Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 1 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : Le magasin général de Mitsuha

Partie 2

« Chacune de ces pièces coûte huit pièces d’argent également ! »

Leurs yeux brillaient. C’est comme ça que l’on fait des affaires, pensa Mitsuha.

« Attendez ici, s’il vous plaît », dit-elle en les guidant vers une table à manger dans le coin de la cuisine.

Elle avait ensuite disposé une grande casserole sur la cuisinière. Mitsuha avait préparé la table pour accueillir les futurs invités, mais l’occasion s’était présentée beaucoup plus tôt que prévu. Les rénovations avaient vraiment rafraîchi la cuisine autrefois simple, créant une ambiance propice pour manger. Elle avait allumé la cuisinière à gaz avant l’affaire du shampooing, donc l’eau bouillait depuis un certain temps.

Lorsque Mitsuha s’était éloignée du groupe, les trois filles avaient commencé à chuchoter entre elles.

« Qu’est-ce que c’est ? Du feu ? », demanda Anke.

« Anke, tu ne dis rien d’autre que “qu’est-ce que c’est”, “qu’est-ce que c’est” depuis qu’elle a commencé à te laver », dit Carla.

« Qu’est-ce que je suis censée dire d’autre ? »

« Regarde tes cheveux, cependant… Argh, j’ai merdé ! J’aurais dû me porter volontaire. »

« Tu l’utiliseras aussi, Carla. »

« Oh, regarde ! Les cheveux de cette fille sont aussi vraiment lisses. J’aurais dû savoir que ce shampooing était bon quand j’ai vu ce brillant. »

« Ouais. C’est ce que nous avons appris dans l’une de nos leçons », s’était jointe Britta.

« Les serviteurs de nobles doivent juger rapidement d’après ce qu’ils savent de leur environnement. »

« Wow, Britta. Tu t’en souviens ? »

« Tu es probablement la seule à ne pas avoir retenu. »

Pendant qu’elles discutaient, Mitsuha apporta le premier plat. Elle avait été incroyablement rapide — quelques minutes seulement s’étaient écoulées depuis qu’elle s’était dirigée vers le poêle.

« Notre premier plat est une soupe appelée minestrone. »

« Hein ? Avez-vous fait de la soupe si vite ? », dit Anke.

Elles étaient surprises et quelque peu hésitantes à le manger, mais leur faim et leur curiosité avaient pris le dessus.

« C’est délicieux ! »

L’éloge aurait pu venir de n’importe laquelle d’entre elles. Le goût de la soupe était si fort et si profond qu’elles n’arrivaient pas à croire qu’une petite fille l’ait fait en quelques minutes seulement. C’était encore mieux que les repas qu’elles prenaient dans le manoir où elles travaillaient. Leur étonnement n’avait rien changé à leur faim, cependant, et au moment où elles avaient nettoyé leurs assiettes avec voracité, un nouveau plat était en train d’être placé devant eux.

Comment est-elle si rapide ? Elle a juste décidé qu’elle allait nous faire à manger il y a peu ! se demandèrent-elles alors que Mitsuha posait les assiettes.

« Du radis blanc bouilli et de l’ambre — un poisson de la mer », avait-elle déclaré.

« Hein !? DU P, POISSON !? »

« Oui, et alors ? »

« R-Rien ! Rien du tout ! »

Britta agita les mains.

Mitsuha ne savait pas quoi penser de leur réaction. Qu’est-ce que cela veut dire… ? C’est quoi le problème entre ces filles et les poissons ? C’est un tabou ou quoi ? Ai-je merdé ? Eh bien, elles le mangent, donc c’est probablement bon. Elle sentait ses soucis se dissiper en les regardant se régaler. C’est bon de voir qu’elles ont aimé la soupe en conserve et l’amberjack cuit à l’étouffer. Passons au plat suivant !

Mitsuha avait sorti un plat après l’autre.

« C’est du rosbif. Trempez-le dans cette sauce avant de manger. »

C’était censé être pour moi. Bien sûr, c’est juste un dîner peu cher que l’on peut voir à la télé, mais j’aime vraiment ça ! Hnngh… Elle se plaignait du sacrifice, mais pensait que son travail était plus important.

« Voici un autre plat de bœuf pour vous, mais cette fois il est bouilli », dit-elle.

Le bœuf était joliment épicé et présenté dans des boîtes de conserve. Mitsuha avait dû en ouvrir six, car une portion individuelle ne suffisait pas.

« Essayez ce risotto ! »

Le risotto était aussi un produit à faire bouillir tel quel. Elle en avait cuisiné et en avait assemblé deux pour les filles.

Quand Mitsuha était retournée préparer plus de nourriture, Carla avait chuchoté.

« Hé, c’est juste moi, ou est-ce que toute la nourriture vient de cette… marmite ? »

« AHHHH ! Ne dis pas ça ! J’essayais de l’ignorer ! », dit Britta, un peu pâle.

« C’est bon, c’est une bonne sorcière. Elle doit l’être », marmonna Anke à elle-même.

L’assaut culinaire de Mitsuha allait bon train.

« C’est du ragoût de bœuf. »

Encore une nourriture en sachet du magasin de rabais.

« Et pour finir, votre dessert : la glace. »

C’était un pack de six glaces glacées Chateraise, pour être précis. La marque de desserts était connue pour sa haute qualité et son bas prix, elle était donc parfaite pour ses besoins. Mitsuha les avait sortis du réfrigérateur, avait enlevé les bâtonnets, les avait mis dans des verres et les avait servis avec des cuillères. Une seule bouchée suffisait pour que les filles soient perdues.

« Qu’est-ce que c’est !? Il fait si froid ! Si doux ! Si bon ! »

« C’est… incroyable ! »

L’une d’elles était si stupéfaite qu’elle n’avait pas dit un mot.

« On va couronner tout ça d’un peu d’étonnement », dit-elle.

« Une boisson chaude est parfaite après un dessert froid. »

C’était un saké sucré lyophilisé que l’on pouvait préparer en ajoutant simplement de l’eau chaude. Facile, délicieux, bon marché, durable, et peut-être même bon pour vous, c’était l’un des favoris de Mitsuha.

« Avez-vous aimé la nourriture ? », demanda-t-elle, tout sourire.

Leur déjeuner était enfin terminé.

Les trois filles hochèrent la tête.

« Oui, oui. Vous ne mentiez pas… C’était le meilleur repas que j’aie jamais mangé. »

« Umm, c’est ce chaudron a-OUCH ! »

La question de Carla avait été raccourcie par Anke et Britta, qui avaient marché discrètement sur ses pieds.

« Merci pour tout », dit Anke alors qu’elles se préparaient à partir.

« Ah, attendez un moment s’il vous plaît. » Mitsuha les avait retenues.

« Voici un petit quelque chose à partager avec vos collègues, vos amis ou votre famille ! Enlevez l’emballage avant de manger ! »

Elle leur tendit un pot mince, transparent et étrangement léger, rempli de ce qui ressemblait à des œufs d’argent et d’or.

« D’accord… », répondit Britta humblement.

Sur ce, les trois partirent, berçant leurs achats et le contenant d’amandes au chocolat emballées dans du papier d’aluminium.

Mitsuha avait célébré immédiatement après leur départ. Oui ! J’ai eu mes premiers clients et fait ma première vente ! Cela m’a coûté quelques-uns de mes plats cuisinés, mais cette vente en valait la peine. Cela me faisait un peu peur de ne pas avoir beaucoup de variété et de leur donner que du bœuf, mais les saveurs étaient si différentes qu’elles ne s’y intéressaient même pas. J’ai dû cependant en utiliser plusieurs de chaque… Pas un seul paquet où l’on pouvait en avoir assez. Maintenant, si elles rentrent et qu’elles passent le mot, mon magasin pourra exploser en popularité !

Ah, mais je ne suis pas sûre de vouloir trop d’affaires. Si je suis trop occupée, je n’aurai pas le temps d’aller aux toilettes ! Teehee !

« Eh bien ? », demanda Anke peu de temps après leur départ.

« Eh bien… », dit Carla.

« Et s’il y avait des insectes bizarres à l’intérieur ? Quand tu les manges, ils rampent dans ton cerveau et prennent le contrôle de ton — »

« NE DIS PAS ÇA ! », dit Britta en pleurant.

« Eh bien ? », demanda Anke encore une fois.

« Eh bien… »

« J’ai l’impression que si l’on ne fait pas ce qu’elle a dit, quelque chose de mal va arriver. »

« Comment ça, Britta ? »

« Distribue-les, comme elle nous l’a dit. »

« Mais tout le monde le fera… »

« Ça devrait aller tant qu’on suit ses instructions. Nous les remettrons à Marcel, nous prendrons nos visages les plus sérieux et nous lui dirons qu’ils viennent d’une étrangère. Nous ne mentirions pas, mais nous n’irions pas à l’encontre de ce qu’elle nous a dit de faire. Elle nous a demandé de “partager avec un collègue”, non ? En plus, Marcel est notre chef cuisinier ! Il saura s’il y a quelque chose de bizarre chez eux ! »

Anke avec ses cheveux soyeux, Britta avec une nouvelle broche brillante sur la poitrine, et Carla, tenant les amandes en chocolat, elles acquiescèrent d’un signe de tête. Elles espéraient que Marcel les comprendrait à leur retour au manoir.

◇ ◇ ◇

« Wow ! », s’exclama Marcel.

Bien sûr, n’importe qui aurait fait la même chose s’il avait été approché par trois femmes au visage si effrayant. Ai-je fait quelque chose de mal !?

« On a reçu ça d’un étranger ! », déclara l’une d’elles, poussant quelque chose de totalement étranger pour elle.

« Elle a dit qu’il faut enlever l’emballage et les manger. »

Alors c’est de la nourriture, c’est ça ? Marcel n’avait pas eu le courage de les refuser ou de fuir la scène. Il ouvrit le récipient, le tendit avec effroi vers l’intérieur et sortit l’un des objets. Puis, après l’avoir regardé fixement pendant un certain temps, il en retira l’emballage.

« C’est marron », dit-il.

« Cela possède une saveur riche et sucrée… »

L’odeur était nouvelle pour lui. Intrigué, il le renifla, le regarda de tous les côtés. Il n’avait jamais rien vu de tel. Finalement, il lui donna un coup de langue.

« EEK ! », les filles crièrent à l’unisson.

« Pourquoi criez-vous toutes !? »

Il le craqua, puis se pencha pour manger un morceau.

« AHHH ! Il l’a mangé ! Il l’a vraiment mangé ! »

« Qu’est-ce qui ne va pas chez vous trois ? Attendez, qu’est-ce que c’est que ça !? Amer ? Sucré ? Cette texture, cette odeur, ce goût… C’est unique en son genre ! D’où sortez-vous ça ? »

Marcel avait été interrompu par une voix venant de derrière.

« Vous êtes tous si bruyants. De quoi s’agit-il ? »

« M, madame… »

Ils s’étaient humiliés eux-mêmes.

Peu de temps après, le groupe était assis autour d’une table dans le salon. Les propriétaires du manoir, le vicomte Matheus von Ryner et son épouse, Amalia, qui s’étaient exprimés plus tôt, étaient maintenant présents. En plus de ces deux-là, il y avait le chef cuisinier des Ryners — Marcel — et les trois filles, soit un total de six personnes.

Les Ryners étaient nouveaux dans la noblesse, n’ayant atteint leur statut que dans la dernière génération. Pour cette raison, il n’y avait pas une grosse barrière sociale entre eux et leurs serviteurs, et ils n’avaient rien contre le fait de converser d’égal à égal. Ils n’avaient même pas été gênés quand le personnel s’était laissé emporter et que leur étiquette était passée par la fenêtre.

« Alors, vous dites qu’elle vous l’a donné ? », demanda la dame.

« Oui, oui… »

« Qu’en penses-tu, chéri ? »

Le vicomte Ryner avait incliné la tête à la question de sa femme.

« Hmm… Et vous pensez que cette fille était une sorcière ? »

« C’est une bonne sorcière ! Certainement ! », Anke avait atténué son propos.

« Du moins, je le pense. »

Elle était sans doute satisfaite de ses cheveux lisses.

« Êtes-vous sûre que c’est du poisson frais qu’elle vous a donné ? Pas séché, pas fumé, pas mariné ? », demanda Marcel, encore dubitatif.

« Oui, quand j’étais petite, je suis allée dans un village au bord de la mer et j’ai mangé du poisson frais. Le sien avait le même goût. L’autre nourriture était délicieuse aussi ! », dit Britta.

Carla acquiesça d’un signe de tête. Marcel avait l’impression qu’elles avaient juste snobé sa cuisine, ses épaules tombaient un peu.

Matheus secoua la tête.

« Je ne peux pas dire que je le crois. Le village de pêcheurs le plus proche est à dix jours de voyage en chariot. Même une diligence prendrait au moins une semaine. Disons que si vous aviez une charrette robuste et légère, que vous preniez une petite charge et que vous remplaciez constamment le cheval et le chauffeur. Et si on ne faisait pas un seul arrêt, ça prendrait au moins trois jours. Sans oublier que cette méthode ferait du poisson un véritable luxe. Cela coûterait une douzaine de pièces d’argent chacun. Et ça ne marcherait qu’en hiver, quand il y a de la neige et de la glace pour les conserver au froid, ce qui est impossible à cette époque de l’année ! Il n’est pas question non plus de faire bouillir le poisson et de le garder au chaud sur le chemin du retour. Ça prendrait trop de temps, et tu le ferais trop cuire. Il ne serait même pas comestible. »

Marcel acquiesça de la tête. Bien sûr, un chef savait ce genre de choses.

« Bien que je suppose qu’il n’y a pas de raison d’en faire trop. »

Comme la conversation était dans une impasse, Amalia avait changé de sujet.

« Au fait, Anke. Pour quelles raisons vos cheveux sont si soyeux et qu’ils sentent si bon… ? »

« Oh, oui ! C’est grâce à ces produits magiques dont on vous a parlé. »

« Magique, dites-vous ? Laissez-moi-les utiliser. »

« Hein ? »

Les trois filles lui jetèrent un coup d’œil. Amalia avait les cheveux longs, alors elle utiliserait une bonne partie de leurs précieux produits.

« Je paierai pour eux ! Seize pièces d’argent ne sont rien pour moi ! Je vous les rendrai même après une seule utilisation », s’exclama-t-elle.

Les filles n’avaient rien contre ces conditions. Bien qu’étant ses servantes, elles ne pouvaient pas refuser même si elles le voulaient.

« Et Britta, à propos de cette broche… ? »

« Oh, c’est ce que j’ai acheté avec mes huit pièces d’argent. »

« C’est beaucoup trop bon marché pour quelque chose de cette qualité ! »

« C’est parce que c’est artificiel, du moins c’est ce qu’elle m’a dit. »

« Bien sûr que c’est fait par l’homme. C’est une broche ! Êtes-vous en train de dire que Dieu a fait toutes les autres ? »

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. Cette gemme n’est pas réelle, il a été fait par des gens. »

« Un faux ? Ça !? »

Amalia n’en croyait pas ses yeux, mais elle se demandait aussi pourquoi la soi-disant sorcière admettait qu’elle vendait des produits contrefaits. Il n’y avait aucun mérite à faire tout le contraire, en fait.

« Eh bien, ça ne coûte rien de le faire avec de la magie… », marmonna-t-elle.

« Maître Ryner, avec un tel pouvoir, acquérir des ingrédients et des recettes rares serait simple ! », dit Marcel en faisant face au vicomte

« En effet. Il serait sage de lui demander de l’aide. Je vous confie tout cela, Marcel. »

« Entendu, monsieur ! »

Le chef inclina la tête et partit.

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre. Il n'y a pas de rivière avec des poissons d'eau douce dans ce pays pour avoir une telle réaction ?

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