Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Une nouvelle Évolution Existentielle

Partie 3

« Des ailes ? » demandai-je.

J’avais incliné la tête d’un côté, un peu théâtralement à cause du choc. Lorraine avait fait de même en réponse.

« Ne l’as-tu vraiment pas remarqué, Rentt ? » demanda-t-elle simplement.

Ce n’était probablement pas l’intention de Lorraine de garder le silence sur ça. Si je devais le deviner, elle avait simplement supposé que je savais pour les ailes présentes sur mon dos. Malgré tout…

« Comment pourrais-je me tourner et regarder mon dos ? Je ne peux pas vraiment m’attendre à le remarquer, non ? » avais-je dit à Lorraine que je me sentais un peu incrédule face à toute cette situation.

« Eh bien, elles bougeaient — ou plutôt, elles tremblaient — un peu plus tôt, Rentt. J’ai juste supposé que tu les déplaçais consciemment. Toutes mes excuses. Donc, elles bougent inconsciemment, de leur propre chef ? Comme les paupières, peut-être… ? Ah, oui, oui. Un autre miroir. Je vais en chercher un… Il est probablement difficile de se retourner et de fixer son dos. J’ai exactement ce qu’il faut… Attends un peu, » déclara Lorraine.

En disant cela, Lorraine avait fouillé dans une zone proche de quelques étagères dans sa chambre avant de faire une pause et de ramasser un miroir.

Même si je vivais temporairement ici, c’était la maison de Lorraine. De plus, j’avais très peu de biens personnels, et la plupart de ce qui restait dans les étagères et les coffres de rangement de cette pièce appartenaient à Lorraine.

Tenant le miroir qu’elle avait trouvé, Lorraine se tenait derrière moi, reflétant une image de mon dos dans le miroir que je regardais. Avec cela, je pouvais voir mon dos, et reflété dans le miroir n’étaient nul autre que…

« Je suppose que c’est bien des ailes…, » déclarai-je.

« Oui, Rentt. Des ailes. Les membranes de vol sont également un terme acceptable à utiliser — quel que soit le nom qu’on leur donne, en fait. Exactement comme je te l’ai dit, non ? » demanda Lorraine.

Des ailes… Les protubérances sur mon dos étaient indubitablement ça. Deux ailes symétriques, l’une à droite et l’autre à gauche, poussaient de quelque part le long de mes omoplates du milieu de mon dos. Elles n’étaient pas à plumes, pas comme celles d’un oiseau. Elles ressemblaient plutôt aux ailes minces et coriaces d’une chauve-souris, aux membranes et tout ça. Bien qu’elles aient été pliées en une forme un peu compacte, j’avais découvert que je pouvais un peu les déplacer si je me concentrais sur ça.

 

 

Témoin de cela, Lorraine semblait satisfaite du spectacle.

« Ah, donc tu peux les déplacer tout seul. Que se passait-il à l’instant… ? » demanda Lorraine.

Lorraine posa ses mains sur mes appendices nouvellement germés, inspectant apparemment leurs membranes et les étirant doucement. C’était chatouilleux, mais Lorraine savait mieux que quiconque vu qu’elle était après tout une universitaire respectable dans le domaine de la recherche sur les monstres.

Permettre à Lorraine d’inspecter minutieusement mon corps avait contribué à ma propre connaissance de mes capacités. Je n’avais pas d’autre choix que d’accepter ses comportements de curiosité pour le moment…

« Hé maintenant, Rentt. Tu ne devrais pas essayer de t’envoler…, » déclara Lorraine, un peu catégoriquement.

« M’envoler ? Je ne me souviens pas avoir tenté de le faire, » déclarai-je.

« Ah, mais c’est exactement ce que tu fais, Rentt. Pas ton corps, peut-être, mais tes ailes, certainement. Où devrais-je plutôt les appeler membranes de vol ? Quoi qu’il en soit, je n’ai pas de fortes convictions quant aux termes que je devrais utiliser pour décrire tes mécanismes de vol, alors je suppose que l’un ou l’autre terme est acceptable. Cela étant dit, ne bouge pas tes ailes. Elles s’échappent de ton contrôle, et elles voltigent par-ci par-là, » déclara Lorraine.

Désireux de les maintenir immobiles, je m’étais tenu dans un silence relatif.

« Bien. Cela ne semble plus bouger maintenant, » dit Lorraine d’un ton de voix satisfaisant.

Pourtant, Lorraine semblait encore perplexe devant ce qu’elle avait vu il y a peu de temps. Elle marmonnait en tournant la tête partout, en grande partie pour elle-même.

« Pourquoi l’avoir fait… tout à l’heure. Hmm. Je vois. C’est peut-être…, » murmura Lorraine.

Lorraine avait commencé à me toucher les ailes d’une manière étrange, presque comme si elle avait l’intention de me chatouiller. En jetant un coup d’œil au miroir, j’avais aperçu l’expression de Lorraine — bien sûr, elle avait un léger sourire bien visible sur son visage.

Il semblait que Lorraine me chatouillait délibérément les ailes.

Quoi qu’il en soit, je n’étais pas du genre à céder. En gardant mon calme, j’avais voulu garder mes ailes immobiles et, pendant un moment, je n’avais pensé qu’à ça. Même si c’était chatouilleux, je pourrais tolérer ça. S’il y avait une volonté, il y avait un moyen, même si elle l’avait fait pendant des heures.

Oui, des heures… sur des heures… sur la fin. Non… Pas de problème… Argh ! C’est trop !

Après ça, ma lutte pour l’indépendance contre les secousses d’ailes involontaires s’était terminée. Et à ce moment précis…

« Oh ! Le voilà. Tu viens de bouger tes ailes consciemment, Rentt ? » demanda Lorraine.

« Non. C’était chatouilleux, mais j’ai tenu aussi longtemps que j’ai pu… C’est ce que je voulais faire, » déclarai-je.

Je ne pouvais plus tolérer les mouvements de mains diaboliques de Lorraine vers la fin de ma courte résistance, mais il était vrai que je n’avais pas consciemment bougé mes ailes à un moment donné.

« Alors, c’est comme je m’y attendais, » Lorraine hocha la tête en entendant ma réponse. « Tu peux les déplacer de ton plein gré… Mais elles se déplacent aussi involontairement de temps en temps. Tes ailes voltigeaient ici et là pendant que j’essayais de les chatouiller, comme si elles avaient leur propre volonté… Par moments, il semblait presque que deux entités distinctes se battaient pour le contrôle de ces ailes. Tu as abandonné à la fin, n’est-ce pas ? »

« Oui. C’était un peu trop pour moi, » répondis-je.

« À ce moment-là, le subconscient a arraché le contrôle de tes ailes à ton toi conscient. C’est pourquoi tes ailes s’éloignaient de moi de leur propre gré… comme la queue d’un animal, si tu veux, » expliqua Lorraine.

Il semblait que Lorraine en était arrivée à une étrange conclusion. Voulait-elle dire qu’elle pouvait lire mon état d’esprit et mes émotions actuelles et que tout cela affectait les mouvements de ces ailes ? Même si les observations de Lorraine n’allaient pas si loin, le fait que mes ailes bougeaient parfois de leur propre chef posait quelques problèmes, l’un d’eux étant que je ne serais plus capable de cacher mes pensées efficacement. D’un autre côté, il serait impossible de marcher dans les rues de Maalt avec une paire d’ailes dans le dos.

Hm… ?

Oui, il y avait quelque chose d’autre à cela… peut-être, un autre problème.

« Ne serait-ce pas un peu terrifiant pour mes ailes de sortir de mon dos, ou de se déplacer par elles-mêmes sous mes vêtements ? » demandai-je.

« Nous verrons bien, » répondit-elle.

Lorraine alla chercher ce qui semblait être des vêtements bon marché, apparemment en lin. En m’habillant, je m’étais retourné, permettant à Lorraine d’inspecter mon dos.

« Eh bien ? » demandai-je.

« Hmm… Eh bien, oui, c’est vraiment terrifiant. Il semble que quelque chose sur ton dos fait saillie et bouge. C’est très inconfortable à regarder, » répondit Lorraine.

Je ne le voyais pas moi-même, mais je pouvais imaginer l’horreur que cela inspirerait au Maaltesien moyen. Après tout, il y avait des monstres qui avaient la mauvaise habitude de pondre leurs œufs à l’intérieur des humains, et j’avais moi-même vu des spectacles si horribles dans ma longue carrière d’aventurier. La surface de leur peau bougeait et ondulait, comme si mille vers de terre les traversaient. C’était vraiment un spectacle révoltant et horrifiant. Enfin… ils perceraient la peau, éclatant à travers l’hôte dans un spectacle malheureusement explosif.

C’était l’un des souvenirs les plus grotesques que je puisse me rappeler de ma vie antérieure. En fait, c’était probablement l’un des trois premiers.

Les deux autres souvenirs grotesques étaient les morceaux pourris de mon corps que j’avais vu pendant ma période en tant que goule et Thrall. Pouvoir voir ses organes — ses organes desséchés, en plus — était horrible. Il n’y avait tout simplement pas d’autre solution.

Je m’étais habitué, pour le meilleur ou pour le pire, à les voir ces derniers temps… Mais maintenant, une chose tout aussi grotesque était sur mon dos ? Non. Ça ne suffirait pas du tout…

Non. C’est terrible !

Lorraine, qui m’observait depuis le début, m’avait finalement fait une suggestion.

« Maintenant que j’y pense, Rentt… Ne pourrais-tu pas simplement plier ces ailes ? La plupart des monstres sont capables de le faire, rétractant leurs ailes dans leur corps ou autre, » demanda Lorraine.

« Je suppose que tu as raison. Certains monstres sont capables de tels… Mais comment je m’y prendrais ? » demandai-je.

« Comme si j’allais connaître la réponse ! Commence par l’imaginer dans ta tête, Rentt. Peut-être se déplaceront-elles avec une pensée forte ou deux… ? » demanda Lorraine.

Pendant un bref instant, nos yeux s’étaient croisés, et j’avais pu discerner du regard de Lorraine que nous étions tous les deux du même avis. Oui, c’était une conversation idiote, mais nous avions malheureusement dû en avoir une. D’un point de vue réaliste, il n’y avait pas vraiment de solution, étant donné que j’étais le seul dans la zone qui se trouvait dans des circonstances aussi étranges. Ce n’était pas comme si je pouvais simplement regarder quelqu’un d’autre pour m’inspirer de ce que je devais faire.

Quoi qu’il en soit, il serait sage de suivre les indications de Lorraine pour l’instant.

J’avais fermé les yeux et j’avais pensé à replier mes ailes dans mon corps — et avec une force soudaine, j’avais ressenti quelque chose me pousser légèrement sur le dos.

« Oooh ! » Lorraine, qui avait regardé tout ce temps, avait lâché un peu d’encouragements. Elle avait l’air très impressionnée en me tapotant le dos. « Tu as réussi, Rentt ! Ils sont pliés proprement maintenant. »

Levant la chemise de lin que je portais, Lorraine m’avait regardé dans le dos, apparemment sans avoir encore terminé son inspection.

« Hm… Oui. Je ne peux plus les voir, Rentt. Hmm… Je commençais juste à m’amuser avec elles aussi. Je suppose que ces comportements se situent à l’intérieur des paramètres acceptables…, » Lorraine hocha la tête, surtout à elle-même. « Est-ce que cela fait mal quelque part, Rentt ? »

« Il y a un sentiment de pression, » avais-je répondu honnêtement, « comme si mes organes étaient pressés en moi. Même ainsi, je suppose que mes ailes ne feraient pas que sauter — . »

« BOO !! » s’écrie Lorraine, soudain et bruyamment.

J’avais été, bien sûr, surpris. Comme c’est différent d’elle ! J’avais bien envie d’exiger une réponse de Lorraine, mais j’avais été accueilli par un regard exaspéré quand je m’étais retourné. Lorraine n’avait pas l’air très amusée.

Et tout ce que je voulais, c’était d’assurer à Lorraine que mes ailes ne bougeraient pas d’elles-mêmes…

« Je vois que ce tu n’es pas bon avec les surprises…, » déclara Lorraine.

Lorraine leva le miroir qu’elle tenait, et à l’intérieur se reflétait mes ailes déployées et tendues. Pour empirer les choses, elles n’étaient pas détendues et quelque peu pliées, comme elles l’étaient avant, mais elles étaient grandes ouvertes. Je ne pouvais qu’imaginer ce qui se passerait si quelque chose me faisait sursauter dans la rue. Est-ce que des ailes jailliraient soudainement de mon dos, suivies par des cris aigus des citadins à propos du diable, ou quelque chose du genre ?

C’est une bonne chose que nous l’ayons découvert si tôt… Oui, c’est une bonne chose…

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