Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 5

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Chapitre 3 : Une nouvelle Évolution Existentielle

Partie 5

Il n’y avait aucun dommage… à ma tête.

Encore une fois : aucun dommage.

« C’était quoi… ? » avais-je demandé en sortant lentement ma tête du mur.

La structure s’était légèrement effondrée en réponse, des morceaux du mur s’étaient détachés et étaient tombés sur mon visage. C’était peut-être à cause de la vitesse à laquelle je l’avais percuté, mais des morceaux du mur avaient été réduits en poudre, recouvrant mon masque d’un mince film blanc.

« Ce sont mes mots, Rentt… Vas-tu vraiment bien ? Tu as foncé la tête la première dans le mur à une vitesse assez élevée, » déclara Lorraine.

Lorraine affichait sur son visage l’expression de quelque chose entre le choc et l’étonnement. Si j’étais elle, j’aurais aussi porté la même expression. Nous étions au milieu d’une expérience de vol inoffensive, après tout, on ne se précipite pas dans des espaces clos plus vite que l’œil ne peut le voir quotidiennement. Pour empirer les choses, j’avais à moitié enterré ma tête dans le mur de sa demeure.

« Hmm… Oui, en fait, oui. C’est peut-être à cause de l’Évolution Existentielle, mais je ne ressens pas vraiment de douleur. J’ai l’air en grande partie indemne, » déclarai-je en inspectant mon corps alors que je répondais à la question d’une Lorraine préoccupée.

« Je vois ça, Rentt. Tu es en effet indemne — non pas que je puisse cependant dire la même chose pour ma maison. Je devrais réparer ça maintenant…, » déclara Lorraine.

Lorraine se tenait debout, enchaînant un sort sous son souffle. En quelques secondes, le mur endommagé recouvrait lentement son trou béant, et en peu de temps, il était à nouveau entier.

C’était un mur simple, fait de briques et d’autres choses du genre, donc il ne nécessitait pas de réparations magiques compliquées. Mais les sorts utilisés pour réparer les trous et autres dégâts n’étaient pas aussi simples que la magie d’attaque. Il s’agissait de sorts très compliqués et techniques, qui exigeaient beaucoup de connaissances de la part du lanceur. Lorraine semblait se spécialiser dans les sorts de cette nature et était capable de réparer les dégâts sans même lever le petit doigt.

La plupart des gens qui connaissaient bien les sorts de cette nature étaient des mages appartenant à une guilde d’architecte ou à une autre, et ils vendaient souvent leurs services à des nobles et à d’autres riches clients dans la capitale. Inutile de dire que de tels mages étaient relativement rares.

Il n’était pas facile d’apprendre les sorts en question, et même si l’on en comprenait les bases, l’application réelle de telles magies était au mieux difficile.

Mais Lorraine, en revanche… Elle n’avait pas l’air d’avoir trop de problèmes de son côté. Même si elle cessait un jour d’être érudite, il ne faisait aucun doute qu’elle pourrait facilement gagner sa vie dans d’autres domaines, plus variés.

Mon avenir, en comparaison, était un peu plus ennuyeux. Que ferais-je si j’arrêtais de m’aller à l’aventure ? Peut-être, devenir membre du personnel de la Guilde des Aventuriers ? Si ma mémoire était bonne, Sheila avait dit quelque chose de ce genre. Mais je n’avais pas l’intention de le faire, bien sûr.

« Et c’est comme avant que le mur s’effondre. Maintenant, si je devais deviner… c’était toi qui insufflais de l’esprit dans tes ailes, oui ? » demanda Lorraine.

Lorraine s’était tournée vers moi alors qu’elle terminait ses dernières réparations. J’avais hoché la tête en réponse.

« C’est vrai. J’ai infusé une grande quantité de mana dans mes ailes, mais je ne pouvais flotter qu’à basse altitude. J’ai supposé qu’il serait sûr d’infuser une quantité tout aussi grande d’esprit à la fois, et ainsi…, » déclarai-je.

« Parfois, je ne suis pas tout à fait sûre si tu réfléchis trop, ou si tu ne penses pas du tout, Rentt… Expérimenter lentement ne te tuerait pas vraiment. Pourquoi cette hâte ? » demanda Lorraine.

Lorraine me réprimandait avec son expression exaspérée, que j’avais connue au fil des ans.

Mais c’était comme elle l’avait dit : j’aurais dû en infuser une petite quantité dans mes ailes par précaution. J’avais été consumé par ma soif de voler, et ma hâte avait fini par causer un accident mineur. Je n’avais pas pu réfuter les arguments de Lorraine.

« Je ferai plus attention la prochaine fois, » déclarai-je.

« Veux-tu bien le faire, Rentt ? J’espère que tu t’en souviendras. Que dirais-tu d’infuser lentement de l’esprit dans tes ailes cette fois-ci ? » demanda Lorraine.

J’avais acquiescé d’un signe de tête obéissant à la suggestion de Lorraine. Ce serait un problème si je m’envolais à nouveau au hasard dans une direction étrange.

Je m’étais positionné au centre de la pièce. Il aurait peut-être été sage de tourner le dos au malheureux mur, car je n’avais aucun moyen de savoir où je m’envolerais ensuite. Quoi qu’il en soit, on pouvait supposer que je ne ferais plus de trous dans la maison de Lorraine tant que je n’aurais pas insufflé une quantité déraisonnable d’esprit dans mes ailes d’un seul coup.

Étonnamment, une petite quantité était suffisante pour générer une quantité notable de poussées vers l’avant avec mes ailes — comme Lorraine l’avait dit, ce que j’avais auparavant déjà fait de façon drastique.

Ma vitesse de poussée augmentait avec l’intensité de mon infusion d’esprit — un peu simple. Mais j’avais vite atteint un seuil de sécurité. Si j’en faisais plus, je provoquerais des rénovations non autorisées.

Il semblait difficile d’effectuer d’autres tests à l’intérieur. Lorraine, qui observait mes mouvements, avait une autre suggestion à donner.

« Hmm. Ainsi, l’esprit génère la poussée, et le mana te permet de flotter librement… Ne pourrais-tu pas bouger avec une infusion de mana seule ? Ou n’est-ce pas possible ? » demanda Lorraine.

« Je ne dirais pas que… peut-être un peu, » déclarai-je.

Pour le démontrer, j’avais laissé la puissance de l’Esprit de mes ailes s’estomper, puis je les avais à nouveau imprégnées de mana. Je flottais un peu à gauche et à droite, bien qu’il s’agissait de mouvements très lents. Mais je bougeais quand même un peu. Si je devais le dire, alors je flottais d’un côté à l’autre à la même vitesse que si je marchais.

« Ne serais-tu pas capable de voler si tu flottais avec le mana, et que tu te poussais ensuite en avant avec l’esprit, Rentt ? » demanda Lorraine.

« Je n’ai jamais essayé ça. Je suppose que je devrais… voilà, » déclarai-je.

L’utilisation des deux forces serait quelque peu difficile d’un point de vue technique, mais j’avais été capable de faire quelque chose de similaire avec mon Art Fusionnel mana-esprit. Bien sûr, une personne qui aurait formé ses compétences d’une manière plus classique considérerait probablement mes méthodologies comme étranges. Personnellement, cependant, j’étais habitué à mes applications désordonnées, il m’était donc tout à fait possible d’infuser mes ailes d’esprit et de mana en même temps.

J’avais des soucis, comme m’envoler soudainement dans une direction aléatoire à nouveau. Les effets de l’Art Fusionnel mana-esprit étaient aussi pour le moins inquiétants, surtout qu’une telle attaque avec ma lame avait fait imploser violemment les organes internes de ma cible… Dans cette veine, je préférerais de loin que mes ailes ne fassent pas la même chose.

Je devrais être très prudent…

C’est ainsi que j’avais commencé à infuser de petites quantités d’esprit et de mana dans mes ailes, d’une manière un peu effrayante et appréhensive. Étonnamment, je n’avais pas explosé et aucune partie de moi n’avait implosé. En fait, j’avais avancé d’une distance considérable et j’étais maintenant capable de modifier ma vitesse en changeant la quantité d’esprit dans mes ailes. C’était plutôt bon.

Non, très bien ! Je vole ! Je vole !

Au moins, j’avais l’impression de voler. En réalité, je flottais encore à une courte distance du sol. Néanmoins, l’excitation que j’avais ressentie était sincère.

Avec une forte poussée d’esprit, je pouvais voler jusqu’à des hauteurs importantes, puis glisser lentement à partir de ces altitudes. Strictement parlant, je planais plus que je ne volais. Puis, une soudaine compréhension s’était manifestée en moi.

J’ai évolué ! L’Évolution Existentielle m’a fait devenir un écureuil volant.

Attends…

Ce n’était pas tout à fait ce que je voulais dire. C’était loin d’être le cas.

Pourquoi étais-je passé d’un Thrall à un écureuil volant ? Cela n’avait aucun sens. Et pourquoi n’avais-je pas encore implosé… ? Je m’étais concentré, et j’avais vite découvert la réponse dans le flux d’énergies qui coulait à travers mes ailes.

Pour être précis, il s’agissait de flux d’énergie distincts, contrairement au mélange volatile que j’avais utilisé dans mes attaques d’Art Fusionnel mana-esprit. Mes ailes en forme de chauve-souris étaient composées de membranes de vol souples et d’une structure de soutien plus rigide. Selon les observations scientifiques de Lorraine, les membranes étaient des membranes de vol et les parties rigides étaient des os phalangiens. Quoi qu’il en soit, le mana avait traversé ces membranes, et l’esprit avait traversé mes os — dans des circuits séparés, bien sûr.

Curieux, j’avais essayé d’insuffler de l’esprit dans les membranes et vice versa, mais cela ne semblait pas physiquement possible. Je suppose que les deux ne devraient pas vraiment être mélangés quotidiennement, surtout parce qu’ils exploseraient autrement. Mes ailes avaient-elles été conçues en tenant compte de ces considérations ? Je ne connaissais pas grand-chose à la physiologie des monstres.

J’avais expliqué mes pensées à Lorraine.

« Très intéressant, Rentt… Mais oui, bien sûr, compte tenu des implications des Arts Fusionnels en physiologie… C’est logiquement sain, oui. Je ne peux pas faire de déclarations concrètes avant d’avoir procédé à un examen approfondi. Mais avec ça, on dirait que tu peux voler avec tes ailes. Tu vois, Rentt ? Pas si inutile, après tout. Tout est bien qui finit bien, » déclara Lorraine.

Un doux sourire illuminait ses traits. Elle avait continué.

« La dernière expérience serait la divinité…, » annonça-t-elle.

Ayant imprégné mes ailes de mana et d’esprit, je suppose que c’était la chose logique pour rayer la liste proverbiale.

La divinité était, à bien des égards, une capacité spéciale. C’était puissant, mais la nature de la divinité variait aussi, selon l’entité qui avait conféré la bénédiction au départ. Dans mon cas, j’avais été béni par certains esprits qui avaient habité un sanctuaire en ruines que j’avais été contraint de réparer. D’après ce que j’avais vu, il s’agissait d’une sorte d’esprit végétal — enfin, si l’on en croit les observations de Clope. Cependant, pour canaliser une telle divinité à travers mes ailes monstrueuses… Il y avait beaucoup trop de variables en place pour que je puisse penser à des précédents plausibles ou à des possibilités quant à ce qui pourrait arriver.

Quoi qu’il en soit, je devais quand même l’essayer. Il serait crucial d’avoir des connaissances, surtout dans les situations de vie ou de mort. Connaître ses outils était tout aussi important que savoir quand et où les utiliser — l’un des nombreux principes de base de l’aventure, et tous les aventuriers les plus expérimentés les connaissaient.

À l’aide d’une profonde respiration, j’avais calmé mon esprit, me préparant mentalement à ce qui pourrait se passer. Lentement mais sûrement, j’avais senti la divinité couler dans mes ailes. Et puis…

« Vraiment… Magnifique…, » des mots étranges, surtout de la bouche de Lorraine.

« Hein ? » demandai-je.

« Eh bien… tu vois, Rentt. Tes ailes… brillent, » déclara Lorraine.

Il va sans dire que même moi, j’avais été surpris par ces mots.

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