Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 2 – Section 7 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Changement chez les gens et changement en moi

« Encore 3 jours. »

Mon esprit vagabondait vers le Jour de la Corruption alors que je nettoyais le couloir d’un bâtiment à plusieurs étages. La dernière fois, l’événement avait commencé vers l’heure du déjeuner et s’était terminé dans la soirée. Connaître le timing était rassurant. Nous avions maintenant Murus, Kan et Lan avec nous, notre puissance de combat avait donc été multipliée par quatre. Et même si le jeu augmentait la difficulté, nous y serions préparés.

« Je vois que tu te déconcentres ! », me dit mon chef.

Je m’étais immédiatement redressé. C’est vrai, je devais me concentrer sur mon travail.

« Alors… »

« Désolé ! »

Avant que je puisse finir mes excuses, Yamamoto-san m’avait coupé la parole et incliné la tête.

Oh. Il ne me parlait pas.

Un gros tas de terre était posé au pied de Yamamoto-san. Il avait dû renverser la plante en pot par accident.

« Quoi de neuf, Yama ? Tu as toujours l’air si endormi ces derniers temps. Tu peux prendre un jour de congé si tu en as besoin. », dit le patron.

« Je vais bien. J’ai juste besoin d’aller me coucher plus tôt. Je ne peux pas vraiment me permettre de prendre un jour de congé… », répondit Yamamoto-san de manière apathique.

Le patron n’était pas le seul à avoir remarqué son comportement. Même lorsque nous avions une pause ou que nous voyagions en voiture, Yamamoto-san ne faisait pas de sieste. Au lieu de cela, il jouait sur son téléphone, la lumière illuminant les cernes de son visage. Il avait l’habitude de me parler, mais il était maintenant absolument concentré sur son jeu. Il semblerait avoir quelques problèmes. Il n’avait jamais laissé le jeu prendre le pas sur son éthique de travail auparavant.

Yamamoto-san avait travaillé le reste de la journée avec la tête dans les nuages. Je n’arrêtais pas de penser à lui alors que j’achetais ma boisson habituelle à l’épicerie. Il agissait bizarrement depuis quelques jours maintenant. J’étais moi-même obsédé par mon jeu, mais pas au même degré. De temps en temps, je le voyais froncer les sourcils devant l’écran et appuyer désespérément sur les boutons.

Il y a quelques jours, il avait partagé quelque chose avec moi, me prenant totalement au dépourvu. Je lui avais promis de garder le secret.

« Le jeu auquel je joue a un système de récompense. Tu te souviens que je t’ai dit que tu pouvais obtenir des points en détruisant des villages et des camps ? Tu peux changer ces points en argent réel. Difficile à croire, hein ? »

« Tu plaisantes ? Je n’ai jamais entendu parler d’un jeu qui fait ça. »

Nous parlions de jeux pendant notre pause, et ce fut là que Yamamoto-san me fit cette révélation choquante. Je pensais que seuls les streamers et les joueurs professionnels pouvaient gagner de l’argent en jouant.

« Je ne pensais pas que tu me croirais aussi facilement. Et comme je n’y croyais pas moi-même, j’ai détruit cet endroit pour faire un test et j’ai converti les points obtenus… et l’argent est apparu sur mon compte en banque juste comme ça. »

Et moi qui pensais que le Village du Destin était innovant quand il m’envoyait des cadeaux au hasard. Je ne l’aurais pas cru si mon propre jeu ne sortait pas autant de l’ordinaire. Mon jeu pourrait même être plus étrange.

« Et ce n’était pas 200 misérable yen en plus », poursuivit Yamamoto-san, la voix basse.

Il n’avait pas l’air de plaisanter. Combien a-t-il gagné avec ce jeu ?

« D’ailleurs, c’est un jeu en ligne, il y a donc forcément d’autres personnes qui y jouent. Il y avait cet énorme village que les autres joueurs attaquaient déjà. Je suis arrivé alors qu’il tenait à peine debout. Je l’ai détruit et j’ai arraché la victoire. »

Cela m’avait rappelé un vieux jeu en ligne auquel je jouais, où les guildes les plus faibles s’associaient pour assiéger les châteaux des guildes les plus fortes. D’autres guildes intervenaient à la dernière minute pour porter le coup de grâce et s’approprier le château.

« Si les sommes gagnées étaient faibles, je ne jouerais pas à ça aussi sérieusement que je le fais… »

Yamamoto-san s’arrêta et regarda autour de lui, comme s’il ne savait pas s’il devait continuer.

Quoi ? Ça commençait à devenir intéressant !

« Combien as-tu reçu exactement ? », avais-je demandé.

« Promets-moi que tu ne le diras à personne, d’accord ? C’était… cinq millions de yens. »

« Cinq mi »

J’avais rapidement mis mes mains sur ma bouche.

« C’est une grosse somme, non ? Écoute, je n’aime pas vraiment me plaindre de ma situation, mais ma famille n’est pas vraiment bien lotie. Mon père a disparu et nous a laissés avec ses dettes, alors j’ai dû abandonner le lycée pour commencer à travailler. Alors que je pensais que tout était payé, maman s’est mise à fréquenter un autre type qui… s’est enfui et a laissé sa dette derrière lui », expliqua-t-il.

Je voulais le réconforter, mais je n’avais rien trouvé. Et pendant que j’étais occupé à ne rien faire dans ma chambre pendant des années, Yamamoto-san travaillait dur pour rembourser une dette dont il ne devrait pas être responsable. Que pouvais-je dire à quelqu’un comme ça ? Même quelque chose comme « c’est dommage » semblait grossier. J’avais écouté en silence.

« Les gens m’ont dit que je ne devrais pas prendre la peine de rembourser l’argent, mais salaud ou pas, c’est mon père. Même s’il a emprunté tout cet argent, c’est de l’argent qui a servi à m’élever. Prétendre que ça n’a rien à voir avec moi me ferait me sentir mal. En plus, j’ai passé mes meilleures années d’adolescence et mes 20 ans à tout rembourser. Je n’ai pas pu faire la fête comme les autres personnes de mon âge. Je ne veux pas commencer à ignorer cette dette maintenant, parce que ça rendrait inutile tout le temps que j’ai passé à travailler. »

Légalement parlant, un enfant n’était pas responsable de la dette de ses parents, et j’étais d’accord avec ça. Après tout, il n’était pas responsable de l’endettement de son père. Mais j’admirais vraiment son intégrité. Ça le mettait dans une position désavantageuse, mais c’était honorable.

« Bref, c’est pourquoi j’étais super reconnaissant d’avoir ce jeu comme revenu supplémentaire. J’ai même remboursé une grande partie de la dette de maman grâce à ça. Je n’ai aucune compétence et aucune qualification. Ce jeu est peut-être la seule chance que j’ai de changer ma vie. »

La détermination brûlait dans les yeux de Yamamoto.

Et pour vous le dire franchement, il m’avait un peu effrayé.

*****

Nous avions terminé plus tôt que prévu, mais il faisait déjà nuit quand nous en avions fini. Il n’était pas si tard, mais le soleil se couchait si tôt en hiver. Le chemin du retour n’était éclairé que par quelques lampadaires et les lumières des maisons le long de la route. Cela rendait l’obscurité précoce encore plus évidente.

« Pauvre Yamamoto-san… », me murmurais-je à moi-même en marchant.

Il ne m’avait pas beaucoup parlé de son jeu, mais il le traitait comme un second travail. Le jeu payait mieux que le travail de nettoyage, et il serait peut-être préférable de le faire à plein temps. Mais parier sa vie entière sur un jeu vidéo était imprudent.

Nous devions finir le travail de l’année demain et nous ne recommencerions pas avant le 5 janvier. J’espérais juste que Yamamoto-san se reposerait un peu pendant les vacances. Je ne devrais peut-être pas être la personne qui devait s’en inquiéter, mais c’était le collègue avec lequel je m’entendais le mieux. Je me souciais de son bien-être.

J’avais poursuivi mon chemin, les pensées de Yamamoto-san et du village tourbillonnant dans mon esprit jusqu’à ce que les lumières de ma maison soient visibles. J’avais marché si lentement que mon corps était glacé jusqu’à la moelle. Désireux de me réchauffer, j’avais couru vers la maison et enlevé mes chaussures avant de me diriger vers le salon. On aurait dit que je venais de manquer le dîner.

« Bon retour, Yoshio. Tu as mangé ? », me dit ma mère.

« Non. »

« Je vais réchauffer quelque chose pour toi. »

Maman alla dans la cuisine tandis que je m’accroupissais devant le radiateur électrique, louant silencieusement celui qui avait inventé ce truc.

« Arrête de monopoliser le chauffage ! »

Sayuki s’était assise à côté de moi, essayant de me pousser hors du chemin.

Je n’allais pas la laisser me voler ma précieuse chaleur. Nous nous étions battues pour avoir la meilleure place devant le chauffage.

« Ugh. Tu es trop fort ! Oh, hey, quels sont tes plans pour le Nouvel An ? Tu vas venir avec nous voir grand-père ? »

J’avais oublié ça. À la fin de chaque année, ma famille se rendait toujours dans la maison d’enfance de mon père, mais cela faisait dix ans que je n’y étais pas allé avec eux. Ils ne revenaient pas avant le 4 janvier, ce qui me laissait quelques jours paisibles à passer dans la maison.

« Tu peux venir cette année. », demanda papa, sans se retourner de sa place sur le canapé.

J’avais compris le sous-entendu. Je pouvais venir cette année parce que j’avais enfin un travail et que je n’aurais pas à affronter mes grands-parents avec honte. Je les aimais, et je voulais vraiment les revoir, mais le Jour de la Corruption approchait, et le travail m’avait dit qu’ils pourraient avoir besoin de m’appeler n’importe quand. Le patron pourrait même m’appeler avant d’appeler Yamamoto-san, vu le retard qu’il avait pris ces derniers temps.

« J’aimerais bien y aller, mais j’ai du travail. Peux-tu leur dire que je viendrai les voir une autre fois ? »

« Ah. C’est dommage, mais je suppose qu’on ne peut rien y faire. »

« Nous pourrions aussi très bien aller les voir à un autre moment que le Nouvel An. Assure-toi de pouvoir venir avec nous la prochaine fois, Yoshio », dit gentiment maman.

Pendant ce temps, Sayuki me regardait fixement. N’aimait-elle pas aller voir nos grands-parents ?

« Je suppose que je vais aussi rester à la maison cette année. », dit-elle.

« Je pensais que tu avais hâte d’aller au sanctuaire et de voir grand-mère et grand-père ? », demanda maman.

« Eh bien, oui, mais… »

« Tu devrais y aller. Et assure-toi de me ramener quelques friandises. », dis-je.

Je ne voulais pas qu’elle reste à la maison à cause de moi.

« OK. Je vais y aller », dit Sayuki avec un soupir.

Je ne comprenais pas pourquoi elle avait l’air si déprimée. La différence d’âge entre nous la rendait parfois difficile à comprendre.

Après avoir mangé, j’étais remonté à l’étage et j’avais regardé mes villageois dormir, en révisant mes plans pour les prochains jours.

Ma famille devait partir vers midi demain, et je devais faire mon dernier quart de travail de l’année. J’avais senti une pointe de tristesse dans ma poitrine lorsque j’avais réalisé que personne ne serait là pour m’accueillir à la maison par la suite.

Mais j’avais au moins de quoi manger. Chaque année, maman préparait un assortiment spécial de plats pour célébrer la nouvelle année, et elle en mettait de côté pour que je puisse en avoir à la maison. Le réfrigérateur était encore rempli de nourriture provenant du Village du destin, et comme je n’avais pas acheté de PdD depuis un moment, j’avais de l’argent du travail si j’avais besoin de quelque chose de plus. J’avais aussi plus de compétences en cuisine qu’avant.

Je me demande s’il y a des événements dans le jeu pour marquer la nouvelle année ?

Certains jeux en ligne organisaient des campagnes pour récompenser leurs joueurs pendant cette saison. J’avais vérifié les options du jeu et le backlog, mais je n’avais rien vu de tel.

« On dirait que je ne peux pas non plus lancer le gacha des œufs, puisque ça fait moins d’un mois. »

C’était un événement mensuel, mais je ne savais pas quand il se réinitialisait. J’avais eu beaucoup de chance en obtenant Destinée la dernière fois, je n’attendais pas grand-chose de mon prochain lancer. Je devrais probablement faire savoir à mes villageois de ne rien m’envoyer aux alentours du Jour de la Corruption.

« Je ne veux pas avoir à me soucier de quoi que ce soit d’autre que du travail demain. Après ça, ce sera le Jour de la Corruption, et… »

Un bâillement interrompit alors mes pensées.

« Bon sang, je ne peux plus garder les yeux ouverts. Bonne nuit, tout le monde. »

Comme il ne se passait rien de notable dans mon village, j’avais décidé d’aller me coucher pour la nuit. Mais au moment où je m’apprêtais à m’installer dans mon futon, j’avais aperçu Destinée qui me fixait depuis son terrarium.

« Ah, désolé, j’ai oublié. Bonne nuit, Destinée. »

Ce dernier hocha la tête en réponse.

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

  2. 36 000 € pour détruire des villages, et seulement des offrandes pour les protéger ? Pas équitable 😈

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