Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 1 – Chapitre 8 – Partie 1

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Chapitre 8 : Débutante

Partie 1

Le quatrième jour ouvrable, à dix heures et quart du matin, la cloche de Mitsuha sonna.

Ding-a-ling !

Super ! Un client tout de suite après l’ouverture !

Elle avait accueilli son client avec le sourire.

« Bienvenue ! »

L’homme qui était entré fit un brusque signe de tête, puis se promena dans le magasin. Il était potelé et avait l’air d’avoir la trentaine. Pour quelqu’un d’aussi jeune, son ventre est assez massif, pensa Mitsuha. C’est soit un gros bonnet, soit un gros mangeur qui ne fait pas trop d’exercice.

Après avoir pris connaissance de l’aménagement du magasin, l’homme s’était dirigé vers la section des ustensiles de cuisine. Il avait examiné une écailleuse avec une expression curieuse, mais il l’avait remis immédiatement après. Quand il avait vu le prochain objet d’intérêt — un couteau de cuisine — ses yeux s’étaient élargis. Le prix, cependant, l’avait fait dégonfler un peu.

Ce couteau est l’une des meilleures choses que j’ai à vendre. J’ai dépensé 58 000 yens dessus, et je ne le vends que pour deux pièces d’or et cinq petites pièces d’or… connaissant les taux de change entre les mondes, je rentrerais à peine dans mes frais.

C’est de toute façon moins un produit qu’une décoration. « Regarde ! Nous savons ce qui est raffiné ! Nous avons des produits de haute qualité » et tout cela. Cela ne me dérangerait pas si je vendais celui-là. J’ai vu une émission une fois sur la façon dont ils sont faits. Chacun est forgé à la main avec soin. C’était une super émission télé… Ça m’avait vraiment ému !

Mitsuha le regarda prendre le couteau et passer à un autre produit. Attends, hein ? Il l’achète !? Joli ! Il a l’œil pour la qualité ! Cela me rend un peu heureuse, même si je n’en tirerai pas grand-chose.

Peu de temps après, l’homme apporta une pile de marchandises au comptoir.

« Excusez-moi, j’ai quelques questions. », dit-il

Oh ? On ne part pas encore, n’est-ce pas ?

« Demandez toujours ! Et n’hésitez pas à utiliser ce panier. »

N’ayant probablement jamais vu une telle chose, il avait placé ses articles dans le panier le plus haut avec une expression déconcertée.

« D’abord, j’aimerais vous poser une question au sujet de l’écailleuse. Pourquoi le vendez-vous ? »

Hein ? Y a-t-il un problème avec ça ?

« Parce que c’est utile. Avec ceci l’écaillage devient un jeu d’enfant, donc c’est un super cadeau pour les ménagères… », dit-elle, perplexe

Le choc sur son visage était clair.

« Petite dame, avez-vous une idée de la distance qui nous sépare de la mer ? Tout le poisson ici est soit séché, mariné ou fumé. Aucune personne n’aura besoin qu’on enlève les écailles ! »

Oh non ! J’ai merdé ! Cela n’a rien à faire ici ! C’est pour ça que les filles étaient si bizarres…

« J’aimerais aussi savoir comment les utiliser », avait-il dit en montrant le panier du doigt.

Oh, donc il n’achète pas encore. C’est vraiment dommage. Et puis, il n’y a presque rien d’autre que du matériel de cuisine là-dedans… Il doit être chef ou quelque chose comme ça.

« Certainement », commença-t-elle.

« C’est un éplucheur, le nom dit tout. Vous l’utilisez comme ça. Il rend le pelage si facile, même un enfant peut le faire ! Franchement, c’est injuste pour les cuisiniers expérimentés. »

Stupéfié, l’homme ne pouvait qu’écouter.

« C’est un sablier. Quand vous le retournez, le sable tombe au fond. Il lui faut toujours le même temps pour s’épuiser. Cela nous permet de savoir depuis combien de temps on fait bouillir quelque chose. Je les ai en plusieurs tailles, dont trois, cinq et dix minutes.

Ah, celui-ci est un ouvre-boîtes. Il ouvre des “boîtes”, c’est-à-dire des récipients de stockage qui permettent de conserver les aliments pendant des années. Vous pouvez aussi en manger directement. Vous trouverez des conserves là-bas. »

La plupart des boîtes de conserve de nos jours n’avaient pas besoin d’un ouvre-boîtes, mais le magasin à prix réduit où Mitsuha avait acheté la plupart d’entre elles en nécessitait un. Elle avait également pensé que les boîtes de conserve dépendantes de l’ouvre-boîtes étaient la première étape logique pour les introduire dans ce monde.

Plus elle lui expliquait, plus une rougeur se répandait sur son visage. Enfin, l’homme avait pris la parole.

« S’il vous plaît, parlez-moi de ça. Pourquoi est-ce si cher ? »

Il avait posé le couteau sur le comptoir.

« Ah, parce que ce n’est pas un jouet d’enfant. On ne l’a pas fait en versant du fer fondu dans un moule. », dit-elle, sentant une opportunité de vendre un produit cher.

« Quoi ? »

L’homme lui lança un regard mécontent, se sentant peut-être un peu défié par son ton.

« C’est un chef-d’œuvre réalisé pendant d’innombrables jours par plusieurs hommes — non, des démons — qui ont passé des décennies à perfectionner l’art de la forge des couteaux de cuisine ! C’est à la fois un instrument et une œuvre d’art ! C’est l’accomplissement ultime des “Démons de l’acier” ! »

« Démons de l’acier… », dit-il en avalant sa salive.

« Vous voyez ici ? Il a été forgé à plusieurs reprises. L’union entre l’acier doux et l’acier dur l’a rendu si parfait. Cet exploit miraculeux a donné naissance à un couteau à la fois aiguisé et robuste ! »

Ses mains, qui tenaient la lame, tremblaient.

Mitsuha poursuit : « Honnêtement, je ne gagnerai aucun profit en le vendant, mais c’est notre devoir en tant que commerçants de transmettre ces chefs-d’œuvre d’artisans aux chefs. Si c’est trop bon marché, les artisans ne pourraient pas gagner leur vie, mais si c’est trop cher, les chefs ne pourraient pas se le permettre. C’est un cas où nous devrions nous sacrifier pour le bien commun. N’êtes-vous pas d’accord ? »

« Je vais le prendre ! », cria l’homme, les larmes coulant de ses yeux.

Merci beaucoup !

Après avoir retrouvé son sang-froid, il avait repris la parole.

« Au fait, j’aimerais parler au commerçant. Puis-je ? »

« Euh, bien sûr, allez-y », dit-elle.

« Alors… pourriez-vous les appeler pour moi ? »

« Euh, comme je l’ai dit, allez-y. Parlons. »

« O, Ohhh, je vois. Aussi jeune que vous soyez, vous êtes la seule au comptoir, donc je suppose que ça fait de vous la commerçante. Mais ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voudrais parler au propriétaire de cet endroit. Le directeur, pas à une employée. »

Je ne peux pas lui en vouloir pour ça, pensa-t-elle en haussant les épaules.

« Monsieur, ce magasin est à moi. Je l’ai acheté, remodelé et remplis les étagères. Je suis à la fois propriétaire et commerçant ! »

Elle était, essentiellement, la version commerciale d’un restaurateur.

Après avoir pris le temps de traiter sa réponse, il rajouta :

« Très bien, alors… Vendez-vous du poisson frais ? »

C’est pour ça qu’il est là. Les trois filles ont quelque chose à voir avec ça ?

« Qu’est-ce qui vous a donné cette idée ? »

« C’est parce que le trio d’Anke nous l’a dit. »

« Qui est-ce ? »

« Les trois filles qui étaient ici hier. »

Ah, c’était donc elles. J’avais complètement oublié leurs noms. Mais bon, elles m’ont fait de la pub ! Alors merci beaucoup ! Bon, passons…

« Oh, ces trois-là ? C’étaie mes premiers clients, alors je les ai un peu dorlotés. Ça m’a mis dans le rouge, haha… »

« Je vois. Elles étaient vraiment ravies de vos produits et de la nourriture », dit l’homme.

Uh-huh, bien sûr qu’elles l’ont fait ! Continuez comme ça, les filles ! Vous avez aussi remarqué que j’ai dit que c’était un cas spécial ? Maintenant, j’ai été clair : ce genre de service est généralement plus cher. Je suis tellement douée pour ça !

« Alors, pourquoi cet intérêt pour le poisson ? D’après ce que vous m’avez dit, ce n’est pas un produit star ici… »

L’homme avait alors commencé à lui parler de sa situation. Il s’appelait Marcel. Il était le chef de cuisine du vicomte Ryner, le même homme qui employait Anke et son équipe. À seulement trente-six ans, Marcel était un peu jeune pour son rôle, mais il avait les compétences et la confiance dont il avait besoin pour réussir.

Jusqu’à récemment, il travaillait comme second d’un chef vieillissant. Son supérieur était soudainement tombé malade, alors il avait pris sa retraite et s’était installé dans une ville de campagne pour vivre avec la famille de sa fille. Il s’agissait d’un changement brusque, mais pas tout à fait inattendu. Par conséquent, Marcel avait été promu chef cuisinier, un poste enviable pour quelqu’un de son âge.

Peu de temps après, cependant, ils avaient été confrontés à un obstacle majeur : l’arrivée à l’âge adulte de la fille des Ryner, Lady Adelaide. Quand les dames nobles atteignent leurs quinze ans, elles devaient faire leurs débuts publics dans la haute société. Cet événement servait également de fête d’anniversaire et devait être organisé par chaque famille noble pendant la première saison des bals après l’anniversaire de leur fille.

Les bals des débutantes allaient grandement influencer l’avenir et la position des filles dans la haute société, de sorte que les familles n’épargnèrent aucune dépense pour elles. De la robe à la nourriture, tout devait être parfait. L’argent dépensé pourrait facilement atteindre le double de la richesse d’une famille commune, le tout pour une seule nuit.

Si l’ancien chef cuisinier était toujours responsable, tout se serait bien passé. Cet homme était un vétéran qui avait travaillé dans des cuisines nobles toute sa vie. Mais il était maintenant à la retraite, et bien que Marcel ait été compétent — probablement l’un des meilleurs de sa promotion — il n’avait presque aucune expérience de telles soirées.

Lors des dernières réceptions des Ryner, Marcel avait suivi les ordres du chef cuisinier, il n’avait donc pas eu la chance d’apprendre la composition du menu, la gestion du temps ou l’improvisation. Le vieil homme avait prévu de lui apprendre ces choses pendant les débuts d’Adélaïde, mais sa maladie soudaine avait rendu cela impossible.

Les fêtes d’anniversaire n’étaient jamais trop fantasques, ce sera donc la plus grande fête au manoir des Ryner depuis le mariage du vicomte actuel. Et comme les Ryners étaient une « maison relativement nouvelle », ils étaient déjà méprisés par les autres familles. L’échec n’était pas une option, car cela ne fera qu’empirer les choses. Lady Adelaide sera la risée de tous, et le nom de famille sera déshonoré à jamais.

« Mais je ne sais pas si je peux le faire. Je sais que je suis meilleur qu’un chef moyen, mais comparé aux vétérans des grandes maisons nobles ou aux talents du palais royal, je ne suis guère plus qu’un débutant ! Je ne peux m’empêcher de penser que j’apporterai la honte au vicomte Ryner et à sa fille. C’est pathétique, je sais, mais ça me fait peur… », poursuivit-il.

Il baissa la tête. Réussissant ainsi à la faire paraître plus petite.

« Donc, vous vous êtes dit que vous alliez essayer de leur faire manger quelque chose qu’ils ne pourront pas trouver ici, du poisson », avait dit Mitsuha.

« Oui, précisément. »

Elle avait pris un moment pour réfléchir. Hrmm… Je pourrais lui vendre le poisson et en rester là. Je gagnerais bien ma vie et je l’aiderais, tout le monde serait content. Mais… quel est cet étrange sentiment dans mon cœur ?

Oh, je sais ce que c’est… C’est l’excitation. Cela pourrait être très amusant !

Mitsuha avait une politique personnelle qui ne lui permettait pas d’ignorer ce genre de choses.

« Un moment, s’il vous plaît, » dit-elle, puis elle verrouilla la porte, ferma les rideaux et posa une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Fermé en raison d’un contrat spécial ».

Qui aurait cru que ce panneau serait utile si tôt ?

Moins d’une heure après l’ouverture, elle fermait boutique. Elle était retournée au comptoir et avait enlevé un autre panneau, celui-ci n’étant que partiellement terminé.

« Je vais aussi commencer ce service tout de suite », dit Mitsuha en le lui montrant.

On pouvait y lire :

« De l’amour à l’exploitation de votre terre, le magasin général de Mitsuha vous dira comment réussir ! Contre rémunération, bien sûr. »

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Un commentaire

  1. Elle est vraiment polyvalente 😉 Traiteur à domicile maintenant ?

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