Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 14

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Convocation

Partie 14

Bien sûr, contrairement à Celia, il n’y avait pas de lien de sang entre Gaius et l’Empereur, mais ses paroles indiquaient clairement qu’il y avait un lien qui transcendait la proximité familiale entre eux.

Même l’Empereur, qui se tient au sommet de ce pays, déplore son décès…

Ces mots honnêtes et sans ruse avaient fait comprendre à Celia à quel point son grand-père était vraiment important.

« Dire que Gaius a été assassiné… C’est une déclaration de guerre contre l’empire d’O’ltormea lui-même. Trouvez le coupable et arrêtez-le, et s’il ne peut être maîtrisé, vous pouvez mettre fin à ses jours ! »

Celia baissa la tête profondément devant l’Empereur dans le respect et la gratitude, puis quitta la pièce. Lionel poussa un grand soupir et parla au rideau derrière le trône.

« Shardina. Avez-vous tout entendu ? »

« Oui, mon Père. »

La voix qui avait répondu à l’appel de Lionel était celle d’une femme d’une vingtaine d’années. Elle avait des cheveux dorés et ondulés qui étaient attachés ensemble à leur sommet et descendaient jusqu’à sa taille. Elle était grande, mais avait une silhouette bien proportionnée. Mais surtout, c’était une beauté frappante ayant les mêmes yeux bleus que l’Empereur.

« Je viens juste de recevoir un rapport de mes subordonnés. Il n’y a aucun doute que Sire Gaius est mort. Un incendie a éclaté dans l’infirmerie au même moment, et un seul soldat a disparu au même moment. Lady Celia semble avoir l’impression que le soldat disparu en question est l’homme venant d’un autre monde. »

« Je vois… Qu’en pensez-vous, Shardina ? »

 

 

« Je crois que son affirmation sur l’identité du coupable est correcte. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un assassinat commis par l’un des pays voisins. Cependant… »

« Cependant, quoi ? »

Le regard de Lionel s’enfonçait dans Shardina alors qu’elle parlait d’une manière insaisissable.

« Je pense que ses chances d’appréhender le coupable sont vraiment faibles. »

Shardina répondit timidement à la question.

« Quoi !? Lady Shardina, prétendez-vous que cela est impossible pour Lady Celia ? », s’exclama Durnest avec surprise.

L’Empereur lui-même avait approuvé cet ordre, mais Shardina prétendait qu’il serait presque impossible d’appréhender le coupable.

« Seigneur Durnest, mon affirmation ne vient pas d’un manque de confiance dans les capacités de Lady Celia. Même si je prenais moi-même le commandement, je crois que mes chances seraient minces. En fait, je doute que quelqu’un y parvienne. »

Shardina secoua la tête sans broncher devant le visage rouge de Durnest.

« Pourquoi !? », cria Durnest, tout en sachant à quel point cela pouvait paraître irrespectueux.

« Nous ne connaissons pas le visage ou l’âge de cet homme, alors comment allons-nous le capturer ? »

« Quoi ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? »

Lionel éleva la voix avec surprise.

Celia n’avait pas tenu compte du fait qu’ils ne connaissaient pas le visage du tueur. Sans montrer un soupçon de découragement devant le regard de son père en retrait, Shardina poursuivit son explication de façon claire.

« Tous les soldats présents dans la chambre de convocation sous le commandement de Sire Gaius ont été tués. Lorsqu’on l’a emmené à l’infirmerie, il était sous l’apparence d’un soldat et n’avait pas enlevé son casque, alors personne n’a confirmé son visage. Les soldats qui l’ont emmené à l’infirmerie et le médecin présent ont également été tués. Par conséquent, personne ne sait à quoi ressemble cet homme. Tout ce que nous savons, c’est que c’est un jeune homme bien bâti. »

La capitale d’O’ltormea était une grande ville d’une taille inégalée sur le continent occidental, comme on pourrait s’y attendre d’un empire puissant. Si la seule description qu’ils avaient à faire était « un jeune homme bien bâti », il serait difficile de trouver cet homme dans cette ville tentaculaire.

De plus, imposer un blocus à une si grande ville était très difficile. Si les pays voisins apprenaient qu’un seul homme avait tué un magicien de haut rang, cela laisserait une cicatrice durable sur la dignité de la nation.

« Comme c’est affreux… Alors, comment Celia va-t-elle traquer le coupable ? »

Lionel gémit devant la réalité que sa fille bien-aimée lui avait signalée.

« C’est un pari, Votre Majesté. Le fait que l’homme d’un autre monde soit déguisé en soldat est une bonne chose pour nous. Nous devons interroger tous les soldats qui tentent d’enlever leur uniforme près du château, ou qui tentent de partir en toute hâte. Même si c’est impossible, il se peut que nous obtenions encore quelques informations. C’est parce que Lady Celia l’a compris qu’elle était si pressée. »

Les paroles de Shardina firent que Lionel s’enfonça dans ses pensées. Puis, il reparla à voix basse.

« Je vois. Donc il y a une chance ? »

« Oui. Cependant… »

« Bien ! Tant qu’on a encore une chance. Shardina ! Vous aussi, prenez le commandement des chevaliers et participe aux recherches. »

Shardina n’avait pas pu cacher sa gêne face aux paroles de Lionel. Pour lui, tant que la probabilité n’était pas nulle, c’était suffisant.

« Votre Majesté ? Est-ce que retirer la princesse Shardina de votre présence est sage ? »

Le visage de Durnest montrait qu’il était confus.

Shardina était responsable de la dernière ligne défensive de protection de l’Empereur. Elle n’avait jamais, pas une seule fois, été déchargée de ce devoir. Les préoccupations de Durnest étaient donc justifiées. L’Empire d’O’ltormea devint aussi grand qu’il l’était parce qu’il avait soumis ses voisins à une pression constante et les avait absorbés comme vassaux. Ainsi, il y avait encore des étincelles de rébellion qui couvaient, tant au pays qu’à l’étranger. Un assassin pouvait à tout moment s’en prendre à la vie de l’Empereur.

« J’ai dit de cesser ton obstination, Durnest ! »

Lionel, cependant, avait réduit ses inquiétudes sans pitié.

Il tourna ensuite le regard vers Shardina et s’exclama haut et fort :

« Shardina Eisenheit, première princesse de l’Empire d’O’ltormea et capitaine des chevaliers Succube ! Regroupez-vous avec Celia et mettez-vous la recherche du coupable ! »

Son regard aiguisé l’avait poignardée. Les yeux de Lionel montrèrent une détermination inébranlable, ce que l’on pouvait aussi comprendre par le fait qu’il appela sa fille par son nom complet.

« Comme vous voudrez, mon père. Je le ferai au mieux de mes capacités, aussi pauvre soit-elle. »

Sentant la volonté de son père l’Empereur, Shardina baissa la tête et quitta la salle en silence.

C’était à ce moment que l’Empire d’O’ltormea avait reconnu Ryoma Mikoshiba comme son ennemi.

Finalement, ils ne restaient plus qu’eux deux dans la salle d’audience. Après un long silence, Lionel parla à Durnest, qui se tenait à ses côtés, avec une voix lascive.

« Les choses sont devenues terribles, Durnest. »

« Oui, votre Majesté. Nous devons résoudre cette situation avant que les pays environnants ne l’apprennent. »

« Hm. Et cela se produit au moment même où nous avons pris le contrôle du centre du continent et que nous sommes sur le point de conquérir l’est. »

« Oui… C’est regrettable. Penser que quelque chose comme cela arriverait au Seigneur Gaius… »

Lionel secoua lentement la tête. Bien plus qu’une défaite sur son chemin de conquête, la perte de son vassal, qui avait été à ses côtés durant des années, pesait lourdement sur son cœur.

« Nous n’avons pas le choix. Durnest, nous devons élire rapidement un nouveau magicien de la cour. Invoquez les ministres. »

« Comme vous le souhaitez. Est-ce que ce sera Lady Celia ? »

La voix de Durnest était lourde d’anxiété.

Elle avait plus qu’assez de talent, et sa loyauté et son pedigree étaient sans faille, mais son manque d’expérience était accablant.

« On ne peut pas faire grand-chose contre sa jeunesse… Sauf l’espoir que ce qui est à venir l’aidera à mûrir. »

« Compris. Je vais dans ce cas m’occuper tout de suite des préparatifs. »

Durnest se retira, laissant Lionel seul sur son trône.

« Gaius, espèce d’imbécile… Juste au moment où ma domination est à portée de main… »

Une seule larme était tombée sur le tapis rouge. Il contenait toutes les émotions que l’homme connu sous le nom de Lionel tenait pour celui qui avait combattu longtemps dans des combats impitoyables à ses côtés.

Revenons un peu en arrière. Le soldat blessé enlevé de la chambre de convocation était, bien sûr, Ryoma Mikoshiba. Son pari avait porté ses fruits.

Bien sûr, il était assez confiant dans ses chances. Ryoma avait supposé que lorsque les personnes qui avaient défoncé la porte seraient confrontées au sol trempé de sang et aux quatre cadavres qui s’y trouvaient, elles ne seraient pas en mesure de faire preuve de jugement. Et il avait raison. En effet, les soldats qui étaient entrés par effraction dans la pièce avaient été ébranlés par ce spectacle terrible.

La plus grande préoccupation de Ryoma était la possibilité qu’ils enlèvent son casque et voient son visage, car s’ils le faisaient, les soldats deviendraient sûrement méfiants. Après tout, aucun d’entre eux ne le reconnaîtrait. Et même s’il avait la chance de s’échapper de cet endroit, se faire connaître rendrait sa fuite encore plus difficile.

En conséquence, l’homme et la femme qui étaient entrés par effraction dans la pièce en s’appelant par leur nom étaient une aubaine. Le fait que Ryoma appelait cet homme par son nom, Rolfe, atténua ses soupçons et l’amena à ordonner que Ryoma soit envoyé à l’infirmerie. Ce simple fait d’être appelé par son nom fit croire à Rolfe que le soldat qui l’avait nommé était un allié, et il n’avait jamais osé penser que tout cela faisait partie du stratagème de Ryoma.

« Guh… Gaah… Guah... »

Ryoma, allongé sur la civière, faisait semblant de tousser.

« Hé ! Restes avec nous ! Nous t’emmènerons bientôt à l’infirmerie ! »

« Oui, reste avec nous un peu plus longtemps ! Tu m’entends !? Reste conscient et n’ose même pas t’évanouir ! Tu pourrais en mourir ! »

Les soldats qui portaient la civière parlaient encore et encore, essayant de redonner du moral à Ryoma. Ils croyaient honnêtement et sincèrement que l’homme sur la civière était un camarade blessé sur le point de mourir.

Ryoma continua à feindre son agonie. Il n’avait jamais vraiment pensé à devenir acteur, mais les hommes désespérés, dos au mur, étaient capables de faire des choses qu’ils sont habituellement incapables de faire. Et en ce moment, sa performance d’homme mourant était digne de l’oscar.

« C’est vrai, on a réussi ! Docteur ! C’est urgent, ouvrez la porte ! », cria un soldat tout en frappant à la porte en bois.

Après quelques instants, la porte s’ouvrit de l’intérieur avec vigueur.

« Alan, ils ont dit que c’était urgent ! »

Un vieil homme cria dans la pièce tout en serrant la poignée.

La puanteur de l’alcool atteignit le nez de Ryoma.

« Je les entends très bien, tu n’es pas obligé de crier, Père ! Vous deux, placez-le sur le lit, vite. »

Un jeune homme d’une vingtaine d’années leur donna aussitôt des instructions, alors que le vieil homme quittait l’infirmerie, pour le regarder d’un regard en arrière.

« Toi aussi, Père — hein, Père ? Où est-il allé ? »

« Le médecin-chef était parti. Probablement pour aller boire à nouveau. » Dis l’un des soldats d’une voix exaspérée, regardant le jeune homme regarder autour de lui dans la confusion.

« Encore ? Que vais-je faire de lui... »

C’était probablement un événement ordinaire. Le jeune homme avait un sourire amer.

« Allons, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. »

Les soldats échangèrent des regards en voyant son expression.

« Le médecin-chef adjoint est aussi doué que son professeur, n’est-ce pas ? »

« Il n’y a aucun doute là-dessus. Au contraire, ses mains ne se mettent pas à trembler quand il dessoûle, alors il pourrait même être meilleur. »

En disant cela, l’un des soldats tapa sur le casque de Ryoma.

« Quoi qu’il en soit, vérifions le patient… Hmm ? Il a l’air en mauvais point. »

En regardant Ryoma, le jeune homme avait froncé ses sourcils.

Tout son corps était trempé de rouge, il sentait l’odeur rouillée et métallique du sang et haletait fortement. Du point de vue du jeune médecin, il avait l’air gravement blessé.

« Pour l’instant, examinons ses blessures. Si ça ne vous dérange pas, pourriez-vous enlever l’armure et le casque du patient ? »

À la demande du jeune homme, les soldats s’étaient rapprochés du lit.

Cet endroit allait bientôt devenir leur tombe.

L’un des soldats s’était soudainement effondré sur place, et du liquide rouge avait jailli de son cou avec vigueur. Tandis qu’il s’asseyait, Ryoma enfonça son épée vers l’avant, tranchant le soldat au niveau du cou. Alors qu’il sautait du lit, il s’était jeté sur l’autre soldat qui se tenait là en état de choc. Il n’avait aucun moyen d’éviter une attaque du soldat qu’il pensait se tordre de douleur il y a un instant. Le soldat ne comprenait pas ce qui se passait, et l’épée de Ryoma lui trancha la gorge sans pitié.

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre.

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