Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 2 – Section 7 – Chapitre 6

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Chapitre 6 : Le Jour de la Corruption et ma deuxième idée folle

Je m’étais étiré devant la lumière du matin et j’avais pris un petit déjeuner tranquille. Aujourd’hui, c’était le Jour de la Corruption.

Comme Seika ne devait pas venir avant le soir, j’avais toute la journée pour me concentrer sur mon village !

Avec un peu de chance, je pourrais tout boucler avant son arrivée. La dernière fois, je n’avais aucune idée de l’heure à laquelle l’événement allait commencer, et j’étais sur les nerfs dès que l’horloge sonna minuit. En fin de compte, il n’avait pas commencé avant l’après-midi, et il y avait eu un son de sirène et une notification clignotante pour annoncer le début de l’événement. Je ne serais pas pris au dépourvu aujourd’hui, mais cela ne voulait pas dire que j’allais me détendre complètement.

J’avais laissé l’application ouverte sur mon téléphone pendant le petit-déjeuner, juste au cas où quelque chose se produirait. Une fois mon repas terminé, j’avais rassemblé des collations, des fruits et des boissons pour mon déjeuner et je les avais ramenés dans ma chambre avec moi. Destinée était assis sur mon bureau comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, mais je n’allais pas le gronder aujourd’hui.

« Traversons cette épreuve ensemble. »

Destinée prit le fruit que je lui avais passé et commença à le mâcher en hochant la tête. Il restait encore deux heures avant midi, mais je voulais voir ce que faisaient mes villageois.

Comme dans la réalité, le ciel du Village du Destin était dégagé aujourd’hui. Je m’inquiétais du risque de neige, mais pour l’instant, la vue au niveau de la tour de guet était dégagée. En ce moment, Murus était là-haut. Les elfes avaient de meilleurs yeux que les humains, et son arc pouvait frapper les ennemis à distance, ce qui faisait d’elle le meilleur choix pour ce travail. Avant, c’était toujours Gams qui y était présent, et occasionnellement Rodice, mais le voir trembler là-haut me rendait toujours nerveux.

J’étais heureux de voir que Murus soit là pour soulager la pression des deux hommes et de la puissance de combat supplémentaire que Kan et Lan apportaient au village, bien qu’ils soient endormis pour le moment. Comme ils étaient restés debout jusqu’au lever du soleil à monter la garde, ils méritaient un repos.

Gams passait son temps tranquillement dans la grotte. Il avait proposé de monter la garde avec Murus, mais les autres l’avaient forcé à faire une pause. Il devait être en état de se battre quand les monstres arriveraient. J’avais accepté le fait qu’il se repose pour l’instant.

La famille de Rodice était assise et discutait ensemble, faisant comme si c’était un jour normal pour éviter que Carol n’ait peur. Chem astiquait ma statue depuis le matin, s’occupant à trier les offrandes et à nettoyer. Elle devait faire tout ce qu’elle pouvait pour retenir ses nerfs, un sentiment que je comprenais. J’essayais de me dire que j’étais calme, mais je ne pouvais m’empêcher de gigoter. Destinée fixait l’écran de l’ordinateur avec la même intensité que moi, le fruit toujours saisi dans ses pattes.

« Je me demande à quoi il pense. »

Destinée venait du Village du Destin. D’un point de vue théorique, c’était sa maison. Je savais que c’était juste un jeu fantaisiste, mais si Destinée venait vraiment de ce monde, alors peut-être voulait-il y retourner. J’avais jeté un coup d’œil à la chose, sentant une pointe d’anxiété dans ma poitrine à la lueur sérieuse dans ses yeux. Pourtant, même si ce monde existait, je n’avais aucun moyen de renvoyer Destinée. J’avais doucement caressé le sommet de sa tête avec un doigt. Ce dernier rétrécit ses yeux de plaisir.

L’après-midi s’était déroulé sans incident, jusqu’à ce que l’alarme de mon PC se mette à sonner.

« Le Jour de la Corruption est arrivé ! »

Les mêmes lettres rouges que la dernière fois apparurent sur l’écran. J’avais pris une profonde inspiration et m’étais préparé à ce qui m’attendait. J’étais bien plus prêt que le mois dernier, mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Si Yamamoto-san était impliqué d’une manière ou d’une autre, je devais me préparer à une attaque plus agressive cette fois-ci.

En supposant que mon adversaire soit un joueur… Non, je devais supposer que ce soit un joueur spécifique. Je devais planifier ma stratégie comme si j’étais face à Yamamoto-san, comme si c’était lui qui visait mon village. Je pourrais régler le problème des émotions une fois la journée terminée. J’avais juste besoin de me concentrer maintenant.

Murus repéra quelque chose au loin et souffla sur sa flûte, attirant Gams et les autres de la grotte.

« Nous avons cinq loups et cinq boarnabies en approche ! », dit Murus avant de tirer avec son arc.

Elle toucha l’un des loups en plein dans la tête, mais les autres étaient déjà à la barrière.

« Occupe-toi des autres, Chem ! » dit Gams.

« Bien sûr ! Allez, tout le monde ! Dans la grotte ! »

Chem ramena la famille de Rodice à l’intérieur et ferma la porte. Un judas leur permettait de garder un œil sur ce qui se passait à l’extérieur.

Gams, Murus, Kan et Lan étaient tous là pour se défendre. Quatre combattants valaient bien mieux qu’un seul.

L’un des boarnabies chargea la clôture, mais il disparut quelques secondes avant de l’atteindre, tombant dans l’un des pièges et s’empalant sur les pieux en bois aiguisés au fond. Son corps s’était contracté de façon grotesque pendant sa mort. J’avais dû me rappeler que tout cela était pour la survie des villageois.

Les loups n’avaient pas à s’inquiéter des pièges. Comme la dernière fois, ils avaient sauté par-dessus la barrière. Deux d’entre eux furent abattus en plein vol par Murus, et les deux autres moururent instantanément des mains de Gams, Kan et Lan.

« C’est parfait. »

Mes villageois avaient éliminé tous les monstres sans le moindre problème, leurs plans fonctionnant parfaitement. J’avais vérifié la carte pour m’assurer que rien ne se cachait, mais tout était calme. Je ne pouvais pas voir dans la forêt, mais comme le terrain autour de la clôture avait été défriché, je pouvais voir les monstres avant qu’ils ne soient trop proches. Et puisque Murus n’en avait pas repéré d’autres lorsqu’elle était sur la tour de guet, nous devrions être en sécurité.

Mes combattants quittèrent le périmètre de la clôture pour ramasser les corps des porcs dans les pièges. Ils avaient ensuite camouflé le trou à nouveau avec une fine planche, de la terre et des feuilles mortes. Si mon adversaire avait autant de contrôle sur ses monstres que moi sur mes villageois, le piège fonctionnerait, mais nous n’aurions pas cette chance s’il pouvait les contrôler directement. Bien que je doute qu’il puisse en contrôler dix à la fois.

La façon dont les monstres se comportaient me laissait penser qu’ils agissaient surtout par instinct, et toutes les fois où j’ai vu Yamamoto-san froncer les sourcils devant son téléphone, je ne l’ai jamais vu pianoter sur l’écran. Bien que c’était en supposant qu’il soit mon adversaire. Je peux encore me tromper.

Et même si nous avions un départ facile, j’étais préparé au pire des scénarios. Je ne pouvais pas me laisser emporter par la culpabilité ou la colère et risquer mon village.

Trente minutes exactement après la première attaque, la seconde était arrivée. Étant donné que le groupe de monstre était similaire, le scénario se déroula exactement de la même manière.

« Peut-être sont-ils simplement contrôlés par ordinateur ? Ou peut-être que mon adversaire dicte leurs schémas d’attaque à l’avance, et qu’ils sont ensuite gravés dans la pierre ? »

Si c’était comme la prophétie quotidienne, peut-être pouvait-il choisir la cible et les monstres à envoyer pour l’attaque une fois par jour, mais ne pouvait pas le contrôler plus que ça. Il pourrait y avoir une limite au nombre de monstres qu’il peut envoyer à la fois, ce qui signifierait que nous ne verrions pas plus de dix monstres à chaque attaque. Si c’était le cas, ce serait facile. Mon village s’en sortirait sans problème.

Puis vinrent les trois attaques suivantes. Étonnamment, chacune avait un monstre de moins que l’attaque précédente. Trente minutes après la cinquième, il n’y avait plus rien.

« Attendez, c’était aussi comme ça la dernière fois. Parfois, nous avions une heure entre les attaques, mais les attaques qui venaient après une pause plus longue avaient plus de monstres. »

La prochaine vague serait plus importante. J’en avais donc profité pour faire une pause toilettes et me laver le visage, afin de me rafraîchir. J’avais ensuite partagé quelques fruits avec Destinée, puis nous avions attendu ensemble la prochaine attaque.

La dernière attaque était il y a une heure, et pourtant rien ne se passait.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Et ainsi, le modèle que j’attendais fut brisé.

J’ai un mauvais pressentiment…

Deux heures de plus passèrent, et le soleil commençait à se coucher. Nous approchions de l’heure de la dernière vague du mois dernier. L’ennemi avait-il prévu d’envoyer tous ses monstres en même temps ? C’était une bonne stratégie. Même s’il pouvait acheter plus de points avec de l’argent, ses choix étaient limités. S’il savait que je n’avais que quatre chasseurs, verser tout ce qu’il avait dans une seule attaque pour me submerger était le bon choix. « La force du nombre », comme l’avait dit un jour un sage tacticien… un sage tacticien dans un de mes mangas.

Peut-être que Yamamato-san était juste… à court d’argent, puisqu’il s’était plaint du montant qu’il dépensait pour le jeu auparavant. Il n’avait peut-être plus les points nécessaires pour invoquer les monstres.

J’avais regardé l’heure. Il restait un peu plus de dix minutes.

« Une fois qu’on en aura fini avec ça, je vais peut-être essayer de l’appeler. »

Super, mais qu’est-ce que je suis censé lui dire ? Ne va-t-il pas penser que je l’appelle juste pour me vanter ?

Ou peut-être que je découvrirais que j’avais tort depuis le début, ce qui me conviendrait parfaitement.

« J’espère vraiment que mes problèmes dans la vie réelle et mes problèmes dans le jeu restent séparés… »

Je m’étais appuyé sur ma chaise et j’avais regardé le plafond. Ce jeu avait rendu ma vie meilleure. Par cette logique, il avait aussi le pouvoir de rendre ma vie pire.

« Je suppose que tout a ses mauvais côtés, que ce soit un jeu vidéo, ou… hein ? »

J’avais entendu un bruit venant d’en bas. Seika était-elle déjà là ?

Merde, le Jour de la Corruption s’était prolongé plus longtemps que je ne le pensais. Ici, en pleine cambrousse, nous ne fermons nos portes à clé que la nuit, Seika avait donc dû entrer. Comme ma chambre était au deuxième étage, je n’entendais pas toujours la sonnette quand elle retentissait, surtout si j’étais concentré sur quelque chose.

Je lui demanderais un peu de temps pour régler tout ça. Je m’étais précipité en bas.

« Tu es en avance ! Je suis un peu occupé avec quelque chose, ça ne te dérange pas d’attendre un peu ? »

Il n’y avait pas eu de réponse, mais j’avais entendu du mouvement dans le salon. J’étais entré et j’avais trouvé un homme entièrement vêtu de noir. Non seulement ses vêtements étaient noir de jais, mais il portait une cagoule et il tenait un pied de biche. Comme je m’attendais à voir Seika, je n’avais rien pu faire d’autre que de rester debout et de le fixer en état de choc.

J’avais réussi à réprimer mon cri. Je m’étais retrouvé à dire quelque chose de surprenant à la place.

« Yamamoto-san ? »

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre! et vivement la suite!

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