Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 3 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Le Jour de la Corruption et mon manque d’oxygène

« Merde ! », avais-je crié tout en courant dans la nuit, à bout de souffle.

J’avais vérifié l’heure sur la montre que papa m’avait prêtée, il était une heure et demie du matin, ce qui signifiait que c’était déjà le Jour de la Corruption. Pour autant que je sache, mes villageois pouvaient déjà être attaqués. Je devais rentrer chez moi, et vite. Mes jambes frappaient le pavé plus vite qu’elles ne l’avaient jamais fait auparavant, poussées par la possibilité terrifiante que mes villageois soient déjà morts.

Le travail avait pris du retard. Le client était exigeant, et nous avions fini par devoir nettoyer des endroits pour lesquels nous n’avions pas été engagés. Mon patron avait essayé d’insister sur le fait que tout cela ne faisait pas partie du contrat, mais le client avait insisté, et il avait fini par céder. Il m’avait dit que je pouvais rentrer chez moi, mais j’avais refusé. Avec tout le monde présent, le travail supplémentaire n’avait pas pris plus d’une heure, mais il y eut des retards pour rentrer à la maison. La route du retour était fermée à cause d’un accident. C’était le jour idéal pour une série de malchances !

L’air froid de l’hiver remplissait mes poumons et me faisait mal à la poitrine, mais je continuais à avancer. J’avais fini par arriver à la maison, m’effondrant sur le porche.

« Qu’est-ce que c’est ?! Yoshio, qu’est-ce qui ne va pas ?! »

Maman s’était précipitée vers moi, déjà en pyjama.

« Je vais bien. Je viens juste de courir pour rentrer à la maison… », avais-je haleté

« Tu es couvert de sueur ! Eh bien, le bain est prêt pour toi. »

« J’en prendrai un plus tard. Il y a juste quelque chose que je dois d’abord faire. », avais-je promis

Le fait de l’avoir réveillée si tard dans la nuit me fit mal, mais je ne pouvais pas m’attarder sur ce sentiment de culpabilité. J’étais monté à l’étage et m’étais assis devant mon ordinateur sans même prendre la peine d’enlever ma salopette. Tous mes villageois étaient dans la grotte, sauf Gams, qui était assis dehors avec une arme.

« On dirait que tout est bon pour l’instant… »

Tout le monde dans la grotte était au lit, mais seule Carol était endormie. Je savais que Gams avait dû leur dire de se reposer, mais ils étaient probablement trop anxieux. J’avais pensé prendre un bain rapide, mais si quelque chose arrivait pendant que j’étais là-dedans, je ne me le pardonnerais jamais. En sueur comme je l’étais, je pouvais passer une journée sans me laver. Je veux dire, mes villageois n’avaient même pas de bains. Ils se contentaient de s’essuyer.

« Pourquoi ce tapage à cette heure de la nuit ?! »

Je m’étais retourné pour voir Sayuki debout devant la porte de ma chambre, que j’avais oublié de fermer dans ma précipitation. J’avais fait pivoter ma chaise vers elle, en m’assurant de la positionner de façon à ce qu’elle ne puisse pas voir ce qui était sur l’écran.

« Désolé, je ne savais pas que tu étais réveillée. J’étais juste pressée, mais je ne ferai plus de bruit. Tu peux retourner te coucher. »

« Très bien. »

Sayuki s’était retournée pour partir, mais elle s’était arrêtée.

J’avais serré les dents. J’avais besoin qu’elle parte d’ici pour pouvoir me concentrer sur le village.

« Tu pues. Si tu traînes dans tes vêtements sales comme ça, tu vas tomber malade. Va prendre un bain. »

« Oui, oui, je le ferai. Je m’y rendrais un peu plus tard. »

« Je sais que tu mens. Tu as toujours eu ce tic où tu regardes à gauche dans ces cas-là. »

J’avais soudainement compris pourquoi Sayuki était toujours aussi douée pour déceler mes mensonges. Je m’étais dit dans ma tête d’être plus prudent la prochaine fois.

« Tu laisses ton ordinateur allumé et tu joues à ce jeu depuis longtemps. Il y a-t-il un événement aujourd’hui ? », avait-elle demandé.

« Comment sais-tu ça ? », avais-je demandé.

Est-ce qu’elle était venue dans ma chambre pendant que j’étais sorti ?

« Quoi, un événement ? Dans le jeu ? Maman m’a parlé du jeu. Elle a dit que tu lui avais dit de ne jamais éteindre ton ordinateur. »

Maman avait l’habitude de venir dans ma chambre sans demander, alors je lui avais demandé de ne pas toucher à mon ordinateur.

Je ne savais pas quoi dire à Sayuki. La lettre ne disait-elle pas que je perdrais mon droit de jouer si je diffusais des informations sur le jeu en ligne ? Cela signifiait que je devais probablement ne rien dire à Sayuki. J’avais décidé d’improviser.

« Oui, il y a un événement. Sauf que ce jeu est encore en développement, et que je le teste. Je suis aussi payé pour ça. Si je divulgue des informations à son sujet, je serai viré et je devrai payer des dommages et intérêts. Alors, ne le dis à personne, d’accord ? »

Je l’avais regardée droit dans les yeux, en m’assurant que je ne faisais pas ce tic bizarre de « regarder à gauche » dont elle parlait.

Elle m’avait rendu mon regard de manière égale avant de le détourner brusquement et de marmonner quelque chose pour elle-même.

« Eh bien, peu importe. »

« Huh ? Quoi ? »

« Rien. Si tu t’inquiètes pour ton jeu, je peux garder un œil dessus pendant que tu prends ton bain. Tu ne peux pas jouer correctement si tu es malade. »

Pourquoi était-elle en colère maintenant ? Je puais vraiment à ce point ? Je m’étais reniflé pour vérifier, mais tout ce que je sentais était le détergent que nous utilisions au travail.

Elle avait cependant raison sur une chose. Si je tombais malade, je ne serais pas en mesure de protéger mes villageois aujourd’hui. De toute façon, discuter avec elle prendrait probablement plus de temps que de céder.

« Très bien. Je serai rapide, alors regarde le jeu pour moi en attendant. Il est censé y avoir un événement aujourd’hui, mais ils n’ont pas dit à quelle heure il commence, je ne peux donc pas quitter mon ordinateur. Si tu vois des monstres, tu peux venir me chercher tout de suite ? »

« Je vais faire attention à tes monstres. Fais vite, d’accord ? », grommela-t-elle.

Malgré son ton, ma sœur était une femme de parole, je me sentais donc en sécurité en lui laissant mes villageois entre ses mains.

J’avais pris mes sous-vêtements, mon sweat-shirt et mon pantalon, les vêtements habituels que je portais pour dormir, je m’étais dirigé vers la salle de bain et je m’étais déshabillé. Je m’étais lavé avant d’entrer dans le bain pendant quelques secondes seulement. J’étais sur le point de repartir, mais j’avais réalisé que Sayuki serait probablement en colère si je ne me lavais pas au moins les cheveux. Je m’étais donc empressé de le faire.

Une fois hors du bain, je m’étais séché aussi vite que possible. J’avais enfilé mon survêtement et enroulé une serviette autour de mes cheveux mouillés. Ma peau était encore un peu humide et mes vêtements s’y collaient dessus, mais je savais que j’allais bientôt sécher. J’avais récupéré le dîner que maman avait laissé pour moi, pris une bouteille de thé et j’étais retourné dans ma chambre.

Sayuki regardait l’écran, une expression vide sur son visage.

« Merci », avais-je dit.

« Pas de problème. Oh, tu as trouvé ça, hein ? », dit Sayuki tout en remarquant l’assiette dans ma main.

Elle la fixait, peut-être avait-elle faim.

« Es-tu sûr de t’être lavé correctement ? Tu as mis, genre, deux secondes. »

« Ne t’inquiète pas. Je suis propre maintenant. S’est-il passé quelque chose pendant ce temps ? »

« Non. Personne ne bouge. Je me disais juste que les graphismes sont superbes. C’est assez réaliste pour être un film d’action. »

Je n’avais pas répondu, je m’étais juste assis par terre, dos à elle, et j’avais déballé mon dîner. Si elle ne pouvait pas voir mon visage, tous mes mensonges passeraient inaperçus.

« Oui, c’est un jeu d’avant-garde. Le budget est énorme. »

« Tu caches quelque chose. Tu ne tournes le dos comme ça que lorsque tu te sens coupable. »

Ugh ! Encore ? !

Je commençais à comprendre comment elle avait pu être aussi perspicace durant toutes ces années. Ce devait être la raison pour laquelle j’avais perdu tant de petits concours et de jeux avec elle au fil des ans. C’était bizarre d’apprendre quelque chose de nouveau sur ma sœur après tout ce temps.

« Oui, je suppose que je cache quelque chose. Mais je te jure que ce n’est rien de grave », lui avais-je répondu sèchement tout en me retournant.

Son regard rencontra le mien, et aucun de nous ne détourna les yeux cette fois.

« C’est quelque chose que tu ne peux pas dire à moi ou à maman et papa, n’est-ce pas ? »

« Oui. Pour le moment, du moins. »

« Très bien. Je crois que je vais aller me coucher alors… Oniichan. »

J’étais tellement décontenancé que je n’avais pas pu lui répondre. Sayuki ne prit d’ailleurs pas le temps de l’attendre pour me laisser seul dans ma chambre.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois où nous avons autant parlé. C’est un peu comme au bon vieux temps… »

J’avais souri à moi-même pendant un instant avant de réaliser.

« Oh, c’est vrai ! Je dois aller voir mon village. »

Il était important que je ne laisse rien me distraire du village aujourd’hui. Comme Sayuki l’avait dit, tout était calme pour le moment. J’avais fait un zoom arrière jusqu’à ce que je puisse voir toute la carte visible, mais il n’y avait pas un seul monstre visible. J’avais donc la possibilité de me détendre un peu, ce que je fis donc. J’avais ramassé ma nourriture et ma boisson sur le sol et les avais posées sur mon bureau.

« Deux heures sont passées, et il en reste vingt-deux. Je ne peux pas baisser ma garde. »

La journée va être longue.

J’avais tranquillement pris une bouchée de ma boule de riz.

*****

Finalement, le jour se leva à la fois dans le Village du Destin et dans le monde réel. À six heures et demie, mes villageois s’étaient déjà réunis pour le petit-déjeuner.

« J’avais l’habitude de rester debout toute la nuit. Je suppose que c’est à cause de tous ces travaux forcés que je fais maintenant. », avais-je dit en bâillant.

Je m’étais frotté les yeux et j’avais tapé sur mes joues, mais les vagues de somnolence continuaient à arriver.

Peut-être que je devrais faire une sieste…

Non, c’était une mauvaise idée. J’avais travaillé trop longtemps pour cette journée. Si quelque chose arrivait pendant que je dormais, tout cela n’aurait servi à rien. Je devais résister encore un peu.

« Je suppose que je vais prendre du café. »

J’avais vérifié qu’il n’y avait pas de monstres sur la carte avant de descendre.

Maman était dans la cuisine, et papa dans la salle de bain. Je n’avais pas réalisé qu’ils seraient levés si tôt. Je suppose qu’ils avaient fait cela presque tous les jours au cours des dernières décennies, comme le reste de la société civilisée. Plus j’y pensais, plus cela m’impressionnait.

Il ne restait que des assiettes vides sur la table à manger, ce qui m’indiquait que Sayuki était déjà partie au travail. Elle avait l’habitude de mettre sa propre vaisselle dans l’évier, elle devait donc être pressée aujourd’hui. Je l’avais fait pour elle ce matin, j’avais quand même perturbé son sommeil la nuit dernière.

« Oh, tu t’es levé tôt malgré le fait que tu sois rentré si tard hier soir », dit maman.

« Tu te souviens que je t’ai dit que j’avais un truc à faire à la fin du mois ? Je dois parler aux villageois en ligne aujourd’hui, et je dois être prêt pour ça. »

« On dirait que tu travailles dur. »

Papa était sorti de la salle de bain, fraîchement rasé et les cheveux gominés.

« Je suppose que oui. »

Je ne voulais pas traîner plus longtemps au cas où ils auraient des soupçons, j’avais donc pris une boîte de café dans le réfrigérateur et j’avais fait en sorte de retourner dans ma chambre.

« Tu ne veux pas de petit-déjeuner ? »

« Non merci, je suis encore en train de digérer le dîner d’hier soir », avais-je dit par-dessus mon épaule.

Lorsque je fus de retour, je vérifiai immédiatement mon ordinateur, mais tout était encore paisible. Rodice était de garde tandis que Gams était dans sa chambre en train de faire une sieste.

« Je vais m’en sortir… Je vais m’en sortir ! Les monstres ne sortent de toute façon pas le matin… » Rodice se murmurait à lui-même, sa lance prête à l’emploi.

L’instant d’après, il poussa un cri en entendant le bruit d’une feuille solitaire pousser par le vent. J’avais soupiré, décidant qu’il serait bon que je fasse le guet moi-même.

« Je me demande ce que les femmes sont en train de faire. »

J’avais déplacé la vue à l’intérieur de la grotte. Gams était le seul dans une des pièces, et bien qu’il ait les yeux fermés, il ne dormait pas. Tous les autres s’étaient réfugiés dans la grotte, et Carol jouait seule avec des blocs de construction.

« Pourquoi ne peut-on pas déjà être demain ? », soupira-t-elle tristement.

« J’espère que Rodice ne se donne pas trop de mal », dit Lyra tout en faisant le ménage et la lessive.

« Seigneur, faites que nous survivions tous ensemble afin de voir demain », dit Chem en priant devant ma statue.

Tout le monde semblait agité, même s’ils essayaient de garder leur anxiété pour eux. Je ne pouvais pas les blâmer, car j’étais dans le même état.

« J’espère que rien ne se passera… mais c’est un jeu vidéo. C’est un peu cruel de leur part de me faire surveiller pendant vingt-quatre heures », avais-je grommelé à haute voix, même si je savais que les développeurs ne m’entendraient pas.

L’anxiété et l’appréhension faisaient rage dans mon estomac. Je ne voulais pas qu’il se passe quelque chose, mais j’espérais aussi un peu d’excitation. Pourtant, la seule chose que je pouvais faire était de regarder.

Même après le déjeuner, tout était calme. À part sortir pour aller aux toilettes, j’avais passé toute la matinée assise sur ma chaise à regarder. Le sommeil menaçait de m’envahir encore et encore, mais à chaque fois, je me forçais à me réveiller.

« Je devrais peut-être faire une sieste. »

J’étais doué pour me lever quand il le fallait, alors si une sorte d’alarme se mettait à résonner au moment où les monstres arriveraient, je serais prêt à bondir rapidement. Le problème était que je n’avais toujours aucune idée de ce à quoi m’attendre aujourd’hui.

J’étais en train de penser à un autre café quand j’avais remarqué quelque chose parmi les arbres à l’extérieur de la clôture du village. J’avais rapidement augmenté le volume de mon ordinateur. Je pouvais entendre un bruissement. Gams, qui était de garde, l’avait aussi remarqué. Dégainant ses épées, il regarda par-dessus la clôture. L’instant d’après, le jeu déclencha une sirène hurlante. Un texte rouge apparu sur l’écran.

« Le Jour de la Corruption est arrivé ! »

Oh, il y avait donc une notification. Je le garderai en tête pour la prochaine fois. Je m’étais penché en avant pour fixer l’écran, retenant mon souffle lorsque cinq loups-garous étaient apparus de la forêt.

Le Jour de la Corruption avait enfin commencé.

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