an plus âgée, même si tu dois porter des sandales en métal pour le faire.’ Juna est une femme qui vaut la peine de porter des sandales en métal qui ne s’useront pas, et qu’on cherche dans le monde entier pour la trouver. Il n’y a aucun problème avec ça.” »

« ... Je suis heureuse, » Juna semblait profondément soulagée.

Ensuite, c’était au tour d’Aisha.

« L’évaluation de Sa Majesté d’Aisha était..., » Excel s’interrompit lors de sa lecture.

« Euh !? Pourquoi vous êtes-vous soudainement arrêté là ? » Aisha s’écria.

« Eh bien... “Elle est comme un animal de compagnie.”, » continua Excel.

« Il a dit quoi !? » s’écria Aisha.

« « « Oh... » » »

« Quoiiii !? Pourquoi avez-vous toutes l’air satisfaites de cette réponse ? » cria Aisha.

Non je veux dire que... vous savez ? Après tout, quand Aisha est avec Souma, elle était comme un chien de compagnie, attrapant la proie de son maître et ensuite, « Louez-moi, louez-moi » alors qu’elle remuait la queue.

« Selon Sa Majesté Souma, “Aisha est une guerrière forte, noble et belle. Il serait juste de l’appeler la plus grande guerrière de ce royaume. C’est rassurant de l’avoir à mes côtés... ou cela devrait être ainsi, mais j’ai l’impression que je ne peux pas la laisser seule parfois. C’est censé être son travail de me protéger, mais je finis par vouloir la protéger... Eh bien, quand il y a eu ce désastre dans la Forêt Protégée par Dieu, j’ai vu à quel point elle pouvait être fragile sur le plan émotionnel.” Et à ma question de “Y a-t-il quelque chose dans votre esprit à son sujet ?”, il m’a répondu, “Je pense que cela serait le fait que nous pourrons nous asseoir à la même table pour toujours”. »

« Uwahhh! J’ai échoué en tant que garde du corps ! » pleura Aisha. « Mais quand il dit : “Je ne peux pas la laisser seule” et “Je veux la protéger”, cela m’a fait me sentir un peu heureuse et stupide que je suisssss ! »

Pendant qu’Aisha posa sa tête sur le bureau, coincée entre le sentiment de bonheur et de pathétique, Roroa lui tapota doucement le dos. On dirait qu’Aisha était en état de choc, mais quant à moi... Je me sentais peut-être un peu jalouse d’elle ? Si elle était comme un animal de compagnie, cela signifiait qu’il la chérissait tellement, et je voulais aussi qu’il dise qu’il voulait me protéger.

Attends ! Ai-je toujours été sujette à la jalousie ?

En entendant Souma féliciter ses autres fiancées, je m’étais surprise à me sentir jalouse d’elles, et ça m’avait un peu choquée. C’était un sentiment que je ne pouvais pas me permettre d’embrasser, n’est-ce pas ? J’étais la candidate pour devenir la première reine primaire de Souma. Plus que quiconque ici, je devais respecter l’harmonie entre les sœurs reines. Je sentais que la main qui tenait mon col était plus serrée.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît.

Un commentaire




  1. 0



    0

    Merci pour ces cours particuliers 🙂

Laisser un commentaire