Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 3 – Courte Histoire Bonus 5

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Courte Histoire Bonus : Des fantômes et des animaux domestiques

« … Un fantôme semble être apparu…, » déclara Lorraine, avec une expression de la plus grande gravité.

J’avais levé les yeux du livre que je lisais, en scrutant attentivement son visage.

« Quoi… ? Je te demande pardon ? Pourrais-tu te répéter, Lorraine ? » demandai-je.

Une blague, peut-être, ou peut-être une ruse de l’esprit. L’avais-je mal comprise ?

Lorraine, cependant, se répéta calmement. « Il semblerait qu’un fantôme a… »

J’avais levé la main pour l’arrêter au milieu de la phrase.

« D’accord, je comprends. Donc je ne me suis pas trompé sur toi, » déclarai-je.

« C’est bien qu’on se soit mis d’accord, Rentt. Eh bien, alors. Qu’est-ce que tu en penses ? » demanda Lorraine.

« Qu’est-ce que j’en… pense ? Eh bien, on pourrait le vaincre quand on en a envie, non ? De la magie purificatrice, peut-être ? Si je me souviens bien, un fantôme normal peut être envoyé sur le bon chemin même avec des sorts normaux…, » répondis-je.

Il n’y avait aucune raison de s’alarmer ou d’avoir peur. C’était juste un fantôme, après tout. J’aurais peut-être peur si j’étais enfant, mais j’étais adulte maintenant.

Étant donné que la matérialisation des fantômes était un phénomène naturel et qu’il existait des moyens de les vaincre, il n’y avait pas lieu de paniquer. Il y avait aussi Lorraine, qui assurait un soutien magique au cas où les attaques physiques ne fonctionneraient pas.

Alors… quel était le problème ? Pourquoi ce visage sérieux ?

« On pourrait penser ça, oui… Cependant, si tu le vaincs par la magie, ils émettent cet horrible hurlement, n’est-ce pas ? » demanda Lorraine.

Un bon point… On ne savait pas si les fantômes pouvaient ressentir la douleur. Cependant, lorsqu’ils étaient frappés par la magie, ils avaient tendance à pousser des gémissements qui fendaient les oreilles. C’est pourquoi exorciser les fantômes des morts la nuit était pour le moins gênant. Les voisins seraient enclins à ne pas apprécier. En tant que telles, ces demandes s’accompagnaient également de la tâche de faire le tour du bâtiment hanté en s’excusant à l’avance auprès de toutes les personnes qui vivaient autour de la bâtisse hantée en question.

C’était tout à fait gênant.

Malgré tous les ennuis, la plupart des gens accepteraient tranquillement les excuses et fermeraient leurs portes calmement. La plupart préféreraient ne pas avoir de fantôme à proximité, après tout.

Par exemple, quelqu’un pouvait rentrer à la maison pour trouver un désordre dans sa maison, même si les fenêtres étaient fermées et les portes verrouillées. Les assiettes et les bols étaient cassés, éparpillés un peu partout — un phénomène courant lorsqu’il s’agissait de fantômes errants. Même si l’on supposait que l’on pouvait supporter d’avoir des assiettes cassées, ils pourraient se réveiller au milieu de la nuit pour trouver une femme translucide, tachée de sang, debout au-dessus de leur lit. Ou peut-être cela sera une voix désincarnée pendant les repas en disant : « Moi aussi, je veux manger…, » ou quelque chose du genre. Bien que certaines personnes n’aient pas été gênées par ces événements étranges en raison de leur courage débridé, elles seraient au moins irritées, ou légèrement découragées par ces événements.

De plus, les fantômes avaient tendance à devenir plus forts s’ils étaient laissés tranquilles, et les incidents finissaient par dégénérer au point où quelqu’un serait gravement blessé. Une ou deux fois par an, peut-être, on entendrait parler de citadins assassinés par… des fantômes. C’était plus probable qu’on ne s’y attendait, et un exorcisme occasionnel était nécessaire.

Ils étaient comme… des cafards, faute d’un meilleur mot. Des cafards qui gémissaient quand ils étaient écrasés. Terrifiant.

Mais nous n’avions pas le choix.

« Qu’est-ce qu’il y a ? On ne peut pas faire grand-chose contre ces gémissements, » déclarai-je.

« Pas tout à fait, Rentt. As-tu oublié ? S’ils sont purifiés par la divinité, ils acceptent de partir paisiblement et disparaissent tout simplement, » déclara Lorraine.

« Ahhhh… oui. Je suppose que c’est mieux ainsi. Aimerais-tu le voir ? » demandai-je.

« Mais bien sûr. Ta compréhension rapide est utile comme toujours, Rentt, » déclara Lorraine.

Telle était la voie des choses. En fait, les personnes affiliées à des Églises s’acquittaient souvent de ces tâches pour de la petite monnaie. Ils avaient de bonnes affaires, tout bien considéré, et certaines personnes faisaient même appel à eux plutôt qu’à des aventuriers.

Cela dit, ces personnes n’étaient pas exactement des prêtres ou des prêtres-saints. Il pouvait s’agir d’hommes ou de femmes de foi armés d’une bouteille d’eau bénite, car cela suffisait à exorciser des fantômes, des esprits, etc.

Lorraine aurait pu aborder l’affaire de la même façon, mais elle avait plutôt choisi de venir me voir. Je ne connaissais pas ses raisons, mais ce n’était pas une tâche déraisonnable.

J’avais hoché la tête en Lorraine avant de me renseigner sur notre prochaine destination.

 

◆◆◆

« Est-ce l’endroit… ? » demandai-je.

« Oui. C’est quoi ce visage ? Surpris ? » interrogea Lorraine, se tournant vers moi quand elle l’avait demandé.

J’avais jeté un autre coup d’œil à l’endroit où ce fantôme était censé s’être matérialisé.

« Ne serait-ce que parce que c’est un tel manoir, Lorraine ? Ces gens n’auraient-ils pas les moyens d’engager un prêtre ou deux ? » demandai-je.

« Je suppose que oui, » répondit Lorraine.

C’était un manoir de grande taille. Ce n’était rien au niveau des Latuules, bien sûr, mais il était décidément plus grand que, disons, la demeure de Lorraine.

Cependant, la maison de Lorraine était de la taille qu’elle était en raison de ses préférences, puisqu’elle n’était pas exactement une femme prêchant l’excès. Si elle voulait vraiment acheter un manoir, c’était possible. Je ne me souvenais même pas d’une époque où les finances de Lorraine étaient dans une situation difficile.

« Malgré tout, ils sont liés par certaines… circonstances. On devrait y aller, Rentt, » déclara Lorraine.

Lorraine s’avança et, après un bref échange avec le garde, nous fûmes invités par les portes ouvertes du manoir.

 

◆◆◆

« Oh, merci ! Merci beaucoup d’être venus… Oh ? Et qui ça peut bien être… ? »

« Ah, oui, oui. C’est l’aventurier qui va effectuer la purification, » répondit Lorraine.

La cliente, apparemment convaincue par l’explication de Lorraine, avait fait un pas vers moi. Vu son comportement, on aurait dit qu’elle demandait… une poignée de main. La cliente ressemblait à une femme particulièrement aisée, et c’était exactement ce qu’elle était.

« Oh, s’il vous plaît, s’il vous plaît, gentil monsieur ! Je vous en supplie ! Aider l’âme de Sweetpea pour qu’il repose en paix, afin qu’il monte dans les cieux ! » déclara la cliente.

« Sweetpea… ? »

Lorraine s’était tournée vers moi. « Un monstre, Rentt. Un individu que Lady Emilstead traite ici comme sa propre famille… Une variante de Puchi Suri… »

Le sens de « variante » dans ce cas se référerait à une agressivité réduite, ou peut-être une apparence mignonne, optimisée pour être attirante pour les humains.

Je vois. Je comprends maintenant.

Je suppose que les prêtres et les autres personnes du même acabit trouveraient cette demande difficile, car la plupart des fantômes apparaissant dans la ville étaient d’origine humaine, de sorte que le but serait de les enterrer pacifiquement.

Dans ce cas, Lady Emilstead serait probablement profondément insatisfaite d’une telle procédure, car elle ne ferait que causer de la douleur à l’âme du monstre.

C’est pourquoi j’avais selon moi été appelé ici… étant un autre individu ayant une souris comme animal de compagnie.

J’avais assez bien compris les sentiments de la dame. C’est pourquoi je m’étais tourné vers elle et j’avais parlé, lui tenant les mains dans les miennes.

« Laissez-moi m’en occuper, madame… Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre l’âme de Sweetpea à l’aise, » déclarai-je.

Sur ce, j’avais fait ce que j’avais promis, en envoyant l’âme de la souris s’envoler vers les cieux. Lady Emilstead me serra vigoureusement la main, les larmes aux yeux, et me proposa une fois de plus de faire appel à mes services si elle avait besoin de quoi que ce soit. Il semblait que j’avais obtenu une bonne cliente.

Immédiatement après, Lorraine avait présenté à la femme quelques Puchi Suris, une suggestion pour qu’elle en adopte un autre pour combler le trou dans son cœur.

Bien que certains pourraient soutenir que les actions de Lorraine étaient insensibles, son comportement et sa façon de parler laissaient entendre que Lorraine se souciait vraiment de cette dame en deuil. Lady Emilstead, à son tour, fut profondément reconnaissante et finit par choisir un Puchi Suri parmi ceux présentés par Lorraine. Elle avait alors décidé de l’appeler… Sweetpea…

J’avais trouvé que c’était un choix un peu trop simple…

 

◆◆◆

« Eh bien, Rentt. Avec cela, il est devenu trop facile d’obtenir des informations dans ce ménage, » déclara Lorraine après que nous ayons quitté le manoir.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demandai-je.

« Quoi ? N’as-tu pas remarqué ? Le nouveau Sweetpea est un subordonné d’Edel. En d’autres termes, il serait notre souris à l’intérieur. Edel avait voulu avoir accès à ce manoir, alors j’ai offert de l’aide. C’est une famille aisée, vois-tu, et ils ont des invités de tous les coins du pays. Il se trouve qu’il y avait une bonne excuse pour le faire… au moins pour nous permettre de faire cela. »

Lorraine parlait-elle du fantôme… ?

« Depuis quand es-tu si vite amie avec Edel… ? » demandai-je.

« Non, ce n’est pas tout à fait ça. La vérité est un peu plus simple. Cette demeure est entourée d’une barrière, tu vois, générée par un objet magique. Il m’est arrivé de voir un Puchi Suri s’écraser contre la barrière à plusieurs reprises. Notant son comportement intéressant, je me suis tenue là et j’ai observé la souris pendant un certain temps, mais Edel s’est pointé et a commencé à lui donner des instructions. Je me suis alors approchée de lui et lui ai demandé s’il voulait entrer dans le manoir… alors j’ai offert mon aide, comme je l’ai dit, » déclara Lorraine.

« Quoi ? Tu peux maintenant même le comprendre ? » demandai-je.

« Quelques mots, oui. Pas les détails, mais c’est une expérience à laquelle je serais heureuse de participer. Un peu difficile, cependant, étant donné qu’Edel est toujours si occupé. Quoi qu’il en soit, il est bon pour ton ami de me devoir une faveur, au cas où nous aurions besoin de lui à l’avenir, » déclara Lorraine.

Et tout cela se passait-il depuis le début… ? Dire qu’Edel travaillait plus dur que moi tous les jours…

Pendant un moment, j’avais été à court de mots…

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