Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 14 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : Exploration du donjon

Partie 5

Suis-je… revenu ?

Alors que la douleur lancinante dans ma tête s’estompait lentement, mes yeux s’ouvrirent. Tout était sombre autour de moi, mais je voyais quand même.

Attends. Sombre ? Je me souvenais clairement avoir nagé vers une lumière vive après les autres. Je ne savais pas ce que c’était, mais elle était bien là. Comme il n’y avait aucune source de lumière, je pouvais dire sans trop me tromper que j’étais ailleurs, d’autant que Capitan et les autres étaient introuvables.

Si je pouvais voir, c’était uniquement grâce à mes yeux de mort-vivant. Il faisait tellement sombre qu’une personne normale n’aurait pu distinguer que des formes vagues.

Comment ai-je atterri ici ?

« Quel étrange coup du sort qui nous a réunis à nouveau », dit soudain une voix derrière moi.

Le plus effrayant, c’est que je ne sentais personne. C’était comme si la personne qui parlait n’avait aucune présence. Je tournai la tête avec hésitation et je vis…

« Bonjour, monsieur le Thrall », dit la femme qui m’observait comme si j’étais une curiosité. « Hum. Non, ce n’est plus tout à fait exact, n’est-ce pas ? C’est vraiment rare. Il semble que vous ne soyez finalement pas devenu vampire, même si vous êtes resté dans la famille. Je suppose que c’est logique, vu votre situation. C’est assez impressionnant que vous ayez réussi à contrôler votre soif de sang. »

Ses mots n’attendaient pas de réponse; elle les avait prononcés comme si elle exprimait simplement ses pensées à voix haute. Je l’aurais prise pour une simple vagabonde des donjons, bien qu’excentrique, si je ne l’avais pas déjà rencontrée.

Mais plus qu’une simple connaissance, c’était quelqu’un à qui je devais beaucoup. Après tout, c’était elle la propriétaire initiale de ma robe et de la carte d’Akasha avant de me les donner.

« Vous venez de… » Je m’interrompis. « Pourquoi êtes-vous dans le donjon des filles du dieu de la mer ? »

La femme avait les cheveux blancs, les yeux bleu pâle, et malgré son attitude douce, elle dégageait une aura terrifiante. Mais la dernière fois que je l’avais vue, elle se trouvait dans une zone inexplorée du donjon de la Lune d’Eau et elle avait failli me tuer. Au lieu de cela, pour des raisons que je ne comprenais toujours pas, elle avait décidé de m’épargner et m’avait même offert les puissants objets magiques en sa possession avant de me laisser partir.

Notre précédente rencontre me semblait encore irréelle, mais ma robe et la carte en étaient la preuve physique. Je ne m’attendais pas à la revoir. La première question qui m’est venue à l’esprit était pourtant simple : pourquoi était-elle ici, parmi tous les endroits possibles ?

« Même si je peux donner l’impression d’avoir beaucoup de temps libre, c’est loin d’être le cas », dit-elle. « J’ai plein de choses à faire dans plein d’endroits différents, donc notre rencontre ici n’est qu’une simple coïncidence. Du moins, c’est ce que je dirais si ce n’était pas aussi artificiel. Il doit y avoir une raison pour qu’on se soit retrouvés. Je dois admettre, cependant, que je n’avais pas l’intention de vous contacter au départ. Les cadeaux que je vous ai faits auparavant étaient juste pour m’excuser. En général, je préfère vous voir avancer dans votre parcours grâce à vos propres efforts. »

Apparemment, elle avait des attentes à mon égard. Je ne savais pas exactement lesquelles, mais elle ne semblait en tout cas pas m’en vouloir. Cela ne voulait pas dire que je pouvais lui faire entièrement confiance, mais je me disais que la confiance d’une personne aussi insignifiante que moi ne faisait pas vraiment de différence pour quelqu’un d’aussi puissant qu’elle.

La dernière fois que nous nous étions rencontrés, j’étais un Thrall. J’étais devenu un peu plus fort depuis, d’après mes estimations, mais je doutais que cela ait augmenté mes chances théoriques contre elle. C’était une bonne chose qu’elle ne dirige pas son aura dangereuse vers moi, car je soupçonnais qu’elle pouvait anéantir mon existence d’un simple mouvement du doigt… Ou peut-être même sans bouger du tout.

 

 

C’est ce que mon instinct me disait en tout cas. Être près d’elle me faisait ressentir la même chose que lorsque j’avais rencontré le dragon dans le donjon de la Lune d’Eau : une peur primitive associée à un sentiment de résignation face à un adversaire que je ne pouvais espérer vaincre.

En bref, j’étais complètement impuissant. Mais vu sous un autre angle, cela voulait dire que je pouvais me permettre d’être un peu insolent. Après tout, j’étais tellement inférieur à elle qu’elle s’en fichait probablement.

« J’apprécie ce que vous avez fait pour moi », dis-je. « Mais si c’est le cas, pourquoi sommes-nous en train de parler ? Je suis moi aussi très occupé, j’allais explorer ce donjon avec quelques-uns de mes compagnons. »

« Oh, je sais. Je n’aurais pas agi si je n’avais pas remarqué que le donjon était sur le point de vous absorber. Si je vous avais laissé faire, vous seriez devenu une partie intégrante de celui-ci, sans jamais pouvoir en sortir. »

« Quoi… ? »

« On dirait que vous ne comprenez pas vraiment ce que sont les donjons, mais je suppose que c’est normal. Il ne faudrait pas longtemps pour compter le nombre de personnes qui possèdent encore ce savoir. »

« Donc vous voulez dire que vous êtes l’un d’entre eux ? »

« En quelque sorte. Grâce à ce savoir, j’ai jugé que vous étiez en danger. Vous avez vu quelque chose, n’est-ce pas ? »

« Oui… Un homme et une femme qui discutaient. »

« C’était l’un des souvenirs du donjon, ou peut-être devriez-vous plutôt parler d’archives. Je ne connais pas particulièrement bien celui-ci, donc je ne saurais vous dire. Quoi qu’il en soit, un fragment de ce qui s’est passé ici par le passé s’est infiltré dans votre esprit. Ce genre de choses est généralement stocké dans le cœur d’un donjon, et… Ah. Savez-vous ce qu’est le cœur d’un donjon ? »

« Eh bien, plus ou moins… »

« Alors, ça va être rapide. Le cœur d’un donjon, c’est comme la source d’une fontaine : il est connecté à tout le donjon et à ce qu’il contient. Ça inclut les monstres qui y vivent. Quand un monstre vient de l’extérieur, le cœur se connecte à lui, et c’est cette connexion que vous avez évitée de justesse. C’est aussi ce qui vous a permis de voir l’un des souvenirs stockés dans le cœur. »

« En d’autres termes… vous m’avez sauvé la vie ? »

« Pour le dire clairement, oui. Cependant, puisque vous êtes toujours connecté au donjon, je vous déconseille d’y rester trop longtemps. Si vous voulez explorer ses profondeurs sans être consumé, vous devez vous assurer de partir une fois par jour. Sinon, la même chose se reproduira. Même si vous ne le faites pas, vous pourriez encore avoir d’autres visions. »

« Attendez. Il n’y a donc aucun moyen de contourner ça ? Vraiment aucun ? Je devais continuer à explorer avec les autres, mais si cela signifiait être aspiré dans le donjon… »

« Garde une volonté forte », me conseilla la femme. « Même si les souvenirs du donjon vous attirent, vous devriez pouvoir vous en éloigner si vous êtes suffisamment déterminé. »

« Vous êtes sûre ? » Alors que je me disais que ça n’avait pas l’air si difficile, une pensée me vint soudain à l’esprit. « Attendez… Si les donjons essaient d’absorber les monstres qui viennent de l’extérieur, pourquoi rien ne m’est-il arrivé dans le donjon de la Lune d’eau ? Ou dans celui de la Nouvelle lune ? Ou dans tous les autres où je suis allé ? »

« C’est parce que ce donjon est… Ah, je crois que je n’ai plus le temps. Je dois vous laisser ici, sinon je vais rater l’occasion de m’occuper de mes affaires. Au fait, il se peut que ceux qui étaient près de vous aient eu la même vision. Ils pourraient vous poser des questions. Pour finir, si je peux vous donner un conseil… »

« Oui ? »

« Il y a ici un endroit dont vous seul pouvez découvrir l’entrée. Bon, je dois vraiment y aller. Adieu. » La femme me fit un signe de la main poli tandis que mon environnement commençait à changer et à se déformer.

« Attendez ! »

J’avais encore tant de questions à lui poser, mais il était trop tard. Le centre de mon champ de vision tourbillonna, se comprimant en un vortex, et tout commença à s’assombrir. Finalement, je fus une fois de plus propulsé dans ce qui ressemblait à un vide suspendu.

 

◆◇◆◇◆

Plouf !

Tout à coup, je me sentis plongé dans une masse liquide. Normalement, cela m’aurait fait paniquer, mais là, j’étais plutôt soulagé. On aurait dit que j’étais enfin de retour.

De toute façon, seuls les humains paniquent dans l’eau, car ils ont besoin de respirer. Poussés par leur peur de la mort, ils se débattaient pour trouver un moyen de sortir de cette situation.

Pour moi, c’était différent. Comme je n’avais pas besoin d’air, j’aurais pu passer toute la journée à méditer sous l’eau si j’en avais eu envie. C’est pourquoi, au lieu de paniquer, j’avais pu évaluer calmement ma position actuelle.

En regardant autour de moi, je réalisais que j’étais exactement là où j’avais commencé, ce qui ne manqua pas de me soulager. Je ne savais pas trop ce que j’aurais fait si j’avais été largué ailleurs.

Il semblait toutefois qu’un certain temps s’était écoulé. Capitan et les autres devaient être inquiets. Mais alors qu’un groupe lambda aurait déjà abandonné tout espoir en me croyant mort, Capitan savait qu’il en faudrait beaucoup plus pour que je passe l’arme à gauche. Il attendrait, au moins, pendant un certain temps.

Quoi qu’il en soit, je devais sortir de l’eau. Pensant que la lumière qui filtrait dans l’eau indiquait la direction à suivre, je commençai à nager vers elle. Il n’y avait pas beaucoup de distance à parcourir et, lentement mais sûrement, je commençais à remonter.

Et puis, tout à coup, quelque chose plongea dans l’eau depuis le haut. Pendant un bref instant, je me demandai s’il ne s’agissait pas d’un monstre ou de quelque chose du genre, mais je compris vite qu’il s’agissait de la main de quelqu’un, une main que je connaissais bien, en fait.

Après avoir tendu la main et attrapé cette main familière, je fus tiré hors de l’eau avec force, dans un grand splash. J’étais trempé, mais je savais que cela ne durerait pas longtemps : la robe que cette femme m’avait offerte séchait toujours très vite.

On aurait pu penser que mon masque allait rouiller, puisqu’il était fait d’un matériau vaguement métallique, mais, quelle que soit la quantité d’eau à laquelle il était exposé, il restait le même : un crâne immaculé et inquiétant. C’était dommage, car un peu de rouille aurait pu l’affaiblir suffisamment pour que je puisse le briser. Je ne pouvais que supposer que le mécanisme qui m’empêchait de l’enlever rendait également impossible de l’endommager.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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