Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 4 – Intermission – Partie 7

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Intermission : Myullias Raiza, Prêtresse-Sainte

Partie 7

« C’est absurde ! Le vampire crépusculaire n’existe pas. Ce n’est rien de plus qu’un conte de fées contemporain, dans le but d’effrayer les enfants, » murmura Lady Myullias, sainte prêtresse de l’Église de Lobelia, en secouant la tête alors qu’elle le fit.

Nive avait grogné face à sa réaction. « Oh, vous le pensez, ou alors, vous a-t-on enseigné ça ? Je veux parler des enseignements de l’Église. Mais non, je comprends. Oh, j’ai compris. Les hauts gradés de l’Église adoreraient si c’était vrai, non ? »

« Qu’est-ce que vous avez —, » commença Myullias.

Myullias n’avait commencé que la moitié de sa réplique. Mais avant qu’elle n’ait pu terminer, Nive l’avait interrompue une fois de plus.

« Oh, mes excuses. Ce n’est pas comme si je me moquais de l’Église. Mais Lady Myullias, réfléchissez-y, d’accord ? J’ai parié toute ma vie à courir partout après ce vampire crépusculaire. Vous pouvez imaginer ça, non ? D’après tout ce que j’ai dit et fait jusqu’à maintenant, je le sais. Et pourtant, vous nieriez son existence comme un conte de fées sans aucune preuve ou aucun argument convaincant ? N’importe qui s’énerverait un peu, n’est-ce pas ? »

Le raisonnement de Nive était tout à fait logique. Ce qu’elle disait était tout à fait exact. Quiconque se ferait rire de son rêve serait sûr de perdre son sang-froid.

Mais malgré cela, j’avais toujours des soupçons sur Nive. Elle n’était pas vraiment en colère du tout, n’est-ce pas ? Elle avait dû dire tout ça pour provoquer Myullias. C’est l'impression que j'en avais.

Quant à savoir lesquelles étaient correctes, je n’en avais aucune idée. Peut-être qu’elles avaient toutes les deux raison. Il m’était impossible de le dire d’après l’attitude de Nive seule. Il fallait peut-être s’attendre à cela. Il n’était pas question qu’elle le dise juste pour que Myullias puisse comprendre son point de vue.

Cette femme avait une personnalité terrible…

Alors, qu’est-ce que Myullias croyait être vrai ? C’était peut-être parce qu’elle s’était rendu compte que les paroles de Nive étaient vraies qu’elle avait répondu par « Oui. Je suppose que c’est le cas. Je m’excuse pour mes paroles insensibles. »

Elle s’était excusée honnêtement. Mais elle avait encore plus à ajouter.

« Je dois toutefois vous demander de ne plus critiquer les enseignements et les pensées de l’Église de Lobelia. Les enseignements de l’Église sont toujours justes. »

Alors qu’il semblait que Nive avait encore beaucoup d’opinions à exprimer sur le sujet, elle semblait tenir sa langue, comme pour éviter d’ajouter de la tension à la situation maintenant relativement plus calme.

« … Ouais, je suppose. Chacun est libre de croire en ce qu’il veut, non ? » déclara Nive.

Nive s’était contentée de ces mots vagues et ambigus. Bien que cela ait semblé être une autre provocation en soi, Myullias n’avait pas semblé s’en soucier, ou avait probablement simplement laissé passer tout ça.

Myullias était un peu en retrait, mais c’était le choix le plus sage dans cette situation, étant donné que nous avions affaire à Nive.

Immédiatement après, Nive s’était tournée vers moi. « Je suis sûre que vous avez entendu parler du Vampire Crépusculaire, Monsieur Rentt ? »

Oh, mais bien sûr. Ils avaient été mis en évidence dans les contes de fées qui m’avaient été racontés quand j’étais enfant, ainsi que dans divers mythes et légendes. Je m’étais aussi penché sur la question après être devenu vampire, dans l’espoir de trouver un indice. Quant aux fruits de mon enquête, je n’avais pas découvert grand-chose, si ce n’est une certaine nostalgie des contes que j’avais entendus dans mon enfance. Malgré tout, la lecture avait été relativement bonne.

Le vampire crépusculaire était un vampire assez célèbre dans les livres d’images pour enfants, les pièces de théâtre, etc. Quand nous jouions les héros et les chevaliers au village, le plus faible et le plus petit enfant devaient généralement jouer le rôle du vampire crépusculaire. Cela les conduisait habituellement à se faire tabasser et battre, donc c’était un rôle des plus terrifiants.

Alors que le héros responsable du meurtre du vampire crépusculaire variait grandement selon l’endroit et l’âge du public, ils étaient le plus souvent une sorte de saint chevalier, ou un pratiquant de la Divinité. Cette image du héros avait résisté à l’épreuve du temps parce que le vampire en question avait été présenté comme une existence maléfique. Même ainsi, personne ne savait vraiment qui avait vraiment tué le vampire crépusculaire, et quand cela s’était réellement produit, alors de tels héros pouvaient bien être le résultat d’histoires follement spéculatives.

Dans ce cas, cela signifiait que le vampire crépusculaire avait été vaincu il y a très longtemps. Cependant, ce raisonnement général comportait quelques lacunes. Si ce vampire était vraiment tué, son cadavre, ou ses cendres seraient enterrés dans une tombe quelque part dans les terres. Le fait que Nive ait continué à chasser cet être signifiait qu’elle considérait cette tombe comme rien de plus qu’un faux — une sorte de faux-fuyant.

« Oui, j’en ai entendu parler d’innombrables fois. Nous jouions les héros et les chevaliers quand nous étions enfants… bien que j’aie toujours été celui qui finissait par jouer le vampire crépusculaire, » déclarai-je.

« Je vois… Mais en vous regardant maintenant, vous n’avez vraiment pas l’air du genre à vous faire intimider quand vous étiez plus jeune, hein ? » déclara Nive.

Nive avait vu à travers ma réponse sans engagement presque immédiatement. J’avais d’autres choses à ajouter.

« À propos de cela… D’après ce que m’a dit un ami à l’époque, j’étais considéré comme un enfant assez étrange. Mais je me suis depuis longtemps réconcilié avec ceux qui m’intimidaient à l’époque. On s’entend assez bien pour parler quand je passe dans ma ville natale, » déclarai-je.

« Comme c’est rare en effet, » déclara Sharl avec une observation qui lui était propre. « La plupart du temps, si un enfant victime d’intimidation revenait dans sa ville natale après être devenu un aventurier, ce serait surtout pour se venger. Pour ma part, je leur donnerais certainement quelques bons coups. N’avez-vous pas pensé à faire de telles choses, Monsieur Rentt ? »

J’avais réfléchi un moment avant de donner ma réponse.

« Eh bien… Je suppose que oui. Mais ça fait si longtemps, alors, pourquoi maintenant ? En plus, il y a d’autres choses que je veux faire. Je n’ai même pas réfléchi à la situation hypothétique où je chercherais à me venger, » déclarai-je.

« “Autres choses”… ? » demanda Sharl.

« Oui. Devenir un jour un aventurier de classe Mithril, » déclarai-je.

Je pensais que Sharl ne prendrait pas ma déclaration au sérieux. C’était la première fois que je parlais de mon rêve à quelqu’un d’autre depuis que j’étais devenu un vampire. C’était un sentiment étrange.

Bien sûr, j’avais dit exactement la même chose quand j’étais encore en vie, et assez souvent. Mais j’avais l’impression de m’entêter à le dire, sans aucun fondement. Maintenant…, j’avais senti un espoir en moi, comme si mon souhait pouvait se réaliser. Je ne le disais plus par entêtement ou par dépit. C’était maintenant un objectif que j’avais énoncé calmement.

Honnêtement, si je continuais à devenir de plus en plus fort à mon rythme actuel, alors un jour…

Bien sûr, personne dans cette pièce ne comprendrait ma situation. Ni Nive, ni Myullias, ni Sharl. Ils se moquaient sûrement de moi en silence, pensant que j’étais un imbécile.

C’est ce qui s’était passé quand j’étais encore en vie. On se moquait souvent de moi. Bien que de moins en moins de gens se moquaient de moi au fil du temps, il était difficile de prendre un nouvel aventurier au sérieux s’ils avaient déclaré une telle chose.

Mais Nive ici…

« Ho… vraiment ? Dans ce cas, c’est une compétition pour voir qui arrive le premier, hein ? Je veux dire, je suis de la classe Or maintenant, et je bouge à un bon rythme, mais le but est loin, vous savez » déclara Nive.

« Vous êtes, après tout, un aventurier qui a tué une Tarasque tout seul, » Myullias avait ensuite offert ses observations. « Je ne serais pas surprise que cela se produise un jour. »

« Si jamais vous y arrivez, Monsieur Rentt, » Sharl s’en était mêlé. « Soutenez notre humble boutique. Nous serions alors en mesure de facturer une prime ! »

Il avait dit cela très probablement à moitié en plaisantant, comme on serait normalement invité à utiliser les marchandises d’un certain magasin en devenant de Classe Mithril, que ce soit l’équipement ou les outils. Ce n’était pas une chose altruiste à faire, vu que les objets qu’un aventurier de la classe Mithril utilisait souvent faisaient de bonnes ventes. Leur parrainage, à son tour, apporterait beaucoup d’affaires à la boutique. Les magasins utiliseraient pratiquement l’aventurier de la classe Mithril dans une certaine mesure.

Il n’y avait qu’un seul problème : ces aventuriers étaient extrêmement rares. En fait, bon nombre de ces aventuriers n’aimaient pas les obligations sociales qui accompagnaient leur statut alors ils restaient en retrait de la société. Les aventuriers étaient composés de beaucoup de gens comme ça.

Quant à moi, si jamais je devenais une classe Mithril, que ferais-je ? En y réfléchissant, j’avais préféré choisir mon propre équipement. Il en va de même pour les outils. Je n’aurais pas vraiment besoin d’un magasin qui m’offre des marchandises gratuites…

Quoi qu’il en soit, les trois personnes qui étaient devant moi ne s’étaient pas moquées de mon rêve. C’était un sentiment étrange.

À l’époque où j’étais encore en vie, au moins l’un des trois m’aurait balayé, riant tout le temps. Alors, était-ce parce que c’était des gens bien ? Non, je ne pouvais pas vraiment dire ça. Dans tous les cas, ils ne semblaient pas être du genre à dénigrer les croyances des autres.

« Peut-être, un jour ou l’autre. Je ne sais pas encore quand. Bien que je m’abstiendrais respectueusement de toute compétition ou approbation, » avais-je poursuivi en m’adressant aux trois personnes qui m’étaient devant moi. « Plus importants encore, nous devrions revenir au sujet qui nous occupe, celui du vampire crépusculaire. Croyez-vous vraiment qu’il vit encore, Lady Nive… ? »

À ce moment-là, la conversation était de retour sur la bonne voie.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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