Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 3

***

Chapitre 3 : Résolution

Partie 3

Il était également possible d’élever son rang avec seulement des demandes de livraison, mais ce n’était pas recommandé. Si l’on devait gravir les échelons sans acquérir de l’expérience dans de vrai combat, tout ce qui les attendrait serait une mort atroce plus tard.

« Au fait, M. Mikoshiba, puisque vous avez chassé autant, je suppose que vous avez pas mal de crocs et de fourrures, n’est-ce pas ? »

« Oui. Les démanteler était pénible. J’allais les emmener au magasin de curiosités après. »

« Alors peut-être voudriez-vous faire des demandes de provisions ? »

« Demandes de provision… ? »

Ryoma inclina la tête face à ce terme inconnu.

« Oui. Ça rapportera moins d’argent que de les vendre en magasin, mais ça vous aidera à élever votre rang plus vite, donc ça devrait payer plus à long terme. »

« Oh, vraiment ? », dit Ryoma, apparemment intéressé.

Il était le genre de personne fondamentalement attentif pour maximiser ses gains.

« Oui. Vous savez que vous ne pouvez accepter que les demandes qui sont du même rang que le vôtre ou inférieures, hein ? »

Il s’était souvenu que cette mention avait été faite lors de l’inscription à la guilde.

« Oui, et alors ? »

« En fait, lorsque vous soumettez une mission dont le rang est inférieur au vôtre, votre gain de points devient nul, mais votre paiement est double. Ça ne s’applique qu’aux demandes de chasse. »

C’était plutôt alarmant à entendre pour Ryoma. Le livret n’en parlait pas.

« Quoi !? »

« De cette façon, quand des aventuriers qualifiés s’attaquent à des demandes multiples d’un rang inférieur, ils gagnent beaucoup plus. »

« Je vois ! »

Avoir un bon classement est intéressant. Autant prendre le risque de l’augmenter.

Dans sa situation, il n’y avait rien de tel que d’avoir trop d’argent, et même s’il était financièrement stable pour le moment, on ne savait pas quand cela pourrait changer. Bien qu’il ait voulu éviter d’attirer l’attention sur lui, il semblerait qu’il y ait beaucoup davantage à augmenter son niveau, et il préférait prendre le temps de le faire monter maintenant, tant qu’il en avait encore le loisir.

« Je comprends. Le comptoir de réception est au premier étage, n’est-ce pas ? »

« Oui, juste après l’escalier. »

Inclinant la tête, Ryoma monta rapidement les escaliers.

« Bonjour. Vous êtes là pour les demandes de provisions, pas vraies ? »

« Oui. J’aimerais prendre toutes les demandes d’articles que l’on peut obtenir des chiens sauvages, des abeilles et des lapins. »

Le jeune réceptionniste assis au comptoir expliqua les détails de chaque demande les unes après les autres d’une manière expérimentée.

« Voilà les tarifs, vous obtiendrez deux pièces de cuivre par croc de chien sauvage et cinq par fourrure, deux pièces de cuivre par dard d’abeille sauvage et cinq par aile, et une pièce de cuivre cuivre par oreille de lapin sauvage et cinq pièces de cuivre par fourrure. Vous gagnerez un point par article livré. Il n’y a pas de date fixe pour le traitement de ces demandes. Les remettre au comptoir de livraison accomplira la tâche. »

« Dans ce cas, je vais les prendre. »

« Très bien. Bonne chance à vous. »

Après cet échange assez simple, Ryoma était retourné au comptoir de livraison.

« Avez-vous accepté les demandes ? »

La même réceptionniste accueillit Ryoma avec le sourire.

« Oui, je les ai toutes acceptées. »

« Hein ? Toutes ? »

L’expression de la réceptionniste s’était assombrie à sa réponse.

« Hein ? Je n’aurais pas dû faire ça ? »

« Oh, non, rien de tel. Mais je voulais mentionner que si vous livrez tous les articles que vous avez, vous aurez plus de points qu’il n’en faut pour passer au rang E. »

Ryoma avait compris ce qui la tracassait. S’il devait se classer au rang E, les demandes de rang F cesseraient de lui rapporter des points. Et s’il ne gagnait plus de points, cela ne servait à rien de les remettre à la guilde. Les vendre en ville serait plus logique financièrement.

Eh bien, peu importe… Je meurs de faim et il se fait tard… J’ai encore besoin d’aiguiser mon épée, de manger quelque chose et de trouver une auberge. Une fois cela terminé, il sera dix heures du soir… Je vais simplement penser à cela comme un apprentissage de la vie.

En consultant l’horloge sur le mur de la guilde, il constata qu’il était déjà huit heures du soir. C’était l’heure idéale pour dîner et trouver une auberge où loger.

« Pour l’instant, cela ne me dérange pas. Je vais tous les remettre. »

Il aurait pu refuser les demandes, mais cela aurait fait perdre des points, ce qui aurait rendu le calcul encore plus ennuyeux. Il pouvait probablement ajuster le nombre d’items afin de ne pas gaspiller les points ou l’argent gagné, mais il était incapable de faire ce genre de raisonnement avec l’estomac vide et l’esprit fatigué.

« Compris. Je vais donc prendre le matériel. »

Ryoma étendit le contenu de son sac à dos sur le comptoir.

« Tu te fous de moi !? »

Un cri résonna dans le comptoir d’accueil du premier étage.

Ryoma venait de rapporter ses demandes de provision et d’élever son rang à E. En montant au premier étage avec l’intention de partir et de chercher un endroit pour manger, Ryoma était arrivé à la vue de cet homme.

« J’ai risqué ma putain de vie pour compléter cette demande ! Et maintenant, tu dis que tu ne peux pas me payer pour ça !? »

Les cheveux du grand homme étaient ébouriffés et il était vêtu d’une armure de fer. Cet homme inconnu se disputait avec le réceptionniste avec laquelle Ryoma avait accepté les demandes de tout à l’heure.

« Je vous l’ai déjà dit ! Vous avez éliminé les mauvaises cibles, donc on ne peut pas payer pour votre travail. La date d’échéance pour cette demande étant dépassée, alors payez votre pénalité ! »

Cette jeune personne apparemment silencieuse et délicate parlait avec détermination à la brute qui se trouvait devant lui.

« Est-ce que j’ai l’air d’une sorte de pigeon pour toi !? J’ai fouillé de fond en comble pour les trouver ! »

« Mais ne vous l’avais-je pas dit, M. Golaes !? Vous devez vous assurer que vous comprenez bien les détails de la demande ! »

« Bordel ! » L’homme d’âge mûr avait éclaté. « N’êtes-vous pas l’observateur ici !? »

« M. Golaes, vous avez acquis la réputation d’un mercenaire, mais vos talents d’aventurier vous font défaut. La demande que vous avez faite impliquait l’assujettissement de la brigade de la lune pourpre, mais votre recherche n’a rien donné. Et pendant que vous vous relâchiez dans vos enquêtes, vous avez tué des bandits que vous avez croisés au hasard. », dit-elle en secouant la tête

Le jeune homme faisait maintenant profil bas.

« Comme la Guilde vous l’a conseillé, votre enquête aurait dû être plus approfondie. Il est indéniable que les bandits que vous avez tués n’étaient pas les bons. Nous avons récemment appris qu’un village voisin a récemment fait l’objet d’un raid de la brigade de la lune pourpre et que plusieurs jeunes femmes ont été enlevées. »

Le regard aiguisé du réceptionniste poignarda Golaes.

« Je ne vais pas dire que les dommages sont entièrement de votre faute, M. Golaes, mais si vous aviez bien accompli votre tâche, cela aurait pu être évité ! », avait-elle expliqué, les yeux inébranlables.

« Dans cet esprit, avez-vous encore des plaintes concernant le traitement de la guilde ici ? »

C’était l’image même d’une remarque poignardante.

Le ton aigu du jeune employé fit graduellement tomber l’homme enragé. Il semblerait qu’il ne soit pas aussi bête qu’il le paraissait. Au moins, il était assez intelligent pour se rendre compte que c’était de sa faute.

« Ugh… je suis désolé… je comprends. Je vais payer la pénalité. »

« Je suis désolée, M. Golaes. »

L’expression du réceptionniste s’adoucit.

« J’ai parlé durement. Acceptez mes excuses. »

Il inclina la tête devant Golaes.

« Non, c’est ma faute. Je suis désolé… j’ai pris cette tâche parce qu’il s’agissait d’une tâche de rang inférieur, mais j’imagine que vous ne pouvez pas envoyer un mercenaire faire le travail d’un aventurier… Allez-y, imputez la pénalité à mon compte. »

Avec ces mots d’adieu, Golaes sortit de la guilde, les épaules affaissées.

Mec, j’étais naïf…

Ryoma n’était tombé sur cette scène que par accident, mais cela l’avait choqué au plus profond de lui-même.

Qu’est-ce qui m’a pris ? De croire que ces demandes ne sont pas réelles, comme si elles faisaient partie d’un jeu ? Après tout, j’envisageais d’en laisser tomber quelques-unes.

Les demandes n’étaient pas quelque chose que l’on pouvait accepter ou refuser facilement. Dans ce monde, c’était une question de vie ou de mort. Ryoma réalisa à quel point il avait été naïf.

« Quelque chose ne va pas, M. Mikoshiba ? » Le réceptionniste remarqua que Ryoma le regardait fixement et s’approcha.

« Ah, non. J’en ai fini avec mes demandes de provisions, alors je pensais retourner à l’auberge pour aujourd’hui et revenir demain pour obtenir du travail, » dit Ryoma, légèrement submergé par la douceur du ton de la jeune personne, comparé à la sévérité du ton qu’il avait adopté quelques instants auparavant.

« Je vois. C’est comme ça que vous êtes tombée sur cette petite scène. On vous a fait peur ? »

« Ouais… C’est exact. »

Pendant un moment, les traits délicats du réceptionniste semblaient plus menaçants que l’imposante personne qu’était Golaes. Cela était certainement dû à la conviction et la vigueur du réceptionniste.

« Vous seriez surpris de voir combien de fois on a des gens comme ça. »

L’expression du réceptionniste s’était assombrie.

« Ceux qui ne réussissent pas leurs quêtes ? »

« Oui. »

Le garçon répondit à la question de Ryoma d’un signe de tête et d’un froncement de sourcils.

« Ceux qui ne peuvent pas distinguer leurs propres caractéristiques et expériences finissent comme M. Golaes. C’est un mercenaire très habile, on n’a jamais reçu aucune plainte concernant ses compétences au combat. En fait, il a peut-être attaqué les mauvais bandits, mais il les a battus un contre dix. Cependant, il est tout simplement trop peu sensibilisé à des questions comme l’investigation et l’exploration. Et pour cela, il aurait pu choisir de faire équipe avec d’autres aventuriers. »

« Je vois. Donc si vous ne pouvez pas faire quelque chose, vous pouvez faire équipe avec ceux qui le peuvent. »

La réponse de Ryoma avait adouci l’expression du réceptionniste. Il ressemblait à un professeur qui venait d’entendre son élève donner la réponse qu’il voulait entendre.

« Heheheheh. Vous êtes honnête et intelligent. Continuez à travailler dur. »

« Je le ferai. Merci beaucoup. »

Le garçon sourit et s’en alla, mais s’arrêta soudain, comme s’il se souvenait de quelque chose.

« Oh ! Oui. Au sujet de la brigade lunaire pourpre dont nous avons parlé dans la conversation. Ils ont récemment attaqué des gens sur la route entre Melpheren et Alue, et les villages le long de cette route. Vous devriez faire attention si vous allez dans cette direction. »

Des bandits sur la route d’Alue… pensa Ryoma, fixant la personne dans le dos alors qu’il partait.

La route d’Alue. C’était l’une des villes le long de la route menant à la frontière orientale, et la prochaine destination de Ryoma.

« Ce n’est pas bon, fiston ! En acheter une nouvelle te coûtera bien moins cher. »

Ryoma alla voir le forgeron dont il avait entendu parler à la guilde pour faire aiguiser son arme, mais le vieil homme dit simplement cela après avoir examiné l’épée.

« Est-ce complètement inutile ? »

« Ouais. Comment diable l’utilises-tu pour en faire un objet aussi émoussé ? La lame est complètement arrondie. C’est un bâton glorifié. », dit le commerçant en se moquant

Eh bien, merde… Je n’aurais jamais pensé l’user en une seule journée…

Ryoma était certainement plus habitué à utiliser des lames que la moyenne des gens, mais il n’avait pas l’habitude d’en utiliser une pour couper la chair autant de fois en une journée.

« Euh, eh bien… Je l’ai utilisé pour chasser… »

« Elle est complètement tachée de sang et émoussée. De toute façon, combien de jours as-tu passés sans l’en occuper pour qu’elle soit en si mauvais état ? »

« Toute la journée aujourd’hui. Je l’ai acheté hier et elle était neuve… »

Pendant que Ryoma parlait, l’incrédulité devint visible sur le visage du forgeron.

« Ne me fais pas marcher, regarde dans quel état elle est ! Elle ne devient pas comme ça si tu tues seulement 10 ou 20 créatures. Il faudrait en tuer une centaine… »

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire