Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 3 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : L’amour des jeux vidéo de mon collègue et ma manière de jouer

Comme d’habitude, je poussais le gros aspirateur. Cela commençait toujours facilement puisque la machine était vide, mais plus j’aspirais d’eau, plus elle devenait lourde.

Chaque personne de l’entreprise était responsable d’une tâche différente. Le patron polissait le sol, et ma collègue Misaki-san s’occupait d’évacuer l’eau sale. L’autre gars qui travaillait avec nous, Yamamoto-san, nettoyait et cirait le sol. Et bien que ces trois personnes se débrouillaient très bien toutes seules, ma présence était apparemment d’une grande aide. J’avais essuyé la sueur sur mon front avec la serviette autour de mon cou et j’avais laissé échapper un soupir.

J’avais pourtant déjà vu des nettoyeurs plusieurs fois dans ma vie, et j’avais toujours considéré que ce travail était indigne de moi. Mais je n’avais jamais imaginé que j’arriverais à cet âge sans travailler. Maintenant que j’étais moi-même nettoyeur, j’avais réalisé à quel point ce travail était épuisant et minutieux. On ne le devinerait pas si on était un simple spectateur, mais mon patron avait un réel sens du détail et disposait de diverses techniques pour rendre chaque recoin étincelant de propreté. Ce travail n’était vraiment pas aussi facile qu’il en avait l’air. J’avais grimacé, me rappelant le temps où je me trouvais bien trop bon pour ça.

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Après deux heures de travail, nous avions eu une pause de dix minutes. Au moment où j’avais commencé ce travail, mes muscles hurlants réclamaient cette pause. Elle était maintenant agréable, mais je n’en avais pas besoin. J’aurais dû me douter que mon entraînement musculaire rendrait ce travail plus facile. Le travail et l’haltérophilie étaient tout simplement différents, et l’entraînement de mes muscles ne faisait pas grand-chose sur mon endurance globale. Mais c’était quand même bien mieux que de partir de zéro.

J’étais sorti et je m’étais acheté un thé au lait chaud au distributeur. Mon souffle s’était transformé en brume blanche. Ces nuits de fin novembre étaient froides.

« Fan de thé au lait, hein ? Moi, je suis plutôt du genre à boire du thé normal », dit Yamamoto-san en se tenant devant le distributeur.

Yamamoto-san était plus petit que la plupart des hommes. Il avait les cheveux teints et des piercings, ce qui m’avait rendu nerveux au début de la conversation. Mais quand j’avais fini par le faire, j’avais réalisé que c’était juste un gars décent et joyeux qui vivait à sa façon.

Misaki-san passait un coup de fil un peu plus loin de nous. Elle ne se maquillait jamais, mais son assurance ne semblait pas en souffrir. Misaki-san était une mère célibataire divorcée. Je le savais parce que chaque fois que je lui parlais, elle se plaignait surtout de son ex-mari. Bien que son histoire soit assez lourde, elle la racontait avec une lueur joviale dans les yeux. À en juger par les réactions du patron et de Yamamoto-san, ils avaient entendu les mêmes histoires des tonnes de fois. Ils écoutèrent donc avec des visages ennuyés et émirent même des grognements occasionnels.

Je ne savais pas quoi répondre à la remarque de Yamamoto-san. Et la seule chose que j’avais trouvée était quelque chose d’incroyablement ennuyeux.

« Le thé normal est tout aussi bon. »

« Hé, mec, pas besoin d’être si nerveux en me parlant, ok ? On a le même âge. »

« Je sais, mais tu es là depuis plus longtemps… »

« Exact. Eh bien, vas-y à ton rythme alors, ok ? »

« Merci. Je vais faire de mon mieux. »

« Hé, plus tu essaies, plus c’est difficile. »

Il avait souri et s’était assis à côté de moi. Je m’étais un peu tortillé intérieurement au moment où il entrait dans mon espace personnel, mais j’avais gardé un visage neutre. Yamamoto-san n’avait pas semblé le remarquer. Après avoir pris une gorgée de son thé, il sortit son téléphone et ouvrit un jeu.

« Je vais juste faire mes rouleaux de gacha gratuits pour la journée. J’essaie de les faire dès que je m’en souviens, parce que j’oublierai si je laisse ça à plus tard. »

« Bien sûr. »

Je savais qu’il aimait les jeux. Il y jouait sur son téléphone, sur ses consoles, et allait même à la salle d’arcade une fois par semaine environ.

« Tu joues à des jeux mobiles ? », demanda-t-il.

« En fait, je n’ai pas de téléphone. Je n’en ai pas eu besoin… »

« Ah, d’accord. Je suppose que si tu avais accès à ton ordinateur 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui serait quand même un meilleur moyen de jouer. »

Il jeta alors un coup d’œil à son téléphone.

« Merde. Aujourd’hui aussi, c’était un échec. »

Yamamoto-san n’avait pas agi différemment envers moi quand il découvrit que j’étais un reclus. En fait, il m’avait dit qu’il l’était aussi quand il était plus jeune, et que sa famille était dure avec lui à ce sujet. J’étais reconnaissant qu’il me le dise, car cela m’avait permis de me sentir moins seul. Selon ses mots, il était un « accro déprimé », mais une fois qu’il commença à travailler, il était devenu « ennuyeusement joyeux ».

« Tu as joué à de bons jeux récemment ? », avais-je demandé.

« Oh, bien sûr ! Il y a ce jeu dont je suis super accro en ce moment. Les graphismes sont superbes. Au début, je trouvais le principe un peu bizarre, mais je suis content de lui avoir donné une chance. »

Il réagit à ma question avec plus d’enthousiasme que je ne le pensais, se penchant vers l’avant, l’excitation brillant dans ses yeux. J’avais l’impression d’avoir le même air quand je parlais de mes passions, ce visage était la marque d’un vrai accro.

« Comment ça s’appelle ? »

« Hein ? Oh, c’est vrai. C’est… »

« Retournez au travail, les gars ! La pause est terminée ! », dit le patron, tout en étouffant le reste des paroles de Yamamoto-san.

J’étais curieux à propos jeu, mais ça n’avait pas trop d’importance. De toute façon, je n’avais de temps que pour le Village du Destin en ce moment. Une fois mon service terminé aujourd’hui, je pourrais à nouveau me concentrer pleinement sur le jeu, je m’étais donc donné à fond lors de mes dernières heures.

*****

« À plus ! »

« Au revoir ! »

« Tu m’as vraiment aidé, Yoshio. Nous aurons beaucoup de travail le mois prochain, puisque c’est la fin de l’année. J’espère que tu seras là pour nous rejoindre à ce moment-là. »

« C’est super », avais-je dit, surpris par mon véritable enthousiasme.

Ma voix était sortie plus fortement que prévu. Je m’étais empressé de me couvrir la bouche au moment où je m’étais souvenu qu’on était au milieu de la nuit. Alors que la camionnette s’éloignait, j’avais pu voir Miyuki-san et Yamamoto-san sur le siège arrière, qui se moquaient de moi, mais qui me saluaient aussi fortement qu’ils le pouvaient. J’avais salué en retour, un peu gêné, avant de rentrer chez moi.

Comme d’habitude, le reste de ma famille était endormi. J’avais mangé mon dîner, pris un bain, puis étais retourné dans ma chambre aussi discrètement que possible. Je m’étais assis devant mon ordinateur pour prendre des nouvelles de mes villageois, mais ils étaient tous endormis.

La chambre de Murus était vide, à l’exception de quelques paquets d’herbes. Il devait déjà être parti.

« Il a laissé des médicaments et n’a pas saboté quoi que ce soit en partant. Je devrais probablement lui en être reconnaissant. »

Son peuple semblait très méfiant envers mes villageois, mais Murus semblait vraiment se soucier d’eux. Il avait laissé une petite note qui décrivait quels mélanges faisaient quoi et combien il fallait en prendre. Je ne pouvais pas croire qu’il voulait vraiment leur faire du mal, ce qui devrait être suffisant pour le moment. Peut-être qu’il reviendrait après le Jour de la Corruption.

Le temps que je termine mon bain, il était minuit passé. C’était officiellement la veille du Jour de la Corruption. Mais après une si longue journée, je pouvais à peine garder les yeux ouverts. Si je continuais à jouer maintenant, je finirais par faire quelque chose de stupide. J’avais décidé de dormir maintenant pour pouvoir rester debout pendant les vingt-quatre heures du Jour de la Corruption.

*****

Je m’étais réveillé, m’étais retourné et avais vérifié mon réveil.

« Il est déjà midi ?! »

Sautant du lit, je m’étais dirigé vers mon PC pour trouver mes villageois en plein travail.

« Oh, c’est vrai. Il est midi. Ok… tout va bien. »

J’avais ouvert les rideaux pour laisser la lumière éblouissante du soleil se répandre dans ma chambre. Une fois que demain sera passé, mes villageois et moi continuerions tous nos vies en paix. Prenant de profondes inspirations pour me calmer, je m’étais assis sur ma chaise et j’avais commencé à les examiner en détail. Tout le monde avait l’air aussi sombre que je le pensais. Gams avait du mal à rester tranquille, passant constamment de l’entraînement à l’épée à la surveillance de la tour de guet. Chem polissait ma statue dès qu’elle avait un moment de libre. Rodice vérifiait leurs provisions et renforçait la clôture, et Lyra faisait la lessive en silence. Et bien que leurs activités ne soient pas différentes de la normale, ils parlaient beaucoup moins.

Le simple fait de les regarder me rendit plus nerveux pour demain. Même Carol se comportait aujourd’hui comme si elle savait que les adultes n’avaient pas le temps de se concentrer sur elle. Elle aidait silencieusement son père avec la clôture et réparait les armes.

« Tout le monde a l’air si déprimé. Je me demande s’il y a quelque chose que je peux faire. »

La première chose qui me vint à l’esprit fut de leur écrire une prophétie qui aiderait à calmer leurs craintes. Mais qu’est-ce que je devrais écrire exactement ? Devrais-je essayer d’ajouter un peu d’humour pour les faire rire ? Sans doute pas. Ce n’était pas une chose qu’un Dieu ferait.

J’avais toujours eu du mal avec la prophétie quotidienne, mais aujourd’hui c’était particulièrement mauvais. Peut-être que je pourrais leur dire que j’interviendrais s’ils étaient en danger ou autre. Ou alors…

Après avoir écrit brouillon après brouillon, j’avais enfin quelque chose dont j’étais content. Du moins quelque chose dont je pouvais être fier actuellement. J’avais appuyé sur le bouton d’entrée. Dès que le livre situé devant ma statue s’était mis à briller, mes villageois s’étaient précipités vers lui. Ils étaient vraiment agités aujourd’hui.

« Le Seigneur nous a envoyé une prophétie ! », dit Chem.

« Mes pieux villageois, je suis sûr que vous êtes tous inquiets du prochain Jour de la Corruption. N’oubliez pas que je veillerai sur vous. Si l’un d’entre vous se trouve en danger, soyez assurés que je pourrai vous donner un coup de main. »

Voilà. En me limitant à « un coup de main », j’espérais qu’ils seraient rassurés, mais aussi qu’ils sauraient ne pas trop compter sur moi. J’espérais aussi qu’ils comprendraient que le golem était de leur côté une fois que je l’aurais invoqué. Mais j’aurais peut-être dû mentionner le golem dans la prophétie elle-même…

« Le Dieu du destin veille sur nous ! », annonça Chem.

« Exact ! Il n’y a pas besoin de se rabaisser à ça ! », ajouta Gams alors que l’obscurité s’était levée sur son visage et celui de sa sœur.

« Tant qu’il veille sur nous, nous n’avons rien à craindre ! », dit Rodice.

« C’est vrai. Alors, arrête d’être un tel lâche, et prépare-toi à te battre… mon cher ! », dit Lyra.

« Et nous avons aussi Gams pour nous protéger ! », ajouta Carol.

Leurs visages s’étaient un peu éclaircis et ils avaient commencé à bavarder comme avant, avec l’habituelle bonne humeur dans l’air. J’avais hoché la tête, satisfait que le problème de moral soit au moins résolu.

Je ne pouvais pas envoyer un autre message avant minuit, et je ne voulais pas gaspiller de PdD. J’étais tenté d’invoquer mon golem tout de suite et de le tester, mais je n’avais toujours aucune idée de comment cela fonctionnerait. Et s’il disparaissait après un certain temps ? Je ne pouvais pas risquer de l’avoir trop tôt. Le golem était la « main secourable » dont je parlais dans ma prophétie. Je devais le garder pour le moment où il serait vraiment nécessaire.

Cela signifie qu’il n’y a rien d’autre que je puisse faire ! Je suppose que je vais préparer le déjeuner.

Comme c’était un après-midi de semaine, tout le monde était sorti. Je m’étais offert une tasse de nouilles et j’avais fait frire de la viande mystérieuse que les villageois m’avaient envoyée. Pour le dessert, j’avais pris un fruit non identifié. C’était bien sûr une autre offrande.

« C’est vraiment bon. »

La viande ressemblait à du porc et avait un bon mordant. Ses jus riches avaient une sublime note de douceur.

Heh, cette nourriture est si bonne que je commence à ressembler à un critique gastronomique. Ma famille mangeait tous ces plats depuis un moment déjà, et personne n’était tombé malade. Papa avait même dit que son lumbago s’était amélioré et l’insomnie de maman avait disparu. J’avais l’habitude d’avoir une mauvaise digestion, mais je n’avais plus de problèmes avec ça depuis un moment maintenant. Cette nourriture devait être super nutritive car elle guérissait tous nos problèmes. Je me demandais si les gens riches mangeaient ce genre de choses tout le temps. Cette pensée me paraissait manifestement luxueuse.

Et alors que je rangeais la vaisselle, le téléphone sonna. Il y avait un mois à peine, je l’aurais laissé sonner, mais cette fois, j’avais décroché. C’était grâce à mon travail et à mon habitude de parler à des inconnus.

« Allô ? »

« Yoshio-kun ? Je suis si heureux que tu sois là », dit mon patron.

Je m’étais retrouvé à vérifier le calendrier instinctivement, mais bien sûr, je n’étais pas censé travailler aujourd’hui. Je commençais à craindre d’avoir fait une erreur.

« Il y a un problème ? », avais-je demandé.

« Non, non ! Je me demandais simplement si tu étais libre aujourd’hui ? Je suis un peu à court de personnel, et ce travail est arrivé à la dernière minute… »

Techniquement, j’avais des projets. Mais je ne pouvais pas imaginer le refuser parce que j’avais prévu de jouer à un jeu vidéo dans lequel je n’avais strictement rien à faire. J’étais déjà en train de formuler une vague excuse dans ma tête, mais… cet homme avait fait des pieds et des mains pour me donner un travail malgré mon manque d’expérience et sans même me connaître. Je devais aider mes villageois, mais c’était un jeu, et lui, c’était un être humain bien réel. Cela aurait dû être une évidence pour toute personne normale, mais je m’étais retrouvé à hésiter.

« À quelle heure allons-nous finir ? J’ai des projets demain… », avais-je dit.

« Ne t’inquiète pas, je m’en souviens. Ils veulent qu’on finisse tôt, donc on devrait avoir fini vers neuf heures au plus tard. »

Neuf heures, hein ? J’aurais largement le temps de manger et même de prendre un bain, et j’avais déjà décidé que je ne pouvais rien faire de plus aujourd’hui. Travailler ce soir et gagner un peu plus d’argent pour mes PdD pourrait être utile. J’avais donc décidé d’y aller.

« Très bien. Je vais commencer à me préparer. », avais-je dit.

« Merci beaucoup ! Je serai là pour te récupérer, d’accord ? Je t’en dois vraiment une ! Désolé pour le court préavis, mais Yama a appelé à la dernière minute. »

Je suppose que ce Yama est Yamamoto-san. J’espère qu’il va bien…

Il y aurait probablement des occasions dans le futur où j’aurais soudainement besoin d’un jour de congé pour m’occuper de quelque chose dans mon village. Si je faisais une faveur au patron maintenant, je pourrais probablement recevoir une faveur plus tard. Mais peut-être que j’allais trop vite en besogne en pensant que quelques heures de travail supplémentaires comptaient comme une faveur.

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