Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 7

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Chapitre 2 : Évasion

Partie 7

C’était une chaîne qui avait des poids attachés aux deux extrémités. Elle mesurait quatre-vingts centimètres de long et était très mince, de sorte qu’on pouvait facilement la dissimuler dans ses vêtements.

« Ah, celle-là. J’ai entendu dire qu’un homme de l’autre monde l’a amené ici. Y a-t-il quelque chose d’étrange dans cette chaîne ? », dit le vieil homme à propos de la chaîne dans les mains de Ryoma.

« Un homme de l’autre monde !? », Ryoma éleva la voix, surprit par ce mot inattendu.

« Ouais. Tout ce qui est sur cette étagère est apporté ou fabriqué par des gens de l’autre monde. »

Ryoma n’arrêtait pas de se demander pourquoi la culture orientale semblait s’y être mêlée de si près, mais ce que le vieil homme venait de dire expliquait tout. C’est parce qu’ils convoquaient depuis si longtemps des gens de races et d’origines diverses.

J’ai compris ! C’est pour cette raison que leur culture est si avancée dans certaines choses et moins dans d’autres !

En d’autres termes, les personnes convoquées avaient appliqué leurs connaissances variées et les avaient mises en pratique dans ce monde. La carte bancaire en était un bon exemple. Une personne moderne avait probablement été convoquée, et avait mis en œuvre ses connaissances dans les réseaux de gestion bancaires. Ryoma ne savait pas ce qu’ils faisaient dans un monde sans ordinateurs, mais il semblerait qu’ils employaient quelque chose qui n’était pas du domaine de la technologie.

Inversement, la raison pour laquelle ils utilisaient encore des parchemins était que peu de gens savaient réellement comment faire du papier. Ou peut-être que le fait de le faire en grande quantité était trop coûteux ?

Le papier est si accessible que peu de gens savent comment le fabriquer… Et il n’y a pas de machines pour le produire en masse.

Par conséquent, les domaines de connaissance que les gens convoqués étaient capables de faire progresser étaient à un niveau similaire à celui de la société moderne, alors que les domaines de connaissance que ne possédaient pas les gens convoqués étaient encore coincés à l’époque médiévale.

« Qu’est-ce qui vous arrive ? », demanda le commerçant, regardant Ryoma d’un air suspicieux.

« Ah ! Non… Euh, je pensais justement à quelque chose… », Ryoma reprit la chaîne pour se débarrasser de ses pensées.

Pas mal… Grand-père m’a appris à utiliser une chaîne lestée, et je peux la cacher dans mes vêtements. En plus de cela…

Il n’était pas très utile de cacher des armes dans ce monde, vu que les gens portaient ouvertement des épées et des lances. Mais c’est aussi pour cela qu’avoir un atout caché dans sa manche était inutile.

Après quelques délibérations, Ryoma choisit comme arme la chaîne lestée, ainsi que les chakrams comme armes de projectiles. On pourrait le décrire comme une sorte de CDs ayant des lames le long de leurs jantes.

Ryoma avait choisi les chakrams pour plusieurs raisons, mais la plus importante était le fait que les armes blanches avaient le plus grand potentiel pour blesser et tuer.

« Vieil homme, je vais prendre ces deux-là et une épée. »

« Je croyais que vous n’aimiez pas les épées ordinaires ? »

Le commerçant fut visiblement surpris par les paroles de Ryoma.

« Non, mais j’ai du travail demain. »

Après y avoir réfléchi si longtemps, Ryoma décida de choisir une épée à laquelle il n’était pas habitué. Toute arme trop nouvelle attirerait simplement trop l’attention.

« Est-ce vrai ? Si vous êtes pressé, c’est bon. Je vous en choisirai une que vous pourriez manier à une main. Remontons pour l’instant. »

« Merci. »

En reconnaissance, Ryoma inclina la tête devant le vieil homme, qui avait commencé à monter les escaliers.

Ryoma plissa les yeux alors que la lumière du soleil arrivait de l’est. L’épée qu’il avait achetée au forgeron était sur son dos, et les chakrams pendaient d’un sac en cuir sur sa taille. Son apparence était vraiment vaillante. Mais comme pour contredire délibérément son apparence, Ryoma passa nerveusement au crible le sac qu’il portait, vérifiant le poids de son contenu.

« J’ai failli y passer tout à l’heure… »

Il faisait allusion à quelque chose qui s’était passé hier, après son retour du magasin d’armes. Pendant qu’il dînait et qu’il recueillait des informations au Sea Rumble Parlor, il s’était soudain rendu compte de quelque chose.

« Ah ! »

Sa voix résonnait dans le restaurant qui, à cette heure de la journée, servait maintenant de pub.

Les regards de tous les clients se tournèrent vers sa voix.

« M-Madame… »

« Quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? », demanda le propriétaire, se précipitant aux côtés de Ryoma avec surprise.

Elle craignait qu’il n’y ait eu un insecte dans sa nourriture, mais à en juger par son expression, ce n’était pas ce genre de situation qui avait causé son accès de colère. Comme la propriétaire le lui avait demandé d’une voix stressée, Ryoma répondit d’une voix feutrée.

« La lettre. La lettre, je… »

« Ne me dis pas que tu as perdu la lettre que tu devais livrer !? », demanda-t-elle, son expression changeant.

Si c’était vrai, ce serait une grave erreur, et il devra sûrement payer une pénalité. Ou plutôt, la pénalité n’était pas un si gros problème. Ce genre d’erreur aurait pu être pardonnable s’il avait eu une expérience quelconque à son actif, mais le fait d’être un vrai novice et de se planter comme ça fera en sorte qu’il aura beaucoup plus de mal à trouver une nouvelle quête. Après tout, la guilde savait repérer les gens qui posaient problème.

« N, non… Pour commencer, je n’ai même pas reçu la lettre… »

La réponse de Ryoma fit mettre un sourire sur le visage de la propriétaire. Il semblerait que beaucoup de novices avaient déjà fait la même erreur auparavant.

« Oh ho… Tu as dû partir sans aller au comptoir de livraison, alors. »

« Le comptoir de livraison ? »

Les autres clients semblaient avoir compris la situation, puisqu’ils souriaient en regardant Ryoma.

« Regarde le novice. »

« Oui, j’étais aussi comme ça lors de ma première quête. »

« Cette satanée guilde et sa bureaucratie, ai-je raison ? »

Ryoma avait capté les chuchotements qui surgirent d’ici et d’ailleurs.

« Ahahahahahaha. »

La propriétaire rit fort, incapable de retenir son amusement plus longtemps.

Cela avait incité tous les autres à éclater de rire avec elle.

Ryoma ne comprenait pas pourquoi on se moquait de lui. Mais au moins, il semblait que ce ne soit pas une erreur fatale, ce qui le soulageait un peu plus. Pourtant, son cœur était encore irrité par le doute et l’irritation.

« Aha, désolé, désolé. »

Remarquant que Ryoma se vautrait dans le silence tout en étant la risée de tous, la propriétaire se calma et cacha sa bouche derrière son tablier.

« Je pense qu’à peu près tous les autres nouveaux arrivants finissent par tomber dans ce piège-là. »

Il y avait toujours un sourire évident sur son visage.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

Les paroles de Ryoma incitèrent les clients à se mettre à applaudir.

« Santé pour l’épreuve du novice, les gars ! »

« Gloire à la bureaucratie ! Ils ont fait une autre victime ! »

« Ne laisse pas ça t’atteindre et persévère, bizut ! »

La situation ne devenait pas plus claire, ce qui faisait que Ryoma fixait à nouveau la propriétaire avec perplexité.

« Et bien… Quand tu t’es inscrit à la guilde, ne t’ont-ils pas donné quelque chose ? », dit la dame en remarquant le regard de Ryoma

« De la guilde ? Juste ma carte, et… hé, attends un peu ! »

Ses paroles avaient paralysé l’esprit de Ryoma, il venait de se souvenir de quelque chose.

C’est ça ! Après mon inscription, elle m’a donné une sorte de livret !

La réceptionniste le lui avait remis après qu’il eut terminé son enregistrement. Ryoma l’avait simplement jeté dans son sac et l’avait oublié. Il était naturel qu’il le fasse jusqu’à ce que cela lui soit rappelé. C’était un épais livret de plus de cent pages. Personne ne le lisait dès qu’il le recevait, surtout pas quand il venait de s’inscrire.

« Essaie de regarder la page 3 de ce truc. »

Poussé par les paroles de la dame, Ryoma sortit le livret du sac.

« Là… »

En plaçant le livret sur la table, Ryoma avait vu que cela s’intitulait « Information pour les débutants de la guilde ».

C’était rempli d’informations essentielles que les gens qui recevaient des demandes de la guilde avaient besoin de connaître.

« Tu as accepté une demande à la réception de la Guilde, n’est-ce pas ? »

Ryoma acquiesça à sa question.

« Eh bien, la réception ne fait rien d’autre que la réception. Après avoir pris une demande de livraison, tu dois aller au comptoir de livraison et prendre ce que tu dois livrer. »

Cela semblait simple en l’entendant expliquer ainsi, mais Ryoma ne se sentait pas vraiment convaincu. Il n’essayait pas de trouver des excuses, mais il estimait qu’il serait probablement plus efficace qu’on lui donne l’article en question une fois la demande acceptée. Bien sûr, il n’était pas très bien placé pour le dire vu qu’il avait simplement jeté le livret dans son sac et l’avait oublié, mais il ne se sentait toujours pas responsable de cela.

Mais il semblerait que cela arrivait assez souvent aux gens. La propriétaire avait probablement vu plusieurs débutants faire la même erreur, il n’était donc pas étonnant qu’elle ait compris ce qui s’était passé juste à cause de ce murmure de sa part.

« Tu as l’air plutôt mécontent. Eh bien, comme le système peut être un peu compliqué, la guilde fournit ces livrets, mais la majorité des gens ne lisent pas. Après tout, c’est la première fois qu’ils s’inscrivent et en plus c’est leur premier emploi. Ils sont si nerveux qu’ils oublient ce satané livret. C’est comme la première épreuve qu’un nouveau venu doit surmonter. »

Il semblerait qu’elle comprenait assez bien le mécontentement de Ryoma et qu’elle lui expliquait les choses avec le sourire.

« La guilde est-elle encore ouverte ? »

Il était 20 h 30 du soir. La plupart des magasins, à l’exception des pubs, étaient fermés à ce moment. Si la guilde était fermée, il faudrait qu’il perde du temps demain jusqu’à l’ouverture. Il semblerait cependant que ses préoccupations étaient sans fondement.

« Heheheheh. La guilde est ouverte 365 jours par an, 24 heures sur 24. Tout cela est écrit dans le livret, au fait, alors assure-toi de le lire. »

En entendant cela, Ryoma s’empressa de finir son dîner composé de viande grillée. Laissant son argent pour le repas sur le comptoir, il se précipita vers la sortie du magasin et inclina la tête devant la dame en signe de gratitude. Il se dirigeait, bien sûr, vers le comptoir de livraison de la guilde.

« Oui ! Voilà l’objet en question. Bonne chance pour la livraison, M. Mikoshiba. »

Une femme portant des lunettes tendit à Ryoma une enveloppe recouverte de papier huilé.

« C’est scellé avec de la cire. Mais faites attention, si le sceau est brisé, que vous ayez vu ou non ce qu’il y a à l’intérieur, nous devrons vous faire payer une amende. »

En vérifiant le panneau d’information près de l’entrée de la guilde, Ryoma s’était rendu au premier sous-sol de l’immeuble, où se trouvait le comptoir de livraison. Ryoma présenta sa carte, et la fille au comptoir apporta rapidement la lettre. Les choses auraient cependant pu finir aussi facilement et beaucoup plus vite si seulement il avait simplement lu le livret plus tôt.

Je suppose que mieux vaut tard que jamais.

Bien qu’il soit encore amèrement réticent à admettre qu’il avait tort, Ryoma était reconnaissant pour sa chance. Il retourna ensuite à son auberge qui faisait face à la rue principale pour passer la nuit, et le lendemain matin il partit de la capitale d’O’ltormea.

« Fwaaaaah… »

Un bâillement s’échappa de la bouche de Ryoma.

À cette heure aussi matinale, il n’y avait personne sur la route vers Melpheren à l’exception de Ryoma. Après être retourné à l’auberge, Ryoma avait suivi les conseils que la propriétaire du Sea Rumble Parlor lui avait donnés et avait lu la brochure Information pour les débutants de la guilde. Il ne savait pas tout, mais il maîtrisait les bases. Cependant, comme il l’avait lu jusque tard dans la nuit, il s’était couché à une heure assez tardive.

Il avait aussi reconfirmé le prix des médicaments et des antidotes, pour s’apercevoir qu’ils étaient plutôt chers. D’après l’explication écrite sur la bouteille, il était plutôt efficace pour traiter les blessures, mais financièrement parlant, ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait utiliser facilement.

Si c’était dans un jeu vidéo, ce serait les articles les moins chers que vous pourriez acheter…

Une autre différence frappante entre ce monde et un jeu vidéo était que s’il devait mourir, il n’y aurait pas de suite. En considérant cela, Ryoma s’était rendu compte que ce genre de médicament n’était pas quelque chose à propos de quoi il devait être avare.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

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