Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 4 – Épilogue

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Épilogue

« Oh, je vois que tu es de retour. Alors, comment était-ce ? »

La voix de Lorraine avait été la première chose que j’avais entendue lorsque j’avais ouvert les portes de sa demeure, après être finalement revenu de la Compagnie Marchande Stheno.

La voix de Lorraine… J’étais enfin de retour à la maison. Telle était l’émotion qui m’était venue du fond du cœur.

J’avais traversé un pont plutôt précaire cette fois-ci, même moi, je l’avais compris. J’avais peut-être été un peu négligent, mais il n’était tout simplement pas possible d’imaginer une telle chaîne d’événements. Je partais seulement pour vendre du matériel. C’était aussi rare qu’un météorite qui tomberait sur ma tête alors que je marchais dans les rues de Maalt.

Même si rien ne m’était arrivé cette fois-ci, cette femme, Nive, avait toute l’intuition nécessaire pour dénicher des vampires. Nous nous croiserions sûrement de nouveau un jour.

« Il s’est passé pas mal de choses inattendues, mais je vais bien, » déclarai-je.

« Quoi… ? Tu t’es encore retrouvé dans une aventure étrange ? » demanda Lorraine, avec une expression d’irritation légère présente sur son visage. Elle semblait cependant disposée à écouter ce que j’avais à dire.

« Dans tous les cas, viens t’asseoir et dis ce que tu penses, » déclara-t-elle.

 

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« … Nive Maris, et une prêtresse-sainte de l’Église de Lobelia… C’est vraiment des individus que tu ne voudrais vraiment pas croisés, Rentt, peu importe comment tu y penses. » Lorraine soupira pendant que je finissais d’expliquer la plupart de la situation.

J’avais hoché la tête en réponse. « Honnêtement. C’est comme tu le dis… Mais Nive a selon elle une technique spéciale pour détecter les vampires. Cela n’a eu aucun effet sur moi. Je pourrais peut-être dire que j’ai eu de la chance cette fois-ci. »

« Ah, oui. Et ce feu sacré dont tu as parlé. J’en ai vu un utilisateur, dans ma ville natale. À l’époque, c’était considéré comme une technique très rare, gardée avec zèle par les églises. En tant que tels, les détails étaient pour le moins flous, mais c’était très intéressant quand j’ai commencé à enquêter. Hélas, personne ne me disait rien, même si je me renseignais davantage. Pour commencer, on dit que ceux qui n’ont pas été touchés par la Divinité ne peuvent pas le voir, n’est-ce pas ? Cela signifierait que l’utilisateur dans ma ville natale avait fait en sorte que ses flammes soient visibles… Hmm. J’avais demandé qu’il me le montre pour que je puisse mieux comprendre les mécanismes sous-jacents, mais il n’a pas voulu coopérer. Dans un autre ordre d’idées, Rentt… Cette technique de détection n’a-t-elle eu aucun effet sur toi, même si tu es une sorte de vampire, non ? »

Même moi, je n’avais pas vraiment pu répondre à cette question. Nive avait affirmé avec confiance qu’elle était capable de détecter et de découvrir les vampires sans faute. Si j’acceptais cette vérité pour ce qu’elle était, et que j’élargissais ce train de pensées…

« … Peut-être que je ne suis pas un vampire, non… ? » avais-je murmuré, plus à moi-même qu’à qui que ce soit d’autre. Lorraine y avait réfléchi un moment avant de donner son avis.

« Je dirais que ce n’est pas impossible. Pour commencer, Rentt, il n’y a aucun moyen pour nous d’affirmer que tu es vraiment un vampire, un squelette, une goule, ou un Thrall… Visuellement, tu as évolué d’un monstre mort-vivant à un autre, n’est-ce pas ? Tout ce qu’on a fait, c’est supposer que tu étais peut-être une sorte de vampire. Tu n’étais pas vraiment un squelette standard, même à l’époque où tu n’étais qu’un tas d’os ambulants. Compte tenu de tout cela, Rentt, ce n’est pas impossible, » répondit Lorraine.

Lorraine avait parlé d’un sujet bien difficile.

Comme elle l’avait dit, je ne savais pas grand-chose de mon existence en ce moment, et c’est ainsi que je l’avais honnêtement exprimé. Était-ce un monstre ? Ne l’étais-je pas ? Les lignes étaient vagues et au mieux ambiguës. Je n’en avais vraiment aucune idée.

Mais d’après ce que nous avions observé jusqu’à présent, la probabilité que je sois un monstre était effectivement élevée. J’étais plutôt un monstre, si l’on en croit le raisonnement actuel.

Si je devais changer cela et considérer ce que Lorraine avait dit, étais-je simplement un être squelettique, mais pas un squelette, depuis le tout début ? À ce rythme, aucune explication ne serait satisfaisante. Dans ce cas, mes prédictions pour l’avenir dépendront des progrès que je réaliserais jusqu’à maintenant.

Quoi qu’il en soit, j’avais évolué pendant tout ce temps, un peu comme l’Évolution Existentielle des monstres. C’était très bien ainsi — alors ce serait une sorte de référence pour le futur.

Lorraine avait passé beaucoup plus de temps que moi à réfléchir sur ce sujet.

« Il est peut-être un peu tard pour ce commentaire particulier, Rentt, mais nous savions déjà depuis le début que tu étais différent du monstre moyen. Tu en as parlé tout à l’heure, non ? Cette divinité n’a aucun effet sur toi. C’est parce que tu es spécial, Rentt. C’est la conclusion évidente. Sachant que beaucoup de choses peuvent suffire à ce stade, la deuxième possibilité la plus évidente serait le fait que tu as été béni avec de la divinité qui réside en toi, contrairement aux morts-vivants typiques. Cela ne pourrait-il pas en être la cause ? »

« La divinité, hein…, » murmurai-je.

Selon Nive, les vampires étaient faibles face à la divinité. Il n’y avait tout simplement pas un vampire qui utilisait des pouvoirs divins.

Moi, cependant, j’avais été capable d’utiliser sans problème ma réserve de Divinité. Quant à savoir pourquoi j’étais encore capable de l’utiliser même après être devenu une créature semblable à un vampire, je n’en avais aucune idée. Peut-être s’agissait-il d’un trait de caractère que j’avais utilisé dans ma vie ?

Dans tous les cas, les sensations et les sentiments que j’avais éprouvés en utilisant la divinité n’avaient pas du tout changé. Je pouvais en être sûr. Lorraine suggérait-elle que le simple fait de posséder la divinité en soi me rendait imperméable à la divinité, même si elle était utilisée sur moi par d’autres ?

La Flamme sacrée aurait causé une grande douleur aux vampires, si l’on en croit les paroles de Nive. Je ne ressentais pas du tout la même chose à propos de la Divinité. Était-ce pour ça que ça n’avait pas marché… ? Parce que j’étais un vampire spécial, et non pas autre chose qu’un vampire ? Cela semblait plus facile à croire…

Lorraine avait continué. « C’est la même chose pour les poisons, la magie et autres, non ? Si une personne a une résistance quelconque, ces attaques seraient inefficaces ou annulées. C’est une chose qu’il faut comprendre. Simple, oui ? Rentt, d’après ce dont je me souviens, ta divinité vient du fait que tu as réparé un vieux sanctuaire dans ta ville natale, non ? »

J’avais décrit à Lorraine, il y a quelque temps, pourquoi j’avais eu en premier lieu la chance d’avoir de l’énergie divine en moi. Ce n’était pas grand-chose, donc je n’avais aucune raison de le cacher.

Parmi les amis que j’avais dans la vie, peu d’individus savaient que j’avais la chance d’avoir les trois pouvoirs. C’était incroyablement rare, mais je n’avais pas pu développer tout mon potentiel. Ou peut-être n’étais-je qu’un touche-à-tout. Ce fut le cas dans le passé.

C’était, par tous les moyens, tout à fait la description exacte…

« Oui. C’était assez délabré… En fait, il avait été englouti par les arbres de la forêt. La grande moitié des villageois de ma ville natale ne connaissait même pas son existence. C’est un peu dommage, m’étais-je alors dit… Je me suis donc débarrassé des arbustes qui l’entouraient, je l’ai nettoyé et j’ai réparé tout ce qui était cassé. Cela m’a pris du temps, mais c’était avant que je ne devienne un aventurier. J’avais beaucoup de temps libre, » répondis-je.

« Tu le dis si simplement, Rentt, que tu as réparé un sanctuaire et c’est tout. Malgré ce que tu dis, il a fallu une certaine compétence pour cela, n’est-ce pas ? »

« Un charpentier du village m’a appris ce que je devais savoir. J’avais le souci du détail et de la précision. J’avais appris les bases relativement rapidement, et le reste n’était qu’essais et erreurs. C’était une bonne formation, c’est le moins qu’on puisse dire, » répondis-je.

« Je vois, capable comme toujours… Malgré tout, tu n’avais pas la capacité de progresser en tant qu’aventurier, entre toutes choses. Les dieux sont cruels, non ? » demanda Lorraine.

« Non, je ne dirais pas vraiment ça. Après tout, je suis maintenant plus que capable de viser le sommet. Peut-être que les dieux étaient en fait relativement miséricordieux dans mon cas, » répondis-je.

« Tu es beaucoup trop positif, Rentt. Mais hélas, c’est effectivement l’un de tes bons traits de caractère. Mais tu as dit que c’était un sanctuaire, n’est-ce pas ? Pour quel dieu a-t-il été construit ? » demanda Lorraine.

« Eh bien…, » je n’avais pas vraiment de réponse concrète. « Je ne sais pas. Après tout, c’était un sanctuaire que personne n’a visité. Peut-être que les anciens du village sauraient quelque chose à ce sujet… »

« Vraiment… ? Alors, Rentt. Devrions-nous faire un voyage dans ton village ? » demanda Lorraine, soudainement et sans prévenir.

 

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre !

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