Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Évasion

Partie 3

D’après ce qu’il avait vu, le niveau de vie dans ce monde était globalement inférieur à celui du Japon. L’idée d’envoyer les enfants à l’école et de les éduquer n’existait pas vraiment ici. Ryoma lui-même était assez bien informé et croyait que si seulement il était embauché, il ne serait pas en mesure de produire des résultats avant un moment. Il n’était pas immédiatement utile. Si l’âge auquel les travailleurs commencèrent à travailler était si bas, il était peu probable qu’une entreprise embauche Ryoma, et il n’avait pas le courage ou le désir de repartir de zéro avec ces enfants de dix ans, peu importe combien cela serait contre nature.

« Tu as dit que tu étais bon avec une épée, n’est-ce pas ? Et regarde ton grand corps. Pourquoi ne pas essayer d’être un mercenaire ou un aventurier ? », dit la dame en regardant Ryoma avec pitié.

C’était les mots qu’il s’attendait à entendre.

« Je suppose que ce serait mon meilleur choix… Mais comment peut-on devenir l’un d’entre eux ? »

« Quoi, ne le sais-tu pas ? »

« Non, je ne suis pas du tout familier avec ça… Peux-tu me dire si tu sais quelque chose ? »

Avec une expression complètement perplexe et un ton poli, Ryoma dissipa toute suspicion dans son cœur et lui donna l’envie de l’aider.

« Eh bien, je ne suis pas vraiment au courant de tout ça. Mon magasin est juste affilié à la guilde. Après la tombée de la nuit, des aventuriers et des mercenaires viennent prendre un verre chez nous. »

« S’il te plaît, dis-moi tout ce que tu sais. », dit Ryoma en baissant la tête.

« Ce n’est vraiment rien d’important. Il suffit d’aller à la guilde, de faire enregistrer tes informations personnelles, et c’est tout. »

« Hmm ? J’ai entendu dire quelque part qu’ils vérifient les antécédents… »

C’est ce qui inquiétait le plus Ryoma. En tant qu’habitant de l’autre monde, il n’était inscrit dans aucun recensement et n’avait pas non plus de garants. S’ils s’intéressaient à son passé, Ryoma se retrouverait essentiellement sans défense, et sa seule option restante serait de devenir un voleur. Mais la réponse de la dame apaisa ses inquiétudes.

« Ils n’ont pas d’antécédents à la guilde des aventuriers. Tu n’as qu’à t’y rendre de ton propre chef et à compléter les procédures d’inscription. Tu n’as besoin de faire vérifier tes antécédents par un garant que si tu essayes de devenir marchand ou artisan, ou si tu essayes d’être un soldat. »

En écoutant la dame parler, le doigt appuyé contre son menton, le visage de Ryoma s’illumina d’un sourire. Si ce qu’elle disait était vrai, trouver du travail ne poserait pas trop de problèmes.

« Vraiment !? Oh, je suis si content de t’avoir posé cette question. Je me souviens que la dernière personne à qui j’ai posé la question m’a dit qu’il fallait vérifier ses antécédents ! Je ne savais vraiment pas quoi faire. Mais je suppose qu’ils ont dû mal se souvenir. »

Pendant qu’il parlait, Ryoma vida joyeusement sa tasse. Le liquide frais, de couleur ambre, assécha sa gorge sèche.

« Je parie qu’ils l’ont confondu avec la procédure pour devenir marchands ou autre. Au fait, pour arriver à la guilde, prend l’allée de gauche pour arriver à la rue principale, elle devrait être droit devant. »

« Merci beaucoup, madame ! Je crois que je vais y aller tout de suite. »

« Vraiment ? Alors, promets-moi de revenir me raconter comment ça s’est passé, et de dîner pendant que tu y es. »

« Sans faute ! Dans ce cas, puis-je avoir la facture ? »

« Bien sûr que oui. Un déjeuner pour une personne, cela fera cinq pièces de cuivre. »

« D’accord, cinq pièces de cuivre… »

Ryoma fouilla à travers le sac sur sa taille, plaçant les pièces de cuivre une par une.

« Euh, désolé… Cela pourrait prendre une minute… »

Après avoir placé trois pièces de monnaie, sa main s’était soudainement arrêtée.

Attends… c’est l’occasion parfaite pour moi de savoir combien valent l’argent ici.

Il avait certainement assez de pièces de cuivre. En fait, la majorité des pièces qui remplissaient son sac étaient en cuivre, et pour être juste, il aurait préféré en transporter moins si possible. Mais payer normalement comme ça serait une opportunité gâchée. Ryoma prit une pièce d’argent du sac et la plaça dans sa main. Après tout, il aurait été bizarre de sortir une pièce d’or.

« Mon Dieu, n’as-tu pas de monnaie ? »

La dame arqua un sourcil, tandis que Ryoma reprenait les pièces de cuivre et lui remit à la pièce une pièce d’argent.

« Je suis désolé, je n’ai plus assez de pièces de cuivre. Peux-tu m’en donner avec ça ? »

Ryoma baissa la tête et s’excusa.

« Hmm… Eh bien, si tu en es sûr. Mais tu devrais faire attention. Même dans la capitale, il y a des magasins qui ne rendent pas la monnaie. »

C’est ce qu’avait dit le propriétaire tout en se dirigeant vers la cuisine.

« Voilà ta monnaie, 95 pièces de cuivres. Assure-toi de les compter correctement. »

Elle était revenue de la cuisine, les plaçant par groupes de dix et un seul groupes de cinq.

Leur poids était évident juste d’après le son qu’ils faisaient, et à en juger par la façon dont elle avait géré la situation, Ryoma avait également réalisé que la plupart des gens n’utiliseraient pas de pièces d’argent pour payer.

Je m’en doutais, mais je vais devoir échanger cet argent. Ça va être dur de se promener avec toute cette monnaie sur moi.

Peut-être que ses pensées étaient apparentes dans son expression, parce que le propriétaire lui avait souri avec ironie.

« Tu n’as pas de carte, chéri ? Nous sommes affiliés à la guilde, tu devrais donc utiliser ta carte la prochaine fois. Le système n’existe que depuis quelques années, et seules d’autres grandes villes comme la capitale l’ont aussi adopté, alors je suppose qu’il est naturel que tu n’en aies pas. Cependant, c’est assez pratique. »

Une carte ? Comme, une carte de crédit ?

Le mot me semblait trop déplacé. Mais ne voulant pas donner l’impression qu’il ne savait pas, Ryoma joua le jeu.

« Non, j’ai perdu la mienne. Je ne savais pas quoi faire… J’ai pensé que ça devrait aller pour un moment puisque j’ai de l’argent sur moi, mais… »

« Oh, je vois. Eh bien, seule la personne dont le nom est inscrit sur la carte peut l’utiliser, tu ne devrais donc pas te soucier de ton argent. Pourquoi ne pas aller à la banque et la faire réémettre ? Tu pourras le faire en allant à la guilde. »

La banque, hein ? Il y en a donc dans ce monde…

« N’ont-ils pas besoin d’une preuve d’identité pour me la rééditer ? », demanda Ryoma, juste pour être du bon côté.

« Ce n’est pas le cas. Comme la première fois qu’ils l’émettent, ils te demandent tes détails physiques et la font tout de suite. »

« Oh, vraiment ? Je ne le savais pas. Merci, tu m’as été d’une grande aide ! », dit Ryoma tout en baissant de nouveau la tête vers la dame.

« Ne t’en fais pas, chéri ! Viens manger un autre morceau un de ces jours ! »

Se séparant du propriétaire, Ryoma s’était frayé un chemin à l’extérieur du magasin jusqu’à la rue principale. Comme on lui avait dit au Sea Rumble Parlor, il avait pris un virage dans l’allée pour sortir dans la rue principale, jusqu’à ce qu’il ait deux bâtiments en vue. L’un était marqué d’un signe montrant un sac plein de pièces de monnaie et l’autre d’un signe montrant un soldat vêtu d’une armure.

Ce sont des signes assez faciles à comprendre… Je suppose que cela montre bien que le taux d’alphabétisation est faible par ici… Eh bien, peu importe. Je dois juste déposer ce butin.

En gardant cela à l’esprit, Ryoma était entré dans la banque. La totalité des huit sacs d’argent était en fait assez lourd à transporter. Il ne savait pas si les pièces d’or étaient faites d’or véritable. Les pièces d’argent pesaient à elles seules une cinquantaine de grammes, ce qui signifiait que plusieurs dizaines de pièces d’argent pesaient plus de 500 grammes. Et les pièces d’or, qui était minoritaire, pesaient probablement le même poids au total. En ajoutant à cela les pièces d’argent et de cuivre, il se promenait avec presque certainement cinq ou six kilogrammes de pièces.

Je suppose que c’était naturel pour le vieil homme, mais même les soldats avaient beaucoup d’argent sur eux. Je suppose que j’ai eu de la chance là-bas… Mais c’est quand même assez lourd.

Il avait une petite fortune dans ces mains, ce qui lui donnait un sentiment de sécurité, mais d’un autre côté, c’était un fardeau certain. Ryoma voulait se délester du maximum de poids inutile, sachant qu’il était activement poursuivi.

« Bienvenue. En quoi puis-je vous aider aujourd’hui ? »

Ryoma traversa l’entrée de la banque et, en entrant dans le hall, fut accueilli par un homme d’âge moyen. C’était comme s’il était entré dans une banque japonaise normale. L’homme était vêtu de noir de haut en bas avec une blouse en dentelle et portait une cravate rouge autour du cou.

Un costume ? Pourquoi porte-t-il un costume ?

Plus Ryoma voyait ce monde, moins il semblait le comprendre. Au début, il avait pensé que c’était comme l’Europe médiévale, mais il y avait aussi quelques aspects bizarrement modernes. La mention de la carte et du costume de cet homme en était de parfaits exemples.

C’est comme un mélange confus de choses complètement différentes et tout à fait familières…

« Excusez-moi, monsieur… ? », demanda l’homme, tremblant légèrement devant le regard de Ryoma.

« Oh, désolé. C’est la première fois que je viens ici… J’aimerais ouvrir un compte, s’il vous plaît. »

L’homme acquiesça gracieusement aux paroles de Ryoma et lui fit signe à l’intérieur. Évidemment, des choses comme les guichets automatiques étaient tout aussi inutilement compliquées dans ce monde.

« Par ici, monsieur. »

« Merci. »

« Il est ici pour ouvrir un compte. S’il vous plaît, occupez-vous du reste. »

L’homme donna simplement ces instructions à la guichetière, puis il partit.

« Bienvenue, monsieur. Vous souhaitez ouvrir un compte, n’est-ce pas ? »

La caissière assise derrière le comptoir regarda Ryoma avec le sourire. Elle portait une veste bleu foncé et un ruban rouge. C’était vraiment le genre d’accueil qu’une réceptionniste aurait fait, ce qui aurait été tout à fait normal… s’il n’avait pas été dans un autre monde, en fait.

« Oui, c’est la première fois que je viens ici, donc je ne sais pas trop quoi faire. Merci. »

Inclinant poliment la tête, Ryoma s’assit sur la chaise en face d’elle.

Un bon aspect de la personnalité de Ryoma était de pouvoir demandé de l’aide quand il en avait besoin. C’était beaucoup plus sûr que de faire semblant d’être au courant de choses dont il n’avait pas la moindre idée.

« Très bien. Pouvez-vous écrire votre nom ici, monsieur ? », dit la caissière en sortant un morceau de papier parchemin et un stylo.

Eh bien, ça ne ressemble certainement pas à du vrai papier… Donc je suppose que c’est du parchemin ?

Étouffant sa curiosité, Ryoma prit le stylo et le parchemin.

Nom : Ryoma Mikoshiba

Âge : 16 ans

Il avait rempli son nom et son âge sans y penser trop profondément, et laissa la colonne adresse vide. C’était en rendant le parchemin à la caissière que Ryoma réalisa quelque chose.

Attendez, ce que je viens d’écrire… C’était du japonais ? Qu’est-ce que j’ai écrit là-dedans ? J’ai écrit mon nom, n’est-ce pas ?

Néanmoins, la jeune fille travaillait encore sans y prêter attention. Au moins, elle semblait avoir compris ce qu’il avait écrit.

« Vous êtes donc M. Ryoma Mikoshiba, 16 ans. Cette information est-elle correcte ? »

La caissière dirigea une expression pénétrante sur le visage de Ryoma. Peut-être que Ryoma n’avait pas l’air d’avoir seize ans, parce qu’elle le regardait d’un air suspicieux.

« Oui. Je suppose que je n’en ai pas l’air ? »

Ryoma était tellement habitué à ce que les gens soient surpris de son âge que cela ne l’embêtait même plus.

Ouais, ouais, je sais, j’ai l’air vieux…

Il avait l’intention d’écrire son nom en japonais, mais les lettres sur le parchemin n’étaient pas familières. Ryoma ne comprenait pas la logique, mais la caissière avait accepté le document. Il décida donc que ce n’était pas le moment de remettre en question ces détails.

« En fait, a-t-on le droit d’ouvrir un compte à seize ans ? », demanda Ryoma calmement.

C’était la possibilité la plus effrayante pour lui, mais la caissière secoua la tête.

« Oh, pas du tout, votre âge ne sera pas un problème. C’est juste que… vous êtes très mature et calme, monsieur, alors votre âge est une surprise. Je dois m’excuser d’avoir été impolie. »

Ryoma ne pouvait pas honnêtement dire qu’il était satisfait de cela, mais les gens qui le croyaient plus âgé qu’il ne l’était à cause de son apparence étaient de toute façon égaux.

« Oh. C’est bon, on me le dit souvent. Alors, pourriez-vous m’ouvrir mon compte ? » dit-il en souriant calmement à la caissière

« Bien sûr. Attendez un instant que je fasse votre carte. »

Avait-elle dit, tout en commençant à écrire quelque chose sur un morceau de papier de la taille d’une carte de visite.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

  2. A force d'invoqué des japonais, ce monde a finit par avoir des éléments du monde moderne 🙂 Bizarre que la carte d'identité n'a pas été introduit.

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