Rakudai Kishi no Cavalry – Tome 4 – Chapitre 2

Bannière de Rakudai Kishi no Cavalry ***

Chapitre 2 : Chapitre 2 : Manœuvre intriguante

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Chapitre 2 : Chapitre 2 : Manœuvre intriguante

Partie 1

 

À peu près au moment où les faibles rayons du soleil atteignaient le sol du pays enneigé, Alice avait terminé le travail pour lequel le gang criminel de sa ville natale l’avait appelé et était sur le chemin du retour.

La température de l’air à l’aube était meurtrière. Contre ce froid cinglant, la sensation de l’écharpe que ses petites sœurs lui avaient fabriquée et offerte était réconfortante.

« Salut, Alice. »

Une voix forte s’était soudainement fait entendre d’en haut. Quand il leva les yeux, une fille aux cheveux roux marchait sur le mur de pierre se trouvant au-dessus de lui. Tout en riant à l’idée qu’elle ressemblait à un chat, Alice retourna la salutation.

« Yuuri... c’est rare qu’on rentre ensemble, n’est-ce pas ? » déclara Alice.

« Ouais, n’est-ce pas ? » répondit Yuuri.

Puis, sautant du mur de deux mètres, Yuuri s’était approchée d’Alice.

Et en s’étreignant les épaules, elle avait tremblé de froid.

« Ooh, si froid, si froid. Cette écharpe a l’air vraiment chaude. Comme c’est gentil, » déclara Yuuri.

« Hahaha, es-tu jalouse ? » demanda Alice.

Face à Yuuri qui envoyait un regard avide, il lui montra son foulard duveteux.

« Prête-le-moi pour un moment, » demanda Yuuri.

« Jamais. Yuuri, tu vas tout de suite le salir, » répondit Alice.

« Hmm... Un garçon qui laisse une fille geler, c’est vraiment terrible, » déclara Yuuri.

« Tu n’es une fille que quand c’est pratique... Mais..., » déclara Alice.

Alice avait invité Yuuri à venir plus près, puis avait un peu tiré sur l’écharpe autour de son cou, et l’avait présenté vers celui de Yuuri.

« Voilà. Comme ça, on pourra l’utiliser tous les deux, non ? » demanda Alice.

« ... C’est un peu embarrassant..., » déclara Yuuri.

« N’est-ce pas bien ainsi ? De plus, l’embarras te réchauffera encore plus, » déclara Alice.

Face à une Yuuri qui affichait un rougissement rare sur sa joue, Alice avait fait un sourire méchant.

Tous les deux avaient marché côte à côte le long de la toute nouvelle rue du quartier déserté. En cours de route, ils avaient discuté du rite de passage avec les deux jeunes garçons d’avant.

« La façon dont ces deux-là voulaient devenir adultes, c’était assez impressionnant, n’est-ce pas ? » demanda Alice.

« On les a ramassés il y a environ deux ans, hein ? Mais ce sont encore des gosses. Quand on avait leur âge, on était beaucoup plus volontaires, » déclara Yuuri.

Alors qu’il parlait des jours anciens, Alice avait fait une expression amère.

« ... Je ne veux pas vraiment me souvenir de ces moments, » déclara Alice.

« C’était dur, hein ? La blessure par balle que j’ai eue de toi est toujours là, tu sais ? » déclara Yuuri.

« On n’a pas changé d’avis. Parce que j’ai perdu contre toi, je suis toujours en dessous de toi, alors ne fais pas l’innocente, » déclara Alice.

Tout en faisant la moue, Alice se remémorait un peu du bon vieux temps.

Alice et Yuuri étaient des orphelins avec des pouvoirs. Parce qu’ils avaient des pouvoirs boiteux, il avait fallu beaucoup de sang et de temps pour en arriver à la relation calme qui existait entre eux maintenant. Le nombre de combats qui avaient failli entraîner la mort parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ou de lits pour faire le tour était plus élevé que ce qu’ils pouvaient compter sur une main.

Mais tous les deux s’étaient lassés de ces jours-là, du genre de jours vides où ils volaient les autres pour leur propre bénéfice. Ils avaient donc tous les deux terminé ces jours stériles en buvant cet alcool et en prêtant serment.

Si tout le monde pouvait être aussi fort qu’à l’époque, de nombreux enfants auraient certainement pu être protégés. C’est pourquoi ils n’utilisaient plus leurs pouvoirs pour voler, mais pour prendre soin des individus à côté d’eux. De cette façon, ils étaient devenus des adultes calmes.

Depuis lors, ils avaient vécu comme lorsqu’ils l’avaient juré sur l’alcool. En réunissant une équipe d’orphelins impuissants, les deux individus avaient veillé sur eux tous.

« ... C’est vrai qu’on a aussi essayé de s’entretuer dans cette rue, hein ? » déclara Alice.

« Ouais ! L’était dans lequel cet endroit est devenu maintenant est bien plus joli qu’à l’époque, » répondit Yuuri.

Exactement comme Yuuri l’avait dit, la rue dans laquelle les deux personnes marchaient était recouverte d’une belle pierre blanche, et les bâtiments le long de la route avaient été recouverts d’une nouvelle peinture. Les endroits où ils avaient concouru, la route familière de pavé de pierre négligé que même les voitures ne pouvaient pas traverser correctement, étaient un endroit où un voyageur qui ne connaissait rien se verrait dépouiller de tous ses biens en quelques secondes seulement.

Et il y avait une raison à ce changement. C’était — ici et là, par endroits, il y avait des emblèmes étendus sur les murs, chacun avec cinq anneaux colorés.

« Quel grand festival ! Il est probable que puisque des personnes viennent du monde entier, cet endroit ne peut pas être considéré comme sale, » déclara Alice.

« Un endroit honteux, hein... ? » Yuuri avait fait sortir un sombre marmonnement.

En réponse, Alice devina immédiatement ce qu’elle avait dans le cœur. « Les personnes du gouvernement sont revenues, n’est-ce pas ? »

« Ouais, hier, » répondit Yuuri.

... Bien que pauvre, Alice aimait sa vie actuelle. Même si elle était modeste, elle était bonne aussi longtemps que tout le monde pouvait vivre. Mais récemment, les Jeux olympiques approchaient et le monde entier était très enthousiaste, de sorte que son gagne-pain avait été poussé dans l’ombre.

Chasser les sans-abri.

Dans la campagne et dans les villes, ils ne voulaient pas montrer des choses honteuses. Les adultes qui le pensaient avaient organisé une réunion dans un quartier voisin et avaient commencé à expulser les sans-abri et les enfants des rues.

Ils n’avaient offert aucune aide à ceux qu’ils avaient expulsés. Ils les avaient juste chassés avec des barres en métal et des coups de pied. Et les individus qui chassaient avaient en ligne de mire l’équipe d’Alice.

« Ces salauds. S’ils venaient pour toi et moi, ça irait, puisqu’on a des pouvoirs, » déclara Alice.

« C’est hors de question, » déclara Yuuri.

« Ouais, je suppose que bien le cas. Qu’arriverait-il à Natasha et aux autres ? Puisque même la sœur en sait autant, elle ne peut que continuer à les repousser. Ce n’est pas agréable du tout, ces individus du gouvernement, » déclara Alice.

« Eh bien, de leur point de vue, ce serait honteux qu’on embarrasse des touristes, n’est-ce pas ? Cela les embarrasserait, » déclara Alice.

Cependant, Alice et les autres ne pouvaient pas dire « oui, nous comprenons » et partir. Le fait d’être forcé d’aller quelque part dont ils ne savaient rien pendant cette saison remarquablement froide et sévère n’était pas différent d’une condamnation à mort.

« Si Natasha et les autres pouvaient au moins être envoyées dans une institution, ça ne me dérangerait pas de partir, mais — où vivrions-nous seuls ? » demanda Yuuri.

« C’est aussi difficile, hein... ? Si partir était si simple, les individus comme nous ne tourneraient pas au ralenti dans un endroit comme celui-ci, » déclara Alice.

Comme Alice l’avait dit, les enfants sans abri étaient un problème social que le pays tout entier devait porter. Par conséquent, il n’y avait aucun moyen de les sauver. Non, c’était possible, mais dans tous les cas, l’administration n’avait pas l’intention de le faire. Ils étaient occupés à construire la rue qui n’était pas encore utilisée, ou le musée d’art sans objets exposés, et n’avaient plus rien pour s’occuper des enfants des rues.

Ils avaient donc dû vivre avec leur propre force. Et pour vivre, ils ne pouvaient pas se laisser chasser du quartier en cette saison. Cependant — .

« Mais en fin de compte, je pense qu’il est temps de le faire, » Alice marmonnait sa vraie opinion.

En réponse, Yuuri hocha également la tête. « ... Nous avons beaucoup reçu de la sœur, hein ? Après tout, on ne peut pas lui causer plus d’ennuis. »

La sœur qui les avait hébergés dans le hangar de stockage était une bonne personne. Tout en s’occupant seule d’une église sans le sou dans un quartier délabré, elle leur fournissait de la soupe à même ses propres fonds. Ils n’avaient même pas vécu dix ans, mais elle était la première personne qu’ils avaient rencontrée et qui était si gentille. Mais... pour cette raison, la sœur avait été ciblée par le gouvernement municipal, et l’image d’elle étant rabaissée et maltraitée était quelque chose qu’ils ne pouvaient pas supporter de voir.

« Alors c’est décidé ! » Soudain, Yuuri montra du doigt le soleil qui montait dans le ciel du côté d’Alice. « Alice, à la fin de l’hiver, quand il fera un peu plus chaud, nous quitterons tous ce quartier. Allons dans le sud. J’en ai déjà marre des endroits froids. »

Par contre, tu montres l’est du doigt..., pensa Alice.

Elle montrait probablement du doigt la chaleur, mais Alice ne l’avait pas dit quand il avait hoché la tête.

« ... Ouais. C’est très bien. Trouvons une ville chaleureuse, » déclara Alice.

En vérité, Alice avait aussi songé à parler à Yuuri de la recherche d’un endroit plus chaud où s’installer. Les frères et sœurs plus jeunes dont ils s’occupaient avaient assez grandi pour avoir la force d’y aller. S’ils arrivent à passer l’hiver, ils pourraient sûrement faire un long voyage.

« On va viser l’équateur ! » déclara Yuuri.

« C’est la première fois qu’on voyage, alors on y va un peu plus doucement, » déclara Alice.

Alice l’avait dit avec stupéfaction, mais son expression n’était pas aussi gênée qu’on pourrait le croire. Il rêvait aussi de commencer un voyage au printemps. Ce serait bien qu’il y ait une nouvelle ville, un endroit dans les pays du sud où il soit facile de vivre pour tout le monde.

 

Mais — en fin de compte, cette promesse de trouver un nouvel endroit pour vivre ne serait pas tenue.

 

Un désastre frappera soudainement, et son bonheur modeste sera brusquement brisé.

Soudain, à côté de la voie de desserte où Alice et Yuuri marchaient, une voiture noire était passée, et la vieille personne assise sur le siège arrière de la voiture avait donné une exhortation à sa secrétaire qui conduisait.

« ... La rénovation de cette zone ne se déroule pas bien, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Hein ? Je ne crois pas que ce soit vrai, monsieur. Le revêtement de la voie de desserte a presque été réparé et la peinture des murs est presque terminée, » répondit la secrétaire.

« Au coin de la rue, j’ai vu quelque chose de sordide, » déclara l’homme.

« ... Les enfants des rues ? » demanda la secrétaire.

« Vous pouvez couvrir la ville de tapis persans, mais le fait d’avoir de tels gosses miteux qui courent partout dans ces rues les rendrait complètement inutiles. Cela nuirait à notre réputation si des mendiants encombraient la ville pendant les Jeux olympiques, » déclara-t-il.

« Mais les enfants des rues sont un problème dans tout le pays, alors que pouvons-nous faire exactement... ? Et la région autour d’ici est le territoire d’un groupe dirigé par cette enfant Yuuri, et bien que la plupart d’entre eux soient de très jeunes enfants, les deux dirigeants ont tous les deux des capacités, donc c’est assez difficile pour notre personnel de s’en occuper..., » déclara la secrétaire.

« Lâches. Pourquoi tremblent-ils face à deux gosses ? » demanda-t-il.

« ... Alors, voulez-vous que la police les expulse par la force ? » demanda-t-elle.

« Ne soyez pas ridicule. Depuis le début, le chef de la police vise le siège de maire. S’il donnait un tel ordre, ses opposants se serviraient joyeusement de campagnes négatives pour l’accuser d’une telle inhumanité, » déclara-t-il.

« Alors... qu’est-ce qu’on fait ? » demanda-t-elle.

La secrétaire, à l’intention du patron qui faisait ce qu’il voulait sans se soucier des difficultés provoquées dans le Gouvernement, l’avait demandé d’un ton ennuyé. En réponse — le vieil homme avait parlé comme si c’était insignifiant.

« Envoyer des ordures pour nettoyer les ordures. Nous pouvons même économiser sur le travail, » déclara-t-il.

Il avait dit cela d’une manière aussi détendu que s’il buvait dans un café.

***

Partie 2

Tard dans la nuit, lors de l’avant-dernier jour du camp de formation combiné de Kyomon et Hagun, il pleuvait malheureusement. Ce n’était pas assez fort pour être un orage, mais de grosses gouttes descendaient et frappaient bruyamment les fenêtres. Tout en l’écoutant comme s’il s’agissait d’un son plutôt agréable, Kagami Kusakabe, la chef du club de presse de l’Académie Hagun, était dans les locaux que l’institution voisine avait gentiment prêtés aux clubs de presse de toutes les écoles. Elle était en train de trier les données qu’elle avait recueillies pendant la période du camp de formation.

Sous la petite lumière du bureau se trouvaient de nombreux documents de base, le contenu de nombreuses transcriptions d’entrevues et l’information sur l’équipe de chaque école échangée entre les clubs de presse. La chose affichée sur l’ordinateur portable reposant sur la pile de documents était de l’information sur les camps de formation d’autres écoles recueillie par les membres des équipes.

La vérification de l’ensemble de ces informations dans une perspective globale — les tendances des sept écoles durant cette période d’entraînement et l’analyse de leur puissance de combat respective — lui permettrait de tirer une conclusion sur le nombre de cas spéciaux durant ce Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée.

— C’était le genre de travail qui mènerait à la découverte.

L’élément déclencheur avait été l’appel téléphonique d’Ikki qui s’inquiétait au sujet d’Amane Shinomiya.

Pour être franche, Kagami n’était pas très intéressée par Amane Shinomiya. Il y avait sûrement beaucoup de mystères parmi les équipes. Les pouvoirs qu’il détenait n’étaient souvent pas clairement connus. Mais cela ne se limitait pas seulement aux nouveaux venus sans nom qui n’avaient aucune expérience de la ligue des collèges. Pour commencer, les écoles ne parlaient pas des capacités de leurs Blazers, parce qu’il n’y avait aucun avantage à révéler l’information des membres de leur propre équipe.

De plus, cette année, il y avait plusieurs participants, et non pas seulement Amane, qui n’avaient pas été des représentants expérimentés pendant les années d’école intermédiaire. Pour cette raison, Kagami n’avait pas reconnu Amane comme étant plus qu’un des nouveaux venus sans nom, et elle n’avait donc pas envie d’enquêter profondément sur lui.

Ouma Kurogane, l’empereur de l’épée du vent. Stella Vermillion, la princesse cramoisie. Et Yuudai Morboshi, l’actuel roi de l’épée des sept étoiles. Il y avait des candidats qui attiraient davantage l’attention des gens.

Cependant, l’appel téléphonique d’Ikki avait fait germer l’intérêt pour Amane dans un coin de son esprit, de sorte que Kagami avait cherché dans les données des sept écoles pour satisfaire cet intérêt par hasard. En conséquence —

« ... Qu’est-ce que... c’est... c’est... c’est... ? »

Kagami était étonnée. Bien que les montagnes de Tohoku soient fraîches même en été, des perles de sueur froide coulaient sur son dos. Ce qui se trouvait devant les yeux de Kagami, c’était le rapport scolaire d’Amane Shinomiya qu’elle avait obtenu à grand effort. Les résultats des simulacres de batailles mandatées par les cours étaient là.

 

Six batailles, six victoires — six victoires sans combat.

 

Kagami avait rassemblé les résumés des batailles simulées pour de nombreux prétendants dans le cadre du club de la presse, mais elle n’avait jamais vu un disque aussi bizarre que celui-ci.

Non, attends, si je parle de choses que je n’ai jamais vues auparavant..., pensa-t-elle.

Elle avait probablement vu un dossier de bataille aussi bizarre que celui d’Amane avant, non ? Ce à quoi elle n’avait pas prêté attention jusqu’à présent, Kagami avait été forcée de se souvenir.

... Entrer au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée en tant que nouveau venu sans nom. Il n’y a jamais eu quelqu’un comme ça avant.

C’était une tendance ordinaire. Si elle pensait à ce qui s’était passé jusqu’à présent, ne s’y attendait-elle pas ? Les gens qui avaient le pouvoir désiraient tout ce qu’ils voyaient dans le monde. Dans ce monde, il y avait beaucoup de gens influents qui avaient choisi d’être des représentants dans leur première année, mais...

C’est comme si quelqu’un avait rassemblé tous les individus qui n’étaient pas venus jusqu’à maintenant.

Soudain, Kagami l’avait senti comme si elle était en train de réaliser quelque chose de grotesque. Et cette prise de conscience était absurde, même pour quelqu’un qui n’était pas étudiant.

Mais à cause de ça, je ne peux pas laisser tomber.

Parce qu’elle se souvenait de ce sentiment d’inconfort, ne pas enquêter serait...

C’était une journaliste. C’est pourquoi Kagami rassembla tout son matériel et s’interrogea sur l’inconfort qu’elle ressentait. Les informations sur les représentants des sept écoles. Les membres du conseil d’administration de l’école et les membres du comité directeur du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. De plus, la liste des sponsors collaborant avec l’administration. Elle avait examiné l’ensemble des composantes du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée.

— Et après quelques heures, c’était la nuit. Kagami Kusakabe était arrivée à une conclusion. Les capacités extrêmement élevées qu’elle avait perfectionnées en tant que journaliste tous les jours étaient arrivés à la vérité qu’elle en était venue à réaliser.

Il n’y a pas d’erreur.

Kagami avait regardé la liste des noms au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de cette année, les noms des représentants des sept écoles, et s’était plainte.

« ... Parmi les sept écoles, il y en a... une de plus... ! »

À ce moment-là. La chaleur brûlante avait pénétré le dos de Kagami.

« — Hein ? »

Devant les documents que Kagami regardait, elle pouvait voir un couteau gris foncé sortir de sa poitrine pendant ce temps.

Kagami connaissait la forme du couteau qui était éclairé par sa lampe de bureau.

... Je... savais... ça.

Le couteau qui sortait de la poitrine de Kagami était le dispositif appelé Ermite des Ténèbres. Et le propriétaire de ce Dispositif était...

« À... lice... chan..., » murmura Kagami.

En rassemblant le reste de ses forces, Kagami s’était tournée. Là, elle avait vu un visage froid qui ne ressemblait en rien à celui de son camarade de classe qu’elle voyait tous les jours.

Son camarade de classe — Nagi Arisuin avait ouvert les lèvres sur ce visage froid. Sans aucune trace d’émotion, une voix émergeait de ces lèvres de cadavre.

« Tu es un peu trop intelligente, » déclara Arisuin.

Puis il retira le couteau et fit un bruit de claquement. Au même moment, le corps de Kagami tomba au sol parmi la montagne de documents.

Tu ne peux pas...

Elle n’avait pas la force de soulever son corps ou de s’enfuir. L’évanouissement forcé en raison d’une blessure mortelle délivrée sous une Forme Illusoire avait volé la conscience de Kagami.

Senpai... Stella-chan... Attention...

Alors Kagami pria. De sa gorge qui ne pouvait plus crier, elle essaya au moins de délivrer ses espoirs.

Le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de cette année... cache un monstre... !

Et ainsi, Kagami Kusakabe tomba dans les ténèbres.

***

Partie 3

Accroupi sur un genou, Arisuin observa une Kagami au sol. Elle avait complètement perdu connaissance. Avec elle comme ça, elle resterait probablement endormie toute une journée.

« Comme c’est malheureux ! Si Kagami avait été un peu moins ennuyeuse, nous aurions pu être des amies encore quelques heures, » déclara Arisuin.

La conclusion qu’elle avait pu obtenir... « Parmi les écoles, il y en a une de plus. »

Ce que Kagami avait réalisé — était certainement vrai. Au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de cette année, comme elle l’avait conclu, il y avait une puissance secrète qui manœuvrait sous la surface.

Le nom de cette puissance était — l’Académie Akatsuki.

Il s’agissait d’une nouvelle école basée sur une grande organisation dont le seul but était de détruire le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. À l’heure actuelle, il y avait sept étudiants. Ils étaient presque tous membres de l’énorme organisation qui avait créé l’Académie Akatsuki, mais ils faisaient partie de l’élite de la société du monde souterrain qui employait le groupe terroriste Rébellion. Ils s’étaient faufilés dans les sept écoles et avaient déjà pris le contrôle du cadre du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. Afin de créer le chaos dans le tournoi, le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée avait été infiltré, car ce nouveau pouvoir voulait s’emparer de la Ligue qui soutenait les sept étoiles.

Kagami s’était rendu compte de cette situation. Parce qu’elle s’en était rendu compte — elle avait été attaquée.

« C’est vraiment dommage, mais on n’y peut rien, » continua-t-il.

Soudain, son terminal étudiant dans sa poche avait vibré. Il avait diffusé cette notification à maintes reprises, mais Arisuin regardait Kagami depuis l’ombre, alors il l’avait ignorée.

Ce qu’Arisuin avait sorti de sa poche n’était pas son terminal étudiant de Hagun, mais un appareil venant d’une autre école. Bien qu’aucun nom n’ait été affiché, il savait de qui venait le message. Le seul qui utiliserait cet appareil pour le contacter était le responsable des communications de l’Académie Akatsuki. Seulement le Pierrot, Reisen Hiraga.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Arisuin.

« Ah, je t’ai enfin eu. Puisque tu n’as pas décroché du tout, je croyais que tu ne m’aimais pas, » déclara Reisen Hiraga.

« Je pense que j’ai souvent de telles pensées, » répliqua Arisuin.

« Comme c’est dur, » déclara Reisen Hiraga.

Les yeux d’Arisuin se plissèrent face au son d’un rire retentissant venant du téléphone. Il n’était pas possible qu’il puisse aimer la voix de cet homme, parce que même si c’était un ton qui pouvait facilement calmer quelqu’un, le rire semblait apparaître et disparaître frivolement comme s’il riait de tout.

« Au fait, pourquoi n’as-tu pas décroché tout de suite ? » demanda Reisen Hiraga.

« Il y a eu un petit problème, » répondit Arisuin.

« Oh ? Quel genre d’ennuis ? » demanda Reisen Hiraga.

« Une fille du club de presse de Hagun a commencé à suspecter notre opération, alors je l’ai fait taire, » déclara Arisuin.

« ... Et à quel point se doutait-elle de quelque chose ? » demanda Reisen Hiraga.

Légèrement, mais clairement, le ton du téléphone s’était raffermi.

Arisuin avait pris l’un des documents que Kagami avait examinés avant de s’évanouir et répondit.

« Yui Tadara de l’Académie Donrou. Amane Shinomiya de l’Académie Kyomon. Sara Bloodlily de l’Académie Rokuzon. Reisen Hiraga de l’Académie Bunkyoku. Rinna Kazamatsuri de l’Académie Rentei. Ouma Kurogane de l’Académie Bukyoku. Nagi Arisuin de l’Académie Hagun. Elle en sait assez pour énumérer ces sept noms, y compris le tien et le mien, » déclara Arisuin.

« ... C’est certainement quelque chose, » déclara l’autre.

« Comme je ne connais aucun de nos membres à part toi qui communiques avec moi et Ouma-san qui est un invité, je ne peux pas confirmer que cette liste soit vraiment correcte. Elle semble avoir prédit nos intentions, alors pour l’instant, je l’ai fait taire, mais... Je me demande si cette liste est à jour, » déclara Arisuin.

« Hélas, pardonne-moi ! Je ne peux pas encore te donner les détails de nos membres. Pour l’instant, ce n’est qu’une liste inutile. Eh bien, ça approche du festival, donc ce sera pour bientôt. Même si je n’aime pas ça, je dois me montrer, alors je vais te présenter... Pourtant, cette liste correspond correctement à trois sur sept. Je me demande comment elle l’a découvert, » déclara Reisen Hiraga.

« En regardant les données ici, elle a apparemment enquêté sur tous les prétendants représentatifs du passé. À part l’invité, toutes nos histoires personnelles ont été fabriquées. Ils ne résisteraient pas à l’enquête approfondie d’un professionnel, » déclara Arisuin.

« Je vois, je vois. En d’autres termes, c’était l’incompétence des personnes chargées de la documentation ? Eh bien, nous nous occuperons de ceux qui en sont responsables plus tard — hah, ton action était vraiment appropriée. C’est ce que j’attends de l’Assassin Noir. Quelle fiabilité ! Au fait, comment vas-tu te débarrasser de notre perceptive petite souris ? » demanda Reisen Hiraga.

« Je l’ai seulement assommée ―, mais si tu veux la tuer, je le ferai, » déclara Arisuin.

Arisuin n’avait aucune trace d’hésitation dans sa voix, même si sa cible était une fille avec qui il avait été ami hier. Cette voix froide et sereine, à la manière d’une lame, confondait Hiraga, qui était à l’autre bout du fil.

« Oh non, non ! Tuer signifierait devoir cacher les preuves. Après ce soir, le monde entier connaîtra l’Académie Akatsuki, alors c’est bien de l’emprisonner quelque part pour la journée, » déclara Reisen Hiraga.

« Je comprends. C’était juste une petite blague... Si tu as besoin d’autre chose, tu me contacteras ? » demanda Arisuin.

Arisuin était sur le point de couper son appel avec Hiraga. Depuis le début, c’était une conversation désagréable. Il n’avait pas l’intention de parler longuement. En réponse, Hiraga...

« Non, non, non. Ce n’est pas moi qui veux quelque chose. Il y a quelqu’un d’autre qui veut te parler. Je vais échanger avec lui maintenant, » déclara Reisen Hiraga.

Sur ce, quelqu’un était venu à la place. La voix suivante qu’il entendit fut...

« C’est moi, Alice. »

En un instant, le visage d’Arisuin s’était raidi. Il ne voyait pas qui était à l’autre bout, mais il comprenait bien. Il ne pouvait pas se tromper sur ce qu’il entendait. Cette voix grave et sévère était — .

« Ça fait longtemps, n’est-ce pas Wallenstein-sensei ? » déclara Arisuin.

« Ahh, je vois que tu es allé au Japon, » déclara l’autre.

L’épéiste à un bras, Sire Wallenstein. L’un des dirigeants de la Rébellion, les Douze Apôtres. L’homme qui avait découvert la force d’Arisuin et l’avait entraîné à devenir le meilleur assassin de la Rébellion.

« Sensei, vous êtes aussi au Japon, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

« Plutôt que de confier la supervision à d’autres, j’ai dû venir ici moi-même, » répondit l’autre.

Wallenstein était déjà venu au Japon. Face à cette réalité, le corps d’Arisuin s’était un peu raidi. C’était probablement par peur, car Arisuin connaissait la force de cet homme. D’après le standard de la Ligue, on pourrait certainement l’appeler un Rang A. Il n’avait aucune vulnérabilité au niveau de ses capacités ou de son expertise au combat, et sa maîtrise à l’épée était excellente. Sans aucun doute, il était le chef le plus puissant de la Rébellion.

Maintenant qu’une telle personne était venue prendre le commandement direct, le plan de Rébellion pour le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée de cette année devait être réel.

« Alors Sensei, que souhaitez-vous de moi aujourd’hui ? » après l’accueil modéré, Arisuin avait demandé cela par téléphone.

Et Wallenstein avait balayé la question d’une voix sévère. « ... Alice. Tu es le meilleur des élèves que j’ai pris. Celui qui a obtenu des résultats contre les bandes criminelles, les sectes et les groupes terroristes... assassinant les gens qui vivent avec nous dans le monde souterrain dans les guerres pour les territoires et cela, quelle que soit leur importance, quel que soit l’effort nécessaire pour les atteindre. Tu n’y as peut-être jamais pensé, même maintenant, mais comprends-tu bien ton rôle aujourd’hui ? »

En réponse, Arisuin — était devenu silencieux en un instant. Et il ferma les yeux, comme s’il se résolvait à un adieu.

« Oui. Je le comprends parfaitement. Et je ne chancellerai pas. J’ai déjà gagné la confiance de l’équipe principale de Hagun. Je vais les écraser d’un coup. Et mon Lien Sombre est un Art Noble qui peut leur voler toute leur capacité de combat en un instant. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter, Sensei. À la veille du festival, je présenterai sans aucun doute le succès, sur mon nom en tant qu’Assassin Noir, » déclara Arisuin.

Il avait fait cette promesse sans hésitation dans sa voix. En entendant cette réponse...

« ... Je suis soulagé d’entendre ces paroles, » déclara Wallenstein.

Wallenstein encouragea Arisuin d’une voix qui semblait sourire quelque part. « Je compte sur toi, Alice. »

Face à cet encouragement, Arisuin répondit d’un signe de tête. « Oui, s’il vous plaît, laissez-moi faire. »

À la fin de cet échange, Wallenstein avait mis fin à la connexion.

Pour que Sensei me contacte, pensa Arisuin.

C’était quelque chose de rare, mais c’était peut-être raisonnable. La veille du festival qui avait eu lieu aujourd’hui était un ordre du commanditaire qui avait employé la Rébellion. C’était la cérémonie de lancement de l’Académie Akatsuki, le pouvoir qui allait détruire le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. Aucun échec, aussi petit soit-il, ne serait permis ou pardonné. S’il y avait des échecs, les espoirs de la Rébellion et de son commanditaire n’aboutiraient à rien.

Maintenant, je dois ranger cet endroit, pensa Arisuin.

Pour que la veille du festival se déroule comme prévu, Kagami et ses documents devaient être cachés jusqu’à ce soir. Arisuin activa donc sa magie de l’ombre et submergea Kagami et les documents dans l’obscurité.

« Ne pense pas du mal de moi. Pour mettre en œuvre le plan, nous ne pouvons pas avoir d’éléments incertains, » déclara Arisuin.

Et toutes les traces avaient été effacées.

***

Partie 4

Après avoir caché Kagami et ses documents, Arisuin était retourné au logement pour les participants s’entraînant.

Et face à sa chambre, il avait ouvert la porte ―.

« Bon retour, Alice, » dans sa chambre qui n’était éclairée que par la lampe de chevet, Shizuku, étendue sur les draps de lit dans un déshabillé et lisant un livre de poche, s’adressa à lui.

« Oh mon Dieu, tu es toujours debout, Shizuku ? » demanda Arisuin.

« Je m’endormirai bientôt, » en disant cela, Shizuku tourna la page d’un doigt. Bien sûr, il ne restait plus beaucoup de pages.

« Je me demande bien ce que tu lis ? » demanda Arisuin.

« Les cent huit façons d’intimider la nouvelle femme. À lire absolument pour les belles-mères, » répondit Shizuku.

Effrayante !

« ... En tout cas, tu t’es beaucoup amusée ces derniers temps, Alice, » déclara Arisuin.

Dans le temps qui avait suivi, Arisuin s’était demandé comment il devait répondre. Après avoir entendu l’appel inquiet d’Ikki, Arisuin était sorti la nuit pour surveiller Kagami à plusieurs reprises récemment. Si je vais me promener tous les soirs, il est naturel que les autres deviennent méfiants, pensait-il. Surtout par une nuit aussi pluvieuse que celle-ci.

Mais faire un mensonge gênant ne ferait que le révéler. Shizuku était une jeune femme intelligente qui savait discerner les subtilités de l’esprit d’une personne. Alors...

« Je ne me suis pas vraiment amusé, tu sais ? Le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée est à venir. Je dois me préparer moi-même, » Arisuin n’avait pas dit la vérité, mais sa réponse n’était pas non plus un mensonge.

« Vraiment ? » demanda Shizuku.

En réponse, Shizuku avait donné une réponse qui ne semblait pas très intéressante et avait continué sa lecture. En ce moment, il était reconnaissant de l’indifférence de Shizuku envers les autres. Après tout, ses intérêts et ses préoccupations concernaient entièrement son frère, Ikki Kurogane.

Je suis... un peu envieuse, hein ? pensa Arisuin.

Au moment où il y avait réfléchi, il s’était rendu compte que ses jours avec Shizuku étaient terminés. Une fois la veille du festival terminée, il quitterait Hagun. Et il ne reviendrait jamais.

―, Mais.

« Hey, Shizuku, » Arisuin, qui était entré dans la pièce, avait pris une bouteille d’alcool tachée dans le sac de voyage qu’il avait mis dans un coin. « Voudrais-tu partager un verre avec moi ? »

Pour le dernier soir, il avait invité Shizuku à boire avec lui. Shizuku entendit l’invitation d’Arisuin et leva lentement son corps. Et dans l’obscurité, elle s’était concentrée sur la bouteille d’alcool qu’il tenait — .

« Est-ce que c’est l’alcool qui sent la médication qu’on n’a pas finie dans le bar où on allait avant ? » demanda Shizuku.

Après avoir entendu ça, Arisuin s’en était souvenu. Maintenant qu’elle en parle, c’était lors de la célébration après cette première victoire dans les batailles de sélection, n’est-ce pas ?

Plutôt que de le boire, Arisuin n’en avait goûté que quelques-uns en étant assis à ses côtés. Mais il n’avait pas fallu longtemps, avant que Shizuku ne boive de l’eau tout en ayant les larmes aux yeux à cause de l’odeur que le whisky dégageait.

« Désolé, j’ai oublié. Je suppose que je vais boire seule..., » déclara Arisuin.

« Non, c’est bon, » en disant cela, Shizuku se leva du lit et se plaça sur le canapé.

« Es-tu sûre ? C’est difficile pour toi, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

« Je suis d’accord pour aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui c’est spécial, » déclara Shizuku.

Aujourd’hui, c’est spécial ? se demanda Arisuin.

S’était-il passé quelque chose de bien aujourd’hui ? Alice se le demandait, mais si la personne elle-même n’y voyait pas d’inconvénient, il devrait probablement être correct de boire. Arisuin avait sorti deux verres, et fit face au canapé. Il s’était assis face à Shizuku, versa le liquide ambré dans les deux verres et avant de tendre un verre.

Shizuku avait accepté le verre et l’avait approchée de son nez. « Argh. »

Elle avait grimacé de toutes ses forces. Après tout, il était impossible de s’habituer en une seule journée à l’arôme singulier qui lui perçait le nez.

« Toi aussi, tu es différente, Alice. Tu as plein d’autres alcools plus faciles à boire, » déclara Shizuku.

« Ha ha ha, c’est vrai, » répondit Arisuin.

Ses paroles sont tout à fait justes, pensa Arisuin.

« Mais tu sais, si on parle de cet alcool, ce n’est pas bien qu’il soit facile à boire, » déclara Arisuin.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Shizuku.

Shizuku inclina légèrement la tête. En réponse, Arisuin s’était concentré sur la bouteille avec l’étiquette de suie sur le bureau et avait parlé.

« ... Il y a longtemps, quand j’étais plus jeune, j’ai fait une promesse à une amie du quartier. Les adultes boivent quelque chose d’aussi désagréable, donc celui qui est capable de le boire est un adulte, » déclara Arisuin.

En entendant cela, Shizuku avait émis quelque chose qui ressemblait à un petit éternuement. « Hahahaha. Qu’est-ce que c’était ? C’est une idée si mignonne. »

« Oui, tout à fait... Eh bien, en raison de ça, ces gamins qui buvaient sont devenus adultes, » répondit Arisuin.

« C’était donc un rite de passage pour votre groupe d’amis ? » demanda Shizuku.

« On peut tout à faire dire que c’est exact, » déclara Arisuin.

 

 

« Tu n’étais pas une bonne enfant, n’est-ce pas, Alice ? Tu n’avais pas encore atteint l’âge adulte, n’est-ce pas ? » demanda Shizuku.

« Là où j’ai grandi, on n’avait pas ce genre de coutume de toute façon, » répondit Arisuin.

Avec sa réponse, Arisuin avait avalé le contenu avant de remplir son propre verre. L’alcool avait donné à l’intérieur de sa bouche une sensation de picotement, et cela avait mis l’odeur de la médication dans son nez. C’était une liqueur particulièrement forte. En vérité, la boisson était une préférence très spécifique, même parmi les personnes qui étaient pointilleuses au sujet des whiskies.

« ... Honnêtement, je ne suis toujours pas très en harmonie avec la saveur de cet alcool, même maintenant, » déclara Arisuin.

« Mais tu le bois toujours ? » demanda Shizuku.

« C’est une saveur qui me rappelle des souvenirs, tu sais ? Ce n’est pas comme si je buvais souvent dans cette bouteille, » déclara Arisuin.

« Hmm... mais je n’ai rien comme ça, donc je n’aime pas beaucoup l’alcool, » répliqua Shizuku.

Tout en disant cela, Shizuku leva son verre d’un coup sec et avala tout le whisky qu’il contenait d’une seule gorgée. Et elle avait fait une grimace.

« ... Après tout, ce n’est pas pour moi. Ma gorge me brûle et l’odeur de médicaments dans ma bouche me fait mal à la tête, » répliqua Shizuku.

« Dans tous les cas, tu n’avais pas besoin de le boire..., » déclara Arisuin.

« C’est très bien ainsi. Aujourd’hui, c’est spécial, » tout en se frottant la gorge avec un doigt, Shizuku répondit ainsi.

Spécial — il avait aussi entendu ce mot il y a quelque temps. Qu’y avait-il de si spécial ?

Arisuin demanda avec inquiétude. « Tu l’as déjà dit, mais quel est ce jour spécial ? S’est-il passé quelque chose de bien ? »

En réponse, Shizuku secoua doucement la tête. « Pas pour moi. Alice, c’est un jour spécial pour toi, n’est-ce pas ? »

Hein !? s’exclama intérieurement Arisuin.

À ce moment-là, les mots de Shizuku avaient fait bondir le cœur d’Arisuin. Certainement, pour lui, c’était la dernière nuit qu’il aurait à passer avec Shizuku. Une fois l’aube levée, et une fois le soleil couché à nouveau, il se réintroduirait en tant que membre de l’Académie Akatsuki. Mais elle n’était sûrement pas au courant de ça. Même ainsi — .

« ... Pourquoi... penses-tu ainsi ? » demanda Arisuin.

Shizuku répondit à Arisuin qui avait l’air étonné sur son visage. « Parce qu’Alice, c’était la première fois que tu m’invites à quelque chose. »

La première fois... ? Se demanda Arisuin.

« Comment est-ce possible ? Après qu’Ikki se soit battu avec le Chasseur, n’est-on pas sortis boire ensemble ? » demanda Arisuin.

« C’était... parce qu’Onii-sama était blessé et que j’étais inquiète. Moi y compris, tu n’as jamais approché une autre personne pour ton propre bien. Tu parles à n’importe qui d’une manière amicale, gentille et facile à vivre, mais personne ne s’est jamais rapproché de toi, » répondit Shizuku.

Le souffle d’Arisuin s’était bloqué en lui sans qu’il s’en rende compte. C’était exactement comme Shizuku l’avait dit, Arisuin en avait pris conscience. Être favorable avec qui que ce soit, être amical avec qui que ce soit, mais ne jamais ouvrir son cœur à qui que ce soit du tout.

Il n’avait permis à personne de s’approcher inutilement, car il avait infiltré Hagun avec un mobile sournois. Et parce qu’il n’avait pas l’intention de laisser quiconque le soupçonner, il s’était comporté en conséquence.

Mais Shizuku l’avait réalisé. Arisuin avait été franchement surpris de cela.

« ... Je suis choquée. Tu vois vraiment à travers moi, Shizuku, » déclara Arisuin.

Shizuku semblait avoir vu juste...

« Naturellement, parce que tu es ma grande soeur, Alice, » portant un petit sourire sur ce visage adorable comme une poupée bisque, elle avait donné cette réponse.

« Tu m’as toi-même appelée pour la première fois. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais ça doit être un jour spécial pour toi, non ? Alors je partagerai un verre d’alcool avec toi, mais vraiment, un seul, » répliqua Shizuku, bougeant ses lèvres comme si elle boudait.

Face à cette expression mignonne, les joues d’Arisuin se relâchèrent en souriant.

« Ha ha ha, un verre suffit. ... Merci, Shizuku, » déclara Arisuin.

***

Partie 5

C’est naturel que la fatigue s’accumule. Après que Shizuku ait avalé un verre, elle n’avait pas tardé à s’endormir sur le canapé. Assez rapidement, elle s’était endormie complètement en raison de l’heure.

Maintenant que j’y pense, quand on est allés au bar, elle s’est endormie, pensa Arisuin.

Peut-être qu’elle avait une constitution qui la faisait s’endormir quand elle prenait de l’alcool. En pensant ainsi, Arisuin ramassa Shizuku comme une princesse. Bien qu’elle n’aurait probablement pas attrapé un rhume en dormant sur le canapé comme c’était l’été, il était encore mal élevé de dormir sur un canapé. C’est pourquoi Arisuin avait décidé d’amener Shizuku dans son lit.

« ... Nnnuuuuu... Onii-sama..., » Sur le chemin, Shizuku s’agita dans ses bras et une voix enfantine se fit entendre.

« Haha, quel genre de rêve fais-tu ? » demanda Arisuin.

« Dégagez le passage... Je ne peux pas la tuer... munya munya munya..., » continua Shizuku.

« Quel genre de rêve fais-tu... ? » demanda Arisuin.

Le visage un peu pâle, Arisuin avait amené Shizuku à son lit, et l’avait placée dessus sans la réveiller. Il avait mis les couvertures sur elle. Quand il l’avait fait, Shizuku avait fait apparaître une expression confortable, et s’était recroquevillée dans le futon.

« Quel joli visage endormi ! » murmura Arisuin.

En regardant l’adorable visage de Shizuku, Arisuin s’était assis sur son propre lit adjacent, et il avait repensé aux paroles que Shizuku avait déjà dites.

« Grande sœur... c’est ça ? » Murmurant, Arisuin fixa le canapé où ils étaient assis il y a quelque temps. Ce qu’il regardait fixement, c’était... la bouteille d’alcool verte marquée à la suie qui avait été laissée sur la table. Et... dans l’alcool pâle, les souvenirs qui y étaient rattachés.

Associé à la bouteille, les vieux souvenirs d’avant qu’il fut retrouvé par la Rébellion, et transformé en assassin. Dans un pays étranger, élevant de jeunes enfants des rues avec une fille nommer Yuuri, avec des enfants qui l’admirent comme une grande sœur — les souvenirs de ces derniers jours.

 

***

Il ne l’oublierait jamais. Au petit matin de ce jour-là, la pluie tombait sur le quartier. Il n’avait pas encore neigé, mais il pleuvait tout en faisant assez froid pour geler le corps.

Sous cette pluie froide, Alice portait un parapluie en plastique, face à un grand homme. C’était un collectionneur de fond d’un gang local. Le profit du travail effectué par leur groupe avait été apporté à cet homme, et la partie qui restait après qu’ils aient pris leur part avait été donnée à Alice.

Mais ce n’était qu’un sous-fifre des gangs. Ce n’était pas un homme bien qui tenait parole.

« ... Tiens, » déclara l’autre.

La part de l’argent qu’Alice lui avait donné et qui aurait dû rester pour lui était de loin trop petite.

« Vous aviez promis 20 %..., » Alice s’était plainte, et l’homme lui avait craché au visage.

« Ne te moque pas de moi, sale gosse de merde. Sois juste reconnaissant qu’on te laisse faire des affaires sur notre île, » après avoir parlé avec des yeux qui semblaient regarder des ordures, l’homme était parti.

Après qu’Alice n’ait plus pu voir ce dos, il avait sorti un peu sa langue.

Même si nous sommes si semblables à l’extérieur, pensa Alice.

En essuyant la salive de l’homme de sa joue avec sa manche, Alice s’était mise à l’abri et avait balayé la neige qui lui était tombée dessus.

Là, un contenant en plastique de couleur rose avait été enveloppé et dissimulé.

« Je me demande s’il fait un peu froid, » murmura Alice.

Son contenu était une tarte à la viande qu’il avait trouvée. Si cet homme avait vu une telle chose, il n’y avait aucun doute qu’il l’aurait prise, alors Alice l’avait cachée avant.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas mangé de viande. Tout le monde sera heureux, » déclara Alice.

Je dois aussi la partager avec la sœur. Ah, mais il y a une congrégation aujourd’hui, alors elle est allée dans la ville voisine, n’est-ce pas ? Tout en y réfléchissant, Alice s’empressa de faire des pas rapides sur le chemin du retour.

Il voulait voir les visages heureux de tout le monde dès qu’il le pouvait.

Mais — .

« ... Hein ? » s’exclama Alice.

Quand Alice était revenue, la porte du hangar derrière l’église avait été brisée, partiellement détruite.

Voyant cela, Alice qui avait l’habitude de voir les combats avait immédiatement compris. Des gens hostiles avaient attaqué.

« ... T-Tout le monde ! » En poussant un cri, Alice laissa tomber tout ce qu’il portait et se précipita dans la remise.

Mais il n’y avait personne à l’intérieur. Il était encore tôt le matin. Ce n’était pas le moment pour les petites enfants de se lever. Mais ils n’avaient pas pu être retrouvés, et seules les couvertures sales qu’ils utilisaient étaient restées.

Que s’est-il passé !? Où sont-ils tous allés... !? Se demanda Alice.

Et au moment où il ramassa l’une des couvertures, Alice vit ce qu’il y avait sous la couverture, et son souffle se coinça dans sa gorge.

Il y avait une tache de sang. De plus, ce n’était pas du sang séché, mais du sang frais. Et quand il regarda de près la tache de sang, il en trouva de petites gouttes qui se répandaient dans la rue principale. Après avoir été emportés par la pluie, ils n’auraient pas été perceptibles s’il n’avait pas fait attention, mais il était sûr.

Alice, les pieds emplis par l’urgence, s’était mise à courir en suivant la trace du sang.

Une prémonition désagréable était en lui. C’était une prémonition extrêmement désagréable. Des sueurs froides coulaient dans son dos. Le fait qu’il y avait une tache de sang signifiait que quelqu’un avait été blessé.

Était-il possible que cela vienne de ses amis ?

« Ça... ne peut pas être... ! » Cela n’avait aucun fondement, mais il marmonnait cela comme s’il essayait de se persuader lui-même.

Cependant, la vérité était impitoyable.

Le sang qu’Alice suivait de l’église jusqu’à la route de devant — il allait dans la direction opposée à celle d’où Alice était revenue après le travail. Et là, il avait vu — .

— Ah.

Une fille aux cheveux roux, le torse teinté de sang frais était appuyé sans force contre le mur de briques au bord de la route.

« Y-Yuuriiiiiii ! » Hurlant son nom, Alice courut immédiatement à ses côtés.

Yuuri, qui était assise au bord de la route, avait certainement répondu à sa voix. « ... Ah... »

Elle ouvrit lentement les yeux et regarda Alice qui courait. « ... Ah... Dieu merci... Alice. Tu es... en sécurité... »

« Est-ce que ça va !? Que s’est-il passé ici ? » demanda Alice.

Face à la question, le visage de Yuuri s’était tordu de douleur et de frustration.

« ... Je ne... sais pas. Les hommes de Sergei... nous ont soudainement attaqués... ils ont dit qu’ils nettoyaient des ordures... Merde, ils ont pris tout le monde... Comme j’ai pu être inutile, hein... ? » s’exclama Yuuri.

« Le gang l’a fait !? Pourquoi... alors même que nous leur avons rendu hommage... ! » s’écria Alice.

« Je ne sais pas..., » répondit Yuuri avant de tousser à plusieurs reprises.

S’étouffant violemment, Yuuri cracha du sang sur le sol gelé.

« Yuuri ! Ne parle pas maintenant ! » cria Alice.

Ce serait mauvais pour elle de continuer à parler. S’il ne l’emmenait pas chez le médecin immédiatement...

Heureusement, il y avait des piétons sur la route, et tous avaient remarqué la situation.

« Excusez-moi ! Quelqu’un peut appeler un médecin ? » Alors Alice les avait suppliés d’une voix élevée. Cependant — .

À cet instant, tous ceux qui observaient la situation autour d’eux détournèrent les yeux d’Alice et de Yuuri en toute hâte. Et tous s’en allèrent à un rythme rapide. C’était comme si personne n’avait entendu la voix d’Alice.

Eh... Qu’est-ce que c’est... ?

« S’il vous plaît ! Quelqu’un peut-il me prêter un téléphone ? Si c’est de l’argent, je paierai ! » cria Alice.

Malgré les demandes répétées d’Alice, personne n’en avait tenu compte.

Les gens qui surveillaient la fillette avec intérêt de loin étaient partis précipitamment quand Alice avait appelé. Chacun d’entre eux avait agi comme s’il fuyait une affaire gênante. Face à cette réponse tout à fait sombre, Alice doutait de ses propres yeux.

Pourquoi... ? Même si elle saigne comme ça... personne ne le fera..., pensa Alice.

« Hé ! Vous m’entendez, n’est-ce pas ? Mon amie est mourante ! » cria Alice.

« Oublie ça..., » face à Alice qui criait d’une voix déchirée, Yuuri parlait avec une certaine tension.

« Personne ne veut... aider. Il n’y a personne ici qui sauvera des gens comme nous... Tu le sais, n’est-ce pas ? » demanda Yuuri.

Alice comprenait bien les paroles de Yuuri. Parce qu’Alice et les autres étaient des gens abandonnés sans famille ni argent, il n’y avait pas un seul avantage à les aider. C’était quelque chose que les adultes comprenaient très bien.

« Mais nous sommes... différents, n’est-ce pas ? » demanda Yuuri.

« Eh... ? » demanda Alice.

« Nous ne sommes pas comme eux... Nous sommes des adultes cool... ! N’est-ce pas !? » demanda Yuuri.

Alice fut stupéfaite par ces paroles, et ses yeux s’écarquillèrent. Adultes cool — ces mots étaient le vœu entre eux, et il se réprimanda lui-même.

Ce jour-là, alors qu’Alice et Yuuri agirent ensemble pour la première fois, ils se jurèrent cela sur cet alcool. Ils ne penseraient pas seulement à eux-mêmes, mais aussi à ceux de faible naissance. Ils étaient devenus des adultes cool qui aidaient les autres, qui aimeraient les autres.

Mais — .

« ... Tu as raison. Tu as tout à fait raison ! Mais pourquoi le dis-tu maintenant ? » demanda Alice.

Mais face à sa voix interrogative, Yuuri ne répondit pas. Elle avait regardé Alice en paix, et

« Dans ce cas, va les aider... eux..., » déclara Yuuri.

Comment pouvait-elle... dire ces mots comme si elle lui confiait tout ?

Face à ses mots, Alice ressentit une angoisse qu’il ne pouvait exprimer, et avait saisi l’épaule de Yuuri.

« Qu’est-ce que tu racontes de stupide ? Tiens le coup ! Je ne peux pas faire quelque chose comme ça toute seule, tu sais !? C’est moi qui ai perdu contre toi ! » s’écria Alice.

« ... Ha ha ha, *toux*... pas possible. Nous sommes ensemble depuis longtemps... alors je sais... que tu as toujours... été facile... pour éviter de me tuer... Avec ton pouvoir... tu peux les protéger... alors..., » déclara Yuuri.

« Arrête ça ! Je ne veux pas t’entendre trouver des excuses comme ça ! » s’écria Alice.

Il lui cria dessus, alors que les larmes coulaient sur son visage.

Mais les yeux avec lesquels Yuuri le regardait étaient déjà vides, et elle avait dit...

« ... C’est à toi de décider... Alice... »

Et enfin, Yuuri ferma les yeux, comme si elle dormait. À ce moment-là, toute force avait disparu de son corps.

« ... Yuuri ? » élevant la voix, Alice secoua l’épaule. « Hé, réponds-moi... »

Mais elle n’avait pas remué. Elle ne s’était pas réveillée.

« ... Yuuri, tu ne peux pas. Tu ne peux pas rester assise ici comme ça. On a dit qu’on irait au sud. On a promis... on ne promettait pas juste..., » déclara Alice.

Goutte d’eau. Il avait continué à parler pendant que les larmes tombaient, mais Yuuri n’avait pas répondu.

Comment a-t-elle pu ? Alice avait après tout compris.

... Que Yuuri ne se réveillerait plus jamais.

Ce n’était pas comme si c’était la première fois, ou cela soit même un événement si rare. Ça arrivait tout le temps dans cette ville.

Mais il ne voulait pas le reconnaître. L’endroit qu’il voulait protéger, c’était si facilement, si abruptement brisé.

Il ne voulait pas accepter cette réalité amère.

***

Partie 6

Cependant, le temps avait continué sans s’arrêter, et cela n’avait pas attendu Alice.

« Oh, le voilà ! Hé mec ! Ce type, Alice est revenue ! » s’écria une voix d’homme.

« Super, attrapez-le. Mais ne lui abîme pas le visage. Il vaut le prix de vingt de ces enfants à lui tout seul, » déclara un autre homme.

Il pouvait entendre des voix impolies et de nombreux pas derrière lui. Tournant le regard, il vit les membres du gang de sa ville natale auxquels lui et Yuuri étaient associés, tous armés et portant des armes à feu et des Dispositifs. Et ils encerclèrent Alice en un clin d’œil, chacun d’eux pointant une arme sur lui.

Alice fixa tous les adultes qui l’entouraient avec des yeux creux et impassibles… et demanda —

« … Pourquoi avez-vous fait ça ? On vous a toujours donné l’argent que vous vouliez, » demanda Alice.

« Hehe hehe. Eh bien, c’est à cause des fonctionnaires. Les gros bonnets veulent que cette ville soit jolie, tu sais ? Et l’argent que tu rapportais est trop faible. Si on peut en tirer un gros bonus, on ne peut pas refuser de te trahir, compris ? » répliqua l’autre.

« Eh bien, les forts mangent les faibles. C’est comme ça dans le monde des adultes. Abandonne et ne résiste pas, d’accord ? On ne veut pas te mettre à la poubelle comme cette idiote là-bas, » répliqua un autre.

En disant cela, l’un des membres du gang avait tendu la main. Il avait attrapé les cheveux d’Alice et avait essayé de le traîner.

Fixant le bras qui le tirait, Alice pensa, Les forts mangent les faibles — oui, c’est vrai.

Après tout, il s’agissait de personnes qui avaient vécu plus longtemps que lui et les autres enfants. Ce qu’il avait dit était vrai. Parce que sinon, cette tragédie n’aurait pas pu se produire.

Le monde n’avait pas fait d’erreur. Tout cela… n’était ni déraisonnable ni irrationnel. Un adulte cool — dansant sur un idéal fantastique, c’était lui qui s’était trompé.

Maintenant, il l’avait bien compris. Vraiment, c’était vrai. Il comprenait cela, même si c’était à contrecœur. Donc — .

— Je te prendrai tout.

Et au moment où la main tendue tirait les cheveux d’Alice,

« Ah — ! »

La vision d’Alice fut emplie par un rouge furieux.

« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaahhh ! »

Et — tout s’était terminé en un éclair.

Quand sa vision avait repris de la couleur… Alice était à la planque du gang. C’était une pièce qui avait apparemment une épaisse couche de peinture rouge éclaboussée sur tous ses murs. Il se tenait au-dessus des morceaux de ceux qui n’avaient plus la forme d’humains, seulement de la viande. Au milieu de la vapeur qui s’élevait des entrailles dispersées, tout le corps d’Alice était coloré par le sang.

Et comme la couleur revenait, il vit devant lui… dans un coin de la pièce, la vue de ses jeunes frères et sœurs, leurs dents claquaient bruyamment.

« H-Hiiiiii... »

« S’il vous plaît, ne nous tuez pas… »

« Ahh — aaaaaahhhh… »

Leurs yeux regardaient clairement Alice. Les yeux emplis de terreur et de désespoir s’embrouillaient à l’intérieur. Il n’y avait aucune trace du respect qu’ils avaient toujours pour lui. Il n’y avait pas l’ombre de leurs sourires réconfortants.

Voyant les expressions de ses petites sœurs et petits frères, Alice était convaincue qu’il les avait protégés.

Et — en même temps, il les avait aussi perdus.

 

***

Quand Alice s’était réveillée, il marchait seul dans la ville sous la pluie, sans parapluie.

Il ne se dirigeait pas dans une direction particulière. Il errait comme un fantôme sans but. La pluie verglaçante l’avait trempé de fond en comble, et il n’en avait plus rien à faire. Il était trempé de sang avant même ça, alors quelle différence ça faisait ?

Les piétons qui passaient parfois à côté de lui, après avoir posé les yeux sur le corps couvert de sang d’Alice, tournèrent instantanément le regard et s’enfuirent en courant. Il agissait ainsi parce que, qu’il soit orphelin taché de sang ou sur le point de mourir, ils n’avaient aucun lien avec sa vie.

Il ne se souvenait plus de ses ressentiments, ni de sa frustration, de sa tristesse, ou de toutes autres choses. Tous ses sentiments, ils s’étaient écoulés avec ses larmes qui s’étaient taries.

Mais… Alice pensait que c’était bien.

— Il s’était souvenu des derniers instants de son amie intime, la chaleur quittant son corps alors qu’il la tenait dans ses bras. Les expressions terrifiées de ses petites sœurs et ses petits frères qui regardaient son visage. La douleur de perdre les gens doux qu’il aimait.

S’il devait se souvenir d’une telle douleur, il préférerait ne rien ressentir du tout.

À ce moment-là.

« Je n’arrive pas à croire que je sois le premier à trouver un tel enfant, » soudain, derrière Alice qui errait comme un fantôme, une voix retentit.

Alice tourna la tête paresseusement, et regarda derrière lui avec des yeux ténébreux. Là, un jeune homme vêtu d’une robe de prêtre noire le regardait fixement dans sa direction.

Cette expression présentait une certaine allure. Alice qui avait vécu une longue vie endurcie l’avait compris — cet homme n’était pas quelqu’un de bien. Il était encore pire que les membres du gang qu’Alice venait de tuer, mais Alice ne ressentait aucun malaise, parce que cette émotion aussi s’était déversée avec ses larmes.

Alors Alice demanda sans hésitation. « … Qui êtes-vous ? »

« Juste un tueur à gages idiot qui s’est fait voler sa proie par toi, » le jeune homme répondit qu’il était en train de nettoyer les ordures du gang local à la demande du maire.

C’était certainement ironique en appelant Alice et les autres ordures, alors que ceux qui venaient les nettoyer devaient être eux-mêmes nettoyés.

C’est vraiment stupide, pensa Alice.

Les lèvres plissées par le mépris, Alice parla à nouveau. Ce tueur à gages, pourquoi était-il ici pour le moment ?

« … Hein ? Quelles plaintes voulez-vous me formuler ? » demanda Alice.

En réponse, le jeune homme déclara. « Pas du tout. Puisque tu as arrangé les choses pour moi, je suis là pour t’apporter ta paie. Prends-le. »

De l’intérieur de la robe du jeune homme, il sortit quelque chose de rond et le roula vers les pieds d’Alice.

Ça roule, ça roule.

Ce qui était tombé, c’était… la tête d’un vieil homme. Le maire de la ville. En d’autres termes, la tête de l’homme qui avait ordonné qu’Alice et ses amis soient balayés.

Il avait regardé cette tête sans surprise,

« … C’est vraiment un cadeau attentionné, n’est-ce pas ? » demanda l’homme.

Alice avait marché sur cette tête et l’avait écrasée sous son pied sans aucune hésitation. Et,

« Hehehehe… Hahahaha… » Un rire crépitant émergea du plus profond de lui.

— Franchement, quel monde ! pensa Alice.

Yuuri avait été tuée par le gang, le gang qui avait tué Yuuri était censé être tué par le maire, et ce maire avait été tué par le tueur qu’il avait lui-même appelé.

Alice était convaincue. L’enfer était censé être un endroit où l’on allait quand on mourait, mais c’était ridicule. Si l’endroit où il se trouvait n’était pas l’enfer, où d’autre cela pourrait-il être ?

Dans ce monde, protéger quelque chose… aimer quelque chose… – c’est absurde

Franchement, à quel point sommes-nous comiques ? Se demanda Alice.

Soudain, le jeune homme parla d’une voix sèche à Alice qui riait fort. « La prise de conscience que tu viens de réaliser est juste. Amour, argent, éthique, morale — ce monde est plein de fictions. Diverses tromperies, excuses, mensonges obscurcissent les vérités du monde. Il n’y a qu’une seule règle régissant ce monde. La forte prend, et les faibles perdent. Les plus remarquables suivent leur propre ego. C’est la seule providence de ce monde. Et en réalisant cela, tu es devenu qualifié pour te joindre à nous. Nous, qui apportons la vérité à ce monde rempli de déceptions, somme la Rébellion. Ta capacité à tuer est quelque chose qui nous serait utile. Viens avec moi, mon garçon. »

C’était une invitation d’un monde souterrain encore plus sombre que cet endroit. En réponse, Alice avait demandé — « Et si je dis non ? »

« Je l’ai déjà dit. Les forts prennent tout. C’est la vérité du monde. Si tu n’acceptes pas, je te réclamerai par la force, » répliqua l’autre.

La soif de sang avait jailli du corps du jeune homme.

Mais Alice s’y était opposée comme si ce n’était qu’un jeu d’enfant. Alice ne pouvait plus être menacée par la violence. L’homme pouvait emporter les choses avec violence, mais Alice n’avait plus rien à perdre. Cependant — .

« Ha ha ha ha, je vois. C’est bien que ce soit facile à comprendre, hein… ? »

C’était précisément parce qu’il n’avait rien qu’Alice était intéressée par cette discussion.

« Ça ne me dérange pas vraiment. De toute façon, je n’ai nulle part où retourner, personne à protéger, rien… Donc si tu acceptes une condition, je te suivrai, » déclara Alice.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda l’autre.

« Cent millions, trouve-moi ça pour moi. Si tu le fais, je travaillerai pour toi, » déclara Alice.

Ce qu’Alice demandait, c’était de l’argent. Et pas seulement un montant insignifiant, mais un montant colossal.

« Cent millions pour un gosse sans passé comme toi ? C’est un chiffre vraiment exagéré, » répliqua l’autre.

Bien sûr, le jeune homme avait fait une tête sombre. Et il avait répondu à une question. « … Si je refuse ? »

En réponse, Alice rit avec mépris. « Veux-tu que je te le dise ? »

Il disait que si l’homme refusait, il le prendrait quand même — à cause de son arrogance totale, de son attitude désespérée

« … Hahahaha, quel morveux intéressant ! Très bien, très bien. Cent millions, je m’en occupe pour toi, » déclara le jeune homme.

Le jeune homme semblait extrêmement amical. Il accepta volontiers la demande ridicule d’Alice et demanda à nouveau. « Alors, mon garçon. Quel est ton nom ? »

« Alice. C’est comme ça que tout le monde m’appelait, » répondit Alice.

« Je suis membre des Douze Apôtres, le maître à l’épée à un bras, Wallenstein. Je te souhaite la bienvenue, Alice, » déclara Wallenstein.

Wallenstein étendit un bras de sa robe et chercha à avoir une poignée de main à Alice. Alice avait également réagi à cela — et avait forgé un accord à cet endroit.

Immédiatement après, il confia les cent millions qu’il avait reçus à la sœur pour les frais pour s’occuper de ses jeunes frères et sœurs, interrompant après ça toutes ses relations avec cette ville, et il partit loin de là.

Et comme le souhaitait Wallenstein, il supprima toutes les faussetés de l’éthique et de la morale, concentra son ingéniosité sur le meurtre, et fit preuve d’une loyauté totale envers la Rébellion en tant que l’Assassin Noir — .

C’était la vie passée du garçon qui se faisait appeler Nagi Arisuin.

 

***

 

C’est drôle, n’est-ce pas ?

En réfléchissant sur sa vie passée, Arisuin avait ri amèrement. Dans le cadre de ses fonctions d’infiltration, devenir une sœur aînée comme il l’était maintenant n’était qu’une imposture.

Mais cette farce prendrait fin aujourd’hui. Dans peu de temps, cette relation fictive allait disparaître.

À ce moment-là, avec quel genre d’yeux Shizuku le regardait-il ? Arisuin se souvenait des expressions terrifiées de ses petites sœurs à l’époque, les yeux pleins de rejet et de dégoût face à un meurtrier.

Elle ne lui pardonnerait probablement pas, mais il n’était pas vraiment triste. Au mieux, c’était quelque chose qui lui facilitait la tâche.

Le joueur clé de Hagun, le chevalier de Rang B appelé Lorelei. Pour se rapprocher d’elle, le fait de devenir comme une grande sœur était la méthode la plus efficace.

Ce n’était rien de plus que cela.

***

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