Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 6

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Convocation

Partie 6

C’était un pari risqué. Si le capitaine avait fait une frappe horizontale, le corps de Ryoma aurait été coupé en deux. Mais il avait décidé de faire une frappe de la jambe droite à l’épaule gauche, et ce choix avait scellé le duel.

Après être passé derrière le capitaine, Ryoma donna un coup de pied dans le dos exposé. Il l’avait fait pour positionner le corps du capitaine comme bouclier. Et cette décision était la bonne.

« Rassemblez-vous à mes côtés. Respectez ma volonté et écrasez mon ennemi ! Tempête ! »

Au moment où Ryoma plongea à terre, le vieil homme termina son incantation et des rafales se firent et de lourds éclairs sortirent de ses mains.

« Il est tombé raide mort ! »

Le vieil homme cracha après avoir lancé son puissant sort.

Contrairement à sa respiration lourde, le visage du vieil homme était déformé par un sourire, manifestement satisfait de l’avoir mis à mort. Parmi tous les sorts magiques de son arsenal, il avait choisi ce dernier parce qu’il était particulièrement mortel et qu’il avait une incantation très courte. Personne ne pouvait l’affronter de front et survivre. Il avait confiance en la puissance de ce sort.

Ainsi, le vieil homme baissa la garde sans confirmer qu’il avait effectivement tué Ryoma… Il était loin de se douter de la fatalité d’une telle erreur.

Réalisant que le vieil homme avait baissé sa garde, Ryoma s’était levé immédiatement avec l’agilité d’un singe sauvage se jetant sur sa proie. En un clin d’œil, il réduisit la distance entre le vieil homme et lui-même. Le vieil homme, se rendant compte de ce qui se passait immédiatement, se mit à réciter une autre incantation, mais il était beaucoup trop tard.

« Quoi  ? C’est impossible ! Comment as-tu pu survivre à ça... Putain de merde. Tout-puissant — Ngh !? »

Submergé par le mur de chair qui se referma sur lui, le visage du vieil homme était ravagé par la douleur. Un son grave et lourd venait de son flanc droit. Son corps s’était raidi lorsqu’il était devenu incapable de bouger. Le coup de poing impitoyable de Ryoma fit sortir de force tout l’air de son poumon droit, interrompant ainsi son incantation. C’était assez facile à éviter une fois que l’on connaissait le truc.

Après avoir donné un coup de pied au capitaine, Ryoma plongea par terre. C’était tout ce qu’il avait besoin de faire. Si le vieil homme avait lancé un sort de feu à la place, la température élevée aurait causé de gros dégâts au corps de Ryoma, même s’il avait évité un coup direct. S’il s’était servi d’un sort de terre pour l’embrocher avec d’innombrables lances de pierre, Ryoma aurait sûrement été transpercé par eux.

Mais le vieil homme s’était servi d’un sort de vent et de foudre, qu’il avait considéré comme une attaque instantanée et mortelle. L’armure du soldat avait servi de paratonnerre et absorba l’attaque, tandis que Ryoma avait évité les rafales en plongeant sur le sol. Ryoma reprit instinctivement les mots que le vieil homme prononçait dans l’incantation et savait qu’il devait plonger.

Les gens étaient plus négligents quand ils étaient confiants. Le vieil homme croyait que sa magie était absolue, et que tout coup porté à son adversaire serait fatal. Ces deux excès de confiance avaient privé le vieil homme de sa victoire.

« Dis, vieil homme. C’est quoi, cet endroit ? »

Plusieurs des côtes du vieil homme étaient probablement cassées. Tandis que le vieil homme se démenait sur le sol, tenant son côté droit blessé, Ryoma lui parla d’une voix sereine. Mais ses yeux avaient une lueur froide qui gelait le sang qui coulait dans les veines de tous ceux qui osaient les regarder.

« Gaaah... »

La douleur priva le vieil homme de ses paroles.

« Hey ? C’est à toi que je parle. »

Ryoma n’avait cependant pas l’air de se soucier de l’état de santé du vieil homme.

Un grand bruit de claquement retentit dans la pièce. C’était le bruit du coude gauche du vieil homme brisé par un coup de pied de Ryoma. Il avait ensuite frappé le côté blessé du vieil homme avec le bout de ses doigts, sans hésiter.

« Allez, vieil homme. Réponds-moi. Tu as crié “meurt” et “tombe raide mort” plus tôt, pour que je sache que nous pouvions comprendre la langue de l’autre. »

L’apparence du vieil homme n’était pas très japonaise, mais Ryoma ne s’en souciait pas beaucoup pour l’instant. Tout ce qui importait, c’était qu’ils étaient capables de communiquer.

Un sourire doux se figea sur les lèvres de Ryoma. C’était un sourire vraiment doux et aimable. Mais aux yeux du vieil homme, rien n’aurait pu être plus terrifiant.

« Guuuh… »

Refuser de répondre à la question de Ryoma n’était pas une option pour le vieil homme. Il s’était immédiatement rendu compte que ce n’était pas un adversaire contre lequel il pouvait faire semblant de se taire. Mais il ne pouvait pas parler à travers la douleur. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de se recroqueviller et de résister à l’agonie causée par le coup de pied et ses côtes cassées.

« Allez, vieil homme. Tu sais, je n’aime pas vraiment faire ce genre de choses ! »

Ryoma saisit l’oreille gauche du vieil homme couché et la tordit. Étant donné qu’elle devait supporter tout son poids, celle-ci commença à se décoller, et avait lentement commencé à saigner.

« S-Stoppez. Laissez-moi partir. »

On ne savait pas ce qui se passerait s’il n’avait rien dit. Le cœur du vieil homme s’était rempli de terreur à cette pensée.

« Quoi ? Te laisser partir ? Tu ne sais pas demander un peu plus gentiment, connard ? Je pensais qu’une plus grande sagesse allait de pair avec l’âge. »

Le sourire restait sur les lèvres de Ryoma, mais ses yeux se plissèrent jusqu’à une fente et se figèrent dans un éclat dangereux. C’était peut-être la vraie nature de Ryoma Mikoshiba, qui n’avait jamais été vue par personne auparavant, scellée par les chaînes de la raison. Et ce vieil homme allait être la première victime malheureuse de cette nature primitive.

Un autre son sourd résonna sur le flanc du vieil homme et il laissa échapper un cri que personne ne pourrait faire entendre. Le corps bien construit de Ryoma avait déclenché un coup de poing gauche qui avait frappé le vieil homme. Ses 170 centimètres et ses 60 kilos furent projetés à deux mètres de distance.

Une flaque de sang rouge se répandit sur le sol. Ryoma avait continué à saisir l’oreille du vieil homme pendant qu’il le frappait, lui arrachant l’oreille. L’oreille coupée, ensanglantée, restait dans la main de Ryoma.

« Maintenant, mon vieux. Soyons honnêtes l’un envers l’autre. Je ne te poserai que quelques questions. »

Ryoma se dirigea avec confiance vers sa victime blessée. Pour lui, ce vieil homme n’était rien de plus qu’une chose en forme d’homme. Un excellent exemple de la façon dont, dès qu’une personne cesse de voir l’autre comme un être humain, elle pouvait être capable de toute atrocité.

« S-Stop… S-S’il vous plait. Je parlerai… je vous dirai… tout… »

Ses côtes cassées lui avaient probablement perforé les poumons, parce qu’à chaque mot que le vieil homme prononçait, du sang suintait de sa bouche. Son visage était rouge à cause du saignement de son oreille manquante. Il était peu probable qu’il puisse supporter plus de douleur. Le vieil homme parla, chaque mot était imprégné d’agonie.

« Oooh. Eh bien, c’est un soulagement. Très bien, donc, question numéro un. C’est quoi cet endroit ? »

C’était la première question de Ryoma. Il avait besoin de savoir si cet endroit était le Japon. Selon qu’il l’était ou non, le traitement qu’il infligerait à ce vieil homme pouvait potentiellement changer radicalement.

« C’est… le palais… l’Empire d’O’ltormea…, dans la capitale… »

« L’Empire d’O’ltormea ? »

Les paroles du vieil homme rendirent l’expression de Ryoma plus interrogative. Ryoma aimait les études sociales et la géographie était l’un de ses sujets forts. Il était fier de pouvoir réciter les noms de presque toutes les nations de la planète. Mais il n’avait jamais entendu parler de cet Empire d’O’ltormea dont le vieil homme parlait.

« C’est… C’est… le vrai… Pays souverain du… centre du… centre du… continent occidental… » dit le vieil homme, tout en crachant de la salive mélangée à du sang.

Hmm… On n’est pas au Japon. Eh bien, c’est un soulagement.

Le Japon possédait le concept de la légitime défense, mais comparée aux États-Unis, elle s’appliquait dans des cas très limités. Il venait de tuer quatre êtres humains en état de légitime défense, et torturait maintenant un vieil homme, même s’il avait attaqué le premier. Il était douteux que cette situation, si elle faisait l’objet d’une enquête policière, puisse être considérée comme de la légitime défense ou même comme un acte d’autodéfense en état d’urgence.

Si l’on y pense rationnellement, il s’agirait probablement d’un cas de légitime défense excessive, entraînant une peine avec sursis. Au pire, les positions de l’agresseur et de la victime pourraient même être inversées. Bien sûr, une inspection minutieuse révélerait que Ryoma en était certainement la victime, mais il faudrait beaucoup de temps pour que cela soit prouvé. Ryoma ne voulait pas passer du temps en prison simplement parce qu’il s’était battu pour rester en vie.

Mais si ce n’était pas le Japon, rien de tout cela n’était préoccupant. Quelles que soient les lois en vigueur dans ce pays, Ryoma avait la ferme intention de les ignorer et de retourner au Japon dès que possible.

« Question suivante, alors. Pourquoi suis-je ici ? »

C’était aussi une question assez évidente. Ryoma aurait dû être à l’école, mais il s’était soudainement retrouvé dans l’Empire d’O’ltormea qu’il n’avait jamais vu ou entendu parler auparavant. Il voulait savoir pourquoi. Et la réponse qu’il reçut fut…

« P, parce que je vous ai… convoqué… »

C’était une revendication étrange, quoiqu’inattendue. Mais l’expression de Ryoma n’avait pas changé.

« Hmm. Eh bien, je suppose que ceci s’ajoute à cela. »

Ryoma répondit aux paroles du vieil homme avec désinvolture.

Mais personne ne pouvait dire ce qu’il pensait vraiment dans son cœur, dans lequel se trouvaient des émotions qu’il n’oserait pas faire remonter à la surface. Il n’y avait aucun moyen de lire dans ces profondeurs, mais sa troisième question rendait ses sentiments trop apparents.

« J’ai une troisième question pour toi. Et c’est la plus importante, alors tu ferais mieux de répondre. Cela pourrait influencer ton avenir immédiat. »

Ryoma regarda le vieil homme droit dans les yeux avant de demander.

« Je peux retourner dans le monde d’où je viens, non ? »

Son ton était serein. Ses paroles étaient peut-être dures, mais elles n’étaient pas menaçantes. Et ça l’avait rendu d’autant plus terrifiant. Le cœur du vieil homme battait assez vite pour qu’il puisse éclater. C’était la question qu’il voulait le moins entendre en ce moment. Le vieil homme essaya de trouver un mensonge qui le sortirait de cette situation.

Dois-je lui dire qu’il peut retourner dans son pays ? Non, si je disais ça, il me dirait de le renvoyer tout de suite. Qu’est-ce que je dis, alors ? Si je lui dis la vérité, il me tuera sans hésiter. Et si je lui dis que j’ai besoin de temps pour me préparer ?

Gaius Valkland, l’homme que les pays voisins et les magiciens de la cour de la cour d’O’ltormea vantèrent comme étant le cerveau et l’intellect de l’Empire d’O’ltormea, ne pouvait trouver sa fin aux mains d’un homme aussi fou. L’avenir de l’empire reposait sur ses épaules.

J’ai besoin de gagner du temps… Une fois qu’ils auront remarqué que les choses tournent mal, les gardes vont sûrement se précipiter ici.

Mais le souhait de Gaius ne se réalisait pas. Alors qu’il se crevait le cerveau tout en soulageant la douleur de ses os fracturés, Gaius remarqua soudain que les doigts de Ryoma s’enroulaient autour de son cou. Il n’avait tout simplement pas serré les poignets, alors le vieil homme ne s’en était pas rendu compte.

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2 commentaires :

  1. Merci pour ce chapter.

  2. Merci, Ryoma est vraiment effrayant 🙂

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