Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 1 – Chapitre 8 – Partie 4

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Chapitre 8 : Débutante

Partie 4

À l’exception de ceux qui cherchaient des conjoints pour leurs fils, la plupart des nobles considéraient ces sortes de fêtes comme de simples rassemblements ennuyeux auxquels ils assistaient par obligation, par courtoisie ou par habitude. Voir quelque chose de si nouveau intrigua tout le monde, y compris Albert von Bader.

La fumée s’était amincie au fur et à mesure qu’elle s’écoulait sur la scène, créant une couche sur le sol. Les nobles en attrapaient des sarments, qui trouvaient étrange que le fait d’en respirer ne les étouffe pas, et qu’elle n’eût pas du tout une odeur de fumée. D’un autre côté, cela leur donnait un peu froid.

Une voix avait retenti.

« Bonsoir ! Merci beaucoup à tous d’être venus. Sans plus attendre, je vous offre le trésor de la famille Ryner, la charmante fée des fleurs… Lady Adelaide ! Régalez vos yeux devant sa forme adorable ! »

C’était une voix de fille, qui semblait venir de partout et de nulle part à la fois. Elle ne criait pas, mais ses paroles étaient étrangement fortes — assez pour résonner dans toute la salle.

« Regardez notre Lady faire ses débuts ! »

Soudainement, un paysage était apparu sur le mur blanc de devant.

Quoi !? La mâchoire du comte Bader s’était ouverte.

Les autres invités avaient été tout aussi étonnés. C’était un spectacle bizarre à voir — le mur était maintenant une sorte de peinture illuminée, et montrait un beau jardin plein de fées dansantes. Mélangée à la fumée laiteuse, la scène n’était rien d’autre que fantastique.

Puis, une fille s’était révélée derrière les rideaux.

« QUOOOOI ! »

Le cri d’étonnement collectif de la foule avait atteint tous les coins de la salle.

La fée des fleurs, vêtue d’une robe blanche, dansait avec légèreté sur la scène, émerveillant petits et grands. La beauté et le charme de la jeune fille étaient assez éblouissants, mais la robe qu’elle portait était d’une classe à part. La soie était de la plus haute qualité, et le design était nouveau, frappant et immaculé. Le public n’avait jamais rien vu de tel. Certaines parties scintillaient à mesure qu’elle bougeait, et ils ne pouvaient que supposer qu’elle était éblouie par les pierres précieuses.

(image du manga)

La jeune fille s’était arrêtée au milieu de la scène et avait fait face à la foule.

« Lequel d’entre vous m’emmènera ? », demanda-t-elle avec coquetterie.

C’était tout à fait les mots qui pourraient faire déclencher un coup de cœur. Les garçons regardaient avec des visages rougis Lady Adelaide s’éloigner derrière le rideau de l’autre côté. Même les hommes, malgré leurs nombreuses rencontres avec toutes sortes de beautés, avaient été légèrement charmés.

Très bien ! Jusqu’ici, tout va bien !, se dit Mitsuha tout en applaudissant. Elle était au bord de la scène, microphone à la main.

Il y avait des haut-parleurs des deux côtés, beaucoup de neige carbonique arrosée d’eau chaude et un projecteur relié à un ordinateur portable. C’était un projecteur qui pouvait être envoyé sur le côté plutôt que sur l’avant. Toute cette technologie était alimentée par une batterie que Mitsuha avait achetée au magasin de rénovation. En raison de quelques problèmes liés au micro et au refus d’Adelaide de faire entendre sa voix, Mitsuha était devenue à la fois la narratrice et le maître de cérémonie. Quant à l’arrière-plan projeté, c’était une scène féerique qu’elle avait trouvée au hasard sur Internet.

En ce moment, les servantes changeaient le costume d’Adelaide. Elles s’étaient cassé le dos à l’entraînement pour rendre le processus le plus rapide possible.

C’est probablement le bon moment, pensa Mitsuha, tout en changeant la projection. L’image était maintenant celle d’une demeure noble. Elle s’était ensuite glissée dans sa narration.

« Le seigneur est parti. Une horde de bandits profite de cette occasion pour saccager le fief. La plupart des soldats sont partis avec le seigneur, ne laissant derrière eux que la dame et une petite troupe… »

Ohh, ils ont changé le décor ! Le comte Bader applaudit, complètement captivé. Les autres invités semblaient partager ce sentiment. Je me demande cependant comment ils ont pu changer le décor…

Adelaide était remontée sur scène, vêtue cette fois d’un costume différent : une robe blindée de couleur bleue. Elle tenait maladroitement une épée gainée à la main. Elle était aussi ornée que les lames décoratives les plus prisées. Elle était suivie par un vieil homme qui était peut-être son majordome. Ils s’étaient arrêtés au milieu de la scène.

La voix de Mitsuha résonna à nouveau dans toute la pièce.

« Milady, les brigands ont lancé une attaque contre un village voisin ! »

« On y va. Dites aux soldats restants de se préparer à marcher. »

« Mais Milady, nous ne devons pas ! Ils devraient être gardés ici en cas d’urgence ! Et aussi, s’il vous arrivait quelque chose… »

« N’est-ce pas une urgence !? C’est mon devoir de protéger notre peuple en l’absence de mon mari ! »

Mitsuha avait prononcé ces lignes familières avec un enthousiasme brûlant. Adelaide et le maître d’hôtel étaient synchro avec ses mots.

« Très bien… Je ne me mettrai pas en travers de votre chemin. Gardons-les à l’écart à la rivière et gagnons du temps jusqu’au retour de notre Seigneur. Je serai, bien sûr, à vos côtés. »

« Je vous remercie. Au fait, puis-je vous demander quelque chose ? »

« Oui, madame ? »

« Gagner du temps, c’est bien, mais ça ne vous dérange pas si je les tue tous, n’est-ce pas ? »

La réplique était en troisième position sur la liste des choses que Mitsuha avait toujours voulu dire. Avoir enfin une raison de le faire l’avait envoyée sur la lune. Oh, si seulement mon frère était là pour voir ça… !

La foule s’est levée, poussant des acclamations. Adelaide avait saisi sa lame des deux mains, la poussa sur le sol et elle fit face le public avec une expression digne.

« Je vous le demande… Êtes-vous mon âme sœur ? »

Le rugissement de la foule avait atteint son plus haut niveau. La pièce était terminée et les deux personnages avaient quitté la scène.

Succès ! Je suis si contente d’avoir acheter cet Excalibur pour 18 000 yens (150 euros) à Akihabara !, pensa Mitsuha en les regardant. Adelaide avait tellement aimé cette épée qu’elle avait demandé à la garder, ce qui ne dérangeait nullement Mitsuha. Elle ne pouvait pas couper, mais elle était véritablement en métal. Son poids en fera probablement fait un bon outil d’exercice.

Adelaide changea encore une fois de costumes. Cette robe était normale, car elle devait se déplacer et se mêler à ses invités. Elle n’avait pas mis longtemps à sortir. Elle portait une jolie robe rose parfaite pour une fille de son âge.

La couturière avait travaillé extrêmement dur sur celui-ci. Matériau, design, couture, chaque aspect était rempli de son âme… peut-être même trop. Elle avait décidé qu’elle ne recevrait plus jamais un travail de ce calibre. C’était littéralement l’œuvre de toute une vie, et elle l’avait traitée comme telle.

« À partir d’aujourd’hui, je ne suis plus une fée. Je vais maintenant faire de mon mieux en tant que membre de la haute société. J’espère qu’on s’entendra bien ! », dit Adelaide.

Elle quitta la scène et se dirigea vers la foule, accueillie par une tempête d’applaudissements. Les jeunes nobles l’entourèrent et firent un véritable vacarme.

C’est fait ! Quel spectacle !, pensa Mitsuha avec satisfaction. Bon travail, Adelaide ! Il ne leur restait plus qu’à compléter tout cela avec de la bonne nourriture.

Mitsuha attrapa son microphone fermement.

« Maintenant, détendez-vous et profitez de votre soirée. Il y a sur votre table des plats de votre pays, mais vous trouverez à l’arrière des aliments exotiques venus d’un pays lointain. Si vous vous sentez audacieux, n’hésitez pas à les essayer ! Il y a aussi une sélection de boissons étrangères. La puissance de chaque boisson est indiquée. Vous devriez les essayer avec la quantité appropriée d’eau ou de glace. »

C’est pour ça qu’il y a si peu de choses sur la table, pensa le comte Bader. La nourriture étrangère n’est après tout pas appréciée par tout le monde. Bien pensé…

Sachant qu’il pouvait manger les plats standard à tout moment, il était allé goûter la nourriture exotique avant de se perdre dans la conversation. Mais la nourriture sur la table l’avait fait s’arrêter net.

Qu, qu,quoi !? C’est… du poisson !? Et du poisson frais, non séché ? Et ces morceaux de poissons sur la glace semblent crus… Mais c’est impossible !

Les autres nobles regardaient aussi les assiettes avec incrédulité et nervosité. Après tout, c’était quelque chose qui n’aurait pas dû être là. Personne ne voulait y toucher, et tout le monde savait pourquoi.

Sont-ils comestibles ? Sont-ils pourris ? Se demandait le comte Bader, mais celui-ci avait vu suffisamment de poissons pour savoir qu’ils étaient frais.

Pourtant, le doute collectif était trop fort, et personne n’était disposé à les essayer. Le comte Bader, cependant, avait vu là une occasion de faire une petite faveur aux Ryners.

Et voilà, j’y vais ! C’est à toi de briller, Albert von Bader ! Il avait rassemblé son courage alors qu’il s’approchait d’une assiette. Il prit un petit échantillon de tous les fruits de mer qu’il pouvait trouver, y compris du poisson frit, du poisson bouilli et du riz garni de poisson cru, et apporta le premier morceau sur ses lèvres. Son héroïsme lui avait valu les éloges de ses compagnons nobles.

« Délicieux… », s’étonna le comte, qui se précipita pour en prendre encore plus.

Le reste de la meute, après avoir vu l’un de ses membres survivre à l’épreuve, s’était avancé pour l’essayer par eux-mêmes.

« C’est vraiment… »

« Superbe ! »

Ça n’avait fait qu’empirer à partir de là. La nourriture — poisson ou autre — avait commencé à disparaître comme si elle était démodée, tout cela afin que les domestiques apportent de quoi le remplacer. Ils avaient rapidement été remarqués et rejoints par les jeunes des environs d’Adelaide, ainsi que par les dames qui bavardaient paresseusement.

Super, tout se passe bien ! pensa Mitsuha. Trop bien, en fait. Je n’arrive pas à me débarrasser de l’impression que quelque chose de mauvais est sur le point d’arri —

Sortie de nulle part, une main s’était agrippée à son épaule et l’avait gelée sur place.

« Qu’est-ce que tu fais dans ce taudis… ? »

La voix était aussi forte et féroce que l’emprise de son propriétaire.

Transpirant à grosses goûte, Mitsuha se retourna et vit nul autre que la comtesse Iris Bozes. Oh, c’est vrai… C’est une fête ! Cela signifie que la saison des bals dont ils avaient parlé a déjà commencé ! Merde, j’avais complètement oublié !

Ne donnant pas à Mitsuha une chance de parler, Lady Iris l’avait traînée à la table des Bozes.

« Mitsuha. Puis-je savoir ce qui se passe ici ? Tu as refusé de vivre avec nous, n’est-ce pas ? Alors pourquoi faut-il que l’on te retrouve ici ? »

Tes yeux me font flipper, pensa Mitsuha.

« Je suis allé à ta boutique un nombre incalculable de fois, et je l’ai trouvée fermée ! As-tu la moindre idée à quel point j’étais inquiète !? Et maintenant, je te trouve dans ce taudis ! Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Mitsuha aurait aimé qu’elle arrête d’appeler cet endroit « taudis ». Ce n’était pas bon pour la réputation des Ryners, bien que leur statut ne leur aurait pas permis de se plaindre à une comtesse. Mitsuha avait fait de l’apaisement de Lady Iris sa priorité numéro un.

« Je n’habite ni ne travaille ici ou quoi que ce soit ! Je suis juste ici pour représenter mon magasin ! J’ai fait quelques petits boulots pour eux, fait quelques livraisons… C’est ça, je le jure ! »

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